•^/^■r A^\M\ A C ï E S -^^, SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN 1818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique par Ordonrutni'p Rnijftip du I '^ jiii)) IS?S Athénée lUiK DES Thois-Conils, 53 '^^- TOME LXX BORDEAUX IMPRIMERIE A. SAUGNAC & E. DROUILLARD 3, PLACE DE LA VICTOIRE, 3 1920 Mi f ACTES D1-: i.A SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX 5 Vi'^ ACTES j^ r' SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN 1818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique ipar Ordonnance Royale du 15 juin 1828 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 --^«f- TOME LXXII 2446 o* BORDEAUX IMPRIMERIE A. SAUGNAC & E. 3, PLACE DE LA VICTOIRE 1920 RECHERCHES Sur la "Nereis fucata" Sav i Par Henri CHARRIER INTRODUCTION Les recherches dont nous exposons les résultats au cours de ce mémoire furent terminées en 1914. Nous désirions toutefois compléter certains points, quand les événements d'août nous arrachèrent à nos études. Pendant cinq années il nous fallut laisser ce travail de côté, d'autant plus que notre matériel avait été dispersé^, ainsi que nos coupes et une partie de nos notes. Appelé pendant la guerre à exercer nos fonctions au Collège français de Tanger (Maroc), nous consacrâmes, mais en vain, nos loisirs à rechercher la Nereis fucata sur qui portent nos observations. Cependant notre temps ne fut pas entièrement perdu, car il nous fut possible de récolter un certain nombre d'Annélides, dont nous joignons la liste à notre mémoire, sur l'invitation de M. le Directeur de l'Enseignement au Maroc. La paix revenue, nous avons pu rassembler nos notes, retrouver en partie notre matériel et songer à entreprendre la publication de ce travail, grâce auquel nous espérons apporter quelques précisions sur les transformations qui accompagnent l'épitoquie chez les Lycoridiens. Tome LXXII. 2 — r> - L'existence de modifications externes, chez certaines familles d'Annélides Polychèles, au moment de la maturité sexuelle, est un fait depuis longtemps connu et le processus en a été suivi en détail, tout au moins chez certains types. Ce sont les phénomènes que nous connaissons depuis Malmgrem, Ehlers, Claparède, sous le nom d'épi toquie ou d'épigamie. Nous sommes, par contre, moins renseignés sur les modi- fications internes qui peuvent se produire à ce moment, soit parallèlement aux transformations externes, soit indépendam- ment d'elles. En etTet, si Ton excepte les remarquables essais de Claparède sur la Nereis Dumerilii, les observations d'Eisig sur les Capitellidiens, l'important travail de Caullery et Mesnil sur les Cirratuliens, ainsi que les recherches de Goodrich, de Page sur les organes segmenlaires, nous ne rencontrons dans la littérature scientifique, et plus, particu- lièrement en ce qui concerne les Lycoridiens, que des rensei- gnements épars et parfois contradictoires, les observateurs n'ayant souvent étudié qu'un seul sexe, ou des animaux dont le degré de maturité génitale n'était pas suffisamment déterminé. Quant aux processus intimes de ces modifications internes, notre ignorance est plus grande encore. Certes, au sujet du tube digestif et des organes segmenlaires, d^s recherches ont été entreprises qui apportèrent quelque lumière. Mais pour le reste, on peut dire que tout est encore à faire, si bien que sur les modifications du système musculaire nous ne possé- dons que deux ou trois observations précises. Cependant l'étude histologique de ces modifications nous paraît intéressante, non seulement pour elle-même, mais aussi parce qu'elle seule peut confirmer ou infirmer d'une façon nette l'existence de véritables phénomènes de métamor- phose chez les Annélides Polychètes. Très souvent, en etTet, les auteurs qui étudièrent au point de vue extérieur la transformation de la Néréis en Hétéro- néréis comparèrent ces faits aux métamorphoses des Insectes. Cette comparaison parut encore plus naturelle lorsque furent constatées certaines modifications internes consistant surtout en réductions organiques. Mais le terme de métamorphose a pris un sens si précis, qu'il importe, selon nous, de ne pas s'en tenir à ^quelques vagues homologies, mais de chercher dans les phénomènes internes, jusqu'à quel point cette compa- raison est justifiée. Pour ces diverses raisons, nous avions songé à entreprendre l'étude des transformations de quelques organes chez un certain nombre d'Annélides Polychètes. Mais nous n'avons pas tardé à nous convaincre de l'ambition de ce projet, d'autant plus que, malgré la bienveillance et l'aide de nos maîtres, notre éloignement de tout laboratoire ne faisait qu'augmenter les difficultés du sujet. Aussi, plus modeste, avons-nous réduit considérablement le champ de nos recher- ches et nous sommes-nous limité à l'étude des modifications du tissus musculaire chez une Néréis. Si nous avons fait d'un Lycoridien l'objet de nos recherches, c'est que noifs avons pensé, qu'en limitant notre sujet, il nous fallait par contre choisir un type ou les modifications internes se présenteraient les plus profondes et les plus caractéristiques. Or, les Lycoridiens étant, parmi les Annélides, un des groupes où les phénomènes d'épitoquie sont les plus mani- festes, il nous a semblé qu'au point de vue de l'étude des transformations internes, nous avions quelques chances d'y trouver le type désiré. L'expérience ne nous a point trompé. Mais tous ceux qui ont étudié les Annélides Polychètes savent avec quelles difficultés on se procure les diverses formes d'un Néréidien; combien il est peu aisé de réunir les différents stades de ces animaux, par suite des conditions d'existence souvent bien différentes de leurs formes atoques et épitoques. Nous avons eu la chance de trouver en la Nereis fucata un matériel de choix. Des dragages faits au large du bassin d'Arcachon nous ont permis de recueillir en quantité suffisante des représentants de cette espèce sous sa forme commensale. A ce sujet, disons ici quel bienveillant accueil nous avons reçu à la Station scientifique d'Arcachon. Nous ne nous dissimulons pas ce qu'il y a d'incomplet dans notre étude. 11 y a des points que nous avons volontairement laissés de côté, d'autres que nous n'avons pu élucider com- plètement. On comprendra en effet aisément qu'il n'est pas toujours facile pour un chercheur éloigné de tout centre universitaire, de poursuivre de tels travaux avec tout le soin qu'il désirerait. Si malgré ces circonstances défavorables nous avons pu obtenir quelques résultats, nous le devons à la bienveillance de nos maîtres de la Faculté des Sciences de Bordeaux, et tout particulièrement à M. le Professeur Boutan qui n'a cessé de nous manifester le plus grand intérêt, et qui s'est efforcé sans cesse de remédier aux conditions défectueuses dans lesquelles nous poursuivions ces recherches. Nous tenons à lui témoigner ici notre sincère reconnaissance. Nous ne saurions oublier non plus que c'est sous la direc- tion de M. le Professeur Ch. Pérez que nous nous sommes initiés aux méthodes histologiques, que nous avons ensuite commencé ce travail. Depuis ce temps d'ailleurs, M. Ch. Pérez n'a cessé de suivre nos recherches avec la plus bienveillante attention, aussi est-ce avec le plus vif empressement que nous lui exprimons nos plus sincères remerciements. Nous tenons aussi à remercier notre ami, le Docteur J. Feytaud, dont l'obligeance nous a permis de vaincre bien des difficultés matérielles. Au sujet de notre technique nous n'avons rien de parti- culier à dire. Ayant employé surtout la méthode des coupes, nous avons fait usage, comme fixateurs, du liquide de Perenyi, du formol à divers titres, du sublimé acétique, du liquide de Borrel, et surtout du liquide de Bouin. Ce dernier est, sans contredit, celui qui nous a donné les meilleurs résultats. Avec le liquide de Bouin, nous avons fait usage comme colorant de l'hémalun combiné à l'éosine, ainsi que de l'hématoxyline au fer avec l'éosine. Nous nous sommes aussi servi des colorations suivantes : Hématoxyline au fer — vert lumière — éosine, liqueur de Van (jieson — hématoxyliiie, ou bien encore du carmin chlorhydrique combiné avec l'indigo- picro-carmin. Enfin, pour les coupes fixées au Borrel, nous avons surtout employé le rouge Magenta avec l'indigo-picro-carmin. Au sujet des opérations préliminaires de l'inclusion, et au sujet de l'inclusion elle-même, nous avons noté cependant quelques particularités. S'il est aisé d'obtenir de bonnes coupes des Néréis mâles, il n'en est pas de même des femelles, surtout lorsqu'elles sont au voisinage de la maturité sexuelle. Très souvent les coupes se déchirent, s'effritent sur le rasoir. Il est difficile de remédier à cet état de choses : d'abord parce que ces femelles, très grosses, ne présentent plus guère comme téguments qu'une mince paroi entourant une masse d'œufs considérable ; ensuite parce que ces œufs, volumineux d'ailleurs, durcissent très facilement dans les liquides fixateurs. D'autre part comme nous voulions avoir, autant que possible, des coupes d'un segment entier, on voit tout de suite, qu'il nous fallait déshydrater et inclure des pièces assez grosses, sans durcir outre mesure la masse d'œufs, ce qui ne fut pas toujours aisé. Cependant, en rédui- sant au minimum possible le séjour dans l'alcool absolu et surtout dans le toluène et le xylol qui durcissent énergique- ment les tissus, en ne laissant séjourner dans l'étuve les pièces à inclure, que juste le temps nécessaire, nous avons pu obtenir assez fréquemment des coupes suffisantes pour nos recherches. Pour l'étude des modifications des fibres musculaires, qui constitue la partie fondamentale de ce travail, nous avons eu souvent recours aux dissociations, cela surtout sur des pièces fixées au formol à 4 ou 5 «/o, rarement à 10 «/o, ce qui nous assurait une fixation suffisante, tout en ne durcissant pas trop les tissus. Nous colorions ensuite par les procédés habituels. Notre travail est donc consacré surtout aux modifications du tissu musculaire au moment de la maturité sexuelle chez les Nereis fucata. — K) — Toutefois, avant de commencer cette étude nous avons estimé nécessaire de donner une description détaillée de cette Annélide, afin d'éviter toute confusion pour quiconque désirera contrôler nos résultais. Nous avons, en effet, noté chez les exemplaires recueillis par nous des particularités suffisantes pour que cette précaution ne soit pas inutile. Après, nous retraçons dans ses grandes lignes l'histoire de nos connaissances sur les modifications qui surviennent chez les Annélides Polychètes au moment de la maturité sexuelle, en particulier, l'histoire des modifications de l'appareil muscu- laire, aiin de fixer autant que possible l'état des questions qui nous intéressent. Vient ensuite l'exposé de nos résultats : modifications mor- phologiques, histologiques de l'appareil musculaire, processus qui nous conduisent de la structure néréidienne à la structure, hétéronéréidienne, comparaison de la région néréidienne avec la région hétéronéréidienne chez l'annélide épitoque. Enfln, après avoir indiqué les' conclusions auxquelles nos recherches nous conduisent, nous terminons, pour les raisons indiquées plus haut, par l'examen des Annélides Polychètes de la région de Tanger (Maroc). PREMIERE PARTIE CHAPITRE PREMIER Description de la « Nereis fucata » (Sav.) Habitat. — La Nereis fucata est une des Annélides les plus fréquentes à Arcachon. Nous ne l'avons jamais rencontrée à l'état libre, mais au contraire vivant en commensale avec ce Crustacé si curieux qu'est le Bernard l'Ermite {Eupagurus Bernardus). Ce ■ commensalisme est d'ailleurs fréquent : 50 o/o au moins des Pagures examinés nous ont fourni des Nereis fucata. Parfois même, outre l'Annélide adulte, on peut trouver dans la coquille où s'abrite le Crustacé un ou deux exemplaires de Néréis beaucoup plus jeunes. Aspect général. — hn. Nereis fucata est d'assez grande taille. Elle atteint en moyenne 10 à 15 centimètres de longueur et 6 à 7 millimètres de largeur, parapodes compris, avec un nombre de segments supérieur à 100. Mais ces dimensions sont parfois largement dépassées. Nous avons, notamment, trouvé une femelle, présentant il est vrai quelques signes d'épi toquie, qui atteignait 25 centimètres de longueur pour une largeur de 1 centim. 5, parapodes compris. Cette Annélide présente dorsalement une large raie brune de chaque côté du corps, et une bande brune médiane très étroite, au milieu de laquelle se détache le vaisseau dorsal. — 12 Les femelles tendent vers une teinte gris-bleu. Cette colo- ration n'est point le fait d'un pigment spécial, c'est celle même des œufs qui encombrent la cavité générale de l'animal. Quant aux mâles, ils sont d'un blanc laiteux. .1 II... ( ■ -Il VI .. •■.•■fcV rml, /;■■•' VI :?^U Partie antérieure (tête et trompe). — La tète, aussi large que haute, présente deux paires d'yeux disposés sensiblement en carré. Elle possède, en avant, deux antennes d'environ 1 millim. 5 de longueur, de chaque côté desquelles se trouvent les palpes. Ces derniers se composent d'un arti- cle basai large, renflé, et d'un article terminal mince , un peu plus court. L'extrémité des palpes ne dépasse guère celle des antennes (fig. 1 ) . L'anneau buccal, un peu plus large que les anneaux suivants , at- teint en hauteur le dou- ble du premier segment sétigère. Il porte les cirres tentaculaires, au nombre de quatre paires, disposées par deux de chaque côté de la tète. Les deux paires supérieures, les plus longues, atteignent au plus le cinquième sétigère ; les inférieures sont un peu plus courtes. La trompe (fig. 1 et 2), dont la longueur est environ trois fois celle de la tète, comprend deux régions : d'abord une région basale à la face inférieure de laquelle se voient de larges cannelures, surtout accentuées chez les exemplaires conservés dans l'alcool ; ensuite une région terminale un peu Fig. 1. Têle et trompe de Nereis fucata. Face dorsale X 6. moins haute portant les deux mâchoires, lesquelles sont pourvues de dents peu aiguës, souvent carrées, en nomhre variable suivant les individus et suivant Tàge de l'animal. Chez l'adulte, il y a en moyenne douze dents à chaque mâchoire. Chez les types âgés, les dents basales sont souvent noyées dans une bande chitineuse empâtant plus ou moins Vll.vui. ..Vft.VDI FiG. 2. Tète et trompe de .Ve?v/s fucata. Face ventrale X 6. l'extrémité des dents voisines. Les pointes des mâchoires sont bien dégagées, les dents s'arrêtant à une certaine distance. Outre les mâchoires, la trompe porte des formations aux- quelles nombre d'auteurs à la suite de Kinberg attachent une grande importance pour la classification des Lycoridiens : ce sont les paragnathes. Ceux-ci sont cornés, coniques, bien séparés, de taille variable, et se répartissent en groupes de position constante. La partie terminale de la trompe possède trois groupes dorsaux et trois groupes ventraux- de paragnathes, chacun de ces trois groupes comprenant un groupe médian et deux groupes latéraux. Quanta la partie basilaire, nous n'y trouvons dorsalement, que deux groupes latéraux et, ventralement, une — 14 — bande de paragnathes formant un demi-anneau résultant de la fusion de deux groupes ventraux. La figure 2 montre la constitution de cette bande de paragnathes. Avec de Saint- Joseph (1), nous désignerons les groupes de paragnathes par les chiffres suivants : Région distale. . Région basilaire ( groupe médian I groupes dorsaux. .. 1 , ,, tt ^ ^ [ groupes latéraux. . . 1,1 ( groupe médian III groupes ventraux. .1 , . , t^t ^ ^ I groupes latéraux. . . IV j groupe médian (Dianp) V / groupes dorsaux, . . , , . ^jr \ \ groupes latéraux. . . VI groupes ventraux fusionnés VII-VIII Comme chez la plupart des Lycoridiens, si la position et le nombre des groupes de paragnathes sont constants, il n'en est pas de même de la forme de chaque groupe et du nombre des paragnathes dans chaque groupe. Voici d'ailleurs quelques exemples : 1° Forme des groupes IV et VI chez deux individus de même taille : Paragnathes formant une rangée oblique. Gr. IV < Paragnathes groupés en une plage allongée d'avant en arrière. • Gr. VI Paragnathes réunis en une plage sans forme bien déterminée. Paragnathes disposés suivant un arc de cercle à convexité antérieure. (1) Pour la numération des groupes de paragnathes chez les Lycoridiens, voir de Saint-Joseph: Annélides Polychèles des Côtes de- France, Aun. des Se. Naf. Zoo- logie, 8" série, t. V, 1898, p. 285-286. — 15 — 2° Nombre des paragnathes de chaque groupe chez des individus différents : a) Groupes impairs ; 1 seul paragnathe assez gros. Gr. I \ 2 petits superposés. 4 très petits. Gr. III 1 assez gros, surmonté d'un petit. 2 petits superposés. 3 petits superposés. 3 petits, dont 2 superposés, le 3e à droite. h) Groupes pairs Gr. II Gauche : 5 , 8 , 11, II Droit : 8, 8, 9, 14. Gr. IV Gr. VI Gauchq : 12, 8, 17, 14, 14. Droit : 12, 7, 17, 10, 12. Gauche : 4, 5, 8, 5, 5. Droit : 4, 4, 7, 1, 5, Parapodes et appareil sétigère. — Les parapodes des premier et deuxième segments sétigères présentent une constitution plus simple que les suivants. Ils n'ont, en effet, à la rame supérieure, qu'une languette arrondie et un gros cirre dorsal, beaucoup plus long que la languette. A la rame ventrale nous trouvons un faisceau de soies sortant d'entre deux lèvres : une lèvre postérieure courte, arrondie, et une lèvre antérieure plus allongée, plus proéminente. Un acicule sou- tient cette région. La languette ventrale a sensiblement la taille et la forme de la languette dorsale^ tandis que le cirre ventral^ plus étroit et plus court que son correspondant dorsal, ne dépasse guère la languette ventrale (fig. 3, 4). IG FiG. 3. 1" Parapode. FiG. 4. 2<^ Parapode. Les parapodes siiivanls diffèrent des deux premiers par l'adjonction d'un faisceau se tige re dorsal avec son acicule, par l'apparition d'une languette entre les deux faisceaux de soies, et par les di- mensions relatives des parties constituantes. En effet, si nous examinons un para- pode de la région moyenne du corps (fig. o), nous voyons que la languette dor- sale s'est considéra- blement développée : large à sa base, elle s'amincit à sou extrémité, prenant ainsi une forme triangulaire. Le cirre qui la surmonte, plus grêle que dans les l^' premiers parapodes, ne la dépasse guère. La languette mé- diane, toujours plus courte que la précé- dente, présente à sa face supérieure une légère incision oîi aboutit l'acicule cor- respondant. Entre ces deux languettes sort un faisceau de soies. Quant à la languette ventrale, devenue maintenant beaucoup plus petite que les autres, sa forme est L.v FiG. 5. Parapode de la rég-ion moyenne. l.d., lobe dorsal: c.d., cirre dorsal; L.c?., languette dorsale; f.d., faisceau sélig-ère dor.sal; /..m., lan- guette médiane; f.v., faisceau sétigère ventral; . g. s., groupe sétigère supérieur; 17./., groupe séti- gère inférieur; L.v., languette ventrale; c.v., cirre ventral. . — 17 — ■ plus ou moins cylindro-conique. Le cirre ventral ne la dépasse pas sensiblement. Dans les parapodes suivants (fig. 6) la différence de longueur entre les cirres et les languettes correspondantes s'accentue. A peine marquée pour la languette et le cirre ventral, elle est au contraire prononcée pour la languette et le cirre FiG. 7. Parapode de la région postérieure. FiG. G. Les figures 3. i, 5, 6, 7, sont ™„ _. 1 représentées avec le même lO^ Parapode. grossissement. dorsal ; dans les derniers parapodes, le cirre dorsal devient même trois fois plus long que la languette (fig. 7). Signalons, enfin, pour terminer cette description des para- podes, que dans la moitié postérieure du corps la portion de la rame supérieure située à la base et en arrière du cirre, se développe progressivement en une éminence qui surplombe la base de ce dernier, et constitue un lobe plus ou moins distinct. Certains auteurs : Johnston, de Quatrefages, par exemple, insistèrent beaucoup sur l'existence de ce lobe et sur son développement. Cependant ce caractère ne semble pas avoir l'importance que les auteurs précités y attachèrent, comme nous le verrons dans la suite. L'appareil sétigère mérite de retenir assez longuement notre attention. Nous avons dit que le premier et le deuxième parapodes n'avaient qu'un seul faisceau de soies : le faisceau ventral. C'est au troisième parapode qu'apparaît le faisceau dorsal. — 18 — Celui-ci, quel que soit le parapode considéré, est constitué uniquement par des soies en arête homogompiies, c'est-à-dire par des soies composées dont l'article terminal ou appendice, très allongé, présentant une pointe aiguë, pourvu de fins denticules sur le coté aminci, vient s'ar- ticuler dans une sorte de cavité terminant la hampe, cavité dont les bords sont également développés (fig. 8). Ces soies ne présentent pas de modifications importantes, leur taille et leur nombre seuls varient, atteignant leur valeur maximum dans la région moyenne du corps. Le faisceau ventral est de constitution plus complexe. Il comprend toujours deux groupes de soies (fig. 5). D'abord un groupe supérieur possédant des soies en arête homogomphes identiques à celles du faisceau dorsal, et des soies en serpe hétéro- gomphes. L'article terminal de ces dernières rappelle, en effet, plus ou moins par sa forme celle d'une serpe, et présente sur son bord interne des denticules bien marqués. Ceux-ci ne se poursuivent pas jusqu'à l'extrémité de la serpe, laquelle se rétrécit brusquement et se |\ \ termine en pointe mousse. Quant ^ à la cavité articulaire de la hampe, elle a l'aspect d'une coupe tron- quée obliquement et présente en coupe optique un bord plus large et plus haut que l'autre, ce bord correspondant à la région interne de la serpe (fig. 9). Ces soies sont presque toujours fortement colorées en brun. Leur nombre est réduit et le plus souvent très inférieur à celui des soies en arête homo- gomphes. Le groupe inférieur présente au contraire une Fig. 8. Soie en arête hoinog'omphe. Fig. 9. Soie en arête liétérogômphe massive. — 10 — constitution variable suivant qu'on s'adresse aux premiers parapodes ou aux autres régions du corps. Si nous examinons les deux premiers parapodes, nous trouvons à la partie dorsale du groupe, un ensemble de soies composées qui, par la forme particulière de la hampe et de l'ar- ticle terminal, constituent de véritables soies en arête hétérogomphes (fig. 10). L'appendice est en effet étroit, allongé, terminé en pointe aiguë, et présente sur le côté aminci de fins denticules dont la taille décroit progressivement à mesure qu'on s'approche de l'extrémité de la soie. Par contre, l'article terminal de ces soies est tou- jours plus court que celui des plus courtes soies en arête homogomphes. De plus, tandis que ces dernières ne présentent pas de talon à leur base ou un talon à peine saillant, l'article en question possède un talon très marqué, rappelant celui des serpes. Les plus ventrales de ces soies en arête hétérogomphes ont fréquemment leur article terminal plus court que les autres; en outre, la pointe en est aussi souvent plus courte et la soie paraît ainsi bien moins allon- gée. Si alors cette pointe très flexi- ble est recourbée au moment de l'examen, on a une soie d'appa- rence falciforme, qu'on pourrait prendre pour une soie en serpe hétérogomphe allongée et très amincie (fig. M, 12, L3). Quant à la partie ventrale du groupe inférieur, elle présente des soies en serpe hétérogomphes bien caractérisées, mais dont les serpes sont légèrement plus étroites, plus FiG. 10. Soie en are le hélérogomplie. Ftg. 11. Fig. 12. Fig. 13. Diiïérenls aspects de soies en arête liélérog'omplie. - 20 longues et par suite moins massives, que celles du groupe supérieur (fig. 14, 15, 16). Ces soies forment un éventail assez distinct. Aux deux premiers parapodes, les soies en arête hétéro- gomphes sont presque toujours plus nombreuses que les soies en serpe hétérogomphes. Si on s'éloigne des premiers parapodes, on constate que ces serpes devien- nent plus massives, et surtout que leur nombre ne tarde pas à dépas- ser celui des soies en arête hétéro- gomphes. Le nombre de ces der- nières diminue en effet rapidement. Il n'est pas rare, par exemple, de n'en plus trouver que deux ou trois, quelquefois même qu'une Fig. 14. Fig. 15. Fig. 1G. Soies en serpe hélérogomphes La plus courte est la plus ventrale. seulement, vers le dixième seg- ment sétigère. Parfois, mais plus rarement, elles peuvent manquer à ce niveau. 11 en est ainsi pendant un certain nombre de para- podes; puis, à partir du trentième environ, quelquefois un peu plus loin, quelquefois avant, ces soies en arête hétéro- gomphes réapparaissent si elles faisaient défaut augmentent en nombre, reprenant ainsi une part de plus en plus grande à la composition du groupe sétigère inférieur. Ajoutons que la réduction numérique s'accompagne toujours aussi d'une réduction de taille de l'article terminal. Du dixième parapode (et même avant) jusqu'au trentième envi- ron, les soies en arête hétérogomphes sont, en effet, du type court. Par contre, à mesure qu'on se rapproche des segments postérieurs, l'appendice devient de plus en plus long et nous retrouvons le type étudié dans les tout premiers parapodes. Signalons enfin, pour finir, que dans les parapodes termi- navix le nombre des soies en arête et en serpe diminue progressivement. De cette description de l'appareil sétigère, il semble résulter — 21 — d'abord que chez la Nereis fiicata les soies en arête hétéro- gomphes existent toujours aux premiers segments. Absentes ou rares dans les autres segments antérieurs, elles réappa- raissent ou augmentent en nombre dans les segments qui suivent. Ensuite, nous constatons que dans le groupe inférieur du faisceau sétigère ventral dont ces soies font partie, il y a développement inverse de ce type et des soies en serpe hété- rogomphes. Voici, en premier lieu, quelques chiffres, après examen de vingt-cinq individus atoques, qui confirment bien ce que nous venons de constater relativement à la répartition des soies en arête hétérogomphes. lo Chez toutes les Néréis examinées, les deux premiers parapodes possèdent des soies en arête hétérogomphes. 2° Au dixième parapode, trois individus en sont dépourvus, les autres n'ont qu'une ou deux soies de ce type, quelquefois plus, mais toujours moins qu'aux premiers parapodes. 3° Au trentième parapode, deux Néréis seulement n'en pré- sentent pas. 4° A partir du cinquantième parapode, tous les exemplaires examinés possèdent des soies en arête hétérogomphes. Enfin le tableau suivant permet de comparer les nombres respectifs des soies en arête et en serpe hétérogomphes aux différents parapodes chez plusieurs Nereis fucata. ToME-LXXII. fi Ci co o o S) ^ o th o W CO o «a u a S o co o CQ m o 00 M 00 )^ ïO (r- o- Ce w o 01 c- 00 o —H M co -H ïO lO co o OJ 00 >* 00 lO o o 1/2 lO a c -H oo Oî CS o -H o -H o -* M ïO Cl c o p 05 Cl ■^ (M -r^ Ci t- ce lO O lO o ÎT- Cj *> - o lO l-' t- M t- o CD ïO Cti o W lO o t- 00 W o )0 lO ■^ lO cS t- -^ ^ o Oî >^ tfl - a 00 c^ c^ xO a ■ o o -rH lO CD 00 m lO CD o o t- a X - 00 00 lO o m lO C 0-1 (?» o cd 00 O co 00 o o xn lO = a o <0i o a co - o 01 t- lO o Ci- ^3 'TD . TS ^ ^3 O O o o O O^ Ch &. CL, o. cS cS cd cà co ^ s-, ÎH cS ai cS es ci eu a, - Qh D-, SU. « 05 o O O O O o -ç-t 00 LO c- o — 23 — D'autre part, en faisant la moyenne des soies en arête et en serpe hétérogomphes des premier, dixième, trentième, cinquantième, soixante-dixième et quatre-vingt-dixième para- podes chez trente individus atoques, nous avons obtenu le graphique ci-dessous qui montre nettement, comme le tableau précédent, que le développement de ces deux types de soies est inverse, jusqu'au soixante-dixième parapode environ. î" 10? S0« 5û« Î0« 30 i fAViy^lzd En résumé la constitution de l'appareil sétigère chez la Nereis fucata atoque peut donc être schématisée de la façon suivante : Faisceau dorsal soies en arête homogomphes. ( soies en arête homogomphes. Groupe supérieur . ^ r, r , Faisceau \ ' ^^.^^^ ^"^ serpe heterogomphes. ventral Groupe inférieur soies en arête hétérogompJies soies en serpe heterogomphes. Mais, encore une fois, ce tableau n'est exact que pour les serments moyens et postérieurs, la constitution de ce système sétigère se trouvant simplifiée dans le^ segments antérieurs. Ajoutons, pour terminer cette description, que le segment anal, apode et achète, présente deux cirres terminaux de 2 millimètres à 2 millim. 5 de lonerueur. •o Bibliographie de la- forme néréidienne. — C'est en 1825 que l'espèce que nous étudions fut créée par Savigny sous le nom de Lycoris fiicata. Audouix et Milne-Edwards en 1829 en donnèrent;, cette fois sous le nom de Nereis fucata, une description très suffisante, d'après l'exemplaire même étudié par Savigxy. Nous retrouvons ensuite cette annélide parmi celles que DE QuATREFAGEs a étudiécs dans son Histoire des Annelés (1863). Il en indique assez nettement tous les caractères, sauf pour les paragnathes, sur le nombre et la répartition desquels il montre quelque confusion. D'autres auteurs enfin l'ont décrite sous ce nom : Ehlers (1864-1868), Grube (1851, 1868-1869), Levinsen (1883), WiREN (1888), de Saint-Joseph (1898), Page (1904), etc.. Nous croyons d'autre part pouvoir identifier avec la Nereis fucata^ la variété créée par Wiren {loc: cit.) sous le nom de Nereis fucata p inquilina. D'après Wiren, en effet, la forme libre et la forme commensale de la Nereis fucata, présente- raient des différences suffisantes pour établir cette distinction : l'adaptation à la vie sédentaire se traduirait par un amincis- sement de la cuticule et des muscles, surtout dans la moitié postérieure, du corps, par un grand développement du lobe dont nous avons signalé l'existence possible à la rame dorsale des parapodes, en arrière du cirre correspondant, enfin et surtout, par l'absence de forme hétéronéréidienne. Comme le fait remarquer fort judicieusement Page [loc. cit.), Wirex n'a constaté le premier caractère que chez des femelles mûres. Or nous verrons au cours de cette étude, que cet amincisse- ment, s'il est peut-être en partie le résultat de l'adaptation à la vie sédentaire, est surtout la conséquence de l'état de matu- rite sexuelle, et que chez les femelles arrivées au terme de leur développement, les muscles pariétaux ne forment plus qu'une couche, amincie. Quanta l'hypertrophie du lobe dorsal, c'est un caractère très instable et trop souvent lié lui aussi à l'état de maturité sexuelle, pour que nous puissions en faire état. De plus, l'affirmation énoncée par Wiren, que la Nereis fucata commensale du Bernard l'Ermite ne présente pas la phase d'épitoquie, est inexacte. Ainsi que Fage, nous avons rencontré en compagnie de Pagures, des hétéronéréis mâles et femelles, c'est pourquoi nous concluons avec Jui au rejet de la variété ^6 inquilina. Avec tous les auteurs, nous ne séparerons point non plus l'espèce créée par Johnston (1839) sous le nom de Nereis hilineala de la Nereis fucata. Il n'en sera pas de même pour l'annélide décrite aussi sous le nom de Nereis bilineata par DE QuATREFAGES [loc. cit.). De l'avcu même de cet auteur, il y a entre son espèce et celle de Johnston des difïerences très sensibles^ notamment dans la forme des parapodes et surtout au sujet des parag-nathes. Nous citerons en particulier l'exis- tence chez l'annélide de de Quatrefages du groupe V, ainsi que la présence à la région basilaire ventrale de la trompe de deux demi-anneaux de paragjiathes au lieu d'un seul. Cette synonymie ne serait pas complète, si nous mainte- nions comme espèce différente l'annélide décrite sous le nom de Nereilepas fucata par Johnston (1865), Malgresi (1867), MALAQurN (1888-1890), Hornell (1892). Un Certain nombre d'auteurs ont en effet attaché une importance considérable à la conformation de la rame dorsale chez les Néréidiens. Déjà AuDOuiN et Miline-Edwards, dans la description même de la Nereis fucata, insistèrent sur le plus ou moins grand développement que peut prendre le lobe dorsal. D'autres auteurs, exagérant l'importance de ce caractère, en firent un des éléments fondamentaux de la classification des Lycoridiens, tels Malgrem, Grure, Johkston, Schmarda, de Quatrefages et à un degré moindre Ehlers, Glaparède, si bien que le genre Nereilepas fût créé pour les Néréidiens chez qui la partie de la - 26 - rame supérieure située en arrière du cirre correspondant, se développe en un lobe plus ou moins proéminent. Mais, ainsi que l'ont montré de Saint-Joseph {loc. cit.), Gravier (1901), Fage [loc. cit.), et comme nous l'avons dit plus haut, c'est un caractère beaucoup trop incertain, variable, non seule- ment suivant la région considérée chez un même individu, mais au§si pour un même segment chez des individus diffé- rents, suivant leur état de maturité sexuelle. Chez les femelles, en particulier, cette partie de la rame devient d'autant plus saillante que les œufs qui encombrent la cavité générale sont plus nombreux et plus volumineux. (Nous laissons, bien entendu, de côté les formes hétéronéréidiennes). Par consé- quent la Nereilepas fucata (Johnston) qui ne différait de la Nereis fucata (Sav.) que par ce caractère ne doit donc pas en être séparée. Nous arrêterons là la synonymie de la forme néréidienne de notre annélide, laissant de côté certaines espèces douteuses. Il nous faudrait en effet pour discuter ces dernières posséder les types étudiés par les auteurs. Cette étude bibliographique utile -par la simplification qu'elle contribue à apporter dans la systématique des Néréidiens, nous a révélé d'autre part l'existence d'une certaine confusion au sujet de l'appareil sétigère de la Nereis fucata. Nous avons vu, en effet, que chez les annélides récoltées à Arcachon, nous avions trois types de soies : soies en arête homogomphes, en arête hétérogomphes, en serpe hétéro- gomphes, la répartition de ces deux derniers types obéissant à une loi très nette que nous avons mise en évidence, nous voulons parler du balancement qu'ils présentent dans leur développement relatif. Or dans les descriptions que nous donnent les auteurs de la Nereis fucata ou des espèces synonymes, nous ne trouvons que deux types de soies dont l'existence soit constante, les soies en arête homogomphes, et les soies en serpe hétérogomphes, le troisième type sem- blant constituer un caractère accidentel comme cela arrive si fréquemment chez les Lycoridiens. — 27 — En effet, tandis que de Quatrefages semblerait indiquer comme constante la présence des soies en arête hétérogom- phes, puisqu'il déclare l'appareil sétigère de la Nereis fucata identique à celui de la Nereis bilineata chez qui ces soies existent, Wiren au contraire, n'en parle pas dans son étude pourtant si minutieuse de cette annélide. Quant à de Saint- Joseph, il déclare qu'il n'y a pas, dans cette espèce, de fixité pour la forme des soies. Il base cette affirmation sur l'étude de trois exemplaires. L'un immature provenant de Saint- Vaast la Hoiigue, possédait des soies en arête hétérogomphes, peu nombreuses d'ailleurs, à tous les parapodes, sauf aux deux premiers. Un deuxième, une femelle cette fois, récoltée au Croisic, était dépourvue de ces soies dans les deux premiers tiers du corps. Enfin une autre femelle draguée à l'embou- chure de la Gironde en possédait à tous les parapodes. Plus récemment, Page étudiant des Nereis fucata provenant aussi de Saint-Vaast, ne cite pas de soies en arête hétérogomphes aux premiers segments; elles n'apparaîtraient d'après lui qu'à partir du vingtième parapode et seraient rares. Par contre, nous avons eu entre les mains des exemplaires, malheureusement trop peu nombreux, qui nous avaient été envoyés du Portel ou de Roscoff; or ces Nereis nous ont présenté au point de vue de l'appareil sétigère, les mêmes phénomènes que celles d'Arcachon. Devons-nous attribuer ces divergences à des erreurs d'obser- vation ? Certes il n'est pas toujours aisé de constater la présence de ces soies, surtout quand elles sont rares aux parapodes examinés. De plus si la pointe en est cassée ou simplement recourbée dans la préparation, elles peuvent fort bien alors, surtout si leur taille est réduite, simuler des soies en serpe longues amincies hétérogomphes. Nous avons, en effet, attiré l'attention sur ce fait que l'article terminal de ces soies offre à l'examen, suivant le parapode considéré et suivant la place occupée par la soie dans le groupe sétigère inférieur, des caractères un peu différents. Les figures H, 12, 13 montrent quelques-unes de ces soies qui par leur aspect — 28 - rentrent bien dans la catégorie des arêtes hétérogomphes auxquelles les relient d'ailleurs de nombreux intermédiaires, et qui cependant par leur largeur plus grande et leur faible longueur figurent assez bien, quand leur pointe est recourbée, des serpes longues amincies hétérogomphes. Ces remarques nous conduiraient plutôt à admettre une confusion de termes, telle que celle que l'on constate entre Claparède et Ehlers pour certaines Nereis (1), le premier considérant comme soies en serpe allongées des soies admises par le second pour des soies en arête. Toutefois cette explication ne nous donne pas entière satis- faction. Il nous paraît difficile d'admettre qu'un observateur aussi méticuleux que de Saint-Joseph n'ait pas évité les causes d'erreur que nous signalons comme possibles, d'autant plus que la variabilité d'un tel caractère ne pouvait qu'attirer son attention sur lui. D'autre part, il nous semble étrange que Page ne reconnaisse l'existence des soies en arête hétéro- gomphes qu'à partir du vingtième parapode quand, d'après les annélides d'Arcachon, elles sont pourtant bien typiques et bien plus nombreuses aux segments antérieurs. C'est pourquoi nous nous sommes demandé si la présence constante des soies en arête hétérogomphes chez les Nereis d'Arcachon ne s'expliquerait pas plutôt comme la fixation d'un caractère, à l'état d'ébauche chez les types plus septentrionaux décrits par les auteurs précités. Nous donnons cette hypothèse pour ce qu'elle vaut, n'ayant pu nous procurer les éléments néces- saires pour la soutenir ou la rejeter. Formes épitoques. — On sait que chez les Lycoridiens, la maturité sexuelle s'accompagne souvent de modifications extérieures qui changent considérablement l'aspect de l'animal, si bien que l'on avait créé pour ces individus, ainsi trans- formés, le genre Heteronereis. Malmgrem, Ehlers, surent les premiers reconnaître la nature de ces différences et leur relation avec la maturité sexuelle. (1) Voir Claparède : Ann. Chét. du Golfe de Naples, 1870, p. 406. — 29 — La Nereis fucata est un des types dans lesquels les phéno- mènes d'épitoquie se manifestent nettement et l'on rencontre chez elle des formes épitoques mâles et femelles. Nous avons déjà fait remarquer que, d'après Wiren, seule la forme libre de Nereis fucata pouvait présenter la transfor- mation en Hétéronéréis. D'après lui, en effet, l'adaptation à la vie sédentaire amenait entre autres modifications (réduction de la cuticule, réduction des muscles postérieurs du corps, développement de la rame dorsale) la disparition des phéno- mènes extérieurs de l'épitoqaie et même nous serions portés à croire qu'il considère la forme ^i?iqniliria comme unique- ment femelle et la forme libre comme uniquement mâle. Se basant sur ces résultats, ainsi que sur ses observations personnelles relatives à une forme nouvelle qu'il décrit sous le nom de Nereis ci/c/unis, forme vivant elle aussi en com- mensale avec des Pagures, Harrigtox considère que les femelles seules sont sédentaires, mais cependant susceptibles de prendre la forme épitoque, cet auteur ayant trouvé une Hétéronéréis femelle commensale, tandis que les mâles seraient pélagiques. D'après lui il en serait de même de la Nereis fucata. La variété j3 inquilina de Wiren serait donc alors la forme femelle. Cette opinioji ne peut être acceptée car on a, depuis, trouvé des Hétéronéréis mâles et femelles parmi les Nereis fucata commensales. Nous avons pu de notre côté recueillir un nombre suffisant de ces formes épitoques ou sub-épitoques uniquement commensales. Par conséquent, quel que soit son mode de vie, libre ou commen- sale, la Nereis fucata peut prendre la forme épitoque, et nous pensons avec Fage qu'il en sera de même de la Nereis cyclurus^ lorsqu'on en connaîtra un plus grand nombre de représentants. Nous allons maintenant étudier les types complètement évolués de Nereis fucata (1). (1) A Arcachon la inalurilé sexuelle de la Nereis fucata semble avoir lieu de février à mai. C'est en mars el avril que nous avons recollé le plus grand nombre de formes héléronéréidiennes. 30 Forme épitoque femelle. — h' Heteronereis femelle est celle qui conserve le mieux l'aspect néréidien. La couleur générale des individus est d'un gris bleu, c'est en effet la couleur des œufs. Le corps est assez allongé, sa taille étant de huit à onze centimètres pour une largeur maximum, para- podes compris, de un centimètre. La tête est plus arrondie que dans la forme atoque, les yeux sont peut- être un peu plus volu- mineux, les cirres lé- gèrement plus courts, la trompe semble plus étroite dans la région maxillaire. Au total il n'y a pas de diffé- rences bien nettes à ce point de vue avec la forme immature. Les vingt-sept pre- miers segments séti- gères ne diffèrent Hétéronéréis femelle. 54<: Parapode. guère de ceux dcS in- dividus néréidiens ; mais au vingt-huitième nous voyons des digitations apparaître à la lèvre postérieure du mamelon sétigère ventral. A partir de ce segment les parapodes acquièrent assez rapidement les caractères hétéronéréidiens, c'est-à-dire : développement de lamelles foliacées, substitution de soies natatoires aux soies néréidiennes. Si nous examinons un parapode de la région moyenne du corps (fig. 17), nous constatons, en effet, que la 1 nguette dorsale, qui d'ailleurs a conservé sa forme générale triangu- laire, tend à s'aplatir et devient transparente. Le lobe corres- pondant forme une crête foliacée en arrière du cirre. La Fig. 17. — 31 — languette médiane se développe ventràlement en une mince lamelle en forme de hache. A la rame ventrale, la lèvre du mamelon sétigère possède un large lobe cordiforme, dont les digitations indiquées plus haut étaient l'ébauche, et à sa base un autre lobe moihs développé. La languette subit par contre peu de modifications. Enfin, à la base du cirre ventral, deux lobes foliacés se sont développés, le dorsal étant plus réduit que l'autre. Le cirre semble par suite logé dans une échan- crure. Dans les types les plus évolués que j'ai eus entre les mains, il existait encore au faisceau ventral, entre les soies natatoires, quelques soies néréidiennes. Formes épitoques mâles. — Chez V Heteronereis mâle les différences avec la forme atoque sont encore plus accentuées. La couleur est légèrement rosée et plus souvent blanchâtre, par suite de l'accumulation des spermatozoïdes. La forme du corps est plus trapue que dans V Heteronereis femelle, la longueur moyenne n'étant plus en effet que de six centimètres à six centimètres et demi pour une largeur maximum, para- podes compris, de huit à neuf millimètres. De plus l'extrémité postérieure se termine assez brusquement et prend une forme arrondie. Pour la trompe et la région céphalique nous ne relevons qu'une différence un peu sensible avec la forme hétéronéréi- dienne femelle, et cela au sujet des cirres tentaculaires : ils sont en effet légèrement plus longs et plus grêles chez V Hete- ronereis mâle. Par contre chez cette dernière les deux régions du corps sont très nettement distinctes, car les anneaux de la région postérieure sont plus serrés les uns contre les autres, le corps plus aplati, les parapodes beaucoup plus minces pourvus d'ailleurs aussi de lobes foliacés. Nous retrouvons, en somme, les modifications qui nous ont conduit à V Heteronereis femelle, mais plus accentuées encore. En effet, en étudiant un parapode de la région moyenne du corps (fig. 18) nous constatons que le lobe dorsal, devenu foliacé, est bien plus nettement individualisé, séparé qu'il est de la rame par un étranglement basa). La languette dorsale est, elle aussi, bien séparée et constitue un lobe transparent de forme lancéolée. Quant au cirre dorsal il est devenu variqueux. La languette médiane, foliacée elle aussi, se déve- loppe beaucoup plus que la languette dorsale dont elle est très rapprochée. A la rame ventrale, nous retrouvons le grand lobe du mamelon se ti- gère, ainsi qu'un autre plus petit, antérieur, provenant du développement de la lèvre correspondante dans sa ré- gion terminale et ventrale. Nous retrouvons aussi les deux lobes développés à la base du cirre ventral dont la forme ne s'est pas modifiée. Par contre, la languette s'est aplatie et devient plus nette- ment foliacée. D'une façon générale les parapodes de la ^ région postérieure, chez VHeteronereis mâle, sont plus surbaissés que chez la femelle et le corps prend par suite une forme té.tragonale. Le remplacement des soies néréidiennes par les soies natatoires semble être aussi plus complet (fig. 19). ■ Ajoutons que le segment anal présente, outre les deux cirres terminaux déjà indiqués dans la forme atoque, de nombreuses digitations entou- rant l'anus. Ces digitations ont été bien figurées par WiREN {loc. cit.). En somme ces deux Heteronereis, mâle et femelle, sont bien faciles à distinguer l'une de Fig. 19. l'autre. Nous avons là un exemple de dimor- - ,• T> . I Soie natatoire. phisme sexuel particulièrement net. ' Fig. 18. Hétéronéréis mâle. 54e Parapode. — 33 — Nous n'avons pas eu entre les mains d'exeinplaires épito- ques de la forme libre de la Nereis fucata: mais en nous reportant aux descriptions et aux dessins donnés par les auteurs et en particulier par Wiren, il ne nous semble pas qu'il y ait de sensibles différences entre les formes épitoques de la Nereis fucata libre et commensale, argument de plus pour ne pas séparer ces deux formes, comme le voulait Wiren. Synonymie.. — L'étude morphologique de la Nereis fucata nous permet maintenant d'établir, tout au moins pour les espèces non douteuses, la synonymie de cette annélide. Quant aux autres, il nous aurait fallu, pour les discuter, posséder les types sur lesquels elles furent établies, ce qui ne nous a pas été possible. Lycoris fucata Savigny : Système des Annélides, p. 31. — Blmnvili.e : Art. Néréide, Diction, des Se. nat., t. 34, 1825, p. 431. Nereis fucata Audouin et Mha'e-Edwards : Classification des annélides et description de celles qui habitent les côtes de France (suite) : Néréidiens, Ann. des Se. Nat. ZooL, t. XXIX, 1829, p. 210-211. — DE QuATREFAGEs : Hist. Nat. des Annelés, t. I, 1865, p. 547. — Ehlers : Die Borstenwurmer, p. 546, pi. XXI. — Grube : Die Familie der Anneliden, 1851, p. 49. — Grube^ : Mittheilungen ûber Saint- Vaast la Hougue und seine Meeres besonders seine Annelidenfaune. Abti. der Soldes. Gesells. fur 1868-1869, p. 113-126. — Levinsen : Oversigt over de Nord. Annul. Vidensli. Meddels. fur 1882, Copenhague 1883, p. 223. — WiREN : Om en bos eremitkraftor Lefvande Annel. Bitiang tiU k. Svensfi. Vet. Aliad. Handl., t. XIV, Stockholm, 1888, Afd. IV, no 5, p. 14, pi. I-lII. — DE Saint-Jcseph : Annél. polycli. des cotes de France (iVIanche. Océan), Ann. Se. Nat. Zool. 8^ série, t. V, 1898, p. 300-304, pi. XVII, fig. 83-87. — Page : Sur la forme épitoque de Nereis fucata (Sav.), Bull. Muséum Hist. Nat. Paris, t. X, 1904, p. 485-490. — At'GEN'ER : Bemei'kungen ïiber einige Polychulen von Ros- coff, Zool. Anz. XXXVI, p. 232-239. — 34 — Nereis fucata Regnard (E.) : Contribution à l'étude desNéréis de là région de Roscoff, Mém. de la Soc. Zool. de France, 1913, t. XXVI. Nereis fucata p inquilina Wiren : (loc. cit.). Nereis bilineata (Jolins.) Johxston : Miscellanea zoologica, Ann of Nat. Hist., t. 111. 1839, p. 295, pi. VI, fig. 4. _ — Lafont : Notes pour servir à la faune de la Gironde. Actes de la Soc. Lin. de Bordeaux, t. XXVI, 1868, t. XXVllI, 1870. Nereilepas fucata (Johns). Johnston : Cat. of. Brit. non parasit. Worms, 1865, p, 158, pi. XV, fig. 4. — — Malmgrem : Ann. Polych ., p. 169, pi. IV, fig. 8, 1867. — — Malaquin : Les ann. polych. des côles du Bou- lonnais, Rev. biol. du nord de la France, 1888-90. — — HoRNELL : Report on the Polych. ann. of. the L. M. B. C. district (3^ vol. of reports upon the Fauna of Liverpool Bay), Livcrpool, 1892, p. 14.5. Nereis podopliyUa (Aud. et Adw.) Audouin et MilNe-Edwards : Classifi- cation des Annélides et description de celles qui habitent les côtes de France (suite) : Néréidiens, Ann. de Se. Nat. Zool., t. XXIX, p. 210-211. Heteronereis glaucopis (Mgr.) Malmgrem : Ann. Polych. 1867, p. 60, tab. IV., fig. 26-27, Nord Hafs Annul. Of- vers. af. Kongl. Vet. Akad, vol. V, p. 110, tab. XI. DEUXIEME PARTIE CHAPITRE II Aperçu général sur les modifications externes et internes, au moment de la maturité sexuelle, chez les Annélides Poly diètes et plus particu- lièrement chez les Lycoridiens. Modifications Externes. — Un des phénomènes les plus curieux que l'étude des Annélides polychètes offre à l'obser- vateur, c'est la métamorphose qui chez certains types accom- pagne la maturité sexuelle. Chez les Lycoridiens' comme nous l'avons vu par la Nereis fiicata, l'annélide prend alors souvent un aspect tout différent de celui qu'elle présentait à l'état immature. Elle se modifie, elle se transforme extérieurement, non point sur toute sa longueur, mais seulement dans la région postérieure, l'antérieure gardant, sauf parfois la partie céphalique, tous les caractères néréidiens. Les principales modifications atteignent surtout les parapodes, aux différentes parties desquels on voit apparaître des expansions foliacées plus ou moins développées. Entre temps, des soies toutes particulières, à article aplati, élargi en une rame, véritables soies natatoires, se substituent aux soies typiques de l'animal, qui s'adapte ainsi à une vie pélagique. La Nereis présente alors un aspect si différent de celui qu'elle offre ordinairement, que les anciens descripteurs, ne ^ 36 — saisissant pas les relations existant entre ces deux formes, avaient fait de cette dernière un genre à part : le genre Heteronereis. C'est- Malgrem, en 1864, qui le premier entrevit la liaison de ces deux genres. Indépendamment de lui, Ehlers (1864- 1868), par une étude minutieuse des types intermédiaires, établit cette notion d'une façon définitive et en particulier mit en évidence l'identité de la Nereis fucata (Sav.) avec VHeteroîiereis glaucopis (Malgr.). C'est lui qui créa les termes de forme atoque et épitoque, le premier désignant l'aniiélide non transformée, et le second les formes ayant revêtu la livrée hétéronéréidienne. Claparède (1869-1870) confirma les résultats de ses devanciers. Il avoua très franchement avoir eu quelque répugnance, tout d'abord, à admettre leurs conclusions; mais les recherches qu'il entreprit sur ce sujet et en particulier sur la Nereis Dumerilu (Aud. et Edw.), déjà étudiée par Malmgrem, l'obligèrent à admettre la thèse de ce dernier. En revanche elles lui montrèrent un cycle évolutif d'une complexité jusqu'alors insoupçonnée. C'est lui qui introduisit dans le langage scientifique le terme d'épigame considéré aujourd'hui comme synonyme d'épitoque, mais que Claparède employait cependant dans un sens un peu différent, désignant en effet, par cette expression, l'animal en voie de transformation. Les Lycoridiens ne sont pas les seuls parmi les Annélides polychètes à présenter ces modifications. C'est ainsi que chez les Syllidiens nous rencontrons des phénomènes analogues ou même plus complexes. Ainsi les Exogonés et les Eusyllidés nous montrent à chaque segment, au moment de la maturité sexuelle, un faisceau de soies natatoires dorsal. Chez les Syllidés l'épitoquie se complique de schizogamie, les carac- tères épitoques n'existant qu'au stolon. Enfin, tandis que dans cette tribu des Syllidiens les stolons ne présentent entre eux aucun dimorphisme sexuel, celui-ci se manifeste très nette- ment chez les Autolytidés. Voir à ce sujet Malaquin (1893 et 1896). Pendant longtemps on a cru que ces faits ne se rencon- traient que chez les Annélides errantes : Néréidiens, Sylli- diens, Euniciens. Or, en 1898, Caullery et Mesnil ont mis en évidence l'existence de phénomènes d'épi toquie dans une famille d'annélides sédentaires : les Cirratuliens. Ce sont là les cas les mieux connus. La littérature scienti- fique nous en offre bien d'autres, mais qui pour la plupart auraient besoin d'être confirmés. Caullery et Mesnil les ont réunis dans leur étude sur les formes épitoques des Cirratu- liens, aussi nous contenterons«-nous d'en rappeler les prin- cipaux. 11 est possible que l'épitoquie existe chez les Hésio- niens, d'après Webster et Benedict 1884 [liesione gracilis). On la rencontrerait aussi dans la famille des Phyllodociens, si l'on considère comme un caractère d'épitoquie la présence, chez quelques types mûrs, de soies capillaires simples : Malm- GREM, 1865 [Eulalia prohlema. Malgr.), de Saint-Joseph, 1888 {Mystides limbaia de St-Jos.), Webster et Benedict, 1884 {Eulalia gracilis Verr.). D'après Gravier 1^1896) ces soies simples sont, en effet, des soies épitoques. Peut-être les Polynoïdiens nous fourniraient-ils aussi des exemples d'épi- toquie, mais les cas signalés sont beaucoup trop douteux pour qu'on puisse en faire état. Comme nous l'avons laissé prévoir, les phénomènes d'épi- toquie présentent parfois une très grande complexité. Certes, il est des Lycoridiens qui se transforment simple- ment en Heteronereis au moment de la maturité sexuelle, mais il peut arriver d'autres fois que l'évolution soit plus complexe. D'après Claparède (1870) le cycle évolutif de la Nereis Dumerilii (Aud. et Edw.) nous conduirait à l'une ou l'autre des trois formes suivantes : lo x\nnélide mûrissant^sans présenter de phénomènes d'épitoquie. 2"^ Petite heteronereis pélagique. 3° Grande heteronereis tubicole. On doit même y joindre une forme hermaphrodite signalée par Meckzxikow à San Bemo, et vraisemblablement décrite Tome LXXII. - 4 — 38 — avant lui par Moquin-Tandon sous le nom de Nereis ?nassi- liensis (1869). L'hermaphrodisme de cette forme a été confirmé par Caullery et Mesnil (1898, p. 146, note 2). WiSTiNGHAusEN (1891), bien que modifiant sur quelques ■points les données de Claparède relatives à l'évolution de l'annélide précitée, conclut lui aussi aux mêmes formes terminales. Enfin Hempelmann (1911) reprenant cette étude nous conduit sensiblement aux mêmes résultats que Claparède. Un polymorphisme comparable a été mis en évidence chez Dodecaceria c(mchartun (OErsi.J ^ar Caullery et Mesnil (1898). Ces auteurs ont été amenés à considérer aussi trois formes terminales, l'une (forme A) atoque, sédentaire et parthénogé- nétique, l'autre (forme B) épitoque, nageuse, de petite taille et ne présentant pas de dimorphisme sexuel, la troisième (forme G) épitoque elle aussi, mais de grande taille et beau- coup plus rare. Cette dernière serait probablement parthéno- génétique. Tandis que les deux premières formes se distin- guent à un stade très précoce, la première et la troisième au contraire ne peuvent guère se différencier qu'au moment de l'épitoquie. Le dernier mot n'a pas encore été dit sur l'évolution des formes chez les Annélides polychètes et certaines hypothèses ont été émises qui ne seraient pas pour apporter quelques simplifications. Malgrem (1867), frappé de ce fait que chez Nereis DumeriHi certaines formes néréidiennes sont de taille beaucoup plus grande que les formes hétéronéréidiennes, suppose que, parmi les diverses formes de la Nereis DumeriHi, il en est une qui au moment de la maturité sexuelle prend des caractères épitoques, puis les abandonne ensuite, retournant à la forme atoque. Cette hypothèse apparaît comme peu vraisemblable, tout au moins chez les Lycoridiens, et l'étude des modifica- tions internes nous montrera qu'elle n'est guère soutenable. Il n'en est pas de même d'une autre idée émise par Clapa- rède : « Un Ver, dit-il, qui est arrivé à maturité sous la forme de Néréide, peut-il perdre pour un temps toute trace de — 39 — sexualité, croître en dimensions et en nombre de segments ' pour reprendre plus tard les caractères sexuels et se trans- former en Hétéronéréide, ou bien, ne faut-il pas plutôt admettre qu'un Ver, arrivé à maturité sous la forme néréi- dienne, ne peut jamais arriver à la phase d'Hétéronéréide et que seules les néréides qu'il engendre sont appelées plws tard à subir cette transformation ? Pour ma part, j'incline à croire que le même individu peut présenter successivement les deux phases de maturité » (70, p. 437-438). Ce que CLAt>ARÈDE admet là, et avec lui Hempelmann, c'est tout simplement la possibilité chez les Lycoridiens de phénomènes de dissogonie. Caullery et Mesnil étudiant les relations qui existent entre les trois formes auxquelles peut aboutir l'évolution de Dode- caceria concharimi, envisagent, eux aussi, la possibilité d'une liaison entre la forme A atoque, sédentaire et parthénogéné- tique et la forme G épitoque, de grande taille et également parthénogénétique. « Nous avons remarqué en effet que, d'une part, tous les individus C étudiés étaient de grande taille, et, d'autre part, que les individus A donnaient plusieurs géné- rations de produits génitaux. Il se pourrait donc que les individus A,, après avoir fourni une ou plusieurs poussées d'ovules, se développant avec parthénogenèse et viviparité, prissent, pour une dernière génération, les caractères de G. G serait le véritable état terminal de A. Nous ne repoussons pas cette hypothèse, mais nous n'avons pas en main de quoi la vérifier véritablement » [loc. cit., p. 103). Nous pensons, pour notre part, que cette hypothèse ne doit ■ pas être rejetée sans examen sérieux, et qu'il serait intéres- sant de suivre, avec un matériel convenable, l'évolution des formes dans des élevages faits avec soin. Nous regrettons que les conditions matérielles et le temps ne nous aient pas permis d'essayer de pareilles recherches sur Nereis fucata. Nous le regrettons d'autant plus qu'en fin avril 1913, nous avons rencontré parmi d'autres exemplaires de cette Annélide une femelle bourrée d'éléments sexuels, et présentant une ébauche de caractères! épi toques. Or, tandis que les Nereis — 40 — fucata ordinaires ne dépassent guère cent cinq segments pour une longueur de quinze centimètres, celle-ci, quoique incom- plète, possédait déjà cent quatre segments pour une longiiear de vingt-deux centimètres et une largeur d'un centimètre cinq. A cause de cette taille bien supérieure à celle des autres hétéronéréis femelles, nous avons pensé tout d'abord à un phénomène de dissogonie. Peut-être, par contre, n'est-ce tout simplement qu'un exemple de gigantisme dans cette espèce. Il nous reste maintenant une dernière question à nous poser. L'épitoquie nous apparaît comme un phénomène très fréquent chez les Lycoridiens ; mais est-ce général ? Est-ce qu'à toute Néréis correspond une Hétéronéréis ? Claparède, auquel tout chercheur dans le domaine des Annélides poly- chètes doit sans cesse se reporter, s'était déjà posé cette question : « Toutes les espèces de Néréides, se demande-t-il, ont-elles une forme hétéronéréidienne ? Je n'hésite pas à répondre par la négative » [loc. cit., p. 404). De Satnt-Joseph pense tout le contraire, sans être toutefois aussi affirmatif : (( Sur trente-huit espèces de formes hétéronéréidiennes connues, on a déjà pu en rapprocher vingt espèces de formes néréidiennes. Il ne serait donc pas invraisemblable qu'on trouvât la forme néréidienne des dix-huit autres et aussi les formes hétéronéréidiennes des Néréides qui ne sont encore signalées que sous leur forme néréidienne » [loc. cil., 1888, p. 253). Pour Gaullery et Mesnil, il est sûr « que certaines se reproduisent sans se métamorphoser. Il est probable enfin que certaines espèces, au moins, peuvent atteindre la matu- rité sexuelle, soit à l'état néréidien, soit à l'état hétéroné- réidien » [loc. cit., p. 144). A notre avis, si dans l'état actuel de la science on ne peut affirmer que l'épitoquie soit un phénomène absolument général dans le groupe des Lycoridiens, elle apparaît cepen- dant comme étant très fréquente^ d'autant plus que les recherches faunis tiques récentes nous font connaître en même temps que de nouvelles Néréis, de nouvelles formes épitoques. — 41 — En revanche, il est un certain nombre de Néréidiens chez lesquels l'épitoquie semble très nettement en voie de dispa- rition : ce sont les Néréidiens d'eau douce. Chez ces animaux en effet on constate parfois une ébauche de caractères épito- ques, ébauche qui se borne par exemple à l'apparition de lobes incomplets à la rame ventrale, comme c'est le cas chez Perinereis Sewati (Grav.). Gravier (1905) interprète, avec juste raison, ces faits comme un souvenir de la transforma- tion épigamique de l'espèce marine d'oîi cette forme d'eau douce est dérivée, c'est-à-dire comme une véritable accélé- ration embryogénique. Ce phénomène doit être en effet rapproché des exemples de tachygénèse si souvent constatés dans l'adaptation des formes marines à la vie dans les eaux douces. Modifications Internes. — Les* modifications dans la forme et la constitution des parapodes ainsi que dans la constitution de l'appareil sétigère, ne sont pas les seuls phénomènes que l'on constate chez les Annélides polychètes au moment de la maturité sexuelle. 11 peut se produire aussi des modifications internes atteignant plus ou moins profondément les organes, troublant plus ou moins Tanatomie de l'animal, la consti- tution de ses tissus. C'est de ces phénomènes particulièrement importants dont nous allons essayer maintenant d'ébaucher la bibliographie. Modifications du tube digestif. — Au moment de la matu- rité sexuelle, le tube digestif des Annélides polychètes peut présenter des modifications parfois très prononcées pouvant aller jusqu'à l'atrophie. Claparède, 1864 {loc. cit.), avait déjà constaté ce fait chez un Polyophthalmus, ainsi que chez un Syllidien : le Paedo- phyllax clamger. Il remarque encore que a la plupart des Hétéronéréides, ne prenant aucune nourriture, ont l'intestin comprimé par les éléments sexuels et réduit à un étroit ruban, — 42 - dilaté pourtant au point d'insertion des dissépiments » (1869). Des faits analogues ont été signalés par Ehlers (1868) chez Glycera capitata, par Viguier (1886) chez un Phyllodocien : Pelagobia longicirrata. Dans cette dernière famille, Gravier (1896) nous signale d'ailleurs d'autres exemples {Notophyllum alatum, Pterocirrus macroceros^ Eumida communis). Bohn (1901) constate encore ces mêmes processus atrophiques chez Arenicola marina. Enfin plus récemment Page (1906) insiste tout particulièrement sur ces phénomènes chez les Lycoridiens. Mais aucun de ces auteurs n'a cherché à suivre ces modifi- cations au point de vue histologique. Dans ce sens nous ne rencontrons guère dans la littérature scientifique que les recherches d'EisiG (1887), auxquelles il faut joindre celles de Caullery et Mesnil [loc. cit.). Eisig, dans sa helle monographie des Capitellidiens, a mis en évidence des phénomènes d'his- tolyse du tuhe digestif au moment de la maturité sexuelle chez le Notomastus lineatus, cette histolyse frappant le tube digestif par place et non dans son entier. Quant à Caullery et Mesnil nous leur devons une étude détaillée de l'atrophie du tube digestif chez les formes épitoques des Cirratuliens et particulièrement chez Dodecaceria concharum. Cette atrophie, qui atteint la partie antérieure et moyenne du tube digestif, se produit pendant la période de maturation des produits génitaux dans la forme épitoque nageuse B, tandis qu'elle ne se produit qu'après cette maturation chez la forme épitoque sédentaire C, celle-ci continuant à se nourrir pendant le déve- loppement de ses éléments sexuels. Modifications du système musculaire. — De même que le tube digestif, le système musculaire peut présenter au moment de la maturité sexuelle des modifications notables. Ainsi chez certains Phyllodociens, Viguier, Gravier, dans les types déjà cités, remarquent un amincissement des muscles du corps. Ehlers chez des femelles de Glycera capitata., Caullery et Mesml chez Dodecaceria concharum, constatèrent des faits analogues. Pour les jNephthydiens nous trouvons des résultats plutôt contradictoires. En effet, d'après Page (1906) « la musculature des Nephthydiens est particulièrement développée et ne semble pas entrer en voie de régression chez les individus mûrs ». Par contre Kollmainn (1908) déclare que, si l'on fait une ponction de Nephthys Hombergii, « on obtient un liquide où l'on trouve toutes sortes d'éléments, dont la plupart ne sont pas des leucocytes. On y trouve notamment des produits génitaux à toutes phases de développement, des cellules musculaires désagrégées, particulièrement dans les individus en voie de maturité génitale ». Ce qui semble bien indiquer une modification du système musculaire à cette période du développement. Chez les Lycoridiens, Gravier (1905, p. 248), Page (1904- 1906) et Treadwell nous signalent des modifications très nettes du système musculaire.' Page en particulier, constatant l'amincissement de la musculature dans la moitié postérieure du corps chez la forme commensale femelle de la Nereis fiicata, pense que cette réduction est due à la maturité sexuelle et non seulement au mode de vie sédentaire de l'animal, comme le voulait Wiren (1888). Des faits que nous venons de rassembler il résulterait donc que la maturité sexuelle peut avoir comme conséquence chez les Annélides polychètes une réduction de la musculature du corps. Cependant nous trouvons dans de Saint-Joseph (1898) une observation tout à fait différente. Cet auteur, étudiant un Lycoridien : Eunereis longissima (John), signale bien chez la forme hétéronéréidienne de cette Annélide une atrophie de certaines régions musculaires, mais- aussi un développement exagéré de certains autres muscles, a Comme dans la forme néréidienne, dit-il, il y a aussi trois faisceaux latéraux de muscles longitudinaux ventraux, mais ici (chez la forme hétéronéréidienne) les deux faisceaux supérieurs sont devenus très petits, tandis que les muscles allant aux pieds, et partant des deux côtés de la chaîne nerveuse et non en dessous, ont pris une importance considérable en rapport avec les fonc- — 44 — -lions natatoires de l'animal Iransformé » (p. 310, pi. 16, fig. 97-100). C'est là une observation extrêmement impor- tante sur laquelle nous reviendrons. Ce n'est pas seulement dans sa morphologie que le système musculaire peut être atteint, c'est aussi dans sa constitution histologique, dans la constitution de ses fibres. lAlais sur ce point nos connaissances sont encore plus réduites, si possible, que pour les précédents. C'est Glaparède (1869 à 1870) qui pour la première fois indiqua nettement l'existence de ces modifications histoîogiques. « Chaque fibre musculaire, dit-il, prend part à la métamorphose quand le temps est venu » (1870, p. 421). Il signale en effet l'apparition, dans les fibres musculaires des formes hétéronéréidiennes, d'une substance granuleuse axiale; et ce fait le frappe tout particulièrement, car, dit-il, « dans l'état actuel de la science, les observateurs sont portés à considérer les fibres musculaires à axe granu- leux comme représentant un type inférieur, une forme embryonnaire en quelque sorte. Il est par conséquent bien remarquable de voir la formation de cet axe coïncider chez une annélide avec l'époque du développement le plus com- plet :.) (1870, p. 422). Il revient d'ailleurs et insiste sur ce fait, dans ses recher- ches sur la structure des. Annélides sédentaires (1873) et se base en particulier sur cette observation pour réfuter l'opinion de ScHWALBE que chez les Annélides sédentaires les fibres musculaires sont toujours cylindriques et à axe granuleux. Il montre que cette structure est variable suivant l'animal étudié, le muscle, l'état de maturité sexuelle de l'animal, et rappelle en effet pour ce dernier point ses observations sur Nereis Dumerilii. Nous retrouvons (îe changement des fibres musculaires indiqué par d'autres auteurs. Ainsi Malaquin (1893) chez les Syllidiens note qu'au moment de la maturité sexuelle « les fibres musculaires, aussi bien de la musculature longitudi- nale que de celle des parapodes, subissent une transformation semblable à celle décrite par Claparède chez les Hétéroné- réides )) (p. 108). Plus lard de Saint-Joseph (1898, p. 314) signale, chez les formes hétéronéréidiennes mâles et femelles de Perinereis longissima (Horst), « la présence d'un axe poin- tillé dans les fibres des muscles ». Signalons en outre que Fauvel chez les Ampharétiens (1897), constatant des variations dans Taspect, la colorabilité de certaines fibres musculaires, rapproche ces Faits des résultats de Claparède et pense que ces différences correspondent à des différences d'âge. On voit combien peu précis et souvent contradictoires sont les résultats que nous possédons sur ces modifications du système musculaire chez les Annélides polychètes, et il est de plus très probable que des recherches approfondies montre- ront des modalités différentes suivant les familles, les espèces, et même suivant les sexes. Déjà, dans deux notes prélimi- naires (1913-1917), nous avons fait entrevoir quelle complexité présentent ces phénomènes; nous y reviendrons plus loin, leur étude devant constituer la partie fondamentale de ces reherclies. Modifications des organes segmentaires. — C'est peut-être le chapitre le mieux connu, chez les Annélides polychètes, de cette histoire des modifications internes. On en trouvera la bibliographie dans Fage [loc. cit.). Il nous a paru inutile de la reprendre en détail après cet auteur. Nous nous contente- rons d'exposer les faits principaux. Chez les Ampharétiens, Fauvel [loc. cit.) ne signale aucune modification. Caullery et Mesnil [loc. cit.) notent au contraire dans la famille des Cirratuliens une augmentation de volume des néphridies antérieures, qui seules servent de conduits vecteurs pour les éléments sexuels. Chez les Errantes (Voir notamment Goodrich et Fage [loc. cit.), les organes segmen- taires peuvent aussi servir à l'émission des produits génitaux. Dans ce cas ils présentent des modifications les adaptant à cette nouvelle fonction, la principale étant le développement, aux dépens de l'épithélium cœlomique, d'un pavillon cilié se soudant à la néphridie et dans lequel s'engagent les éléments — 46. — sexuels. De plus on constate une augmentation de la paroi du tube néphridial dont la paroi devient aussi plus épaisse. C'est le cas des Phyllodociens, Alciopiens, Goniades parmi les Glycériens, et enfin des Syllidiens. Dans cette dernière famille, il est quelques genres où ces modifications ne se rencontrent que chez les mâles ainsi que le constate Pruvot chez Syllis vitata. D'autres Annélides, comme les Aphroditiens, les Spionidiens (en partie), possèdent de tout temps un pavillon. Ce serait, d'après Fage, un phénomène d'accélération embryogénique. Enfin chez d'autres types, comme les Glycériens (Goniades exceptés), les Nephthydiens et plus encore les Lycoridiens, la néphridie étant complètement adaptée à son rôle excréteur ne peut plu& remplir les fonctions de conduit vecteur des pro- duits génitaux. Aussi ne subit-elle aucune modification {Nereis fucata par exemple), ou bien alors dégénère, comme c'est le cas oh^z Nereis Dumerilii. Mais, dans ce cas, comment peut se faire l'émission des éléments sexuels? Fage ne voit qu'un seul moyen, qu'il considère comme fatal d'ailleurs pour l'animal, la déchirure des parois du corps. Ce phéno- mène a été constaté par Cunningham (1888) chez Nereis pela- gica. C'est aussi de cette façon que s'échappent les œufs volumineux de V Arenicola marina (Bohn, 1901). Variations leucocytaires et modifications du tissu de réserve. — Les modifications que nous venons d'étudier ne sont pas les seules qui aient été constatées; nous parlerons maintenant de celles qui concernent les leucocytes. L'étude des leucocytes des Annélides polychètes n'est encore qu'ébauchée, soit que les auteurs qui se sont occupés de ces animaux aient passé ces éléments sous silence, soit qu'ils les aient étudiés d'une façon trop sommaire. C'est à Kukenthal (1885) que nous devons les premières notions précises sur les leucocytes des Annélides. 11 en reconnaît la nature et en décrit les principaux aspects. CuÉ^■0T (1891), quelques années plus tard, reprit cette étude chez de nombreuses espèces. — 47 — Depuis cette époque, les recherches sur ce sujet sont relati- vement peu nombreuses. Parmi les auteurs qui, étudiant une famille ou un genre, se sont occupés des leucocytes, nous citerons : Eisig (1887) chez les Capitellidiens, Caullery et Mesnil (1898) chez , les Girratuliens, Siedlecki (1898) chez Polymnia nebulosa, Galvagni (1905) chez le Ctenodrilus, RuDERMANN (1911) chcz Ephesia gracilis (Ratkke). D'autres, par contre, ont fait de ces éléments l'objet d'études spéciales, comme Knoll (1893), Pictoni (1898) et enfin Kollmann (1908). Avec ce dernier nos connaissances se précisent un peu plus. Ayant étudié un assez grand nombre d'espèces, il fixe l'évolution de ces éléments et confirme sur ce sujet les résultats de Galvagni. Les leucocytes jeunes se présentent sous l'aspect d'éléments de petite taille, à protoplasma hyalin, à noyau volumineux et sphérique. Dans la suite, ils s'accrois- sent notablement, et pendant que le noyau se déforme, se lobe, le cytoplasme se charge de granulations généralement acidophiles, ainsi que l'avaient remarqué d'ailleurs Caullery et Mesnil chez les Girratuliens, plus rarement ainphophiles (Nephthydiens et Glycériens). Chez certaines Annélides séden- taires les leucocytes vrais sont très rares et ne présentent pas de granulations, mais par contre on trouve en grande abon- dance, dans la cavité générale, des cellules de taille plus volumineuse, bourrées de gouttelettes graisseuses et de sphé- rules albuminoïdes : ce sont les cellules adipo-sphéruleuses de KoLLMANN, cellules qui, d'après lui, dériveraient des leuco- cytes proprement dits. Mais, là 011 nos connaissances laissent à désirer surtout, c'est quant aux variations présentées par les leucocytes (variations dans leur nombre, dans leurs inclusions) pendant l'évolution de l'Annélide et plus particulièrement au moment de la maturité sexuelle. Sur ce point nous ne savons que bien peu de choses. Glénot (1896) signale « qu'au moment du détachement des produits génitaux, les leucocytes se chargent de graisse et de vitellus et jouent le rôle de vitellogènes. Les leucocytes — 48 — normaux deviennent alors très rares ». KollmajSn au contraire déclare « n'avoir pu mettre en évidence aucune différence notable entre les leucocytes des formes asexuées ou épitoques de la même espèce (chez Nereis diversicolor C. F. Muller et Nercis irromta Malgr.). Les leucocytes semblent se raréfier considérablement chez les formes sexuées. Mais le nombre relatif des diverses espèces cellulaires ne paraît pas varier ». D'autre part nous détacherons du travail de Fauvel sur les Ampharétiens (1897) le passage suivant : « dans la chambre thoracique antérieure, le liquide cavitaire renferme des amibocytes que l'on voit par transparence circuler dans la cavité centrale des branchies et des tentacules buccaux, en communication avec elle. Chez ÏAîïipharete il ne semble jamais contenir d'élémenls sexuels. Dans le reste du corps, le liquide cavitaire ne contient guère que des éléments sexuels à divers états de développement, depuis la fm de septembre jusqu'au mois de mars. Pendant le reste de l'année, c'est-à-dire en été, il renferme des globules clairs, transparents, réfringents, comme grais- seux, des globules sphériques jaunâtres, également réfringents (chloragogènes ?) et des amibocytes à contenu irrégulier. Certains possèdent un gros noyau fortement coloré par l'éosine ». De cette citation il semble résulter que chez les Ampharé- tiens aussi il y a raréfaction des leucocytes granulés au moment de la maturité sexuelle, ce qui est à rapprocher de l'observation de Kollmann (1). La seule observation précise que nous ayons est celle de Caullery et Mesml chez les Cirratuliens. Ces auteurs ont constaté que, chez ces Annélides, les granulations acidophiles augmentaient dans les leucocytes pendant la croissance de (1) Il y a lieu de se demander si celte réduction n'est pas parfois apparente, s'il n'y a pas localisation en certains points des éléments de la cavité générale. C'est ainsi que Bohn (1901) signale qu'au moment de la maturité sexuelle, il y a chez Arenicola marina, au niveau des branchies et des téguments voisins, accumulation .de leucocytes autour des vaisseaux. — 49 — l'animal, mais disparaissaient au far et à mesure du dévelop- pement des éléments sexuels. Il semble donc bien que les leucocytes présentent chez les Annélides polychètes des variations avec l'état de maturité sexuelle, ces variations ayant lieu suivant deux modalités, qui vraisemblablement coexisteraient : 1° Raréfaction des leucocytes ; 2'^ Disparition des granulations éosinophiles. Quelle relation y a-t-il entre la disparition des g'ranulations éosinophiles et le développement des éléments sexuels ? La tendance actuelle est de considérer ces granulations comme des éléments de réserve. En elfet, chaque fois que des troubles nutritifs se produisent chez l'animal, on voit ces granulations disparaître. C'est ce qu'ont constaté par exemple Blumemhal (1904), Stephan (1907) chez certains Vertébrés. D'autre part Kollmann remarque que, chez un crabe (Carcinys ?naenas L.) oii il existe des leucocytes sans granulations et des leucocytes à granulations acidophiles, le nombre de ces der- nières augmentait à la suite d'une nutrition abondante, tandis qu'il diminuait pendant le jeûne. Enfin le même auteur signale, chez les crabes, une diminution des leuco- cytes granulés pendant le développement des produits géni- taux. (( Le phénomène est particulièrement accentué, dit-il, chez les femelles. » Nous avons trouvé des faits analogues à ce dernier chez les Annélides polychètes (Voir Caullery et Mesnil). 11 est de toute évidence que le développement des éléments reproducteurs ne se fait pas sans amener une désliarmonie physiologique, et l'on conçoit que l'animal fasse appel à toutes ses réserves. Gela se conçoit mieux encore si l'animal cesse de se nourrir au moment oii il édihe ses éléments sexnels, comme c'est le cas chez beaucoup d'Annélides polychètes (leur tube digestif est souvent atrophié à cette période de leur existence). Il est évident qu'alors c'est uniquement aux dépens de ses réserves qu'il peut arriver à produire et à mûrir ses spermatozoïdes ou ses œufs. — 50 — Chez les Lycoridiens, où cet arrêt de la nutrition est rendu tout à fait évident par la réduction presque complète du tube digestif, nous avons vu que selon Kollmann il y avait raréfaction du nombre des leucocytes. D' :utre part Claparède, a montré (1869) l'existence, dans la cavité générale de ces animaux, d'un tissu de réserve qu'il appelle tissu sexuel. Ce tissu, constitué par des cellules renfermant, outre « une vacuole pleine d'un liquide aqueux, une gouttelette, parfois plusieurs, d'une substance verte d'apparence graisseuse », sert de tissu nourricier aux éléments sexuels, qui se développent en effet dans son intérieur. Aussi a-t-il à peu près disparu lors de la maturité de ces derniers. Nous reviendrons sur cette observation. Nous ne pouvons, sous peine d'allonger cet historique d'une façon excessive, continuer à montrer avec la même ampleur ce qui reste à faire dans ce domaine. Nous nous contenterons seulement de citer encore deux ou trois points. Nous noterons par exemple l'observation de Claparède, que, au moment où la Nereis Dumerilii se transforme en Hétéronéréide, l'appareil circulatoire présente une multiplication étonnante de ses ramifications (4870, p. 419). Le même phénomène frappa d'ailleurs plus tard Jacquet chez Nephthys Hombergii (Aud. et Edw., 1884). D'autre part on a signalé des cas de migration et de résorption pigmentaires au moment de l'épitoquie, des variations au sujet des éléments glandulaires contenus dans les téguments, etc. (Claparède, 1869-1870, Caullery et Mesnil, 1898). Avant de terminer cette étude sur l'histoire de ces modifi- cations internes, nous devons dire quelques mots des relations entre ces modifications internes chez les Annélides polychètes et les modifications externes que nous avons aussi constatées. 11 peut y avoir transformations internes sans modifications externes, tel est le cas de Glycera capitata, Notomastus lineatiis. D'autres fois, l'épitoquie s'accompagne de phéno- mènes d'histolyse, comme chez les Syllidiens, les Lycoridiens, — 51 — les Cirratuliens. D'ailleurs Gaullery et Mesnil ont réuni en un tableau les relations entre ces phénomènes, c'est ce tableau que nous reproduisons ci-dessous : 1» Phénomènes d'histolyse, I Glyceracapitata. . . . Ehlers. sans métamorphose ex- ] ^^ n , ( Vi^uier. ,, . j \ Phyllodociens \n • terne, ni phénomène de '^ ( Gravier. scissiparité. ^ Polyophthalmus . . . . Claparède 20 Phénomènes d'histolyse, i Notomastiis lineatus. Eisig. sans métamorphose ex- ] terne, mais suivis de ) . . .,, f Palola viridis. scissiparité. \ 3» Phénomènes d'histolyse, ' Hétéronéréides. accompagnés de meta- \ morphose externe (épi- l Cirratuliens. toquie) et quelquefois de / scissiparité (schizogamie). \ ^yllidiens. Comme on le voit, l'histoire des modifications internes au moment de la maturité sexuelle chez les Annélides Polychètes nous offre encore beaucoup d'inconnues et l'on peut dire sans exagération que cette étude n'est qu'ébauchée. Mais d'autre part cette esquisse bibliographique nous montre combien vaste est le sujet et l'on comprendra fort bien main- tenant pourquoi nous avons volontairement limité nos recherches aux seules modifications du tissu musculaire. TROISIÈME PARTIE Modifications du système musculaire au moment de la maturité sexuelle chez la « Nereis fucata » (Sav.) CHAPITRE III Les principaux muscles du corps et leurs variations chez la forme néréidienne. 1" Musculature d'un segment. — Nous n'avons point l'inten- tion, dans ce chapitre, d'entreprendre l'étude détaillée du système musculaire chez la Nercis fucata; nous nous atta- cherons surtout à mettre en évidence les points qui seront nécessaires à la compréhension de l'étude histologique qui va suivre, aussi n'étudierons-nous que la musculature propre des segmenls. On sait que les Annélides polychètes possèdent, sous l'hypoderme, -une couche musculaire, formant avec cet hypo- derme ce que les auteurs désignent sous le nom de couche musculo-cutanée. Cette couche musculaire comprend en général deux systèmes de fibres : une couche de muscles circulaires ceinturant plus ou moins complètement le corps, et, en dedans de celle-ci, des muscles longitudinaux pouvant, ou non, former une couche continue. Mais ce schéma peut subir des modifications. C'est ainsi que chez les Aphrodi liens la couche des muscles circulaires manque le plus souvent (Darboux, 1900). Il n'en est pas ainsi chez la Nereis fvcala. Les muscles circulaires y forment dans la région moyenne du corps une très mince couche, surtout entre les muscles longitudinaux ventraux et la partie correspondante de l'hypoderme. Là, en effet, ils ne sont plus représentés que par quelques fibres très fines, difficiles à mettre en évidence. Dorsalement, au contraire, bien qu'ils ne prennent jamais un grand dévelop- pement, leur présence est plus aisée à constater. Quant aux muscles longitudinaux, au lieu de former une couche plus ou moins continue, aspect fréquent chez les Annélides sédentaires, ils se présentent, comme en général dans toutes les Annélides errantes, sous la forme de gros cordons, ici au nombre de deux dorsaux et de deux ventraux. Les muscles dorsaux apparaissent, en coupe transversale, comme deux champs musculaires bien séparés suivant l'axe de l'animal. Entre eux on distingue d'ailleurs le vaisseau sanguin dorsal. Tandis que leur partie interne se termine en s'amincissant plus ou moins progressivement, si bien que le muscle paraît souvent se terminer intérieurement en bec de flûte, la partie externe, après s'être détachée de la couche des muscles circulaires, se renfle au contraire, tend à former une sorte de léger bourrelet plongeant dans la cavité générale. Les muscles ventraux forment au&si deux larges cordons longeant la face ventrale de l'Annélide, de part et d'autre de la chaîne nerveuse ventrale, par laquelle ils sont séparés. En coupe transversale ils constituent deux larges plages à. concavité bien accentuée, tournée du côté de la cavité géné- rale. Mais tandis qu'au voisinage de la chaîne nerveuse ventrale, dont ils sont d'ailleurs très nettement séparés, ces faisceaux ventraux se détachent légèrement de la paroi du corps, se terminent, en s'arrondissant ou en s'amincissant un peu, la portion latéro-externe au contraire se replie vers Tome LXXII. 5 — 54 — l'intérieur de la cavité générale, puis ensuite vers l'extérieur, constituant ainsi un double repli, dont les deux feuillets s'appliquent l'un sur l'autre, séparés seulement par une mince lame de tissu conjonctif. La figure 20 montre cette disposition qui semble, ainsi que i. ml.v FiG. 20. Demi-coupe schématique d'un segmenl. m.c. muscles circulaires; in.l.d., muscle longilutlinal dorsal: in.l.v., muscle longitudinal ventral; d.r., double repli muscu- laire; f.v.s.n., faisceau ventral sus-nervien ; m. p., muscle para- podial; v.d., vaisseau sanguin dorsal; v.v. vaisseau ventral: cil. II., chaîne nerveuse: t. ci., tube digestif. Ta constaté de Saint-Joseph (1898, p. 307), assez générale chez les Lycoridiens. Cependant elle n'est pas propre à cette famille d'Annnélides polychètes. C'est ainsi que nous la trou- vons signalée parmi les Aphrodi tiens dans la tribu des Sigaloniens par Darboux (1900, p. 153). Cet auteur considère cette disposition comme due au peu de largeur de la face ventrale de l'animal, ce qui oblige le muscle à se replier sur lui-même. Pour compléter l'étude des muscles longitudinaux nous indiquerons l'existence de très fines fibres musculaires au- dessus de la chaîne nerveuse. Accolées à celle dernière elles constituent un très mince revêtement. Avec un peu d'atten- tion, on constate sur les coupes transversales que ce revête- ment n'est pas continu et forme le plus souvent deux cordons, par suite de l'insertion, suivant l'axe médian dorsal de la chaîne nerveuse, du mésentère retenant le vaisseau sanguin ventral. Pareille formation musculaire a été signalée chez d'autres Néréidiens : ainsi de Saint-Joseph (1898) la signale chez Eunereis longissima. Enfin Malaquin (1893, p. 108) a rencontré une disposition analogue chez quelques Syllidiens. Darboux {loc. cit., p. 123) la note chez quelques Polynoiniens. L'existence du faisceau ventral sus-nervien (c'est ainsi que Malaquin désigne cette bande musculaire) est donc un fait assez fréquent chez les Annélides polychètes. Signalons en passant que chez Nephthys Hombergii (Aud. et Edw.), il existe, courant au-dessus de la chaîne nerveuse ventrale, un cordon envoyant au niveau de chaque segment une paire de ramifications latérales. Ce cordon n'est pas, comme chez la Nereis fucata, au contact de la chaîne nerveuse, laquelle chez Ncphthy.s- prête largement, à sa face dorsale, insertion aux muscles qui se rendent aux parapodes. Par suite de certains détails structuraux, cette formation a été considérée par les auteurs, à la suite d'E.MERY comme un muscle strié (1). Il nous reste maintenant à étudier les muscles parapodiaux ou muscles obliques. Si nous disséquons une Nereis fucata, nous constatons que, ventralement, chaque segment est limité (1) On comprend loul de suile l'imporlance de celle inlerprélalion, la musculalure des Annélides élant formée de fibres lisses. Nos obser valions personnelles sur Neplilhys llomhergii ne nous permellent pas de souscrire sans reslriclions à celle conception. L'exislence d'un système de doubles stries entrecroisées dans ce cordon ne nous semble pas suffisante pour faire de cette formation un véritable muscle strié. Ces stries sont d'ailleurs bien différentes des stries proprement dites des fibres musculaires. De plus celle formation est loin d'avoir les réaclions colorantes des fibres musculaires, elle a plutôt celles du lissu conjonclif. 5G — en avant et en arrière par deux paires de rubans assez larges, qui font partie du système de dissépiments séparant les seg-ments les uns des autres (fig. 21). Ces deux rubans sont constitués par de fines fibres de nature musculaire, lesquelles constituent en réalité deux faisceaux. En effet, en dissection et mieux encore sur des cou- pes transversales faites à ce niveau, on constate qu'un certain nombre de ces fibres naissent sur les flancs de la chaîne ner- veuse ventrale, au niveau d'un renflement ganglion- naire, et forment ensuite un ruban qui, longeant dorsalement le muscle lon- gitudinal ventral et son double repli, plonge en- suite vers la base du para- pode. Un autre groupe de fibres naît au même niveau, mais cette fois dans l'es- pace séparant le muscle longitudinal ventral de la chaîne nerveuse, puis, se relevant obliquement, s'entrecroise avec le précédent, se dirige vers les flancs de l'animal et va se ter- miner au niveau de la partie dorsale de la rame inférieure. Dans l'espace séparant les deux groupes de dissépiments, c'est-à-dire dans la cavité du segment, nous trouvons les muscles parapodiaux ou obliques, lesquels font mouvoir les parapodes et assurent ainsi .la locomotion de l'animal. Chez les formes néréidiennes ces muscles, au nombre de deux paires, s'insèrent par une large surface en éventail à la base de la chaîne nerveuse ventrale, dans l'espace séparant celle-ci du muscle longitudinal ventral correspondant. Ces muscles forment, de chaque côté de la chaîne nerveuse ventrale, deux lames très minces se superposant. Le muscle Fie 21. Système musculaire parapodial en disseclion. m.p.s., muscle parapodial supérieur: w.p.i., muscle parapodial infériear ;' f.s,, faisceau sétigère: ch.-n., chaîne nerveuse; m.l.v., muscle longitudinal ventral; cl, dissépi- ment postérieur; d', dissépiment anté- rieur; t, tégumeut. • — 57 — supérieur rassemblant ses fibres, finit par former un étroit ruban qui, se dirigeant obliquement vers la partie postérieure du segment, va s'attacher à la partie antérieure du parapode suivant. C'est un muscle protracteur, il infléchit ce parapode vers l'avant. L'autre rassemble ses fibres et, cheminant tout d'abord a peu près normalement à la chaîne nerveuse, va se terminer à la face postérieure du parapode appartenant au même segment et non au segment suivant comme le muscle précédent. En se contractant, il ramène -le parapode vers l'arrière, c'est un muscle retracteur. 2° Variations de la musculature suivant le segment considéré. — Dans cette étude de la musculature chez Nereis fucata, nous avons eu surtout en vue un segment moyen du corps. C'est qu'en efl"et, comme nous allons le voir, le déve- loppement, la forme de tel ou tel muscle et son importance, varient suivant la région considérée. Or, comme nous recher- chons les modifications du système musculaire liées à la maturité sexuelle, il est nécessaire d'être au préalable fixé sur celles qui se rencontrent chez un même individu non pourvu encore de ses éléments génitaux. D'une façon générale, c'est dans la région tout à fait anté- rieure que les difl'érents muscles atteignent leur plus grand développement. Cependant il ne faut pas s'adresser aux tout premiers segments, car alors la musculature n'a pas pris encore ses caractères définitifs. Considérés au niveau du quinzième segment par exemple, les muscles longitudinaux dorsaux et ventraux constituent d'énormes masses, surtout les dorsaux dont le développement l'emporte à ce niveau sur celui des ventraux. Les premiers constituent de chaque côté du tube digestif deux larges plages réniformes. Quant aux seconds, leur double repli est presque aussi épais et aussi développé que le muscle propre- ment dit. Par suite du grand développement de ces muscles la cavité générale paraît assez réduite (fig. 22). . Dans les segments moyens, l'importance de ces muscles 58 — /■^■? FiG. 22. Coupe transversale d'une Xereis fiicala immature. 15'' se^nnenl (X U"»). devient inoimire. Ainsi les dorsaux sont devenus notablement plus minces. En effet, dans la figure 23, représentant une coupe du quarante-deuxième segment, on peut aisément constater que pour un dia- .mlA mètre du corps presque identique leur épaisseur est notablement moindre. Leur largeur étant restée à peu près la môme, il en résulte que leur forme est toute différente. Ce sont mainte- nant deux rubans bien dé- tachés de rhypoderme à leur extrémité distale. Cette extrémité, légèrement ren- flée comme nous l'avons dit déjà, fait nettement saillie dans la cavité générale sous forme d'un bourrelet. Les ventraux se sont aussi amincis, mais dans une proportion moindre, ainsi que le double repli. Un fait toutefois est à remarquer. A ce niveau les proportions relatives entre les muscles longitudinaux dorsaux et ventraux sont maintenant renversées , les ventraux tendant à l'emporter en épaisseur sur les dorsaux. , Dans les segments posté- rieurs, à mesure que le diamètre du corps dimi- nue, on constate, ce qui est naturel, une grande réduc- tion des différents muscles, qui finalement se confon- dent. Les dorsaux deviennent d'abord très minces. Les ven- traux se réduisent parallèlement. C'est sur le repli latéral que porte surtout la réduction, car, tandis que la proportion rela- FiG. 23. Coupe transversale du même individu dans la rég-ion moyenne du corps (X 16). — 59 — .U nwlp ._ v»niJL.v FiG. 24. Coupe transversale du même indi- vidu dans la région postérieure du corps (X 16). tive entre le muscle ventral proprement dit et le diamètre du serment semble se maintenir, le repli n'apparaît plus que comme une petite masse latérale en forme de rostre, sur les coupes transversales, masse qui se confond de plus en plus avec le muscle longitu- dinal ventral. Celui-ci a,pparaît alors souvent comme une petite lentille concavo-convexe, parfois môme biconvexe, pour, finale- ment lui aussi, se confondre avec la masse musculaire ter- minale (fig. 24-25). Des muscles circulaires, du faisceau sus-nervien et des parapodiaux, nous n'aurons que peu de choses à dire. Les premiers atteignent leur maximum dans les segments antérieurs. Ils constituent alors dorsalement une couche assez épaisse, tandis que ventralement leur développement est moindre. Ensuite leur importance diminue. Nous avons vu que, dans les segments moyens, ils ne forment plus entre les dorsaux et l'hypoderme , qu'une très mince couche, et que ventralement ils sont difficiles à mettre en évidence. . / t, Enfin, à mesure qu'on se rapproche des ^>-^-'^^/ «5 — segments postérieurs^ ces muscles conti- nuent à s'amincir, moins rapidement cependant que les longitudinaux, si bien qu'ils apparaissent plus nettement, et même donnent l'apparence de s'être développés, la taille du segment ayant diminué beaucoup plus rapidement. Quant au faisceau sus-nervien, c'est toujours une très mince couche située à la partie dorsale de la chaîne nerveuse, se confondant presque avec le névri- lemme. Contrairement aux autres muscles, c'est dans les Coupe transversale du mê- me individu faite dans un des derniers seg- ments (X 16). — 60 — segments moyens que le développement de ce muscle est maximum, sans jamais toutefois être notable. Eniin les parapodiaux obéissent à la règle générale. Dans les segments antérieurs ils participent au développement de la masse musculaire et apparaissent comme des bandes assez épaisses. Dans les segments suivants ils s'amincissent et se comportent comme les autres muscles. CHAPITRE IV Modiflcations morphologiques du système musculaire au moment de la maturité sexuelle. Maintenant que nous connaissons l'anatomie du système musculaire, tout au moins dans ses parties principales, et que nous avons étudie ses variations chez les individus immatures suivant l'ordre du segment considéré, nous allons rechercher si la maturité sexuelle ne s'accompagne pas de modifications morphologiques dans le système musculaire chez la Nereis fucata. Dans ce chapitre nous comparerons, chez des individus plus oii moins évolués au point de vue génital, des segments homologues choisis dans la région moyenne du corps, afin que dans une forme épitoque ils soient compris dans la région transformée. De cette façon^ nous pourrons mettre en évidence les modifications du système musculaire suivant l'état de maturité sexuelle de l'animal. Comme cette étude nous révélera des différences sensibles entre les formes mâles et femelles, nous commencerons par les premières. Formes mâles. — Si nous comparons une hétéronéréis mâle arrivée au terme de son évolution, et une Annélide immature ou dont les produits génitaux commencent à peine à s'ébau- cher, nous ne pouvons qu'être fr.ippés des différences que nous constatons quant à la morphologie de l'appareil muscu- — 62 .'.ck> --tti. l.v laire (fig. 26, 27). Ce qui frappe d'abord c'est Thypertrophie qui semble avoir atteint presque tous les muscles, bien que la cavité générale soit bourrée de produits génitaux. Mais avec un peu, d'attention on ■^■°' voit que le phénomène est plus compliqué qu'il ne le semble. En effet, outre ce grand développement d'une partie de la masse muscu- laire, on constate que des néoformations se sont con- stituées pendant que, d'au- tre part, se produisaient des atrophies très nettes. Les muscles circulaires ne se sont point épaissis sensiblement. Le faisceau sus-nervien constitue maintenant deux bourrelets bien développés à la partie dorsale de la chaîne nerveuse, au lieu de cette petite lame à peine visible que l'on rencontre chez l'annélide jeune. Les Fig. 26. Coupe transversale du 60« segment chez une Néréis mâle dont les produits génitaux commencent à s'ébaucher (X 16). ■U muscles longitudi- naux ventraux et dorsaux, ainsi que les parapodiaux présentent des modifica- tions d'un autre ordre. Les longitudinaux dorsaux se sont considérablement dé- veloppés en épaisseur. Mais tandis que, chez les Anné- lides dépourvues de pro- duits génitaux, ils se ter- minaient plus ou moins brusquement de chaque côté du vaisseau sanguin dorsal, en laissant entre eux un espace assez grand, chez l'hétéronéréis mâle on constate que chacun de ces muscles s'amincit brusquement vers le milieu Fig. 27. Coupe transversale du 60^ segment chez une hétéronéréis mâle (X 16). — 63 — du segment, puis se replie, formant une bande qui plonge dans la cavité générale. En coupe transversale on voit alors deux minces apophyses, assez rapprochées l'une de l'autre, mais séparées néanmoins par du tissu conjonctif. Ces deux apophyses pendent en quelque sorte dans l'intérieur du corps. A leur extrémité libre, elles se renflent en un léger bourrelet. Nous nous trouvons là en face d'une formation nouvelle, absolument caractéristique de la forme épitoque. Quant aux muscles longitudinaux ventraux, leur aspect s'est aussi considérablement "modifié. Très épais, relative- ment à la hauteur du segment, ils tendent souvent à devenir plan-convexes. Par contre, leur double repli ne forme plus maintenant qu'une apophyse extrêmement réduite, souvent même il n'apparaît plus que comme un rudiment encastré dans la région externe du muscle. Les muscles longitudinaux ventraux présentent, eux aussi, des néoformations dans leur partie voisine de la chaîne nerveuse ventrale, mais ces néoformations sont moins distinctes anatomiquement que celles des muscles longitudinaux dorsaux. Nous arrivons maintenant aux muscles parapodiaux. Nous avons vu que, chez les formes néréidiennes, ils constituaient de minces lames, d'apparence compacte, représentées seule- ment dans les coupes longitudinales par de très petits paquets de fibres difficiles à repérer. Chez une hétéronéréis, l'aspect est tout différent. Sur les coupes transversales de l'animal nous apercevons, oblitérant une très grande partie de la cavité générale, deux larges fuseaux à structure lâche, extrêmement renflés en leur milieu : ce sont les muscles parapodiaux, placés de chaque côté de la chaîne nerveuse ventrale. De plus, tandis que, chez les Néréis immatures, ces muscles s'insèrent en partie dans l'étroit espace séparant la chaîne nerveuse des muscles longi- tudinaux ventraux, les muscles parapodiaux, dans l'hétéro- néréis, s'insèrent largement sur les flancs et à la. base de ladite chaîne nerveuse (fig. 28). De pareilles modifications dans la forme, la taille et l'insertion de ces derniers muscles, 04 — avaient déjà été signalées et figurées par de Saint-Joseph pour la forme épitoque de VEimereis longissima. Cette rapide comparaison nous révèle quelles différences se manifestent quand on compare les individus atoques et épitoques chez la Nereis fiicata. Mais ces différences n'appa- raissent pas d'une fa- ,mp j.vsa...^ cK.a. çon soudaine, nous pouvons les voir naî- tre et progresser en suivant l'évolution gé- nitale de l'animal. •jn.l.v. Stade A. — Ce stade est représenté par de très jeunes mâles. Il f'"^- 2^- n'y a pas encore de Figure montrant le mode d'insertion du muscle modifications exté- parapodial ou oblique chez l'hétéronéréis mâle rieureS Dans la C1- sur une coupe transversale d'un segment (mêmes lettres que dans la fig. 20), X 60. vité générale, OU aperçoit par endroits de petits groupes de spermatogonies, pauvres en éléments et peu nombreux. La musculature répond alors au schéma typique des formes immatures : muscles circulaires très minces, souvent difficiles à mettre en évidence. Les longitudinaux . dorsaux sont toujours, en coupe transversale, ces plages épaisses nettement séparées du vaisseau sanguin dorsal, au niveau duquel elles se terminent assez brusquement. Les ventraux sont bien développés et atteignent en épaisseur le sixième de la hauteur du segment. Le double repli n'a subi encore aucune réduc- tion, sa pointe s'avance assez loin dans la cavité générale et vient presque au contact du bord interne et médian du muscle longitudinal ventral. Quant aux muscles obliques et au faisceau sus-nervien, ils n'offrent, eux aussi, rien à signaler. — 05 — Stade B. — Etat plus avancé. Extérieurement on voit apparaître des ébauches de lobes à quelques parapodes. D'autre part, l'examen du contenu de la cavité générale nous montre des paquets très nombreux et de grande taille de spermatogonies. A ce stade, nous notons un léger épaississement des muscles circulaires. Pour les dorsaux, noua constatons que, bien que l'animal soit de plus grande taille, que la hauteur du segment soit plus considérable, l'épaisseur desdits muscles n'est point augmentée, si bien que, relativement à la taille du segment, ils nous apparaissent légèrement plus minces. De plus on remarque sur les coupes transversales, surtout au voisinage des dissépiments, que la pointe interne de chaque muscle dorsal tend à se détacher de la couche des muscles circu- laires, de chaque côté du vaisseau dorsal, et se replie vers l'intérieur. Les muscles longitudinaux ventraux nous conduisent aux mêmes constatations. Bien que la taille du segment soit plus grande^ l'épaisseur de chaque muscle ventral n'a pas aug- menté. Aussi, par suite de ses dimensions relatives, le muscle paraît-il moins épais. Quant au double repli qu'il possède, il subit lui aussi quelques modifications. Sur les coupes transversales on constate qu'il ne s'étend plus aussi loin, il n'atteint plus en effet maintenant la moitié de la largeur du muscle longitudinal ventral tout entier. Par contre, les muscles obliques sont déjà nettement carac- térisés comme muscles d'une forme épitoque. Nous n'avons plus dès ce moment ces très minces rubans qu'il fallait rechercher sur les coupes, mais au contraire d'épaisses bandes qui, il est vrai, semblent avoir perdu en compacité ce qu'elles ont gagné en épaisseur (fig. 29). Les coupes longitudinales axiales nous confirment ces différences ; les muscles parapo- diaux y apparaissent, non plus comme de tout petits paquets à peine visibles, mais sous forme de larges plages nettement apparentes au milieu de la cavité générale (fig. 30). De plus ~ 66 ces muscles ont dès à présent contracté l'insertion caracté- ristique des formes épi toques sur les flancs de la chaîne nerveuse. Quant au cordon musculaire sus-nervien il semble mieux s'individualiser; il est légère- ment plus épais et paraît moins large, plus ramassé sur lui- même. FiG. 29. Coupe sensiblement longiludinale du muscle parapodial, m. p., chez une Néi'éis mâle au début de l'épitoquie. Stade C. — Par la conforma- tion de ses parapodes, l'Annélide a tous les caractères d'une hété- ronéréis, sauf en ce qui concerne l'appareil sétigère, qui ne pos- sède pas encore de soies nata- toires. Enfin nous ne trouvons plus de spermatogonies dans la cavité générale, mais des éléments plus évolués (sperma- tocytes, spermatides). . Rien de particulier à signaler au sujet des muscles circu- laires. Les muscles longitudinaux dor- ,n.]» saux se sont légèrement épaissis. Par contre leur extrémité interne quitte l'hypoderme, formant sui- vant l'axe médian dorsal du corps un double repli bien indi- qué, quoique encore de petite taille, et s'avançant dans la ca- vité générale. Quant au muscle longitudinal ventral, on y re- trouve, pour le double repli, les faits entrevus au stade précédent, mais plus accentués. Enfin le muscle sus-nervien constitue maintenant un double cordon assez bien développé. i-l' FiG. 30. Coupe transversale du muscle para- podial, m. p., chez la même an- nélide. Stade D. — L'Annélide est arrivée au terme de sa maturité — G7 — sexuelle. La cavité générale est remplie de spermatozoïdes. Au point de vue des caractères extérieurs/ c'est alors une hétéronéréis achevée. C'est à ce stade que nous remarquons les intéressants phénomènes décrits au début de ce chapitre : développement des muscles longitudinaux dorsaux et ven- traux, atrophie des replis latéraux ventraux. Par contre, les replis médians des dorsaux prennent leur taille et leur aspect définitifs, tandis que les muscles parapodiaux forment main- tenant des fuseaux bien dé- veloppés (fig. 31). Enfin le cordon sus-nervien possède à ce stade les caractères que nous lui avons attribué dans les formes épitoques. _________ .1^ De l'étude de ces diffé- rents stades, il résulte bien que les transformations Fig. 31. musculaires ne semblent . , Coupe transversale du muscle parapodial pas se produire avec la chez une hétéronéréis achevée. même rapidité; on constate nettement que le faisceau sus-nervien et surtout les parapo- diaux, présentent des modifications plus précoces que les autres, et plus rapidement qu'eux prennent leurs caractères définitifs. En effet, dès qu'apparaît aux parapbdes l'ébauche des caractères épitoques, les muscles parapodiaux sont caractérisés comme muscles hétéronéréidiens, tandis que les longitudinaux ventraux et dorsaux ne diffèrent pas encore morphologiquement d'une façon sensible des muscles néréidiens. Cet aspect des muscles parapodiaux est même si net qu'il trahit sur les coupes le début de l'épitoquie ; si bien qu'il nous est arrivé de reconnaître de cette façon que l'animal étudié était en voie d'épitoquie et de retrouver, après coup, à quelques segments de la partie moyenne ou postérieure du corps^ quelques ébauches de caractères épitoques qui, par 68 .11 leur faible développement, avaient précédemment échappé à notre attention. • Nous pouvons maintenant résumer les modifications du système musculaire chez les formes mâles de la Nereis fiicata de la façon suivante : au total, hyper- trophie du système mus- culaire, les muscles lon- gitudinaux ventraux et dorsaux voyant en outre se surajouter à eux des néoformations , pendant qu'en revanche certaines de leurs parties s'atro- phient. c\a nxl V FiG. 32. Coupe transversale faile au niveaa des 55«, 60 segments ctiez une Serais fucatà fe- melle au stade d'ébauche des produits génitauxjx; 16). .ti Formes femelles. — Si nous comparons mainte- nant une coupe transversale faite entre les cinquante- cinquième et soixantième segments, chez une toute jeune femelle, où seules quelques petites oogonies se rencontrent éparses dans les mailles du tissu sexuel, avec une coupe transver- sale faite dans un segment homologue d'une hétéro- néréis achevée, on constate que chez cette dernière, malgré l'augmçntation de taille considérable des segments, les muscles longitudinaux dorsaux et ventraux n'ont point augmenté d'épaisseur (fig. 32, 33). Ils sembleraient au contraire plutôt plus minces que chez a.v FiG. 33. Coupe transversale faite au même niveau chez une hôtéronéréis femelle (Xl6). 69 les individus jeunes. De plus, comme l'ensemble des tégu- ments est aussi plus mince en valeur relative et même aussi en valeur absolue, nous avons tout à fait l'aspect, décrit par les auteurs, d'un véritable sac à œufs. Il ne faut cependant pas se laisser abuser par ces diffé- rences d'aspect. Un examen rapide montre que c'est en somme à cette différence d'é- ,.-J-yf.s.n. ' cWn FiG. 34. paisseur que se borne au fond la dissemblance que nous constatons dans les muscles longitudinaux et ventraux des formes mâles et femelles, car nous y constatons les mêmes néoformations et les mêmes atrophies. Pour les muscles parapo- diaux, nous trouvons des phé- nomènes analogues à ceux que nous avons constatés chez Mode d'inserlion du muscle parapodial les mâles. Chez les formes - chez une Hétéronéréis femelle (x 120 environ). non épitoques et pauvres en éléments sexuels, les muscles parapodiaux sont de minces lames comme chez les jeunes mâles. Chez une hétéronéréis femelle, au contraire, nous constatons que les muscles obli- ques sont maintenant des muscles épais, moins compacts, s'insérant là encore, non plus dans l'espace séparant .la chaîne nerveuse des muscles longitudinaux ventraux, mais bien sur les flancs de cette chaîne (fig. 34). Cependant nous noterons quelques particularités quant au développement et à la forme. Ces muscles en effet, se sont notablement déve- loppés, mais moins toutefois que chez les mâles; aussi, étant donnée la taille plus considérable des segments des femelles, ces muscles semblent en apparence bien moins volumineux que chez les hétéronéréis mâles. De plus ils ne prennent jamais aussi nettement la forme en fuseau. On a l'impres- sion que les œufs, si nombreux et de grande taille, qui les Tome LXXII. 6 — 70 — enserrent et les compriment, en ont gêné le développement (fig. 35). De même que chez les formes mâles, nous ne constatons pas chez les femelles de modifications brusques dans le système musculaire ; celles-ci apparaissent progressivement et leur importance s'accroît avec le développement des produits génitaux. jv-sn,. Ch.li. --" Fig. 35. Fragment de coupe transversale d'une hétéronéréis femelle montrant un muscle parapodial (m. p.) déformé par les œufs (o) (X 00). En résumé, si, chez les formes épitoques femelles, l'impres- sion éprouvée par l'observateur est celle d'une réduction de l'ensemble du système musculaire, nous voyons que cette impression n'est pas entièrement justifiée. Nous trouvons les mêmes néoformations, les mêmes atrophies; les processus fondamentaux semblent identiques, seuls des phénomènes secondaires en troublent l'évolution chez les Néréis femelles. Ce n'est point une simple hypothèse, mais bien la réalité, ainsi que nous le montrera l'étude histologique de ces transformations. CHAPITRE V Modifications histologiques du système musculaire au moment de la maturité sexuelle. Un examen rapide du système musculaire ne nous révèle pas que des différences morphologiques entre les formes atoques et épitoques de la Nereis fucata. Les variations mêmes des muscles, les différences dans l'aspect et la colora- bilité des fibres, nous font immédiatement entrevoir des modifications plus profondes, plus intimes. Ce sont ces modifications d'ordre histologique que nous nous proposons d'étvidier maintenant sur quelques muscles choisis parmi les plus importants. Comme ces divers muscles se comportent de façons diffé- rentes, comme certains d'entre eux présentent des phéno- mènes complexes, nous commencerons par ceux qui nous offrent les faits les plus simples et dont l'étude nous servira en quelque sorte de base. Nos recherches nous ayant montré que les muscles obliques présentent des modifications à la fois très intenses et faciles à suivre, nous débuterons par eux. Ensuite nous étudierons les muscles longitudinaux dorsaux et "ventraux, et enfin le faisceau sus-nervien. Mais, auparavant, il importe de bien fixer les caractéristiques de la fibre musculaire chez les Annélides Polychètes. 1° La fibre musculaire chez les Annélides Polychètes. — Beaucoup d'auteurs se sont occupés de la structure du tissu musculaire chez les Annélides Polychètes. Cependant, même — 12 — en laissant de côté la question du tissu corijonctif interposé, en ne nous préoccupant que des fibres seules, nous consta- tons qu'il règne une grande confusion sur ce sujet, confusion due à ce que, trop souvent, les auteurs se sont laissés entraîner à des généralisations trop hâtives. Glaparède, avec juste raison, avait déjà insisté sur ces faits (1873) et montré que, suivant les espèces il y avait des différences profondes dans l'aspect, la constitution des fibres musculaires; plus encore, qu'il ne fallait pas faire de tel ou tel type de fibre la caractéristique d'une espèce, les fibres, chez un même animal, différant suivant le muscle étudié. Il avait même .entrevu, comme nous l'avons déjà indiqué, que la constitution de la fibre musculaire pouvait varier suivant l'état de la maturité sexuelle de l'animal, ayant observé dans les fibres musculaires de la Nereis Dumerilii^ à l'état hétéronéréidien, la présence d'un axe granuleux qui n'existait pas chez la forme néréidienne. Ces remarques de Glaparède étaient nécessaires, car elles répondaient aux affirmations de Schwalbe déclarant que toutes les fibres musculazres étaient cylindriques chez les Annélides polychètes. Or, s'il est certain que ce type se rencontre chez la plupart des Aphroditiens (Darboux, p. 154-165), chez les Nephthydiens, chez d'autres au contraire, les fibres sont aplaties, lamelliformes, rubannées, comme par exemple chez les Phyllodociens (Gravier 96, p. 317) et beaucoup d'autres annélides. D'autre part, Malaquin (1893) fait remarquer que si, dans la famille des Syllidiens, les fibres sont la plupart du temps rubannées, très longues et à section aplatie, par contre, dans le genre Trypanosyllis, l'aspect le plus fréquent en coupe transversale est celui d'une ovale ou d'un cercle contenant le noyau dans son intérieur. Enfin, non seulement les deux types peuvent coexister dans une même famille, mais aussi chez un même animal suivant le muscle considéré. Ainsi chez les Ampharétiens, d'après Fauvel (1899), les muscles circulaires, assez minces, sont — 73 — constitués par de fines fibres à section ovale ou arrondie, tandis que les muscles longitudinaux, plus volumineux, sont consti- tués par des fibres assez grosses, aplaties et rubannées. Remarquons d'ailleurs avec Jourdan (1887), qu'entre ces deux types extrêmes de fibres rubannées et cylindriques, il existe toute une série d'intermédiaires les reliant l'un à l'autre. Là où la confusion augmente encore, c'est au sujet de la constitution même de la fibre. D'après Schwalbe, précédem- ment cité, toutes les fibres contiennent un axe granuleux et un noyau à leur intérieur. D'après Glaparède, au contraire, dans la majorité des cas la fibre est homogène et le noyau externe appliqué contre la surface de la fibre. Jourdan (1887) tend même à généraliser cette dernière conception. Il est certain que cette structure est fréquente chez les Annélides polychètes. Elle est souvent indiquée par Glaparède (1873). JouRDAN (1887) la décrit chez de nombreux types. Gravier (1896) la signale chez les Phyllodociens. Par contre la fibre creuse à noyau interne n'est point rare non plus, elle se rencontre chez les Nephlhydiens, et, d'après Darboux (1900) chez les Aphroditiens. D'ailleurs nous pouvons rencontrer ces deux S'tructures chez une même Annélide. Ainsi, d'après Fauvel (1897), les fibres des muscles circulaires et du faisceau ventral chez les Ampharétiens sont du second type, tandis que celles du muscle longitudinal ventral sont du premier type. La substance contractile elle-même nous montrera des variations intéressantes. Elle peut être homogène, c'est le cas le plus fréquent. Gependant d'autres fois le myoplasme s'organise en lamelles, dont la direction radiaire se manifeste très nettement sur les coupes transversales. Gette structure signalée par Rhode (1885), par Rudermamn (1911) chez Ephesia gracilis (Rathke), est très rare. Enfin notons pour terminer que Schwalre a signalé l'exis- tence d'une striation chez les fibres musculaires des Annélides Polychètes; mais avec Rhode, Jourdan, Darboux, etc., nous pensons que les striations qu'il signale ne sont que des ondes de contractions. A ce sujet, rappelons en passant le pseudo- cordon musculaire strié signalé par Emery chez Nephthys Hombergii, sur la nature duquel on est loin d'être fixé ainsi que nous l'avons dit plus haut. Enfin, plus récemment, Jourdan (1887) indique chez Protula intestinum Lam. l'existence d'une véritahie striation trans- versale résultant de très fines stries. Cette observation mériterait d'être confirmée, les fibres des Annélides Polychètes étant considérées comme des fibres musculaires lisses. Cet historique rapide nous montre qu'il ne saurait être question d'un type de fibre caractéristique du groupe zoolo- gique que nous considérons, qu'au point de vue forme et structure la fibre musculaire y est au contraire d'une grande variabilité. Or nous espérons montrer dans ce qui suit que cette variabilité est plus grande encore, et que nous nous trouvons en face d'éléments d'une plasticité telle^ que la physionomie du tissu qu'ils constituent en est parfois complè- tement modifiée. 2° Modifications histologiques des muscles obliques chez la Nereis fucata. — De même que pour l'étude des modifications morphologiques, nous comparerons les muscles de segments homologues chez des individus immatures et chez des formes de plus en plus évoluées au point de vue sexuel, de plus en plus avancées dans la voie de l'épitoquie. Comme ce sont les formes mâles qui nous ont donné la série la plus complète, c'est d'après elles que nous exposerons les résultats qui suivent. La comparaison des muscles parapodiaux chez une forme néréidienne et chez une forme hétéronéréidienne mâle, nous avait déjà permis de constater des différences sensibles dans la forme et la taille de ces muscles. Une étude histologique nous montrera plus encore. Les muscles parapodiaux se présentent chez une Néréis jeune, sous la forme d'une lame mince constituée par des FiG. 36. Fibres du muscle parapodial ou oblique en coupe trans- versale : Néréis immature. n, noyau; s, sarcoplasma; m, myoplasma. (X1380.) fibres étroites, serrées les unes contre les autres et formées d'un myoplasme homogène. Sur les coupes transversales de l'Annélide, il est difficile de se rendre compte de la structure des fibres, celles-ci étant très serrées et enchevêtrées. Mais, avec des coupes longitudinales tangentielles, l'examen est plus facile à cause de la minceur du ruban musculaire. On voit très nettement les fibres, sous l'aspect de traînées myoplasmiques homogènes, dilatées au niveau du noyau et conte- nant un sarcoplasma peu abondant. Les coupes longitudinales axiales, qui intéressent transversale lïvent les fibres obliques, nécessitent une obser- vation attentive. En effet les muscles parapodiaux forment de tout petits paquets peu développés, difficiles à mettre en évidence, à distinguer des dissépiménts musculaires. Cependant, en certains points favorables, on a des éléments à section quelquefois plus ou inoins qiiadrangulaire, mais le plus souvent allongée, ovale ou aplatie. Au niveau du noyau la fibre se renfle généralement et le noyau apparaît comme excentrique. En ce point le sarcoplasma est un peu plus appa- rent (fig. 36). Les dissociations confirment l'interpré- tation donnée par les coupes et nous mon- trent aussi des éléments rubannés présen- tant sur le côté, mais intérieurement, un noyau allongé. En somme nous avons des éléments "à aspect tantôt tubulaire, tantôt plus ou moins rubanné, mais toujours du type axial (fig. 37). Examinons maintenant les muscles para- ,. n...'-- ■■ ■ ■■■-;! Fig. 37. Portion de fibre du muscle oblique exa- minée après disso- ciation : Néréis im- mature (X 640). — 76 — podiaux d'une hétéronéréis mâle. Nous avons vu la disposi- tion en fuseau si caractéristique sur les coupes transversales de Fannélide. Or l'examen de ces coupes nous montre sim- plement de larges traînées éosinophiles jetées au milieu d'un réticulum à larges mailles, dans lesquelles sont enfermés des noyaux. On voit, en outre, accolées aux minces parois du réticulum, quelques granulations et parfois quelques amas sarcoplasmiques, cela surtout au niveau de l'élément nucléaire (PI. I, lig, 1). De pareilles figures ne nous permettent guère de nous faire une idée exacte de la structure des muscles obliques. Par contre les coupes longitudinales axiales nous renseignent beaucoup mieux, car alors les muscles parapodiaux sont coupés plus ou moins transversalement. On trouve alors, sur de pareilles coupes, une structure tout à fait intéressante. Au milieu d'un réticulum à fines parois, parsemé de vaisseaux sanguins, dont la présence ajoute encore à la difficulté de l'étude, on rencontre des éléments, évidemment de nature musculaire, mais d'apparence vraiment curieuse. On distingue au premier abord, rayonnant autour d'un point ou placées de chaque côté d'un rachis de substance éosinophile et alors alternant ou se correspondant, des branches ayant aussi cette réaction colorante. Il en résulte une disposition étoilée ou pennée, cette dernière plus fréquente semble-t-il. Cet aspect a déjà été signalé chez d'autres annélides. Claparède (73) le note comme très fréquent chez les annélides sédentaires. Nous le retrouvons d'autre part chez quelques Errantes (Voir Aphroditiens, Darboux, 1900). Un examen plus attentif montre que nous avons là un assemblage de fibres musculaires, disposées de la façon suivante. Le myoplasme de chaque fibre atïecte la forme d'un V, en général assez largement ouvert, ou bien encore celle d'un U. Lorsque cesV s'accolent, on a une disposition en branches rayonnantes. Si ce sont des U disposés en deux séries parallèles et s'adossant par leurs parties courbes, on a la dis- position pennée à branches alternantes ou correspondantes. — 77 — . Quant au réticulum, on voit qu'il est formé de minces parois en relation avec les U myoplasmiqnes. On a l'impres- sion d'une large hernie par laquelle se poursuivent les branches de l'U. Mais, ce qui accentue la démarcation entre ru et la hernie, c'est que le myoplasme est tapissé intérieu- rement par une couche dense, épaisse et assez régulière, de fines granulations sarcoplasmiques, cette couche se terminant assez brusquement au niveau des branches myoplasmiques. Quant à la hernie, elle présente, de ci, de là, quelques petits amas cylsoplasmiques, et au niveau du noyau des amas un peu plus développés (PL I, fig. 2). Cette description s'applique aux coupes faites dans la région moyenne des muscles parapodiaux. Si les coupes passent au contraire au voisinage des insertions, on constate que le réticulum est très réduit quant à son importance ; ses mailles sont en effet devenues beaucoup plus étroites, les U tendent à se refermer. Si cette fermeture est complète, il y a alors, au centre de la fibre, une cavité plus ou moins réduite. Lorsque la coupe est suffisamment rapprochée de l'extrémité, la cavité est obturée complètement par le granulum éosinophile- dou- blant intérieurement le myoplasme. On est conduit à interpréter ces fibres comme des éléments musculaires à myoplasme mince, doublé intérieurement d'une épaisse couche de sarcoplasma. Ces fibres sont en quelque sorte entr'ouvertes latéralement sur presque toute leur longueur et présentent alors une expansion pauvre en sarcoplasme, qui n'apparaît guère qu'au niveau du noyau. Cette interprétation est confirmée par l'examen des fibres dissociées. On constate en effet que les fibres musculaires n'ont plus l'aspect homogène de celles des Néréis jeunes. Elles sont au contraire très riches en granulations, fortement éosinophiles, et présentent latéralement une expansion cyto- plasmique en forme de crête irrégulière, s'étendant sur presque toute la longueur de la fibre et surtout développée au niveau du noyau (fig. 38). En somme ce sont des fibres qui perdent Làspect rubanné, la structure axiale pour prendre partiellement les caractères de fibres à protoplasma extérieur, c'est-à-dire le type latéral. L'aspect des fibres est donc tout différent chez la forme immature et chez la forme épitoque. On comprend mainte- nant cette apparence de fibres disséminées au milieu d'un réticulum. On- comprend aussi pour- quoi, sans l'adjonction d'éléments nou- veaux, les muscles arrivent à prendre chez l'hétéronéréis mâle un dévelop- pement aussi considérable, quand on compare ces fibres fortement hypertro- phiées, à large cavité, aux fibres extrê- mement ténues et serrées des muscles néréidiens. Un autre phénomène curieux à cons- tater, c'est l'importance relative du sar- coplasma et du myoplasma dans ces divers types de fibres. Chez l'Annélide atoque, l'écorce myo- plasmique est relativement épaisse, le sarcoplasme réduit. En somme, la subs- tance contractile forme la masse prépon- dérante clans la fibre. Or, si nous examinons de près les fibres hétéronéréidiennes, nous consta- tons le phénomène inverse. Le myo- plasme constitue une écorce très nette mais très mince, beaucoup plus mince que dans les fibres néréidieimes. Par contre le sarcoplasma est au contraire beaucoup plus développé et sa masse semble prendre la prépondérance sur le myoplasma (PI. I, fig. 3). 11 en résulte ce fait curieux, que, dans des muscles éminemment loco- moteurs, au moment où l'animal s'adapte à une vie plus active (car la forme épitoque est avant tout une forme voyageuse), c'est justement l'élément sarcoplasmique qui semble prendre l'importance la plus grande, c'est-à-dire en FiG. 38. Portion de fibre du mus- cle oblique examinée après dissocialion : Hé- léronéréis mfile (X 60). — 79 — somme le protoplasma indifférencié, celui qu'on tend à considérer comme le protoplasma inférieur. Mais ce n'est pas seulement par la taille, l'aspect, leur constitution, que les fibres hétéronéréidiennes, diffèrent des fibres néréidiennes, mais aussi par les noyaux qu'elles contiennent et qui présentent en effet quelques légères différences. Chez les formes néréidiennes, les noyaux sont relativemept petits et leur taille est en moyenne de 2 a. Quand ils sont sectionnés longitudinale ment, ils se présentent comme allongés, elliptiques, avec une tendance à devenir fusiformes. Coupés transversalement, ils montrent une section plus ou moins circulaire. La membrane nucléaire est mince. Le réticulum chroma- tique, très fin, irrégulièrement calibré, est à mailles assez larges. Cependant, dans certains noyaux, il est à mailles beaucoup plus fines et forme alors un réseau très serré, avec des épaississements petits, mais très nets aux nœuds. A ce stade on rencontre en général un petit nucléole chromatique, quelquefois deux, rarement plus. Les noyaux des fibres hétéronéréidiennes ne semblent pas avoir suivi le développement de la fibre. Ils sont plus ou moins arrondis ou piriformes. Leur taille est sensiblement égale à celle des néréidiens. La membrane en est peut-être plus épaisse, plus colorable; par contre le réticulum est plus lâche, moins distinct. 11 y a, en général, un nucléole chroma- tique, qui semble avoir accaparé la majeure partie de la masse chromatique nucléaire. 11 est d'ailleurs généralement un peu plus développé que celui des noyaux néréidiens. La question qui se pose maintenant à nous est la suivante : l>ar quelles suites de transformations passons-nous de la fibre néréidienne à la fibre hétéronéréidienne ? Quels sont les processus qui nous conduisent au type hétéronéréidien, si différent de celui que l'on rencontre chez les formes imma- tures ? Il nous faut pour cela étudier des coupes longitudi- nales axiales, faites à des niveaux correspondants chez des — 80 — animaux en voie de maturité sexuelle, et en noter au fur et à mesure les diverses particularités. L'étude des premiers stades est particulièrement difficile, étant donnée la taille si réduite des éléments musculaires. Chez une Annélide où les phénomènes d'épitoquie commencent à se manifester (stade B), la taille des fibres ne diffère pas toujours sensiblement de celle des fibres néréidiennes, mais par contre les fibres sont moins compactes. De plus elles ne sont pas entourées par une épaisse écorce myoplasmique. Celle-ci^ devenue plus mince, apparaît limitée aux portions de fibres accolées. On distingue par suite des sortes de V ou d'U, passant plus ou moins insensiblement à une enveloppe très mince simulant uiie hernie latérale. 11 semble en somme que, dans chaque groupe de fibres, le myoplasme se soit résorbé à partir de la région externe jusqu'à mi-distance ou plus du centre du groupe de fibres ; encore est-il très aminci aux points oii il persiste (PI. I, fig. 4). En revanche le sarcoplasma se développe. Il forme dans le V, myoplasmique une masse dense, éosinophile ; dans la hernie il dessine quelques trabécules ; enfin il constitue un amas granuleux abondant au niveau du noyau. Celui-ci s'est beaucoup modifié. Sa taille, en particulier, a très sensiblement augmenté. 11 occupe alors toute la cavité de la fibre, dont la hernie semble ne pouvoir que difficile- ment le contenir, et tend d'autre part vers une forme arrondie. Enfin la membrane nucléaire s'est beaucoup épaissie et se montre très fortement chromatique. D'autre part à la placé du réticulum assez serré, très net, mais mince que nous avons observé dans les noyaux des fibres néréidiennes, nous ne distinguons, le plus souvent, qu'un réseau très lâche, représenté parfois même par quelques rares trabécules. Il est un autre fait qui frappe tout particulièrement dans la structure du noyau : c'est le développement du ou des nucléoles chromatiques. En effet ils sont extrêmement déve- loppés, leur taille est plus grande que chez les noyaux d'animaux immatures. On a l'impression que ces nucléoles — 81 — accaparent la plus grande partie de la masse chromatique. A ce stade, sur les coupes transversales de l'animal, ces phénomènes se manifestent par un aspect renflé du muscle, et par l'existence d'un réticulum, encore peu développé, logeant de ci de là dans ses mailles de gros noyaux à gros nucléoles chromatiques. Au fur et à mesure que l'Annélide avance dans la voie de l'épitoquie, ces phénomènes tendent à s'accentuer. On constate que la dilatation latérale des fibres augmente de taille. Par contre la partie myoplasmique ne s'épaissit point. Elle reste très mince au contraire, peut-être même s'amincit-elle encore, et ses bords se confondent avec ceux de la hernie. Une autre constatation c'est que le sarcoplasma a encore augmenté d'importance. Entre les branches du V, on trouve une masse cytoplasmique assez dense et, dans la hernie, on voit courir des trabécules assez épais, rejoignant des encroû- tements accolés aux parois. Le noyau conserve ses caractères: membrane épaisse, nucléole chromatique très volumineux, réticulum lâche, relativement moins visible et peut-être aussi moins chromatique. Ce noyau tend encore à s'accroître. Un stade intéressant est le stade ou l'Annélide possède la plupart des caractères épitoques, à part les soies natatoires (stade C). A ce stade, les fibres des muscles obliques présen- tent des caractères tout à fait curieux. La masse réticulaire est plus importante, la taille des éléments beaucoup plus grande, mais la disposition pennée n'a pas encore toute sa netteté. • La fibre est devenue volumineuse, car. la hernie latérale est extrêmement développée. Le V myoplasmique, encore relativement fermé, semble avoir ses deux branches un peu plus développées en longueur, mais cependant toujours extrêmement minces. Le noyau, très gros, atteint un dévelop- pement que nous ne retrouverons plus. Sa taille est en effet en moyenne de 6 p. 11 est alors arrondi ou ovale, plus rarement piriforme. Il possède un, deux, rarement trois très gros nucléoles fortement chromatiques, représentant une partie très importante de la chromatine nucléaire. Par contre le réticulum reste encore peu développé. Ce noyau occupe la plus g^rande partie de la hernie (PI. 1, fig. 5). Ce qui frappe le plus à ce stade, c'est le développement considérable du sarcoplasma. Celui-ci a proliféré d'une façon extraordinaire. Dans le Y on trouve une masse compacte de sarcoplasma représenté par un granulum très éosinophile, et; dans la hernie, surtout au niveau du noyau, une masse de sarcoplasma extrêmement abondante, remplissant presque complètement la hernie, et réunie aux bords de cette dernière par des trabécules. Dans la hernie, au voisinage du noyau, le cytoplasma a souvent des affinités chromatiques. Si la coupe passe au voisinage de l'extrémité d'une fibre, on voit alors une écorce sarcoplasmique assez épaisse, très éosinophile, doublant le myoplasme très mince et pouvant, si on se rapproche suffisamment de l'extrémité, obturer la cavité de la fibre. Par conséquent, ce qui caractérise ce stade si intéressant, c'est le développement de presque toutes les parties de la fibre, sauf toutefois du myoplasme qui reste extrêmement mince. Mais ce qui s'est développé surtout parmi les éléments constituant la fibre musculaire, c'est le sarcoplasme. Maintenant nous allons nous acheminer rapidement vers le stade terminal. Le V myoplasuiique ne s'épaissit pas notable- ment, mais il s'élargit, s'ouvre en U, l'aspect devient par suite plus régulier, pins apparent. Le noyau se réduit; pourvu d'une membrane encore bien indiquée, il n'a plus en moyenne que 2 a. Sa taille se rapproche par suite de celle des noyaux néréidiens. Mais il en diîïère par sa forme plus arrondie et par son réticulum plus lâche, ainsi que nous l'avons déjà indiqué. Quant au sarcoplasma, il se condense en quelque sorte sur les parois de l'écorce myoplasmique constituant une couche granuleuse, dense, épaisse, régulière, très éosinophile, tandis que, dans la hernie légèrement rétractée, le sarcoplasma sem- ble avoir en partie disparu, n'étant plus représenté que par — 83 — quelques granulations au voisinage du noyau, ou contre les parois de la hernie. Dans cette évolution des fibres parapodiales, nous avons donc trois stades principaux : dans le premier, représenté par la Néréis immature ou très faiblement évoluée dans le sens mâle, les fibres, de petite taille, se rattachent très nettement au type axial; elles sont de plus caractérisées par leur richesse relative en myoplasma et leur pauvreté en sarcoplasma. Au contraire, chez l'hétéronéreis, le type axial fait place au type plutôt latéral, tandis que dans la fibre, la masse sarco- plasmique l'emporte sur le myoplasme. Enfin un stade intermédiaire très curieux c'est le stade G où l'on peut dire que la fibre tend à se réduire à une masse de sarcoplasma. Elle est retournée en quelque sorte à l'état embryonnaire avant de se dilTérencier dans un autre sens. Elle passe en somme là par un stade de dédiffé- renciation. Nous pouvons donc interpréter l'évolution de ces fibres musculaires de la façon suivante : quand les phénomènes d'épitoquie commencent à se manifester, on constate dans un groupe de fibres une résorption du myoplasme dans la région opposée au point d'association. Cette résorption se poursuit jusqu'au voisinage de cette région. Là elle est plus ou moins complète et • laisse parfois persister un V de myoplasme d'ailleurs aminci. En même temps le sarcoplasme prolifère, tend à occuper le V et à se répandre dans la hernie. La fibre à ce moment s'hypertrophie. 11 en résulte, par suite, suivant l'axe de la fibre, une masse cytoplasmique abondante, tandis que ce qui persiste de l'éeorce myoplasmique englobe un contenu sarcoplasmique granuleux. A ce stade, la fibre est presque uniquement une masse protoplasmique comme à l'état embryonnaire. Puis le myoplasme semble s'épaissir légèrement, sans retrouver cependant son développement primitif, cela évidem- ment aux dépens du protoplasma de la fibre, qui se rassemble surtout dans le V ou dans l'U, formant une couche de -sarco- — 84 — plasma doublant l'écorce myoplasmique. On passe ainsi du type axial au type latéral. Les phénomènes de dédifférenciation que nous venons de mettre en évidence, ne sont pas propres à la Nereis fucata. Ch. Ferez a, en effet, attiré l'attention sur le rôle de ces phénomènes dans les métamorphoses des Insectes. Il a fait remarquer qu'à côté des destructions totales, frappant les organes trop spécialisés de la larve, à côté d'histogenèses nouvelles au cours desquelles s'édifient les organes les plus spécialisés de l'imago, il y a « des remaniements sur place ;) affectant les organes passant de larve à l'imago, remanie- ments pendant lesquels « les cellules partant de l'état diffé- rencié larvaire, présentent d'abord une abolition régressive de cette différenciation ; puis à partir de cet état transitoire, dédifférenciées, elles repartent vers la différenciation imagi- nale ». C'est ainsi que, chez les Muscides et les Vespides (Ch. Ferez, 1910-1911) et vraisemblablement aussi chez V Hyponomeiita padella (Hufnagel A., 1912), un nombre plus ou moins important de muscles larvaires persiste chez l'imago, après avoir passé par une période de dédifférenciation, durant laquelle ils perdaient leur structure primitive, certains même se fusionnant avec les myoblastes imaginaux. Nous signalerons même le curieux fait suivant, relatif à la musculature de l'intestin moyen des Muscides, oîi seul le myoplasme est phagocyté pendant que persistent le sarco- plasma et le noyau. C'est aux dépens de ces vestiges que s'édifie la musculature nouvelle. D'autres organes présentent des exemples de dédifférencia- tion pendant la métamorphose. Nous citerons notamment les tubes de Malpighi chez les Miiscides (Ch. Ferez, loc. cit.), le corps gras de V Hyponomeiita padella (Hufnagel, loc. cit.). Chez ce dernier les phénomènes se compliquent d'épuration nucléaire. Ce processus d'épuration nucléaire avait déjà été signalé par Ch. Ferez, mais exceptionnellement, chez les Muscides. — 85 — PoYARKOFF (1910) a montré qu'il était la règle dans la Galéruque de l'Orme. Chez cet animal, la plupart des tissus larvaires, surtout l'hypoderme et l'épithélium de l'intestin antérieur et moyen, passent à l'imago, après avoir rejeté une partie de leur substance cellulaire (chromatine et cytoplasme). En somme la cellule se rajeunit par « épuration partielle ». C'est en quelque sorte un phénomène « d'autotomie cellu- laire » (Ch. Ferez). Nous nous trouvons donc en face de deux processus vrai- semblablement liés par toute une série d'intermédiaires, l'un consistant en un rajeunissement de la cellule par rejet des parties trop hautement différenciées, l'autre consistant en une dédifférenciation complète, où l'élément histologique perdant toute ditïérenciation, revient nettement à l'état embryonnaire et n'est plus représenté alors que par une masse sarcoplasmique nucléée. C'est à ce dernier type qu'appartiennent les transformations musculaires que nous avons étudiées chez la Nereis fucata. Nous pensons, avec Ch. Ferez, que l'importance de ces phénomènes de dédifï'érenciation apparaîtra bientôt de plus en plus grande. Déjà l'étude des métamorphoses nous apporte des faits à l'appui de cette affirmation, et nous apportera sans aucun doute beaucoup plus encore; mais il en est d'autres aussi, relatifs aux phénomènes de régénération (Nussbaum, 1910-12, Faul Lâng 1912, Muller 1911, Ciiampy 1912, etc). qui confirment l'importance de ce processus dans l'évolution cellulaire. Nous ne saurions donc trop insister sur ce fait important qu'une cellule n'est pas toujours spécialisée d'une façon définitive, que dans certaines conditions, elle peut revenir en arrière, perdre ses caractères, se dédifférencier pour se spécialiser ensuite dans un autre sens. - Four terminer ce qui a trait aux transformations des fibres musculaires des muscles obliques, nous parlerons maintenant des modifications de l'élément nucléaire. Au fur et à mesure que la fibre s'hypertrophie et se dédif- ToME LXXII. 7 80 — férencie, la taille du noyau augmente considérablement, sa memlDrane s'épaissit, son ou ses nucléoles chromatiques deviennent beaucoup plus volumineux, parfois même leur nombre augmente ; ils semblent accaparer presque toute la chromatine nucléaire. M^\ Th^ Lorsque la fibre arrive à son maximum de dédifîérenciation, le noyau atteint sa taille maxima. Puis, au cours de la nou- velle différenciation de l'élément muscu- laire, le noyau diminue rapidement de volume. Il ne différera plus alors du noyau néréidien, que par sa forme plus arrondie, sa membrane plus épaisse, son filament chromatique plus épais lui aussi, formant un réseau moins net. Enfin, le ou les nucléoles sont encore légèrement plusvolu- FiG. 39. Noyaux de fibres du muscle oblique : Jeune Néréis mâle (X 1380). mmeux. Au stade maximum de dédifférenciation la masse sarcoplasmique entourant le noyau, se montre géné- ralement très chromatique, ce qui semble témoigner d'échanges actifs avec l'élé- ment nucléaire. Peut-être certains aspects permettraient-ils de penser qu'il y a rejet, sous forme d'éléments figurés, d'une partie de la chromatine dans le cytoplasme envi- ronnant. Sur ce point, n'ayant jamais pu voir autre chose que ce que nous avons représenté (fig. 39 à 41), nous ne concluerons pas par l'affirmative. Peut-être sont-ce quelques artifices de préparation, quelques aspects anormaux. Fig. 40. Noyaux de fibres du muscle oblique : Annélide niiUe sub-épitoque (X 1380). 87 — Quoi qu'il en soit, ces modifications de l'élément nucléaire ne doivent pas nous étonner. Nombreux sont, dans la litté- rature scientifique, les exemples montrant les relations entre le noyau et la cellule pendant le fonctionnement ou les modifications de cette dernière. En laissant de côté les travaux depuis longtemps classiques de Balbiani et ceux qui en dérivent, nous citerons par exemple Brasil (1904) mettant en évidence l'élaboration du matériel secrétoire, dans l'intestin de la Pecti- naire, aux dépens d'éléments figurés d'origine nucléaire; Henry (1899-1900), Lauxoy (1903), d'après lesquels le noyau participe à la sécrétion, soit par émission de grains figurés, soit par exosmose d'une partie de sa substance nucléaire dissoute. Ces derniers auteurs notent en particulier des difîérences de volume entre le noyau des cellules au repos et celui des cellules en activité. D'autre part nous voyons le noyau jouer un rôle important dans l'élabo- ration du vitellus (Brader 1894, Dumez 1901, Dubuisson, etc.). Nous citerons encore parmi d'autres, les travaux plus récents de Schaxel (1912) relatifs à Foogénèse, ceux de SiEDLECHKi (1911) ayant trait au rapport nucléo-cytoplasmique pendant la croissance des parasites intra-cellulaires. L'étude que nous venons de faire des modifications des fibres musculaires, nous permet de comprendre les moditi- cations que subissent les muscles obliques dans leur forme et dans leur aspect. Mais il est un point qu'il nous reste encore à élucider, c'est le changement d'insertion de ces muscles. Nous avons vu que, chez les formes néréidiennes,' chaque muscle oblique s'attachait dans l'angle formé par l'hypo- derme ventral et sa chaîne nerveuse, c'est-à-dire dans l'étroit espace qui sépare cette dernière du muscle longitudinal FiG. 41. Noyaux de fibres du mus- cle oblique : Hétéroné- réis achevée (X 1380). ventral correspondant, tandis que dans les formes hétéroné- réidiennes l'insertion a lieu en grande partie sur les flancs mêmes de la chaîne nerveuse ventrale. Gomment se produit cette modification dans le mode d'attache de ces muscles ? En l'absence de tout fait précis -nous ne pouvons nous montrer très affirmatifs. Cependant chez une Annélide au début de l'épitoquie, Annélide chez qui les muscles obliques commençaient à se transformer, ce que nous constations à leur aspect et à leur taille, nous avons remarqué le fait suivant : que certaines fibres déjà en voie d'hypertrophie, et vraisemblablement à cause de cela, au lieu d'aller directement, en se détachant de l'hypoderme, se perdre au milieu du fuseau comme cela se produit dans un muscle néréidien, longeaient quelque temps la chaîne nerveuse, ventrale. Peut-être, contractent- elles ainsi une nouvelle attache. 11 ne faut d'ailleurs pas oublier qu'à ce stade elles sont en voie de dédifférenciation. 3° Modifications histologiques des musc/es longitudinaux dorsaux et ventraux. — Un examen microscopique grossier nous a fait entrevoir dans les muscles longitudinaux dorsaux et ventraux, des modifications beaucoup plus complexes que dans les muscles obliques. Avec un peu d'attention il est en effet aisé de constater que ces muscles, chez les formes hétéronéréidiennes, ont perdu leur homogénéité. La partie principale du muscle, celle que nous considérerons comme formant le muscle proprement dit, montre en coupe trans- versale un aspect rappelant en partie celui du muscle oblique lorsqu'il est sectionné normalement à la direction de ses fibres. Par contre les régions que' nous avons désignées sous le nom de bourrelet latéro-externe chez les dorsaux, de double repli chez les ventraux, semblent au contraire, au premier abord, malgré leur taille plus réduite, avoir conservé beaucoup mieux les caractères des muscles néréidiens. Aussi forment-elles des plages remarquables par leur compacité et leur éosinophilie. . — 89 — D'autre part les néoformations que nous avons signalées de chaque côté de l'axe du corps chez les ventraux et surtout chez les dorsaux, apparaissent très nettement, même à un examen rapide, comme des petites plages ou bandes forte- ment colorables par l'hémalun ou l'hématoxyline, dans les combinaisons de ces colorants avec l'éosine. Il est donc de toute évidence qu'une très grande hétérogé- néité se manifeste dans ces muscles longitudinaux ventraux et dorsaux et que les différentes régions qui les constituent ont évolué de façons fort différentes. Aussi devrons-nous, pour suivre plus aisément ces transformations, étudier l'une après l'autre ces diverses régions. Mais auparavant, il est nécessaire de rappeler en quelques mots l'histologie de ces importants muscles longitudinaux chez les formes immatures. L'étude du muscle longitudinal ventral chez une forme immature nous montre une très grande homogénéité. Dissociées, toutes les fibres nous apparaissent comme de très minces lames présentant latéralement en un point un noyau peu volumineux, allongé, massif, entouré d'une faible couche de sarcoplasma. Sur des coupes transversales de l'animal nous nous rendons encore mieux compte de la structure de ces éléments muscu- laires. Les sections de ces fibres sont très aplaties, sauf au niveau du noyau, oii la fibre se renfle légèrement. Suivant la position de l'élément nucléaire, l'aspect" de la fibre varie quelque peu. Si le noyau occupe une situation plus ou moins centrale, la fibre, se renflant en son milieu, dessine plus ou moins grossièrement une ellipse très allongée. Si le noyau occupe une position latérale, la section nous donne l'aspect d'une massue à tête plus ou moins renflée. Une autre constatation importante qui s'impose à nous, c'est le développement relatif du sarcoplasma et du myo- plasme. C'est à peine si, sur de nombreuses sections, une mince fissure dans la substance contractile nous rappelle •que la fibre appartient au type tubulaire. Ce n'est le plus souvent qu'au niveau du noyau, que l'on — 90 - voit l'écorce se délaminer, et que l'on peut en apprécier assez exactement l'épaisseur. C'est aussi' à ce niveau que l'on peut essayer de distinguer le sarcoplasma. Il est d'ailleurs si peu abondant, qu'il est^ la plupart du temps, très difficile à mettre en évidence (fig. 42). Toutes les fibres constituant les mus- cles longitudinaux ventraux présentent cette constitution et ne diffèrent les unes des autres que par la taille, les plus gran- des se rencontrant au voisinage de la cavité générale, tandis qu'au contraire celles qui avoisinent la face ex- terne sont extrême- ment petites. La disposition de ces éléments est tout à fait caractéristique. En coupe tranversale, ils forment des lames disposées toutes normalement au bord du cordon musculaire. Par suite, dans le double repli, elles se disposent normale- ment à la mince couche conjonctive qui en constitue l'axe. Aussi forment-elles un éventail dans la tête du pli. Ajoutons que lorsque, dans les fibres, le noyau occupe une position latérale, il se trouve presque toujours du côté situé vers la cavité générale. La constitution des muscles longitudinaux dorsaux est identique à celle des ventraux. A part l'absence du double repli latéral, les faits sont absolument les mêmes, et nous, n'avons rien à modifier de la description précédente. FiG. 42. Coupes transversales à divers niveaux d'une même fibre musculaire (muscle longitudinal ventral de Nereis fucata immature). (Xi380.) — 9i — Etudions donc la région moyenne dans les muscles dorsaux et ventraux, c'est-à-dire le muscle proprement dit, et voyons quelles sont ses modifications chez des formes de plus en plus voisines de la maturité génitale. a) Muscles longitudinaux dorsaux et ventraux propremeiït dits. — L'examen de la région moyenne d'un muscle longi- tudinal ventral ou .dorsal, chez une annélide épitoque, nous montre une structure bien différente de la structure néréi- dienne. Le muscle a perdu sa compacité, son aspect homo- gène, pour prendre une structure d'apparence alvéolaire. 11 semble que l'on ait des fragments éosinophiles, évidemment des portions de fibres, englobés dans un réticulum contenant dans ses mailles des noyaux arrondis ou ovoïdes. Si l'on ajoute à cela de nombreuses ramifications vasculaires, voire même des leucocytes, qui viennent se mêler dans ce fouillis, on comprendra aisément qu'il est difficile pour l'observateur de se faire au premier abord une idée exacte de ces régions musculaires (PI. II, fig. 7). Avec un peu d'attention cependant, on peut arriver à y déceler des fibres se présentant sous des aspects très variés (fig. 43). En effet nous trouvons des sections de fibres de formes elliptiques ou très fiplaties, présentant une très mince écorce myoplasmique, doublée intérieurement d'une couche beaucoup plus épaisse de sarcoplasma obturant plus ou moins complètement la cavité de la fibre. Nous voyons que, même aplatie, la fibre diffère considérablement du ruban néréidien. Nous rencontrons aussi très fréquemment des fibres à myoplasma toujours très mince, affectant la forme d'un V très fermé ou d'un U à branches très rapprochées, se poursuivant latéralement par une hernie. La couche sarco- plasmique, précédemment citée, se retrouve avec tous ses caractères dans le V ou U myoplasmique, et se termine brusquement avec lui. Dans la hernie on peut trouver des granulations sarcoplasmiques éparses ça et là contre la paroi. — 92 — ou formant quelques amas dans son intérieur, mais d'une façon générale le sarcoplasma y est peu abondant. Mais un des aspects les plus caractéristiques, c'est celui oii le V ou U myoplasmique, plus développé, plus largement ouvert, présente une hernie plus volumineuse que dans le FiG. 43. Eléments du muscle longitudinal ventral chez une hétéronéréis mâle, vus en coupe transversale. n, noyau; jn, myoplasma; s, sarcoplasma (X 1380). cas précédent, contenant un noyau assez volumineux, un peu plus développé que dans les formes néréidiennes, arrondi au lieu d'être allongé, à membrane chromatique plus épaisse, à nucléole chromatique généralement plus volumineux. Fréquemment aussi on trouve, au niveau du noyau, des amas sarcoplasmiques plus abondants, se reliant par quelques trabécules aux petits amas ou aux granulations isolées, que l'on rencontre ça et là contre les parois de la hernie. Or, cet aspect, nous l'avons déjà rencontré. C'est celui que nous présentaient les fibres "des muscles obliques dans les 93 régions nucléées et nous sommes par suite conduits à admettre que ces différents aspects que nous trouvons dans les muscles longitudinaux ventraux et dorsaux, sont le fait de sections pratiquées à des niveaux différents dans les fibres, sections que nous trouvons ici réunies dans une même coupe. FiG. 44. Coupes à divers niveaux dans une fibre marginale interne du muscle longitudinal ventral d'une hétéronéréis mâle (X1380). C'est ce que confirme l'examen de coupes en séries. Si l'on passe au niveau du noyau, on a l'aspect décrit en dernier lieu; au fur et à mesure qu'on s'éloigne de ce point on voit la hernie diminuer d'importance, puis finalement les bords de l'écorce myoplasmique se soudent, emprisonnant la 'couche sarcoplasmique, qui beaucoup plus épaisse arrive à obturer la lumière de la fibre (fig. 44). Mais alors les fibres que nous rencontrons dans cette région des muscles longitudinaux sont identiques à celles des muscles obliques ? Les dissociations confirment cette opinion — 94 — résultant de la lecture des coupes. Gomme chez les muscles obliques, elles nous fournissent des éléments se montrant à nous sous la forme de rubans de myoplasme, présentant latéralement sur une grande partie de leur longueur une crête large, irrégulière et surtout développée au niveau du noyau . C'est naturellement sur le bord interne du muscle, du côté de la cavité générale, que se rencontrent les éléments les plus développés. C'est aussi de ce côté que se sont tournées toutes les hernies, aussi le muscle apparaît-il souvent comme limité intérieurement par un réseau à larges mailles conte- nant par endroits des noyaux. Au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans l'intérieur du muscle, la taille des éléments devient moindre et le réticulum formé par l'ensemble des hernies diminue naturellement d'importance. Si bien que, lorsqu'on arrive au voisinage de la face externe du muscle, on a l'apparence d'un réseau très tin dont les nœuds sont formés par des ponctuations éosinophiles. Cette apparence se comprend maintenant aisément : ce sont de toutes petites fibres qui possèdent la même structure que celles que nous avons étudiées plus haut. Si les fibres des muscles longitudinaux dorsaux et ventraux sont identiques à celles des muscles obliques, il y a cependant quelques ditïérences au point de vue de l'-agencement de ces éléments. Nous avons vu que. dans les muscles obliques, les fibres se groupaient par leur écorce myoplasmique, formant des plages d'aspect étoile ou penné, qui contribuaient à donner aux sections transversales de ces muscles un aspect tout à fait typique. Dans les muscles longitudinaux ventraux ou dorsaux, il est au contraire beaucoup plus rare de voir les libres se grouper ainsi. On distingue bien par endroits une tendance à la disposition pennée, mais le plus souvent les hbres sont disposées d'une façon confuse. Il résulte de ces observations que, de même que dans les muscles obliques, nous devons nous imaginer ces fibres comme constituées par une très mince couche de myoplasme — 95 — formant gouttière, tapissée intérieurement par une couche régulière, assez épaisse, de sarcoplasma. Latéralement, se trouve une hernie pauvre en sarcoplasma. Cette hernie diminue d'importance, à mesure qu'on se rapproche des extrémités de la fihre, laquelle finit par devenir tubulaire, par suite de la soudure des bords de la gouttière myoplas- mique. Si nous comparons ces fibres aux fibres néréidiennes, on constate donc des dilTérences profondes. D'abord dans l'écorce myoplasmique, dont la réduction est vraiment frappante, quand on songe que dans les fibres néréidiennes, la subs- tance contractile constitue à elle seule presque tout l'élément musculaire. Ici, chez l'hétéronéréis mâle, c'est le sarcoplasme au contraire qui tend à prendre la prépondérance, et qui la prend en réalité. De plus, tandis que la fibre néréidienne appartient de toute évidence au type tubulaire, ou type axial, pour employer la terminologie usitée, le noyau, le sarcoplasme se trouvant englobés par le myoplasme formant un tube, un fourreau plus ou moins aplati, dans la fibre hétéronéréidienne il n'en est plus ainsi : la hernie avec son contenu sarcoplasmique et le noyau occupent une position latérale par rapport au myoplasme. 11 nous apparaît que de pareilles fibres sont bien du type latéral. Remarquons, toutefois, qu'il est un point où les ditférences avec les fibres néréidiennes sont moins tranchées dans les muscles longitudinaux ventraux et dorsaux que dans les muscles obliques, c'est relativement à la différence de taille des éléments. En effet, entre une fibre néréidienne et une fibre hétéro- néréidienne des muscles obliques, il y a une différence de taille considérable ; si bien qu'il faut suivre pas à pas les modifications de ces éléments pour arriver à se convaincre que ce sont les mêmes éléments. Dans les muscles longitu- dinaux, l'hypertrophie de la fibre est relativement légère, et les modifications que subissent ces éléments semblent surtout — 96 — être un remaniement de la substance musculaire. C'est ce remaniement que nous montre l'étude de l'évolution des fibres musculaires chez les formes à divers états de maturité sexuelle. Stade A. — Si nous examinons une Annélide immature, ou bien une Annélide chez qui les éléments génitaux commen- cent à s'ébaucher, nous constatons que les muscles longitu- dinaux ventraux et dorsaux ont bien les caractères que nous avons attribués aux muscles néréidiens. Les fibres, bien développées, à écorce myoplasmique épaisse, à noyau allongé, sont tout à fait schématiques (PL I, fig. 6). Stade B. — Lorsque dans la cavité générale les spermato- gonies sont devenues nombreuses, lorsqu'elles se présentent sous l'apparence de plaques abondantes et de grande taille, on constate que, parallèlement aux transformations des mus- cles obliques des modifications profondes s'introduisent dans les muscles longitudinaux ventraux et dorsaux. Ceux-ci ont perdu leur aspect homogène. On ne retrouve plus le type néréidien que dans la zone avoisinant la cavité générale, l'importance de cette zone diminuant d'ailleurs au fur et à mesure que les spermatogonies se multiplient et évoluent (PL II, fig. 8). L'autre région musculaire, celle qui avoisine l'hypoderme, prend un aspect tout à fait curieux. On dirait que la subs- tance musculaire s'est fragmentée et que les fragments éosi- nophiles qui la constituent, de plus en plus réduits à mesure qu'on s'approche de l'extérieur, sont restés épars dans un réticulum à mailles très fines, contenant ça et là des noyaux plus volumineux que ceux que l'on rencontre habituellement dans cette région chez une Néréis immature, noyaux plus arrondis, avec un gros nucléole chromatique. En réalité un examen attentif de quelques points conve- nables, nous montre des aspects comparables à ceux que nous avons rencontrés dans les muscles obliques de Néréis à — 97 — divers états de maturité génitale. On constate en effet que ces petits éléments d'aspects fragmentaires ne sont en réalité que des fibres musculaires en voie de transformation, ou même arrivées au stade héléronéréidien, car on peut y distinguer, avec beaucoup d'attention, une double lame de myoplasme très mince avec contenu granuleux éosinophile, et latéralement une hernie plus ou moins développée. Un autre aspect que l'on rencontre, c'est celui d'éléments plus volumineux constituant d'assez larges plages granuleuses, le plus souvent à affinité chromatique, contenant 'parfois un volumineux noyau arrondi, lequel renferme un ou plusieurs gros nucléoles chromatiques. Ces plages sont limitées par une très mince membrane, se raccordant parfois à un V myoplasmique ou à un U plus ou moins largement ouvert et quelquefois même très difficile à distinguer. Entre ces éléments et les précédents nous trouvons assez d'intermédiaires pour les considérer comme des stades successifs, et pour admettre que nous saisissons dans l'espace une évolution représentative de celle qui se produit dans le temps pour les muscles obliques. Par contre avec les fibres du type néréidien de la zone interne, les termes du passage sont plus rares. Cependant nous pouvons rencontrer quelques aspects qui nous prouvent que ces fibres elles-mêmes sont en voie de transformation. Ces aspectSj plus fugaces que les autres, doivent être surtout cherchés chez des individus dont la cavité générale présente un mélange de spermatogonies et de spermatides, donc chez des individus un peu plus avancés et intermédiaires entre les stades B et C. On constate alors, parmi d'autres éléments ayant bien conservé les caractères néréidiens, des fibres qui, sur leur côté tourné v^rs la cavité générale, présentent un amincisse- ment de leur myoplasme, lequel ne constitue plus alors en ce point qu'une très mince membrane. La fibre se dilatant ensuite légèrement à ce niveau, il en résulte une petite hernie latérale. Pendant ce temps le noyau, s'il est central, quitte — 98 - cette situation et tend à s'introduire dans la hernie. Ce noyau présente aussi quelques modifications. Il n'a plus sa forme régulière, allongée, il est fréquemment plus ou moins piri- forme ou tend à s'arrondir, surtout quand il est au voisinage de la hernie. D'autre part, il s'accroît légèrement, son réticu - lum est moins hien constitué et se présente sous forme de filaments épais, enfin son ou ses nucléoles chromatiques sont devenus plus volumineux. Chez d'autres fihres, les bords du V se sont encore un peu plus écartés, et l'amincissement a progressé vers la base, Je noyau a lui aussi augmenté de taille. Entre temps, il semble que le sarcoplasma ait proliféré légèrement, le fait n'est cependant pas très net. C'est là un stade assez fugace. Que les phénomènes indiqués s'accentuent, que le myo- plasme s'amincisse encore jusqu'à ne plus constituer qu'une mince ligne éosinophile, que le sarcoplasma s'hypertrophie davantage, ainsi que le noyau, nous aurons Ces larges plages granuleuses à volumineux noyaux que nous indiquions tout à l'heure. Cette hypothèse est d'ailleurs vérifiée par l'examen d'animaux plus avancés. Stade C. — Chez quelques annélides ayant tous les carac- tères* épitoques, sauf les soies natatoires, et dont la cavité générale ne contenait plus de spermatogonies, mais des spermatides et des spermatozoïdes, nous avons pu constater que, dans toute leur épaisseur, les muscles longitudinaux ventraux et dorsaux tendaient à prendre l'aspect hétéroné- réidien. Plus de zone à constitution néréidienne, mais, à la place, des fibres nettement hétéronéréidiennes ou des fibres en voie de transformation, ces dernières avoisinant la cavité générale. En effet, ce qui dominait, surtout sur le bord interne de ces muscles , c'étaient de larges plages granuleuses à affinités chromatiques, renfermant parfois un noyau. Ces plages étaient limitées par une fine membrane, pouvant présenter sur une partie de sa longueur un léger renforce- — 99 — ment éosinophile, ou bien se raccordant à un très mince V ou U de myoplasme. Les noyaux, à ce stade, sont très intéres- sants à étudier. Ils ont en effet une membrane très épaisse, très chromatique, le filament nucléaire très épais ébauche mal un réseau. Dans l'intérieur on rencontre un énorme nucléole chromatique, quelquefois plusieurs, deux ou trois, mais alors de taille plus réduite. C'est là le stade le moins avancé que nous rencontrions dans les muscles de ces Annélides. Stade D. — Si nous nous adressons à des Néréis au terme de leur maturité sexuelle, nous contatons maintenant que toutes les fibres sont du type hétéronéréidien. Si l'on compare les éléments marginaux internes à ceux du stade précédent, on voit que la, partie myoplasmique s'est légèrement épaissie, et a progressé jusqu'à mi-hauteur environ, en coupe trans- versale. De plus elle a resserré ses branches, formant un U ou plus souvent un V très net. Cependant elle reste mince. D'autre part la répartition du sarcoplasma s'est modifiée. Cette substance s'est surtout rassemblée dans la partie myoplasmique et forme une couche régulière, granuleuse, doublant intérieurement le myoplasme et s'arrêtant assez brusquement aux bords libres de ce dernier. Il persiste encore du sarcoplasma dans la hernie, mais en moindre abondance; on ne trouve plus en effet que quelques granu- lations éparses contre les parois de cette hernie, ou quelques amas granuleux au niveau du 1103 au, réunis d'ailleurs au reste par quelques trabécules. Quant au noyau qui est resté dans la hernie, sa taille a notablement diminué, ainsi que celle du ou des nucléoles chromatiques. En somme nous retrouvons le type que nous avons décrit au début de ce chapitre. Que signifiaient ces aspects ? 11 nous est facile, en les rapprochant de ceux que nous avons rencontrés au cours de notre étude des muscles obliques, d'en saisir la signification. Nous avons, ici aussi, des fibres qui, très nettement ditTé- — 100 — renciées dans un sens, le sens néréidien, se dédifFérencient (plages granuleuses à gros noyaux) pour prendre ensuite un aspect tout différent du premier. Seulement cette fois, les éléments étant plus volumineux, nous pouvons mieux suivre les différents stades et saisir plus nettement les modifications initiales. Aussi pouvons-nous retracer, en ne considérant que la région nucléée, les diverses transformations d'une fibre comme il suit (PL II, fig. 9) : Le myoplasma se résorbe à partir de la région nucléée, le noyau étant à ce moment en position latérale, et cette résorption se poursuit progressivement des deux côtés, jusqu'au point opposé; il en résulte que l'écorce myoplas- mique s'amincit d'un sommet à l'autre de la section, et n'est plus indiquée que par un V ou U éosinophile qui diminue d'importance pour disparaître ou presque. Par contre le sarcoplasma s'hypertrophie ; quant au noyau sa taille aug- mente considérablement, sa chromatine semble se rassem- bler dans un ou plusieurs volumineux nucléoles. Nous arrivons ainsi à un stade où la fibre ne forme plus, tout au moins dans la région nucléée, qu'une large plage granuleuse, contenant un volumineux noyau (fig. 4S). Alors la masse protoplasmique présente le plus souvent des affinités chroma- tiques. C'est ainsi que, dans la double coloration hémalun- éosine, elle retient fortement l'hémalun. 11 est évident qu'à ce moment la fibre s'est complètement dédifférenciée, puisqu'elle s'est transformée toute entière, ou presque^ en une masse protoplasmique : on a un retour vers l'état embryonnaire. A partir de ce moment la fibre va se réorganiser, mais d'une façon différente ; une couche myoplasmique s'édifie du côté opposé à celui où se trouvait initialement le noyau, mais cette couche, toujours mince, se limite à une certaine hauteur de la fibre, qui paraît ainsi posséder latéralement une hernie, dans laquelle se trouve le noyau. Ce dernier tend à prendre un aspect plus normal, moins volumineux, ainsi que le ou les nucléoles. Quant au sarcoplasme, il se rassemble 101 — surtout dans la partie myoplasmique et forme une épaisse couche doublant intérieurement ledit myoplasme. En résumé l'histoire de la fibre musculaire est ici la même que dans les muscles obliques. Toutefois nous relevons quelques différences. Dans le muscle oblique d'un segment donné, toutes les fibres se trouvent au même stade ; or, comme les fi- bres ont à peu près toutes la même longueur et que leur insertion se trouve sensible- ment au même niveau, les aspects des fibres, dans une section trans- versale du même muscle, sont à peu près tous identi- ques. 11 n'en est pas de même chez les muscles longitudi- naux, ventraux et dorsaux. 11 y a lieu de tenir compte des niveaux des sections qui diffèrent, de la taille des éléments qui varie suivant la région considérée, de l'état d'évolution des éléments, et l'on comprendra aisément combien il est difficile de débrouiller cette structure. Cette dernière cause, surtout, nous l'avons vu, est impor- tante. Nous avons constaté qu'au stade B les éléments musculaires extérieurs étaient déjà arrivés au stade hétéro- ToME LXXII. 8 PiG. 45. Fibres marginales internes d'un muscle longitudinal ventral au stade de « dédifTérenciation ». 1, 2 — r, 2' — coupes de mêmes fibres à des niveaux différents (X1380). 102 néréidien, les moyens au stade de dédifférenciation^ cepen- dant que des éléments néréidiens, ou faiblement transformés, limitaient intérieurement le muscle. Au stade G, ces derniers étaient les uns transformés, les autres à l'état de fibres indifférenciées. C'est au stade D qu'il faut arriver pour trouver un peu d'homogénéité dans ces muscles longitudinaux. L'é- volution des fibres étant terminée, les divers aspects ne proviennent plus maintenant que des différences de sec- tion. Il résulte donc de ces observations que, tandis que les modifications sont simultanées dans un même muscle oblique, dans les muscles longitudi- FiG. 46. Coupes à divers niveaux d'une fibre marginale inlerne d'un muscle longitudinal ventral au stade de « dédif- férenciation » (X 1380). naux , pour un même segment, elles sont progressives et ont lieu de l'extérieur vers l'inté- rieur ; ce sont les fibres situées du côté de la cavité générale qui sont les dernières transformées. On peut dire que ces modifications progressent aussi latéralement, car les régions latérales des muscles proprement dits se transforment moins rapidement que la région médiane. Ces conclusions résultent surtout de l'examen des régions nucléées des fibres. Nous devons, pour être complets, dire ce qui se passe dans l'étendue même de la fibre. Au stade B, les phénomènes précurseurs de la dédifférenciation — 103 — ne se manifestent guère qu'au voisinage de la région nucléée. Par contre la figure 46, prise chez une Néréis au stade C, parmi les éléments marginaux en voie de dédifFérenciation, nous prouve que la dédifférenciation s'est poursuivie sur la plus grande longueur de la fibre, celle-ci ayant, au voisinage de ses extrémités, l'aspect d'un tube à très mince écorce myoplasmique. Quant au sarcoplasma, il est surtout abondant au niveau du noyau. Par conséquent, la dédifférenciation de la fibre se manifeste d'abord au niveau du noyau et s'étend ensuite progressive- ment au reste de la fibre. Il y a une autre différence entre l'évolution des fibres des muscles obliques et celles des longitudinaux. En comparant les fibres néreidiennes et hétéronéréidiennes, il n'y a pas de doute que la fibre s'est hypertrophiée. Dans les muscles longitudinaux ventraux et dorsaux la différence de taille entre les éléments néréidiens et hétéronéréidiens est loin d'être aussi sensible, la masse totale de substance ne semble guère s'être accrue, elle paraît surtout s'être répartie d'une façon différente. Certes la fibre tend plus nettement vers l'aspect tubulaire, ce qui contribue à accuser l'hypertrophie peut-être plus apparente que réelle. Mais n'oublions pas d'autre part, que chez la Néréis épitoque, les segments de la région néréidienne sont loin d'avoir la même longueur que leurs correspondants de l'Annélide immature ou en cours d'épitoquie. 11 est évident que le raccourcissement du segment est lié au raccourcissement des muscles longitudinaux. Il n'est donc pas invraisemblable que cette diminution de longueur des fibres suffise en grande partie pour expliquer ici la dilatation de la fibre et, par suite, l'accroissement en épaisseur du muscle. b) Bourrelet latéro-externe des 7nuscles longitudinaux dor- saux. — Lorsqu'on examine les muscles longitudinaux dorsaux chez une Annélide arrivée au terme de ses modifi- cations épitoques, on constate avons-nous dit que, sur les — 104 — coupes transversales, la partie terminale du bourrelet latéro- externe tranche par son apparence compacte, son aspect homogène, sa colorabilité, avec le reste du muscle. L'examen microscopique montre, en effet, que cette région diffère complètement de la première. Point de larges fibres à grosse hernie latérale, point d'éléments en lame ou en tube à myoplasme mince, à sarcoplasme abondant, mais des élé- ments qui rappellent par leur forme, par leur constitution, les fibres néréidiennes. Si on les compare avec les fibres de mêmes régions d'une Annélide immature, on ne saisit au premier abord aucune différence sensible et l'on pourrait être amené à penser que cette région n'a subi aucune modification et qu'elle a conservé ses caractères, pendant que le reste du muscle se modifiait profondément. Cependant il nous a semblé que ce n'était là qu'une appa- rence. En effet ces fibres, chez VHeteronereis, nous paraissent plus éosinophiles, plus fortement colorables. Elles noiis sem- blent aussi, d'une façon générale, d'une taille légèrement plus réduite. Or il devrait se produire le phénomène inverse, elles devraient nous paraître un peu plus renflées, les fibres longi- tudinaleè se raccourcissant dans la région hétéronéréidienne. De plus on rencontre parfois, mélang-ées aux fibres d'appa- rence normale, des fibres entr'ouvertes latéralement, d'autres avec une petite hernie longeant le noyau, comme si la fibre avait subi le contre-coup des transformations qui boulever- saient la structure des muscles longitudinaux dorsaux, comme si elle avait ébauché en quelque sorte les mêmes processus. C'est ce que nous confirme l'étude des stades intermédiaires. Nous avons pu être assez heureux pour saisir quelques aspects qui montrent bien que les fibres du bourrelet latéro-externe présentent, elles aussi, une ébauche de dédifférenciation. Chez une Annélide au stade B, nous avons pu constater que de nombreuses fibres, tant dans l'intérieur du bourrelet que sur ses bords internes, présentaient une hernie latérale comme l'indique la figure 47. On voit en effet des éléments à 103 — myoplasrae .épais s'entroiivant latéralement; les lèvres s'écar- tent et se raccordent avec une hernie clans laquelle on dis- tingue un sarcoplasme assez abondant, dessinant un réseau généralement assez net; le noyau s'est accru; il est piriforme s'il est encore engagé partiellement dans la partie myoplas- mique; quand il est englobé dans la hernie, il est ovoïde et tend à s'arrondir. Nous avons pu saisir aussi, chez la même Anné- lide ou chez d'autres, des états un peu moins avancés et rappelant en somme ceux que nous avons constatés dans les transforma- tions des mus- cles longitudi- naux dorsaux et ventraux, tels que fibres entr'ouvertes ou à légère hernie plus ou moins riche en sarcoplasma avec le noyau en train d'y pénétrer. . . etc. . . Nous n'insisterons pas' plus longuement, afin de ne pas nous répéter outre mesure. Enfin nour r: ^=^ .^bà^- c:;^-^^' '.:^- ^ : NOTE BRYOZOAIRES DU NÉOGÈNE DE L'AQUITAINE Par J. DUVERGIER L'étude d'un grand nombre de Bryozoaires fossiles du Sud-Ouest de la France a été déjà publiée par M. F. Canu dans le Bulletin de la Société Géologique de France (Années 1906 à 1917, 10 fascicules, 24 planches). Le Néogène lui a fourni quatre-vingt-deux espèces, mais il estimait que ce n'était qu'une partie d'une faune beaucoup plus importante que révéleraient des recherches ultérieures. En effet, quelques fouilles faites dans nos gisements des environs ont déjà porté le nombre des espèces à 150. Je ne compte que les espèces déterminées; le dossier des incertœ sedis en comporte une cinquantaine. Malheureusement une perte difficilement réparable a été faite lorsque les séries de Bryozoaires de la collection Degrange-Touzin ont été égarées. Notre collègue avait bien voulu m'envoyer ces fossiles pour que je les communique à M. Canu. Ils ne me sont jamais parvenus et lés recherches n'ont pas abouti. Les espèces de nos gisements girondins pourront être en grande partie retrouvées, mais en sera-t-il de même de celles de l'Helvétien et du Tortonien des Landes si richement représentés dans la collection Degrange-Touzin. Cette perte est donc déplorable à tous points de vue et parti- culièrement sensible à celui qui en a été la cause indirecte. En utilisant les matériaux que j'ai recueillis et les publi- cations précitées j'ai pu dresser quelques listes provisoires réunies dans le tableau suivant. Tome LXXII. 12 — 146 — Parmi les espèces rencontrées M. Canu avait décrit 30 espèces nouvelles, de mon côté j'en ai trouvé 35, soit ensemble 65 sur 450. On voit que la proportion est importante et que notre faune a un caractère très personnel; il est même assez nouveau pour le Miocène d'Europe, puisqu'elle rions a fourni, outre des genres nouveaux, plusieurs espèces de genres exclu- sivement américains jusqu'à ce jour. Lorsque ces listes seront complétées par des recherches plus avancées, elles pourront donner matière à une révision des Bryozoaires de notre Miocène. Un travail d'ensemble concernant notre région et compor- tant la description et la figuration de ch quç espèce serait fort utile à l'avancement de l'étude de ces petits animaux. Ils abondent dans la plupart de nos gisements^ mais on comprend qu'ils aient été un peu négligés par nos paléontologistes, la difficulté des déterminations paraissant grande sans un ouvrage moderne, complet et facile à consulter. J'ajoute que sur ce sujet peu battu, encore délicat et fami- lier seulement à quelques rares spécialistes, j'ai fait appel à chaque instant à l'autorité universellement acceptée de M. Canu; elle n'est surpassée que par l'infatigable complai- sance qu'il met à guider et encourager ceux qui s'intéressent à ses chers Bryozoaires. L I s T K D DU MIOCI c c c c c c c c c c Di Di Di C N N N D2 C C N Di E S P È C E S (2) Electm elliptica Hagenow, 1839 Electra concatenata Reuss, 1864' Membranipora Fallût l Canu, 190G ' Piripora tuberosa Caiiu, 1906 Normaniella hacroixl Auct Cupuladria canariensis Busk, 1859 Acanthodesia Savartl Audouin, 1826 Acanthodesia Savartl Aud., forma Reytl (yànu 1909. . . Acanthodesia Savartl Aud., forma splnea Canu, 1917. Trochopora conlca DeFr. , 1833 Hlnckslna rectangularls n. sp Hlnckslna sclpio n. sp , Elllsliia burdlgalensh n. sp Grammella crassimarglnata Hiucks, 1880 Tremopora radlclfera Hincks, 188 1 Callopora llneata L., 1759 Alderlna imbellls Hincks, 1860 , Canloramphus sallomacensls n. sp , Scrupocellaria elliptica Reuss, 1847 Farcimia hians Reuss, 1869 , Farclmla tenella Lamarck, 1816 Hemiseptella fragiiis n. sp. , (1) Les leltres de celte colonne correspcmclenl aux indicalions suivantes : C. Espèce mentionnée et figurée dans les publications de M. F. Ganu sur le Sud-Ouest de la Franc N. Espèce connue mais non encore signalée dans le Néogène de l'Aquitaine. Dl. Espèce nouvelle décrite et figurée à la suite de la note. D2. Espèce nouvelle qui sera donnée dans une publication ultérieure. BRYOZOAIRES )E L'AQUITAINE AQUITANIEN BURDIGALIEN . HELVÉTIEN en o bZ L O cqOh O — n .-o > o u 3 = S = « O ^ H ± ^ O o c 05 O cou co a. .3 "Ô c tuo « es O — .g T3 £. CO il c co ■a s- a) co c 55 .Ses COJ co o es co 3 -«m cot; "1 -aj «y O es '05 S O ■o ^^ 4- o: co co 3 CC^ "g 3 aj "'S coS «.S d) og 3 O « i: coB- co c o 2 co Si *- c: coo CL 1 05 CO C CO u o liiir,i liiirala !,., i;5'| »/(/.•(•(■((„ (m/.,'//is llin,-Us, 181)0 <'"»/,)(■,(»,;,/„„ ,s,(//„mac(.,isi\- n. sp ^Vn(;.,.,'W/.(W,i riliptica Uouss, l'si?. . l-iirrimiii lihtns Umiss, ISi;,) '''"''■•""'<• '«iW/.i l.nmar.-lv, ISli;. .[ HankepU-lh /V(iyi7,s n. si.. <•) 1-''^ L'Iliv. ,1.. ....iio ooU, '> oon-osp„n,lonl aux iiuliralions suivantes '■• l-|.^.•.. moulionuo. .., ,1,,,,,,, , ' "'"" ='"' '"'"^-ai-us suivantes : •V. Ks|.6e.. ,-..„,„,.. mais «„„ eue . "■ "', ''"''"""*""* ^'«^ ^^- ^^ Canu sur le Sud-Uues "». Ks|uVo i.unvoll,. ,|,v,,i. . ,>, ,'.'' =:'"»«^«^' ^lans le Néogène de l'Aquitaine. "'•'•^"^- «-"-...i-r:;,;:;:;, !::'!v'r'«-'-. DE L'AQUITAINE AQUITANIEN «eu =« o — ^ l de la F'-»""-''- '"">ée dans «ne publicalion nlté.ieuie. + + + 4- + BURDIGALIEN 4- + + + HELVETIEN *'i On trouv imposés par des travau.x plus récenU, lifii j ration. .vera c,uelr,ues ct,angements de norus K^M,6r,.,ne.s '""'";^ J _^.^^^^j^,,,, ,.„,.i,„„,„i ndo spécifinne accompaK-né de celui de l'aulr-iir '■! 'i'' <■> " l - — 150 C C C C c Di Di C C C C C Di C N C N C C C c D2 C c c c c c Di Di N Di ESPÈCES Cupularia umheUala Det'r., 1823 Cupularia porosa Busk, 1859 Cupularia Haidingeri Reuss, 1847 Cupularia doma d'Orb. , 1851 Calpensia impressa Moll . , 1803 Calpensia tuherosa n. sp. Nematopora ovata n. sp Onychocella angulosa Reuss, 18i7 Onychocella transversa Cànu, 1009 Onychocella élliptica Canu, 1909 Rosseliana incompta Reu s, 1847 Rosseliana reussiana Manzoni, 1869 , Dacryonella ogivalis n. sp , Micropora coriacea Esper., 1791 Micropora minuta Reuss, 1847 Lunularia conica Busk., 1859 Lunularia androsaces Michelotti, 1838 , Lunularia laminifera Canu, 1917 Steganoporella elegans A. Milne Edw., 1836 Steganoporelld brevis Canu, 1916 Steganoporella cavatura Canu, 1916 Steganoporella lœvimarginata n. sp Thalamoporella andegavensis Michelin, 1847 . . Thalamoporclla elongata Canu, 1917 Cellaria rhombifera Goldfuss, 1838 Cellaria mutabilis Canu, 1909 Entomaria spinifera Canu, 1914 Puellina radiataMoW, 1803, v. raricosta Reuss, 1874. Distansescharella cestasensis n. sp .'. Cribrendoecium crassicostutatum n. sp. . . ., Hippothoa rugulosa Reuss, 1847 Chorizopora parvicella n. sp — 151 AQUITANIEN v C3 <_, u o o SI o 3_ CO O il "S 5 — ce > c o c es oc— «1 — 3 o « . = 5 oflo c co o l^ o - g- "-ce 03 0. 0) J ^■l + + ■ + + + + + + + + BURDIGALIEN J-i o 03 r.y re 3 .^c -«ii -aji co 3 f= O a a: ■o u >. ^ •U— 3 co TJ C CO 2 coZ co"î^ CO 3 •^ C3 co:« co !- S a co ;: co.S O 3 13 O CO CO O 3 O 3 O crt C o p- 03 [iH co N *- ce tO^J . 0) CO v V CO D « c T3 co c C3 co.h a> co 5 — ij ô «-5 s "■s c co- u S c o c es H II — S ZcS u CE Oflo T «s £ C8 es CS! + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + BURDIGALIEN CO B s B n ® « ' ?, Is c u «n .S3 ^ 25 sS^ .r^B c o ^« ODj ^ a O es 1 d 51 J- ss X w C8 o CO u es i: = S X M B CO N ■« ts 05 rj Tri a <0 M C "> O Ph + + + + + + + + + + + + + + + + + + + 4- + + + + HELVETIEN 05 rt ._ j «■2 E «S + 156 u ^ ESPÈCES -a Ci- N Mastigophora Hyndmanni Johnston, 1847 C Larjenipora tubiilosa d'Orb. , 185 1 C Lagenlpora d'Orbignyana Canu, 1909 (Bnrdig. de Dax). N Schismopora parasitica Michelin, 1846 ". C Schismopora gramdosa Canu, 1915 N Schismopora pumlcosa L. , 1759 '. C Holoporella tubulosa Canu, 1916 , N Holoporella palmafa Michelin, 1845 [ C Onscousoecia macrostofna A. Miln. Edw., 1838 (Burdig. de Dax). C Mecynoecia proboscidea A. Miln. Edw. , 1838 ...;...... ; N Microecia sarniensis Norman, 186i N Microecia suborbicularis Hincks, 1880 C Plagioecia repens Smitt. , 1866 N Plagioecia dilatans Busk . , 1854 C Actinopora plicata Canu, 1916 C Diaperoecia palmata Busk.. 1859 (Burdig. de Uax). C Diaperoecia dilatans Johnston, 1847 N Diplosolen obelia Johnston, 1838 , C Hornera radians Defr., 1821 C Hornera reteporacea A . Miln. Edw., 1838 N Crisia Edwardsi Reuss, 1847 C Tretocycloecia aqiiitanica Canu, 1906 C Lichenopora hispida F'ieming, 1828 C Lichenopora elliptica Canu, 19 16 . Di Lichenopora burdigalensis n. sp N Lichenopora verrucaria L , 1759 C Berenicea regularis d'Orb , 1852 C Berenicea stipata Canu, 1917 C Tubulîpora serpens Auct N Tubulipora phaldngea Busk. , 1859 C Fascigera dimidiata Reuss, 1847 C Radiofascigera flabellata Canu, 1917 — 157 — AQUITANIEN BURDIGALIEN HELVÉTIEN OJ O O C 3 «a. o M > u C « Il — 3 ■« «S fi V « O « a. .5 "o ™ ni v T3 C CO c C6 co T3 CO fi S« ^§ = C8 COJ CO o C8 C " .2,3 o 3 ■V O rt u ■0 CO 3 CoZ ai-- u 3 3 co£- CO c eu 09 co C cm CO S 01 Si V .ï 3 c CO s ta oj .2 — oj s «■S CO 05^ C — C3 c 0).S «s co^ a, C 01 C es c S c — + + + + + + + + + + + + ... + + + + + + + + + + -f + + + + + + + + + + + ' + + + + ' + + + + + + + + + + + + + + + + + . _ _ 1 BRYOZOAIRES DD NÉOGÈNE DE L'AQDITAINE ESPECES NOUVELLES Ordre : GHEILOSTOMATA Busk. Sous-Qrdre : ANASCA Levinsen. Division : MALACOSTEGA Levinsen, 1909. Groupe : MEMBRANIPOR.E Canu et Bassler, 1917. Genre : HINCKSINA Norman, 1903. Hincksina scipio nov. sp. PL I, %. 1, 2, 3, 4. Le zparium encroûte les coquilles et les millépores. Les zoécies sont distinctes, séparées par un sillon profond, allon- gées, elliptiques; le cadre est épais, arrondi et porte six à huit gros spicules (ou petits bâtonnets) érigés ou obliques. L'opésie est elliptique, denticulée. L'ovicelle est petite, trans- verse, convexe, endozoéciale. ^ , . ( Lo - 0,24 — 0,32 ^ _ ( Lz = 0,4 — 0,48 ^P^"^ 1 lo = 0,16 - 0,20 ^''''' 1 Iz = 0,28 - 0,.32 Variations. — Les spicules sont gros sur les zoécies ordinaires et d'autant plus minces que les zoécies sont plus jeunes; les marginales sont simplement tubéreuses. L'anceslrule est orbiculaire et plus petite. Il y a peut-être une espèce plus petite cfui correspondrait auxfig. 2, 3. Localités. -- Cestas (Moulin-Neuf). Léognan (Coquillat). — Bardi- galien. Salles. — Helvétien. — 160 — Hincksina rectangularis nov. sp. PI. I, fig. S. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont dis- tinctes, séparées par une crête saillante à arêtes à 45°. Opésié grande, subrectangulaire, d'apparence festonnée sur son pour- tour par de nombreux (16-20) spicules (pseudo costules) rec- tangulaires, denticulée et entourée d'un cryptocyste granuleux qui se développe beaucoup au-dessous de l'opésie. Un petit tubercule est situé aux angles de jonction des zoécies. L'ovi- celle est très peu saillante et endozoéciale. ( Lô = 0,28 — 0,32 ( Lz. = 0,44 ^P^^^^ } lo = 0,12 ^"^'^' j Iz = 0,30 Affinités. — Cette espèce dilTère de H. bifurcata Canii, par la pré- sence de tubercules qui n'existent pas chez cette dernière et par ses spicules rectangulaires et non bifurques à leur extrémité. On ne peut la confondre avec Acanthodesia dont certaines espèces ont l'opésie ornée d'épines pointues, parce que les pseudo-costules de son opésie sont plates, denliculées et non pointues. Elles sont analogues aux costules de Membi^aniporella mais moins développées. Il n'est pas rare de trouver sur un spécimen à'Hincksina des zoécies dont les pseudo-costules se sont développées au point de se rejoindre, ce qui donne l'aspect d'un Membraniporella . Localité. — Salles. — Heli'étien. Geare : ELLI3INA Norman, 1903. Ellisina burdigalensis nov. sp. PL I, fig. 6. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont gran- des, distinctes, allongées, hexagonales, disposées comme les mailles d'un filet. Le cadre est médiocrement épais, saillant, surtout aux endroits portant les aviculaires. Sur son milieu se trouve une petite arête lisse; ses faces latérales, inclinées sont garnies de fines crénelures. L'opésie est grande et ovoïde. — 161 — L'aviculaire est interzoécial, triangulaire, transverse, ungui- culé. L'ancestrule n'a pas d'aviculaire. ^ . i Lo =r 0,44 ^ \ Lz = 0,60 Opésie i ^ ^ „„ Zoécie i , „ ,, ^ „„ ^ / lo = 0,35 / Iz = 0,44 — 0,56 Affinités. — Il diffère de E. coronata Hincks, 1881, dont l'aviculaire est aussi unguiculé, par son aviculaire plus long, à parois régulières et minces. Il diffère de E. incrustans Waters, 1898, par des dimensions plus grandes et par son aviculaire unguiculé. Nous ne connaissons E. coronata que par les figures de Hincks, il se pourrait cependant que cette espèce lui soit identique. Localité. — Saint-Médard (La Fontaine). — Bnrdigalien. Division : COILOSTEGA Levinsen, 1909. Famille : CALPENSIDM Ganu et Bassler, 1917. Genre : HEMISEPTELL Levinsen, 1909. Hemiseptella fragilis nov. sp. PI. I, fig. 7. Le zoarium unilamellaire rampait probablement sur les algues (très fréquent da^s ce genre). Les zoéeies sont dis- tinctes, séparées par un pli saillant ou par un léger sillon, allongées, hexagonales; le cryptocyste est peu profond, gra- nulé; le cadre est saillant, régulier, épais, plan, granulé. L'opésie est grande, allongée, régulière dans sa portion distale, irrégulière et dissymétrique dans sa portion proxi- male. Les deux échancrures opésiulaires sont larges et très variables. Les spinules sont très fragiles et paraissent se grouper en trois faisceaux dont deux latéraux. ^ . ( Lo = 0,24 — 0,32 ^ . ( Lz = 0,36 — 0,44 ^P^^^^ ( lo = 0,20 ^"^^^^ ( lz = 0,28 La largeur des zoéeies et des opésies est à peu près constante, mais la longueur varie beaucoup. Tome LXXII. 13 162 Structure. — Les spinules très fragiles ont disparu par fossilisation, il ne reste que leur trace (fig. 1). La figure 2 est la restauration d'une cellule. Dans le genre Ciipularia la coalescence des spinules forme le cryptocyste. La dissymétrie des opésiules indique que le muscle grand rectracteur du poly- pide n'est pas inséré dans l'axe médian de la zoécie. Localités. — Cabanac (Pouquet). Pes- sac (Lorient). — Aqnitanien. Saucats (Pontpourquey;. Léognan (Carrère). Cestas (Moulin neuf). — Bnrdigalîeii. Fig. L Fig. 2. Opésie X 140. Genre : CALPENSIA Jullien, 1888. Calpensia tuberosa nov. sp. PI. I, fig. 8. Les zoécies sont distinctes, hexagonales, régulières, séparées par un cadre saillant. L'apertura est elliptique; la péristomie dans sa partie distale se confond avec l'épaississement du cadre qui porte deux tubercules aux angles. Les opésiules sont grandes, semi-lunaires, situées contre le cadre au tiers supé- rieur de la longueur zoéciale. La frontale est un cryptocyste dont les pores assez gros sont régulièrement disposés en quinconces. Affinités. — Il diffère de C. impressa Moll, 1803, par ses dimensions plus petites, par ses deux tubérosités distales et ses grosses opésiules. Il diffère de C. Calpensis Rusk dont les opésiules sont grosses par ses dimensions plus petites, ses tubérosités distales et par ses deux opésiules de même grandeur. Quant à Micropora minuta Reuss, 1847, qui d'ailleurs n'est pas de la même famille et est pourvu d'une ovicelle endozoéciale, il est plus petit. — 163 — Comparaison des Mesures ha = C. TUBEROSA c. Impressa c. Calpensis 0,06 0,08 0,08 la = 0,10 0,14 — 0,16 0,14 Lz = 0,46 — 0,50 0,60 0,50 — 0,54 lz = 0,24 — 0,30 0,30 - 0,40 0,30 Localité. — Ceslas (Moulin neuf). — Burdigalîen. Genre : NEMATOPORA nov. gen. L'ovicetle est endozoéciale. Le cryptocyste est perforé de plusieurs paires d'opésiules. Les vibraculaires sont inter- zoéciaux. Génotype : Nematopora ovata n. sp. — Burdigalien. Affinités. — Ce genre diffère de Micropora Gray, 1848, par la pré- sence de plusieurs opésiules et par le remplacement des aviculaires en vibraculaires. Il diffère de Vennlnaria JuUien, 1888, par la présence des vibraculaires et par son ovicelle endozoéciale. Nematopora ovata nov. sp. PI. I, fip-, 9. Le zoarium encroûte les coquillages ou les bryozoaires. Les zoécies sont distincles, piriformes ou ovales, munies d'un cadre épais et saillant terminé, par une arête tranchante. Elles sont séparées par un sillon profond de largeur variable. L'apertura est semi-elliptique, présentant sou\ent une forme échancrée aux angles inférieurs; son bord inférieur est formé par le redressement du cryptocyste qui y devient aussi sail- lant que le cadre ou ses extrémités se fondent. Le cryptocyste est grand, enfoncé, sauf dans sa partie médiane supérieure. Il est perforé par deux ou trois paires d'opésiules équidis- tantes. Il y a des vibraculaires, ils sont interzoéciaux, circu- laires et placés sur de petites boursouflures qui surgissent entre les zoécies. — 164 — L'ovicelle est endozoéciale, c'est un petit capuchon pointu qui surmonte l'apertura et est englobé dans le cadre. (Lz = 0,36 ,„_,._. (ha -0,06 la = 0,08 ^ . (Lz = 0,36 ^ ( Zoécie ) I _ A 9 Apertura i Variations. — Il existe aussi de petites zoéciules de grandeur moindre et portant un orifice hippoporiforme relativement très grand (3/5), ce sont probablement des zoécies incomplètes ou déformées. Localités. — Saint-Médard (La Fontaine). Léognan (Coquillat), — Bardîgalîen. Famille : OPESIULIDM Jullien, 1888. Sous-Famille : MICROPORIDM Hincks, 1880. Genre : DACRYONELLA Canu et Bassler, 1917. Dacryonella ogivalis nov. sp. PI. I, fig. 10. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont dis- tinctes, entourées d'un cadre saillant et poli, de forme ogivale. Elles sont partagées en deux parties à peu près égales, la supérieure occupée par l'opésie et l'inférieure par un crypto- cyste incliné, mince et finement granuleux. L'opésie a une forme semi-ogivale; son bord inférieur est concave, se rac- cordant aux bords latéraux par des courbes à grand rayon, dessinant ainsi les opésiules, sans . qu'il y ait précisément d'indentation. Deux petits aviculaires obliques, en forme de larme, saillants, bordés, posés sur le cadre aux angles de jonction supérieurs sont constants. Les zoécies communiquent entre elles par deux paires de très grosses septules. Quelques zoécies sont plus grandes, mais le cryptocyste restant pareil, c'est l'opésie qui a de plus grandes dimensions. Grandes zoécies. Zoécies ordinaires. Grandes. Ordinaires. (ho = 0,23 0,14-0,17 (Lz = 0,40 0,28-0,36 ^P''^' ( lo = 0,24 0,16-0,20 ^''''^'( lz = 0,36 0,28-0,36 Affinités. — 11 se distingue de D. octonaria C. et B., 1917, par la constance et la position dans le sens du cadre des aviculaires distaux et par le développement bien moindre des opésiules. — 165 — En réalité les aviculaires sont placés dans les angles interzoéciaux mais leurs parois débordent sur les cadres des zoécies adjacentes. C'est surtout à cette espèce que s'applique la remarque des auteurs du genre : « C'est une Rosseliana ornée d'aviculaires ». Localité. -^ Manciet (Gers). — HelYetien. Sous-Ordre : ASCOPHORA Levinsen, 1909. Famille : CRIBRILINIDM Hincks, 1880. Genre : DISTANSESCHARELLA d'Ordigny, 1852. Distansescharella cestasensis nov. sp. P1.I,%. 11. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont distinctes, elliptiques, ventrues, saillantes, orientées assez irrégulièrement et séparées par des intervalles variables atteignant jusqu'à deux fois la largeur zoéciale, ils sont remplis de zoéciules de même forme mais très petites et dépourvues de costules. La frontale, très bombée est carénée au milieu dans les 2/3 de la partie supérieure par une bande unie et saillante qui devient anguleuse vers le haut et se termine par un mucron masquant le bord inférieur de l'aper- tura; les costules au nombre de six ou sept de chaque côté, sont séparées entre elles par quatre lacunse. L'apertura semi- lunaire porte deux cardelles latérales. Le péristone est sail- lant, orné dans sa partie distale de quatre à six épines tubuleuses. L'ovicelle est hyperstomiale, globuleuse, relati- vement grande au point que l'apertura se trouve presque au milieu de la zoécie ovicellée. Elle est formée d'un trémocyste à très petits pores. 7 ' • A- iLz = 0,34 . (Lz = 0,44 Zoecie ordinaire \ . ^ ^, Zoecie ovicellee { , ^ ^, ( Iz = 0,24 ( Iz = 0,24 ( ha = 0,08 Apertura j ^^ ^ ^^^^ Localité. — Cestas (Moulin neuf). — Burdigalien. — 106 Genre : CRIBRENDOECIUM Canu et Bassler, 1917. Cribrendoecium crassicostuiatum nov. sp. PL I, fig. 12. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont distinctes, ovales, ventrues, séparées par un sillon profond. La frontale est convexe, les costales sont épaisses généra- lement au nombre de sept de chaque côté, sans lumen et séparées par quatre ou cinq lacunœ assez grosses. L'ap'ertura des zoécies ordinaires comporte un anter semi-circulaire et un poster à bord concave, séparés par deux cardelles. Le péristome est saillant; la lèvre proximale est épaissie en forme de bourrelet; il y a quatre grosses épines tubuleuses à la partie distale. L'apertura des zoécies ovicellées est plus grande. L'ovicelle est endozoéciale, transverse et peu sail- lante. L'ancestrule est petite, elliptique, non ventrue. Zoéc. ord. Zoéc. ovic. (Lz = 0,52 . 1 ha = 0,08 0,11 ^°"^<="' I lz = 0,32 - 0,38 *P''''"" I la = 0,11 0,14 Affinités et variations. — Les cicatrices latérales qui ornent l'ovicelle dans ce genre ne sont pas visibles sur le spécimen étudié. Il diffère de C. tenuicostulatimi Canu et Bassler, 1917, par la forme trapue des zoécies, l'épaisseur et le nombre des costules et la présence d'épines. Localité. — Cestas (Moulin neuf). — Bitrdigalieii. Famille : HIPPOTHOID.E Levinsen, 1909. Genre : CHORIZOPORA Hincks, 1880. Chorizopora parvicella nov. sp. PL II, fig. 1, 2. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont petites, distinctes, allongées, fusiformes; elles sont jointes — 167 — ensemble par des expansions tubnlaires séparées par des espaces linéaires très minces ; la surface est très convexe et formée par un olocyste spécial finement perforé de pores écartés; à la base, il y a un groupe d'hétérozoécies extrême- ment petites. Chaque zoécie est surmontée par une zoéciule allongée elliptique. L'apertura est transverse, elliptique, très petite, avec un bord proximal mucroné; le péristome est un peu saillant. L'ovicelle est grande, convexe, allongée, sur- montée par un petit aviculaire non saillant dont le bec est extérieur. L'ancestrule est une zoécie ordinaire très petite, engendrant cinq zoécies un peu plus grandes. Zoécie Lz= 0,40 — 0,48 ( ha = 0,02 lz^-0,24 Aperturaj ^^ _ ^^^^ Affinités. — Il diffère de C. Brongniarti Savigny-Audouin, 1826, par ses zoécies beaucoup plus petites et par la présence constante des hétérozoécies inférieures. Localité. — Salles. — Helvétien. Famille : ESCHARELLIDM Levinsen, 1909. Sous-Famille : SCEIZOPORELLM Hincks, 1880. Genre : DAKARIA Jullien, 1903. Dakaria girondica nov. sp. PI. II, fig. 3, 4. Les zoécies sont distinctes en forme de losange allongé dont les angles aigus seraient tronqués. La frontale plate est formée par un trémocyste granuleux à très petits pores. L'apertura des zoécies non ovicellées est ovale; la partie infé- rieure est fortement échancrée par une rimule séparée et bordée. Le péristome est très peu saillant. Le péristomice des zoécies ovicellées prend une forme triangulaire, la pointe en bas et même quelquefois quadrangulaire le petit côté étant horizontal. L'ovicelle est globuleuse, très proéminente, — 168 — coiffant l'apertura; elle a une ornementation analogue à la frontale. Péristomice { hp = 0,1S des zoécies ovicellées \ Ip = 0,13 ^ ^ ( ha = 0,16 • ^ _ ( Lz = 0,72 Apertura | ^^ ^ ^^^^ Zoecie | ^^ ^ ^ 3^ Affinités. — Il diffère de D. Chevreuxi iyiWien, 1903, par ses dimen- sions plus grandes, un péristome beaucoup plus mince et une moindre séparation entre le poster et l'auter. Localité. — Villandraut (Gamachot). — Aqaitanîeit. Dakaria (?) stricta nov. sp. PI. II, fig. 5, 6. Les zoécies sont étroites, très allongées, de forme rectan- gulaire, limitées latéralement par un cadre mince, lisse, non saillant; frontale plane, paraissant légèrement convexe dans sa partie supérieure, perforée de gros pores égaux. Péristome saillant et épais, lisse. Apertura terminale, grande avec une échancrure inférieure très prononcée et assez aiguë. L'ovicelle est hyperstomiale, globuleuse, saillante, ornée dans son tiers médian d'un area circulaire portant une quinzaine de perfo- rations. L'intérieur des zoécies est cloisonné par le prolon- gement des parois du cadre; les deux cardelles formant l'échancrure de l'apertura sont bien détachées. Péristomice] , „',^ Apertura! , ^ r,\r> l Ip = 0,12 ^ ( la = 0,16 7 , . (Lz = l,l ^''''' } Iz =: 0,20 Localités. — Villandraut (Gamachot). — Aqnitaiiien. Salles (Minoy). — Helvétien. — 169 — Genre : STEPHANOLLONA nov. gen. L'ovicelle hyperstomiale n'est pas fermée par l'opercule ; elle porte un area frontal, elle est ouverte dans la péristomie. La péristomie est formée par l'épaississement des parois et par l'enfoncement de l'ovicelle dans la zoécie distale. La frontale est un pleurocyste granuleux entouré de pores aréo- laires. Epines. Aviculaires. Génotype : Stephanollona spinifera n. sp. — Helvétien. Affinités. — Ce genre diffère de Stephanosella Canu et Bassler, 1917, par l'absence de trémopores. Stephanollona spinifera nov. sp. PL II, fîg. 7, 8, 9. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies ordinaires sont distinctes, séparées par un sillon, allongées, elliptiques; la frontale est convexe et formée par un pleurocyste granu- leux, entourée de quelques (6 à 8) pores aréolaires ronds ou linéaires. L'apertiira est placée au fond d'une péristomie formée par l'épaississement des parois; elle est allongée et très fortement denticulée ; son bord proximal est concave et elle est entaillée par une large et profonde ri mule arrondie ; l'anter porte quatre ou cinq épines. Il y a deux aviculaires à pivot de chaque côté de l'apertura. Les zoécies ovicellées sont peu distinctes ; la frontale porte un long aviculaire et un plus petit placé près de l'apertura. L'apertura est très enfoncée. L'ovicelle est globuleuse, saillante, enfoncée dans la zoécie distale ; son orifice est transverse et très grand ; son area frontal est petit. Péristomice l hp = 0,16 j ha = 0,09 - 0,11 des zoécies ordres f Ip = 0,13 ^^^ ^^^ ) la = 0,07 i Lz == 0,55 - 0,72 ' ) Lz = 0,50 Zoéc. ordres l Zoécies ovicellées , „ ^^ ( Iz = 0,36 I Iz = 0,36 - 170 FiG. 3 FiG. 4 La flg. 3 se rapporte à la fig _ i _ _ Apertura X 140. Fig. 5 9 P II 8 P II 7 P II Structure. — L'apertura a la forme d'une ellipse échancrée à sa partie inférieure par deux volumineux condyles sur lesquels se meut l'opercule , certains sont bi- trilobés, leur largeur varie en- tre le tiers et la moitié du grand axe et l'espace libre que laisse leur saillie n'est plus que la moitié du petit axe. Sur les spé- cimens très frais, tout le pour- tour de l'apertura est ridé de fines granulations, les condyles également. L'apertura des zoécies ordinaires (fig. 5) est plus grande que celle des zoécies ovicellées. Variations. — Outre des différences de taille assez sensibles, on trouve aussi des variations dans la grosseur des pores aréolaires quel- quefois séparés par des costules irrégulières assez grosses. Le dimorphisme zoécial est fréquent dans le groupe de Stephanosella; un des aviculaires oraux devient frontal et prend en même temps un développement extraordinaire, l'autre reste aussi petit mais il est placé latéralement dans la péristomie même, au niveau de la rimule; en face de lui, un mucron spiniforme se développe. Cette disposition rappelle celle de Rhynchozoon, mais, dans ce genre, elle est "générale et s'observe sur les plus jeunes zoécies mêmes. D'ailleurs elle y a pour objet la ferme- ture d'un pseudo-spiramen entre l'aviculaire oral et le mucron qui lui fait face, pseudo-spiramen qui n'est pas visible ici. Sur les zoécies ordinaires un des aviculaires devient quelquefois très grand et analogue à ceux qui se développent sur la frontale des zoécies ovicellées. Le passage des œufs est assuré par l'enfoncement de l'apertura et de l'orifice de l'ovicelle. Le petit mucron oral et le petit aviculaire oral paraissent être en rapport avec le système hydrostatique et former une espèce de filtre pour les corps trop volumineux qui pourraient s'intro- duire dans la compensatrice par la rimule. Les grands aviculaires fron- taux ont certainement pour objet de chasser les larves lors de leur développement. Localité. — Salles. — Melvétieii. 171 Sous-Famille : HlPPOrORM Canu et Bassler, 1917. Genre : HIPPADENELLA Canu et Bassler, 1920. Hippadeneiia parvirostrata nov. sp. PL III, fig. 1. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont dis- tinctes, hexagonales, séparées par un mince sillon et entou- rées de pores aréolaires (3 à 4 de chaque côté). La frontale est un pleurocyste lisse et convexe. L'apertura est semi- elliptique avec le bord proximal rectiligne. Il y a deux petites cardelles. Péristorne non saillant. H y a un très petit avicu- laire oral. \ ha = 0,12 1 Lz = 0,40 Apertura | ^^ ^ ^ ^^ Zoécie j ^^ ^ ^ 3^ Affinités. — Les Hippadeneiia des Faluns de Touraine ont des zoaria libres et bilamellaires. Localité. — Cestas (Moulin nenf). — JSnrdîgalîen. Sous-Famille : PERJSTOMELL.E Canu et Bassler, 1917. Genre : PERISTOMELLA Levinsen, 1902. Peristomefla taciniosa nov. sp. PL II, fig. 10, 11. Le zoarium encroûte les coquillages, les polypiers. Les zoécies sont distinctes, séparées par un sillon peu profond, allongées, elliptiques; la frontale est convexe, terminée par un mucron échancré recouvrant partiellement l'apertura et formant la locella ; elle est formée d'un pleurocyste costulé bordé d'une rangée simple ou double de gros pores aréo- laires. L'apertura est enfoncée, oblique, ouverte dans la locella, semi-circulaire. Pas de péristome. Il y a des épines. L'ovicelle est petite, enfoncée dans la zoécie distale, non saillante, ouverte dans la locella, ornée d'un aréa perforé. II y a deux aviculaires symétriquement placés de chaque côté FiG. 6 FiG. 7 . FiG. 8 — 172 — de l'apertura ; ils sont longs, triangulaires, munis d'un pivot, obliques, à bec non saillant. ( ha = 0,08 ( Lz - 0,6 Apertura | ^^ ^ ^^^ Zoécie | j^ ^ ^ 3^ ■ Structure. — Le mucron cachant en partie l'apertura, le péristomice n'apparaît sous sa forme véritable que lorsque le mucron est cassé ou qu'on incline suffisam- y////V//^ iî////////////7/X K^///yf^//>\ n^ent la préparation. La forme de l'apertura ne correspond pas à celle du péristomice, elle est se- Apertura X 140. mi-elliptico orbiculaire sans échancrure(fig. 6, 7 et 8). L'opercule était au-dessous de l'échancrure du mucron. Affinités. — Il diffère de P. coccinea Ab. par l'absence de péristome, par sa double rangée fréquente de pores aréolaires et par ses plus grandes dimensions; de P. alifera Reuss, 1847, et de P. pteropora Reuss, 1847, par son zoarium encroûtant et non libre, par ses zoécies ventrues et non très rétrécies en arrière et par son apertura plus grande; enfin il diffère de P.- fulgurans Manzoni, 1870, par son ovicelle très enfoncée et non saillante. Localité. — Viilandraut (Gamachot). — Aqoitanieii. Peristomella costulata nav. sp. PL II, %. 12. Le zoarium est encroûtant. Les zoécies sont distinctes, ovales, rétrécies en bas, irrégulières, les unes étroites et longues, d'autres larges et courtes, de sorte qu'elles peuvent avoir la même capacité. Les zoécies non ovicellées sont plus régulières. La frontale est saillante et formée d'un pleurocyste à gros granules orientés latéralement dans le sens des cos- tules radiales; ces dernières limitent une ligne de pores aréolaires triangulaires qui deviennent très gros vers le bas. Le péristomice orbiculaire est muni quelquefois à sa lèvre inférieure d'un mucron et le plus souvent d'une rimule spi- ramen irrégulière et plus ou moins élargie. Deux grands aviculaires triangulaires à pivot, obliques, la pointe en haut 173 et vers l'extérieur sont placés de chaque côté de l'apertura. Cette dernière est semi-circulaire et porte un sinus à son bord inférieur. L'ovicelle est hyperstomiale, saillante, formée d'un trémo- cyste à gros pores (12 à 45). Apertura ha = 0,09 la = 0,10 Péristomice Larges. f Lz = 0,84 Zoécies i j^ ^ ^^^g I hp = 0,14 ( lp = 0,15 Etroites, 1,32 0.32 FiG. 9 FiG. 10 Apertura X 140. FiG. 11 Structure. — L'apertura interne des Peristomella décrites par les auteurs n'est pas encore connue ; celle de notre espèce présente une large rimule arrondie (tig. 9. 10, 11). Affinités et variations. — Le grand aviculaire est incon- stant enforme et en grandeur. Souvent, de chaque côté du péristomice, il y a deux aviculaires à pivot beaucoup plus petits. Les mamillosités frontales sont très constantes, elles indiquent une vigoureuse calcification du pleurocyste ; les fibres endocystiques devaient être nombreuses et actives. Celte espèce forme avec P. mamillata (du Crag) Busk, 1859 et P. pere- grina Manzoni, 1871 (de l'Helvétien de Turin), un groupe particulier dans le genre. Il diffère de P. mamillata Busk, 1859, par ses aviculaires beaucoup plus grands, par ses pores aréolaires beaucoup plus gros et par l'absence d'une lèvre proximale saillante au péristome. Il diffère de P. peregrina Manzoni, 1871, par la présence de ses costules interaréolaires, par l'absence de deux grosses épines orales et par sa rimule spiramen beaucoup plus constante. En réalité, l'espèce italienne n'a jamais été retrouvée; nous ne pouvons la juger que d'après la figure de Manzoni qui ne porte que cinq zoécies non ovicellées et qui ne repré- senté peut-être qu'une variation de l'espèce décrite. Comme nous ne pouvons que nous en référer rigoureusement à cette figure incomplète, nous croyons utile de former une espèce distincte avec nos spécimens bordelais. Localité. — Cestas (pré Cazaux). — Bnrdigalien. — 174 — Sous Famille : CVCLICOPORjE Canu et Bassier, 1917. Genre : CYCLICOPORA Hincks, 1884. Cyclicopora aquitanica nov. sp. PL III. fig. 4, 5, 6. Le zoarium encroûte les polypiers. Les zoécies sont dis- tinctes, presque toujours encadrées par un mince filet, allongées, ovales, renflées et perforées de très gros pores eux-mêmes bordés et disposés en quinconces. Ils sont quel- quefois çoalescents. Le péristome est orbiculaire et peu saillant sauf dans sa partie distale oîi il s'élève un peu. Généralement un petit aviculaire circulaire se trouve sur le côté et près de l'apertura. L'ovicelle est globuleuse, saillante, elle est ornée comme la frontale. ( ha = 0,18 J Lz = 0,70 — 0,83 Apertura < , „ , ,. Zoécie } , „ „ „ ,, ^ ( la = 0,18 ( lz = 0,5 — 0,b Affinités. — 11 diffère de Lagenipora tubulosa d'Orbigny, 1851, par la brièveté de son col. Localité. — Villandraut (Gamachot). — Aquîtanien. Cyclicopora (?) grandis nov. sp. PI. III, fig. 2, 3. Le zoarium est encroûtant. Les zoécies sont distinctes, séparées par un sillon marqué, ovales, ventrues et perforées de très gros pores. Ces trémopores sont très régulièrement placés en quinconces et entourés d'une large bordure en relief de forme hexagonale. La péristomie est assez saillante. L'apertura est elliptique, transverse, séparée entre le milieu et le tiers inférieur par deux cardelles minces et saillantes. Deux aviculaires bordés comme les trémopores et symétri- quement placés de chaque coté vers le tiers supérieur ont une forme semi-elliptique, le bord courbe étant à l'intérieur et plus élevé que le bord rectiligne. (ha = 0,30 ( Lz = 1,20 - Apertura I ^^ ^ ^^3^ Zoécie K^ ^ ^ _ ^^^^ — 175 — Affinités. — Il diffère de Lepralia aiiniilatopora Manzonl , 1869, pourvu de trémopores analogues, par son apertura transverse, par ses cardelles» par la coalescence de deux trémopores, fréquente au voisinage de l'aper- tura et la formation de deux petits âviculaires. L'absence d'ovicelle ne permet pas une attribution générique certaine. Localité. — Villandraut (Gamachot). — Aquitanien. Famille : SMITTINWM Hincks, 1880. Genre : SMITTINA Norman, 1903. Smittina triangularis nov. sp. PI. 111, fig. 7, 8. Le zoarium est bilamellaire. Les zoécies sont distinctes, allongées, claviformes. La frontale est légèrement convexe entourée d'areolee dont les plus grosses (généralement vers le bas) sont séparées par des costules. L'apertura est elliptique, allongée. L'aviculaire médian est triangulaire, à bec saillant tourné vers le bas et assez éloigné de la péristomie, il porte un pivot transverse. L'ovicelle est grande, convexe, globu- leuse, enfoncée dans la zoécie distale, elle est formée d'un trémocyste recouvrant un pleurocyste mince. ( Lz = 0,54 ( ha = 0,li ^"^"'M lz^0,26 Apertura I ^^ ^ ^^^^ Affinités. — Il diffère de S. regularis Reuss, 1847, par son aviculaire grand et triangulaire et par son ovicelle saillante. Localité. — Saucats (Pontpourquey). — Bardigalien. Famille : RETEPORID.E Smitt, 1867. Genre : LEPRALIELLA Levinsen, 1916. Lepraiiella strophium nov. sp. PL III, fig. 9, 10, H. Le zoarium encroûte les coquillages et les polypiers. Les zoécies sont distinctes, séparées par un sillon profond, allon- gées, elliptiques; la frontale est très convexe et formée d'un trémocyste granuleux à petits pores évasés. L'apertura est — 176 — orbiculaire, deux petites cardelles placées très bas séparent un très grand anter d'un poster aussi large mais très court (fig. 12); le péristome un peu saillant, très étroit dans sa partie distale, large, lisse, étalé en collerette dans la partie proximale. L'ovicelle est hyperstomiale, enfoncée dans la zoécie distale, ornée d'une fente longitudinale. Il y a souvent un petit ^'^- ^^ aviculaire oblique au voisinage inférieur Apertura X 140. jg l'apertura ; il est triangulaire, à pivot et à bec très saillant. { hp = 0,09 , . i Lz = 0,48 Péristomice } , ^ , Zoécie , „ ^^ f Ip = 0,1 ( lz = 0,33 Localité. — Villandraut (Gamachot). — Aqaîtanieii. Famille : HIPPOPODINWjE Levinsen, 1909. Geare : TREMOSCHIZODINA nov. gen. L'ovicelle est endozoéciale. L'apertura présente une rimule proximale. La frontale est un trémocyste. L'aviculaire est pariétal et très inconstant. Génotype : Tremoschizodina pisciformis n. sp. — Helvétien. Tremoschizodina pisoiformis nov. sp. Pl.lV, fig. 1. Le zoarium est bilamellaire. Les zoécies sont distinctes, contiguës, un peu convexes, allongées, piscif ormes . La fron- tale est un trémocyste granuleux à gros pores régulièrement disposés en quinconces. Le péristome est un peu saillant en forme de bourrelet aplati et très large. L'apertura est semi- circulaire en haut et échancrée en bas par une rimule. Quel- ques zoécies portent un gros aviculaire latéral éloigné de l'apertura; il est triangulaire, transverse, le bec en dehors. — 177 — iargement bordé. L'ovicelle est endozoéciale, petite, non saillante, formée d'un tréinocyste de même nature que la frontale. Lz = 0,96 , (ha = 0,15 la -= 0,13 Lz = 0,96 i Zoécie j , _ A qp Apertura I Affinités. — Il diffère de Mastigophora Hyndmanni Johiistop, 1847, auque! il ressemble un peu ei.térieurement par ses dimensions plus grandes, par sa rimule plus largement échancrée et par son zoarium iibi'e et non encroûtant. Localité. — Salles. — Helvétien. Famille : PHYLACTELLIJXE Canu et Bassler, 1917. Genre : PHYLACTELLA Hincks, 1880. Phylacteila fîssurata nov. sp. PI. IV, fig. 4. Le zoarium encroûte les coquilles; les zoécies sont dis- tinctes, séparées par un sillon profond, très allongées, subcy- lindriques; la frontale est très convexe et couverle de nombreux et très petits trémopores. L'apertura est oblique, subcirculaire; elle est cachée par un label transverse très saillant et iormant la partie proximale de la péristomie, la portion distale est formée par une petite languclle et par deux-quatre épines latérales. L'ovicelle est petite, transverso, saillante, placée sur la dorsale de la zoécie, sans contact avec les zoécies adjacentes; elle ne peut être fermée par l'opercule et son orifice est une sorte de large fissure rectangulaire très distincte de l'apertura. j Lz =0,84 Zoécie 1 _ A qp Apertura : la = 0,16 Affinités. — 11 diffère de P. cullm-is Norman, 1866, par l'orilice de l'ovicelle nettement distinct et par l'ovicelle plus petite et transverse. Localité. — Cestas (Moulin neuf). — Ittii*cli(|alieai. Tome LXXII. 14 — 178 — Phylactella aquitanica nov. sp. PL IV, fig^. 2, 3. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont distinctes, trapues, séparées par un sillon. La frontale, peu convexe, est un trémocyste à gros pores superposé à un olocyste. L'apertura est étranglée vers son quart inférieur par deux saillies des bords latéraux formant cardelles qui la découpent en un anter semi-elliptique, le grand axe vertical, et un poster subrcctangulaire de largeur plus grande. Elle s'ouvre sur une surface plane, li-sse, située au fond d'une péristomie saillante constituée dans sa partie proximale par un bourrelet en forme de croissant, à arête vive autour de l'apertura dont il est séparé par une gorge lisse. L'ovicelle est petite, subtriangulaire, faiblement saillante et enfoncée dans la zoécie distale, elle est formée par un olocyste circonscrit de pores aréolaires et recouvert par un pleurocyste costulé. ( Lz = 0,36 \ ha = 0,09 Zoécie ) -, ^ ,,, Apertura , , ^ , , { lz = 0,24 ^ Ma = 0,11 (au poster). Localité. — Cabanac (t^oufjuetj. — Aciuitaiiien. Genre : PERIGASTRELLA Canu et Bassler, 1017. Perigastrella crassilabiata nov. sp. PI. IV, fig. 5. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont distinctes, courtes, séparées par un sillon, subcylindriques et s'aplatissant à leur partie inférieure où elles ne forment plus aucune saillie et ne sont plus limitées que par une ligne particulière de pores aréolaires assez gros. La frontale est un pleurocyste granuleux superposé à un olocyste. L'apertura est ol>lique, elliptique et munie en bas d'une lyrule et laté- ralement de cardelles. Le péristomice est très développé. La /i'vrc inférieure esi épaissie par un volumineux bourrelet qui s'amincit latéralement eu forme de cruissairt; le bord distal — 179 — est forme par une languette inég-alement saillante et fré- quemment soudée à la lèvre proximale. L'ovicelle est hyper- stomiale, petite, transverse; son orifice est dans un plan perpendiculaire à l'apertura. iLz = 0,40 — 0,56 1 hp= 0,10 Zoécie , „ „^ Péristomice , , „ , , l' Iz = 0,32 f Ip = 0,14 Affinités. — Cette espèc-e diftere de Phylactella fissumta n. sp. par la forme et l'orifice de rovicelle, par rabsence d'épines et par sa longueur zoéciale bien moindre et de Perùjastrella siiw dorso n. sp. dont elle a les dimensions par la présence de cardelles. Elle diffère de P. lata n. sp. par le très grand développement de la lèvre péristomiale. Localité. — Cestas (Moulin neuf). — Bni'digalien* Perigastrella sine dorso nov. sp. PI. ÏY, fig. 8, 9, 10. Le zoarium encroûte les coquillages. Les zoécies sont distinctes, séparées par un sillon profond, allongées, subcy- lindriques, avec une péristomie très saillante; la frontale est très convexe, formée par un pleurocyste séparaJ>le superposé à un olocyste, perforée de pores aréolaires latéraux rapprochés , ces derniers sont séparés par de courtes costules. L'apertura est profonde et subcylindri- que ; la lèvre proximale est saillante, large, épaisse, arrondie, terminée latéra- lement par deux condyles, elle porte une petite lyrule ^'"^- ^°' '■''^'^'' i^^'' '^ '^'^"■^'^'^- x ^'"'• interne; la languette distale est large, convexe, très saillante. L'ovicelle est petite, convexe, transverse, couchée sur In péristomie, elle s'ouvre par une l'ente transversale au-dessous de l'apertura. Sur la face interne (dorsale), les zoécies sont incomplè- FiG. 13 Fig. 14 — 180 — lement calcifiées et laissent une grande ouverture elliptique (fig. 13, 14). l Lz= 0,40 — 0,56 i hp = 0,12 2«^^i^ I lz^0,26 Pénstomice | ^^^ ^ ^^^^ Affinités. — Il difJ'ôre de P. luba Manzoni, 1875, du Pliocène italien par le grand développement de la languette distale au-dessus de 1 apertura. Localité. — Cestas (Moulin neuf). — Burdigalien. • Perigastrella lata nov. sp. PL IV, fi^. 6, 7. Le zoarium encroûte les .coquillages. Les zoécies sont distinctes, un peu érigées, séparées par un sillon profond, ovales, larges. La frontale est convexe et formée par un pleurocyste granuleux. Chaque zoécie est bordée d'une rangée de pores aréolaires, séparés par des costules courtes et saillantes. L'apertura est profonde, subcircalaire et très oblique, presque perpendicu- culaire au plan zoécial; vue par la dorsale (fig-. 15, 16) elle se présente sous la forme d'un croissant très grêle quand elle n'est pas entièrement mas- quée par la péristomie supé- rieure. La péristomie est sail- lante et épaisse en bas et sur les côtés, elle porte une lyrule petite mais bien détachée, dans sa partie supérieure elle est formée par une languette concave et saillante. L'ovicelle est convexe et couchée sur la péristomie. La dorsale est incom- plètement calcifiée et présente de grandes ouvertures ovales à l'extrémité supérieure desquelles la partie inférieure de la péristomie se projette sous la forme d'une petite lame à bord circulaire (fig. 15, 16). Lz = 0,36 — 0,42 Iz == 0,30 FiG. 15 FiG. 1(3 Vue par la dorsale. X 140. Zoécie — 181 — Affinités. — Celte espèce a un grand rapport avec P. sine dorso n. sp. ; elle s'en distingue par une taille de 1/6 inférieure, par la forme des zoécies ovales et piriformes et non elliptiques et allongées et surtout pai' sa grande largeur zoéciale. Localité. — Cestas (Moulin neuf). — Iturdigalieii. . Ordre : GYGLOSTOMATA Busk. Famille : LIC H ENOPORID.E Smitt, 1866. Genre : LICHENOPORA Defrance, 1823. Lichenopora burdigalensis nov. sp. PI. IV, fig. 11, 12, 13. Le spécimen est iilcomplet_, les iiibes paraissent étroits, disposés en rangées radiales et iiniseriales (non en fascicules). Les cancellis sont grands et polygonaux, ils occupent presque tout le zoarium observé. L'ovicelle est grande, plane, entourée de nombreuses digitations disposées entre les rangées de tubes; la surface est très finement ponctuée, le filet marginal est épais et saillant. Sur la face inférieure, les tubes sont disposés excentriquement de manière à former un ensemble flabelliforme comme dans les Bérénices. Affinités. — Dans les espèces récontes, L, californica Busk, 1875, et L. Holdsworthit Busk, 1875, ont une ovicelle analogue. La découverte de cette espèce fossile est donc très importante et tout ce groupe devra probablement être séparé génériqucmeiit quand rœciostome sera mieux .connu. Dans les autres Liclienopores, l'ovicelle est une boursouflure centrale non marginée et non digitée. Localité. — Saucats (Pontpourquey). — Bnrdigalieii. Tome LXXII. 14a PLANCHE I Fiii. 1, 4 Ilincksina scipio ti. sp. Bni'digalien de Geslas (Moulin neuf) ma coll page 159 1. Forme tubéreuse 1res calciriée; 2. Forme pelile an. sp. nov.? 3. x\nces(rule paraissant donner issue à six zoécies au lieu de cinq (ce qui est rare); 4. Foi'ine pourvue de grands bâtonnets. Fiu. 5 Hincksina reclaiigularis n. sp. Helvétiea de Salles, ma coll., page 160 FiG. <) Ellisiiia bui'digalenbis n. sp. Burdigalien de Saint-Médard (La Fontaine), ma coll page 160 FiG. 7 Hemiseptella fragilis n. sp. Burdigalien de Saucats (Pont- pourquey), ma coll page 161 FiG. 8 Calpensia tiiberosa n. sp Burdigalien de Oslas (Moulin neuf), ma eoU page 162 FiG. 'J Nematopora ovata n. sp. Burdigalien de Saint-Médard (La , Fontaine), ma coll. page 163 FiG. 10 Dacryoneila ogivalis n. sp. Helvétien de Manciet (Gers), ma coll page 164 FiG, 11 Distansescharella cestasensis n. sp. Burdigalien de Gestas (Moulin neuf), ma coll page 165 FiG. 12 Cribrendoecium crassicostulalum n. sp. Burdigalien de Geslas (Moulin neuf), ma coll page 166 Toutes les figures sont grossies environ cingt-cinq fois. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. T. LXXII, Pl. T. # è%ê3 mW^À Wft%* y V vî* r M»»à ■P^JK^^i t H ^^V ^^^^■'^^^^^^É UP WÊ M mm K^H^H JEaBij K4I ^f ■ ^.^^L'iT, ' ^^^Pb Bryozoaires du Néogène de l'Aquitaine. ParJ. Duvergier Phototvpie Ch. Chambon, Bobdeaux. PLANCHE II Fict. 1,2 Chorizopora parvicella n. sp. Helvélien de Salles, ma coll page 166 PiG. 3,4 Dakaria girondica n. sp. Aquitanien de Villandraut (Gama- chot), ma coll ■ page 167 FiG. 5,6 Dakaria (?) stricta n. sp. Helvélien de Salles, ma coll., page 168 6. Face inférieure. FiG. 7, 9 Steplianollona spinifera n. sp. Helvélien de Salles, ma coll page 169 7. Zoécies ordinaires; 8. Variélé à forles costules; 9. Zoécies ovicellées. FiG. 10,11 Peristomella laciniosa n. sp. Aquitanien de Villandraut (Gamachot), ma coll page 171 10. Zoécies ovicellées; 11. Zoécies ordinaires. FiG. 12 Peristomella costulata n. sp. Burdigalien de Cestas (Pré Cazau.x), ma coll. - _, page 172 Les figures I el S sonL r/rossies environ cinquante fois, loutes les autres environ vingt-cinq fois. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux, T. LXXIl, Pl. II. Bryozoaires du Wéogène de l'Aquitaine. ParJ. Duvergier Phototypie Ch, Cmambon, Boroea PLANCHE III FiG. 1 Hippadenella parvirostrata n. sp. Burdigalien de Oestas (Moulin neuf), ma coll page 171 FiG. 2,3 Cyclicopora (?) grandis n. sp. Aquilanien de Villandraut (Gamachol), ma coll page 174 FiG. 4, 6 Cyclicopora aquitauica n. sp. Aquilanien de Villandraut (Gamachot), ma coll page 174 4. Zoécie ovicellée; 5. Zoécies ordinaires; 6. AncesLruIe et Zoécies anceslrulaires. FiG. 7,8 Smittina triaiigularis n. sp. Burdigalien de Sauçais )Pont- pourquey), ma coll page 175 FiG. 9, 11 Lepraliella strophiiim n. sp. x\quilanien de Villandraut (Ga- macliôt), ma colL page 175 9. Zoécies ovicellées; 10. Zoécies ordinaires à grand péristome proxiraal; 11. Zoécies à Irémocysle granulé. Toutes les figures sont grossies e^wiron vingt-cinq fois. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. T. LXXII, Pl. III. Bryozoaires du Néogène de l'Aquitaine. ParJ. Duvergier Phototvpie Ch. Chambon, Borde, PLANCHE IV FiG. 1 Tremoschizodina pisciforinis u. sp. Helvélien de Salles, ma coll page 176 FiG. 2,3 Phjiactella aquitanica n. sp. Aqiiilanien de Cabanac (Pou quel), ma coll page 178 FiG. 4 Phylactella flssurata n. sp. Bm-digalien de. Geslas (Moulin neuf), ma coll -page 177 FiG. 5 Periflastrella crassilabiala n. sp. Burdigalien de Geslas (Moulin neuf), ma coll page 178 FiG. 6,7 Perigastrella lata n. sp. Burdigalien de Geslas (Moulin neuf), ma coll ._ page 18Q 7. Face inférieure. FiG. 8, 10 Perigastrella sine dorso n. sp. Burdigalien de Geslas (Moulin neuf), ma coll. page 179 10. Face inférieure, FiG. Il; 13 Liclienopora burdigaleusls n. sp. Burdigalien de Sauçais (Pontpourquey), coll. Ganu page 181 13. Face inférieure. Les figures 9, 1 1 . et 13 sont, grossies environ douze fois, toutes les autres environ vingt-cinq fois. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. T. LXXII, Pl. IV. Bryozoaires du Néogène de l'Aquitaine. ParJ. Duvergier Phototvpie Ch. Chambon, Bordeaux. COMPTE RENDU DE LA RÉUNION EXTRAORDINAIRE DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE FRANGE DANS LE BORDELAIS (23-28 Août 1920). Par A.-P. DUTERTRE Sur l'initiative de M. G. -F. Dollfiis, collaborateur principal du service de la Carte géologique de France, vice-président de la Société géologique de France, cette Société devait tenir une Réunion extraordinaire dans le Bordelais, du 13 au 20 août 1914; le programme des excursions suivi de la liste (1) des principales publications sur la Géologie du Bor- delais avait été distribué et des engagements étaient promis quand la mobilisation vint arrêter la réalisation de ces projets... Néanmoins, dès le printemps 1920, M. Dollfus reprit son projet et obtint du Conseil de la Société que la réunion eut lieu pendant l'été. Ayant appris que j'avais commencé depuis quelque temps l'étude des formations de l'Aquitaine, M. Dollfus me fit l'bonneur de me demander d'organiser sur place les excursions et de préparer les fouilles. La tâche aurait été difficile si je n'avais obtenu immédiatement le concours le plus obligeant de plusieurs géologues et paléon- tologistes bordelais, membres de la Société Linnéerme. Ainsi M. Xavier Rozier a pris une part très importante à l'organi- sation des excursions et à la préparation des fouilles néces- (1) Cette liste a été revue et reproduite à la fin de ce compte rendu avec un grand nombre d'additions. Tome LXXII. 15 4 — 184 — saires pour obtenir de bonnes récoltes de fossiles ; il a facilité ma besogne en mettant à ma disposition personnel, matériel et automobiles pour faire exécuter ou suivre les fouilles dont quelques-unes ont même été faites entièrement sous sa direction. Un autre collaborateur non moins dévoué est M. J. Duvergier qui, lui aussi, connaît fort bien toute la contrée et possède une importante collection remarqua- blement bien classée; il m'a accompagné dans plusieurs excursions et m'a communiqué très généreusement de nom- breux renseignements sur les recherches paléontologiques qu'il a entreprises sur les bryozoaires, les mollusques, les crustacés, les poissons, les oiseaux du Bordelais. M. A. Peyrot, professeur agrégé des Sciences au Lycée de Bordeaux, l'un des auteurs de la « Conchologie néogénique de l'Aquitaine )) a bien voulu me faire connaître certains points intéressants des environs de Saucats, revoir les listes de fossiles qui suivent et préciser certaines déterminations délicates; M. Ph. Queyron fut un auxiliaire très précieux pour l'étude des environs de la Réole qu'il connaît dans tous leurs détails; il a bien voulu me guider dans l'excursion prépa- ratoire et aussi accompagner les excursionnistes pendant la journée consacrée à la visite de cette région. M. le doyen E. Fallot, professeur de géologie à la Faculté des Sciences de Bordeaux, n'a pas cessé depuis mes premières courses dans le Bordelais de me faire profiter de sa longue expérience et de ses études sur cette contrée; en outre, il m'a otïert plu- sieurs de ses travaux qui m'ont été fort utiles pour la prépa- ration des excursions. M. le docteur E. Dutertre, mon oncle, m'avait ouvert sa bibliothèque géologique et communiqué de nombreuses publications importantes. Enfin, M. Bardié, pré- sident de la Société linnéenne et MM. les Membres du Conseil de cette Société avaient mis à la disposition de la Société géologique de France leur salle de réunion ; grâce à cette aimable hospitalité, il a été possible d'organiser plusieurs causeries et de ^resserrer ainsi les liens de confraternité qui unissent les deux Sociétés. — 185 — Je suis heureux de témoigner ici ma bien vive gratitude à toutes les personnes qui m'ont aidé ainsi dans mon travail. Ont pris part à la Réunion avec MM. Dollfus et Dutertre : MM. Faura i Sans, docteur es sciences, Professeur de géologie à l'Ecole supérieure d'Agriculture de la Faculté des 'Sciences de Valancia, Directeur du service de la Carte géologique de Catalogne; E. Fleury, Professeur à l'Institut technique supé- rieur de Lisbonne; le Comte O'Gorman (de Pau); le Comte Georges Lecointre, vice-secrétaire de la Société géologique de France; Y. Milon, préparateur de géologie à la Faculté des Sciences de Rennes; I-^. Roman, docteur es sciences, chargé d'un cours complémentaire de géologie à la Faculté des Sciences de Lyon; Xavier Rozier, paléontologiste, trésorier de la Société linnéenne de Bordeaux; G. Sayn, collaborateur . à la Revue critique de Paléozoologie, membres de la Société géologique de France; J. Duvergier, paléontologiste (de Mérignac); G, Malvesin, secrétaire adjoint de la Société linnéenne de Bordeaux; Ph. Qucyron (de la Réole); enfin M. l'abbé J. Labrie (de Frontenac), a assisté à une séance du soir et M. G. Tem- père fils (d'Arcachoii), aussi de la Société linnéenne, a pris part à l'excursion de Cenon. Malheureusement la réunion de Bordeaux ne fut annoncée que par une courte insertion faite à la dernière page du compte rendu sommaire des séances de la Société géologique de France du 21 juin et cet avis a pu échapper à plusieurs confrères; en outre, afin d'éviter des frais d'impres- sion, l'ancien programme préparé en 1914 a été utilisé et le programme définitif de 1920 n'a été adressé qu'aux, membres (jui l'ont demandé et quelques jours seulement avant la réunion retardée à cause des Congrès de Strasbourg. Ajoutons aussi que la suppression des billets à tarif réduit sur les réseaux et les dépenses élevées qu'entraînent aujourd'hui les déplacements ont encore été encore autant de causes qui ont diminué l'effectif des excursionnistes. — 186 — Journée du 23 Août 1920. Séance d'ouverture à la Salle de réunion de la Société linnéenne, à 8 h. 30. De nombreux linnéens avaient tenu à venir apporter à leurs collègues géologues le témoignage de leur sympathie; M. Bardié, président de la Société linnéenne, entouré de MM. le docteur Baudrimont, secrétaire général, Breignet, archiviste, Docteur Llaguet (d'Arcachon) et d'autres collègues que je regrette de ne pouvoir nommer, souhaite la bienvenue aux excursionnistes dans les termes les plus aimables (1). La fin de ce discours est saluée par de nombreux applau- dissements et chacun se félicite de se trouver dans un milieu aussi cordial. M. Dollfus remercie M. le président Bardié des paroles de bienvenue qu'il vient de prononcer et de l'hospitalité si accueillante offerte par la Société linnéenne, puis il donne des indications générales sur le programme des excursions et séances. Un Bureau est alors constitué : MM. Bardié et Degrange- Touzin sont nommés présidents d'honnesur; G. -F. Dollfus, pré- sident; Xavier Rozier, trésorier et A. -P. Dutertre, secrétaire. Le Secrétaire rend compte rapidement des difficultés qu'il a éprouvées pour organiser les excursions à cause de la suppression de certains trains et de l'absence de moyens' de transport dans plusieurs localités ; pour ces raisons il propose d'intervertir les programmes prévus pour les deux dernières (1) Le discours prononcé par M. le Président Bardié a été inséré dans les P.-V. 1920, tome LXXII, pp. 121, 122. — 187 — journées afin de faire les excursions sans trop de fatigue; puis il prend note du nom des participants car c'est leur nombre qui doit déterminer le choix des moyens de transport et fixer les itinéraires à suivre. La séance est levée à 9 h. 30. Excursion de la matinée à Cenon, près Bordeaux. A l'issue de la séance d'ouverture, les excursionnistes ont pris le tramway pour se rendre à Cenon de l'autre côté de la Garonne; puis, après un parcours d'un kilomètre environ effectué à pied, ils sont arrivés à la grande exploitation du Gypressat : c'est une vaste carrière taillée dans une haute falaise constituée par l'ensemble du calcaire à Astéries; cette formation doit son nom à la présence d'osselets de Crenaster Idevis, des M., que quelques-uns de ses niveaux renferment en abondance. Dans cet ensemble recouvert par un diluvium formé de cailloux roulés, on distingue facilement les assises suivantes : D. C. Diluvium caillouteux ravinant la .. . _ . couche sous-jacente. 5. Calcaire blanc, dur, caverneux, avec de grandes excavations et contenant de beaux exemplaires de lithotham- niées, des bryozoaires, de nom- breux moulages de gastropodes et de lamellibranches, des scutelles, des débris de crustacés. 4. Banc de calcaire jaunâtre dur contenant des Polypiers (Cladocora rnanipulatum). 3. Calcaire jaune assez dur. ^. Calcaire bleuâtre avec intercalations de marnes bleues. /. Calcaire marneux, tendre, gris bleuté ou jaune, contenant une grande quantité de milioles. FiG. 1. — 188 - L'ensemble des couches numéro 1 à numéro 5 inclus, nous a fourni les types principaux de la faune marine du Rupé- lien (1). Turbo Parki?isom, Bast. Natica crassatina^ Lmk. — angustaia, Grat. Diastoma Grateloupi, d'Orb. Cerithium conjunctum, Desh. — Charpentieri, Grat. Modiola cor data, Lmk. Pectunculus angusticoslatus , Lmk. Lucina Delbosi, d'Orb. Cardium Matheroni, Desh. Lœvicardium gaasense, Tourn. Venus aglaurée, Brong. Cultelhis cenonensis, Benoist. Gastrochœna Dufrenoyi, Ben. Septaria primigenia, Benoist. Pholas vara, Benoist. . Echuiocyamus piriformis, Agass. Scutella Agassizi, Opperh. Amphiope Agassizi, Des M, Crenaster Isevis, Des M. Cladocora manipulatum. L'état de la carrière ne nous a pas permis de retrouver les horizons à nummulites indiqués par E. Benoist (C. /?. de la Soc. linn. du 2 mars 1887); l'un contenait Num. vascus, d'Arch. et Num. Boucheri, de la H., et l'autre, visible à Terre Nègre, près Bordeaux, Num. intermedius, d'Arch. et Num. Fichteii, Michel. Il convient de rappeler ici que le couple Ntmi. intermedius-Fichteli, a été retrouvé notamment dans les grès de Roquefort (Landes) et dans les calcaire et marne de Saint-Sever, ainsi qu'à Biarritz où il est associé à Num. vascus et oîi il forme des accumulations importantes (2). Le calcaire de Cenon forme le soubassement de Bordeaux (1) Les listes de fossiles insérées dans ce compte rendu ont élé établies à l'aide de mes récolles et celles faites au cours des excursions pendant la réunion et aussi d'après les travaux et récoltes de E. Benoist, de MM. E. Fallot, M. Cossmann et A. Peyrot, G. -F. DoUfus, J. Duvergier, X. Rozier, etc. Elles ont pour but de donner un simple aperçu des difTérentes faunes. (2) Cf. H. DouviLLÉ : Sur le teri'ain nummulitique de l'Aquitaine, 1902, Bull. Soc. géol. Fr., i^ série, t. II, p. 15; et J. Boussac : Etudes straligraphiques et paléon- tologiques sur le Nummulitique de Biarritz. Annales Hébert publ. par le Labor de géol. de la Sorbonne, 1911, t. V. — 189 — et des puits creusés en ville ont permis de constater sa pré- sence; la collection J. Duvergier comprend des fossiles d'une conservation remarquable qui proviennent de cette formation, notamment, de beaux exemplaires de Turbo Parkinsoni, Bast. Excursion de l'après-midi à Mérignac, près Bordeaux. Aussitôt après déjeuner les excursionnistes ont gagné Méri- gnac par le tramway; ils sont descendus à l'arrêt avant l'église et se sont rendus dans une parcelle de terrain de l'ancien domaine Baour où une fouille avait été préparée par MM. Duvergier et Dutertre. Tout le monde a travaillé avec ardeur et les sacs ont été lourdement chargés d'une moisson de fossiles en parfait état de conservation. L'étude de la faune recueillie permet de constater que cette formation appartient au début du Burdigalien ; on y trouve encore un grand nombre d'espèces déjà connues dans l'Aqui- tanien auxquelles sont associées des formes qui annoncent déjà la faune du falun de Léognan qui constitue le Burdi- galien moyen. Dans la fouille, nous avons recueilli des galets de la gros- seur du poing constitués par un calcaire blanc perforé par des mollusques lithophages {Aspidopholas Branderi, Bast.); cette roche correspond au calcaire lacustre supérieur de la tranchée de la route du Son, près du moulin de l'Eglise, à Saucats, que nous étudierons plus tard ; au-dessous se trouve un falun qui a été observé jadis près du ruisseau, mais que nous n'avons pu remettre à jour, les propriétaires n'ayant pas accordé les autorisations nécessaires. Les auteurs locaux ont désigné le falun que nous avons fouillé, sous le nom de (( falun de Mérignac supérieur », et l'autre, sous le nom de « falun de Mérignac inférieur », qui est nettement Aquitanien ; la présence dans le falun supé- rieur de galets de calcaire blanc prouve évidemment que la transgression marine s'est faite sur le calcaire lacustre raviné ; c'est un repère stratigraphique important que nous retrou- • - 190 — verons au gisement du Peloua, à Saucats. Le falun de Méri- gnac supérieur constitue donc la liaison entre l'Aquitanien et le Burdigalien dont il marque l'avènement. /at^n ..j: FiG. 2. Aperçu de la Faune du Falun de Mérignac supérieur. MOLLUSQUES Nerita Plutonis^ Bast. Neritina picta, Fer. Crepidula gibbosa^ Defr., mut. cochlearis, Bast. Sigaretus aquensis, Recluz. Turritella terebrcdis, Lmk., var. Terebralia bidentata, Defr. Rhinoclavis {Semivertagiis)pu- pée forme, Bast. Cerithium ( Ptychocerithium) sahno, Bast. Potamides girondicus, Mayer. Nassa aquitanica, ïourn. Murex Lassaignei, Bast. Melongena Lainei, Bast. Pleurotoma semimarginata, Lmk. Conus aquitanicus, Mayer. Ostrea Duvergieri, C. et P. Pecten Beudanti, Bast. Mytilus aquitanicus, Mayer. Arca cardiiformis, Bast. (c). PectunculiŒ cor, Lmk. (t. c). Divaricella ornata, Agass. ■(t. c). Miltha incrassata, Dub., mut. sabscopulorum, d'Orb. (t. c). Cardium burdigalinmn, Lmk. — fraternum, Mayer. Meretrix undata, Lmk. (t. c). — Peyroti, Cossm. (La- marcki, au et.). Donax a f finis, Desh. Corbula carinata, Duj., mut. Hœrnesi, Benoist. Corbulomya Tournoueri, May. BRYOZOAIRES 15 sp. CIRRHIPÈDES Pyrgoma anglicum, Leach. — 191 Journée du 24 août. Excursion à Léognan. Les géologues ont pris le tramway pour Léognan et sont descendus à l'arrêt de La Louvière, propriété de M. Bertrand- Taquet, maire dé Léognan, qui avait bien voulu leur donner toutes les facilités désiraijles pour visiter son domaine. En bas de la chute d'eau du moulin établi sur le ruisseau de VEau blanche ils ont observé un grès dur un peu calcaire qui correspond, d'après M. Dollfus, au calcaire à Astéries déjà signalé en cet endroit par les auteurs. Dans un pré au-dessus du moulin, un fossé a permis d'observer des marnes sableuses blanches qui ont fourni une faune qui, d'après INI. Dollfus, appartient à l'Aquitanien inférieur, mais qu'il conviendrait peut-être de placer plus haut à cause de la présence de Piretiella inconstans^ Bast., fossile qui paraît être cantonné dans un niveau précis que nous étudierons plus loin. Faunule de la Louvière. MOLLUSQUES Neritina picta, Fér. Turritella Desmaresti, Bast. Pyramidella Grateloiipi, dOrb. Bitiium Vignali, G. Dollfus. Cerithiimi ( Vulgocerithimn) galliculiim^ Mayer. Rhinoclavis [Semivertagits) pu- pœforme, Bast. Terehralia subcorrugata, d'Orb. var. interrupta, "d'Orb. (= siibclavatida, d'Orb.). Pirenella plicata, Brug. — inconstans, Bast. Potamides girondicus, Mayer. Ostrea producta, B. et D. Arca cardiiformis, Bast. Phacoïdes cohimbella, Lmk. var. minor. Miltha incrassata, Dub., mut. subscopulorum, d'Orb. Loripes dentatus, Defr., var. neglectus, Bast. Meretrix undata, Bast. Corbidomya Tournoneri, May. — 192 — Puis, les excursionnistes ont gagné le bourg de Léognan en traversant le hameau des Sables; chemin faisant, ils ont constaté que les anciennes carrières de mollasse ossifère (Burdigalien inférieur) étaient inondées; ces exploitations ont fourni, jadis, des restes de Cétacés tels que Squaiodon, Zeu- glodon, des dents de Squalidés et de beaux échantillons de Scutella leognanensis, Lamb. et d' Amphiope ovalifora, des M., var. Ils ont pénétré ensuite dans un pré derrière l'église oii des excavations avaient été préparées par les soins de M. X. Rozier; ce gisement présente un falun très compact remarquable sur- tout par l'abondance des lamellibranches très bien conservés mais très friables, citons : Leda emarginata, Lmk. Divaricella ornata, Agass. Pseudolepton cf. insigne, May. Tellina aquitanica, Mayer, mut. burdigalica, G. et P. Arcopagia crassa, Pennant,var. reducta Dollf. et Dautz. Capsa lacunosa, Chemn. Ervilia ptisilla, Philippi. Thracia attenuata, G. et P. Corbida carinata, Duj., mut. Hœrnesi, Benoist. Pleurodesma Mayeri Hoer. (r.) Gette faune a été recueillie par M. X. Rozier qui, au cours de ses fouilles à cet endroit, a mis à jour d'anciennes sépul- tures; elle doit être rapportée au burdigalien moyen. On reprend ensuite la route, on passe devant l'église et on pénètre dans le domaine de la famille Thibaudeau qui avait bien voulu donner libre accès à une vigne oii affleure un falun jaune fossilifère. La faune que l'on y recueille rapide- ment présente des affinités très étroites avec celle du Goquillat. J'ai trouvé notamment Cerithiiim ( Ptychocerithium) salmo, Bast., associé à Pectunculus cor, Lmk. (t. c), Rostellaria den- tata, Grat., Ancillarïa glandiformis, Lmk. et de nombreuses autres espèces; les auteurs rangent généralement ce dépôt dans le Burdigalien inférieur, au-dessus du falim de Mérignac supérieur. — 193 — Les géologues marchent ensuite pendant 1.500 mètres environ et arrivent à l'ancien moulin du Coquillat transformé en un charmant cottage par M. et M^e Rozier et oii ils reçoi- vent le plus aimable accueil. Après un excellent déjeuner que •fait servir M. Rozier aidé de sa fille, les excursionnistes pénè- trent dans le parc et dans le bois où plusieurs fouilles ont été préparées spécialement pour la circonstance par les soins du propriétaire. Le falun est tellement riche que l'on est presque navré de voir la pioche briser à chaque coup de nombreuses et belles coquilles; mais M. Rozier rassure tout le monde et, piochant lui-même, il extrait une grande quan- tité de falun et dégage un exemplaire géant de Melongena cornuta, Agass., dont il fait immédiatement hommage à M. Dollfus; le falun est ensuite transporté près du ruisseau oii il est passé au crible et lavé et chacun emplit ses sacs de centaines de coquilles d'une conservation admirable. Sur le bord du bief de l'ancien moulin du Coquillat on voit affleurer une mollasse compacte que l'on peut observer dans de meilleures conditions dans la propriété des Grottes, à côté du Coquillat, oii on peut recueillir Scutella leogna- nensis, Lamb. Enfin, rappelons aux amateurs qu'il y a intérêt à récolter en nombre de grosses coquilles de gastéropodes communes ou endommfigées que l'on peut sacrifier; elles contiennent en effet le (( falun farci » (suivant l'expression de M. Rozier!) que l'on peut extraire en les brisant; on obtient ainsi une foule de petites espèces ou de formes fragiles qui échappent ou se brisent si on les récolte dans d'autres conditions. Le soir arrive trop vite et on quitte à regret cette délicieuse campagne dont le maître, paléontologiste lui-même, est tou- jours heureux de faire profiter largement ses collègues. Le falun du Coquillat représente typiquement le Burdi- galien moyen. 194 — Aperçu de la faune du falun du Coquillat. MOLLUSQUES Dentalium ex-Lamarcki, Sacco. — hurdigalinmn May. Oxy stèle biirdigalensis, G. et P. (t.c). Callistoma Audehardi, Bast. Xenophora burdigalensis, Grat. Calyptrea depressa, Lmk. Natica tigrina, Defr. [in Grat.) — burdigalensis, Mayer. Turritella turris, Bast. — venus, d'Orb. — terebralis, Lmk. Proto cathedralis, Brong. Cassis Grateloupi, Desh. Ficula burdigalensis, Sow. — condita. Bast. Dorsanu7n Veneris, Fauj. Murex subasperrimus, d'Orb. — lingua-bovis, Bast. Euthriofusus burdigalensis, Bast. Tudicla rusticula, Bast. Melongena cornuta, Agass. Voluta rarispina, Lmk. Cancellaria aciitangularis,Ym\ . — trigvnostoyna — doliaris, Bast. Terebra Basteroti, Nyst. Clavatiila submarginata, d'Orb. — asperidata, Lmk. Conus aquitanicus, Mayer. Pecten burdigalensis, Lmk. — Beudanti, Bast. Ostrea digitalina, Dub. Liostrea neglecta, Michelotti. Anomia burdigalensis, Defr. Leda einarginata, Lmk. — percalva, G. et P. Arca girondica, Mayer. Pectunculus cor, Lmk. (t. c). Isocardia burdigalensis, Desh. Loripes dentatus, Bast. Myrtea spinifera, Montagu, var. hiatelloïdes, Bast. Phacoïdes Michelotti, Mayer. Cardium girondicum, Mayer. — leognanense, Mayer. — burdigalinum, Lmk. Discors discrepan-s, Bast. Chione casinoïdes, Bast. (t. c.) Meretrix intercalaris, G. et P.^ — erycinoides,h\i. [{.{:,.) Tapes vetulus, Bast. Timoclea subspadicea, Gosm. Donax transversa, Desh. (t.c.) Psamniobia af finis, Duj. — Labordei, Bast. Solecurtus Basteroti, des M. Mactra Basteroti, Mayer. — Isevigata, DeÏT. (c.) Corbula carinata, Duj., mut. /fœnie^z, Benoist (t. c). Corbula con fusa, Ben. (t.c.) Vaginella depressa, Daudin. 195 - ECHINODERMES Sciitella leognanensis, Lamb. CIRRHIPÈDES Scalpelliim magnum, Darw. Balanus tintinnabuhmi, L. — perforât us, Brug. Balanus ungniformis, Sow. BRYOZOAIRES 56 sp. POISSONS Dents 12 sp. „. i-., ,, là l'étude. Otolithes 14 sp. Séance du soir à la salle de réunion de la Société linnéenne. Là séance est ouverte à 20 h. 30. M. Bardié, président d'honneur, présente M. l'abbé Labrie, qui, ayant appris tardivement la réunion, est venu en toute haie de Frontenac nous apporter deux notes intéressantes. Le Président donne connaissance des lettres de regrets qu'il a reçues de plusieurs confrères empêchés de venir à Bordeaux : MM. Harlé, Degrange-Touzin, Darutzenberg, Goss- mann, Euchène, Ramond, Vignal, etc. De leur côté, les excursionnistes regrettent de ne pouvoir se rendre au Bouscat pour visiter les importantes collections préhistoriques réunies par M. le docteur Lalanne; le temps malheureusement très limité pour accomplir un programme déjà chargé ne leur permettant pas de répondre à cette aimable invitation. Le Président donne ensuite la parole à M. l'abbé Labrie. Cet auteur fait d'abord une communication sur le calcaire gris de l'Agenais en Entre-deux-Mers : Après avoir rappelé qu'il s'est déjà occupé, en 1904, des dépôts Aqui- taniens et des limites de la mer Aquitanienne dans cette contrée (1), il fait observer qu'il indiqua simplement alors sur plusieurs points « un petit banc de calcaire grisâtre à planorbes » ; il ne crut pas devoir identifier celte couche avec le calcaire gris de l'Agenais que les auteurs (1) J. Labrie. — Les dépôts Aquitaniens et les limites delà mer Aquitanienne en Entre-deux-Mers. [Actes Soc. linn. de Bordeaux, vol. LIX, 7« série, tome IX, p. 33 à 43.) — 190 — avaient tendance à placer dans l'Aquitanien supérieur, tandis qu'elle lui apparaissait plutôt vers la base de ces dépôts. Depuis ses premières observations, des recherches plus attentives lui ont démontré qu'il s'agit bien du calcaire gris représenté non seulement sur les deux points déjà signalés de 1 Entre-deux-Mers, La Réole et Sainte-Croix-du-Mont, mais au moins en une dizaine d'autres endroits : parmi ceux-ci, il convient surtout de signaler quelques sommets où l'étude de ce calcaire est relativement plus facile, par exemple Beau- regard (au nord de Targon), le tertre des Queyrons (à Gantois) et le Saintongey (au midi de Mourens). De ces observations, il résulterait que le calcaire gris de l'Agenais serait constamment au-dessous du calcaire ou grès de Bazas à Scutelles et Amphiopes, et que d'autre part, il serait au-dessus des faluns de Bazas et de Lariey. Aux Queyrons, où l'examen des couches est, il est vrai, rendu très difficile par la faible déclivité du sol, le calcaire gris semblerait plutôt se placer vers la base de ces falùns et peut-être y serait-il intercalé. L'auteur se propose de compléter ses observations; je me borne donc • à indiquer ses premiers résultats. M. l'abbé Labrie lit ensuite une note sur les ^rès du Bournet visibles à 500 mètres environ de la halte du Bournet entre Salles et Belin (Gironde). II s'agit d'énormes blocs d'un grès dur amoncelés les uns contre les autres et produisant au premier abord l'impression de blocs erratiques. Cette roche serait absolument étrangère au pays ou, du moins, n'y a jamais été indiquée. Observés à la hâte en 1913, ces blocs n'ont pu être réétudiés depuis. L'auteur regrette donc de ne pouvoir apporter encore de conclusion ferme comme il conviendrait. Toutefois, il a appris que des blocs sem- blables ont été trouvés dans les Landes et qu'il s'agirait de grès éocènes. Ces rochers se trouvant en partie ensablés par le vent, il est impossible, sans sondage, de voir sur quelle formation ils reposent. Des recherches sur place aidées de comparaisons faites avec des roches- observées en d'autres points, permettront de trancher la question. Une discussion s'engage ensuite sur l'utilisation par l'homme des cailloux roulés des rivières que M. Labrie a observés dans la Dordogne et M. Sayn dans le Rhône. Puis M. Duvergier fait part des recherches qu'il poursuit sur les groupes d'organismes des faluns du Sud-Ouest dont l'étude ~ 197 — a été plutôt délaissée, les Bryozoaires, les Crustacés, les Pois- sons et les Oiseaux; il s'est mis en relations avec M. F. Canu et il a déjà rédigé, d'accord avec ce spécialiste, un mémoire (1) comprenant la description de 150 espèces de bryozoaires dont 30 nouvelles; ce travail est accompagné de très fines photo- graphies oii les moindres détails de la structure de ces petits, organismes apparaissent avec une netteté remarquable. Cet auteur a réuni aussi une collection très importante d'oto- lithes de poissons dont il vient d'entreprendre l'étude en colla- boration avec M. Chaîne, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux. En outre, il a confié à des spécialistes l'étude de nombreux autres matériaux qu'il a recueillis et il a communiqué ainsi ses cirrhipèdes (2) à M. le professeur G. de Alessandri, du Museo Civico de Milan, les autres crustacés à M. le docteur Olivier Cou (Ton (d'Angers)^ les échinodermes à M. Lambert, etc. De vives félicitations sont adressées à M. Duvergier pour sa belle ardeur au travail après les fatigues de la campagne qu'il a faite entièrement au front comme officier d'artillerie avec ses trois fils. M. DoUfus présente ensuite quelques observations sur le calcaire de Laugnac, à Teleoceras aginense^ qu'il place à la partie terminale de l'Oligocène dans son Firmitien; d'après M. Roman, ce dépôt ne présente, en effet, aucune apparition caractéristique de types ; les Proboscidiens, en particulier, n'apparaissent pas encore tandis qu'ils existent déjà dans les sables de l'Orléanais; la faune de Laugnac serait donc plus ancienne que celle des sables de l'Orléanais ; toutefois, M. Roman estime que M. Dollfus l'a placée trop bas dans son tableau; les auteurs admettent généralement aussi que cette formation doit être rangée dans l'Aquitanien supérieur. (1) Ce mémoire a été déposé à la séance du 7 juillet 1920 de la Société linnéenne et a été inséré dans le présent volume (page 145). (2) On peut déjà consulter utilement à ce sujet : G. de Alessandri. Les formes diverses de la vie dans les Faluns de la Touraine : Cirrhipèdes fossiles de la collec- tion de la comtesse P. Lecointre. Feuille Jeunes Naturalist. 1'^'' septembre 1908 (2 planches). — 198 — M. Dollfus donne encore quelques indications sur 'les dépôts de Lamilloque (Lot-et-(laronne) dépendant de la mollasse inférieure de l'Agenais mais qu'il place dans le Rupélien supérieur. M. Faura i Sans fait quelques observations que lui suggère la comparaison des couches de la Catalogne avec celles du Bordelais: en Catalogne, la transgression burdigalienne, d'étendue assez limitée, s'est faite sur les terrains secondaires, et l'Aquitanien n'y est représenté que par des dépôts conti- nentaux. Puis la question de la position stratigraphique des faluns de Léognan est abordée; le secrétaire insiste sur le fait que des conclusions hâtives sont toujours très dangereuses dans une contrée où il est difficile d'observer une bonne coupe et où les arguments stratigraphiques sont souvent tirés seulement de listes de fossiles et du pourcentage de distri- bution des espèces; il faut donc utiliser les recherches faites pendant de noml)reuses années et faire des déterminations très sûres avant de se prononcer. La séance se termine par une discussion sur la position stratigraphique dans la série -bordelaise de la mollasse de l'Armagnac, que M. Dollfus intercale entre les faluns du Burdigalien moyen (le Coquillat) et ceux du Burdigalien supérieur. Ces dépôts, dont le type est pris à Sansan, consti- tituent, pour cet auteur, l'étage Sansannien. Journée du 25 Août. Excursion à Salles. Les excursionnistes ont pris le train pour Facture et Salles où ils sont arrivés vers 10 heures; puis ils ont gagné à pied le moulin de Débat, situé à droite de la route de Salles à 199 — Mios et Facture sur un ruisseau qui traverse cette route, près du hameau du Fourrât, à 2 kilomètres environ du Bourg de Salles. FiG. 3. L'escarpement au pied duquel coule le ruisseau a été déblayé en partie et deux fouilles ont été faites, l'une, vers le tiers supérieur de l'escarpement, l'autre, sur le petit plateau dans les pins (comme l'indiquent les flèches F' et F^ dans la figure) de façon à permettre de recueillir des fossiles à plu- sieurs horizons. A la base, on observe un sable (/) assez fm très riche en petites espèces, bryozoaires libres {Trochopora conica, d'Orb.), petites coquilles {Ringicula buccinea, Desh., Nassa Basteroti, Mayer), puis vient un falun roux (2) riche en coquilles de plus grande taille avec un petit horizon {S) formé presque entièrement par une agglomération de Chlamys pinorinn, G. et P., voisin de C. opercularis, L., actuel; ce niveau m'a fourni aussi une dent de Gétodonte. Vers le haut, abondent les formes classiques de l'Helvétien : Venericardia Jouarineti, Desh., de grands Peclens {P. vasa- tensis, Benoist) plus ou moins roulés et recouverts de bryo- zoaires, de grands Pectuncidus (*) qu'il est difficile de déter- (*) Les Pectunculus des faluns du Bordelais peuvent se groupei- autour de P. cor, Lmk., qui a de grandes affinités, d'une part, avec P.pulvinatus Lmk., du Lutétien du bassin de Paris pi, d'autre part, avec P. violacescens, Lmk., qui vit encore actuelle- ment dans la Méditerranée; les caractères spécifiques des Pectunculus sont assez difficiles à saisir et seul l'examen minutieux d'un grand nombre d'échantillons récoltés_ en différents points, a permis de réunir un certain nombre de formes Tome LXXIL 16 — 200 - miner avec certitude. Ainsi que le montre la liste présentée plus loin, l'ensemble du falun appartient bien à l'Helvétien; les sables et graviers des Landes (4) recouvrent ce falun, ils descendent en pente douce vers la berge nord tandis qu'ils garnissent le petit plateau du sud formant, de place en place, des poches plus ou moins étendues qui altèrent le falun sous-jacent. Après la visite de ce gisement on a regagné en voiture le bourg de Salles et, après le déjeuner, on s'est rendu à pied au voisinage du moulin du Minoy, à l.SOO mètres environ au sud du bourg. Un petit escarpement visible dans un pré a permis de recueillir de bons fossiles appartenant dans l'en- semble aux mêmes espèces que celles récoltées au moulin de Débat; à signaler un petit niveau constitué entièrement par de petites turritelles; de l'autre côté du ruisseau une fouille a montré un falun presque entièrement formé de petites espèces de lamellibranches et de bryozoaires libres ; cette formation se trouve un peu plus haut que l'escarpement du pré. On retourne ensuite au bourg et on visite rapidement les grandes carrières du Château situées contre la 'Leyre. A cet endroit l'Helvétien prend un aspect différent: c'est une mol- lasse compacte à structure entrecroisée contenant Veneri- cardia Jouanneti, Desh., Pectunculus cor, Lmk., plusieurs espèces de grands Pectens plus ou moins roulés, des dents de Squalidés, des restes de Cétacés dont j'obtiens une vertèbre qui m'est cédée par un ouvrier des carrières. Certaines cou- ches ne contiennent plus que le remplissage des coquilles qui ont été dissoutes. Le temps presse car le train repart vers 16 heures et il ne reste plus que quelques minutes à consacrer à un coup d'oeil au gisement de l'Argileyre situé à une centaine de mètres de la station. Dans le fossé de la voie ferrée on a pu recueillir affines dont le rapprochement a pu servir à fixer des types moyens pour chaque groupe ainsi obtenu ; mais la série des formes de ce genre qui débute au Céno- manien, présente une remarquable continuité. — 201 — rapidement quelques-unes des formes récoltées jadis par Benoist (1) qui en a donné une liste de deux cent trente espèces. La faune de l'Argileyre est remarquable : elle comprend un grand nombre de formes que l'on ne trouve pas au Minoy ni à Débat ; dans son ensemble elle présente beaucoup de petites espèces associées à Venicardia Joiianneti, Desh., var. ponderosa G. et P.; Benoist avait rapporté ce falun au Tortonien (1) et cependant il avait reconnu que « Cardita Jouanneti, Desh., était le fossile le plus abondant et le plus caractéristique bien que se trouvant associé aux Cerithium mdgatum^ Brug. et Turbo rugosus, Gmel., espèces d'un, horizon plus élevé » ; il est établi aujourd'hui que Benoist avait assigné une position trop haute à ce dépôt qui paraît constituer la partie supérieure ou même simplement, un faciès spécial de l'ensemble des couches de Salles que M, E. Fallot groupe sous le nom de Sallomacien (de Sallo- macus = Salles); le dépôt de Saubrigues (Landes) qui est bien tortonien est donc supérieur à celui de l'Argileyre. La plupart des auteurs admettent que les faluns de Salles appartiennent à l'Helvétien et en font l'équivalent des mollasses et marnes du bassin de Visan et de Gucuron et des mollasses de Saint-Gall (en Suisse), où l'on a retrouvé Venericardia Joiianneti, Desh. Le terme « helvétien » est d'ailleurs plutôt mal choisi car les mollasses de la Suisse ne sont pas très caractéristiques au point de vue des faunes (F. Roman). Cette formation constitue la partie inférieure de l'ensemble Vindobonien qui se divise en : 1° Helvétien (Vindobonien inférieur), 2^ Tortonien (Vindobonien moyen) et 3° Sarmatien (Vindobonien supérieur) (2); mais M. DoUfus estime que l'Helvétien réduit aux dépôts de Salles, ne représente plus qu'une partie de l'étage original de Mayer; il ajoute donc tout (1) E. Benoist : L'étage tortonien dans la Gironde. {P.-V. de la Soc. linn. de Bordeaux, t. XXXII, p. 35.) (2) E. Haug : Traité de géologie, t. II, fasc. 3. — 202 — le Biirdigalien et la mollasse de l'Armagnac (Sansannien) qui constituent, pour cet auteur, l'Helvétien inférieur dans le Bordelais ainsi que l'indique le tableau suivant (1). Succession stratigraphique dans la Gironde (d'après G.-F. Dollfus). Miocène supérieur TORTONIEN Marnes de Saubrigues (Landes). Miocène moyen Sallomacien HELVÉTIEN.^ Sansannien Burdigalien...< [ Sables de Salles à Cardita Joiianneti, 'zone à Ostrea crassissiina . Sables de Pont-Pourquey (Saucats), de Cestas et du Gers. Ravinement. Mollasse de l'Armagnac. -^ Type à Sansan. Sables et faluns de Léognan à Turri- tella terebralis. *• Sables du Peloua (Saucats). — Méri- gnac supérieur. Ravinement. Miocène inférieur. AQUITANIEN Avant la réunion, j'avais visité avec MM. Rozier et Davergier un faciès particulier de l'Helvétien visible dans un ruisseau près du moulin de Gouillantres, à Mios. En cet endroit, on observe un sable noirâtre contenant une grande quantité de fossiles surtout des lamellibranches « valves » : Venericardia Jouanneti Desh., Glycyineins Menardi, Desh., (1) G.-P. Dollfus : Réunion exlraordinaire de la Société géologique de France à Bordeaux. (C. R. S. Soc. géol. Fr., 1920, n» 13, p. 160.) — 203 — ' Pecten, etc. des pièces de cirrhipèdes et de nombreux otolithes de poissons. Cesderniers pullulentàiin tel point, queM. Duver- gier a pu en recueillir dans quelques pelletées de sable une centaine d'exemplaires appartenant à de nombreuses espèces différentes. Avec MM. E. Fallot (1), Cossmann et Peyrot (2), nous admettons qu'il est très difficile de faire des coupures dans les dépôts de Salles qui présentent des faciès différents et sensiblement du même âge étant donné que les faunes ont beaucoup d'éléments communs. Le falun du moulin de CoLiillantres pourrait peut-être se placer à la base de la série de Salles. Aperçu de la faune du moulin de Débat et du moulin du Minoy. MOLLUSQUES Pulsellum infundihulatum , G. et P. Crepidula gihbosa, Defr. Natica varians, Duj. — sallomacensis, Tourn. Turritella tiirris, Bast. — Grateloupi, Mayer. Ficula sallomacensis, Mayer. Nassa Basteroti, Mayer. — Deshayesi, Mayer. — asperidata, Defr. Murex subclavutus, Grat. Terebra plicaria, Bast. Oliva Dufresnei, Mayer. Conus Dujardini, Desh. Ringiciila buccinea, Desh. Hinnites crispus, Brocchi. Chlamys pinoriim, G. et P, Pecten gallicus, Mayer. — latissimiis, Brocchi. — vasatefisis, Ben. (t. c). Ostrea digitaliria, Dub. — sallomacensis, G. et P. Arca Fichteli, Desh. (= helve- tica, Mayer). Arca turoniensis, Duj. Pectiinculùs cor, Lmk. (t. c). Venericardia Jouanneti, Desh. (t. c). Venericardia Matheroni, May. — ignorata, G. et P. Astarte Grateloupi, Desh. — burdigalensis, Desh. (1) E. Fallot : Excursion dans la Gironde. (Extrait à\\ Livret guide publié parle Comité d'organisation du Vll^ Congrès géologique international 1900, page 24.) (2) Cossmann et Peyrot : Gonchologie néo^énique de l'Aquitaine; Enumération des principaux gisements. {Actes Soc. linn. de Bordeaux, 1^09, t. LXIII, p. 87.) 204 — Chama gryphoïdes, L., var. mioasperella, Sacco. Phacoïdes borealis, L. Divaricella divaricata, L. var. rotundoparva, Sacco. Divaricella subgibhosula, d'Orb. Cardimn papillosum, Poli. — turonense, Mayer. — sallomacense , G . et P . Discors discrepans, Bast., var. hercidea, Dollf. , Cotter et Gomez (Le Minoy, rare). Basterotia corbuloïdes, Mayer. Meretrix italica, Defr. gigas, Lmk. Chione Haidingeri, Hœrnes. — fasciculata, Reuss. — subplicata, d'Orb. (c). Tapes Benoisti, G. et P. — sallomacensis, Fischer. Dosinia lupinus, L. Circe dosinoïdes, C. et P. Psammobia fœrœensis,G\iÇiV[\. Arcopagia crassa, Pennant, var. reducta, Dollf. et Dautz. Mactra nucleiformis, Mayer, var. Duvergieri, G. et P. (c.) Mactra subtruncata, da Gosta, var. triangula, Renier. Liitraria Pœteli, Mayer. Glycrjmeris Menardi, Desh. BRYOZOAIRES 40 sp. CIRRHIPÈDES Scalpellmn magnum^ Darw. Balanus concamts, Bronn. — perforatus, Brug. POISSONS Dents, 21 sp. Otolithes, 40 sp. à l'étude. Aperçu de la faune de l'Argileyre. Bolma Meynardi, Michelotti. Gibbula sallo)nacensis, G. et P. Xenophora i?ifundibulurn, Br. Sigaretus striatus, M. de Serres. Natica proredempta, Sacco. — sallomacensis, Tourn. Turritella hearnensis, G. et P. — Benoisti, G. et P. Cassis saburon, Adanson. Ficula sallomacensis^ Mayer. Phos polygonum, Phi. Nassa Rosthorni, Hœrnes. — seinistriata, Brocchi. — miitabilis, L. Tudicla rusticula, Bast. Cancellaria dertonensis^ Bell. — turricula, Grat. Terebra striât a, Bast. — pertusa, Bast. Pleurotoma cataphracta^ Br. — asperulata, Lmk. Clavatiila Jouanneti, Des M. — 205 Conus helus, d'Orb. Pecten vasatensis, Benoist. Chlamys pinorum, C. et P. Ostrea digitalina, Dub. Arca Fichteli, Desb. (= helve- tica, Mayer). Barbatia barbât a, L. — subHelbingi, d'Orb. Pectiinculus saucatsensis, May. — cor, Lmk. — bimaculatus, Poli. Astarte incrassaia, Brocchi, mut. sallo77iacensis, G. et P. Venericardia Joiianneti, Desh. — Jouanneti^DQsh.., var. ponderosa, G. et. P. Venericardia ignorata^ G. et P. Lucina fragilis, Phil., mut. Lecointreœ G. et P. Phacoïdes borealis, L. Divaricella divaricata, L., var. rotundoparva, Sacco. Cardium paucicostatum^ Sow. Cardium sallomacense, G. et P. Chione subplicata, d'Orb. Meretrix gigcis, Lmk. — italica, Defr. Tapes sallomacensis ^ Fischer. Tellina planata, L. — donacina, L. Arcopagia ventricosa, M. de Serres. Arcopagia crassa, Pennant, var. reducta, Dollf. etDautz. Macoma elliptica, Brocchi. Gastrana fragilis, L. Solecurius antiqiiatus^ Pulte- ney, mut. miocœnica, G. et P. Lutraria Graeffei, Mayer. Glycymeris Menardi, Desh. — cf.Rudolphi, Eich. Corbula carinata, Duj.;, mut. Hœr?ie.si, Benoist. CIRRmPEDES Scalpellum magnum, Darwin. Journée du 26 Août. Exrcursion aux environs de La Brède et de Saucats (1). Les géologues ont pris le train pour Saint-Médard-d'Eyrans où ils ont trouvé un break qui les a transportés aux différents (1) Pour la clarté de l'exposé qui suit, j'ai étudié successivement dans V ordre chronologique les formations qui ont été visitées pendant cette journée; mais les divers gisements ont été visités, en réalité, dans un ordre différent, en suivant un itinéraire aussi court que possible. 206 - points qu'ils ont visités pendant cette journée dont le pro- gramme était chargé. En bas du coteau d'Avignon, avant d'atteindre La Brède, on voit affleurer un calcaire blanc assez dur qui n'est plus exploité aujourd'hui; il contient les moulages des types clas- siques du calcaire à Astéries (Rupélien) déjà observés à Genon : Natica crassalina, Lmk., Turbo Parkinsoni, Bast., Venus aglaurse, Brong., des Scutelles, etc. En montant vers Avignon, on remarque sur les bords du chemin une argile verdâtre ou brunâtre passant vers le haut à des marnes blanches qui sont les équivalents de la mollasse inférieure de l'Agenais (Rupélien) et du calcaire blanc de l'Agenais (Chat- tien), mais il n'y a pas été trouvé de fossiles. On traverse ensuite le bourg de La Brède dont l'église est remarquable (1) et on atteint la tranchée du chemin de fer à 1 kilomètre environ de la station de La Brède; les talus de cette tranchée sont constitués par un sable calcareux très fossilifère formant, en certains points, de petites concrétions; ce falun contient beaucoup de coquilles surtout de petites espèces, très bien conservées parmi lesquelles on distingue tout de suite à cause de ses cowIqwvs, Neritina picta, Fér., qui est très abondante. Ce dépôt appartient à l'Aquitanien infé- rieur ; il contient un mélange d'espèces estuairiennes et marines, citons : MOLLUSQUES Phasianella aqiiensis, d'Orb. Gibbula aquitanica, C. et P., var. amphibola^ C. et P. Nerita Plutonis, Bast. Neritina picta, Fér. (t. c.) Turritella Desmaresti, Bast. Bittmm Vignaii, G. -F. Dollf. Triforis perversus, L. Rhinoclavis ( Semivertagus ) pu- pœ forme, Bast.^ var. maigre. Hemicerithiimi fallax, Grat. Cerithium {Chondrocerithium) calculosum, Bast. (1) A roccasion de celle excursion, M. X. Rozier avail fail imprimer une pelite bro chure co nlenanl : 1° un exlrail du mémoire publié en 1839, par C h. G roue l , sur le Château de La ïîrède où naqiiil le célèbre auleur de « l'Esprit des Lois » ; 2^ un exlrail concernant la région de La Brède-Saucals du Catalogue des Testacés fossiles de Benoist {cf. liste des principales publications à la fin de ce compte rendu). — 207 Terehralia bidentatum, Defr. — subcornigata, d'Orb. Pirenella pseudothiarella, d'Orb. — plicata, Brug. — inconstans, Bast. Tympanotomus sonensis, Vign. Oliva Diifresnei, Bast. Chama praegryphoïdes, C. et P. Miltha incrassata, Dub., mut. subscopidorum, d'Orb. Lucina globulosa, Desh. Divaricella ornata, Agass. Phacoïdes cohimbella, Lmk. Phacoïdes columbella, Lmk., var. miiior. Loripes dentatus, Bast. Codokia reticidatoïdes, C. et P. Circe Banoni, Toiirn. Grateloupia irre^ularis^ Bast. Mereirix undata, Bast. (t. c.) Tapes vetuhis^ Bast., var. — claridestiniis, Mayer. Tellina aquitanica, Mayer. Lutraria angusta, Desh. Corbidomya Tournoueri, May. Au moulin de Bernachon établi sur le ruisseau de Saint- Jean-d'Etampes, à 500 mètres environ à gauche de la route de La Brède à Saucats et à 2 kilomètres et demi environ avant d'atteindre ce dernier village, on observe un escarpe- ment qui offre la coupe suivante : 4iif %^Ur^-^ fa.tu.n. -rcLunc^ ■>^M.teufîri)^r FiG. 5. Sables et graviers des Landes. Argiles yerdâtres à Polamides. Falun blanc avec niveau à Myiilua aquitanicus. Le falun de Lariey est constitué par un sable calcareux blanc ef'des coquilles très nombreuses plus ou moins brisées oii dominent de petites espèces bivalves; c'est le gisement classique de Cardita hippopœa, Bast. ; les balanes y sont communes tandis que les otolithes de poissons y sont rares. A un mètre environ, avant d'atteindre l'extrémité supérieure du falun, on remarque un niveau constitué par un véritable cordon de Mytilus aquitanicus, Mayer, espèce qui se retrouve aussi ça et là dans l'ensemble du falun. Au-dessus on observe une assise d'argile verdâtre qui contient en abondance Potamides iPtychopotamides) marga- ritaceiis, Brocchi, variété voisine de P. calcarahis, Grat., mais dont les crénelures sont un peu moins marquées que dans le type de la variété, dissocié h Pi7'e?ielia plicata, Brug., variété plus petite que le type et à rangées de granules moins régu- lières et tendant vers P. incoîistons, Bast. (1). Ces Potamides annoncent évidemment la régression de la mer en ce point. J'ai retrouvé les mêmes espèces; sous le calcaire lacustre supérieur dans le fossé d'un ruisselet qui coule en bas des anciennes carrières Giraudeau (près de la (1) Déterminations et remarques de M. A. Peyrot d'après les éciiantillons que j'ai recueillis. - 210 tranchée de la route du Son) et qui se jette dans le ruisseau de Saint-Jean-d'Etampes, près du pont du moulin de l'église, à gauche de la route en allant vers le Son. Aperçu de la faune du falun marin de Lariey (Aquitanien supérieur). MOLLUSQUES Clanciilus Araonis, Bast. Callistoma Bucklandi, Bast. Gibbula biangulata^ Eichwald. Neritina picta, Fer. Calyptrea depressa, Lmk. — — var. sub- sinensis, d'Orb. Turritella Desmaresti, Bast. Biltium siibclathratum, d'Orb. Cerithiwn {Choîidrocerithiiim) calculosum, Bast. Terebralia bidentata, Defr. — subcorrugata, d'Orb. Pirenella plicata, Brug., var. Nassa aquitanica, Tourn. Murex Lassaignei, Bast. Melongena Lainei, Bast. Oliva subclaviila, d'Orb, Ostrea producta, R. et D. — fimbriata, Grat. — aquitanica, Mayer. Mytihis aquitaniciis, Mayer. Arca car dix for mis, Bast. Barbatia barbata, L. — siibHelbingi, d'Orb., mut. variabili.s, Mayer. Pectunculiis cor, Lmk. Cardita hippopœa, Bast. Chama gryphina, Lmk. Miltha incrassata, Dub., mut. hubscopiilorum, d'Orb. Phacoïdes columbella, Lmk. Loripes dentata, Defr. Divaricella ornata, Ag. (t. c.) Chione casinoïdes, Bast.' Meretrix utidata, Bast. Bonax transversa, Desh. Ervilia pusilla, Philippi. Lutraria sanna, Bast. (jeunes individus), (c). Corbula carinata, Duj., mut. Hœrnesi, Benoist (t. c.) Corbula Basteroti, Hœrnes. Corbulomya Tonrnoueri, May. — aquitanica, May. CIRRHIPEDES Balanus concavus, Bronn. (t. c.) Pendant la fm de l'époque aquitanienne la mer effectue un nouveau retrait déjà annoncé par les marnes à Potamides qui recouvrent le falun de Lariey. Le grand lac de l'Agenais où — 211 — se déposait le calcaire gris depuis le début de l'Aquitanien supérieur, s'étend à nouveau sur le Bordelais où ses dépôts sont représentés par le calcaire lacustre supérieur de la tranchée de la route du Son. Cette roche est constituée par un calcaire blanchâtre ou grisâtre avec des plages presque noires; elle contient de nombreuses coquilles de mollusques terrestres et d'eau douce appartenant aux mêmes espèces que celles du banc inférieur : Hélix girondica^ Noulet; Liinnœa girondica, Noulet, Planorbis Mantelli, Dunk,, etc. Dans un champ voisin des anciennes carrières Giraudeau on peut recueillir en abondance Hydrobia aturensis, Noulet, en échan- tillons bien isolés. Le schéma ci-après résume les faits relatifs au calcaire gris de l'Agenais avec les épisodes marin ou saumâtre inter- calaires. A 200 mètres environ avant d'arriver au hameau du Son et à 400 mètres environ à droite de la route de Saucats, on voit affleurer dans une vigne en partie abandonnée, un sable roux auquel sont mélangés des éléments provenant des sables et graviers des Landes qui recouvrent toute la contrée. C'est le gîte du Peloua, l'un des plus remarquables par sa richesse et aussi l'un des plus exploités par les collectionneurs qui l'ont retourné presque de fond en comble; néanmoins, quelques points intacts subsistent et l'on peut encore y recueillir une bonne série de fossiles. Les premières récoltes que j'y ai faites, il y a plusieurs années, m'auraient donné une impres- — 212 — sion inexacte de la position stratigraphiqiie de ce dépôt, car les espèces récoltées dans mes premières courses étaient sensiblement les mêmes que celles du Coquillat de Léognan, mais après de nombreuses visites à ce gisement j'ai pu réunir une série assez importante de fossiles où les espèces Aquita- niennes tiennent une place très notable; il faut donc se garder de tirer hâtivement des conclusions définitives des premières observations; on ne peut apprécier convenablement une faîme qu'après des recherches prolongées et on comprend aisément tout l'intérêt qui s'attache à cette discipline dans une région oîi l'appréciation du pourcentage des éléments fauniques est souvent le seul critérium stratigraphique. Dans les fouilles que j'avais fait préparer aux points restés intacts dans la vigne abandonnée, on a trouvé des galets de calcaire blanc présentant des perforations de mollusques lithophages ; en brisant ces galets on en a extrait facilement Planorbis cornu, Brong., var. solidus Thoinse, Limnea giron- dica, Noulet, Hydrobia aturensis, Noulet, et quelques autres coquilles de mollusques terrestres ou d'eau douce qui indi- quent bien que cette roche provient du calcaire lacustre sous-jacent déjà étudié. Le falun du Reloua est le témoin de la transgression marine sur le calcaire gris de l'Agenais raviné; il annonce l'arrivée de la mer burdigalienne qui déposera plus tard les faluns de Léognan et de Pont-Pourquey, etc. C'est sensi- blement l'équivalent du falun de Mérignac supérieur qui, comme lui, contient encore un reliquat de types Aquitaniens à côté de nombreuses espèces nettement Burdigaliennes. Aperçu de la faune du Reloua (1). MOLLUSQUES Oxy Stèle burdigalensis, C. et P. A Clanculus Araonis, Bast. Xenophora burdigalensis, Grat. A Sigaretus aqiiensis, Recluz. A Natica burdigalensis, May. (1) Les espèces précédées de la lettre A existent déjà dans l'Aquitanien. 213 — A Natica turhinoïdes, Grat. Proto cathedràlis, Brong. Turritella terebralis, Lmk. Cerithium ( Ptychocerithmm ) salmo, Bast. A Terebralia hidentata, Defr. A — suhcorrugata, d'Orb. A Pirenella plicata, Brug. Cheiio^nis pespelecani, L. , mut. meridioîiaiis, Bast. A Strombus Bonelli, Brong. A Cyprœa leponna, Lmk. A — Brocchi, Desh. A Trivia a f finis, Duj. A Cyprœcassis crumena, Brong. Cassis Rondeleti, Bast. — suburon, Adanson. Ficula burdigalensis, Sow. A Triton nodifernm, Lmk. A Persona tortuosa, Borson. Ranella marginata, Brong. — siibgraniféra, d'Orb. A Nassa aquitanica, Mayer. Eutritonium affine, Desh. Dorsanum Veneris, Faiij. Rapana Moulinsi, Broch.(t.r.) A Murex Partschi, Hœrnes. — subasperrimus, d'Orb. — lingiia bovis, Bast. (Ocinebra) Basteroti, Benoist. Turbine lia Lynchi, Bast. Fasciolaria Jouanneti, des M. A Melongena Lainei, Bast. A — cor mit a, Agass. Tudicla rusticula, Bast. Vohita rarispina, Lmk. Ancillaria glandiforinis, Lmk. A P leur otoma Jouanneti, des M. A — semimarginata,Lk. — denticula, Bast. — pannus, Bast. A Clavatula carinifera, Grat. A Conus mercati, Brocchi. A — tarbellianus, Grat. A Vaginella depressa, Daudin (très rare dans l'Aquita- nien^ très abondant dans le Burdigalien moyen). Pecten burdigalensis, Bast. Spondylus Deshayesi, Mich. Exogyra Ricardi, Benoist. A Arca turoniensis, Duj. A — burdigalina, Mayer. A Barbatia bohemica, Beuss. A — subHelbingi, d'Orh. A Pectuncuhis cor, Lmk. (t.c.) A Chama gryphina, Lmk. — gryphoïdes, h., var. mioasperella, Sacco . Phacoïdes columbella, Lmk. A Divaricella ornata, Agass. (t. c). A Cardium burdigalinuni, Lk. (très rare dans l'Aquita- nien). A Cardium girohdicum, May. — pelouatense,C.eiP. A Circe Deshayesi, Bast. A Corbula carinata, Duj. mut. Hœrnesi, Benoist. — 214 3« ihen.natRj,n. /t 'hlouA. FiG. 7. ' Schéma montrant la disposition des couches dans les environs de Saucats, Légende : Pléistocène 9 Sables et graviers des Landes. BuRDiGALiEN INFÉRIEUR 8 Falun de Peloua. RAVINEMENT , 7 Calcaire lacu'stre supérieur. Aquitanien SUPÉRIEUR ) ^ ^^1*^" "^^"^^ ^^ Lariey et couches saumâ- \ très de la route du Son. f 5 Calcaire lacustre inférieur. Aquitanien moyen 4 Sable argileux jaune peu fossilifère. Aquitanien inférieur | ^ Falun jaune du moulin de Bernachon. ^ i 2 Falun bleuté du moulin de Bernachon. Chattien 1 Marnes blanches du moulin de Bernachon. Près de Saucats le Burdigalien moyen est représenté par le falun de La Cassagne qui correspond au falun du Coquillat de Léognan; il est surmonté par le falun bleu du moulin de Lagus ; tous ces dépôts contiennent sensiblement la même faune et nous ne les avons pas visités. Le Burdigalien supé- rieur débute par les faluns de Gieux et de la Goquillière surmontés par les faluns de Pont-Pourquey. Après avoir dépassé d'un kilomètre environ le village de Saucats en suivant la route de Villagrains, on arrive au vallon de Pont-Pourquey au fond duquel coule le ruisseau de Saucats; un petit escarpement qui avait été complètement déblayé pour la circonstance a permis d'observer dans — 215 — d'excellentes conditions, les dépôts du Burdigalien supérieur représentés par un sable jaunâtre, un peu ferrugineux vers le haut, contenant une quantité considérable de très belles coquilles avec de nombreux fragments de pinces de crustacés du genre Scylla. A noter un petit niveau oii abonde Mactra siibstriatella, d'Orb., visible à environ 4 mètres au-dessus du lit du ruis- seau et que l'on peut suivre assez facilement en différents points dans le vallon. La faune de Pont-Pourquey contient encore un grand nombre d'espèces déjà recueillies à Léognan (propriété Thi- baudeau et Goquillat), au Peloua et à Mérignac. On y remarque déjà un certain nombre d'espèces des faluns de la Touraine ce qui a conduit quelques auteurs à classer ces couches dans l'Helvétien; on y rencontre aussi les coquilles de quelques mollusques vivant encore actuellement sur les côtes du Sénégal .ce qui peut donner des indications sur le climat de l'époque; les restes de poissons, dents, otolithes, etc., y sont abondants et la liste ci-après montre que les Sélaciens plagiostomes [Scyllidss, Scylliolamnidœ, Lamnidse^ Carcha- ridœ, Myliobatidœ), les Ganoïdes [Giiiglymodidae) et les Téléostéens [Siluridœ, Percidse, Pristipo^natidse^ Sparidœ, Scombridêe, TrachinïdsB, Gohiidœ, Pleuronectidœ, etc..) sont représentés. Enfin on trouve assez fréquemment des ossements d'oiseaux pélagiques analogues à ceux qui vivent encore aujourd'hui au large des côtes du golfe de Gascogne comme les Puffms, les Fous, les Thalassidromes associés à des espèces côtières comme les Golymboïdes et les Larus. Ce dépôt a dû se former au bord d'une baie où les courants portaient à terre; on voit aujourd'hui dans des conditions du même ordre, à l'entrée du bassin d'Arcachon, de nombreux cadavres d'oi- seaux pélagiques rejetés par le flot au pied de la Grande Dune. (J. Duvergier.) Sur l'autre berge du ruisseau, dans les broussailles, une fouille a permis d'étudier les couches supérieures du même Tome LXXII. , 17 — 216 — falim dont la faune présente des particularités qui permettent de la différencier nettement de celle des couches sous-jacentes. On y recueille en abondance : Mesodesma erycinella^ Mayer, Tapes {Pidlastra) Basteroti, Mayer, avec de nombreuses coquilles plus ou moins roulées comme Pectimculus cor, Lmk., Phacoïdes columhella, Lmk. (grands exemplaires), Divaric'ella ornata, Agass., Donax transversa, Desh., des fragments d'un grand Murex et une série de bryozoaires particuliers dont M. Duvergier a entrepris l'étude. Dans une excursion faite quelques jours avant la réunion, j'y ai trouvé un exemplaire à'Aturia aturi, Bast. et M. X. Rozier a dégagé sous mes yeux une dent de Ganidé que M. Roman hésite à attribuer à Pseudocyon Bepereti, Mayet, des sables de l'Orléanais ou à Pseudocyon sansaniensis, Lartet., des couches de Sansan. Cet auteur n'a pu se prononcer définitivement sur un seul exemplaire qui, d'après lui, n'est exactement iden- tique ni à l'une ni à l'autre de ces deux espèces et serait intermédiaire entre les deux. En outre, ces couches contiennent des coquilles de mollus- ques saumâtres ou d'eau douce comme Potamides {Ptycho- potamides) papaveraceus , Defr., Pirenella picta, Bast., Neri- tina bufdigalensis, d'Orb., très abondantes et un certain nombre d'espèces remamiées qui, d'après M. Dollfus, pro- viennent de la mollasse de l'Armagnac comme Eumelania aquitanica, Noulet, Melanopsis Kleini, Kurr, Cyclostoma suh-. pyrendica, Noulet, Eelix Leymerïei, Noulet, Planorbis sansa- niensis, Noulet, Limnea armaniacensis, Noulet, etc. Les couches supérieures de Pont-Pourquey sont un dépôt littoral où se sont accumulées des coquilles marines plus ou moins roulées et des coquilles de plage et d'estuaire asso- ciées à des coquilles d'eau douce et terrestres et à des restes de vertébrés terrestres entraînés par les ruisseaux dont les estuaires étaient voisins. Les sables et graviers des Landes recouvrent ces couches et forment par endroits des poches de décalcification dans le falun d'où on a pu retirer de gros rognons ferrugineux ramifiés. — 217 — Suivant les indications fournies par M. Rozier, Benoist aurait mis à jour sur les pentes du vallon, vers la maison Gapet et au-dessus des couches déjà étudiées, un sable jaune avec débris de coquilles dans lesquels il aurait pu reconnaître Venericardia Jouunneii, Desh. : ce serait donc le falun helvé- tien visible d'ailleurs non loin de là dans le lit du ruisseau près de la maison de La Sime oii la faune de Salles a été retrouvée. ^ouitle. 10.) .oooOfà <> aoo "^JM^liktOM, ]IUù6onCcipefc FiG. 8. 4. Sables et graviers des Landes. 3. Falun helvétien? 2. Falun supérieur à Pirenella picta. 1. Falun type de Pont-Pourquey. (a) Niveau à Mactra substriatella. D'après M. DoUfus (1), le falun de Pont-Pourquey « est la base d'un groupe nouveau d'une bien plus grande étendue » (que les dépôts de Léognan); c'est pour cet auteur « le début du Sallomacien (2) qui surmonte le Burdigalien ». Cette con- clusion a pour conséquence de rattacher étroitement les faluns de Pont-Pourquey à ceux de Salles dont les faunes sont pourtant très différentes et de séparer les couches de Pont- Pourquey de celles de Léognan dont les faunes sont cepen- dant étroitement liées. La plupart des auteurs pensent au contraire que la coupure doit rester placée au-dessus des (1) C. R. S. de la réunion extraordinaire de la Société géologique de France dans le Bordelais en 1920. (C. R. S. Séances Soc. géol. de Fr. n^ 13, 1920). (2) Certains pensent que le sens du terme « Sallomacien » créé par M. E. Pallot ne peut être modifié sans le consentement de cet auteur. — 218 — couches à Pirenella picta, Bast. qui terminent la série Burdi- galienne et que l'Helvétien commence seulement avec les faluns de Salles et de La Sime déposés par une mer oîi ont vécu des organismes nouveaux et se rapprochant davantage de ceux des temps modernes. Aperçu de la Faune de Pont-Pourquey. (Burdigalien supérieur). MOLLUSQUES Neritina burdïgiSLlensis, d'Orb. Solarium carocollatum, Lmk. Crepidula gibbosa, Defr., mut. cochlearis, Bast. Crucibulum deformis, Lmk. Sigaretus aquensis^ Recluz. Natica burdigalensis, Mayer. Turritella terebralis, Lmk. Pirenella picta^ Bast. Potamides (Ptychopotamides ) papaveraceus, Defr. Nassa Dujardiiii, Desh. — Basteroti, Michelotti. Dorsanum baccatum, Bast. — siibpolitum, d'Orb. Cyllene Desnoyersi, Bast. Pusionella buccinoïdes, Bast. Euthriofusus burdigalensis, Bast. Tudicla rusticula, Lmk. Oliva subclavatula, d'Orb. Olivancillaria Basteroti, Defr. Terebra plicaria, Bast. — pertusa, Bast. Drillia terebra, Bast. Conus avellana, Lmk. Ostrea neglecta, Michelotti. Pectunculus cor, Lmk. (t. c). Chione Basteroti, Desh. — casinoïdes, Bast. Timoclea subspadicea, Gossm. Meretrix erycinoïdes, Lmk. — Peyroti, Goss. (= La- marcki, auct.). Meretrix subnitidula, d'Orb. (c). Tapes Basteroti, Mayer (falun supérieur). Dosinia Basteroti, Agass. (c). Donax a f finis, Desh. (r.). — transversa, Des\i. [i.Q,.). Tellina zonaria, Bast. — , saucatsensis , Benoist. — bipartita, Bast. Mesodesma erycinella, Mayer (falun supérieur). Capsa lacunosa, Ghemn. Psammobia Labordei, Bast. Solen burdigalensis, Desh. (a. c). Mactra Basteroti, May. (a. c). — substriatella, d'Orb. (t. c). 219 Corbiila carinata, Duj. mut. Hœrnesi, Benoist (t. c). Corbulomya burdigalensis, Be- noist (a. r.). Phacoïdes columbella, Lmk. Divaricella oimata, Ag. (t. c). Loripes dentatus, Defr. Cardium saiicatsense , Mayer (t.c). Grateloupia triangularis, Bast. — irregularis, Bast. (t.c). ^ BRYOZOAIRES (Déterminations de M. Duvergier). Normanellina Lacroixi, Auct. Ciipidadria canariensis Biisk. Acanthodesia Savarti, Aud. — Savarti^ forma Reyti, Canii. Acanthodesia Savarti, forma spinea, Canu. Hemiseptella fragilis, Diiverg. Cupidaria iimhellata. Defr. Lunularia conica, Biisk. Steganoporella elegans, L. Milne-Edw. Cellaria rhombifera, Goldf. Schizomavella linearis, Hass. Dakar la {?) burdigalensis, Ga.n. Hippoporina saucatsensis , Gan. Hippopleurifera cf. grandis, Canu. Smittina regularis, Reuss. — triangularis, Duverg. Porella cervicornis, Pallas. Tubiicellaria aquitanica, Can. Bracebridgiapohjmorpha,^e,Vi. Schizostoma gibbosa, Canu. Adeona Heckeli, Reuss. Hornera radians, Defr. Tretocgcloeciaaquitanica,Gd.n. Lichenopora burdigalensis, Duvergier. CIRRHIPÈDES (Déterminations de M. G. de Alessandri) Scalpellum magnum, Darw. Lepas burdigalensis, d'Orb. ^ — Orbigngi, des Moul. Balanus amphitrite, Darwin. — unguiformis, Sow, POISSONS (Dents) (Déterminations de M. F. Priem). Scyllium sp. Ginglymostoma Delfortriei, Daimeries. Odontaspis cuspidata, Agass. He^nipristis serra, Agassiz. Galeus sp. Galeocerdo, sp. Carcharias (Aprionodon) sp. Sphyrna prisca, Agassiz. Myliobatis sp. Trichiurides miocœnus , Delf. Pimelodus Sadleri, Heckel. Chrysophris sp. Pagrus sp. Cybium sp. 220 — (Otolithes) (Déterminations provisoires de M. Duvergier). 0. [Labrax) lucidus, Bassoli. 0. {Percidarum) sequalis, Ko- ken, var. burdigalensis, Pr. 0. [Percidarum) aff. mogiin- tinus, Koken. 0. {Serranus) Noetlingi, Kok. 0. (S argus) n. sp. 0. [Pagellus?) gregarius, Kok. 0. [Chrysophris?) Doderieini, Bassoli et Schubert. 0. (Box?) n. sp. 0. [Trachinus) miocœ?ius, Bas- soli et Schubert. 0. [Trachinus) miUabilis, Kok. 0. [Sciœnidarimi) pyrenaXcus, Priem. 0. {Sciœnidarum) aff.subgem- rha, Schubert. 0. {Sciœnidarum) aff. gem- moïdes, Schubert. 0. ( Sciœnidarum ) graciiis, Sch., var. sallensis^ Priem. 0. (Sciœnidarum) Corii, Sch., var. abrupta^ Schubert. 0. (Umbriîia?) plenus, Schub. 0. [Cepola] prœrubescens , Bass. et Schubert. 0. [Gobius) Telleri, Schubert. 0. [Macruridarum?) sp. 0. [Rhombus?) aff. rhenanus, Koken. 6 sp. indet. OISEAUX Sula n. sp, Suloïdes n. sp. Larus n. sp. Procellornis aquitanicus , A. Milne-Edw. Procellornis antiquus, A. Mil- ne-Edw. Procelloriîis n. sp. — n. sp. Typhornis n. sp. Colyniboïdes minutus? A. Mil- ne-Edw. Dans la liste insérée dans le C. R. S. no 13 de 1920 de la Soc. géol. de Fr., p. 152 figurent : 1° Tellina aquitanica, Mayer, dont la forme typique est cantonnée dans TAquitanien; c'est la mutation hurdigalica, C. et P., peu différente du type, qui existe à Pont-Pourquey ; 2» Gastrana fragilis, L., qui n'est représenté à ce niveau que par la mutation persi- niiosa, C. et P., très rare; 3° Strigilla senegalénsis, HsinleY, qui est rare à Pont-Pourquey et plus commune dans l'Aquitanien et le Burdigalien inférieur. (Remarques de M. A. Peyrot.) — 221 — Journée du 27 Août. Excursion à La Réole. Les excursionnistes se sont rendus dans la matinée à La Réole 011 ils ont été reçus par MM. Ph. Queyron, membre de la Société linnéenne et Simon, président du Tribunal civil et président du Comité d'initiative. Après une aimable réception au siège du Comité d'initiative où les vins des crus les plus fameux de la région leur ont été offerts, les excursion- nistes accompagnés du Président et de plusieurs membres du Comité d'initiative ont fait le tour de la vieille cité de La Réole « Urbs régula ducatus Aquitaniœ » bâtie sur un escarpement de calcaire à astéries, et ayant gardé son caractère de ville forte que lui avait donné les Réformés... Du haut des ruines de la dernière des « Trois sos », tours qu'il fallut abattre jadis pour réduire la résistance des assiégés, M. Queyron indique les différents points importants pour la géologie de la contrée. Puis on visite l'ancien Hôtel de ville, l'un des plus vieux de France, actuellement en cours de restauration; c'est le témoin des franchises municipales que les Jurais réolais ont défendu jalousement à travers les siècles contre les empiétements du pouvoir central. A l'Hôtel de ville actuel installé dans un ancien couvent, on remarque un tableau indiquant les résultats d'un forage exécuté pour fournir à la ville des eaux artésiennes. Aussitôt après le déjeuner, les géologues conduits par M. Queyron descendent vers la Garonne afin de commencer l'étude de la constitution de la région en partant de la base; ils gagnent ainsi le vallon du Flutat pour remonter ensuite vers Montagoudin. La coupe suivante a pu être observée : 1° Argile grise et mollasse sableuse micacée correspondant à la mollasse du Fronsadais (Sannoisien). 2° Calcaire blanc assez tendre avec lits marneux contenant des graines de Chara, équivalent du calcaire de Castillon (Sannoisien). ~ 222 — 3« Calcaire blanc dur, exploité autour de La Réole, conte- nant les moulages des formes classiques du calcaire à asté- ries (Rupélien) : lurbo Parkinsoni, Bast., Natica crassatina, Lmk., Scutella Agassizi, Oppenh., etc. Cette masse débute par un niveau à Ostrea longirostris, Lmk., et se termine par un horizon argileux avec Ostrea cijathula Lmk.^ repère intéres- sant pour la stratigraphie. En s'élevant vers Montagoudin, la route passe par une tranchée qui laisse voir de chaque côté un épais limon gris oîi il n'a été trouvé que des « poupées ». Après discussion, on admet que ce limon n'est pas d'origine glaciaire mais résulte du ruissellement produit par des pluies diluviennes de certaines périodes de l'époque pléistocène. Puis on quitte la route de Montagoudin et on s'engage dans un ravin couvert de broussailles que l'on traverse pour gravir ensuite le coteau du Mirail. 4° On observe alors une argile noirâtre dans laquelle il n'a pas été de fossiles et que M. Dollfus considère comme la mollasse inférieure de l'Agenais qui constitue pour lui l'assise terminale du Rupélien. Cette formation qui prend ici un développement important peut être divisée en deux parties : a) La moitié inférieure environ serait l'équivalent latéral du calcaire à astéries qui, ici, n'atteint pas le haut du Rupélien. Nous admettons donc, avec M. Repelin, qu'une partie de ces argiles et le calcaire à astéries qui les supporte correspondent à l'ensemble du calcaire à astéries lorsque ce calcaire atteint son plus grand développement; nous avons déjà observé un fait analogue au coteau d'Avignon près La Brède oii le Rupé- lien se termine par des argiles verdâtres subordonnées au calcaire à astéries ; h) La masse supérieure des argiles corres- pondrait sensiblement aux marnes blanches observées au coteau d'Avignon et à la base des faluns du moulin de Bernachon, à Saucats. 5° Dans une petite carrière abandonnée, on voit un banc de calcaire blanc contenant Eelix Ramondi, Brong.,,et que M, Dollfus reconnaît comme calcaire blanc de l'Agenais et — 223 - place dans son Firmitien; ce dépôt constitue pour nous à peu près l'équivalent latéral des faluns de la tranchée de La Brède et du moulin de Bernachon. il, îEatai Légende (1). Aquitanien supérieur.! Aquitanien moyen .... Chattien l RUPÉLIEN . Sannoisien FiG. 9. 9 Calcaire gris de l'Agenais 12711 à 139"i. 8 Grès à Pirenella inconstans ) ,^^ , ,„^ ~ „ , . . ,..„ . \ l-Sb"" à 127>". 7 f alun a Arca cardttformis ) 6 Argiles à Ostrea aginensis ^O*'" ^ l~7ni. 5 Calcaire blanc à H. Ramondi (Cal- caire blanc de l'Agenais) 95" à 105m. 4bis Argiles noirâtres (pro parte) 1 4 Argiles noirâtres (pro parte) (= Cal-> 35"" à 95™. caire à Astéries supérieur) j 3 Calcaire à Astéries 20'" à 35m. 2 Calcaire blanc avec lits marneux à graines de Ghara (= Calcaire de Castillon) 12" à 20™. 1 Argile grise et mollasse sableuse mi- cacée (= Mollasse du Fronsadais).. S" à 12"!. (1) Les épaisseurs et côtes indiquées ici sont celles relevées par M. DoUfus au cours de cette excursion (cf. C. R. S. des séances de la Soc. Géol. de Fr.. 1920, n» 13). - 224 — 6° Au régime lacustre indiqué par la faune du calcaire blanc de l'Agenais succède un régime franchement marin dont témoignent les argiles à Ostrea aginensis, Tourn. et Qstrea producta D. et R. qui affleurent dans les vignes sur la colline du Mirait et qui marquent la transgression marine de l'Aqui- tanien moyen dans cette région ; il est nécessaire de séparer très nettement ces argiles marines du calcaire blanc sous- jacent qui au contraire représente un épisode lacustre (Chattien). 7° Au sommet de la colline du Mirait, également dans les vignes ou dans les champs, on voit affleurer un falun dans lequel il est assez difficile de récolter de beaux fossiles mais oii M. Queyron a recueilli devant moi Arca cardiiformis, Bast. Ce dépôt appartient à l'Aquitanien supérieur. 8" A la butte du Télégraphe on observe sur le bord de la route un banc de grès qui renferme Pirenella inconstans, Bast. ; c'est déjà l'indication de la régression de la mer et de l'appa- rition d'un régime saumâtre auquel succédera un nouvel épisode lacustre pendant lequel va se déposer le calcaire gris de l'Agenais. 9° Enfin^ vers le sommet de la butte du Télégraphe, le cal- caire gris affleure dans les champs et fournit les fossiles typiques de cette formation; la mer a abandonné le pays et le calcaire gris qui se dépose alors témoigne bien par les fossiles qu'il contient du régime lacustre qui s'établit. Après avoir pris congé de M. Queyron qui avait bien voulu les faire profiter de sa connaissance approfondie de la région, les excursionnistes ont pris le train pour Langon et Villandraut oii ils ont couché de façon à se trouver à pied d'oeuvre le lendemain matin, car le programme de cette dernière journée était difficile à réaliser en raison de la pénurie des moyens de transport. Après le dîner, la discussion s'est engagée sur les observa- tions de la journée; le calcaire blanc et le calcaire gris de l'Agenais ont été, bien entendu, les sujets importants de la conversation qui s'est prolongée assez tard. — 225 — Remarques I. — Dans une synthèse (1) faite à l'aide des travaux de G. Vasseur et de MM. Repelin et Blayac (2) et de ses obser- vations personnelles, M. Ph. Glangeaud explique les varia- tions de faciès de l'éocène supérieur, du Sannoisien et du Rupélien qu'il a suivies depuis le bord du massif central jusque dans le Bordelais en traversant le Périgord et le Fron- sadais ; le schéma tracé par cet auteur, montre que les sables du Périgord passent latéralement aux mollasses de la Dor- dogne et de la Gironde et aux formations lacustres et marnes de ces mêmes régions et que les sédiments sont de moins en moins détritiques au fur et à mesure que l'on s'avance vers le Bordelais. L'alternance des dépôts (mollasses , argiles , calcaires, sables, etc.) s'explique par le rôle du réseau hydrographique hésitant qui s'est établi au cours de la surrection lente du massif centrai ; les élément^ provenant du ravinement des roches anciennes transportés par les eaux ayant constitué ainsi des sédiments variés; la mollasse du Fronsadais repré- sentée dans la coupe de La Réole par une roche grise argilo sableuse et calcaire contenant des grains de quartz, des pail- lettes de mica et des éléments provenant de la décomposition plus ou moins avancée des feldspaths correspond à un dépôt de cet ordre. Cette formation qui est généralement .pauvre en fossiles a fourni, au domaine de la Grave, près Bonzac, des restes de Tortues {Jrionyx) et de Palœotherium girondicimi. IL — Dans la faune du calcaire blanc de l'Agenais (3) sont (1) Ph. Glangeaud : Les faciès de l'Oligocène aux environs de Bergerac et à travers l'Aquitaine [Bull. Soc. Géol. Fr., 1909, 4" série, t. IX, p. 434 à 441. (2) G. Vasseur : Sur les formations infratongriennes du Bassin de la Gironde (C. R. Soc. linn., 1889, vol. XLIII, p. xui à xLvni) ; se reporter à la liste bibliogra- phique pour les autres auteurs. (3) Il est regrettable que la série des excursions n'ait pu être complétée par une visite de la colline de Port-Sainte-Marie et des envii-ons de Nérac comme le prévoyait le programme de 1914, car c'est précisément dans cette région que l'on peut se rendre compte de la valeur du calcaire blanc de l'Agenais. Cette remarque s'applique aussi bien à l'étude du calcaire gris qui est cependant mieux représenté dans les environs de Bordeaux que le calcaire blanc. Isolément j'ai parcouru toute la région comprise entre Agen, Nérac, Casteljaloux et Langon. — 226 — représentés les mollusques d'eau douce et terrestres {Hélix Ramondi, Brong., Hélix girondica, Noulet, Carychium anti- quum. Brong., Planorbis cornu, Brong., Limnea pachygaster, Thomœ, Limnea Toumoueri, Degr.-Touz., Limnea girondica, Noulet, Unio Lacazei, Noulet, etc.), les carnassiers, les sui- diens, les rongeurs et les insectivores et M. Dollfus a été conduit en dernier lieu à rapprocher cette faune de celle du Bupélien et à placer le dépôt qui la contient dans le « Firmi- tien )) (Oligocène); d'autres auteurs (E. Fallot, J. Repelin, etc.) pensent au contraire que le calcaire blanc de l'Agenais n'est qu'un faciès lacustre de l'Aquitanien inférieur. Quelle que soit l'opinion admise, on peut constater que le calcaire blanc, d'une puissance de vingt-cinq mètres environ dans l'Age- nais, s'amincit vers le Bordelais oii il n'est plus repré- senté que par des niveaux de marnes blanches de faible épaisseur qui se relient étroitement avec les assises termi- nales du Rupélien, ainsi que nous l'avons observé au coteau d'Avignon, près de La Brède, et à la base de la coupe du moulin de Bernachon ; nous avons remarqué aussi que ce calcaire blanc se trouve placé très haut au coteau du Mirait près de La Réole oii il a une puissance plus grande que dans les environs de Bordeaux; enfin, dans l'Agenais, il atteint son développement maximum. On comprend très aisément que cette formation qui prend une importance de plus en plus considérable en allant vers le fond du bassin, a pu continuer à se déposer dans l'Agenais alors que la transgression de la mer Aquitanienne s'était déjà fait sentir dans les environs de Bordeaux oii elle déposait les faluns de La Brède et du moulin de Bernachon dont les éléments fauniques marquent l'avènement des temps miocéniques; le calcaire blanc de l'Agenais contient au contraire une faune lacustre et conti- nentale qui a encore gardé l'empreinte de l'époque oligocé- nique dont elle est issue. 227 — Journée du 28 Août. Excursion aux environs de Villandraut. Les géologues suivent d'abord la tranchée du chemin de fer entre la gare et le Ciron et ils observent la petite coupe ci-après : 1° A la base des marnes verdâtres ou brunâ- tres contenant des Potamides; 2° Un calcaire gréseux contenant un mélange de fossiles saumâtres (P«'e?ie//« inconstans,^v\\^., Cyrena Brongniarti, Bast.) et des fossiles marins [Chione ambigua, Rovereto, Cytherea, etc.); 3» Un calcaire gris présentant de petites exca- vations et contenant Hélix qirondica, Noulet, FiG- 10. 3 1 ■: Planorbis Mantelli, Dunk. (= Planorbis cornu, Grat. var. solidiis in Tournouer) et pétri de place en place d'Hydrobia attirensis, Noulet. C'est évidemment le calcaire gris de l'Agenais déjà annoncé par la décroissance des orga- nismes marins dans les couches sous-jacentes; 4o Un calcaire gréseux jaune avec de rares fossiles marins [Pecten] ; 5° Les sables et graviers des Landes recouvrant toute la contrée. Les excursionnistes prennent ensuite la route d'Uzeste; à un kilomètre environ du bourg de Villandraut, cette route est traversée par la voie ferrée qu'ils suivent à gauche pen- dant 300 mètres environ jusqu'au ruisseau qui coule dans un petit vallon dans lequel ils s'engagent ; ils arrivent ainsi au moulin de Gamachot, aujourd'hui abandonné, et descendent jusque sur la berge même du ruisseau peu alimenté à cette époque de l'année et qu'ils traversent aisément. En bas de la chute, ils se trouvent en présence d'un escarpement oii ils reconnaissent la succession suivante : — 228 — 4» A la base un sable grisâtre peu fossilifère et mal exposé; 2° Un falun marneux et calcaire, blanchâtre ou jaunâtre, épais d'environ 1 m. 50 et pétri de fossiles d'une fort belle conservation ; 3° Un falun calcaire, blanchâtre, plus compact, épais d'environ 2 mètres et rempli de Polypiers et de coquilles marines parmi lesquelles abondent les Vermets. Ils remontent ensuite au moulin, passent le pont et obser- vent dans le talus du déversoir : 4» Un sable blanc avec des intercala- tions d'argile verdâtre et brunâtre contenant des coquilles saumâ- tres ou d'eau douce Pirenella inconstans. Brug., Pirenella pli- cata, Brug., Potami- des Tournoiieri, Mayer, Neritina Fenissaci, Recluz, Cyrena Brongniar/i, Bast., asso- ciés à des espèces marines : Nassa aquitanica, Mayer, Ostrea producta, R. et D., Arca cardiiformis, Bast., que l'on peut récolter plus facilement dans un ruisselet qui longe le chemin d'accès au moulin. Enfin, dans une prairie, près de ce chemin, un talus laisse voir une marne brune remplie de hydrobia aturensis, Noulet. M. Degrange-Touzin avait déjà signalé l'existence d'une couche à Hydrobies au niveau du pont du moulin entre le falun à Polypiers et les couches à Potamides, mais le niveau que nous avons observé est plus haut; 5» Les sables et graviers des Landes recouvrent ces for- mations (1). FiG. 11. Croquis du moulin de Gamachot. (i) La feuille de La Réole de la carte géologique de France contient une erreur de coloriage en ce qui concerne les affleurements des moulins de Gamachot et de Portis ; c'est la teinte bistre correspondant à l'indice m,a*^ qui aurait du être employée et non la couleur jaune correspondant à l'indice m,b (rectification de M. Repelin, auteur de cette partie de la carte, parvenue pendant l'impression de ce compte rendu). — 229 — En tamisant les faliins dans le ruisseau, les amateurs de coquilles en recueillent très facilement une bonne série de ce gisement qui est très riche ; chacun a pu emporter de beaux exemplaires valves de Cliione ambigua, Rovereto. Aperçu de la faune de Gamachot. (Paluns 2 et 3. Aquitanien sup^). VERS Serpula protida, Cuvier. MOLLUSQUES Fissureîla subcoslarià, d'Orb. Emarginula subclathrata, d'Orb. Clanculus Âraonis, Bast. Gibbula aquitanica, G. et P. Callistoma subturgidula, d'Orb. Magulus angiilatiis, Eichwald. Ripponyx bistriatus, Grat. Crepidula crepidula, L., mut. îinguis, d'Orb. Calyptrea depressa^ Lmk. Natica neglecta, Mayer. — aqxdtanica^ Tourn. Rissoina elongata, Grat. — Loueli, Desh. — subcancelïata^ Grat. Alvania venus, d'Orb. — oceani, d'Orb, Proto Basteroti, Benoist. Turritella DesmaresH, Bast. Verinetus turonensis, Desh. — intortiis, Lmk. Bittiam subclathratiim, d'Orb. Cerithium ( Chondrocerithium) calculosum, Bast. , Terebralia subcorrugata, d'Orb. Cyprea Brocchi^ Desh. — leporina, Lmk. Conus aquitanicus. Mayer. Acteon pmgids, d'Orb. Ringiciila Tournoueri, Mor. Chlamys mullistriatiiSy Poli. Spondylus crassicostatiis, Lk., mut. aquitanicus^ G. et P. Ostrea producta, R. et D. — fimbriata, Grat. Alectryonia aquitanica, May. Arca turoniensis, Duj., mut. aquitanica, Mayer. Arca cardiiformis, Bast. — clathrata, Defr. Barbatia barbata, L. Cardita elongata, Bronn. — Tou7moueri, Mayer. Venericardia pinnula, Bast. Chama aquitanica, Benoist. Lucina globiilosa, Desh. Divaricella ornât a, Agass. Loripes dentatus^ Bast. Phacoïdes coiumbella^ Lmk., var, minor. - 230 Phacoïdes leonina, Desh. Millha incrassata, Dub., mut. siihscopulorum, d'Orb. Miltha trigonula, Desh. Cardium Benoisti, Cossmann. Discors aquitanicus, Mayer. Meretrix undata, Bast. Chione ambigua, Rovereto. Timoclea subspadicea^ Cossm. Tellina aquitanicû, Mayer. — bipartitciy Bast. — donacina, L. Mactra BasteroH, Mayer. Lutraria angusta, Desh. Corbula carinata, Duj., mut. Hœrnesi, Benoist. Corbulomya Tournoueri, May. BRYOZOAIRES • 21 sp. OTOLITHES DE POISSONS 3 sp. Les géologues rentrent au bourg de Villandraut vers midi; après le déjeuner, ils visitent les belles ruines du Château des Archevêques de Bordeaux et prennent ensuite la route de La Saubotte. A Noaillan, derrière la forge Vignolle, on a retrouvé dans un ruisselet les couches à Pirenella inconslans, Brug., et, un peu plus haut dans une petite fontaine, un calcaire lacustre blanchâtre contenant en abondance de beaux exemplaires de Planorbis Mantelh', Diink., Limnea dilatala, Noulet, Hélix girondica, Noulet, et quelques autres espèces qui indiquent bien le calcaire gris de l'Agenais. Sur le plateau de La Saubotte on a vu rapidement les exploitations de calcaire, puis on s'est rendu dans une vigne près de la maison Vigneron à gauche de la route en venant de Villandraut: on y a retrouvé un certain nombre d'espèces recueillies le matin dans les faluns inférieurs du moulin de Gamachot : Corbula carinata, Duj. mut. Hœrnesi, Benoist, Phacoïdes columbella, Lmk., var. miner, Arca tiironiensis, Duj. mut. aquitanica, Mayer, Arca cardiiformis, Bast., Turritella Desmaresti, Bast., etc. et, vers le haut du même gisement, des coquilles saumâtres qui indiquent la présence du falun supérieur du moulin de Gamachot : Pirenella inconstans, Bast. (très typiques), Potamides [Ptychopotamides) margaritaceus, — 231 — Brocchi, var. calcaratiis, Grat., ressemblant beaucoup aux exemplaires de la couche saumâtre de Lariey, et var. Grate- loiiin, d'Orb., à trois rangées égales de granulations (1). On a regagné ensuite le hameau de Peyrebernède, où on a pris l'autobus pour Gérons et l'on est rentré dans la soirée à Bordeaux. Des observations faites pendant cette dernière journée on peut tirer les résultats suivants : 1" Les l'a] lins marins du moulin de Gamachot et de La Saubotte contiennent des faunes qui montrent de très grandes ressemblances avec celle du falun de Lariey auquel ils cor- respondent très sensiblement; 2° Comme à Lariey, les faluns marins sont surmontés par des dépôts saumâtres à Potamides : marnes verdâtres à Pota- mides et calcaire gréseux à Potamides de la tranchée de Villandraut, marnes à Potamides et à Cyrènes du moulin de «iamachot, sables à Potamides de Noaillan et de La Saubotte, ([ui annoncent le régime lacustre qui va s'établir; 3" Le calcaire gris à Relix girondica, Noulet, de la tranchée de Villandraut, les couches à Hydrobia aturensis du moulin de Gamachot et les marnes blanches à Planorbis Mantelli, Duiik., ^i Hélix girondica, Noulet, de Noaillan qui font suite au dépôt saumâtre, représentent un épisode du calcaire gris (le l'Agenais. La succession observée dans cette région est donc très comparable dans son ensemble aux coupes de Lariey et de La Béole, où nous avons retrouvé des faunes qui contiennent beaucoup d'éléments identiques. (1) Dftlei'niinalious de M. A. Peyrol. Tome LXXTI. - 18 CONCLUSIONS Le Calcaire à Astéries (Rupélien) forme en quelque sorte la charpenle du pays que nous avons parcouru; nous l'avons snivien remontant La Garonne depuis Cenon jusqu'à La Réole où la partie supérieure présente un faciès latéral un peu spécial (argiles noirâtres du Mirait). A Avignon, près de La Brède, nous avons retrouvé le même calcnire avec les argiles verdâtres et brunâtres qui le recouvrent et nous savons qu'il existe sous Bordeaux, près de Léognan, à Sarcignan, etc., où il a fourni de beaux fossiles. C'est essentiellement une formation marine contenant un certain nombre d'orga- nismes qui ont eu une aire de dispersion très étendue, comme Natica crassatina, Lmk., qui a été retrouvé dans le Bassin de l'Adour (Lourquem, Lahosse, Saumon, Préchacq, Gaas, Garanx, Lesperon, etc.), dans le Bassin de Paris (faluns d'Etampes, de Jéurres, de Morigny, etc.), dans le Bassin de Mayence (sables de Weinheim, d'Alzcy, etc.), dans le Vicentin (Castel-Gomberto), en Bavière, en Transylvanie (vallée du Zsily)> en Hongrie (près deBude), etc.. Pendant la période Âquitanienne nous assistons « aux mouvements qui ont occasionné de nombreux énisodes dans la lutte entre les eaux douces et les eaux marines sur le golfe de t Aquitaine » (1). Le régime qui a varié continuellement et qui a été tantôt marin, tantôt saumàtre, tantôt lacustre, avec tous les intermédiaires, a compliqué singulièrement l'histoire (1) J. Repelin : Les liiniles de l'étag-e Aqiiilaiiien [Bn.U. Hoc. géol. de Fr., 1911' I. XI, p. 114). — 233 — slratigraphique de cette région. Ces variations ont modifié les conditions de la sédimentation et les dépôts qui en résultent présentent entre eux des différences très notables au point de vue des caractères pétrographiques : nous avons vu ainsi des faluns marins passer latéralement à des marnes saumâtres puis à des calcaires d'eau douce; ces changements des milieux l)iologiques dont les facteurs ont déterminé la répartition des organismes sont frappants et nous avons pu observer ainsi sur le même horizon des ensembles marins, des associations potamides et des populations lacustres. Ces transformations des faciès et des faunes s'effectuent aussi suivant les mêmes facteurs dans la succession verticale des dépôts. En résumé, l'Oligocène supérieur et le début du Miocène ont été marqués dans l'Agenais par deux grands épisodes lacustres séparés par une invasion marine qui s'est reproduite encore à la fm de la période; la succession est très simple : 1° Calcaire blanc lacustre de l'Agenais; 2» Argiles marines à ^Ostrea aginensis; 3° Calcaire gris lacuslve de l'Agenais; et 40 Argiles marines à Ostrea .agi)iensis. Dans la région de Villandraut-La Réole, les transgressions marines se font sentir davantage : déjà les dépôts marins (faluns de La Saul)otte, de (llamachot (inf') et du Mirait y prennent un développement considérable et le calcaire gris perd de son importance. Enfin, dans la région de La Brède-Saiicats, ce sont les dépôts marins qui prédominent: le calcaire blanc n'est plus représenté que par quelques couches intercalées entre des dépôts marins," et le calcaire gris est récitât à deux bancs qui limitent infé- rieurement et supérieur ernent l' Aquitanien supérieur. Le deuxième épisode lacustre du calcaire gris est annoncé par les faunes potamides que nous avons pu retrouver à ,Lariey, au moulin de l'Eglise, à La Réole, au moulin de Gamachot, à Villandraut et à Noaillau. Le diagramme tracé par M. Repelin (1) montre d'une façon remarquablement nette les relations qui existent entre (1) J. Repelin : Op. cil., p. 115. — 23i — les différents faciès des formations aquitaniennes dans le Bordelais, le Bazadais et l'Agenais ; il ne reste plus aujour- d'hui qu'à préciser ça et là quelques observations pour res- tituer, dans le menu détail, les contours des différents dépôts classés par cet auteur. L'étude de C Aquitaine faite avec un esprit synthétique fournit une illustration brillante à la conception des passages latéraux que l'on peut si bien suivre dans cette contrée. Les faunes aquitaniennes marines dans lesquelles il est assez difficile de faire des subdivisions justifiées, présentent des caractères propres qui les distinguent nettement de celles du Rupélien; elles montrent déjà des affinités burdigaliennes très étroites surtout dans la partie supérieure de. l'étage où la proportion des espèces biirdigaliennes est déjà importante. La faune du calcaire blanc de l'Agenais conserve au contraire des caractères plus anciens et c'est ce qui nous a conduit à ratta- cher cette formation au Chattien (Nammulitique sup') tout en admettant que sa majeure partie a pu se former encore pen- dant le débat de l'Aquitanien. Pn comprend bien qu'il est très difficile d'établir un synchronisme rigoureux entre des faunes marines et des faunes continentales, la première renouvelée en quelque sorte par une transgression apportant des éléments étrangers, l'autre issue directement d'ancêtres ayant vécu à proximité. Aux alternances de régime marin, saumâtre ou lacustre dont les dépôts constituent l'étage aquitanien, succède un régime franchement marin. La mer envahit le Bordelais et dépose les faluns coquilliers et les mollasses Burdiga- liens. La transgression marine constatée par le ravinement du calcaire lacustre supérieur que nous avons observé au Pelouaetà Mérignac, est un fait très important dans l'histoire stratigraphique de la région; c'est en effet le commencement d'une nouvelle série de formations avec de belles faunes qui conserveront, jusqu'à la fin de l'étage, leurs caractères propres. — 235 — Pris comme type dans le Bordelais où les dépôts sont cepen- dant limités, le Burdigalien a nne extension horizontale impor- tante à travers le monde; il est représenté dans toute la région méditerranéenne ; on l'a observé en Catalogne où il est nettement trans'gressif, sur la côte du Languedoc (mol- lasse des bords de l'étang de Leucate, couches de Béziers et de Montpellier), sur le littoral de Provence (mollasse gréseuse à Cardiinn burdigaHinim entre Carry et Sausset, près Mar- seille), aux Baléares, en Corse, en Sardaigne, dans le Tell algérien, en Tunisie, en Egypte et en Perse (environs du lac Ourmiah et de Téhéran où on a encore recueilli Cardium burdigalmuni). hdu mer burdigalienne remontait la vallée du Bhône (où les Peclen{\) ont fourni, à MM. Depéret et Roman, les bases de la stratigraphie), le Haut Dauphiné, le Jura, faisait le tour des, Alpes et s'étendait dans le Bassin de Vienne uù elle a déposé les sables de Gaudendorf qui contiennent de nombreux fossiles bordelais. « Les relations entre le versant atlantique et le bassin méditerranéen sont cependant difficiles à saisir daus le détail; tandis que les ressemblances sont frappantes entre le Bassin du Rhône et l'Autriehe, il n'en est plus de même quand on cherche à franchir le seuil qui sépare la Méditerranée de Y Atlantique dans la région sous- pyrénéenne » (F. Roman). Enfin, cet élage est connu de l'autre côté de V Atlantique : en Floride, à la Martinique, à la Jamaïque, à Panama, dans l'Alaska, etc. Le Burdigalien est donc un étage très général et non un terme plus ou moins local d'un étage plus important; aux dépôts marins que nous, avons indiqués, correspondent aussi des formations d'eau douce dans le détail desquelles nous ne pouvons pas entrer ici; elles ont fourni une faune de Vertébrés où les Proboscidiens (Mastodon, Dinotherium), les Pachy- dermes {Rhinocéros) et les Singes sont bien représentés. (1) Cf. : Ch. Depéret et F. Roman : Monographie des Peclinidés néogènes de l'Europe et des régions voisines [Mém. (paléontolog.) Soc. géol. de France, n» 26, 1902). Tome LXXII. 18a — 2m — La série marine se continue ensuite dans le Bordelais avec les dépôts helvétiens qui recouvrent les falnns burdiga- liens. Les faunes helvétiennes sont bien ditlerentes de celles qui les ont précédées ; elles présentent des affinités bien plus étroites avec les faunes actuelles. Après avoir déposé les faluns et mollasses de Salles, la mer se retire peu à peu de la région bordelaise. Boulogne-sur-Mer, /.) jancier 1021. A.-P. DCTERÏRE. 1 DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOC Environs de V UAl N N e la tranchée r à Villandraut. et marnes de Villandraut. Calcaire lacustre à 1 de Noaillan Falun à Potamides de Noaillan et de la! Falun marin de la ^UM TABLEAU INDIQUANT LA POSITION STRATIGRAPHIpUE DES FORMATIONS ÉTUDIÉES PENDANT LA RÉUNION DE LA SOCIÉTÉ GÉOLOGI0UE DE FRANCE DANS LE BORDELAIS QUATERNAIRE XEOGEXE Environs de Bordeaux Sables et graviei-s des Landes. NEOGENE ^ HEL^•ÉTIE^ .... Moyen j (Vindobonien inf'). ( [Sup'-.j BuRDiGALiEN./ Moyeii Inf^ -i MoUa'sse Fahin du Moulin de Salles de Debal Falun du Moulin du Minoy Falun de l'Argileyre Falun supérieur du vallon j SALLOMAGIEN de Pont-Pourquey ? ) (E. Fallol). Falun de Ponl-Pourquey. (Faluns de Gieux el de la CoquiUière). (1) Environs de Villandraut Environs de La Réole (Falun du Moulin de Lagus). (1) Mollasse el Falun du Coquillal. Falun de Méi-ignac sup' Falun du Peloua. Mollasse ossifère de Léognan | Falun de Thibaudcuu i iéogiia 1 AOUITAMEN . Sup^ Moyen I M-. . Galets de calcaii-e lacustre (dans les faluns de Mérignac. Falun de Mérignac inl' . . . . Calcaire lacustre sup' de la trancbée de la roule dn Son à Saucats. Couches à Potamides. Falun marin de Lariey. (Calcaire lacustre inf' de la roule du Son à Saucats.) (1) Couches saumâtres de la tranchée de la route du Son à Saucats. Sables argileux jauues du Moulin de Bernachon. Faluns de la trancbée de La Brède. Faluns du Moulin de Bernachon. ClIATTIEN. >>'LM.\IULITIQUE 1 Ri Supf Marnes blanches du coteau d'Avignon, près La Brède. Marnes blanches du Moulin de Bernachon. Calcaire à Astéries de Cenon. Argiles brunes et verdàtres du coteau d'Avignon. Calcaire à Astéries d'Avignon. San.noisien . . Calcaire gris de la tranchée du chemin de fer à Villandraut. Calcaire gréseux et marnes à Potamides de Villandraul. Calcaire lacustre à Planni'hcs de Noailian. Falun à Polamides el Cyrènes de Noailian et de la Sanl)otle. Falun mai'in de la Saul)otte. Marnes ii llydivibius du Muuliu do (ianiachol. Falun supf il Polamides l'I Cyi'ènes dn M"' de Caniiichdl. Faluns marins du Mouliu (II' (!iini»i'hot. Ciilcniri! KTis do la liulle du 'IVIéHraphe prés La Uéolc. lires il l'iiliiiuidos de In Bulle du 'l'i'lé- Krii|)lie, prés Ln Héole. i'iiliiii iiiiirin (i Arcu Cardii/'urmis du Mii'iill, pré.s Lu lléiilo. Ai'Kiles h O.tlrea aginemia du cotouii du Mirail, préa La Héole. CllIillilT il llcli.r 11,1,111, luli du coleaii du Miniil, l.rès La Itéiilc. Argiles noirâtres du coleuii ilii Mirail, prùs La lléolo. fjuicaire à Astéries de lu roule de Miiu- * lUBDiidiu, prés La Héole. Iwilciiirc avec lits luurnoux ;'i graines de Cliura. Ai'Kile grise el mollasse sableuse m du Flulat, près Lu Réole. Observations : (1) Ce» fo,;n(-dioi,s sont indiquée,! poin- même >re Wio/s n'ont pas été visilées pendant la Réunion. H- I !S T E2 PUBLICATIONS GÉOLOGIQUES SUR LE BORDELAIS'' Abréviations ; B. S. G. F., C. R. somm. S. G. F., = Bulletin, Compte Rendu sommaire des séances de la Société Géologique de France ; A. S. L.B., C. R. S. L.B., P.-V. S. L. B.= Actes, Comptes Rendus, Procès-Verbaux des séances de la Société Linnêenne de Bordeaux. 1817. Faujas de Saint- Fond. Notice sur quelques cocfuilles fossiles des environs de Bordeaux. Annales du Muséum, Paris, III, p. 195-197, 1 pi. (pi. X), quatre espèces figurées. 1824-1825. A. Boue. Mémoire géologique sur le Sud-Ouest de la France. Annales .Se. nat. II, p. 387-423. III, p. 55-57,' 299-322. IV, p. 125- 174 (Terr. tertiaires). 1825. De Basterot. Description géologique du Bassin tertiaire de Bor- deaux. I. Sud-Ouest de la France. Mém. Soc. d'Hist. nat. de Paris, t. II, p. 1-100 (7 pi.). 1826. Guillaud. Notice géologique sur le terrain de Saucats. A. S. L. B., t. I, p. 133-136, 143-147. 1826. Billaudel. Essai sur la détermination de quelques ossements fos- siles de Saint-Macaire et coup d'œil sur la géologie de la Gironde, Bordeaux. A. S. L. B., t. I, p. 95, 113, 319. 1830. Jouannet. Considération sur les Terrains tertiaires du département de la Gironde. A. S. L. B., l. IV, p. 171, 226, 334. 1832. Jouannet. Sur la présence de l'huître vir.ginienne dans l'Agenais. B. S. G. F., t. II, p. 84. (1) En dehors des travaux mentionnés dans cette liste, il existe un grand nombre de public. ■ de E. Benoist, E.-H. Brochon, Degrange-Touzin, E. Del- fortrie, Ch. des Ml us, Dulignon-Desgranges , Durègne, Emm. Fallot, Grateloup, 0. Linder, A. Peyrot, Tournouer, etc., qui ont été publiés, pour la plupart, dans les Actes et Comptes rendus de la Société linyiéenne de Bordeaux ; on en trouvera l'indication dans le catalogue de la Bibliothèque de cette Société et dans le cata- logue de ses publications imprimés en 1913. Tome LXXII. 19 — 238 — 1832. A. Boue. Lettre sur la Géologie des environs de Bordeaux. B. S. G. F., t. II, p. 375. 1832. Ch. des Moulins. Sur le terrain tertiaire des environs de Bordeaux, B. S. G. F., t. II, p. 440. 1833. Lyell. Principles of Geolog-y, London, t. III, Miocène, p. 202. Appendice par Deshayes (liste de fossiles du Bordelais). 1834. Chaubard et de Raignac. Notice géologique sur les Terrains du Lot-et-Garonne, Agen, 96 p., 3. pi. 1834. Dufrénoy. Mémoire géologique sur les Terrains tertiaires du Midi de la France, Ann. des Mines, t. VI, p, 417-450 (coupes) (voir Dufrénoy, 1873). 1838. Drouot. Essai sur la nature et la disposition des Terrains tertiaires dans la partie du département de la Gironde comprise entre « la Garonne » et « la Dordogne » . Ann. des Mines, t. XIII, p. 57., 84 pi. 1838. Grateloup. Considérations géologiques sur les environs de Dax, et mémoire, sur les coquilles fossiles terrestres et fluvialiles de Mandillot. A. S. L. B., t. X, p. 92. 1839. Grateloup. Catalogue systématique des débris fossiles des corps organisés du bassin de la Gironde. Acad. Se. Bordeaux, p. 211- 235, 431-460, 693-716. 1840. Grateloup. Considérations sur la géologie de la commune de Léo- gnan. A. S. L. B., t. IX, p. 335. 1841. Billaudel. Puits foré à Bordeaux. B. S. G. -F., t. XII, p. 278, t. XXVI. p. 241. -1843. H. de CoUegno. Mémoire sur la circulation des eaux souterraines dans le Sud-Ouest de la France. Ann. Se. géol., t. I, p. 473. 1843. H. de CoUegno. Essai d'une classification des Terrains tertiaires de la Gironde. Actes Acad. roy. de Bordeaux (44 p.). 1843. Pedroni fils. Catalogue minéralogique de la Gironde. A. S. L. B., t. XIII, p. 193. 1845. Pedroni. Mémoire sur les poissons fossiles du département de la Gironde. A. S. L. B., t. XIV, p. 277 (2 pi.). 1845. Grateloup. Notice géognostique sur les roches du bassin de UAdour. Actes Acad. roy. de Bordeaux (24 p.). 1846. Delbos. Recherches sur l'âge de la formation d'eau douce de la partie orientale du département de la Gironde. B. S. G. F., t.'lU, p. 402. 1847. Grateloup. Conchyliologie fossile des. Terrains tertiaires du bassin de l'Adour (1840). Bordeaux, in-4o (48 pi.). 1848. Delbos. Notice sur les faluns du Sud-Ouest de la France: B. S. G. F., t. V, p. 417. - 239 — 1848. V. Raulin. Faits et considérations pour servir au classement du terrain à Nummulites, comprenant : 1° l'âge relatif des dépôts marins du tertiaire de la Gironde ; 2° les indications fournies par les Echinides pour ce classement; 3» des remarques sur quelques-unes des dernières révolutions du globe. JB. S. G. F., 2® série, t. V, p. 114 et rectifications p. 433. (Cf. C. R. Acacl. Se-., 31 juillet 1848.) 1848, V. Raulin. Nouvel essai d'une classification des Terrains tertiaires de l'Aquitaine (Thèse). Actes Acacl. Bordeaux, t. X et analyse in B. S. G. F., 2e série, t. vf, p. 10. 1852. V. Raulin. Note relative aux Terrains tertiaires de l'Aquitaine. B. S. G. F., t. IX, p. 406-422. 1853. De Trenquelléon. Tableau des Coquilles fossiles recueillies dans les faluns de Raudignan. A. S. L. B., t. XVIII, p. 487. 1854. J. Delbos. Essai d'une description géologique du bassin de l'Adour, suivi de considérations sur l'âge et le classement des terrains nummulitiques (Thèse), Bordeaux, in-4o, 205 p. Extr. Mém. Soc. Se. phys. et nat., t. 1, p. 265-426 (2 pi.). 1855. V. Raulin. Age des formations d'eau douce de la portion de l'Aqui- taine à l'Est de « la Garonne ». Actes Acacl. imp. Bordeaux, t. XVII, p. 301-362. 1855. Raulin et Delbos. Extrait d'une monographie des (^ Ostrea » des Ter- rains tertiaires de l'Aquitaine, B. 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Note sur un nouvel affleurement de falun situé dans la propriété de M. Piganeau, à Mérignac. C. R. S. L. B., vol. LUI, p. XL-XLII. 1899. V. Raulin. Sur les plissements du bassin de l'Aquitaine (observa- tion à une note de M. Glangeaud). B. S. G. F., 3e série, t. XXVII, p. 114-117. 1900. Ed. Harlé. Cailloux pyrénéens du cours inférieur de « la Garonne ». B.S. G. F., t. XXVIII, p. 35. 1900. V. Raulin. Succession des mollusques terrestres et d'eau douce dans le bassin tertiaire de l'Aquitaine (avec un aperçu' des for- mations marines et un tableau de concordance avec le bassin de Paris). B. S. G. F., 3^ série, t. XXVIII, p. 45 à 54. 1900. G. Vasseur. Feuilles d'Aucli et de Lectoure. Bull. serv. Carte géol. Fr., no 73, p. 77; no 85, p. 104. 1900. E. Fallot. Excursion géologique du Congrès international. Livret- Guide, t. II, Gironde (Paris), 26 p., fig. 1901. V. Raulin. Sur la classification des terrains tertiaires de l'Aqui- taine. Congrès géol. Internat., Paris. 4 p. 1901, J. Repelin. Feuille de La Réole. Compte rendu collab. Bull. serv. Carte géol. Fr., no 80, p. 51; no 85, p. 98; no 110, p. 99; no 115, p. 97; no 119, p. 90. 1901. E. Fallot. Sur l'extension de la mer miocène dans l'Entre-deux- Mers. B. S. G. F., t. I, p. 433-438. 1903. H Douvillé. Sur le terrain nummulitique de l'Aquitaine. B. S. G. F., t. I, p. 15; t. IV, p. 340, 727; t. VI, p. 13. 1903. E. Fallot. Observations sur quelques « Scutellidee » des terrains tertiaires de la Gironde. Soc. Se. phys. et nat. Bord., 16 p. (2 pi.). 1904. J. Labrie. Les dépôts Aquitaniens et la limite de la mer Aquita- nienne en Entre-deux-Mers. A. S. L. B., vol. LIX, p. 33-43. 1906. G.-F. DoUfus. Considérations sur la classification du tertiaire sui- vies des observations de J. Boussac et de J. Blayac. B. S. G. F., 4* série, t. VI, p. 478-480. 1906. J. Repelin. Observations sur les dépôts Aquitaniens en Entre-deux- Mers. B.S. G. F., 4e série, t. VI, p. 245-248 et t. VII, p: 316. 1906. J. Blayac. Feuille de La Réole. Contribution à la géologie de l'Entre-deux-Mers. C. R. collab. Bull. serv. Carte géol. Fr., no 110, p. 88 et no 119, p. 83. — 247 — 1907. J. Repelin. Feuille de Grignols. Bull. serv. Carte géol. Fr., no 115, p. 98; no 122, p. 93; no 126, p. 111. 1907. G. Vasseur. Découverte de vertébrés dans les mollasses du Fron- sadais. C. R. Acad. se, t. 145, p. 1237, 1365. 1907. E. Fallot. Sur les couches de Sainte-Croix-du-Mont. B.S.G.F., t. VII, p. 47,453. 1907. A. Peyrot. Compte rendu de l'excursion de la Société linnéenne, à Léognan. C. R. S. L. B., t. LXII, p. xlv. 1907 à 1917. F. Canu. Les bryozoaires fossiles des terrains tertiaires du Sud-Ouest de la France. B. S. G. F. : 1907, I. Aquitanien, t. VI, p. 511-518; 1908, II. Lutétien,t. VIII, p. 322-390; 1909, III. Burdi- galien-Helvétien, t.- IX, p. 442-458; 1910, IV. Lutécien-Bartonien, t. X, p. 840-855; 1911, V, Bartonien (suite), t XI, p. 444-454; 1912, VI. Bartonien-Auversien, t.XlI, p. 623-630; 1914, VII. Luté- cien (Bruges), t. XIII, p. 298-303 ; 1914, VIII. Rupélien (Gaas), ^ t. XIV, p. 465-474; 1915, IX. Aquitanien, t. XV, p. 320-334; 1917, X. Burdigalien-Helvétien, t. XVI, p. 127-152; 1917, XI. Rupélien, t. XVII, p. 350-361 (nombreuses planches). 1908. Degrange-Touzin. Sur les nummulites du Sud-Ouest de la France. A. S. i.fî., vol. LXII, p. 343-353. 1908. Degrange-Touzin. Compte rendu de la fête linnéenne, à Cestas. C. R. S. L. B., vol. LXII, p. cLxxviii; vol. LXIII, p. xcni. 1908. Stehlin. Remarques sur les faunes des mammifères éocènes et oligocènes. B. S. G. F., t. IX, p. 488. 1909. G. DolU'us. Etude critique sur quelques coquilles fossiles du Bor- delais. A. S.L.B., vol. LXII, p. 355 (5 pi.). 1909. G. Dollfus. Essai sur l'étage Aquitanien. Bull. serv. Carte géol. Fr., no 124, t. XIX, 118 p. (6 pi.). 1909-1918. M. Cossmann et A. Peyrot. Conchologie néogénique de l'Aquitaine. A. S. L. B. — 1909, vol. LXIII, p. 73-293; 1910, vol. LXIV, p. 234-445; 1911, vol. LXV, p. 51-333; 1912, vol. LXVI, p. 121-324; 1914, vol. LXVIII, p. 5-210 et p. 361-435; 1915-1916, vol. LXIX, p. 157-365; 1917-1918, vol. LXX, p. 5-491. Très nombreuses planches. Il existe aussi un tirage à part in-4o : t. 1(718 p.) : Pelécypodes {Clavagellidm à Lucinidse); t. II, (496 p.) : Pelécypodes (fin et supplément) ; t. III (709 p.) : Scapho- podes, Gastéropodes jusqu'aux « Melanopsidae ». Cette publica- tion est en cours ; 1909. Ph. Glangeaud. Les faciès de l'oligocène aux environs de Berge- rac et à travers l'Aquitaine. B. S. G. F., 4^ série, t. IX, p. 434-441. 1910. X. Rozier. Découverte d'un nouveau gisement fossilifère entre Mios et Salles. P.- V. S. L. B., vol. LXIV, p. 50. _ 248 — 1910. J. Repelin. La feuille de Grignols. C.R. eollabor. Bull. serv. Carte géol. Fr., n" 128, p. 81 et no 132, p. 97. 1911-1912. J. Repelin. Limites de l'étage aquitanien. B. S. G. F., t. XI, p. 100-117. 1911. F. Priera. Sur des otolithes de poissons fossiles des terrains ter- tiaires supérieurs de France. B. 5. G. F., 4^ série, t. XI, p. 38 46. 1912. J, Lambert. Révision des échinides fossiles du Bordelais. A. S. L. B., vol. LXVI, p. 45-121 (planches). 1912. Degrange-Touzin . Contribution à l'étude de l'Aquitanien dans la vallée de la Douze (Landes). A. S. L. B., t. LXVI, p. 1-44 (avec figures) . 1912. G. DoUfus. Nouvelles recherches sur l'Aquitanien en Aquitaine. B. S. G. F., t. XII, p. 472-500. 1912. Ed. Harlé. Etudes sur les Landes de Gascogne. B. S. G. F., t. XII, p. 414. 1912. Priem. Sur les poissons fossiles des terrains tertiaires du Sud- Ouest de la France. B. S. G. F, t. XII, p. 213. 1912. J. Repelin. Observations au sujet d'une nouvelle classification de l'Aquitanien en Aquitaine. B. S. G. F., t. XII, p. 501-503. 1912. G. Vasseur. Sur la faune de vertébrés de l'Aquitanien supérieur de l'Agenais. C. fi. Ac. Se, 11 et 25 novembre. 1912. G. Dollfus. Molasse de l'Armagnac. C. fi. somm. S. G. F., 17 juin. 1913. H. Douvillé. L'éocène inférieur en Aquitaine. C. fi. somm. S. G. F., 7 avril. 1913. J. Blayac. Présence de « Num. intermedius » à la base de la molasse de l'Agenais à Casteljaloux. C. fi. somm. S. G. F., 23 juin. 1913. Ph. Queyron. Excursion géologique autour de La Réole. P.-V. S. L. B.,t. LXVII, p. 134-140. 1914. G. -F. Dollfus. Conchyliologie de la mollasse de l'Armagnac. C. fi. somm. S. G. F., p. 121. 1915. G. -F. Dollfus. Etude sur la mollasse de l'Armagnac. B. S. G. F., p. 335-342. 1915. J. Labrie. Excursion géologique dans les environs de Nicole, Aiguillon et Port-Sainte-Marie. P.-V. S. L. B.,t. LXIX, p. 24-26. 1917. J. Blayac. Observations à propos d'une note posthume de G. Vas- seur : « Découverte de restes à'Anthracotherium dans les for- mations sannoisiennes du bassin d'Aix-en-Provence ». C. fi. somm. S. G. F., n» 2, p. 25-27. 1917. J. Repelin. Observations à propos d'une note posthume de Vas- seur : « Découverte de restes à' Anthracotherium dans les forma- - 249 - lions sannoisiennes du bassin d'Aix-en-Provence ». C. R. somm. S. G. F., no 2, p. 27-30. 1917. Ch. Depéret. Sur l'âge de la faune de Sansan. C. R. somm. S. G. F., no 6, p. 73-75. 1917. G. -F. Dollfus. Limites de l'oligocène dans la Gironde. C. il. somm. S. G. F., no 12, p. 157-159, et remarques de J. Blayac, p. 160. 1917, J. Blayac et P. Deguilhem. Nouvelle découverte de restes de ver- tébrés dans la mollasse de l'Agenais aux environs de Monbahus (Lot-et-Garonne). C. R. somm. S. G. F., no 12, p. 160-161 et remarques de G. -F. Dollfus, p. 162. 1917. G. -F. Dollfus. L'oligocène dans le Sud-Ouest de la France. C. R. somm. S. G. F., no 14, p. 186-189 et remarques de J. Blayac, p. 189-190. 1917. G. -F. Dollfus. Limites de l'Oligocène dans le Sud-Ouegt. C. R. somm. (jéol. Fr., no 15, p. 199-201, et remarques de J. Blayac, p. 201-202. 1917. J. Blayac. Situation stratigraphique du gisement de vertébrés Aquilaniens de Laugnac, près Agen . C. R. somm. S. G. F., 110 16^ p_ 210-212, et remarques de G. -F. Dollfus et M. Cossmann, p. 212. 1917. J. Repelin, Observations relatives à l'éocène supérieur dans le Sud-Ouest de la France. C. fi. somm. S. G. F , no 16, p. 214-216, et remarques de G. -F. Dollfus, p. 216. 1918. G. -F. Dollfus. Limites de l'oligocène dans le Sud-Ouest (suite). C. fi. somm. Soc. géol. Fr., no 1, p. 2-10. 1918. G. -F. Dollfus. Réponse à une observation de M. Blayac (au sujet de la position de la, mollasse du Fronsadais.) C. fi. somm. S. G. F., no 2, p. 27-28. 1918. J. Repelin. Remarques au sujet des dernières notes de M. Dollfus (au sujet de l'âgé du calcaire de Laugnac). C. fi. somin. S. G. F., no 2, p. 28-29. 1918. J. Blayac. Observations au sujet des limites de l'oligocène dans le Sud-Ouest de la France. C. fi. somm. S. G. F., no 5, p. 51-52. 1918. J. Repelin. Aperçu sur la succession des faunes de mammifères tertiaires dans le Sud-Ouest de la France. C fi. somm. S. G. F., no 6, p. 65-68. 1918. G. -F. Dollfus. Réponse aux observations de M. Blayac sur les limites de l'oligocène du Sud-Ouest de la France. C. fi. somm. S. G. F., no 7, p. 72-73. 1918. J. Repelin. Répartition stratigraphique des faunes de mammifères oligocènes dans le bassin de l'Aquitaine. C. fi. somm. S. G. F., no 7, p. 73-75. - 250 — 1918. J. Blayac. Nouvelles découvertes de mammifères dans le sannoi- sien et le stampien inférieur du Lot-et-Garonne. C. R. somm. S. G. F., no 9, p. 103-104. 1918. M. Cossmann. Synopsis illustré des mollusques de l'éocène et de l'oligocène en Aquitaine. C. R. somm. S. G. F., no 13, p. 134-135. 1919. H. Douvillé. Sur la distribution des nummulites en Aquitaine. Cil. somm. S. G. F., no 7, p. 57-58. 1919. Eldouard et Jacques Harlé. Mémoire sur les dunes de Gascogne. Bull, de la section de Géographie. Comm. des trav. histov. et scientif. Minist. Inst. Publ., t. XXXIV, 2^ partie, p. 1-145. 1920. D»" M. Faura i Sans. Reunion extraordinaria de la Sociedad geo- logica de Francia (à Bordeaux). Revue a Iberica ». 1920. G.-F. DoUfus. Compte rendu sommaire de la réunion extraordinaire de la Société géologique de France, à Bordeaux. C. R. somm. S. G. F., 1920, no 13. Cartes géologiques 1882. Feuille géologique de Bordeaux à 1/80.000 par M. Linder. 1882. Feuille de La Teste-de-Buch à 1/80.000 par M. Linder. 1882. Fallot. Carte géologique des environs de Bordeaux à 1/80.000 (avec explication.) 1900. Feuille CJAgen, par MM. Vasseur et Doumerc. 1910. Feuille de La Réole, par MM. Vasseur, Blayac et Repelin. 1912. Feuille de Grignols, par les mêmes auteurs. Carte géologique de France à 1/500.000 par Carez et Vasseur (feuilles IXetX). Cartes topographiques Bordeaux. N» 180 S. E. à 1/80.000 et à 1/50.000. La Teste-de-Buch. No 191 N.B. et S. E. — La Réole. No 162 S. W., N. W., S. E. - Grignols. No 204 S. E. — Agen. No 205 S. W. — ISTOTE! SUR Brechites leognanus (Hœninghaus) Far A. PEYROT Il y a près d'un siècle, vers 1829, un géologue allemand, Hœninghaus, de Grefeld, adressait à ses correspondants, sur une feuille volante, la figure et une courte description, d'une de ces rares coquilles des mers chaudes connues sous le nom vulgaire d'Arrosoii^ trouvée fossile à Léognan. Il la nommait Aspergilhwi leognanum. Cette découverte fut contestée dès son origine ; depuis rien n'est venu la confirmer. A. leognanum est resté unique, malgré une exploration séculaire de nos faluns; on ne sait ce qu'est devenu le type; la publication d'Hœninghaus restait elle-même introuvable. Dernièrement, un ami de notre collègue M, Neuville, en a recueilli un exemplaire entre les feuillets d'un ouvrage paléontologique contemporain d'Hœninghaus : Petrefacta germaniœ, Goldfuss. M. Neuville a eu l'obligeance de me communiquer cette rareté bibliographique; elle est reproduite ci-contre. Le genre Brechites (de gpéx^, j'arrose), institué en 1774 par Guettard pour de curieux Pélécypodes cantonnés actuelle- ment dans l'Océan Indien et la Mer Rouge, renferme une vingtaine d'espèces. Leurs valves atrophiées sont encastrées dans les parois d'un long tube, renflé en massue à l'une de — 252 — ses extrémités qui est fermée par une calotte percée de nombreux trous, comme une pomme d'arrosoir. Les auteurs pré-linnéens en avaient décrit ou figuré quel- ques spécimens, sous des noms tirés de la terminologie eroti- que fort usitée en Conchyliologie aux xvii^ et xvm^ siècles : Phallus marinus, Tube de Vénus, Brandon d'Amour. Le nom plus décent à' Arrosoir est dû à d'Argenville (1757). La place des Arrosoirs dans la Systématique n'a été qu'assez tardivement fixée. On les réunit tout d'aboi^d, sous le nom de « tuyaux marins », à d'autres animaux fort dissemblables : les Serpules, lés Tarets, les Dentales, uniquement parce que chez les uns et les autres le corps est protégé par un tube calcaire, bien que la constitution de ces tubes et leur signifi- cation morphologique soient fort différentes. Linné dans la Xe éd. de son Systeina naturœ, range tous les Arrosoirs connus de son temps dans son Genre hétérogène Serpula sous l'unique dénomination de S. pénis. Le premier, Guettard, en 1774, dans un mémoire peu connu sur les Tuyaux marins comprit la nécessité de les diviser en coupes génériques distinctes et en particulier caractérisa pour les Arrosoirs le G. Brechites. Il faut donc rejeter en synonymie les dénomi- nations postérieures de Penecillus, Bruguière (1789, Encycl. méth.)\ Aspergillwn, Lamarek (1818). Toutefois, si dès lors le Genre est bien délimité, ses rapports resteront longtemps mal fixés. Cuvier dans la première édition de son Bègne animal le laisse dans les Serpules. Lamarek le rejeta d'abord à la fin des mollusques céphalés, puis ne tarda pas à reconnaître que les Arrosoirs sont des mollusques bivalves, le tube n'étant qu'un appareil de protection accessoire ajouté aux valves atrophiées; il les classa d'abord dans la Famille des Pholadaires et créa plus tard la Famille des Tubicolés pour les Q. Brechites [Asper- gillum), Clavagelle, Fistulaire, Cloisonnaire, Taret, etc. Cuvier, qui avait pu étudier l'anatomie de l'animal sur un exemplaire rapporté de la Mer Rouge, plaça aussi (Bègne animal, éd. 2) les Arrosoirs au voisinage des Tarets, sans or.R toutefois accepter la Famille des Tuhicolés qui fut en revanche aiLjptée par Deshayes (Traité élém. Conch.) mais réduite aux trois genres Arrosoir, CAcwagelle, Gastrochène . Avec d'Orbigny la Famille des Clavagellidœ ne comprend que les deux Genres Clavagella et Brechites. L'opinion de d'Orbigny est généralement admise aujourd'hui. Reproduction de la Figure et du Texte d'Hqîningiiaus Aspergillum Leognanum ■Vaçjiaa subclavata, corpora aliéna agglaliiiante, disco LubuUs frequenlibas echinaio, eliam aliéna corpoPa agglutinante, finihna et fissura destiiulo. Fourreau Uibuleux, le disque offrant des liibes saillants en grand nombre, mais sans aucune fissure au cenlre. Le tuyau el le disque sont renouverls en plusieurs parties de sable et de petits cailloux. Trouvé fossile à Léognan (près de Boidoaux). Il n'y a pas lieu d'étudier ici la classification générale des Pe///Cf/poda. Je me permettrai seulement d'indiquer que dans celle adoptée par M. Cossmann et moi dans notre Conchologic néogénique de l' Aquitaine, la Famille Clavagellidœ consti- tuant à elle seule le cénacle Eunphonacca Dali, est rangée Tome LXXII. 20 — 254 — dans le sous-ordre : Anamalodesmata Dali. Ordre des Eula- mellibranchiata Bernard. Voici les caractères du G. Brechites : valves très petites, nacrées, snbégales, ornées de fines stries rayonnantes, à crochets saillants, portant deux petites impressions muscu- laires obliques, presque en forme d'un 7, symétriques de chaque côté du crochet. Bords des valves complètement adhé- rents à la partie antérieure d'un tube calcaire, claviforme, un peu irrégulier, ouvert postérieurement à son extrémité qui est souvent ornée à l'extérieur, de lamelles ou manchettes espacées, fermé postérieurement par un disque convexe, perforé comme une pomme d'arrosoir et dont le limbe est entouré d'une rangée de tubes serrés, longs, généralement dichotomisés; au centre du disque on aperçoit une fente très étroite correspondant à l'orifice pédireux du manteau. Les i?>'ec/iz7e.? vivent enfoncés dans le sable des plages, le disque étant libre ou adhérent. L'exalnen de la figure publiée par Hœninghans, montre qu'elle représente incontestablement un Brechites. Cependant on n'aperçoit pas de fissure centrale sur le disque, et cela n'est pas un oubli du dessinateur, car la courte diagnose accompagnant la figure porte «sans aucune fissure au centre», probablement était-elle simplement obturée, car on ne connaît pas de Brechites qui en soit dépourvu ; les tubes marginaux du disque sont usés, la coquille ayant été l'oulée ; on voit sur le disque et le tube des corpuscules agglutinés, l'extrémité postérieure du tube est cassée, on ne peut donc savoir s'il était pourvu ou non de manchettes ; enfin les valves encas- trées dans le' tube sont ou bien mal dessinées ou présentent un aspect très spécial. Je n'ai trouvé que deux citations de la publication d'Hœ- ninghans, toutes deux de Deshayes ; la première dans la continuation de V Encyclopédie méthodique (1820, « Histoire naturelle des vers », t. 2, p. 74). J'en extrais les passages suivants : ce 11 y a environ une année que M. Hœninghaus^ de Crefeld, communiqua aux amateurs d'histoire naturelle la — 255 — figure et une courte description d'une espèce d''Airosoir trouvée fossile aux environs de Bordeaux. Quelques doutes s'élevèrent pour contester l'état fossile de celte coquille, mais depuis sa publication, M. Hœninghaus étant venu à Paris, il nous a été possible de prendre de nouveaux renseignements de cet estimable savant. Il nous a assuré qu'il ne doutait en aucune façon que VAirosoh' en question ne fut parfaitement fossile... Si les caractères donnés à cette espèce sont bien ceux qui lui conviennent ce serait une espèce vraiment distincte puisqu'elle offrirait l'exemple unique jusqu'à présent d'avoir le disque dépourvu de fissure ; elle présenterait encore cela de particulier d'être agglutinante non seulement sur le tube, mais encore sur le disque, ce qui olTre un carac- tère non moins important que le premier. . . Tout le tube est rempli de sable semblable à celui de Léognan. » Le deuxième article de Deshayes est de 1843 {Traité élém. Conch.y t. 1, p. 16). 11 n'apporte aucune lumière nouvelle. En résumé, nous ne savons pas si le spécimen dessiné par Hœninghaus est bien fossile, s'il l'a récolté lui-même, ou bien s'il lui a été communiqué, et par qui. Deshayes n'a pas vu le spécimen en question; son opinion paraît flottante; ni Basterot, ni Grateloup, contemporains d'Hœninghaus, ne parlent dans leurs ouvrages de sa découverte et ne mention- nent le G. Arrosoir 'àn.n^ leurs ouvrages; Desmoulins, Benoist, ni M. Degrange-ïouzin ne le signalent ; enfin, à ma connais- sance, il n'existe d'autre Brechiles fossile que le probléma- tique B. leognanus. Nous en restons réduits aux conjectures. L'unique intérêt de cette note, peut-être trop longue, sera donc de répandre un document bibliographique respectable, tout au moins par son âge, et aussi d'inciter les chercheurs à fouiller les recoins de leurs collections, à surveiller attenti- vement leurs récoltes futures, avec l'espoir de mettre la main sur quelques débris de l'introuvable B. leognanus. TABLE DES MATIÈRES (ACTES 1920) Charrier (Henri). — lÀecherclies sur la Nereis fucata ■ 5 ])uviîRiiiiiR (.1.). — Noie sur les Bryozoaires du Néogène de TAquilaine 145 DuTEKïHE (A. -P.). — CuLiuple rendu de la Réunion exlraoï-dinaire de la Sociélé géologique de France dans le Bordelais (23-28 aoùl 1920) . . . .■ : 183 Peirot (A.). — Noie sur Brechites leo(/>ianus (Ilu'iiingliaus) : . . . . 251 EXTRAITS PROCÈS -VERBAUX Séances de la Société Linnèenne de Bordeaux d920 PERSONNEL DE LA SOCIÉTÉ*^» Au 1er janvier 1920 Fondateur directeur : J.-F. LaTERRADE (mort le 31 octobre 1858), direc- teur PENDANT QUARANTE ANS ET CINQ MOIS, MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TÈTE de la liste des membres, par décision du 30 novembre 1859. Des moulins (Charles), (mort le 24 décembre 1875), président pendant trente ANS, maintenu a PERPÉTUITÉ EN TÈTE DE LA LISTE DES MEMBRES, PAR DÉCI- SION DU 6 FÉVRIER 1878. Composition du Bureau de la Société CONSEIL D'ADMINISTRATION MM. Bardié, ||I., Président. Latnarque, îj^, %^A., Vice-Prés. Baudrimont, Secrétaire général. Malvesin-Fabre, Secr. adjoint. Rozier (X.), Trésorier. Breignet, Ç| 1., Arcltivisle. MM. Daydie, Archiviste adjoint. Degrange-Touzin. De vaux, p I. Feytaud, Ç| A. Llaguet, *, ||I. Muratet, ^, Ç| I. COMMISSION DES PUBLICATIONS MM. Malvesin-Fabre. Muratet, ij^f, l| I. , Rozier. COMMISSION DES FINANCES ! COMMISSION DES ARCHIVES MM. Daydie. i MM. Castex. Gouin. [ Chaîne, y I., g. Lacouture. i Feytaud, || A. (1) Fondée le 25 juin 1818, la. Société Linnéenne de Bordeaux a été reconnue comme Établissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a été autorisée à modifier ses statuts par décret du Président de la Républi- que du 25 janvier 1884. PROCES- VERBAUX MEMBRES D'HONNEUR MM. Le Préfet de la Gironde. > Le Président du Conseil général de la Gironde. Le Maire de Bordeaux. Bonnier (Gaston), rue de l'Estrapade, 15, Paris Botanique. Carthailhac (Emile), 0. ^, rue de la Chaîne, 5, Toulouse Préhistoire. Cossmann (M.), ^, 8, chaussée de la Muette, Paris Paléontologie. Dollfus (G.), 45, rue de Chabrol, Paris Géologie. MEMBRES HONORAIRES ■ " MM. Coutures, rue de Mexico, 56, Caudéran Entom. (Col.) Dupuy de la Grand'Rive (E.), || A., 36, Grande Rue, Libourne Géologie. Eyquem (Gaston), chemiii d'Eysines, 262, Caudéran Botanique. Jolyet (D'), à Arcachon (Gironde) Biologie. Lustrac (de), 100, rue de la Croix-Blanche Botanique. Neuville (Marcel), 129, allées de Boutaut Géologie. Neyraut, || A., 236, rue Sainte-Catherine ■ Botanique. MEMBRES TITULAIRES et Membres à vie (*) MM. Arné (Paul), 121, rue Judaïque Zoologie. Artigue (Félix), 104, rue Mondenard Géologie. Baraton (Commandant Louis), 0. ^, N. I., 2, rue Pérey Botanique. Bardié (Armand), ^i I., 49, cours Georges-Clemenceau Botanique. Baronnet, 213, l'ue de Saint-Genès Botanique. Barrère (D' P.), 28, rue du Roi-Doré, Paris , Botanique. Baudrimont (D"' Albert), 40, rue des Remparts Biologie. Beille (D'), ^, ^ T., §, 35, rue Constantin Botanique. Boutan, ||I., Professeur de Zoologie, Faculté des Sciences, 149, c. de la Marne. Zoologie. Breignet (Frédéric), %^ 1., 10, rue de l'Eglise-Saint-Seùrin Entom. (Lép.). Cabantous (Louis), %^A., §, villa Monrepos, chemin Duvergier, 1, Caudéran. Entomologie, Cadoret (Yves), 4, rue de l'Église Saint-Seurin *. Zoologie. ■jl^ Gastex (Louis), 6, rue Desfournie! Paléontologie. Chaîne (Joseph), || L, §, 247, cours de l'Argonne ,. . Zoologie. if Claverie (Aurélien), château La Peyruche, à Langoiran Histoire natur'». Charrier, Directeur de la Station scientifique du Collège Régnault, à Tanger. Sciences nat'". Dautzenberg (Philippe), 209, rue de l'Université, Paris Géologie. Daydie (Ch.)., 91, rue du Grand-Maurian, Bordeaux-Saint-Augustin Coléopt., Conch. PROCÉS-VERBAUX 5 Degrange-Touzin (Armand), 157, rue de l'Eglise-Saint-Seurin Géologie. Desmazes (Jean), au Collège de Blaye Botanique. Devaux, || 1., 44, rue Millière Botanique. Directeur de l'Ecole de Saint-Genès Zoologie. Dubreuilh, pharmacien, 7, rue Judaïque Botanique. Durand-Degrange, || A., g, 24, rue Trocard, Libourne (Gironde) Botanique. Duvergier, ^, domaine de Caillavet, Mérignac (Gironde) ....... Paléontologie. Feytaud (D"), ^ A., maître de conférences de zoologie agricole à la Faculté des Sciences, 149, cours de la Marne Zoologie. Fiton, Il T., §., directeur de l'Ecole primaire supérieure de Talence Botanique. Gouin (Henri), 99, cours d'Alsace-et-Lorraine , Entom. (Lép.). Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny Minéralogie. Gruvel, ^, || I., i, 66, rue Claude-Bernard, Paris (V') Zoologie. Guestier (Daniel), 0. ^, 41, cours du Pavé-des-Chartrons Géologie. Henriot (Philippe), château de Picon, Eynesse (Gironde) Botan., Entom. (lépid.). Hillairet (D'^ Jean), à Cadillac-sur-Garonne Botan., Biol. Journu (Auguste), 55, cours Georges-Clemenceau Botanique. * Labrie (Abbé), ^ A., curé de Frontenac (Gironde) Botan., Préhist. Lafabrie- Raymond (J.-A.), 31, avenue de Mirande, Caudéran Conchyliologie. Lalanne (D"- Gaston), p A., Castel d'Andorte, Le Bouscat (Gironde) Botan., Préhist. Lalesque (D''), villa Claude-Bernard, Arcachon Biologie. Lamarque (D' Henri), ij^, || A., 85, rue de S'aint-Genès Botanique. ir Lambertie (Maurice), 35, rue des Faures Entom. (Hém.). La^vlon (Edouard), 94, quai des Chartrons Ornithologie. Llaguet (D' B.), ^, || T., villa Linné, 11, avenue de la Chapelle, Arcachon. Biologie. Malvesin-Fabre (Georges), 1, rue de Talence Botanique. Manon (D''), ^, médecin-major de 1" classe en retraite, 35, cours Pasteur . . Entomologie. Muratet (D' Léon), -JftJ, P 1., 1, place de la Victoire Biologie. Pain ((D'' Denis), 164, rue Sainte-Catherine Biologie. Plomb (Georges), 22, rue Edison, Talence Botanique. Preller (L.), 5, cours de Gourgue Botanique. Queyron, || A., §, médecin-vétérinaire, rue des Ecoles. La Réole ■ Botanique. Reyt (Pierre), Bouliac (Gironde) Géologie. Rozier (Xavier), 7, rue Gouvion. Géologie. Sabrazès (D"'), || L, 50, rue Ferrère Biologie. Sarrazin (M'^'L.), |Jll., profes' au Lycée de Jeunes Filles, 90, r. Mondenard. Botanique. Sauvageau (Camille), %) I., professeur à la Faculté des Sciences, Bordeaux. Botanique. Sigalas (Di" Raymond), 99, rue de Saint-Genès Zoologie. Simon (René), professeur à l'Ecole Normale, Saint-André-de-Cubzac Botanique. PROCES-VERBAUX MEMBRES CORRESPONDANTS (Les membres dont les noms sont marqués d"un it sont cotisants et reçoivent les publications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. * Bon (Marcel), juge au Tribunal civil de Montmorillon (Vienne) Ornilh., Col. * Bouygues, || U 0. §, Institut botanique de l'Université, à Caen Botanique. * Claverie, ^, g, inspecteur des Eaux et Forêts, à Digne (Basses-Alpes) . . . Botanique. * Daleau (François), || I., Bourg-sur-Gironde Préhistoire. * Dubalen, directeur du Muséum, Mont-de-Marsan (Landes) Géologie. * Durègne, ^, P I., 309, boulevard du Président-Wilson Géologie. ir Ferton (Ch.), chef d'escadron d'artillerie en retraite, Bonifacio (Corse) ■ Entom. (Hym.) * Gendre (D"- Ernest), Inspection de l'Assistance publique, Angers (M.-et-L.). Zoologie. ir Hermann, 8, rue de la Sorbonne, Paris Zoologie. Janet (Charles), 71, rue de Paris, à Voisinlieu, par Allonue (Oise) Entomologie. * Lambert (.Iules), Présid' du Tribunal civil, rue Ambroise-Cottet, 57, Troyes. Gonéhyliolog-ie. Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, Toulouse. -k Lastours (D"' Louis de), 5, place Dumoustier, Nantes Entomologie. ir Lataste (Fernand), Cadillac (Gironde) : Zoologie. * Maxwell (J.), ij^, ||A., Procureur gén»! près la Cour d'appel de Bordeaux. Botanique. Péchoutre, ^, Lycée Louis-le-Grand, rue Touiller, 6, Paris Botanique. * Peyrot, P I., 31, rue Wuslemberg. Paléontologie. Ramond-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de Médecine de Madrid. Zoologie.' * Ramond-Gontaud, p I., assistant de géologie au Muséum national d'his- toire naturelle, LS, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur-Seine Géologie. Regelsperger (G.), 85, rue de la Boétie, Paris Géologie. Rochebrune (de), p I., assistant au Muséum, 55, rue Buffon, Paris Zoologie. * Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, Pari^ Entom. (Arach. Southoff (Georges de), 13, via Santo-Spirito, Florence (Italie) Erpétologie. Verguin (Louis), lieutenant-colonel d'artillerie Botanique. MEMBRES AUDITEURS ALM. Ballais (Camille), a Castel-d'Andorte, Le Bouscat Botan. (Orch.) Bertrand (Henri), 2, rue Julie Hisl. naturelle. Bouchon, préparateur a. l'Herbier municipal, 19, rue Verdier Botanique. Capdeville (Gérard), instituteur à l'école Paul-Bert, Arcachon Biologie. Courtel (Emile), 102, chemin de Pessac, Talence Botanique. Godillon (E.), 36, avenue des Camps, Le Bouscat Botanique. PROCÈS-VERBAUX 7 Grédy (Henry), %^ A., 19, cours du Pavé-des-Charlrons. Zoologie. Lacouture, 25, cours Balguerie-Stuttenberg Botanique. Haillecourt (Marcel), au Dispensaire d'hyg-iène, rue du Casino, Arcachon... Botanique. Pépion (Aristide), rue Victor-Hugo, Bègles Botanique. Pique (Abbé), curé de Saint-Brice, par Sauvelerre-de-Guienne Botanique. Tempère (Gaston), villa Andrée-Lucie, x\rcachon Biologie. liste des publications périodiques reçues par la Société ôtû(i) Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Ministère de l'Instruction publique : Académie des Sciences (Institut de France). Comptes rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie annuelle des Travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Bibliographie générale des Travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Comité des Travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Annuaire des Bibliothèques et des Archives. Revue des Sociétés savantes. II. — Sociétés françaises. Alger.... Bulletin de la Société d'histoire naturelle de l'Afrique du nord. x\ngers , . Bulletin de la Société d'p]tudes scientifiques. Arcachon * Société scientifique. Station biologique. AuT.UN * Bulletin de la Société d'histoire naturelle. Au-SERRE Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. Bagnf;res-de-Bigorre. * Bulletin de la Société Ramond. Folklore pyrénéen. (l) L"-s Sociétés marquées d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas par- venues à la Société Linnéenne dans le courant de l'année 1919. Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. O PROCES-YERPAUX Bar-le-Duc * Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc. Bordeaux Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bor- deaux. — * Annales de la Société d'Agriculture du département de la Gironde. — * Nouvelles annales de la Société d'Horticulture du départe- ment de la Gironde. — Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. — Procès-verbaux et Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. — * Observations pluviométriques et thermométriques faites dans la France méridionale et plus spécialement dans le département de la Gironde. — Bulletin de la Société d'études et de vulgarisation de la Zoologie^^agricole . Bourg. * Bulletin de la Société des Naturalistes de l'Ain. Caen Société Linnéenne de Normandie. Carc.assonne * Bulletin de la Société d'Études scientifiques de l'Aude. Chalons-sur-Marne . * Mémoires de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du département de la Marne. Cherbourg * Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. Dax * Bulletin trimestriel de la Société de Borda. Grenoble Annales de l'Université. — Société dauphinoise d'Études biologiques (Bio-Club). Lille. * Société géologique du Nord. Limoges Revue scientifique du Limousin. Lyon x\nnales de la Société Linnéenne de Lyon. — - Société botanique de Lyon. — Mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts. Le Mans Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe. Marseille Annales du Musée d'Histoire naturelle de Marseille. Marseille Annales de la Faculté des Sciences de Marseille. — * Bulletin de la Société Linnéenne de Provence. Metz. Mémoires de l'Académie des Lettres, Sciences, Arts et Agriculture. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Metz. Montpellier Académie des Sciences et Lettres de Montpellier. (Mémoires de la section des Sciences}. Nancy Mémoires de l'Académie Stanislas. — Bulletin de la Société des Sciences naturelles et Réunion biologique. Nantes Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France. PROCÈS-VERBAUX 9 Nîmes * Bulletin de la Société d'Étude des Sciences naturelles. Niort 'Bulletin de la Société de Botanique des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Vendée. P.\Ris Bulletins de la Société géologique de France. — Journal de Conchyliologie. , , — Association française pour rx\vancement des Sciences. — Bulletins et Mémoires de la Société botanique de France. — Revue générale de Botanique (G. Bonnier). — Bulletin de la Société mycologique de France. — * Herbier du Muséum de Paris. Phanérogamie. Notulae systematicœ. — Société zoologiqueMe France. — Société entomologique de France. — Bulletin de la Ligue française pour la protection des oiseau.x. Perpignan * Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées- Orientg,les. Rennes Insecta. L.\ Rochelle Académie de la Rochelle (Section des Sciences naturelles). Rouen * Bijllelïn de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. Toulon * Annales de la Société dliistoire naturelle. Toulouse Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. Troyes Mémoires de la Société académique d'Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du déparlement de l'Aube. Vannes * Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. 111. — Sociétés étrangères. Allemagne (1). Berlin Zeitschrift der deutschen geologischen Gesellschaft. Mon^- tsberichte. Abhandlungen. — Verhandlungen des botanischen Vereins der provin? Brgin- denburg. . • : . — Mittheilungen und Bericht aus dem zoologisclien Muséum. — ■ Entomologische mittheilungen. Bonn Verhandlungen et Sitzungsberichte des naturhistorischen Vereins. Brème Abhandlungen herausgegeben vom naturwissenschaftlichen Verein. Frangfort-sur-Mein. Bericht und Abhandlungen der Senckenbergischen Natur- forschenden Gesellschaft. Fribourg Berichte der naturforschenden Gesellschaft. (1) Depuis le commencement des hostilité-s les échanges avec l'Allemagne, l'Autriche et la Russie sont interrompus. 10 PROCES-VERBAUX GiESSEN Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fur Xatiir und Heilkunde. Halle Nova acta Academiae Gsesarae Leopoldino-Carolina3 Germa niae Naturae Curiosorum. — Leopoldina amtliches. Hambourg. Jahrbuch der Hamburgischen wissenschaftlichen Anstalleii. — Mittheilungen aus dem nalurhistorischen Muséum. K'EL Schriften des naturwissenschaftlichen vereins fiir Schlewig- Holstein. KiEL et Helgoland . . Wissenschaftiiche Meeresùntersuchungen herausgegeben von der Kommission zur vi^issenschaftlichen Untersuchund der deutschen Meere in Kiel und der biologischen Ans- talt auf Helgoland. Kœnigsberg Schriften der physikalisch-ôkonomischen Gesellschaft zu Kœnigsberg. Leipzig Zoologischer Anzeiger. — Leipziger Zeitschrift fiir deutsches Recht. Munich. Mathematisch-physikaiischen Classe der K. B. Akademie der Wissenschaften zu Munchen. MujiSTEH .Jahresbericht des Westfalischen provinzial Vereins. Wiesbaden Jahrbiicher des Nassauischen vereins fiir Naturkunde. Argentine (République). Buenos-Ayres Boletin de la Academia nacional de Ciencias en Cordoba. Australie. Sydney Records and Memoirs of Ihe x\ustralian Muséum. — * The Australian Zoologist. — Nombreuses autres publications. Autriche-Hongrie. Brunn '. . . . Verhandlungen des naturforschenden vereines. Bud.^pest .4 Annales historico-naturales Musei nationalis Hungarici. Gr.\covie Bulletin international de l'Académie des sciences. (Comptes rendus des séances). Graz... Mittheilungen des naturwissenschaftlichen Vereines fiir Steiermark. Vienne Akademie der V/issenschaftlichen. Sitzungsberichte. Denk- schriften. Mittheilungen der Erdbeben Kommission. — Annalen der K. K. nalurhistorischen Hofmuseums. — Verhandlungen der K. K. zoologisch-botanischen Gesells- chaft. — Jahrbuch und Verhandlungen der K. K. geologischen Reichsanstalt. PROCES- VERBAUX 11 Belgique. Bruxelles Académie royale des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Belgique. — ~ Mémoires de l'Académie. — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences . — Annuaire de l'Académie. — Mémoires du Musée royal d'histoire naturelle. — Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. — Bulletins et Mémoires de la Société belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie. — 'Société entomologique de Belgique. — Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgique. Liège Annales de la Société géologique de Belgique. — Mémoires de la Société royale des Sciences. — Publications relatives au Congo belge. Brésil. Rio-de-Janeiro Archivos da Escola superior de Agricultura e Medicina veterinaria. — Archivos do Museu nacional. Canada. Halifax Proceedings and Transactions of the Nova Scotian Institute of Science. Québec Le Naturaliste Canadien. Ottawa * Geological and natural history Survey of Canada. — Canada Department of mines. Geological Survey branch. Nombreuses publications. Danemark. Copenhague Académie royale des Sciences et Lettres du Danemark. Mé- moires et Bulletins. -- Videnskabelige Meddelelser fra den naturhistoriske l'orening. — Det Kgl. danske Videnskabernes selskab. Biologiske med- delelser. Egypte. Le Caire * Bulletin de la Société entomologique d'Egypte. ■ ■ Espagne. Barcelone *Butlleti del Club montanyenc. — ' Publicacions.de la Junta de Ciences naturàls. 12 PROCÈS-VERBAUX ' Madrid Sociedad espaiïola de Historia natural. — Minislerio de Marina. Bolelin de Pescas. — . *Memorias de la Real Academia de Ciencias. — *Trabajos del Laboratorio de Invesligaciones biologicas de . la Universitad de Madrid. (Suite de la «Revista trimestrial Micrografica»). — * Bolelin del Instituto geologico. — * Inslituto nacional de Ciencias fisico-naturales. — *Trabajos del Museo de Ciencias nalurales. TuY Broteria. Saragosse Boletin de la Sociedad ibérica de Ciencias' nalurales. Valence Instituto gênerai y lecnico de Valencia. Etats-Unis. Berkeley University of California Publications. Boston * Boston Society of Natural History. Brooklyn *The Muséum of the Brooklyn Institute of Arts and Sciences. Cambridge Bulletin of the Muséum of comparative Zoology at Harvard Collège. Ghapel-Hill Journal of the Elisha Milchell scientific Society. Chicago Field Muséum of Natural History. Ithaca Cornell University Agricultural experiment Station. Lansing Acâdemy of sciences. Madison * Wisconsin Geological and Natural History survey. — - * Wisconsin Academy of sciences, arts and letters. New-Haven Connecticut Academy of Arts and Sciences. New- York Annals and Memoirs of the New- York Academy of Sciences. Philadelphie Academy of Natural Sciences : Proceedings. Journal. — Proceedings of the American philosophical Society. Rochester * Proceedings of the Rochesler Academy of Sciences. Saint-Louis Missouri botanical Garden. — * Transactions of the Academy. Topeka ;...... * Transactions of the Kansas Academy of Sciences. Urbana Bulletin of the Illinois-Slale laboratory of Natural History Washington Journal of Agricultural research. — Proceedings of the national x\cademy of sciences. — Smilhsonian Inslilution : — Annual report of Ihe Board of liegenls of the Smilhsonian Institution. — « Smilhsonian contributions to knowledge. — U.-S. National Muséum : Proceedings, Bulletin and annual Report. — Contribution from the U. S. National Herbarium. — Smithsonian Miscellaneous collection. Quarterly issue. — Camagie Institution — Publications diverses. PROCÈS-VERBAUX 13 Grande-Bretagne. Dublin Pioyal Dublin Society : Economie proceedings, Scientific proceedings, Scientific transactions. Edimbourg Proceedings of ttie Royal physical Society. Glasgow * The Glasgow naturalist. LiVERPOOL Proceedings and transactions of tlie Liverpool biological Society. Londres * Hooker's Icônes plantarum. — The quarlerly Journal of Ihe geological Society. Geological literature. — Proceedings of Ihe geologisl's Association. — The journal of the Linnean Society : Botany, Zoology. — Annals of Ihe Natal Muséum. Inde. Calcutta Asiatic Society of Bengal : Journal, Proceedings. — Geological Survey of India : Memoirs, Records, Palseon- tologia indica. — Report of the progress of Agriculture in India. PusA * Memoirs of the deparlment of Agriculture in India. — Agricultural» research Institute. Italie. Bologne * Academia dalle Scienze dell' InslUuto di Bologna : Memorie y Rendiconto. Milan Atli délia Sociela ilaliana di Scienze naturali e del Museo civico di Sloria naturale. Pise Societa toscana di Scienze nalurali. PoRTiGi BoUetino del Laboratorio di Zoologia générale e agraria. — -^ "Annali délia Regia Scuola Superiore di Agricultura. Rome Atti délia Reale Academia dei Lincei : R.endiconti. — Bolletino délia Societa geologica ilaliana. — * Bolletino del Real Comitato geologico d'Italia. — 'Annali di Botanica. Japon. ToKio * Annolationes zoologicse japonenses. — * Impérial University Calendar. Luxembourg. LuxE.MBouRQ 'Société des Naturalistes luxembourgeois. 14 PROCÈS-VERBAUX Mexique. Mexico 'Anales del Instituto medico nacional. — Instituto geologico. Boletin. Parergones. — Sociedad cientifica « Antonio Alzate ». — Secretaria de Fomento. Boletin de la direccion de estudios biologicos. Norvège. Bergen Bergens Muséum Aarbok et Aarberelning. Christiania * Nyt magazin for naturvidenskaberne. Trondhjem Det Kongelige norske videnskabers selskaps skrisfter. Pays-Bas. Leyde *Mededeelingen van's Hiyks herbarium (Herbier de l'Etat). Nijmegen ' Nederlandsch kruidkundig archief. — Recueil des Travaux botaniques néerlandais. Pérou. Lima Boletin del Cuerpo de Ingeniores de Minas del Peru. Portugal. Lisbonne * Gominunicaçoes da Seccao dos Trabalhos geologicos de Portugal. — Gommunicaçoes da commissao do serviço geologico. Porto Annaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. Russie. Helsingfors Socielas pro fauna et tlora fennica. Kiew Mémoires de la Société des Naturalistes de Kiew. Moscou Société impériale des Naturalistes de Moscou. Pétrograd Académie impériale des Sciences de Pétrograd : Publica- tions diverses. — Travaux du Musée botanique de l'Académie impériale des sciences. — x\cti Horti Petropolitani. , — , ShedsB ad herbarium florœ rossicae. — Flora Siberise et Orientis extremi Museo botanico. — Comité géologique de Pétrograd. — Horse Societatis entomologicae rossicœ. — Revue russe d'entomologie. Suède. LuND * Acta universitatis Lundensis. PROCÈS-VERBAUX 15 Stockholm 'Kungliga svenska Vetenskaps-Akademiens : Handlingar, Bihang, Ofversigt. — • 'Arkiv fiir Botanik, Kemi-mineralogi, Zoologi, Matematik, Aslronomi och Fisick, Geologi. ^^ * Arsbok. — Lefnadsteckningar. — Sveriges geologiska undersûkning. — Geologiska fôreningens fôi'handlingar. — Entomologisk tidskrift. — * JVIeddelanden fran K. Vetenskapsakademiens Nobelinstitut. — " - ' Les prix Nobel. Upsala Publications diverses de l'Universilé. — Bulletin of the Geologieal Institution of the Universily of Upsala. Suisse. Bale Bericht iiber die Verhandlungen der nafurforschenden Gesell^chaft. Genève Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques de Genève. — Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève. — 'Bulletin de l'Institut national genevois. — Bulletin de la Société botanique. Lausanne Bulletin de la Société vaudoise des Sciences naturelles. Neuch.\tel Bulletin de la Société neuchâteloise des Sciences naturelles. Zurich Vierteljahrschrift der naturforschenden Gesellschaft. 16. PROCÈS-VERBAUX Réunion du 7 janvier 1920. Présidence de M. A. Bardié, président. Le procès-verbal de la dernière séance esL la et adopté. M. le docteur Llaguet, président sortant, ne veut pas quitter le fauteuil de la présidence sans remercier ses collaborateurs de l'année qui vient de prendre fin. Ses remerciements vont d'abord à M. A. Bardié, qui a bien voulu le suppléer comme président intérimaire pendant toute la durée de la guerre et a assuré, avec tant de dévouement et de bonheur aussi, la tâche parfois ingrate et difficile de diriger notre Société au milieu de difficultés sans nombre. Aussi est-ce avec joie qu'il le voit rester, cette année encore, à la tête de notre Compagnie. Il remercie ensuite M. Breignet, notre zélé archiviste qui par son infatigable labeur n'a cessé d'assurer la vitalité de nos archives ; M. Daydie, archiviste adjoint et conservateur de notre nouveau Musée; M. Rozier, financier économe et gardien vigilant de nos intérêts ; M. Baudrimont, secrétaire général et M. Malvesin, secrétaire adjoint, toujours si dévoué à la cause Linnéenne. Les remerciements s'étendent enfin à tous les membres du Conseil ainsi qu'à ceux des différentes Commissions. 11 adresse ensuite un pieux hommage à la mémoire de nos collègues disparus: Bial de Bellerade, Brown, de Loynes, Vasseur, Motelay, à nos deux plus jeunes collègues Moustier, mort au champ d'honneur, et Roch, tombé héroïquement en défendant nos belles forêts de France qu'il aimait tant et avait déjà si bien défendues. Il félicite tous ceux qui ont obtenu des récompenses aux Armées et il espère aussi et souhaite pour ceux de nos membres qui, à l'arrière, ont tenu haut et ferme le .drapeau de notre Société, des distinctions et des lauriers bien justement mérités. Enfin il est assuré que, sous la haute direction de M. A. Bardié, assisté de M. le docteur Lamarque, vice-président et du nouveau bureau dans lequel il a été heureux de voir entrer iM. le docteur Feytaud, notre Société de plus en plus prospère et comme rénovée à la suite de cette longue période de douloureuse attente, reprendra bril- PROCES-VERBAUX 17 lamment sa marche en avant, répondant à sa belle et fière devise ce Grescam ». M. Bardié remercie ses collègues de la marque d'estime qu'ils lui ont donnée et de l'honneur qu'ils lui ont fait en le renommant à la Prési- dence. Il rend hommage à notre ancien président, M. le docteur Llaguet, toujours si dévoué à noire Société, comme secrétaire général, puis comme président, puis pendant la guerre ne cessant de nous envoyer de nombreux objets ou souvenirs et maintenant encore*, à Arcachon où à peine installé il a déjà formé une véritable pépinière de Lixinéens dont le noyau sans cesse grandissant rappellera bientôt nos plus brillantes filiales d'autrefois. Il nous entretient de la marche de notre Compagnie. Pour ce qui est du passé, le compte rendu des travaux portera sur les cinq années qui viennent de s'écouler et résumera ainsi l'histoire de la Société pendant la guerre. Il passe ensuite à nos publications que les circonstances nous ont obligé à réduire et que malheureusement il nous faudra probable- ment réduire encore. Nos procès-verbaux continueront cependant à paraître réguhèrement et leur retard actuel qui est dû à bien des causes sera vite rattrapé. Il espère qu'avec l'aide de notre collègue, M. le docteur Lamarque, conseiller municipal, nous ne tarderons pas à obtenir de nouveau de la Municipalité la subvention que nous touchions avant la guerre. Il souhaite enfin que cette année nous puissions fêter dignement dans le calme de la paix le 102" anniversaire de notre Société et termine en adressant ses vœux à tous les Linnéens, plus particulièrement à nos doyens : MM. Degrange-Touzin, Daleau, Durand-Desgranges. CORRESPOiNDANCE î^ettre de faire part du décès du père de M. le docteur Muratet. Le Secrétaire général est chargé d'adresser à notre coUègue les condoléances de la Société. Deux circulaires de la Fédération Française des Sociétés des Sciences Naturelles. Lettre de l'Université de Bordeaux nous invitant à une réunion de Comité en vue de la reconstitution de l'Université de Louvain M. l'Ar- chiviste demande si la Société est d'avis de prendre part à la restau- ration de la célèbre bibliothèque qui a été entièrement détruite par les P.-V. 1920. • ■ 2 i8 PROCES-VERBAUX Barbares. La Société, après délibération, décide d'y contribuer dans la mesure de nos disponibilités sans oublier que nous aurons le même devoir à remplir envers les bibliothèques françaises qui ont subi le même sort. PERSONNEL Lettre de M. le Colonel Flick nous remerciant de notre démarche et maintenant sa démission. Vote sur la candidature de i\I. le docteur Hillairet qui est élu membre titulaire. M. le docteur Llaguet est heureux de nous annoncer la candidature de M. le docteur Lalesque, autrefois membre de notre Société et qui nous revient. ADMLNISTRATION M. Bardié nous informe que le Conseil à décidé lie taire une visite à la Municipalité et demande quels sont ceux de nos membres qui désirent se joindre à cette délégation. Sur la demande de M. Malvesin on procède à l'élection des membres de la Commission des Excursions. Sont nommés : MM. Bardié, Baudri- mont, Bouchon, Daydie, Lacouture, Lambertie, Malvesin, Neyraut, Rozier. M. Malvesin est d'avis qu'il y aurait avantage à faire établir à l'avance, comme en 1914, un programme jmprimé de nos excursions. La nouvelle Commission tiendra sa première réunion le 21 janvier prochain. DON A LA BIBLIOTHEQUE M. Lambertie oflre à la Société : VOrlgine des Espèces de Darwin et les Eléments de Botanique de Van Tieghem et Costantin. M. Bardié remercie chaleureusement M. Lambertie dont les dons ne se comptent plus. COMMUNICATIONS M. Llaguet présente un travail de M. Tempère fils sur le Sporolohus tenacissimus, le Tetragonia expansa et VAnthemis nobilis. Cette note très intéressante sera insérée dans nos pi'ocès- verbaux. Note de M. Boqtan sur l'utilité d'un Musée régional. PROCES-VERBAUX 19 M. Llaguet approuve pleinement les vues de M. Boutan, il estime aussi que nous devons conserver à notre futur Musée le caractère régional et ajoute que c'est ce que M. Tempère père, conservateur du Muséum d'Arcachon est en train de faire à l'Aquarium où il revise actuellement la belle collection de Conchyliologie de Fischer. Tous les membres présents se rangent à l'avis de M. Boutan et M. Bardié souhaite en terminant qu'il en soit de même de notre jardin botanique de Bordeaux où les plantes de notre région pourtant si riche sont en bien faible minorité. La séance est levée à 18 heures 35. Allocution prononcée le 7 janvier 1920 Par M. le D>^ Llaguet. Mes chers Collègues, Après ces cinq années d'épreuves, permettez-moi de reprendre quel- ques instants ce fauteuil pour seulement pouvoir remplir un pieux devoir de reconnaissance envers tous ceux qui, depuis le jour de la mobilisation, ont contribué par leur dévouement, leur abnégation à la glorieuse vitalité de notre Société. A cet ami délicat des êtres et des belles choses, ce démonstrateur artistique des beautés de la nature, ce défenseur opiniâtre de nos richesses forestières, j'ai nommé notre collègue et ami M. Bardié, vont tout d'abord nos sentiments de bien cordiale et profonde gratitude. Grâce à lui, à son inlassable dévouement, j'ajoute son admirable persé- vérance, la Société a franchi avec bonheur l'étape du centenaire au milieu de la tourmente générale et, a repris dans son nouveau siècle toute la jeune ardeur que lui avaient si bien infusée ses fondateurs. Sa nouvelle présidence sera, soyons-en assurés, une des plus heureuses. Notre cher et vénéré archiviste, M. Breignet, sait quels sentiments de profonde affection et d'inaltérable reconnaissance nous ne saurons jamais trop lui témoigner; lui aussi s'est donné sans compter ni son temps ni ses propres ressources. Pour lui, pour notre président nous voulons espérer que de brillantes et légitimes récompenses nous permettront de sanctionner dans nos Actes toute la satisfaction que nous pouvons et devons désirer. Un concours précieux a été accordé à notre archiviste; M. Daydie 20 PROCÈS-VERBAUX avec toute la généreuse collaboration qu'il sait toujours si délicatement accorder, est venu, après les années de sacrifice dans l'armée, donner encore à nos collections le plus précieux de son temps. Nos secrétaires, mon ami le D'' Baudrimont et M. Malvesin ont t'ait franchir avec la plus grande satisfaction les étapes historiques de nos diverses réunions et dans des rapports documentés, ils ont pu après une interruption délicate, reprendre les nobles traditions. M. Rozier, ce trésorier exemplaire, avec une ténacité qui n'a d'égale que son profond attachement à la vitalité matérielle de notre Société, a défendu énergiquement nos finances et établi une situation qui nous permet d'envisager sans efîroi les dépenses toujours croissantes de nos publications. A eux aussi. Messieurs, à tous ceux qui ont collaboré par leurs travaux, leur présence à assurer la bonne marche de notre Compagnie permettez que j'adresse un bien cordial merci. Je suis heureux de voir M. le D'" Henri Lamarque s'exercer à la vice- présidence, M. le D"" Feytaud entrer au conseil et mon ami le Profes- seur Chaîne à la commission des archives. En leur exprimant toute mon intime satisfaction je crois pouvoir vous donner l'assurance que leur action généreuse et savante dans les œuvres de vulgarisation sera des plus efficaces pour le bon renom de la Société Linnéenne. Et maintenant. Messieurs, nos souvenirs émus vont vers ceux de nos collègues qu'avec l'âge et les épreuves, la mort implacable a supprimés de nos rangs, à Viguier, Brown, Doinet, Vasseur, Bial de Bellerade, de Loynes et notre vénéré président honoraire Motelay, à Louis Roch et à Michel Moustier, tués au champ d'honneur, vont tous nos cœurs et en saluant leur mémoire nous voulons apporter un juste et pieux hommage de reconnaissance pour la page glorieuse qu'ils ont donnée à l'histoire de notre Société. Quelques-uns d'entre nous ont eu, au cours de la campagne, des décorations; ils savent avec quelle joie elles ont été accueillies dans notre familiale Compagnie. Espérons que d'autres brillantes et légitimes récompenses nous permettront encore de fêter avec ceux de l'avant, ceux qui ont ainsi dans nos rangs si généreusement fait souvent le sacrifice de leur propre vitalité. Tout récemment un grand français qui comme ministre a présidé à la défense de notre patrimoine forestier, j'ai nommé Méline, disait à un Comice agricole ; « Si on a le courage de vouloir et si chacun comprend son devoir, la France se relèvera rapidement et deviendra un des plus PROCÈS-VERBAUX 21 riches pays du monde. » Après cette période de tourmente et à l'aurore de celte année de paix, nous voulons que notre Société devienne aussi plus prospère. Notre ruche toujours active se remettra donc à l'œuvre avec plus d'ardeur et nous ne pourrons qu'être pleinement satisfaits quand, avec le fondateur de notre vieille et belle Société, nous pourrons confirmer sa précieuse devise : Crescam. Discours prononcé le 7 janvier 1920 Par M. A. Bardié, président. Messieurs, Je remercie la Société Linnéenne de l'honneur qu'elle m'a fait en m'appelant à présider ses séances pendant l'année 1920. Déjà vous m'avez rendu bien agréable l'intérim de cinq années ou j'ai dû suppléer M. le docteur Llaguet, mobiUsé. Quoique retenu loin de nous, sur le front ou dans les dangereux travaux de laboratoire qui ont fortement compromis sa santé, notre cher Président n'a jamais cessé de nous témoigner sa sollicitude. Fixé depuis quelques temps à Arcachon, il s'efforce d'y propager le goût des sciences naturelles et de faire des adeptes à notre oeuvre linnéenne. J'adresse à M. le D'' Llaguet nos plus affectueux remerciements. Au seuil de cette nouvelle année où notre Société va reprendre sa vie normale, vous me permettrez de jeter un coup d'oeil sur celle qui vient de s'écouler. Malgré des difficultés de toutes sortes, nos publica- tions ont continué à paraître; nos collègues sont venus nombreux aux séances et les communications qu'ils y ont faites ont été des plus inté- ressantes. La fonction de Secrétaire général a été confiée à M. le D'" Baudrimont, déjà Secrétaire adjoint avant les hostihtés. Rentré de Russie par Arkangel, échappant à mille dangers et après avoir rempli, en Orient, une mission de labeur et de dévouement, notre collègue a bien voulu apporter de nouveau sa collaboration à notre bureau. Nous avons eu le regret de voir disparaître l'un de nos collègues les plus sympathiques, M. le docteur Paul Bâillon. Depuis trente-sept ans il faisait partie de notre Compagnie. Naturahste perspicace et doué d'une grande facilité d'observation, il nous a souvent apporté les résultats de ses patientes recherches. Ses ouvrages, De l'Instinct et 22 PROCÈS-VERBAUX de la Propreté chez les Animaux et De la Mort chez les Animaux, ont été récompensés par l'Académie des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux. Avec la plus grande cordialité, le D'' Bâillon accueillait la Société Linnéenne, quand elle excursionnait à Villandraut et dans ses environs, à la recherche de YAnenone rubra Lam., du Convallaria maialis L. ou quand elle allait étudier la flore des ruines du château de Bertrand de Goth et des bords si pittoresques du Giron. J'adresse un souvenir ému à la mémoire de cet excellent linnéen. L'admission de nouveaux membres est venue combler en partie les vides faits dans nos rangs, au cours de ces dernières années. G'est avec une vive satisfaction que nous avons souhaité la bienvenue à MM. A. Dubreuilh, Glaverie, Bertrand et Plomb. Parmi les distinctions reçues par nos collègues, je signalerai celle de M. le Professeur L. Beille, promu chevalier de la Légion d'honneur et de M. le Professeur Sauva- geau nommé correspondant de l'Institut. Nos excursions n'ont pu encore être rétablies comme autrefois, mais nous avons eu, le 1^'' juin, la belle réception de la Société par notre président, M. le D'' LIaguet, à Arcachon. M. le D'' Baudrimont en a fait un délicieux compte rendu et aussi, le 26 octobre, l'étude mycologique habituelle à Léognan. L'absence de nombreux collègues encore mobilisés, n'a pas permis de donner au lOi™" Anniversaire de la fondation de la Société, le caractère d'une fête tel qu'il aurait convenu au lendemain de la victoire. Gepen- dant la réunion de Pessac, le 29 juin dernier, précédée d'une excursion dans ce lieu voisin d'Arlac et qui fut aussi l'un des endroits préférés de nos anciens linnéens, a été l'occasion de communications scientifiques. Nous nous sommes réjouis de la présence de notre doyen, M. Degrange- Touzin, que son état de santé empêchait depuis longtemps d'assister à nos réunions. La question des Musées est d'actualité. On veut réorganiser les anciens et en créer de nouveaux. Pour assurer la prospérité de ces fondations, on compte beaucoup sur les dons des collectionneurs. Il arrive souvent que des personnes ayant employé une partie de leur existence à réunir des objets se rapportant à la Science ou à l'Art ont le regret de penser qu'elles disparues, les choses tant aimées qu'elles ont rassemblées au prix de minutieuses et constantes recherches seront un jour dispersées et viendront peut-être, selon le caprice des héritiers, échouer dans la boutique de quelque brocanteur. Tester en faveur d'un Musée ou de quelque établissement public présente quelquefois des inconvénients et PROCÈS-VERBAUX 23 ne suffit pas toujours à assurer la conservation des objets, certains exemples l'ont démontré. Comme autrefois déjà, plusieurs d'entre nous voudraient assurer la durée de leurs collections en les confiant à des mains amies qui, après eux, y veilleraient avec sollicitude. Ils tiendraient à savoir l'endroit où seront placées leurs vitrines; ils souhaiteraient que ce soit un lieu qu'ils connaissent bien pour l'avoir longtemps fréquenté, et où ils seraient certains d'en faire profiter leurs collègues; cela leur semblerait comme une survivance d'eux-mêmes. Leurs collections auraient le sort de ces meubles familiaux qu'on entoure de soins pieux et qui demeurent indéfiniment dans le milieu pour lequel ils étaient destinés. Nombreux sont les linnéens qui ont regretté de .ne pouvoir disposer de leurs objets en faveur de notre Société, faute du local pour les recevoir. On sait les belles collections que nous avons été obligés de refuser(l). Avoir une salle à l'Athénée, à proximité de notre bibliolhèque, était le vœu que nous formions tous, sans trop espérer qu'il puisse de longtemps se réaliser. Eh bien ! ce qui paraissait impossible vient d'arriver! 11 fallait pour aboutir un homme d'un dévouement opiniâtre, un apôtre I Nous l'avons trouvé dans notre cher archiviste, M. F. Brei- gnet. Je sais au prix de quelles démarches, de quelle constance, il a pu obtenir de l'Adjoint aux Beaux-Arts (2) qu'une des salles de l'Athénée, où cependant se réunissaient diverses associations, soit mise à la dispo- sition de notre Société afin d'y placer ses collections. Pour qui sait l'emploi fait du monument destiné, à l'origine, à recevoir uniquement les Sociétés savantes de notre ville, il est facile de comprendre quelles difficultés notre collègue a dû surmonter (3).- Dans les remerciements que nous avons adressés à tous ceux qui nous ont aidés dans l'obtention de la salle, il nous a été bien agréable de donner une large part à celui de nos collègues qui, en appuyant la demande de la Société par une lettre où il promettait le don de ses belles collections géologiques, a provoqué la décision de la Municipalité-. Je ne prononcerai pas ici son nom pour ne pas froisser sa modestie. (1) Notamment la belle collection de coquilles de notre ancien collègue M. Gues- tier, qui a été ti'ansportée à Paris, (2) M. Georges Boubès, adjoint au .Maire délégué de la division des Beaux Arts et s'occupant de l'Athénée. (3) J'ai donné lecture en juin dernier de la lettre du Maire de Bordeaux nous accordant la salle n° 5, pour servir de Musée et y placer les collections, de la Société Linnéenne. l^ PROCES-VERBAUX Cependant qu'il me soit permis de lui exprimer de nouveau, ainsi qu'à M. Breignet, toute la reconnaissance de la Société Linnéenne. Espérons, Messieurs, que l'année qui commence verra l'installation de nos collections, encore bien modestes, et de l'herbier (1) placé provi- soirement dans l'une des salles de l'ancienne gendarmerie. M. Daydie déjà bibliothécaire adjoint, a bien voulu accepter d'en être le conserva- teur. Il trouvera dans cette délicate fonction un champ propice à son activité et à son dévouement. Je suis heureux de saluer notre nouveau vice-président, M. le docteur Lamarque. On sait les services qu'il a rendus à notre Société dont il fut , le président pendant les années 1909 et 1910. Redevenu conseiller municipal, notre sympathique collègue est bien placé pour favoriser notre Compagnie dans ses rapports avec la MunicipaUté. Pourrions-nous imaginer avoir un archiviste et un trésorier plus dévoués que MM. Breignet et Rozier ? Combien la Société Linnéenne doit se féliciter de les posséder. Notre secrétaire adjoint, M. Georges Malvesin, qui déjà, pendant- plus d'une année, a rempli les fonctions de secrétaire général, a témoigné, dans les Communicatioas qu'il a données dans les Procès-Verbaux, d'un zèle et d'une, compétence qui nous font espérer de lui une importante collaboration. Notre collègue a bien voulu se charger d'un rapport général, allant de 1915 à 1919 et qui résumera la vie de la Société Linnéenne pendant les tristes années de guerre. D'avance je le remicrcie de ce travail qui marquera l'une des époques les plus critiques pour les Sociétés savantes. 11 ne faut pas se le dissimuler, notre Société qui a fait paraître ses publications malgré leur coût excessif, ne pourra peut-être les continuer, si elle ne reçoit pas de nouveau les subventions qui lui ont été retirées pendant la guerre. Aussi devrons-nous faire au plus tôt de pressantes démarches auprès de la Municipalité, du Conseil général et de l'Etat, pour que les subventions antérieures soient rétablies et même augmen- tées, en raison des circoûstances actuelles. 11 serait aussi à désirer que nous puissions bientôt reprendre les causeries et les grandes conférences, ainsi que les excursions publiques. C'est en faisant connaître notre Société et ses travaux, que nous lui attirerons de nouveaux adhérents. (l) Cinq grandes caisses d'un herbier formé par M. Godard et offert par M. de Brou de Laurière en 191S. PROCÈS-VERBAUX 25 Enfin; après les années de deuil et de tristesse, la fête linnéennedu 102™« anniversaire devra être célébrée avec la solennité d'autrefois. Pour chacun de vous, Messieurs, je forme les vœux les plus sincères et les plus affectueux. Ils s'adressent surtout à nos doyens, à ceux qui depuis tant d'années ont été nos modèles. Nous souhaitons les avoir longtemps encore au milieu de nous, de continuer à profiter de leurs savantes leçons et des conseils dictés par leur expérience. L'année 1920 se présente sous des auspices favorables, espérons qu'elle inauguera une ère nouvelle de prospérité pour notre chère Société Linnéenne. Sur l'utilité d'une Collection régionale Par M. L. Boutan. Si nous'remontons à plusieurs siècles en arrière, nous constatons que nos ancêtres ne cherchaient pas à constituer des collections telles que nous les comprenons aujourd'hui. On créait ce qu'on appelait « un cabinet d'histoire naturelle ». Les curiosités étaient mises en valeur selon leur rareté et leur originalité, comme certains bibliophiles classent encore leurs hvres, d'après la taille et la reliure des volumes. C'était très bien pour l'époque et ces cabinets d'histoire naturelle ont servi utilement pour étendre le champ de nos connaissances scien- tifiques. Nous leur devons donc un souvenir reconnaissant ; mais c'est le passé et, depuis, il y a eu, au moment de la révolution française, après Buffon et en même temps que Lacepède et Cuvier, il y a eu Lamarck, puis Darwin .. . puis ce moine hollandais génial que l'on appelle « Mendel ». Nos idées se sont modifiées profondément, notamment au sujet de la notion d'espèce et l'on est arrivé peu à peu à cette conclusion — adoptée à l'heure actuelle par les savants de toutes les écoles — que pour caractériser convenablement une espèce, il ne suffit pas d'un seul échantillon ; qu'il faut réunir un grand nombre d'individus voisins, pour les grouper autour du sujet qui ,a servi à défnir V espèce en question. Le type, entouré de types de comparaison. L'idéal pour atteindre ce but, serait de constituer un musée mondial unique, où viendraient se ranger les échantillons provenant de toutes es parties du globe. C'est, pour le moment, une utopie. 26 PROCÈS-VERBAUX Si, comme on l'a dit, très justement, la science n'a pas de patrie, les savants en ont une et cet idéal ne paraît pas devoir se réaliser d'ici à longtemps. Les grands pays possèdent presque tous leur musée national : L'Angleterre a le British Muséum, la France a le Muséum ou le Jardin des Plantes, l'ancien Jardin du Roi. Cependant, sur ce point, il ne saurait être question de décentrali- sation, puisque c'est la centralisation au contraire qui est utile, néces- saire et qui me paraît, ici, la condition même du progrès. Je ne veux pas dire que constituer une collection générale, en dehors du Muséum, soit une mauvaise action — ce serait fortement dépasser ma pensée. — On peut même soutenir, avec raison, qu'une telle collec- tion peut rendre des services pour l'instruction locale de ceux qui s'intéressent aux sciences naturelles. Ce que je prétends affirmer, et cette affirmation n'est peut-être pas inutile dans notre pays à tendances particularistes — nous sommes dans la petite patrie des Girondins, — c'est qu'un Musée de province, destiné à une collection générale, ne peut songer à concurreBcer le Muséum et devra se contenter de résultats médiocres, proportionnés aux faibles ressources provinciales. A mon sens, le résultat serait très différent, si l'effort très légitime de décentralisation, portait, non plus sur une collection générale, mais sur une collection régionale. — Qui trop embrasse mal étreint. On doit toujours préférer une œuvre modeste mais bien achevée, à une œuvre colossale avortée. Ici, pour constituer une collection régionale, les conditions se trouvent renversées, nous sommes à pied d'œuvre, et nos moyens d'action deviennent beaucoup plus puissants que ceux du Muséum et de partout ailleurs. Aussi, notre intention à la Société de Zoologie Agricole, est-elle, depuis longtemps, de constituer une collection régionale limitée aux animaux nuisibles et utiles à l'agriculture et nous la rêvons, M. le docteur Feytaud et moi, aussi complète que possible. Pour faire cette œuvre utile, il nous a semblé que ce n'était pas, seulement, un directeur de musée qu'il nous fallait, mais un conseil de spécialistes où chacun d'eux prendrait la direction du groupe qu'il connaît particulièrement. Je serais heureux, que parallèlement, et dans le même ordre d'idée, la Société Linnéenne qui représente la plus vieille Société d'Histoire PROCÈS-VERBAUX 27 Naturelle de Bordeaux, se préoccupe aussi d'établir une collection régionale, largement étendue à toutes les branches de l'Histoire Naturelle. Je suis convaincu, que grâce au dévouement de ses membres, elle arriverait peu à peu à construire un monument de première importance au point de vue scientifique. Notes sur quelques plantes nouvelles ou intéressantes de la région Arcachonnaise Pan M. G. Tempère. Je crois devoir signaler la rencontre que j'ai faite, près d'Arcachon, du Sporobolus tenacissimus Palisot de Beauvais. Cette graminée, au long épi' serré rappelant une queue de rat, est indigène au Mexique et aux Indes Occidentales. C'est à notre savant collègue M. Neyraut que j'en dois la détermination et les renseignements qui suivent : Le Sporobolus bien qu'exotique, s'acclimate avec facilité en France, dans le sud-ouest ; il a été signalé à Bayonne, dans l'Hérault, et aux bords du Tarn ; M. Neyraut lui-même l'a récolté à Biarritz, au Boucau et, tout récemment, flans le département des Landes. Il n'est donc pas autrement étonnant de le rencontrer dans nos environs ; cependant il est possible que notre graminée n'ait point encore été signalée dans nos limites girondines ; c'est pour cette raison que je crois pouvoir le Faire. C'est le 6 octobre dernier que je l'ai observée pour la première fois au bord de la route d'Arcachon à Moulleau, un peu plus loin que l'entrée de la route dite chemin des Abatilles. Quoiqu'elle pousse devant la clôture des villas, et à côté de la ligne du tramway, et qu'elle soit par conséquent exposée à être piétinéé ou extirpée, elle paraît vigou- reusement établie dans cette station, et devoir se propager; il est donc certain, ainsi que le pense M. Neyraut, qu'on la rencontrera dans d'autres localités et qu'elle avancera vers le nord. Je profite de l'occasion pour signaler également la Tetragonia expansa Alton, Ficoidée néo-zélandaise et japonaise, cultivée assez souvent sous le nom d'Epinard d'été, et qui semble se plaire, à l'état subspontané, dans les sables maritimes ; M. Neyraut, à qui j'en dois encore la détermination, l'a trouvée au pied de la dune de la Grave, au sud d'Arcachon; il la signala à cette époque, dans les procès-verbaux de la Société (volume XLV, page clxviit), sous le nom de Spinacia 28 . • PROCÈS-VERBAUX spinosa Mœuch, trompé par le lacies de la plante qui a bien des points de similitudes avê^c le Spinacia ; il l'a aussi rencontrée au Cap Ferret ; pour ma part, c'est au bord du bassin d'Arcachon, près du lieu dit le Figuier (un peu au sud de MouUeau), que j'en ai récolté deux échantil- lons' en fleurs et en fruits, le i^^ novembre dernier. Enfin, je termine en citant une forme intéressante de la vulgaire Anthémis nobilis Linné : la var. B. flosculosa de Corbière (nouvelle flore de Normandie), à capitules entièrement dépourvus de fleurons ligules, que j'ai recueillie mêlée au type, dans un endroit très sablon- neux, à quelques mètres du bord de la Leyre, un peu en amont de la station de Lamothe, le 13 juillet dernier. Compte rendu de l'Excursion Mycologique du 26 Octobre 1919 à Léognan Par M. Georges Malvesin-Fabre. Le 26 novembre 1919, un bon nombre de Linnéens auxquels s'étaient joints quelques amateurs, notamment des élèves du Lycée de jeunes filles groupées autour de notre distinguée collègue M>'«' Sarrazin, effec- tuaient une intéressante excursion mycologique. Ils explorèrent les bois qui avoisinent l'allée Brown et le château d'Olivier. Je ne m'attacherai à aucune nouvelle description de cette terre classique de la mycologie bordelaise, la chose ayant été magistra- lement faite par M. Daydie en 1913 (t. LXVII, p. 141) et par M. Bardié en 1916 (t. LXIX, p. 105). Je me bornerai à dire que la récolte fut abondante en champignons intéressants et spécialement en sujets comestibles. Voici la liste des principales espèces recueillies ou notées au passage et que j'ai pu compléter grâce à l'obligeance de plusieurs mycologues, notamment MM. Bardié et Daydie : Amanita muscaria L., vén. — phalloïdes Fr., vén., quoique attaquée par les limaces. — cilrina Sch., vén. — — var. Mappa Fr., vén. — rubescens Fr., com. — vaginata B., com. Lepiota proceva Scop., com. — excariata Sch., com. PROCÈS-VERBAUX 29 Tricholoma rutilans Sch., vén., d'une taille remarquable. — sulfureum B., vén. — — var. bufo7iiumPevs., vén. — équestre L., corn. Laccaria laccata Scop., com. Clitocybe nehularis Batsch,. vén. — infundibuliformis Sch., com, — inversa Scop. Hygrophorus conicus Scop. Cantharellus aurantiacus Wulf., vén, (?) Lactarius subdulcis B., com. — azonites B. vén. ■ — deliciosus L. com. Russula rubra Fr., vén. Queletii Fr., vén. — cyanoxantha Sch., com, Murasmius iirens B, — oreades Boit., com. Panus stipticus B., vén. Enloloma lividum B,, vén, Clitopiliis prunulus Scop., com. Pholiota aurea Sow. — caperata Pers., com. Cartinarins purpurascens Fr. — largus Fr. — collinitus Sow., com. — mucosus B. Gomphidius roseus Fr. Stropharia œruginosa Curt. Hypholoma hydrophilum B. — fasciculare Huds. Boletus scaberB., com. — badius Fr., com. — bovinus Kr., com. — granulatus L., com. Fistulina hepatica Huds., com. Hydnum repandam L., com. Phallus impudicus L, Peziza auranlia FI, dan. 30 PROCÈS-VERBAUX Réunion du 4 février 1920. Présidence de M. A. Bardié, Président. Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. M. le Président salue M. Tempère, notre nouveau collègue qui, pour la première fois assiste à nos séances et M. Artigue, notre doyen, que nous sommes toujours si heureux de voir parmi nous. * CORRESPONDANCE Lettre de M. Freuden remerciant pour les renseignements qui lui ont- été fournis sur les forêts des Pyrénées. Lettre de M. Flick persistant dans sa détermination et maintenant sa démission. PERSONNEL M. le Président annonce le décès du Général Oudri, membre de la Société depuis 1871. M. Lataste raconte comment au début de ses explorations le Général Oudri, alors capitaine, l'aida fort aimablement au cours d'une expédi- tion dans le Sahara. , ' Sont admis membres titulaires M. le docteur Lalesque, présenté par MM. Llagaet et Durègne, et M. Charrier, présenté par MM. Boutan et Feytaud, ADMINISTRATION M. Breignet annonce que la planche du Pittosporum parue dans nos procès-verbaux est due à notre Président qui l'a offerte pour illustrer nos publications et mettre mieux en valeur la beauté de l'arbrisseau que la Société Linnéenne a sauvé. COMMUNICATIONS M. Daydie signale que dimanche il a trouvé près du Haut-Brion (Pessac), cachés dans les feuilles mortes, trois exemplaires de Geaster Hygromifricus, espèce peu commune pour la saison. PROCES-VERBAUX 3i M. le docteur Lamarque parle du projet de visite à M. le Maire, cette visite aura lieu après le 13. M. le Président annonce que notre salle de collections a été débar- rassée et que le- Bureau en a pris possession kmdi dernier. Il présente les remerciements de la Société à la Municipalité et surtout à notre cher Archiviste dont le dévouement tenace a eu raison de tous 1-es obstacles. M. Malvesin lit le programme d'excursions proposé par la Commis- sion. Ce programme est adopté. Avant de lever la séance, les membres présents vont visiter la salle des collections, guidés par MM. Breignet et Daydie, tout heureux de présenter ce nouveau champ d'action où leur zèle linnéen pourra encore s'affirmer davantage. La séance est levée à 6 h. 3/4. Réunion du 3 mars 1 920. Présidence de M. A. Bardié. Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE Lettre de M. le docteur Charron envoyant sa démission. Circulaires de la Fédération des Sociétés de Sciences Naturelles, résumées par M. Breignet. Leur étude est renvoyée à la prochaine réunion du Conseil. Lettre de M. Strol demandant des renseignements sur Clavaud, M. Bardié lui a envoyé tous les renseignements que nous possédions. Lettre de M. le docteur Gendre annonçant deux nouvelles communi- cations et émettant le vœu que les procès-verbaux paraissent plus réguhèrement, ce qui aurait pour les auteurs une très grande impor- tance au point de vue de la prise de date. 32 PROCÈS-VERBAUX DON A LA BIBLIOTHÈQUE M. le docteur Sigalas fils offre sa thèse sur « Le Rat réservoir de virus », DON AU iMUSÉE M. Lambertie offre pour notre nouveau Musée des Crustacés, des Hippocampes ainsi que des minéraux provenant de la collection de son grand-père. ADMINISTRATION M. Malvesin, secrétaire adjoint, lit le rapport sui- la visite faite au Maire. M. Bardié fait remarquer qu'au cours de cette visite nous avons surtout insisté sur l'établissement de nos deux subventions d'avant- guerre, la première destinée à nos publications, la seconde à nos excur- sions publiques et à nos conférences. M. Chaîne donne lecture du rapport de M. Feytaud sur la réunion de la Commission des Archives. M. Daydie, conservateur de notre Musée, rend compte de l'état actuel de notre nouvelle Salle de Collections. Il fait part à la Société du don remarquable de notre généreux trésorier M. Rozier qui nous a donné de très beaux meubles dont un renfermant une partie de la collection du Père Montrouzier, plus une importante somme d'argent. II ajoute que M. le docteur Lamarque nous a offert une vitrine, que M. Daleau ainsi que plusieurs autres membres nous ont procuré de nombreux objets, M. Artigue offre aimablement à M. Daydie de venir faire un choix dans sa collection. M. Boutan fait remarquer que certains libraires de notre ville lui ayant demandé la mise en vente de plusieurs de ses tirages à part, il y aurait avantage à ce que la Société vendît elle-même à son profit des tirages que les auteurs voudraient bien lui envoyer. Cette intéressante question est renvoyée au Conseil. PROCES-VERBAUX COMMUNICATIONS l'' Communication du D»" Gendre sur c( Un genre nouveau d'Acua- riinœ ». 2° Communication du D"" Gendre sur « Une espèce nouvelle d'Acuaria, parasite de Ptilopachys fuscus Vieill. Ces deux intéressantes communications seront insérées dans nos procès-verbaux. 3" Communication de M. le docteur Sigalas fils sur « Un paratyphique du surmulot à Bordeaux », 4° Communication de M. le docteur Sigalas fils ce A propos des Ténias des rats transmissibles à l'homme ». Ces deux intéressantes communications seront insérées dans les procès- verbaux. La séance est levée à 18 h, 30. Rapport de la Commission des Archives La Commission des Archives s'est réunie le 7 février dans la salle de la Bibliothèque, sous la présidence de M. Chaîne, en présence de M. Breignet, archiviste et de M. Daydie, archiviste adjoint, qui lui ont communiqué divers documents, entre autres les pièces de la correspon- dance échangée depuis le début de la guerre au sujet des publications. La période des cinq années qui viennent de s'écouler fut une ère de calme relatif pour notre bibliothèque, nos relations avec les Sociétés correspondantes ayant subi quelque trouble par suite des difficultés que vous connaissez tous. Plusieurs Sociétés de pays neutres ou alliés avec lesquelles nous étions en rapport ont quelque peu interrompu leurs envois depuis le début de la guerre ; il en fut ainsi notamment pour la plupart de celles d'Italie, d'Espagne et des pays Scandinaves. Par contre, celles de la Grande Bretagne et d'Amérique, malgré quelques perles et quelques retards nous sont arrivées en général de façon assez réguhère. Trois demandes nouvelles d'échange ont été reçues : 1° du Museo nacional de Ciencias naturales de Madrid (mars 1917) ; 2° de la Royal society of South-Australia, d'Adélaïde (Australie) (mars 1917) ; 3° du P.-V. 1920. 3 34 ' PROCÈS- VERBAUX Museo de historia natural y ellmografia, de Conception (Chili) (mai 1919). Pour toutes, la Société, consultée par son archiviste, a émis un avis favorable en principe. Mais la question n'est pas encore résolue définitivement, aucun des trois demandeurs n'ayant fait parvenir les exemplaires spécimens qui leur ont été réclamés. Notre Bibhothèque a reçu des dons gracieux, notamment les œuvres complètes de BufTon, plusieurs ouvrages de sylvonomie, etc. La liste des ouvrages offerts paraissant dans notre bulletin bibliographique, je n'y insiste pas, mais je me fais l'interprète de la Commission et celui de vous tous en adressant des remerciements aux donateurs. Et c'est aussi avec la certitude de répondre au sentiment de tous que j'adresse, au nom de la Société, un hommage de reconnaissance et des féhcitations à M. Breignet, l'archiviste idéal, dont le dévouement ne connaît pas de bornes, ainsi qu'à M. Daydie, archiviste adjoint, qui le seconde de façon parfaite et qui consacre lui aussi beaucoup de -temps et de peine à notre Bibliothèque en attendant de diriger l'installation prochaine de notre salle de collections. Je les associe tous les deux dans un juste tribut de gratitude. Sur une espèce nouvelle d' « Acuaria », parasite de « Ptilopachys fuscus » VielU. Par E. Gendre. Acuaria ptilopachydis n. sp. Dimensions. — Mâle inconnu. Femelle : longueur totale 8 m™ 84 à 12 •""> 73 ; largeur mm 17 à mm 20. Longueur du pharynx 0mmi4 à 0mni20; de l'œsophage mm 40 à mm.55 . du ventricule 1 mm 07 à 1 mm 43 . (Je la queue mm 20 à mm 245 (1/45 à 1/5G de la longueur totale). (( Corps blanc, filiforme, grêle, assez brusquement aminci en avant, s'atténuant progressivement en arrière dans la moitié postérieure. Cuticule striée transversalement. Tête conique constituée par deux grosses lèvres, latérales et égales. Chacune présente sur sa face externe, au voisinage de la base, deux papilles superficielles, symétriques et un petit lobe de pulpe triangulaire et médian à l'intérieur de la cuticule. Bouche ovalaire, dorso-ventrale. PROCES-VERBAUX Cordons cutanés tout à fait droits, au nombre de quatre, couchés dans la peau, sans récurrences ni anastomoses. Formés d'un double repli cuticulaire, ils naissent des commissures labiales et s'étendent en suivant les lignes submédianes sur une longueur de 2 ™'" 62 à 3 """^ 13, c'est-à-dire au delà de l'extrémité postérieure du ventricule (fig. 1). Leur terminaison est en général nette mais se fait parfois d'une manière insensible. 11 y a une papille sessile, de chaque côté du corps, dans le plan des champs latéraux, un peu en arrière du niveau de l'extrémité antérieure de l'œsophage. Pharynx étroit, à paroi interne chitineuse et 'réfringente ; œsophage muscu- leux s'épaississant graduellement d'avant en arrière; ventricule glan- dulaire assez régulièrement cylin- drique. Intestin droit jusqu'à l'anus. Queue conique, digitiforme, à bout arrondi (fig. 2). Vulve ronde, peu saillante, bordée d'un ourlet cuticulaire et située au voisinage du milieu du corps dans la moitié postérieure (environ au 1/1,9 de la longueur). Ovéjecteur cylindri- que de 260 ,a de long sur 46 /t. de large, sans vestibule difîérencié, dirigé en arrière et à parois mus- culaires fortement épaissies. Il est coudé à angle obtus près de son origine vulvaire et ensuite rectili- gne jusqu'à sa terminaison. 'Trompe musculeuse, longue, également dirigée en arrière avec quelques œufs en chapelet disséminés dans sa longueur. Appareil génital double ; ovaires situés l'un en arriéré de l'extrémité postérieure du ventricule, l'autre en avant de l'anus. OEufs ellipsoïdes, à coque épaisse, de 35 à 39 y. de long sur 21 à 23 y. de large, embryonnés au moment de la ponte. » Cette espèce (quatre femelles) a été trouvée sous la muqueuse du gésier d'une Poule de rocher, Ptilopachys fuscus Vieill. par le D^" Bouet, en 1910, à Kokoro (Dahomey). Elle m'a paru nouvelle, mais j'ai hésité longtemps, le mâle m'étant inconnu, à lui donner un nom Fig. 2. Fig. 1. 36 PROCÈS-VERBAUX spécifique à cause de la difficulté qu'il y a, à l'heure actuelle, à distin- guer entre elles avec précision les femelles des diverses espèces de Dispharages à cordons droits. La plupart des descriptions qu'on trouve dans la littérature scientifique sont, en effet, fort anciennes et très incomplètes. Parfois même elles font mention de caractères si généraux que l'indication de l'hôte parasité est le seul moyen de reconnaissance sérieux de l'espèce. Les possibilités de comparaison sont de ce fait extrêmement réduites. Il convient aussi de remarquer que les femelles d'Acuaria ainsi d'ailleurs que toutes les femelles de Nématodes en général, sont malai- sées à définir parce qu'elles sont dépourvues des papilles et des orne- ments variés qui agrémentent la queue des mâles et parceque les éléments susceptibles de servir à l'établissement de la diagnose sont loin d'avoir une fixité absolue. Les caractères tirés des dimensions du corps ou des organes n'ont qu'une valeur relative, une valeur d'appoint. Ils varient suivant l'âge des helminthes, suivant les individus, suivant les hôtes, entre des extrêmes dont nous connaissons encore trop mal les limites pour leur donner une importance de premier ordre. D'autre part, l'intérêt des mensurations est le plus souvent diminué par les conditions dans lesquelles se pratiquent généralement les examens : sur des animaux morts, plus ou moins contractés et dont les tissus ont subi en outre la rétraction consécutive à l'action des milieux conservateurs. De là, des divergences très fréquentes dans les descriptions qui tiennent autant à des variations biologiques qu'à des faits accidentels, Les données fournies par la morphologie, la position et les rapports des organes ont plus de valeur pour la diagnose, mais celles-ci encore ne doivent pas toujours être prises à la lettre et entrer sans réserve dans la description. Pour la forme de la queue, par exemple, il n'est pas douteux qu'un certain nombre de dispositions regardées comme spécifiques et naturelles, représentent seulement des déformations de cet organe liées à des contractures accompagnant une mort violente et il n'y a encore aucun fait qui autorise à les considérer comme des attitudes caractéristiques post morlern. Quant aux cordons cutanés, ils subissent indépendamment de leurs variations sexuelles des variations individuelles de longueur dont il faut être prévenu. La vulve située généralement à mi-corps, tantôt un peu en avant, tantôt un peu en arrière, peut dans une même espèce se trouver suivant l'âge des indi- vidus, antérieure chez les uns, postérieure chez les autres. Enfin nos PROCÈS-VERBAUX 37 connaissances sur l'organisation de l'appareil génital et plus particu- lièrement de l'ovéjecteiir (Seurat), sont encore restreintes à un trop petit nombre d'espèces pour pouvoir servir de base à des diagnoses différentielles. Eq l'absence de documents précis et de critérium sûr pour la déter- mination des femelles d'Acuaria j'ai adopté comme moyen provisoire et pratique de distinction des espèces, les rapports topographiques des cordons cutanés avec les organes sous-jacents. Ces ornements étant des éléments caractéristiques du genre, faciles à observer, c'est sur eux qu'on possède le plus de renseignements. En outre, grâce à la situation qu'ils occupent à l'extrémité céphalique leurs rapports paraissent être peu influencés par l'accroissement du corps consécutif au développe- ment de l'appareil génital et à l'accumulation des œufs dans les utérus, qui entraîne toujours une élongation importante de la région postérieure. Considérés à ce point de vue les Acuaria peuvent être classés dans l'ordre suivant : A. — Acuaria dont les cordons ne dépassent pas l'extrémité posté- rieure de l'œsophage : A. elongata Rud ; tarenlolœ Seurat (forme larvaire) ; altenuata Rud; papillifera v. Linst. (màlej ; gracilis Gendre (1); muscicapœ v. Linst. ; subula Duj. ; macrolaima v. Linst; [rotundata v. Linst; cordata Mueller ; gruveli Gendre. B. — Acuaria dont les cordons dépassent cette extrémité et celle du ventricule : .4. ptilopachydis Gendre; anthuris Riid. ; ornata Gendre (mâle); mammillaris Mol ; hamulosa Dies. C. — Acuaria à cordons non décrits : A. de pressa Schn. ; tenuis Duj. Mais je dois reconnaître que ce classement bon à faciliter les recher- ches sur les femelles est sans valeur zoologique parce qu'il ne corres- pond pas aux afflnités réelles des espèces, d'ailleurs encore très difficiles à définir à l'heure actuelle. En effet, si on envisage d'autres caractères (l) Par suite d'une erreur clans la position de la virgule j"ai attribué aux cordons de cette espèce dans ma note " Sur quelques espèces de Dispharages du Dahomey " (Proc.-verb. Soc. Llnnéenne de Bordeaux, janvier 1912) des dimensions correspon- dant à 31 "/o de la longueur du corps chez le mâle comme chez ^. anthuris et k 17 o/o chez la femelle. C'est 3,1 "/o et 1,7 «/o qu'il faut lire. Cette rectification éloigne beaucoup A. gracilis d\4 . anthuris. De même, les cordons d' A . papillifera ne mesurent que 4 °/o au lieu de 40 »/o de la longueur de ce ver. 38 PROCÈS-VERBAUX notamment ceux présentés par les mâles connus, on constate qu'A. anthuris a huit paires de papilles postanales de même que papillifera et coj'C^a^a, tandis qu'A, ornata en a six comme attenuata, gracilis, subula et gruveli. A. depressa el rotundata possèdent cinq paires, A. hamulosa quatre (?). Ce groupement est détruit par la considération des spicules. < La forme de ces organes chez A. ornata par exemple est d'un type anatomique si différent de celui d'A. subula, gracilis ei gruveli qu'il éloigne cette espèce des suivantes alors que le nombre et la disposition de ses papilles tendrait plutôt à Ten rapprocher. De même la grande inégalité de taille et de structure des spicules de A. gruveli peut inciter à considérer ce Dispharage comme une espèce affine d'.4. hamulosa et rotundata, cependant par tous ses caractères il se relie sans aucun doute à A. subula et gracilis. A d'autres points de vue, A. elongata présente des membranes latérales qu'on retrouve chez ornata. Chez A. macrolaima et rotundata, l'œsophage (sensu lato) atteint une longueur (1/2,4 à 1/2,7 de celle du corps) qui est inconnue dans les formes voisines si ce n'est à l'état larvaire ou chez des individus jeunes dont l'appareil génital n'a pas encore atteint ses dimensions définitives. Si bien que quels que soient les caractères, sexuels ou somatiques (papilles, spicules ou cordons) auxquels on donne la prédominance dans la classification, il paraît impossible jusqu'à ce que la plupart des espèces aient été revues et décrites à nouveau, d'établir leur groupement sur des bases naturelles mettant nettement en évidence leur lien de parenté. Dans leur note sur les affinités des Dispbarages, A. Railliet, A. Henry et P. Sisoff (1) rangent parmi les Acuaria à cordons droits (sous-genre Cheilospirura) Dispharagus reclus Molin et D. magnilabiatus Mol. Il ne semble pas d'après les descriptions qui ont été données de ces deux espèces qu'elles doivent rentrer dans ce groupe. Les cordons de D. reclus sont décrits ainsi par Molin (2) «... plicis. longitudinalilus cutaneis utrinque in funiculos longos 2 parum flexuo- sos, longe regredientes, binis invicem conjunctis, infiatis ». Cette description est du même type que celle des cordons des Dispharages (1) A. Railliet, A. Henry el P. Sisoff : Sur les affinités des Dispharages '^Acuaria Bremser), Nématodes parasites des Oiseaux (Compt. rend. Soc. Biol. Paris, T. LXXIII, p. 622). (2) Molin : Una monografia del' génère Dispharagus (Sitzungsb. d. K. Akad. d. Wissensch. Wien. T. .39, 1860, p. 494). PROCÉS-VERBAUX 39 à cordons récurrents et anastomosés comme Dispharagus sygmoideus Mol., brevicaudatus Duj., laticeps Rud., alatus Riid., etc.. Von Drasche (1) qui a revu Fespèce mentionne seulement l'absence d'ondu- lations des cordons (parum flexuosos de Molin) mais ne lui attribue pas dès cordons droits avec le sens que nous attachons aujourd'hui à cette expression. C'est donc par suite d'une méprise ou d'une traduction incomplète que Stossich dans sa Monographie (2) où il a fusionné le texte de Molin avec celui de Von Drasche, caractérise les cordons cutanés du Dispharagus reclus par cette simple phrase « les cordons cutanés sont droits ». S'il existait quelque doute sur l'interprétation à donner à la descrip- tion de Von Drasche, il serait facile de le lever par la comparaison du texte de ses différentes diagnoses de Dispharages oij l'on voit que les expressions geivellt et nicht gewellt sont employées par lui pour indi- quer la flexuosité ou la rectitude des cordons sans être synonymes de récurrence ou de non récurrence, Molin signale d'ailleurs dans son observation I que tous les vers qu'il a examinés, en tout 2 9 et 2 (5^, étaient très bien conservés et transparents ; on peut admettre qu'il a bien vu ce qu'il a décrit. Dispharagus reclus doit par conséquent prendre place dans le sous-genre Synhimatus. Les mêmes remarques s'appliquent à D. magnilabiatus que la des- cription de Molin (3) «... plicis utrinque in funiculos rectos longissi- nios, valde récurrentes cutaneis incrassatis. . .» oblige à classer dans le soLis-genre Dispharynx. Cet auteur a examiné 4 9 et 5 cf bien conservés et transparents. En fait de véritables Dispharages à cordons droits, Von Drasche n'a vu, en dehors de Cheilospirura hamulosa Dies, qu'une seule espèce, c'est D. mammillaris . Il le dit nettement dans sa description : « Les quatre cordons cutanés se présentent sous un aspect unique si on les compare à ceux des autres Dispharages parce qu'ils se perdent complè- tement en arrière et ne s'unissent pas deux à deux les uns aux autres. » (1) Von Drasche : Revisiori der Original Exemplare Diesing-'s und Molin's etc. (Verhand. d. K. K. Zool. bot. Gesell. Wien, T. XXXIII, 1884, p. 209). (2) Stossich : Il génère Dispharagus Dujardin [Boll. Soc. Adriat. Se. nat. Trieste, \ol. XIII, 1891. p. 11). (3) Molin : toc. cit. p. 497 — Von Drasche : toc. cit. p. 210 — Stossich : loc. cit. p. 14. • 40 PROCÈS-VERBAUX Un genre nouveau d' « Acuariinœ » (1) Par E. Gendre Au cours de recherches bibliographiques sur les Gnathostomes, mon attention a été attirée par la ressemblance frappante d'un de ces néma- todes, le Gnathostoma shiplei/i Stossich (2), avec l'espèce de Dispharage décrite par Seurat, en 1916, sous le nom d'Acuaria jjelagica (3). L'un et l'autre ver présentent, en effet, la même ornementation caractéristique de la tête qui n'appartient à aucun des types actuelle- ment connus. Seurat a déjà fait cette remarque à propos de son helminthe mais a probablement hésité à créer un nouveau genre parce qu'il n'a pu examiner que deux femelles trouvées, en Algérie, dans le ventricule succenturié d'une mouette cendrée [Larus canus L,) et d'un Pnffin cendré (Puffinus Kuhli Boie). La connaissance plus complète de Gnathostoma shipleyi — Stossich a eu à sa disposition un mâle et deux femelles récoltés par le D'" Willey dans le duodénum d'un Diomedea exulans (Western Pacific) — et l'affinité évidente de cette forme avec Acuar^a pelagica rendent possible aujourd'hui cette création pour laquelle je propose le nom de Prionos- iemma (de zptwv, scie et de s^t\x]}.x, guirlande). Par son organisation, le genre Prionostemma appartient aux Acua- riinœ. Les crochets simples dont est hérissée la partie antérieure du corps et la forme des lèvres que Stossich a vues trilobées ne rappellent que de très loin les Gnathostomes. Ses caractères sont les suivants : (1) Entre la présentation (mars 1920) et l'impression (février 1921) de cette note, j"ai eu connaissance d'un travail de K. ,J. Skrjabin traitant du même sujet et paru pendant la guerre (Compt. Rend. Soc. BioL, Paris, 1916, T. LXXIX, p. 971). Skrjabin a réuni dans le geiu-e Seuratia : Gnathostoma shiplei/i Stoss., Acuaria pelagica Seurat et Rictularia paradoxa von Linst. pour n'en former qu'une seule espèce, Seuratia shipleyi Stoss. L'identité de ces helmintlies ne peut être tranchée avec certitude que par des découvertes nouvelles, mais de toute façon le genre Prionostemma ûoi\. disparaître. — D'autre part, Gedœlst (Compt. Rend. Soc. BioL, Paris, 1919, T. LXXXII. p. 901) a incorporé D. decorus Duj. dans son genre Yseria à cause de la situation postérieure de la vulve de cette espèce. 11 me semble cependant que par d'autres caractères et notamment l'ornementation de la tète telle qu'elle ressort de la description de Dujardin, ce nématode n'est pas tout à fait comparable à Yseria californica Gedlœst ou à Y. coronata Mol. (2) Stossich : Contributb allô studio degli Elminti [Boit. Soc. adriat. Se. nat. Trieste, vol. XX, 1900, pp. 1-2, Tav. I, figs. 1-5). (3) L. G. Seuhat : Sur un nouveau Dispharage des Palmipèdes [Compt.-Rend. Soc. BioL Paris, T. LXXIX, 1916, p. 785). PROCÈS-VERBAUX 41 (( Tète constituée par deux lèvres latérales (dorso-ven traies Stossich) très basses, portant uae petite dent en leur milieu (Seurat) ou trois lobes terminés chacun par une très petite papille (Stossich). En arrière des commissures naissent deux cordons très courts, garnis de fortes denticulations sur leur bord libre, qui entourent en anse les faces latérales (dorsale et ventrale Stossich) et reposent comme des épauietles ou des guirlandes sur une grosse vésicule céphaUque formée par un soulèvement annulaire de la cuticule, comparable à celui qu'on voit chez les OEsophagostomes. Deux papilles tricuspides latérales (dorso- ventrales Stossich) en arrière de la tête. Quatre rangées longitudinales d'épines dans la région antérieure jusqu'au voisinage du miUeu du corps. Appareil digestif divisé antérieurement en trois parties de longueur et de largeur progressivement croissantes comme chez les Acuaria , maix pharynx relativement plus court et nettement strié transversa., lement. Queue du mâle conique, munie de deux ailes peu développées, soutenues par des papilles. Quatre préanales. Deux spicules inégaux. Queue de la femelle également conique, terminée par un petit bouton avec des pores caudaiix subterminaux. Appareil génital double. OEufs embryonnés au moment de la ponte. » Habitat : tube digestif des Oiseaux. A côté de P. shipleyi et pelagicum qui se distinguent l'un de l'autre par des détails de la morphologie des épaulettes, la longueur du pharynx et la position des papilles tricuspides, il convient de ranger deux autres espèces : P. procellariœ Belhngham (= Spiroptera procellariœ Bell.) (1) du Pétrel, cité par Seurat et forme à revoir, et P. décorum Duj. (Dispharagus decorus Duj.) (2), parasite du Martin- Pêcheur. La légitimité de ce dernier rapprochement paraît douteuse quand on ne considère que les figures de la tête de B. decorus données par le grand helminthologiste français, mais elle peut être affirmée à la lecture du texte. Dujardin définit ainsi son espèce : «. . . . Tète obtuse, terminée par deux papilles opposées, conoïdes, obtuses, d'où partent en dessus et en dessous deux cordons denticulés entourant circulaire- ment deux lobes latéraux convexes (en épaulettes) ; — tégument à stries transverses, finement pointillées..., susceptible de se gonfler en (1) Dujardin : Histoire naturelle des Helminthes, Paris, 1845, p. 102. (2) Dujardin : ibid. p, 78, pi. 3, fig. Ki — K3 . 42 PROCES-VERBAUX arrière de la tête ; — en arrière des deux lobes circulaires (à ™m £2) se voit de chaque côté un appendice saillant en forme de dent tricus- pide. — Première partie de l'œsophage ou pharynx, tubuleuse, annelée ou striée transversalement, égalant trois ou quatre fois le diamètre de la tète...» Tous ces caractères s'adaptent d'une façon parfaite à la diagnose du genre Prionostemma. En outre La description et le dessin des Spicules principalement du . spicule le plus long « évasé aux deux extrémités » permettent de com- prendre la reproduction très obscure de l'extrémité de cet organe donnée par Stossich (Tav. I, fig. 3), si, à la vérité, la figure correspond effectivement au même spicule. Les différences à noter entre P. décorum et P. shipleyi et pela- gicum résident : d'une part, dans la position de la vulve qui se trouve un peu en avant du miheu du corps chez P. shipleyi ainsi que chez pelagicum et très fortement en arrière chez/*, décorum; d'autre part, dans l'absence des quatre rangées d'épines chez cette dernière espèce. Si cette remarque se trouvait un jour confirmée, il faudrait modifier sur ce point les caractères du genre Prionostemma. A propos des Ténias des Rats transmissibles à l'Homme Par le Docteur Raymond Sigalas Préparateur d'Histoire Naturelle à la Faculté de Médecine. Les larves de ténias humains se rencontrent accidentellement chez le rat. Néanmoins le rôle de ces rongeurs dans la transmission de ces ténias semble des plus effacés. Par contre les ténias propres aux rats : Hymenolepis murina (Dujar- din 1845) et Hymenolepis diminuta (Rudolphi 1819), hébergés à l'état adulte dans l'intestin de ces animaux, peuvent infester l'homme. De nombreuses observations ont montré que ces ténias étaient très fré- quents et très abondants chez les enfants de certains pays (France, Itahe, Amérique). Ces ténias, surtout Hymenolepis murina, qui ne dépasse pas 25 à 40 millimètres de longueur, peuvent à cause de leur petite taille, passer inaperçus ou être confondus avec de petits Nématodes. Etant donné les résultats établis au cours de la guerre entre l'homme et le rat, ces ténias ont dû vraisemblement augmenter de fréquence. PROCES-VERBAUX 43 Nous les avons recherchés, systématiquement chez les rats de notre ville. Ils y sont extrêmement fréquents, quelque soit la provenance des rats. On rencontre Hymenolepis murina deux fois sur trois environ et Bymenolepis diminuta une fois sur deux environ. Il nous a paru utile d'attirer l'attention sur ces faits, beaucoup de ces cas de parasitisme restant ignorés. Sur un Paratyphique du Surmulot à Bordeaux Par le Docteur Raymond Sigalas Préparateur d'Histoire Naturelle à la Faculté de Médecine. J"ai signalé dans un travail récent : « Le Rat réservoir de Virus •» la présence d'un bacille du groupe des paratyphiques, vraisemblablement le Para B, chez de nombreux surmulots : Mus dec umanus, provensini des abattoirs de Bordeaux. Ces bacilles qui ne paraissent déterminer aucun trouble chez les rats, sont par contre extrêmement virulents pour le cobaye. Deux centimè- tres cubes de pulpe de foie, rein, surrénale additionnés d'eau physiolo- gique, tuent le cobaye en 24 ou 48 heures. La recherche'de ce bacille chez des rats d'une autr^ provenance, en particulier sur des rats capturés à l'hôpital des enfants de Bordeaux et dans les magasins de grains de la rue Leyteire (Bordeaux) a été négative. Il est permis de penser que les rats des abattoirs se sont infectés au contact des viandes contaminées par les bacilles paratyphiques. Les animaux abattus porteurs de Para B sont extrêmement fréquents dans notre ville. Chaque mois des milliers de kilos de viande sont livrés à l'équarrissage. Ce fait nous a paru intéressant pour l'étiologie des paratyphoïdes à Bordeaux. 44 PROCÈS-VERBAUX Réunion du 14 avril 1920 Présidence de M. A. Bardié, Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE i" Lettre de notre collègue M. Lambertie offrant sa belle collection d'Hémiptères à notre Musée. Notre Président le remercie de ce don généreux qui vient après tant d'autres et témoigne une fois de plus de son inlassable dévouement à notre Société. I\L Lambertie lit ensuite un extrait de son testament dans lequel il lègue à la Société Linnéenne ses nombreux volumes d'histoire natu- relle ainsi que les collections qu'il pourrait réunir dans la suite. M. Bardié remercie encore au nom de tous ses collègues et notre conservateur, M. Daydie, joint ses remerciements à ceux de notre Président. ADMINISTRATION Vote sur la candidature comme membre auditeur de M. René Dieuzède, s'occupant de botanique, présenté par MM. Baudrimont et Malvesin. M. Dieuzède est élu. M. LE Président rend compte de la visite faite dernièrement à M. le Professeur Sigalas, adjoint au Maire, lequel nous a appris que nos deux subventions d'avant guerre venaient d'être votées dans le prochain budget. M. LE Président est heureux d'enregistrer le plein succès de nos deux dernières excursions du 21 mars à Lormont et du 11 avril à Langoiran. Celle de Langoiran fut tout particulièrement réussie grâce à la char- mante hospitaUté , de notre collègue M. A. Claverie dans son domaine de la Peyruche. Le Secrétaire général est chargé de lui adresser les bien sincères remerciements de la Société. PROCÈS-VERBAUX 45 COMMUNICATIONS 1" M. Ballais liL une noie sur un cas assez curieux cïOrchis Morio. 2" n indique ensuite plusieurs stations d'Ophioglassum Valgntum L. au Bouscat et à Floirac et signale que le Soxifragn granulata L. est très commun dans une pelouse du parc de Castel d'Andorte (Bouscat). 3° M. LvTASTË offre, pour notre Musée, plusieurs tubes renfermant : Le Margarodes vitium, espèce de Cochenille vivant au Chili sur les racines de la vigne ; - Des femelles venant d'éclore ; Un kyste fixé sur les racines ; Et donne d'intéressants renseignements sur ce parasite de la vigne. Il signale ensuite son mode de bouchage et fait remarquer que malgré le long temps écoulé, l^alcool de ses tubes ne s'est pas du tout évaporé. M. LE Président le remercie et lui demande de vouloir bien condenser les savantes explications qu'il vient de nous donner dans une petite note pour nos procès-verbaux. M. Daydte en sa qualité de conservateur lui demande de vouloir bien y joindre la formule de son mode de bouchage. 4" M. Chaîne lit une « Note sur le Propithèque de Verreaux », curieuse légende malgache, qui sera insérée dans les procès- verbaux. 5° M. Malvesin donne la description d'un Ophrys trouvé à Langoiran le 11 avril dernier : V Ophrys litigiosa var. viridiflora. 6° Enfin W: Lambertie présente une galle produite sur un Raphanus par un Couthorhynchus. La séance est levée à 18 heures 30. Un cas assez curieux observé chez un « Orchis morio Par M. Ballais. Le 2 avril dernier, passant en revue mes pots d'orchidées rustiques, quelle ne fut pas ma surprise de remarquer qu'un Orchis morio en fleurs depuis quelques jours avait quelque chose d'étrange. En regardant de près je vis que toutes les fleurs, sauf une, étaient tournées en sens contraire, le labelle vers le haut, d'autres en travers. Il y a détorsion de l'ovaire et l'épi ne s'est pas développé normale- Orchis morio. — Orchis houffon. Famille des Orchidées d'après ^ature. (25, 28-3-1920.) 48 PROCES-VERBAUX ment, il est plus serré^ long de cinq centimètres, tandis que chez VOrchis morio ordinaire il a de dix à douze centimètres et les fleurs sont assez lâches. J'av.ais pris cette anomalie pour une Pélorie, mais elle ne doit pas en être une, il n'y a pas de pièce en surplus, ni régularité, il n'y a qu'une détorsion plus ou moins accentuée de l'ovaire. Le labelle étant tourné vers le haut à la façon de l'étendard chez les légumineuses, l'éperon qui est applati est tourné vers le bas, ou tout au moins horizontalement. Il n'y a que la fleur de la base qui est placée normalement. Je l'ai montré à M. Lalanne qui l'a trouvé curieux, il pense qu'il y a Pélorie. Dans un dictionnaire de botanique j'ai cherché le mot pélorie, et voici : Pélorie, déformation d'une fleur habituellement irrégulière, la ramenant à la régularité plus ou moins complètement. Je ne vois là aucun effet de régularité, rien qu'une déformation produite par la détorsion de l'ovaire. Dans un compte rendu botanique d'une excursion à Léognan le 27 mars 1892 (voir procès-verbal de la Société Linnéenne de Bordeaux, avril 1892) M. Henry Brochon dit dans un passage : « C'est derrière cette même clôture, dans la prairie, que j'ai trouvé avec Clavaud, le 8 avril 1882, quatre pieds croissant en touffe, de VOrchis morio L. à l'état de pélorie. » Clavaud en a fait, avec sa supériorité d'iconographe, un dessin en partie colorié, que je possède et que tôt ou tard la Société publiera. Je rappelle en attendant que notre regretté collègue nous a entretenus de ce casde tératologie, dans votre séance du 19 avril 1882 (Act. Soc. Lin. t. XXXVI, Proc.-verb. p. xxi). Je me sers du mot tératologie, puisqu'une pélorie est toujours une anomalie, mais le père Bellynck a dit avec raison (Les anom. dans le règne végétal, in act. Se. Belg 1881) que ces anomahes là (( sont plus normales que les types mêmes dont elles semblent déyier », La pélorie constitue, en effet, que la régulari- sation exceptionnelle d'une fleur normalement irrégulière (Germ. nouv. dict. bot.) Quoi qu'il en soit, dans notre Orchis morio pélorie qui présentait « trois labelles et trois éperons,, parmi lesquels le labelle normal était médian », la pélorie avait affecté seulement deux des pièces du périanthe externe, devenus semblables au labelle. Clavaud a tiré, de cette disposition, cette conséquence, d'un ordre général, qu'il « sejpblait rendre impossible chez les Orchidées l'attribu- PROCÈS-VERBAUX 49 lion du nom de calice au verticille extérieur, et celui de corolle au verticille intérieur. ». On voit toute l'importance des conséquences morphologiques de cette anomalie. Quant à mon cas, peut-être mérite-t-il d'être signalé,- j'ai cru inté- ressant de le dessiner, et je vais suivre son évolution pour savoir si les fleurs vont reprendre leur position normale. Par la même occasion je signale que j'ai trouvé une station d'Ophio- glosse, Ophioglossam vulgatum L. sur le bord du chemin, près de l'hôpital des enfants, au Bouscat, le 28 mars dernier, et une autre le 5 avril daas un talus ensoleillé à Floirac, et dans un fossé vaseux, j'ai rencontré plusieurs touffes d'Androsème, androsœmum officinale. Le Saxifraga granulala est très commun dans une pelouse du parc de Castel d'Andorte. A propos du Propithèque de Verreaux (Propithecus verreauxi, Grand.) (La T-,é^on.<3Le <3i\x Sifals) Par J. Chaine Professeur adjoint à la Faculté des Sciences de Bordeaux. Voici une curieuse et naïve légende concernant le Propithèque de Verreaux (Projntheciis verreauxi, Grand.), plus connu à Madagascar sous le nom de Sifak, ou mieux encore de Sifaka, qui m'a été-contée par M. Lescure, colon français établi sur la côte occidentale de l'île, à Tulléar. Je n'ai trouvé nulle part trace de cette légende. Le Propithèque de Verreaux, encore désigné sous le nom de Maki à tête noire est une espèce de Lémurien dont la robe est d'un blanc jaunâtre et le dessus de la tête d'un marron très foncé; c'est celte calotte brune qni est la base de la légende malgache. Dans celle histoire le mâle est désigné sous le nom de Monsieur et la femelle sous celui de Madame. Monsieur et Madame Sifak formaient un couple très uni ; ils vivaient bien, s'aimaient d'amour tendre comme nos deux pigeons et les jours s'écoulaient heureux, lorsqu'un nuage apparut dans ce ciel jusqu'alors si pur : Monsieur devint jaloux. P.-V. 1920. 4 50 PROCÈS-VERBAUX Ce n'est point que rattitude de Madame donnait lied à la critique, non, loin de là. Elle se tenait bien, n'était niUlement coquette et les ' mauvaises langues ne trouvaient rien à dire sur son compte. Jamais, dans sa cervelle de singe, aucune idée d'infidélité n'avait germé. Mais un jaloux ne raisonne pas. Monsieur devint triste, maussade ; il fut dès lors pour sa compagne un véritable tyran. Elle, bonne et aimante, ne se plaignait pas; elle souf- frait en silence et, par de douces caresses, essayait de faire revenir son époux à de meilleurs sentiments. Pour mettre fin à leurs maux, d'un commun accord ils décidèrent de quitter la société et d'aller habiter .seuls au milieu de la brousse. Là, perdus dans le désert, ils revécurent des jours heureux; Monsieur était redevenu ce qu'il était autrefois et tous deux bénissaient la destinée qui leur avait fait prendre une telle détermination. Mais la jalousie est un mal cruel qui ne guérit pas facilement. Un jour, pour leur dîner, ils faisaienl cuire du riz dans une marmite. Monsieur aidait Madame et s'empressait autour d'elle pour faciUter sa tâche. Comme il manquait de l'eau. Madame se détacha pour aller à la fontaine et chargea son époux de continuer à surveiller la cuisson du repas. La fontaine était loin et il sembla à Mansieur que Madame s'attardait plus que de raison. Il attendit un certain temps en silence, puis s'impatienta; la jalousie de nouveau le tenaillait. Lorsque soudain, soit pour calmer son impatience, soit pour punir sa compagne, il mangea tout le plat de riz, sa part et la sienne. Madame revint sur ces entrefaites; son époux se fâcha et lui fit des remontrances. Pour la première fois, elle les prit mal, se révolta d'être accusée à tort et se mit dans une violente colère. Elle devint littéra- lement furieuse lorsqu'elle s'aperçut que son époux avait mangé sa part de riz; sa rage, dès lors, n'ayant plus de bornes, elle prit la mar- mitte et en coiffa son mari. La marmitte était étroite ; M. Sifak ne put jamais l'enlever de sa tête. Et voici comment, depuis cette époque, le Sifak a la nuque noire. PROCÈS-VERBAUX 51 Réunion du 5 mai 1920. Présidence de M. Bardié, Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE M. Claverie envoie VIsopyrum Thalictro'ides qu'il a trouvé dans ses bois suivant les indications de M. Bardié et dit qu'il a récolté en même temps Listera ovata R. Br. ADMINISTRATION Vote sur la candidature, au titre de membre titulaire, de M. Cordier, demeurant à Beautiran, s'occupant d'Entomologie agricole et d'Archéo- logie, présenté par MM. Bardié et D^ Manon. M. Cordier est nommé membre de la Société. M. Bardié rend compte de l'Assemblée du Comité National Français pour la restauration de la bibliothèque de l'Université de Louvain détruite pendant la guerre. Après délibération et avis de M. l'Archiviste, il est décidé que la Société ne peut envoyer une somme d'argent mais qu'elle donnera des volumes. M. Daydie, notre zélé conservateur rend compte de la rapide instal- lation de nos collections dans le nouveau local de la Société et remercie la liste déjà longue des généreux donateurs, grâce auxquels notre Musée, né d'hier, est déjà très important. C'est tout d'abord M. Couture qui, depuis plus d'un an déjà, nous a donné une collection d'Hyménoptères de France et une collection de graines. Viennent ensuite : M. Rozier qui a fait un don remarquable consis- tant en très beaux meubles dont l'un renferme une collection de Conchy- liologie recueillie par le Père Montrouzier et une importante somme d'argent. - M. Breignet, qui a donné sa très belle collection de Lépidoptères de France comprenant 150 boîtes environ, plus une importante somme d'argent. 04 PROCES-VERBAUX M. Lambertie qui a donné de très intéressantes collections d'Hémip- tères de France, plus de nombreuses pièces d'Ornithologie et d'Erpé- tologie. M. le Dr Lamarque qui a envoyé un meuble et nous a promis son bel herbier des Pyrénées, qu'il a fait en collaboration avec notre collègue le Dr Barrère. M. Dupuy de la Grand'Rive, qui nous a doriné des minéraux et des roches. M™e Augereau qui a bien voulu donner à notre Société les très belles collections de notre regretté collègue, le Docteur Augereau, comprenant une collection entomologique dont une très importante de Coléoptères de France, des minéraux, des fossiles, des coquilles vivantes ainsi qu'un herbier de mousses. M™^ Leclerc, qui nous a envoyé des fossiles et des minéraux. M™^ Petit-Laffite, qui a fait don d'un herbier, de fossiles et de minéraux, provenant des collections de son beau-père M. Petit-Lafitte, professeur départemental d'agriculture, membre de la Société. M. Claverie, qui a voulu de même payer sa contribution en envoyant une somme d'argent. M. Daleau, qui nous a offert des fossiles, des empreintes, etc. M. Artigue enfin, qui a généreusement proposé à notre Conservateur de venir choisir dans sa collection de fossiles ce qui pourrait nous intéresser, M. LE Président adresse les remerciements de la Société à tous les généreux donateurs. Il remercie ensuite tous ceux de nos collègues, particuUèrement MM. Breignet et Malvesin qui, par leur zèle et leurs démarches, ont contribué à attirer vers notre Musée quelques-unes de nos premières richesses scientifiques. Il écrira lui-même une lettre de remerciements à M™e Augereau. Il répare enfin l'oubli volontaire de notre excellent conservateur M. Daydie, qui, trop modeste, n'a rien dit de tout ce qu'il a" fait, de tout ce qu'il a apporté lui-même pour notre Musée auquel il consacre de longues et laborieuses heures chaque jour. A lui aussi doivent aller les remerciements et la reconnaissance de la Société. M. Daydie remercie notre Président de ses éloges dont une part doit être reportée sur son collaborateur, M. Lambertie, qui l'aide avec le dévouement que l'on sait à préparer nos .collections. Il demande' que la Société veuille bien doçner une consécration officielle au zèle de notre collègue en lui conférant un titre se rapportant à ses nouvelles fonctions. PROCES-VERBAUX 53 La Société approuve la proposition de M. Daydie et M. Lambertie est nommé conservateur adjoint. Le Président informe ensuite l'assemblée qu'en présence de l'impor- tance de certains des dons reçus, le Conseil a estimé qu'il était de la plus élémentaire justice de reconnaître et de perpétuer par le titre de € bienfaiteur » de notre Société, la générosité de quelques-uns des principaux donateurs. Cette proposition est acceptée avec joie et notre regretté collègue Motelay dont le souvenir évoque autant la générosité sans bornes que la science profonde, ainsi que MM. Breignet et Rozier, dont nous avons énuméré plus haut les dons très importants, sont nommés « Bienfai- teurs de la Société Linnéenne de Bordeaux ». DOiN A LA BIBLIOTHÈQUE M. Baudrimoxt offre à la Société « Ultramar » l'intéressant ouvrage de notre regretté collègue le Professeur Viault, de la Faculté de Méde- cine de Bordeaux, sur son voyage en Amérique. M. Baudrimont offre ensuite « Arkhangelsk », tirage à part d'un de ses articles sur son voyage en Russie, paru dernièrement dans le Journal de Médecine de Bordeaux. COMMUNICATIONS M. le Dr Feytaud fait une communication des plus intéressantes sur un Glyciphage parasite de nos habitations. C'est un petit acarien, visible seulement à la loupe, qui se développe, avec une extraordinaire rapidité, à la faveur de l'obscurité et de l'humidité, sur les matières organiques en décomposition, sur lesquelles il forme comme une sorte de poussière animée, et qui a causé, dans certaines villes : Barfleur, Angers, Vienne, Bordeaux où M. Feytaud l'a encore observé tout dernièrement, de véritables invasions. 11 s'attaque heureusement peu aux personnes. M. Feytaud cite cependant quelques cas très remarquables de contamination humaine. La destruction de ces malfaisantes bestioles consiste en premier lieu à supprimer leur cause (détritus, déchets de toute nature, matières organiques putrifiées), puis à désinfecter au moyen des vapeurs d'anhydride sulfureux, ou d'aldéhyde formique, enfin à combattre, par la suite, l'humidité des locaux infectés, par l'aération fréquente et répétée. 54 PROCES-VERBAUX i\I. le D'' Lamarque, qui a eu roccasion d'observer ces ^ acariens à deux reprises, fait des réserves sur l'efficacité du formol qu'il a vu employer dans un cas sans succès. M. Bardié qui a aussi observé ce Glyciphage sur des meubles rem- bourrés avec du crin végétal l'a vu réapparaître Tannée suivante au même point. j\l. Bouchon lit ensuite le compte rendu de l'excursion du 2i mars à Lormont, dont la partie archéologique, très intéressante, est due à la plume autorisée de M. Bouchon père. Vient ensuite le compte rendu de l'excursion du 11 avril dernier à Langoiran, par M. Ballais. M. Ballais lit une suite à sa communication du 14 avril dernier sur un Oixhis morio, note qui paraîtra dans les procès-verbaux et apporte une branche du camphrier de Castel d'Andorte (Bouscal) qui va bientôt fleurir. M. Malvesin nous informe que la station cVEpipactis latifolia à Lestonnac (Gradignan) a complètement disparu, que l'on ne peut même plus reconnaître l'endroit tellement il a été abîmé et saboté parles coupes répétées et que l'herbe même n'y pousse plus. Vient ensuite la question de l'excursion du 16 mai à laquelle le public doit être invité. On décide de la faire à Léognan et à Gradignan et ÎM. Malvesin est chargé d'en établir le programme. La séance est levée à 18 heures 45. Un cas assez curieux observé chez un « Orchis morio » {Suite) Par M. Ballais. Par la suite la plupart des fleurs ont repris leur position normale, l'ovaire de droit qu'il était s'est recourbé, chez certaines fleurs l'ovaire s'est contracté et a pris une position hélicoïdale. Au début de la floraison j'ai pratiqué la fécondation artificielle au moyen d'un petit bout de bois taillé en forme de crayon, tel que l'indique Correvon dans les Orchidées rustiques. J'ai pris les masses polliniques sur le même épis en les portant d'une fleur sur une autre, sur quatre fleurs fécondées artificiel- lement, deux seulement ont réussi parce que l'ovaire a repris à peu près sa position normale, chez les deux autres l'ovaire ne s'est pas PROCES- VERBAUX 55 recourbé, et c'est là je pense la cause de la non réussite (observation faite le 20 avril 1920). * Par la même occasion je signale que M. Malvesin m'a fait récolter le thaliclrum minus, non en fleurs aceras anthropophora, et Orchis coriophora, à Gradignan, le 25 avril 1920. J'ai récolté à Eysines le tetragonolobus siliquosus. A Castel de FAndorte le Camphrier va bientôt fleurir abondamment, et dans les serres le Monstera deliciosa montre une énorme spathc d'un blanc jaunâtre. Compte rendu de l'Excursion du 21 Mars 1920 à Lormont Par A. Bouchon. A Lormont .le « Mons iaureus », le mont des lauriers des temps anciens d'oîi les lauriers ont disparu, mais, fait assez curieux, ont été quelque peu remplacés, il y a un siècle environ par des Oliviers. Il y a en effet peu de belles propriétés de ces coteaux — dans lesquels nous trouvons le commencement des montagnes qui vont se succéder en s'élevant jusqu'au centre de la France — qui n'aient, à une expo- sition ensoleillée, leurs oliviers. La feuille pousse, mais les fruits sont réduits à la dimension de noyaux de cerises. Avant de parler de notre récolte de « Linnéens » permettez-moi, me souvenant que notre Président est au moins aussi bon archéologue que distingué botaniste, de vous dire quelques mots de ce que nous avons vu au point de vue monuments, de vous parler de ces vieilles pierres dans les interstices desquels la flore est parfois si riche. Voici, avant d'arriver à la petite cité qui dépendait jadis de Bordeaux, sur le deuxième tunnel du chemin de fer du P. 0. un arceau ogival entouré de quelques pans de murs. Au-dessous circulent les trains. C'est tout ce qui reste de l'ermitage de Sainte-Catherine jadis si réputé. On y faisait de longs pèlerinages ; on venait y apporter des ex- veto. Tout ou presque tout a disparu. II fut construit au milieu du xv® siècle, dit-on, mais bien avant l'ermite existait, car en 1407 nous voyons les jurats de Bordeaux lui accorder un subside. Au xvii^^ siècle une petite chapelle fut édifiée. L'ensemble des bâtiments était important. Le souvenir seul subsiste. 56 PROCES-VERBAUX Un peu plus loin se dresse l'église de Lormont dont la fondation remonte à l'époque romaine et qui fut reconstruite en 1451 par l'arche- vêque de Bordeaux Pierre de Pey-Berland. Le clocher moins ancien ne remonte qu'au xvic ou même, prétend-on, au xvn^ siècle. Plus haut enfin se profile ce qui fut le château des archevêques de Bordeaux et aussi un château royal, car c'est là que naquit en 1365 Richard, fils du Prince Noir, connu sous le nom de Richard de Bordeaux. Démoli au xv« siècle, rebâti au xvii^ ; vendu comme bien national à la Révolution, on ne parle presque plus de lui aujourd'hui et cependant son histoire fut intéressante. Je ne la connais pas assez pour vous en parler et je m'en abstiendrai d'autant plus que ce n'est pas mon rôle. •Notre président, M. Armand Bardié, s'en occupe avec trop de science compétente pour que je marche sur ses brisées. Je me contenterai donc d'herboriser et de vous entretenir à ce seul point de vue de notre excursion. Donc, le 21 mars dernier, la Société Linnéenne reprenant la série de ses excursions publiques interrompues depuis 1914, organisait une promenade à Lormont. On pourrait croire que cette jolie cité si proche de Bordeaux et d'un accès si facile ait été souvent visitée par la Société, il n'en est rien car il faut remonter en 1820, lors de la troisième fête linnéenne, pour trouver trace d'une excursion ayant pour objet les coteaux de Lormont, je ne parle bien entendu que de celles organisées officiellement. Une magnifique journée de ce précoce printemps favorisait la prome- nade. Aussi, à l'heure fixée, trente-cinq personnes environ se dispo- saient à prendre la gondole et parmi celles-ci : MM. Bardié, D'" Bau- drimont, Di" Manon, Dubreiiilh, Neyraut, Lamberlie, Malvesin, Sagaspe, Godillon, Ballay, Bouchon. M. Dieuzède qui doit prochainement être des nôtres. Un groupe d'élèves de la Faculté des Sciences et des élèves du Lycée de jeunes filles. En débarquant à Lormont nous nous dirigeons vers le chemin du Rouquet qui doit nous conduire au sommet du coteau. Ici nous récol- tons : Coronilla Emerus L. Ranunculus repens L. var. à fleurs doubles. Stellària Holostea L. PROCÈS-VERBAUX 57 Rhamnus Alaternus L. . Euphorbia amygdaloides L. Lithospermum purpureo-cœruleum L. En haut du chemin, dans une prairie, une belle station de Primula officinalis Scop. Puis, sur le chemin contournant le coteau, sur les murs d'une pro- priété, quelques plantes non fleuries : la Vittadinia triloba DC. jolie composée originaire d'Australie. Hieracuim pilosella L. Sedum Cepœa L. Au pied des murs la Tanaisie {Tanaceium vulgare L.) et la mélisse (Melissa officinalis L.). En fleurs : Veronica chamœdrys L. — hedersefolia L. Symphytum tuberosum L. Luzula pilosa Willd. Vicia sepium L. Lonicera xylosteum L. (fleurs et fruits). Nous arrivons ainsi à Lormont où nous remarquons, derrière l'église, un magnifique pied de Rhamnus alaternus. La deuxième partie de l'excursion comprenait une étude des coteaux au-dessus du tunnel du chemin de fer et une visite à l'ancien Ermitage de Sainte-Catherine. Cette promenade était, paraît-il, assez difficile à faire, on parlait presque d'une autorisation ministérielle ; fort heureusement une porte qui ne doit pas être souvent fermée nous en favorise l'accès. Là nous retrouvons, à flanc de coteaux : . ■ Coronilla emerus L. très abondant. Salix Caprea L. Viburnum Lantana L. Vilburnum Tinus L. Prunus insititia L. Evonymus europaeus L. non fleuri. En allant vers l'Ermitage : Allium ursinum L. Mercurialis perennis L. 58 PROCÈS-VERBAUX Sur les vieux murs de l'Ermitage la giroflée jaune {Cheiranthus Cheiri L.). Cenlranthus ruber DC. Vçroniça cymbalaria Bodard. Mais l'heure du retour approche et nous reprenons la gondole qui doit nous déposer quelques instants plus tard à notre point de départ. Le nombre des personnes étrangères à notre Société qui ont bien voulu se joindre à nous prouve que les sciences naturelles intéressent toujours. Souhaitons que nos prochaines excursions attirent un public de plus en plus nombreux. Compte rendu de l'Excursion Linnéenne du 11 Avril 1920 à Langoiran et ses environs Par m, Bariais Au rendez-vous le matin à 7 heures 55, à la gare du tram de Gadillac, étaient présents MM. Bardié, Lacouture, Bouchon, Lambertie et votre rapporteur. Le ciel qui était clair au départ se noircit un peu. Du wagon nous admirons la campagne qui est fort belle, les arbres com- mencent à se couvrir de feuilles et de loin en loin on aperçoit des points rouges, c'est l'arbre de hidée i Cercis siliquastrum) qui est en fleurs. Bientôt on approche des coteaux de Langoiran couverts de vignobles qui font la richesse du pays. Enfin nous voici arrivés à la gare de Langoiran, nous descendons. M. Bardié propose de nous conduire chez notre collègue M. Glaverie; mais, en cours de route, nous apprenons que celui-ci nous attend à l'église du Haut-Langoiran où nous allons le rejoindre. Nous le trou- vons en compagnie de M. Neyraut, notre éminent botaniste. M. Glaverie nous montre l'église romaine, monument historique classé, dont le chœur et l'abside du xii'' siècle sont remarquablement beaux. M. Glaverie nous sert de guide, nous commençons notre randonnée; nous explorons les bords des chemins qui ne nous donnent guère que des plantes communes dont trois qui sont à noter : Spirœa filipendula non fleuri, Galeobdolon luteum et Melissa officinalis. Notre guide nous conduit chez un habitant de l'endroit qui nous montre une statue en PROCES- VERBAUX 59 bois qui, d'après les renseignements recueillis, serait une statue de Saint Genès, martyr, provenant de la paroisse de Sainl-Genès de Lombaud. Cette statue a été trouvée dans une démolition. M. Bardié l'examine et dit qu'elle ferait très bonne figure au Musée de la Société Archéologique à la porte Cailhau, à Bordeaux. Un peu plus loin on nous montre la façade de la maison de Berquin, la maison est démolie, il ne reste plus que les murs et la cheminée ; puis, des pièces de monnaies anciennes trouvées dans les champs ou les démolitions. M. Bardié les examine et en reconnaît de romaines, il y a aussi des petites poignées en bronze provenant du mobilier des villas gallo-romaines si nombreuses dans la région.' M. Claverie nous conduit dans une ancienne carrière et à la lueur des flambeaux nous nous avançons jusqu'à une cinquantaine de mètres. M. Claverie pense qu'elle a dû être exploitée à une époque très reculée. Nous traversons un bois où nous rencontrons un Hypericuni ; on pense que c'est VAndrosœmum, mais après examen c'est Hypericum calicinum échappé des cultures. Nous voici arrivés à " La Peyruche ", domaine de M. Claverie. Nous avons le plaisir d'être rejoints par M. Malvesin. M. Claverie nous fait les honneurs de sa maison d'habitation qui est très bien située, ancienne et fort intéressante, puis il nous invite à nous mettre à table où nous attend un excellent dîner arrosé des vins délicieux des meilleurs crus du pays. A la fin du repas, M. Bardié remercie en son nom et au nom de tous les Linnéens présents M. Claverie de l'accueil si aimablement cordial qu'il nous a réservé. Comme il nous reste un peu de temps M. Malvesin nous conduit à une station à' Orchis purpurea qui est très abondant, en compagnie de plusieurs Ophrys à noter : Ophrys myodes, Ophrys aranifera, ainsi qu'un autre assez curieux qui, d'après détermination, est Ophrys litigiosa Camus. Pendant ce temps les autres excursionnistes, guidés par M. Claverie, vont visiter ce qui reste de la carrière du Mammouth où des débris préhistoriques ont été découverts et étudiés dès 1712. Ensuite les deux groupes se rejoignent à la sortie. „ A l'orée du bois nous récoltons Hellehorus fœlidus et Helleborus viridis en Heurs et en fruits, ainsi que Orchis bifolia non fleuri. Après avoir longé la propriété de M. Claverie, nous prenons congé de 60 PROCES-VERBAUX lui en le remerciant de son charmant accueil et de son aimable hospi- talité, puis nous nous dirigeons vers la gare où nous prenons le train qui nous ramène à Bordeaux, emportant tous un excellent souvenir de cette délicieuse journée. Liste des plantes récoltées Lamium maculatum L. Laniium amplexicaule L. Lamium purpureum L. Galeobdolon luteum Huds. Melissa officinalis L. Myosotis hispida Schlect. Euphorbia sylvatica Jacq. Euphorbia pilosa L. Galium cruciata Scop. Stellaria holottea L. Vicia sepium L. Ranunculus repens L. Veronica chamœdrijs L. Adiantum nigrum L. Adiantum capillus veneriz. Asplenium ruta murarïa. Silène inflata Smith. Cardamine impatiens L. Bryona dioica Jacq. Scrophularia aquatica L. Centhranlhus ruber D. C. Marrubium vulgare L. Crépis taraxocifolia Thuil. Carex glauca Scop. Carex pendilla Huds. Lathrœa clandestina L. Arabis hirsuta D. C. Lilhospennum purpura cœru- leum L. Mercurialis perennis L. Scolopendrium officinal Sm. Primula officinalis Jq. Symphytum tuberosum L. Sanicula europœa L. Lathyrus macrorhizus Wimm. Rosa sempervirens L. Lepidium ruderale L. Lonicera zylosteum L. dans les haies. Viburnum lantana L. Polygala calcarea Schnltz. Helleborus viri dis L. Orchis bifolia L. Orchis purpurea tinds. Ophrys myodes Jacq. Ophrys aranifera Huds. Ophrys litigiosa Camus, découvert par M. Malvesin, assez commun dans cette station. Les invasions de Glyciphages à Bordeaux Par M. le D^ J. Feytaud Parmi les hôtes '' indésirables " de nos maisons, figurent les Glyci- phages, qui sont des Acariens minuscules, semblables aux « cirons » PROCÈS-VERBAUX 01 que l'on considérait autrefois comme les êtres les plus infîmes de la création. Ils appartiennent à la tribu des SarcopLides détriticoles ou Tyrogly- phinés, qui vivent pour la plupart sur les substances organiques sèches. Tous les Acariens de celte famille ont un corps ovoïde, à contour arrondi, un tégument lisse muni de longs poils épars, des pattes subégales, celles de la dernière paire n'étant jamais avortées comme il arrive chez les Sarcoptides psoriques. Les Glyciphages se distinguent des autres Tyroglyphinés par le caractère de leurs poils, qui sont toujours ramifiés (barbelés, plumeux ou palmés). Bien que leur nom rappelle qu'ils furent découverts sur des matières sucrées (miel, confitures, fruits secs), ils s'attaquent en outre à toutes sortes de matières organiques non sucrées : graines, crin végétal, peaux et fourrures, os, plumes, etc.. etc. . . On en trouve dans les fabriques de poudre de viande, de poudre d'os, de boutons, de brosses, dans les ateliers de pelleterie, dans ceux où Ton rembourre des meubles, dans ceux où l'on empaille des animaux, chez les charcutiers, les épiciers, les herboristes, dans les entrepôts et dans les granges ; maison en trouve aussi, en dehors de ces milieux spéciaux, dans les maisons d'habitation, à la faveur de certaines circonstances. A Bordeaux, les cas d'invasions d'appartements par les Glyciphages sont assez communs, surtout au printemps et dans les quartiers humides. Les conditions y sont à peu près toujours les mêmes : foyer principal situé dans un amas de substances organiques et rayonnant dans les pièces, où il s'étend d'autant plus que celles-ci sont humides et tièdes, peu aérées, peu éclairées ; foyers secondaires dans les recoins obscurs, mal nettoyé.-, poussiéreux. L'extension est énorme dans les cas typiques ; le nombre des Glyci- phages devient si grand que les planchers et les meubles en sont couverts comme d'une nappe. On dirait que tout est saupoudré de farine, mais cette poudre a ceci d'étrange qu'elle s"étale de nouveau après l'essuyage, à la grande surprise des habitants du logis. Ce phéno- mène attire l'attention, c'est lui qui décèle la vraie nature de la pous- sière magique. En général, les personnes auxquelles échoit celle surprise sont déconcertées par l'extrême petitesse et par le nombre incalculable des « insectes», dont le voisinage les inquiète fort; beaucoup, à la suite de cette découverte, prennent leur appartement en horreur, ou le désertent 62 PROCÈS-VERBAUX tout à fait. Honteuses de ce qui leur arrive, elles prétextent un voyage pour s'en éloigner, avec l'espoir que le temps fera disparaître ce fléau. Or, en supprimant tout à fait le nettoyage et l'aération, en calfeutrant les pièces, en créant plus que jamais le milieu calmé, sombre et humide, elles attisent au contraire le foyer, elles favorisent la multiplication rapide des Acariens. En réalité, ces invasions sont plus désagréables que dangereuses. Les Glyciphages sont en effet très^peu nuisibles pour l'homme. Tout au plus provoquent-ils quelques phénomènes de démangeaisons connus sous le nom de « gale des épiciers » {grocer's itch). Mais cela ne veut pas dire qu'ils ne puissent se développer accidentellement en grand nombre sur le corps de l'Homme. Un exemple classique de ce parasi- tisme, rapporté par M. Edmond Perrier dans une de ses chroniques, est celui de 1' « épidémie de Barfleur », dans laquelle tout un quartier de la petite ville fut envahi parle Glyciphage domestique. Hommes et femmes logeant dans ce milieu infecté hébergeaient dans leur barbe ou leur chevelure des quantités d'Acariens et se grattaient à qui mieux mieux, tout en déplorant leur mésaventure. Le risque de ce parasitisme mis à part, les Glyciphages sont toujours des hôtes désagréables; aussi comprend-on la peine qu'éprouve la maîtresse de maison lorsqu'elle découvre leur multitude. Quelle est la conduite à tenir en présence d'une invasion de ce genre ? 11 faut immédiatement supprimer, ou Umiter le plus possible, les causes favorisantes. Celles-ci sont réalisées par le milieu clos, humide, tiède et sombre. On devra donc, pendant plusieurs jours, ouvrir large- ment les fenêtres pour faire entrer la lumière, pour aérer et pour assécher l'atmosphère. Puis il faut rechercher la cause efficiente, le centre de pullulation, le « nid », d'où rayonnent légions d'Acariens qui vagabondent partout. Le foyer se trouve fréquemment dans le crin végétal d'un sommier, d'un fauteuil ou d'un canapé; il peut être dans un torchis, dans une peau mal dégraissée, dans une caisse où la ménagère amasse des débris d'os ou de plume, dans l'office oi:i séjournent des provisions ahmen- taires, dans l'armoire-pharmacie où l'on tient en réserve des sacs de farine de lin et de moutarde, dans un tas d'ordures ménagères oublié. 11 peut être en somme dans un coin quelconque de l'appartement, mais il est toujours dans un milieu de matières organiques. Pour le découvrir, il faut donc explorer méthodiquement les divers PROCES-VERBAUX Oc endroits présentant des substances de celte nature ; on commencera par les meubles rembourrés, qui sont le plus généralement en cause. "Quand on connaît les centres de multiplication, il s'agit de les sup- primer ou de les désinfecter. La destruction de débris dans lesquels pullulent les Glyciphages, le lavage des coins suspects avec un liquide insecticide tel qu'une solution de sublimé, sont des moyens efficaces et parfois suffisants dans le cas d'invasion limitée. Mais il faut recourir à d'autres procédés lorsque l'invasion est générale, ou lorsque les bestioles se développent en un point peu abordable ou dans un milieu qu on hésite à sacrifier, à l'intérieur de meubles rembourrés par exemple. Il faut alors traiter l'appartement au moyen d'insecticides gazeux, en faisant durer l'exposition assez longtemps et facilitant au mieux l'accès du gaz aux parties profondes ; il convient pour cela d'ouvrir au préa- lable les armoires, les tiroirs, les boîtes, de déclouer ou de découdre les toiles sous les sommiers et les sièges, etc. . . Le formol est indiqué, mais différents expérimentateurs, le D'' Lamar- que en particulier, n'ont obtenu par son emploi que des résultats imparfaits. L'anhydride sulfureux est préférable. On l'emploira, soit avec l'appa- reil Clayton, soit en faisant brûler du soufre sur un réchaud, à raison de 50 grammes par mètre cube. Il est bon de prolonger l'application pendant quarante-huit heures pour assurer la pénétration ; il est même nécessaire parfois de la renouveler. L'anhydride sulfureux a l'inconvénient de changer certaines couleurs ; pour éviter ce désagrément, il sera intéressant d'expérimenter l'action de la chloropicrine, comme j'ai l'intention de le faire à une prochaine occasion. Les matières alimentaires, que les vapeurs insecticides pourraient altérer, seront désinfectées de préférence par la chaleur. PROCES-VERBAUX Réunion du 2 juin 1 920 Présidence de M. le D'' Lamarque, Vice-Président. • Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE ET ADMINISTRATION Lettre d'excuses du Président qui, absent, ne peut assister à la présente séance. Lettre de remerciements de M. le Président à M^e Augereaii. Lettre de M. le Président, à M. le Maire de Bordeaux, demandant la réouverture du Muséum. Au sujet du- Muséum, M. Lamarque est heureux d'adresser les bien sincères félicitations de la Société à M. Chaîne nommé tout récemment Conservateur. M. Chaîne remercie M. le Vice-Président et lui annonce qu'il a déjà demandé la réouverture du Muséum, laquelle aura lieu dans une dizaine de jours environ. Lettre de M, le D'' Llaguet demandant où en est l'excursion du Cap Ferret, projetée pour le 6 juin. M. le ViCE-PRÉsmENT informe la Société que par suite d'un malen- tendu cette excursion n'a pu être préparée et qu'elle est renvoyée à une date ultérieure. Lettre de M. Charrier demandant à la Société de vouloir bien publier sa thèse de Docteur es sciences. Il prendrait à sa charge les figures et dessins. M. Boutan ayant fait remarquer que le travail de M, Charrier est très important, qu'il a été fait dans notre région, à Arcachon, et qu'il entre de ce fait dans le cadre de nos publications, qu'enfin le manuscrit n^ compte guère plus de 120 pages à la machine à écrire. La publication de ce mémoire est acceptée, sous réserve d'impossibiUté, non pour paraître dans les Actes ce qui obligerait son auteur à une trop longue attente, mais dans les procès-verbaux. Nomination au titre de membre correspondant, de M. Dutertre, de Boulogne-sur-Mer, membre de plusieurs Sociétés savantes, s'occupant PROCÈS-VERBAUX 65 principalement de géologie et d'entomologie, présenté par MM. Boutan et Rozier. Vient ensuite la question de la fête linnéenne qui doit avoir lieu le 27 juin prochain à Libourne et Fronsac. MM. Bouchon et Malvesin sont chargés de la préparer et d'en établir le programme. M. Malvesin rend compte qu'il s'en est déjà inquiété et qu'il a été dans ce but à Libourne. 11 a déjà étudié un itinéraire d'excursion; il pense que l'on pourra faire la séance à l'Hôtel de Ville, et s'est en plus préoccupé de la question du banquet. M. Malvesin dépose la demande d'admission à notre Société, au titre de membre titulaire, de M. Labarthe-Pon s'occupant de botanique, pré- senté par MM. Malvesin et Bertrand. M. Malvesin, qui avait été chaA'gé de ce travail, donne un aperçu des circulaires à nous adressées par la Fédération Française des Sociétés de Sciences Naturelles : 1° Sur un projet de création de périodiques de documentation bibliographique de sciences naturelles ; 2° Sur quelques questions relatives à Torganisation des recherches scientifiques. A propos de ce projet de la Fédération Française des Sociétés de Sciences Naturelles, M. Boutan fait remarquer qu'il n'a pas reçu l'approbation du Comité national de l'Institut et qu'il va être remanié, car l'on s'est aperçu un peu tard que tout ce qui a trait à la biologie y avait été oublié. M. Baudrimont est chargé d'étudier un questionnaire qui nous a été' adressé par l'Association des Ecrivains scientifiques français sur deux projets de contrat d'édition dans lequel on a cherché à respecter à la fois et au même titre les droits des auteurs et ceux des éditeurs. COMMUNICATIONS Au sujet de la communication du D'' Feytaud sur les Glyciphages et leur destruction, M. Chaîne confirme l'opinion du D'" Lamarque sur l'inefficacité des vapeurs de formol. Dans une maison de la rue de Pessac envahie par ces parasites, seul i'anhydide sulfureux put en avoir raison. M. Boutan présente le travail de M. Charrier sur une Annélide du bassin d'Arcachon, la Nereis fucata, travail qui doit faire l'objet de sa thèse de Doctorat es sciences. Communication de M. Dubreuilh sur une plante rare et peu connue dans la Gironde, la Cupidone bleue {Catanarrche cœrulea L.) et sur P.-V. 1920. 5 06 PROCÈS-VERBAUX quelques autres plantes intéressantes provenant de Mortagne sur- Gironde, communication qui sera insérée dans les procès-verbaux. ■ M. Bouchon signale : 1» Qu'une Saxifragacée de l'Amérique du Nord « Tellima grandiflora R. Br. » introduite au Jardin Botanique est maintenant naturalisée. 2*^ Qae [e Myriophyllum proserpinacoides GiW., originaire de l'Amé- rique Australe, naturalisé de même dans notre région, croît en abon- dance dans les fossés des Allées de Boutaut, ceux du cours de Luze, ainsi que dans ceux qui se trouvent à La Bastide, derrière la gare de la Benauge. M, Malvesin signale qu'il a récolté le « Daphne cueorum L. » dans la commune de Pessac. A propos du déboisement qui s'accroît sans cesse, M. Malvesin signale de la part de M. Bertrand que les beaux arbres qui bordent les routes 162 et 17, entre Saint-Macaire et Verdelais, sont menacés par la municipalité de Saint-Maixent. Il pense que l'on pourrait essayer d'in- tervenir d'autant que sur certains points ce sont eux qui soutiennent le remblais. Au sujet" de la fixation des talus par les plantes, M. Lataste fait remarquer que ce sont surtout les petites plantes qui soutiennent les terrains, tandis que les grands arbres empêchent les plantes de pousser et sont par eux-mêmes une menace par suite de leur chute possible sous l'influence du vent. M. Lataste offre à la Société un échantillon de son ciment de bou- chage formé de caoutchouc et de paraffine fondus ensemble. Il donne la bibliographie concernant ce procédé qui lui est propre et qu'il a publié à plusieurs reprises, notamment dans la feuille des jeunes naturalistes et remet une note pour nos procès-verbaux. Il ajoute que l'on peut voir actuellement chez lui des oranges de l'année dernière qui, n'ayant. pu mûrir et n'étant pas détachées de la branche, sont en train de reverdir ; phénomène qu'il a déjà signalé il y a un an à l'attention des botanistes. M. Plomb lit un très intéressant compte rendu de l'excursion du 16 mai 1920 à Léognan et Gradignan. .. La séance est levée à 18 h. 30.. : PROCÈS-VERBAUX 67 Compte rendu de l'Excursion du 16 Mai 1920 Par J. Plomb Le dimanche 16 mai 1920, la Société Linnéenne faisait une excursion scientifique à laquelle le public était admis. A la barrière de la route de Toulouse, rendez-vous était donné à midi trois quarts. Etaient présents au départ : MM. Bardié, président, Neyraut, Daydie, Bouchon, Dieuzède. Excusés : MM. Breignet, Malvesin retenu par ses fonctions, D'' Bau- drimbnt. Parmi le pubhc qui était nombreux remarqués : M. Cargues, M. Essner, le distingué chimiste, et bien d'autres personnes dont nous avons oublié les noms. M"s Sarrazin, professeur au Lycée de jeunes filles, accompagnait un groupe d'une trentaine d'élèves. A une heure, le tramway parlait emportant les excursionnistes vers Léognan. Pendant le trajet des conversations animées s'engagèrent sur la botanique et l'entomologie Pirègue ! tout le monde descend, et se prépare rapidement : les uns pour l'herborisation, les autres pour la chasse aux insectes. Nous remarquons le long du chemin et dans les propriétés voisines : Cynoglossum picturn Ait. Smyrnium olusatrum L. (vient aussi au château de Lestonac). Orobranche minor sur Smyrniura olusatrum L. Orchis pyraynidalis L. Bartsia viscosa L. Campanula rapunculas L. Viscia angustifolia Roth. Spergula arvensis L. Sur un côté de la route, un magnifique tronc de Platanus, mesurant environ deux mètres de diamètre. Il est à déplorer que l'on s'acharne à détruire ainsi les curiosités du monde végétal. Un peu plus loin : Anthriscus sylves tris tioîf. > • Œnanthe pimpinelloides L. 68 procp:s-verbaux Lijcopsis arvensis L. Orobranche minor sur Bipsacus L. sylvestris trouvée par M. Neyraut. Festuca ovina. Cuscuta epithymum. Potentilla tormenlillo . Ranunculus Bulbosus L. Poa pratensis L. ,Avena sulcata J. Gay. Une prairie magnifique s'offre à nous. Entrons. Nous y distinguons : Rumex acetosella L. Senecio jacoba L. Ornithopus ebracteatus Ornithopus perpiisillus L. Centaurea nigra L. Serapias lingua L. Orchis laxiflora La m. Orchis morio L. Orchis maculata L. Orobranche cruenla Bert. sur Lotus corniculatus. Stellaria graminea L. Les élèves de M^'^ Sarrazin sont prodigieusement intéressées par les richesses végétales de la contrée. Les demandes sont nombreuses et c'est avec plaisir que les botanistes donnent tous les renseignements possibles sur les plantes qui leur sont présentées. 11 est certain qu'avec des maîtres comme MM. Bardié, Neyraut, Bouchon, — sans oublier M. Dieuzède, un jeune Linnéen du plus grand avenir — , on ne peut qu'apprendre à aimer la Botanique et à se fortifier dans cette science si agréable et si nécessaire. Sur la partie de la route ombragée par des Quercus tozza, nous cons- tatons l'abondance de : Planlago coronopus L. Arenaria montana L. Heliantemum vulgare Gœrtn. Arrhenatherum thorei. Dantonia decumbens De. Joncus bufonius L. Spergularia rubra Pers. PROCÉS-VERBAUX 69 Dans les bois d'alentour : Hypericum pulchrum L. Simethis planifolia. Un peu plus loin, une petite station de Montia minor Gmel. Sous le paysage mélancolique de la lande, la route s'étend à perte de vue, et c'est avec tristesse que nons voyons la dévastation systéma- tique des grands bois que nous aimons tant. Les piles de bois coupé se succèdent sans interruption : c'est un spectacle navrant pour les amis de la nature. Hélas ! c'est le siècle, il faut de l'argent pour aller à la poursuite d'un bonheur que l'on ne peut trouver en dehors de l'ordre naturel ! Et, comme le disait de Montesquieu, « les richesses que nous cherchons, — et que nous trouvons toujours — , sont peu enviées, grâce au mauvais goût des hommes qui n'en ce^nnaissent pas le prix. » Au milieu de cette dévastation, l'herborisation se poursuit, et les jeunes élèves de' M"" Sarrazin, dans leur si pittoresque costume blanc rayé de bleu, égayent le paysage, et font oublier un instant, les tristes pensées qui nous agitent, nous troublent même devant cette œuvre de Vandales. Sur le côté droit de la route (1) en entrant dans la lande, nous cons- tatons au milieu des Sphagnum, l'extrême abondance de Pinguicula lusitanica L. C'est un spectacle charmant d'admirer ces modestes fleurs au coloris si délicat, se balancer sur leur frêle hampe au souffle de la brise prin- tanière. . On ne résiste pas au plaisir d'en cueillir quelques échantillons, et j'ai eu l'occasion d'en trouver un à cinq fleurs, ce qui est assez rare. Au sujet de la coloration de la corolle, certaines flores et non des moindres, disent simplement : fleurs jaunes. C'est une erreur qu'il convient de rectifier ainsi : Divisions de la corolle : mauve pâle et non blanchâtre, tube et éperon jaunâtres, rayés de lignes pourpres, tirant parfois sur le grenat. A côté du site de Pinguicula lusitanica, nous voyons : Anagallis tenella L. (non fleuri). Pedicularis sylvatica S. Scorzonera humilis. (1) Cette lande fait partie de la propriété de Leslonac, 70 PROCÈS-VERBAUX Cirsium anglicum Lob. Drosera intermedia (non fleuri), plante trouvée huit jours après par M. Dieuzède. Dans les alentours : Carex dislans L. Car ex œderi Ehr. Carex pulicaris L. Carex panicea L. Schœnus nigricans. Un peu partout : Erica scoparia S. Erica cinerea L. Erica tetralix L. ' commencent à épanouir leurs corolles. Nous arrivons enfin au château de Lestonâc. Dans la cour nous voyons des plantes cultivées parmi lesquelles nous distinguons de magnifiques variétés horticoles de : Anthirrhinum majus. Aquilegia canadensis flore pleno. Hesperis matronalis. Mimulus cupreus. Rosa muscosa, etc. . . " ■ - Au château : Poa annua L. Scirpus setaceus L. Carex punc ta ta (Gdnd). Luzula erecta Desv. Hypericiim humifusum L. Signalons l'amabilité du Régisseur qui s'est fait un véritable plaisir de nous fournir toutes les explications demandées. 11 nous a montré une vieille lithographie datant de 18.33, conservée précieusement par sa famille. Cette lithographie, éditée pour commémorer une excursion faite à cette époque, se trouve dans les Actes de la Société. On évoqua les disparus, ceux à qui nous devons tant, ceux dont le labeur a si puissamment contribué aux progrès de la Science qui nous est chère. Nous quittons le château accompagnés par M. le Régisseur. Encore sous le coup de cette pieuse évocation, nous marchons silen- PROCES-VERBAL.V 71 cieusement, laissant noire esprit aller vers le passé. Au milieu de la nature, nous les sentons plus près de nous, et nous savons bien que leur souvenir restera toujours gravé dans nos mémoires et dans nos cœurs. Nous passons maintenant dans une allée de chênes séculaires formant au-dessus de nos têtes un magnifique dôme de verdure et ne laissant passer que quelques rares rayons de soleil. Toujours des piles de bois, toujours des ravages ! Si cela continue, il ne restera bientôt plus qu'une onîbre, un débris d'allée ! Que sont devenus nos vœux pour la conservation des forêts ? Enfin nous arrivons au bout de l'allée et nous y trouvons : Ophrys apifera Huds. Ophrys scolapax Cav. Voici la grand'route et l'herborisation se poursuit tout le long. Nous trouvons : Loroglossum hirclnnm Rich. très abondant ainsi que Aceras antropophora R. Br. Les feuilles de Aceras antropophora exhalent, après dessication, une odeur suave, comparable à celle de Angrecum fragans {Th. ). — (Thé de Madagascar ou de l'Ile Bourbon). Puis : Bypericum montanum (non fleuri) sur le bord de la route. Euphorhia pilosa L. Orobranche hederœ Yauch. Nardosnia fragans, plante très bien naturalisée des deux côtés de la route. I?ar un étroit passage, nous pénétrons dans la propriété qui borde la route et nous y trouvons dans les endroits marécageux : Carex hirta L. Carex vulpina L. Carex glauca Murr. Salix aurita. Salix repens. Hypericum tetrapterum (non fleuri). Nous arrivons enfin près des ruines du vieux prieuré de Cayac. A la demande générale, il fut décidé de se rendre au site du Thalic- trum minus, var. majus, nouvelle station découverte en 1918 par notre iZ PKOCES- VERBAUX sympathique président M. Bardié et M. Malvesin. Nous suivons atten- tivement le long du petit ruisseau et nous y remarquons : Ranunculus divaricatus. Scrophularia aquatica, dont nous admirons un pied remarquable ayant plus de deux mètres de hauteur. Enfin nous arrivons et nous trouvons le Thalictrum minus, var. majus dans presque toute sa splendeur, car quelques tiges seulement étaient fleuries. Nous les coupons délicatement pour ne pas abîmer les pieds. Elles serviront à orner nos herbiers, nous rappeler de doux souve- nirs, et les recherches qui ont été faites pendant si longtemps pour en trouver l'habitat. Les personnes désireuses de se documenter plus amplement sur le Thalictum minus var. majus, pourront lire avec fruit la magistrale étude publiée par M. Malvesin à ce sujet. Nous revenons vers le vieux prieuré, et nous voyons près du portail quelques branches qui dépassent d'un remarquable Eriobolrya jagonica. Sur les ruines des Polypodium vulgare assez abondants. Nous voyons sur le mur du côté droit l'inscription suivante : Prieuré de Cayac existait en 1200 fut la propriété des frères hospitaliers puis du cardinal de sourdis QUI s'en DÉMIT EN FAVEUR DES CHARTREUX. Devint propriété nationale en 1793. Restauré en 1649. Enfin voici VEau Bourde qui coule ses eaux tranquilles, et tous les excursionnistes se réunissent sur ses bords. Chargés d'une ample moisson, les Linnéens et le public, se promet- tent de se retrouver a la prochaine excursion et de faire part à leurs amis des trésors d'instruction que l'on peut .tirer en essayant de déchif- frer quelques lignes dans le grand livre de la Nature. C'est l'heure de rentrer. Avec regret nous prenons le tramway qui nous emporte vers Bordeaux. PROCES-VERBAUX / d Catananche cœrulea Par M. A. Dubreuilh Je regrette de ne pouvoir présenter moi-même à la 'Société quelques échantillons d'une plante rare et peu connue de la Gironde et de laquelle, à ma connaissance, il a été très peu parlé dans nos Actes. La Cupidone bleue {Catananche cœrulea L.), est en effet signalée seulement à Plassac (Motelay), à Bourg (Lafont), à Blaignac près La Réole, Royan et Bayssac. Les sujets que j'ai l'honneur de metlre sou^ vos yeux proviennent de Mortagne-sur-Gironde, localité qui fait partie de l'arrondissement subsidiaire de Laterrade. Deux stations très importantes s'y trouvent sur les coteaux calcaires, rocailleux et stériles qui dominent la Gironde et toujours exposées au S.-O. C'est là que le matin il faut voir la Cupidone s'épanouir dans toute sa beauté, en plein soleil, au milieu de milliers de fleurs jaunes d'Hippocrepis comosa qu'elle domine de sa haute tige. Puis, vers deux ou trois heures, les demi-fleurons semblent se faner et se ferment plus ou moins jusqu'au lendemain matin. Fidèlement, chaque jour, du commencement de juin au milieu de juillet, la Cupidone alternativement s'épanouit et se fane, ce qui lui a valu de Linné son nom de Catananclte (KaTavay/.r^ contrainte irrésis- tible). Sa fleur peut ainsi durer six à huit jours pour se flétrir ensuite définitivement. Les échantillons que je vous soumets me dispenseront de vous faire une description détaillée de la plante. Je me contenterai de vous faire remarquer les quelques dents et laciniures des feuilles longuement et étroitement lancéolées, les longs pédoncules des capitules dont l'invo- lucre ovoïde est composé d'écaillés nacrées et transparentes, à nervures dorsales rousses, dont quelques-unes descendent plus ou moins sur les tiges. Les auteurs parlent de la couleur bleu de ciel de la Cupidone d'où son surnom de cœrulea. Pour moi, à part quelques rares cas d'albinisme, j'ai toujours vu la fleur bleu-violet ou plutôt mauve, avec la gorge bleu très foncé. Je vous signale également les racines longues de quinze, vingt-cinq centimètres et plus, molles, assez grosses et contenant une matière épaisse, poisseuse et mucilagineuse se desséchant, très lentement .à l'air. La réserve d'humidité qu'elles retiennent est indispensable à une P.-V. 1920. 6 74 PROCÈS-VERBAUX / plante qui vit dans la rocaille, en plein soleil et dans un terrain conti- nuellement sec. L'exposition Sud-Ouest, côté des pluies dominantes, qu'elle affectionne, au moins dans nos pays, ne prouve-t-elle pas que si ses racines n'aiment pas les terres humides (la Cupidone n'a jamais pu se maintenir au Jardin Public), il leur faut cependant une certaine quantité d'eau pour résister à la sécheresse. Je vous parlais tout à l'heure de ce coin de l'arrondissement subsi- diaire où se trouve si abondamment la Cupidone;* pour les botanistes c'est un véritable Paradis, assez peu connu, du moins des Bordelais, On y trouve en effet l'Inula squarrosa, le Dorycnium suffruticosum en quantité considérable, le Rhus coriaria qu'on trouve encore tapi dans' les coins de rochers, à l'abri dii nord, le Carduncellus mitissimus, VEuphrasia nemorosa, la Linosyris vulgaris à la chevelure d'or, Chrysocoma (^puaoç or, y.o'^-q chevelure) Linosyris de Linné, la Bellis sylvestris, etc,, etc., enfin le très rare Hyssopus canescens qui ne se trouve dans nos régions que sur une étendue de terrain restreinte et que j'espère vous montrer en fleurs vers la fin d'octobre. Assemblée Générale de la 1 02>ne pête Linnéenne Tenue à l'Hôtel de Ville de LIbourne le 27 Juin 1920 • * Présidence de M. A. Bardié, Président, Présents : MM. Baraton, Bardié, Baudrimont, Bertrand, Bouchon, Boutan, Breignet, Chaîne, Cordier, Daydie, Dubreuilh, Dupuy de la Grand'Rive, Durand-Degrange, Dutertre, Fiton, Godillon, Labarthe-Porl, Lacouture, Lamarque, Lambertie, Llaguet, Malvesin, Neyraut, Rozier, Yvart. M. Gaignebé, adjoint au Maire, délégué auprès de notre Société par le Maire de Libourne empêché, a bien voulu nous faire l'honneur d'assister à notre réunion. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. PROCÈS-VERBAUX 75 ADMINISTRATION Le Président remercie le Maire et la Municipalité qui ont bien voulu nous permettre de tenir notre traditionnelle Assemblée dans la belle salle des mariages de ce bijou du xv^ siècle, si heureusement restauré peu de temps avant la guerre, qu'est le magnifique Hôtel de Ville de Libourne. Il adresse tout particulièrement les bien vifs remerciements de la Société à M. Gaignebé, adjoint au maire, qui nous a si aimable- ment reçus et a tenu à nous faire visiter lui-même les belles salles, archives et collections de THôtel de Ville. Le Président remercie ensuite M. Durand-Degrange, membre de la Société Linnéenne depuis quarante-trois ans déjà, qui a bien vonlu venir nous attendre à la gare et nous faire admirer les principales curiosités de Libourne. Enfin il est heureux d'adresser, au nom de la Société, ses biens sincères et très vives félicitations à notre collègue et ancien vice-prési- dent, M. le D'' Muratet, qui vient d'être nommé professeur agrégé d'anatomie pathologique à la Faculté de Médecine de Bordeaux. Viennent ensuite les votes sur les candidatures de quatre nouveaux membres titulaires : M. Henri Bertrand-Pouey, licencié es siences, s'occupant d'histoire naturelle, présenté par MM. Bardié, Bouchon, Malvesin ; M. le comte Ferry d'Esclands, s'occupant d'agriculture, présenté par MM. Bardié et Manon ; M. Labarthe-Pon, s'occupant de botanique, présenté par MM. Ber- trand et Malvesin ; M. le lieutenant colonel Yvart, s'occupant d'agriculture, présenté par MM. Boutan et Fiton. MM. Bertrand-Pouey, Ferry d'Esclands, Labarthe-Pon et le Heute- nant-colonel Yvard sont nommés membres titulaires de notre Société. Le Président est heureux de constater la prospérité croissante de notre Société et c'est avec bonheur qu'en son nom et au nôtre, il souhaite la bienvenue à nos nouveaux collègues ainsi qu'à MM. Dutertre et Cordier qui, eux aussi, assistent pour la première fois à une de nos réunions. M. Rozier fait part d'une demande que M, Dolfus, président de la Société Géologique de France, l'a prié de vouloir bien soumettre à notre approbation. La Société Géologique de France^ ayant repris pour cet 76 PROCÈS-VERBAUX été, du 23 au 28 août, le projet d'excursion dans le Bordelais qui devait avoir lieu en 1914 lorsque la guerre a éclaté, demande si la Société Linnéenne pourrait mettre sa salle à la disposition des excursionnistes pour y tenir leurs séances et si certains membres de notre Société ne pourraient pas prêter leur concours pour l'établissement et la réalisation du programme des excursions autour de Bordeaux. La demande de M. Dolfus est acceptée. Le Président demande seulement que la Société Géologique de France veuille bien nous écrire et nous donner des renseignements complémen- taires plus précis sur ce qu'elle désire. COMMUNICATIONS Les comptes rendus entomologiques et botaniques de l'Excursion du matin dans le Fronsadais seront faits ultérieurement. Les entomologistes, sous la direction de MM. Daydie et Lambertie ne purent faire ample récolte, la campagne étant encore trop mouillée par l'orage du matin. Les botanistes ne furent guère plus heureux. M. Malvesin peut cependant signaler d'ores et déjà une plante intéressante citée par Lloyd le Carduncellus mitissimus D. C. M. le Professeur Boutan entretient la Société d'un appareil pélagique nouveau qu'il a imaginé et qu'il vient d'installer à Arcachon. Cet appa- reil est muni de filtres latéraux facilitant la sortie de l'eau tout en retenant les animalcules. M. Boutan compte employer cet engin pour la pêche en profondeur, grâce à un dispositif spécial permettant à l'appareil de ne fonctionner qu'à la profondeur désirée. M. leD"" Llaguet qui n'a jamais cessé ses intéressantes études sur .l'Huître, demande à M. Boutan de vouloir bien l'autoriser à se servir de son appareil pour la récolte du naissaim. M. Boutan l'assure que c'est avec grand plaisir qu'il lui prêtera son filet qui, dans ce cas particulier, lui rendra certainement les plus grands services. Vient ensuite le discours du Président. M. Bardié rappelle les étapes parcourues par notre Société durant l'année présente, et c'est avçc la documentation précise que nous lui connaissons, qu'il nous fait, dans ses grandes lignes, l'historique de la Société Linnéenne de Libourne qui fut notre filiale et dont nous fêtons, en ce jour, le Centenaire en même temps que le 102"^^ anniversaire de son aînée de Bordeaux. PROCÈS-VERBAUX 77 Ce beau discours, qui fut très applaudi, sera reproduit en entier dans nos procès-verbaux. Dans son rapport, M. Bardip: n'a omis qu'une chose au milieu de ses éloges qu'il ne marchande point à ses collègues et collaborateurs, c'est son propre mérite et son dévouement à notre Société. Aussi MM. Rozier et Breignet se font un agréable devoir de réparer cet oubli volontaire d'une trop grande modestie. La séance est levée à 17 h. 30 et l'on se rend à l'hôtel Loubat pour le banquet traditionnel qui doit terminer cette belle journée. BANQUET Dans la grande salle du vieil hôtel Libournais bien connu des touristes de notre ville, les convives, au nombre d'une trentaine, se trouvèrent bientôt réunis. M. Gaignebé, premier adjoint, délégué par le Maire pour représenter la Municipalité, siégeait à la droite de notre Président, lequel avait à sa gauche notre aimable et vénéré collègue de Libourne, M. Durand-Dégranges. Du repas lui-même nous ne dirons rien, d'autant que les grossières joies delà table sont choses nécessaires évidemment, mais combien secondaires pour le Linnéen véritable avide surtout de la plus substantifique moelle qu'il trouve dans les sciences. Empreint de cette franche et cordiale gaieté particulière à toutes les réunions, il fut ce qu'il ne pouvait manquer d'être, digne de la répu- tation de la maison Loubat, digne surtout de la double fête Linnéenne dont il marquait le couronnement. Mais un banquet, pour mériter vraiment ce nom, doit traditionnel- lement finir dans l'accompagnement des périodes oratoires, aussi au dessert, notre Président prend-il la parole. En termes heureux et sincères, il remercie M. Gaignebé de son charmant accueil et de l'aide précieuse que les délégués de notre Société chargés de préparer l'excur- sion ont trouvée auprès de lui. Il adresse ses remerciements et les nôtres à la Municipalité qui a bien voulu mettre à notre disposition la belle Salle des Mariages du nouvel Hôtel de Ville, que bien peu d'entre nous connaissaient et dont la visite nous a vivement intéressés. Revi- vant les souvenirs lointains, il dit combien la Société Linnéenne est heureuse de revenir, après trente années, tenir sa séance commémo- rative et fêter son anniversaire, le 102"^^, dans cette charmante ville de Libourne où fut fondée il y a un siècle, une Société filiale de la nôtre qui devint plus tard la Société Linnéenne de Libourne. Il remercie enfin 78 PROCÈS-VERBAUX ceux de nos Collègues Libournais qui ont bien voulu contribuer à Téclat de cette fête en offrant des vins généreux et si justement réputés du Sainl-Emilionnais : M. Diirand-Dégranges, ancien maire de Libourne, conseiller municipal, notre dévoué collègue et l'an des doyens de notre Compagnie M. Bertrand-Pouey, qui a tenu à fêter ainsi l'entrée de son fils, M. Henri Bertrand-Pouey dans notre Société, MM. de Muret enfin, les aimables hôtes des Cordeliers, toujours si accueillants, lors de nos excursions à Saint-Emilion, et il termina en levant son verre en l'hon- neur, de la ville de Libourne et de sa Municipalité si bien représentée par M. Gaignebé, ainsi qu'à la prospérité et à l'avenir fécond de la Société Linnéenne. M. Gaignebé se lève ensuite : il dit avec quel intérêt il a suivi, au cours de cette journée, les travaux de notre Société à laquelle il prodigue ses félicitations pour son labeur séculaire et les beaux résul- tats qu'elle a réalisés dans le domaine de la vulgarisation et de l'avan- cement des Sciences. Il adresse enfin ses remerciements au Président, à tous les membres présents pour cette charmante et si intime soirée dont il gardera le plus agréable souvenir. M Durand-Dégranges, à son tour, ne veut pas laisser partir la Société de Libourne sans lui dire toute sa joie de se retrouver dans la déjà vieille famille Linnéenne dont il fait partie depuis quarante-trois ans. Avec une verve toute juvénile, aidée par une rnémoire vraiment remarquable, notre distingué collègue rappelle en quelques mots, vibrant encore de l'enthousiasme toujours vivant de ses premières années, les vieux souvenirs de l'âge d'or de la Linnéenne cependant que les figures respectées d'autrefois, les excursions, les fêtes d'antan défilent rapidement devant nous. Et le présent magnifique, aurore de l'avenir plein de promesses, s'illumine à la lueur un peu mélancoUque mais combien vénérée du passé. Mais hélas ! inexorable, le temps, qui a surtout des ailes dans nos trop rares moments de bonheur, a semblé précipiter encore sa course. 1! faut se séparer, gagner en hâte la gare enfumée où beuglent les machines et dans les compartiments malodorants où nous nous entas- sons pour le retour, nous emportons devers nous, contrastant avec l'obscurité que nous octroie généreusement l'ingérance administrative, la joie lumineuse et le souvenir étincelant de cette journée qui' restera parmi les meilleures de notre Société. PROCÉS-VERBAUX 79 Discours prononcé à la Fête du 102me Anniversaire de la Société Linnéenne célébrée à Libourne le 27 Juin 1920 Par M. A. Bardié, président. Messieurs, La comrrrémoration du 102"ie anniversaire de la fondation de notre Société marque la reprise de la célébration solennelle de la Fête Lin- néenne interrompue par les tristes années de guerre. La tradition de fêter Linné donna naissance à notre Société, la première en date de toutes les sociétés Linnéennes de France, et cette fête champêtre d'autrefois fit tourner au profit de la Science, un souvenir de reconnais- sance donné à ceux qui furent nos maîtres dans l'étude des choses de la Nature- (1). A peine fondée, la nouvelle Société groupa dans son sein les savants naturalistes de Bordeaux et de la région. Bientôt elle étendit au loin des ramifications et créa des Sociétés filiales, tout en conservant le titre de Société mère. Lors de la fête décennale, en 1827, elle comptait déjà douze sections ayant adopté une commune fête. Aussi Laterrade, dans l'un de ses discours, faisait-il remarquer que «l'humble Société, née sous le saule d'Arlac, couvrait de. ses fertiles rameaux les deux hémis- phères ». La Société Linnéenne de Libourne. Centenaire de sa Fondation. La section de Libourne fut l'une de nos premières filiales. Elle figure sur V Annuaire de la Société de 1821, après la section de l'Ile Maurice et des Indes et celle de Paris. Le Docteur Pierre Moyne, né à Libourne en 1785, médecin des Hospices et administrateur de la Bibliothèque, en était vice-président; Drouhet, adjoint au maire, secrétaire; Joyeux, pharmacien, conservateur; Gilbert-Fourcaud, négociant, et de Rabar, (1) Linné, les deux Bauhin, Tournefort et Bernard de Jussieu. Origines de la fête Linnéenne (Annuaire de la Société Linnéenne d'Emulation de Bordeaux, 1821, pages 55 et 56). , 80 PROCÈS-VERBAUX propriétaire, titulaires. La liste s'augmenta plus tard de Besson, phar- macien, et d'Héricé, docteur-médecin. Laterrade se plaisait à reconnaître les services que lui avaient rendus les botanistes de la section Libournaise en lui signalant les plantes nouvelles de leur région. Dans la préface de la quatrième édition de la « Flore Bordelaise », il rappelle raccueil flatteur qu'il reçut d'eux, lors de la tournée qu'il fit, en 1829, dans le canton de.Libourne et la séance botanique à laquelle il assista, oi^i il fut témoin, à l'Athénée, du zèle du professeur M. IMoyne et du goût qu'il savait inspirer à ses élèves. Il donne un souvenir de gratitude au Docteur Moyne et aux autres collègues de la Société Linnéenne de Libourne, pour la part qu'ils ont bien voulu lui faire de leurs travaux et pour les services qu'ils ont rendus à la Flore de leur pays. L'arrondissement de Libourne était en effet l'un de ceux qui avaient été visités avec le plus de soin par les membres dévoués de cette section. Le Directeur de la Société Linnéenne mentionne l'excursion qu'il fit, le 13 juin 1825, dans le Libournais, avec M. Blanchard, archiviste, et jusqu'à Coutras avec MM, Moyne, de Rabar et Besson (1). Au château de Boraale où M. de Rabar le reçut,, il admira sa collection d'ornitho- logie et son bel herbier de la Flore départementale composée de dix volumes in-folio. Parmi les excursions ayant fait l'objet d'un rapport, je citerai celle du 1«"" juillet 1830 qui eut lieu dans la plaine du Cruso (2) et précéda la célébration de la Fête Linnéenne du 28 juin 1832, qui fut particuliè- rement fructueuse. Commencée à Libourne, à cinq heures du matin, elle se prolongea longtemps après midi. On parcourut les coteaux qui dominent la rive droite de la Dronne en remontant cette rivière jusqu'au village de la Gorse, entre Guîtres et Coutras, non loin des limites du département (3). Laterrade signale aussi la belle excursion qu'il fit, du 7 au 10 juin 1840, dans les environs de Libourne. Le D'' Moyne, président de la Société Linnéenne de Libourne, voulut bien parcourir avec lui une partie de l'arrondissement, notamment Saint-Emilion dont les véné- rables monuments firent son admiration, et où les murailles de l'ancienne cité étaient partout couronnées de touffes élégantes de Vhatis tinc- (1) Ami des Champs, t. IV, p. 221, 1826. (2) Aini des Champs, t. IX, p. 24, 1831. (3) Ami des Champs, t. X, p. 391, 1832. PROCÉS-VERBAUX 81 toria (1). Dans l'excursion de la Fête Linnéenne de Libourne, le 25 juin 1840, M. Moyne, à qui, dit Laterrade, nous devons les plus belles plantes de son arrondissement figurant dans la Flore de la Gironde, était accompagné de M. Besson, pharmacien, et ces deux zélés collègues se sont principalement livrés à la recherche des plantes qui semblaient leur avoir échappé depuis quelques années. Le rapport de M. Moyne est complété par celui de l'excursion du 8 juin iSiO à Saint- Emilion avec le Directeur. Celui-ci ne manqua pas d'exprimer sa recon- naissance envers le laborieux président de notre ancienne section de Libourne (2). . On Scrit qu'en 1827, sur les instances d'un gouvernement ombrageux des collectivités, la Société Linnéenne de Bordeaux dut, à regret, se séparer de ses filiales et les considérer désormais comme Sociétés correspondantes. La section de Libourne devint alors une Société indépendante, mais elle continua néanmoins à envoyer à Bordeaux le compte rendu de sa Fête Linnéenne. Elle semble avoir disparu avec les membres qui en avaient été les fondateurs. C'est à l'Athénée que la section Linnéenne de Libourne tenait ses séances. Il y avait aussi, dans cette même salle, les réunions d'une Société dont le D'" Moyne était le président fondateur. On donnait des cours de physique, chimie, géométrie descriptive ; deux séances de botanique avaient lieu par semaine. Les leçons du savant directeur étaient très appréciées du public qui, à cette époque, se passionnait pour les sciences naturelles et surtout pour la botanique. Le D'' Moyne trouva un collaborateur dévoué dans Jean-Baptiste Besson, pharmacien et botaniste distingué, mort en 1869, à l'âge de quatre-vingt-deux ans et qui fut longtemps correspondant de notre Société. Libourne avait aussi son jardin botanique qui précéda la fondation de la section Linnéenne. On lit dans V Annuaire de la Société, année 1821 : « Cet établissement qui ne vient que de se former, a offert cepen- dant cette année, une réunion de 650 plantes disposées d'après le système de Linné. A l'extrémité est la pépinière qui contient des arbustes variés et plusieurs arbres fruitiers, le tout sous la direction de M. Moyne, docteur-médecin, et Joyeux, pharmacien. » Quelques années plus tard, Laterrade, en parlant de la section Libournaise, dit : « qu'elle voit le jardin des plantes s'améliorer et présenter aux amateurs des (1) Ami des Champs, t. XVIII, p. 258, 1840. (2) Actes de la Société Linnéenne, t. XI, Mélangea, p. 6. O'i PROCES-VERBAUX collections complètes de quelques genres intéressants. M. Besson, pharmacien, seconde, ajoute-t-il, M. Moyne dans la direction du jardin» (1). Lors de la visite qu'il y fit en 1826, le Directeur de notre Société, vit avec plaisir qu'on y cultivait les espèces rares de l'arrondis- sement dont ce jardin, dit-il, offre ainsi presque le prodrome. En 1838, la liste des plantes du jardin botanique fut imprimée et publiée; elle 'faisait l'énumération de 997 espèces classées et numérotées. Laterrade, en constatant que le goût de la botanique se répandait dans notre dépar- tement, dit à propos de ce catalogue : « Honneur au zèle et aux soins du professeur, M. le docteur Moyne, qui cherche ainsi à facihter les amateurs dans leurs études et dans leurs recherches. » (2). Ce jardin, dont on doit regretter la disparition, était situé sur partie de l'ancien Enclos des Récollets et partie du chemin de ronde. Il a subsisté dans son entier, jusqu'à la construction de l'hôpital de 1833. 11 a été depuis englobé dans d'autres jardins. Quant à la salle des réunions scientifiques de l'Athénée où M. Moyne faisait le cours de botanique, elle servit longtemps de Salle des Ventes. Elle existe encore, toujours désignée sous ce nom, dans la partie des bâtiments qui a échappé à l'incendie du Palais de Justice, mais on ne l'utilise plus (3). Fêtes Linnéennes de la section de Libourne A l'exemple de la Société mère, la section Libournaise célébrait, le même jour qu'elle, laFête Lmnéenne. La première eut lieu à Guîtres, le 29 juin 1820. A trois heures du matin, les membres de la section partirent de Libourne, sous la direction de M. Moyne, vice-président. L'herborisation qu'ils firent n'amena que peu de plantes non mention- nées déjà dans la Flore Bordelaise. « Dans un lieu ombragé et agréable, M. Moyne procéda à- l'organisation de la section de Libourne. M. Drouhet, maire adjoint, fut nommé secrétaire et M. Joyeux, phar- macien, conservateur. Après la lecture du règlement, le vice-président prononça un discours et parla des avantages qu'offrait la réunion de la section Linnéenne de Libourne avec la Société de Bordeaux. Ensuite il (1) Extrait du Précis des travaux des sections, Ami des Champs, t. II, 1824, p. 380. (2) Ami des Champs, t. VI, 1828, p. 365. (3) Ces renseignements m'ont été fournis par M. Ulysse Big'ot, ancien archiviste de Libourne, dont on sait le dévouement aux choses historiques et archéologiques de cette ville. PROCES-VERBAUX 83 traita de plusieurs parties intéressantes de la physiologie végétale. Un banquet champêtre termina la fête. » (1). La deuxième fête fut célébrée le 28 juin 1821; Texcursion eut lieu entre Saint-Denis et Coutras. Elle offrit beaucoup d'espèces rares. Les membres s'arrêtèrent sur un lieu élevé appelé le Rico, d'où l'on décou- vre la plaine de Guîlres et de Coutras ; ils y tinrent leur séance et le vice-président, M. Moyne, prononça un discours sur le charme des réunions de la Société Linnéenne (2). Dans les années suivantes, après l'excursion botanique, les membres de la section se rendaient le plus souvent au château de Bomale, chez le marquis de Rabar, l'un de leurs collègues, pour y tenir l'assemblée générale et célébrer la Fête Linnéenne. La réunion comprenait les membres titulaires et correspondants, les invités s'intéressant aux sciences naturelles et aussi des personnages officiels (3). Les travaux des séances à Bomale étaient des plus intéres- sants; Y Annuaire de la Société et VAmi des Champs, en donnaient parfois les com[)tes rendus. Ce sont des mémoires et des lectures scien- tifiques de MM. Moyne, Drouhet, de Rabar, Besson, l'abbé Carros, curé de Sainte-Radegonde, etc. C'est dans la réunion de la quatrième fêt'e de la section Libournaise, le 30 juin 1824, que M. de Rabar émit le vœu que la Société joignit à ses études botaniques celles de la zoologie. Cette proposition, reproduite et développée par M. Charles des Moulins à la séance du 21 juillet suivant, fut adoptée à l'unanimité et renvoyée, quant au mode d'exécution au Conseil d'Administration. C'est au château de Bomale que fut célébrée, le 25 juin 1829, la fêle Linnéenne décennale de la Société de Libourne. M. le docteur Moyne la (1) Annuaire de la Société Linnéenne d'Emulation de Bordeaux. 1821, p. 52. (2) Annuaire de la Société Linnéenne d'Emulation de Bordeaux, 1822, p. 32. (3) Le Château de Bomale ou Beaumale est situé sur la rive droite de l'Isle, à proximité du bourg de Saint-Denis-de-Piles. Une litliographie dessinée par M. Blan- chard qui fut président intérimaire de la section de Paris, a été insérée dans le cinquième volume de VAmi des Champs, p. 306, 1827. C'est une "charmante cons- truction avec hautes toitures revêtues d'ardoises et où s'ouvrent quelques lucarnes ; elle n'a qu'un rez-de-chaussée. De chaque côté de l'entrée sont deux pavillons faisant saillie sur la partie centrale où la grande porte en plein cintre est accompa- gnée de croisées simplement encadrées. Les angles des murs sont bordés de pierres à refends; les bandeaux et les corniches sont les seules ornementations de cette confortable et reposante demeure. Une pelouse s'étend devant le château ; elle descend vers une pièce d'eau bordée à droite par un saule pleureur. On sait, par Laterrade, que le marquis de Rabar aimait les grands arbres et avait un jardin très soigné. 84 PROCÈS-^^RBAUX présidait. Dans un discours écrit, il fit l'historique de cette Compagnie qui n'était plus, de par la loi, une filiale, mais une Société indépendante, correspondante de la nôtre. Il rappela à ses collègues leurs paisibles travaux, les nombreuses communications qu'ils avaient eues avec la Société mère, Fempressement honorable avec lequel ils avaient concouru à enrichir la Floi-e départementale, les excursions qu'ils avaient faites avec le Directeur et la séance que ce botaniste consacra à la Physiologie végétale, en 1820, à l'Athénée de Libourne, etc. (1). La mort de M. de Rabar, survenue en avril 1831, fut un grand deuil pour la Société Linnéenne de Libourne qui perdit, en même temps que ce savant et aimé collègue, le lieu préféré des fêtes linnéennes « aux- quelles M. de Rabar savait donner tant de charme, et où il recevait avec cette aménité qui lui était propre et cet abandon qui faisait de chaque collègue un ami ». Dans la réunion à Arlac, le 30 juin 1831, Laterrade fit l'éloge du botaniste zélé qui enrichissait par ses excur- sions et ses recherches, et l'herbier de la Société, et la Flore de la Gironde. Il donna ensuite lecture de la lettre du D'' Moyne rappelant les travaux de M, de Rabar concernant l'agriculture et les sciences natu- relles et faisant connaître les regrets unanimes qu'il laissait chez tous ceux qui l'avaient connu. Les excursions botaniques et les fêtes hnnéennes de la Société de Libourne continuèrent à être mentionnées dans les Actes de notre Société. Par suite d'un deuil cruel qui frappa iM. Moyne, la fête n'eut pas lieu en 1835. Le 30 juin 1836, les membres de la Société se dirigè- rent avec leur président, M. le D'' Moyne, sur Abzac où ils furent reçus par M. l'abbé Garros, curé de ce lieu, notre correspondant. La séance fut tenue au presbytère. On y remarquait MM. Chauchard, curé de Coutras, Autran, curé de Guître-, membre de la Société d'Agriculture de Madrid, Piéchaud, docteur-médecin et Boutin, pharmacien. L'excur- sion dura depuis cinq heures et demie du matin jusqu'à midi ; elle offrit diverses plantes entre autres la macre ou châtaigne d'eau (7Va/5fi naians L.) qui, on le sait, se trouve à Abzac dans l'Isle avec le Vallisneria spiralis L. et dont un bel échantillon fut recueilli pour l'herbier dépar- temental de la Société (2). Il est' encore fait mention de la célébration de la fête Linnéenne, le 25 juin 1840, à Libourne (3). La disparition de M. Moyne fut fatale à (1) Voir Annuaire de la Société Linnéenne^ 1830, p. 40 et 41. (2) Tableau de la 19«>e Fêle Linnéenne, 1836. (3) Ami des Champs, t. XVIII, 1840, p. 262. PROCÉS-VERBAUX 85 notre ancienne filiale dont il ne sera plus guère question. Le 29 juin 1843, dans son discours de la 2Q"^^ fête Linnéenne, Laterrade annonça à l'Assemblée la mort du Docteur Moyne, le médecin et l'ami du pauvre, président de la Société Linnéenne de Libourne et fondateur du jardin botanique de cette ville. La nécrologie s'augmentait de M. Dargelas et du Docteur Cachet (1). A l'occasion du centenaire d'une Société qui fut notre filiale et qui concourut si activement aux recherches de la Flore de la Gironde, il était de notre devoir de retracer ici son existence de plus de vingt années et d'adresser un souvenir ému aux savants naturalistes qui la composèrent et qui furent les dignes émules des linnéens de la Société de Bordeaux. Il est toutefois resté une trace de la Société Linnéenne de Libourne, par l'herbier, formé de plantes toutes récoltées dans la région Libour- naise, que Jean-Baptiste Besson légua à la ville, quelques années avant sa mort. Notre dévoué collègue, M. Durand-Dégranges, découvrit cet herbier dans un grenier où il était relégué depuis longtemps. Les plantes étaient en désordre et beaucoup en mauvais état. Avec une patience de bénédictin, il en fit le classement, après avoir éliminé ce que les insectes avaient le plus ravagé. Il déposa ensuite l'herbier à la bibliothèque de la Ville où chacun peut le consulter. Vous venez de parcourir les feuillets de ce témoin séculaire, dont la présentation, en ce jour d'anni- versaire, est tout à fait de circonstance. L'herbier de Jean-Baptiste Besson a-t-il quelque rapport avec celui du Docteur Moyne figurant à l'Athénée et que Laterrade, en 1835, estimait le plus complet de la Flore de la Gironde? (2) Qu'est devenu cet herbier et aussi celui de M. de Rabar? (3). A cette même époque, (1) Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XIII, 1843, Mélanges, p. 4. (2) Discours du Directeur à Veyrines le jour de la 18°"= fête Linnéenne. (3) Laterrade. Ami des Champs, des Herbiers, t. II. 1833, p. 21. A la veille de dotiner ces feuilles à l'imprimeur j'ai eu l'idée d'essayer de retrouver quelques vestiges de l'herbier de M. de Rabar, et j'ai eu recours à M. Ulysse Bigot qui m'a appris que tout ce qui était à Bomale, livres et papiers, avait été vendu, il y a une trentaine d'années, par les héritiers lointains de notre ancien collègue, à M^^ Desbois, libraire à Bordeaux ; l'herbier avait dû subir le même sort. Je me suis rendu aussitôt chez la dite libraire. J'y ai retrouvé un herbier qui m'avait été montré il y a bien des années, et que la fille de M™»^ Desbois m'a dit avoir été acheté par sa mère à Bomale, en janvier 1891, avec tout un wagon de livres. L'herbier comprend une trentaine de paquets ; les boîtes qui les renfermaient 86 PROCÈS-VERBAUX notre Société Linnéenne avait uq herbier de grand format et remar- quable par la beauté des échantillons (1). Il en a été souvent parlé dans les procès- verbaux des séances ; pendant de longues années nos collè- gues s'efTorcèrent d'y apporter leur contribution. Faute de place pour le conserver, la Société a dû un jour s'en débarrasser ! Aujourd'hui nous regrettons qu'il ne figure point dans notre nouvelle salle où il serait un objet de vénération pour tous nos Linnéens ; souhaitons qu'il se trouve à la Bibhothèque botanique municipale, avec les autres herbiers. La 72""' Fête Linnéenne célébrée a Libourne Il faut arriver au 29 juin 1890, pour voir figurer dans les Procès- Verbaux, la célébration de notre première Fête Linnéenne à Libourne, bien que nos collègues dirigeassent souvent le.urs excursions dans la région d'alentour où ils faisaient d'abondantes récoltes et d'excellentes observations scientifiques. En passant à Libourne, on ne manquait pas de s'arrêter pour cueillir quelques échantillons de VAnchusa Sempervi- rens D. C. que découvrit jadis le Docteur Moyne. La plante se trouvait sur le talus des fossés avoisinant la gare, à gauche face à la ville ; c'était sa seule station connue en Gironde. Elle a disparu quand on fit, il y a une vingtaine d'années, les agrandissements de la gare et qu'on détruisit les fossés. L'excursion botanique et géologique qui précéda la 72™** fête linnéenne, et où j'ai eu le bonheur d'assister, fut des plus fructueuses ; notre aimable et dévoué collègue, M. Durand-Dégranges, l'avait organisée. Le paysage où se fit notre course était ravissant. On traversa la Dordogne en voiture. Au bourg pittoresque de Saint- Jean-de-Blaignac, l'on mit pied à terre et l'excursion botanique com- a valent élé déjà vendues. La libraire l'a ainsi étiqueté : « Herbier composé de Î818 à 1829 par M. Hercule de Rabar, membre de la Société Linnéenne de Bordeaux. Très intéressante collection. La plupart des sujets sont en bon état de conservation. La classification faite avec grand soin d'après Linné, de Gandolle, Jussieu, de Lamarck, Desfontaines, etc., est accompagnée de notes descriptives, citations et observations. » J'ai parcouru avec émotion ces pages vénérables oii les insectes ont fait de grands ravages, et j'y ai lu d'intéressantes explications sur les familles des plantes, et des notes de M. de Rabar, Laterrade et Ch. des Moulins. M™« Desbois, parait tenir à cet herbier qu'elle a conservé depuis trente années, et qui n'a cependant qu'un intérêt rétrospectif. Il serait mieux placé à la bibliothèque de Libourne ou dans les rayons du Musée de notre Société. (1) Laterrade. Ami des Champs, des Herbiers, t. II, 1833, p. 21. PROCÈS-VERBAUX 87 mença. De là on se rendit à Saint-Âubin-de-Blaignac en herborisant, pour aller visiter les fouilles géologiques sur le coteau de Bardos, au lieu dit le Tucau, oi^i se trouve le gisement du grand Ostrea longiroslris où les huîtres fossiles atteignent parfois 0'"60 de longueur. Nous rapportâmes de beaux spécimens ayant conservé leurs deux valves. Puis ce fut, au retour, le passage en voiture à Branne et l'arrêt au curieux Menhir de Saint-Sulpice-de-Faleyrens, unique dans la région du Sud-Ouest. Après trente années, tout cela s'estomperait peut-être dans ma mémoire, si le compte rendu botanique, véritable régal scientifique et littéraire, dû au regretté Henry Brochon, et aussi le rapport géologique de M. Reyt, ne me permettaient de revivre en détail, par la pensée, les heures si courtes passées en des endroits aussi intéressants, avec des savants naturalistes tels que Clavaud, Brochon, Benoist, etc. (1). Vers six heures, nous rentrâmes à Libourne où se tint l'assemblée générale. Les communications y furent surtout géologiques. Henry Brochon, qui était aussi érudit géologue que savant botaniste, y échangea avec M. Reyt d'intéressantes observations sur les fossiles des Landes (2). Le banquet eut lieu à l'hôtel Loubat, il réunit treize linnéens. Nous donnerons un souvenir ému à plusieurs de ces collègues disparus depuis longtemps : le Docteur Saint-Martin-Souverbie qui dirigea si longtemps le Muséum de Bordeaux et qui fut pendant trente-six ans membre de notre Société; Armand Clavaud, dont la perte fut si grande pour la science botanique; Henry Brochon, Benoist, de Luëtkens et Durand. Le débutant d'alors est très honoré de saluer aujourd'hui, MM. Dupuy de la Grande Rive et Durand-Dégranges, alors adjoint au maire et qui représentait la Municipalité. Leur présence à cette fête linnéenne de ce jour, .qui commémore, en même temps le centenaire de la Société Linnéenne de Libourne, nous est infiniment agréable. Ces linnéens Libournais, nos collègues depuis plus de quarante années, sont en quelque sorte les représentants lointains de notre ancienne filiale et ils nous rappellent l'élite de savants naturalistes : le D''Moyne, de Rabar, Besson, etc., dont nous honorons la mémoire. (1) Actes de la Société Linnéeyine , volume XLIV, 1890, Procès-Verbaux p. lxx et suivantes. {2)Actes de la Société Linnéenne, volume XLIV, 1890, P.-V. p. lxxvh et suiv. 0« proces-verbaux Visite de la Ville de Libourne L'HÔTEL DE Ville Nous venons de parcourir les rues perpendiculaires et tracées au cordeau de celte charmante bastide qui se forma aux xiiieetxiV siècles, sous la domination anglaise, et à laquelle le Sénéchal de Gascogne, Roger de Leyburn, donna son nom (1). Nous avons admiré le site pittoresque du confluent de la Dordogne et de l'isle dominé par le tertre de Fronsac, autour duquel nos collègues, partis dès le matin, sont allés excursionner, comme il est d'usage traditionnel dans toutes les fêtes linnéennes. Sous les ombrages des allées Souchet, après avoir contemplé le délicieux paysage riverain, nous avons tourné nos regards du côté de la ville. Ici était le port romain de Condat devenu plus tard celui de Saint-Jean-de-Fozera qui fit la fortune de Libourne et assura sa suprématie sur Saint-Emilion, la cité rivale. Devant nous la tour Richard et sa voisine engagées dans de laides bâtisses. Ces jolies tours, restes des fortifications du xiv*^ siècle, entre lesquelles se trouve l'ancienne porte principale de la ville, ont failli disparaître. Il y a quelques années il fut question de les démolir. Heureusement le bon sens du public libournais prévalut, et ces vieux monuments, qui sont la parure de la ville, ont été conservés (2). Mais ce qui caractérise le mieux Libourne, c'est sa place centrale avec ses arcades et son majestueux hôtel de ville. Des arbres y furent plantés malgré les protestations des habitants ; depuis longtemps ils ont disparu. Jadis nous vîmes au- milieu de la place une lourde fontaine, on l'a démolie il y a une trentaine d'années. Les curieuses maisons ont tour à tour été remplacées par des constructions modernes ; on voit cependant quelques jolies maisons du xviii." siècle. A travers les années, l'Hôtel de Ville avait gardé ses jolies lignes architecturales et sa physionomie du xvi'' siècle lorsqu'il y a quinze ans, la Municipalité d'alors résolut de le démolir, de le rebâtir ailleurs (1) Les bastides ou cilés nouvelles étaient autorisées par ordonnance royale. Elles étaient tracées sur plan régulier, avec rues se coupant à angle droit et ayant une place au centre entourée de couverts. Nous avons ainsi dans la Gironde avec Libourne, Bazas, Monségur, Créon, Sainte-Poy, Eymet, Belin, Sauveterre et Castelnau-d'Auros. En 1270, une Charte d'Edouard pr permit à Libourne de se choisir un maire et des jurats. (2) La tour Richard vient enfin d'être classée ; on peut s'étonner qu'on ait tant tardé à le faire ; il ne reste plus qu'à la dégager des maisons qui l'entourent. PROCÈS-VERBAUX 89 OU du moins de le remplacer par un édifice de style nouveau qui eut étrangement modifié l'aspect de la place. Le projet fut à la veille d'être exécuté. Les Libouriiais, jaloux de la beauté de leur ville et fidèles à ses souvenirs historiques, firent entendre leurs protestations. La Société Archéologique de Bordeaux, le Comité Girondin d'Art pubhc et tous ceux qui ont l'amour des monuments anciens et le culte du passé joignirent leurs efforts à ceux de leurs amis de Libourne. Nous eûmes la satisfaction de voir rebâtir l'Hôtel de Ville à la même place, et dans sa reconstruction, d'obtenir qu'il soit conservé de délicieuses parties, telles que le porche avec ses ogives, le beffroi et la façade sur la place et la rue voisine. Ayant pris part à la défense du vieux monument^ je suis doublement heureux aujourd'hui de me trouver avec vous, dans ce ■ hel Hôtel de Ville où la Municipalité libournaise a bien voulu nous donner l'hospitalité, dans la superbe salie des mariages, pour y tenir cette réunion. Je lui exprime la reconnaissance de notre Société (1). Je remercie M. Gagnebé, premier adjoint au maire, qui nous a si aimablement accueillis et qui a voulu faire lui-même à notre Société les honneurs de ce monument, inauguré en 1914, le jour même de la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France, et que nous n'avions pas encore visité. Notre dévoué collègue, M. Durand-Dégranges, ancien maire de cette ville et aujourd'hui encore conseiller municipal, nous a conduits dans la visite des salles et nous a signalé les principales curiosités du Musée, notamment le beau groupe en marbre de Falconet « La France recon- naissante à Louis XV » qui occupe la place d'honneur dans la grande salle (2). (1) Dès que le projet de démolition fut connu, le PetiL Journal reproduisit une image du vieil hôtel de ville menacé de disparaître. Dans le feuilleton du Journal des Débats, M. André Hallays prit la défense du monument et protesta contre la défiguration qu'on voulait faii'e subir à la partie la plus curieuse de la ville. La Société Archéologique, dont j'avais l'honneur d'être président, lutta' avec la plus grande opiniâtreté, alors même qu'il semblait que nous n'avions guère d'espoir de réussir, car certains intérêts personnels ou politiques paraissaient s'être mêlés à cette question édilitaire. M. A. Bontemps, architecte ordinaire des monuments historiques, qui s'est occupé de la conservation des parties les plus anciennes, a donné, dans le tome XXXV du Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, p. 89, une Notice sur le vieil Hôtel de Ville de Libourne qu'il a accompagnée de plans et coupe du monument du xv« siècle. M. Bontemps fait la description de l'Hôtel, des diverses modifications qu'il a subies et de la restauration à laquelle il a procédé de 1911 à 1914. (2) Ce marbre était autrefois dans la cour, en plein air, sous les goutlièreâ*. M. U. Bigot découvrit son origine dans l'ouvrage de Paul Lacroix Les Arts au P.-V. 1920. 7 90 PROCÉS-VERBAUX En s'excusant de ne pouvoir prendre part à notre fête du 102^ anni- versaire, notre collègue, M. François Daleau, nous a engagés à remar- quer diverses pièces intéressantes et rares de préhistoire et d'ethno- graphie, qui se trouvent au Musée et dont il a fait la description dans le Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, année 1899 (1). Ces objets provienuent pour la plupart de la collection de feu M. Pérès, ancien receveur municipal. Ils ont été achetés par la Ville vers 1880, sur la proposition de M. Durand-Dégranges et sur ses instances réitérées. Nous avons adressé nos remerciements à M. Duverger, bibliothécaire de la ville, fonction qu'il occupe depuis onze années, qui a bien voulu venir tout exprès, nous montrer les trésors de sa bibliothèque. Il a fait passer sous nos yeux de curieux ouvrages anciens aux belles reliures, mais le plus fameux de tous est le Livre velu qui contient les privilèges locaux de 1270 à 1493. Il est recouvert d'une planche revêtue d'une peau de veau à tout poil sous lequel il fut mis en 1619. Il a été transcrit en 1479 (2). xvuF siècle, où il est décrit. L'auteur raconte qu'inachevé, il fut acquis par le Roi, après la mort de Palconet. Plus tard, M. Bigot trouva le bordereau d'envoi du Ministère, vers 1820, oii il est bien indiqué comme de Falconet. (1) M. Daleau signale notamment : 1° une hache néolithique, pierre noire cannelée sur les deux bords (pièce unique) ; 2" Age du bronze : une herminelte à douille et à anneau et un ciseau à douille (époque Larnaudienne), spécimen fort rare sinon inconnu dans notre Sud-Ouest ; 3" Ethnographie ; un crâne momifié de Dayahs de Bornéo incrusté de morceaux de nacre découpés en Z ; 4» un harpon des Eshimos terminé par une pointe en os avec deux barbelures de même type que les harpons préhistoriques en bois de Cerf du Mas dAzit; 5" un très curieux collier de l'Amérique du Nord composé de huit perles : trois en ivoire de cachalot ou de morse, cinq en os de célacé (Voir Société Arcliéologique de Bordeaux, t. XXIII, p. 131, 1899). (2) Le Livre velu est en parfait état de conservation, , il est écrit en lalin, en gascon et en français ; les feuilles sont en parchemin. L'écriture est une minuscule régulière et assez nette du xv siècle. L'acte le plus ancien est d'Eléonore de Guyenne, en 1199. On lit au bas d'une des principales enluminures qui ornent ce manuscrit : « Ce livre a esté faict en la mairerie de honorable Bertrand de Sauvanelle, maire de la ville de Libourne en l'année 1479. » (Archives historiques de la Gironde, T. XXXIV, année 1899, p. 1 et 2|. M. Bigot, qui fût longtemps archiviste des Archives de Libourne, m'a signalé quelques volumes provenant de la bibliothèque de Michel Montaigne : Horace, Paris, J. Poucher, 1543, in-folio, relié en vélin ; Dlogène-Laera (grec), Bâle, 1533, in-4'', demi-reliure, tous les deux avec la signature sur le titre. Rapin — Thoyras — Histoire d'Angleterre, La Haye, 1724-1727, dix volumes in-8 plein maroquin rouge, aux armes du Comte d'Hoyn, ainsi que divers ouvrages provenant de la bibliothè- que de Montesquieu, d'autres reliés en maroquin rouge aux armes de Mesdames cte France. Un curieux volume à la reliure de Jean Grolier : La Prima parte de le PROCÉS-VERBAUX 91 Enfin M. Durand-Dégranges nous a présenté Therbier de Jean- Baptiste Besson. Cet herbier centenaire, formé de plantes locales est ici bien à sa place. Vous avez pu apprécier le bon état de ses feuilles et le classement des échantillons, grâce aux soins de notre collègue. Un autre herbier nous a été moutré, c'est celui de Desfontaines, botaniste renommé qui fut, en 1821, membre correspondant de notre Société. C'est pour moi, Messieurs, un grand plaisir que celui de remercier 'en votre nom, dans cette ville de Libourne, à laquelle il a tant donné de preuves de son dévouement, notre si sympathique collègue, M. Durand-Dégranges, l'un de nos doyens, puisqu'il est entré chez nous en 1877. Vous venez d'être témoins, il y a quelques instants, de son zèle pour tout ce qui intéresse les Arts et les Sciences naturelles, surtout la botanique à laquelle il est toujours demeuré fervent. En bon linnéen, il a conservé l'amour de notre Société et de ses traditions. En le félicitant de bien grand cœur, je lui exprime toute la joie que j'éprouve de me retrouver avec lui à pareil jour. Le Musée de la Société L'inauguration, à l'Athénée, le 2 février 1920, de la salle de notre Musée marquera pour nous une date mémorable. Le vœu que nous formions, le 30 juin 1918 à Arlac, lors de la célébration du centenaire de la Société, a pu enfin se réaliser grâce au dévouement et à la constance de notre archiviste M. F. Breignet. On sait combien furent laborieuses les démarches qu'il fallut faire auprès de la Municipalité. Nous espérons ne plus voir désormais se disperser au loin les collections dont les propriétaires ne veulent pas disposer en faveur du Muséum de la Ville. Notre salle leur sera ouverte et combien serait riche aujourd'hui notre Musée, si les collections que la Société avait formées ou celles qui lui ont été offertes avaient pu être conservées ! Pour aider à la prospérité de l'œuvre nouvelle, plusieurs de nos collègues se sont aussitôt dessaisis de leurs belles collections et des meubles qui les contenaient. Ils les ont même accompagnés d'impor- novello del Bandello, Lucques, 1554, in-4o, vient d'être récemment découvert par M. U. Bigot, dans les rayons de la Bibliothèque libournaise : « C'est un ouvrage provenant de la bibliothèque du plus grand de tous les bibliophiles passés et présents, de Jean Grolier, ambassadeur à Rome, Trésorier de France sous François l'"', Henri II, François II et Charles IX. Il est éminemment vénérable. » 92 PROCÈS-VERBAUX tantes sommes d'argent. Notre Société reconnaissante a décerné le titre de « Bienfaiteur » à ces généreux donateurs dont les libéralités méritent d'être signalées et les noms de figurer, à perpétuité, en tête de nos Annales. Le premier de la liste est le regretté M. Léonce Motelay, qui nous a légué une somme de 5.000 francs ; puis M. F. Breignet, notre archiviste et M. Xavier Rozier, notre trésorier. En outre, M. Breignet a pu obtenir, par ses démarches pcsonnelles, de belles collections qui étaient destinées à aller ailleurs. Nombreux sont les autres donateurs de notre Musée. J'en citerai quelques-uns : M. le docteur Lamarque qui a offert un meuble et un herbier des plantes des Pyrénées conjoin- tement avec M. le D"" Pierre Barrère ; M. Lambertie, sa collection d'hé- miptères, de reptiles, d'oiseaux et un certain nombre d'ouvrages sur l'Histoire naturelle; M. Daydie, différentes pièces de Musée; M. Dupuy de la Grande Rive, des minéraux et des roches ; M""^ Petit-Lafitte, en souvenir de son beau-père, professeur déparlementa] d'agriculture, ancien membre de la Société, l'herbier qu'il constitua, ainsi que des coquilles et des minéraux ; M'^" Leclère, des minéraux et des fossiles ; M. Auréhen Claverie, notre collègue, une somme d'argent; enfin, M"'e Augereau, dont le mari fit partie de la Société, un grand meuble vitrine et de belles collections d'entomologie, de coquilles, de minéraux, et un herbier de mousses. La création d'un Musée nécessite un conservateur. Notre collègue M. Daydie, déjà adjoint au bibliothécaire, a bien voulu remplir ce poste de dévouement ; depuis longtemps nous apprécions le travail méticu- leux de notre collègue dans la conservation des pièces entomologiques. M. Lambertie a été nommé conservateur adjoint. Travaux, Excursions et Voeux de la Société Malgré les difficultés de toutes sortes qui ont contraint la plupart des Sociétés savantes à interrompre ou à restreindre leurs publications, notre Société a continué la marche de ses travaux. Mais nos ressources ne sont point inépuisables, et il est d'absolue nécessité que non seule- ment toutes les subventions que nous avions avant la guerre, telles que celles de la Ville, du Conseil général- et de l'Etat, soient rétablies dans" leur intégrité, mais que de nouveUes viennent s'y ajouter, en raison du- prix excessif des publications. Fidèle à son programme de vulgarisation scientifique, la Société Linnéenne a repris, cette année, ses excursions pubhques habitueUes. PROCÈS-VERBAUX 93 Les premières ont eu lieu, le 21 piars dernier, à Lormont, et le 16 mai à Léogaan et àGradignan; elles ont été suivies par un public nombreux et par les élèves du Lycée de jeunes filles conduites par leurs zélés pro- fesseurs. Le 11 avril, la Société, répondant à l'invitation de M. Aurélien Claverie, s'est dirigée vers Langoiran où notre aimable collègue nous a offert, dans son château de Lapeyruche, la plus cordiale hospitalité. Sous sa conduite, elle a visité les curiosités des environs et fait d'inté- ressantes observations scientifiques. Dans notre dernière visite à Lestonac, nous avons été navrés à la vue du spectacle de désolation inimaginable présenté par ce domaine que nous avions admiré encore intact, lors de l'excursion deGradignan, le l*"" juillet 1917, à l'occasion du 99"^<' anniversaire. A cette époque, nous apprîmes que le château et les belles forêts qui l'entouraient venaient d'être vendus à des spéculateurs lignicoles. On ne nous laissa pas ignorer l'usage qu'ils se proposaient d'en faire. La Société décida alors de s'adresser au Ministre de l'Agriculture et de demander à l'Etat de bien vouloir prendre, au plus tôt, les mesures nécessaires pour empêcher les déboisements excessifs, qui amèneraient rapidement la disparition des anciennes forêts qui sont l'une des richesses du pays. Ce vœu adopté par la Société, dans sa réunion du 9 janvier 1918, n'a malheureusement pas été écouté. Le Ministre nous a répondu qu'une loi sur le défrichement suffisait à garantir l'existence des forêts. On sait ce qui est arrivé ; les arbres qui ombrageaient nos routes et nos canaux ont été abattus, les vieilles forêts ont été rasées et le sol n'a point été pour cela défriché ! Ce ne sont pas les nécessités de la défense nationale qui ont détruit aussi misérablement la belle propriété de notre ancien collègue, le comte de Kercado, et qui fut si souvent témoin des travaux et des joies de nos fêtes linnéennes, c'est une basse et cupide spécu- lation qui a anéanti cet important domaine forestier, sans même y laisser un baliveau. Notre Société ne saurait rester indifférente devant un tel vandalisme et elle joindra ses efforts à la Société pour l'Aménagement des Monta- gnes, à la Société Dendrologique de France et aux autres associations forestières, afin d'enrayer, dans la mesure du possible, le préjudice causé à notre pays par la disparition de nos anciennes forêts et par le déboisement en générai. Si les lois actuelles n(^ sont pas suffisantes pour arrêter le fléau dévastateur, il fst du devoir des amis des arbres d'en demander de plus efficaces . 94 PROCÈS-VERBAUX Notre Société, par tradition, s'est toujours occupée de la prospérité des institutions qui contribuent à développer dans le public le goût des Sciences naturelles. Au premier rang de ces établissements figurent le Muséum et le Jardin botanique. Depuis longtemps nous étions sollicités d'intervenir auprès de la Municipalité pour que le Muséum, fermé depuis le commencement de la guerre, soit enfin rouvert et qu'il soit donné des facilités de visite et d'étude aux personnes s'intéressant aux belles collections qu'il renferme. A la suite de la démarche de la Société auprès du Maire de Bordeaux, nous avons eu la satisfaction de voir se rouvrir les salles du Muséum ; notre dévoué collègue, M. Chaîne, déjà adjoint, en a été nommé conser- vateur. Le cours de biologie qu'il y professe, chaque semaine, est suivi par un public assidu et nombreux. Je lui adresse nos plus sincères félicitations. C'est aussi avec plaisir que nous avons appris la nomination de notre sympathique collègue, M. le D»' Muratet, comme professeur agrégé à la Faculté de Médecine et adjoint à notre éminent collègue, M. le profes- seur Sabrazès. Nous félicitons notre ami de cet avancement bien mérité. J'ai déjà parlé de M. Breignet, notre si dévoué archiviste, et de M. Rozier, notre zélé trésorier;, devrais-je effaroucher leur modestie, je dois, dans les remerciements que j'adresse ici aux membres du Bureau et des Commissions, redire à leur sujet les mêmes compliments de ces dernières années et les remercier de nouveau de leiu' dévouement inlassable pour notre Société. Je remercie aussi notre vice-président, M le D"" Lamarque, qui nous a apporté son appui de conseiller municipal dans toutes les questions intéressant la Société; M. le D»" Baudrimont, secrétaire général, et M. Georges Malvesin-Fabre, secrétaire adjoint. Je ne saurais oublier la collaboration dévouée que m'a apportée M. Malvesin et la part qu'il a prise dans l'organisation des excursions de la Société. Avec notre collègue, M. Albert Bouchon, il s'est rendu à Libourne pour la prépa- ration de notre réunion générale et de notre Fête Linnéenne. Note Nécrologique sur le Général Oudri Cette année nous avons eu le regret de voir disparaître un linnéen qui fut des nôtres pendant cinquante ans, le général Oudri. Il était, PROCÈS-VERBAUX 95 depuis 1869, en rapports avec notre Société. A son retour de captivité en Allemagne, et lieutenant au 31^ de ligne, il fut reçu, le 5 juillet 1871, membre correspondant. Peu de nos collègues l'ont connu, car il n'est guère demeuré dans notre ville, et plus de vingt- cinq années de sa longue carrière militaire se sont passées en Algérie et à Madagascar. Quoique loin de nous, il envoyait, de Blidah ou de Biskra, à la Société Linnéenne, les résultats de ses observations scientifiques qu'il accom- pagnait souvent de rares et curieux spécimens sur la faune, la géologie et la flore des pays qu'il visitait. iNotre collègue, M. Fernand Lalaste, dans la séance du 4 février dernier, nous a raconté que, parti de Paris en 1880. dans le but d'explorer le Tell Algérien comme complément à l'étude de la fiune française, il reçut à Biskra riiospitalité du capitaine Oiidri qui lui facilita les moyens de son voyage dans le Sahara. A l'aide des préci* uses fiches dont notre ;.rchiviste, M. Breignet, a doté notre Biblioihèque. j'ai eu le plaisir de lire quelques lettres du général Oudri ; vous me permettrez de vous en rappeh-r certains passages. Dms une lettre adressée au président, M. Delfortrie, le capitaine OuHri lui dit, qu'il a bien souvent regretté, pendant son trop court séjour à Bordeaux, de n'avoir pu profiter davantage de ses bons conseils et marcher plus vite dans l'étude d'une science qui exige des efforts de toute sorie pour être connue d'une manière à peu près conve- nable. La vie militaire, ajoute-t-il, a ses exigences, j'ai dû ne jamais oublier mon service qui m'a souvent imposé de réelles privations et m'a empêché dé suivre avec fruit les cours des Facultés de Bordeaux et de Montpellier (1). Le 15 avril 1885, il annonçait l'envoi d'un petit herbier et de quelques fossiles des environs'de Constantine. La Société ne conservant plus de collections décida, le 6 mai 1885. de les offrir à la Ville de Bordeaux pour le Muséum du Jardin Public. En 1895, M. Oudri fut nommé colonel à Madagascar; les journaux annoncèrent la défaite des Hovas dans l'attaque de Tsmaïmondry par les troupes qu'il commandait. Aux félicitations de la Société, à la date du 18 mars 1896, le brillant officier, après avoif remercié notre Compagnie du cordial et sympa- ttiique souvenir qu'elle lui avait envoyé, fit l'éloge des vaillants soldats qu'il a eu l'honneur de commander (2). Quelques mois plus tard, le colonel Oudri fut nommé général, A la lettre du Président de la Société (1) Séance du 21 avril 1875, t. XXX, P.-V., p. lxxvi. (2) T. L, P.-V., p. XXVI, 1896. 96 PROCÈS- VERBAUX Linnéenne, il répondit : (c Les bonnes félicitations que vous m'avez adressées au nom de tous, à l'occasion de ma nomination toute récente, sont la meilleure récompense des labeurs hélas trop nombreux que nous a causés cette campagne bien pénible pour nos jeunes gens. Pour moi, qui ai blanchi sous le harnais, la résistance à la fièvre a été facile et j'ai eu le bonheur de ne point compter un seul jour de maladie. «Enfin, tout récemment, j'ai fait une petite colonne à Antsivolé (130 kilomètres sud de Tananarive) eL j'ai pu recueillir un fragment de bassin d'Epiornis et un autre de mâchoire de rhinocéros (?) je crois. . . J'ai bien aussi mis en poche du cristal de roche, du quartz, du minerai de fer, mais c'est bien peu de chose. Tout cela est destiné à la Société.. Le mot tout ne doit pas faire croire à une grosse quantité. « Je vous prie encore de remercier nos collègues de la Société Linnéenne des félicitations qu'ils ont bien voulu m'adresser et de leur dire que je n'ai jamais oublié l'accueil si bon, si flatteur qui m'a été fait par tous les membres de la Société en 1869 et 1870. » Malgré ses occupations militaires, notre collègue continua d'entre- tenir la Société de ses recherches scientifiques (1). En 1900, le général Oudri fut nommé général de division, puis com- mandant du 4<' corps d'armée, au Mans. Lors de l'inauguration, en 1904, du monument élevé à Chanteloup, commune de Sillé-le-Philippe (Sarthe), aux mobiles du b'^ bataillon de la Gironde tombés au combat du 12 janvier 1871, oii fut tué le commandant Arnould, le général Oudri représentait le Ministre de la Guerre. Après la cérémonie, notre collègue s'entretint aimablement avec le président de la Société des Anciens Mobiles du 5^ bataillon, M. Rocheteau, et lui exprima toute sa sympathie pour les bordelais qui lui rappelaient sa chère Société Linnéenne dont il faisait partie depuis de longues années. Le prisonnier de 1870 eut enfin la joie de contribuer à la victoire et de voir nos provinces d'Alsace et Lorraine redevenues françaises. J'adresse un souvenir ému à la mémoire de ce vaillant officier qui fut en même temps un fervent linnéen. L'admission de nouveaux membres est venue combler les vides cruels que la mort a faits parmi nous dans ces dernières années. Grâce au zèle (1) T. LU, P.-V., p. VI, 27 janvier 1897, PROCÈS-VERBAUX 97 ardent de notre si sympathique ancien président, M. le docteur B. Llaguet, dont je salue la présence à cette réunion, il s'est formé à Arcachon un groupe Linnéen. Notre dévoué collègue a présenté comme membres titulaires, M, le docteur Lalesqiie et M. Jolyet ; comme auditeurs, MM. HaïUecourt, Tempère fils et Capdeville. Nous avons aussi admis récemment M. le docteur Hillairel, MM. Charrier et Cordier, titulaires; M. Dutertre, correspondant, M. Dieuzède, auditeur. Enfin, dans cette séance commémorative, nous avons le plaisir de recevoir comme membres titulaires, M. le comte Féry d'Esciands, M. le colonel Yvart (1), M. Labarlhe-Pon et M. Henri Bertrand, de Libourne, dont l'entrée nous est particulièrement agréable, puisque ce dernier collègue vient augmenter le nombre des linnéens Libournais dont nous appré- cions le long attachement à notre Société. Au cours des années, dispa- raissent successivement ceux qui, venus chez nous jeunes, ont rem- placé les anciens d'alors. Les jeunes d'aujourd'hui nous remplaceront à notre tour et ils auront à cœur de maintenir nos traditions linnéennes. En ce jour de la commémoration de son 102® anniversaire, quand une Société a un passé tel que le nôtre, elle a droit d'en être fière. Aussi nous est-il agréable, en une solennité oij nous fêtons Linné dont nous avons adopté le nom et Jean Bauhin dont nous avons pris le patronage, de remonter à ses jeunes années. Le bon Laterrade, dans un discours à une fête Imnéenne disait : « 11 en est de la vie des Sociétés, comme de celle des individus; elles ont l'une et l'autre, leur enfance, leur maturité et leurs souvenirs. Leurs souvenirs...! d'autant plus précieux qu'ils se rapprochent plus de leur berceau. » Aussi, nous reporterons-nous, par la pensée, aux réunions dans la plaine d'Arlac, sous le Saule vénéré, et de là, au château de Bomale, chez le marquis de Rabar, où, il y a un siècle, se rassemblaient, au même jour, les linnéens, venus de Libourne et de la région, pour fêter Linné et disserter des choses de la Nature, en communauté d'idées et d'aspi- rations avec leurs collègues de Bordeaux. De ces temps lointains, nous gardons la mémoire et nous nous honorons d'être les successeurs de ces dignes naturalistes, aussi modestes que savants, qui ont fondé notre Compagnie. Comme eux, nous avons l'amour des sciences naturelles et comme eux nous avons (1) M. Yvart qui assistait à notre réunion de Libourne est mort quelques mois plus tard victime d'un accident de tramway. 98 PROCÈS-VERBAUX foi dans l'avenir. A l'exemple de nos devanciers, nous continuerons de mettre en commun nos travaux et nos afTections, et nous perpétuerons ainsi, avec le même succès, l'œuvre de notre chère Société Linnéenne qu'ils ont si bien commencée ! Réunion du 7 juillet 1 920 Présidence de M. A. Bardié, Président. Le procès verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE Lettre de la Fédération Française des Sociétés de Sciencps Naturelles annonçant sa prochaine Assemblée générale pour le mardi 6 juillet. Lettre de propagande de l'Union civique. Circulaire de l'Académie royale de Belgique. Lettre de M. le professeur Sigalas, adjoint au Maire, informant M. A. Bardié, président de la Société Linnéenne, qu'il est désigné pour faire partie du Comité consultatif du Muséum d'Histoire Naturelle de Bordeaux jusqu'à l'expiration du mandat du Conseil municipal actuel. Lettre de réponse de M. A. Bardié. ADMINISTRATION M. Breignèt demande que l'on nomme, dès maintenant, une Commis- sion chargée d'étudier et de préparer la réception de la Société Géolo- gique de France qui doit faire cette année, du 22 au 28 août prochain, dans le Bordelais, l'excursion qu'elle avait projetée en 1914, lorsque la guerre a éclaté. Cette Commission, qui est aussitôt désignée, devra se réunir très prochainement. En font partie : MM. Bardié, Baudrimont, Daydie, Degrange-Touzin, Dutertre, Duvergier, Malvesin, Peyrot, Rozier. M. Dutertre est chargé de demander de nouveaux renseignements à la Société Géologique de France et d'établir la liaison entre les deux Sociétés. Le Président rappelle les clauses du testament de notre collègue Motelay, qui a légué une somme importante à notre Société sous PROCES-VERBAUX MM condition formelle de surveiller le bon entretien de son magnifique herbier laissé à la Ville, et demande que l'on désigne une Commission chargée de donner satisfaction aux dernières volontés de notre regretté collègue. Sont nommés pour faire partie de cette Commission : MM. Bardié, Baudrimont, Daydie, Fiton, Malvesin, Neyraut, Plomb. Le Président demande si l'excursion de Lacanau fixée pour le 18 juillet prochain est toujours projetée. Malgré la proposition de M. Bouchon de la remplacer par celle du Cap-Ferret que les circons- tances ont obligés à remettre, l'excursion de Lacanau, qui est une excursion publique, est maintenue. A ce sujet, MM. Malvesin et Plomb demandent que l'on rétablisse le système d'affichage par lequel nous annoncions les excursions publiques avant la guerre. COMMUNICATIONS M. le PRÉsmENT lit une note de M. Ballais signalant qu'il a récolté : a) A Floirac, le 9 mai, en compagnie de M. Dieuzède : Ophrys apifera var. viridiflora, labelle jaune et pétales blancs, très commun en cet endroit; Orchis militaris, un seul pied dans un pré ; Globularia vulgaris, sons hois; Daphne laureola, un seul pied sous bois; Arislolochia rotunda, dans un pré; Orobus niger, sous bois. b) A Bruges, le 24 mai : Lagurus ovatus, jolie petite grarhinée formant une boule soyeuse, très commune sur la voie ferrée, en face de la gare ; Hélianthemum umbellatum, remarquable par ses belles fleurs blanches ; Hyoscyarnus niger, un énorme pied sur la voie ferrée, en face du marais, entre Bruges et La Jalle. c) A Pessac, le 30 mai : . Salix cinerea, assez rare ; Viola lancifolia ; Pinguicula lusitanica. 100 PROCÈS-VERBAUX M, le Président lit une lettre de M. l'abbé Moureaa signalant la présence dans le parc du Château de Lescure : 1° D'un Mouron bleu qui n'est pas mentionné dans la « Flore de France » de Grenier et Godron, qu'il avait d'ailleurs déjà trouvé, il y a quarante-cinq ans, sur le terrain de l'ancien Grand Séminaire de Bordeaux, puis quelques années après à Barsac et dont il avait com- mencé l'étude avec M. Clavaud ; 2» Du Papaver hybridum, plutôt rare aux environs de Bordeaux. M. Plomb fait remarquer que ce Mouron bleu est signalé en grande abondance en Lorraine, en particulier à Avaucourt. M. Cabantous apporte pour notre Musée deux œufs de tortue algé- rienne que lui adonnés M. Giroux, professeur d'horticulture à Caudéran. M. Giroux, qui a eu la bonne fortune de pouvoir assister à l'accouple- ment, puis à la ponte, a fait part à notre collègue de ses très intéres- santes observations. Pendant l'accouplement les tortues mâle et femelle font preuve d'une ardeur extrême et les carapaces se heurtent et se choquent avec fracas. Pour effectuer sa ponte la femelle choisit un terrain extrêmement dur, puis, prenant appui sur ses pattes de devant qu'elle enfonce dans le sol, elle tourne autour de cet axe en décrivant une circonférence avec la partie postérieure de son corps, creusant ainsi au centre un trou d'environ quinze centimètres, dans lequel, dans le cas observé par M. Giroux, furent déposés six œufs. M. Chaîne fait une communication « Sur un cas d'hermaphrodisme externe chez l'écrevisse » qui sera insérée dans les Procès- Verbaux. M. Lambertie lit une note sur divers Coléoptères trouvés à Arcachon et dans les environs par M, G. Tempère, note qui sera insérée dans les Procès-Verbaux. M. Plomb signale qu'il a retrouvé à Arlac le Drosera rotundifolia non fleuri, qui y avait été récolté en 1913 par M. Eyquem, mais n'avait plus été revu depuis. M. DuvERGiER lit une note sur les Bryozoaires du Néogène de l'Aquitaine. Cette note très intéressante, accompagnée de quatre belles planches, sera insérée dans les Actes et une Commission composée de MMpDegrange-Touzin, Peyrot, Rozier est nommée à cet effet. M. DuTERTRE lit une a Note' sur V Hélix pisana Muller » qui sera insérée dans les Procès- Verbaux. La séancf^ est levée à 19 heures. PROCÈS-VERBAUX 101 Note sur « Hélix Pisana », Muller Par A.-P. Dutertre. Ce mollusque possède une coquille de 12 à 15 "'/"' environ dans sa plus grande largeur, blanche, ornée de lignes plus ou moins fines, noirâtres, brunes, bistres ou jaunâtres, souvent interrompues et se continuant alors par des ponctuations de même couleur; ces lignes sont souvent groupées en séries de cinq ou six entre lesquelles il reste des intervalles sans ornementation et les dernières du dernier tour de spire sont fréquemment remplacées vers la bourbe par des flammules de même couleur disposées comme les lignes ; le péristome est fragile et souvent rose, ce qui avait valu à cette espèce le nom à'H. rhodostoma qui lui avait été donné par Draparnaud ; l'ombilic est assez étroit et l'animal noir. Il est très répandu dans tout le midi de la France, surtout dans la zone maritime ; je l'ai observé notamment à Biarritz dans les dunes près du canal de l'Adour, au Canet (p)age de Perpignan) où de gros individus descendaient presque sur la grève, dans les environs de Nice, 011 elle est aussi très abondante. Je l'ai recueilli cette semaine dans l'enclos de la station biologique d'Arcachon, ce qui m'a rappelé qu'une petite « population » de la même espèce se trouve aussi dans l'enclos de la station de biologie maiitime de la Pointe aux Oies à Wimereux (Pas-de-Calais) où elle vit surtout sur Lycium barharum. Si on consulte le catalogue des mollusques terrestres et fluviatiles observés dans le Pas-de-Calais par Bouchard-Chantereaux {Mem. Soc. d'Agricult. Se. el Arts de Boulogne-sur- Mer., 1836) on constate qu'il n'y est pas mentionné : il ne figure pas non plus dans l'additif à cette liste que le Professeur Giard a p'résenté au Congrès de l'A. F. A. S. réuni à Boulogne en 1899 (Coup d'œil sur la Faune du Boulonnais in Boulogne-sur-Mer et la région Boulonnaise) (1). En effet, H. pisana a été introduit par Giard vers 1905 dans l'enclos du laboratoire qu'il avait fondé à Wimereux et y a persisté en un petit nombre d'indi- vidus qui ont à peine essaimé à partir du point où les premiers exem- plaires avaient été placés ; néanmoins, cette espèce est certainement (1) Cet article a été reproduit dans les « OEuvres diverses d'Alfred Giard » réunies et i-ééditées par les soins d'un groupe d'élèves et d'amis (Tome II, Paris, Laboratoire d'Evolution des êtres orgmiisés, 1913). 102 proc'ês-verbaux acclimatée aujourd'hai à Wimereux puisqu'elle s'y reproduit et s'y maintient depuis quinze ans environ. Etant donné que le climat du Boulonnais est très sensiblement différent de celui d'Arcachon, de Biarritz, de Perpignan et de Nice oij elle a été observée, il semble que cette espèce à pu résister à Wimereux grâce au régime maritime tennpéré qu'elle y trouve et auquel elle paraît être adaptée (1). A côté de ce fait d'acclimatation, je rappellerai que Giard avait intro- duit également dans le voisinage de son laboratoire de Wimereux Cochlicella aciita, M aller, qui y a fort bien réussi et qui est répandu aujourd'hui non seulement dans les environs immédiats de la station mais aussi dans toute la région comprise entre Wimereux et Amble- tense et même au-delà où il est très abondant: Giard a d'ailleurs rendu compte de cet essai dans une note parue dans la Feuille des Jeunes Naturalistes, 1905, t. XXXV, p. 13 (2). Hermaphrodisme externe chez l'Écrevisse Par J. Chaîne. Il m'a été donné d'observer quatre cas d'hermaphrodisme externe chez des Écrevisses femelles ; ces faits m'ont paru rares puisque j'ai relevé ces quatre cas sur un millier de sujets environ. Tous portaient sur la constitution de la première paire d'appendices abdominaux, mais avec des variantes assez marquées, ce qui m'oblige à faire quatre descriptions distinctes. Je crois devoir d'abord rappeler que cette première paire d'appen- dices abdominaux de la femelle est toujours très différente des suivantes. C'est ainsi qu'elle peut faire entièrement défaut. D'autres fois, seul l'un des deux appendices manque, tandis que l'autre est présent. Enfin, et c'est le cas le plus fréquent, les deux appendices existent, mais ils sont rudimentaires et incomplets par rapport aux autres ; ils ne compren- nent, en effet, qu'une pièce basilaire indivise surmontée d'un fouet très court et fort grêle, le tout n'atteignant pas un demi-centimètre. (1) Depuis cette communication, M. le D"- Van der Sleen, professeur à Harlem (Hollande) m'a montré dès son arrivée à la station de Wimereux, vers la fin de juillet, des exemplaires vivants de cette espèce qu'il venait de récolter près de Calais. ■ (,2) cf. note au bas de la page précédente. PROCÈS- VERBAUX 103 Chez un des quatre sujets dont je rapporte ici la description, l'appen- dice droit était réduit comme à l'ordinaire, donc normal. Le gauche, au contraire, était complètement modifié et semblable à un appendice de la première paire abdominale d'un mâle ; c'est-à-dire à une partie de l'appareil copulateur de ce dernier. Long de huit millimètres, il était dirigé en avant, appliqué contre la face ventrale du céphalothorax, dans l'intervalle laissé libre entre les bases des membres thoraciques postérieurs. Gomme chez le mâle, il consistait en un style articulé au corps au niveau de sa partie basilaire et dont la partie dislale avait la forme d'une plaque enroulée sur elle-même de façon à constituer une sorte de canal ouvert. Un deuxième sujet présentait une disposition assez semblable à celle que je viens de décrire. L'appendice droit était encore normal, tandis que le gauche était modifié dans le sens d'un stylet copulateur mâle. Ce dernier mesurait neuf millimètres de longueur et ne possédait pas de pièce basilaire, il s'articulait directement avec le corps. Comme dans le cas précédent, il avait exactement l'aspect d'un appendice mâle, seul sa direction était modifiée : au heu d'être parallèle à l'axe longitudinal du corps, il lui était oblique et croisait par suite la ligne médiane. Chez les deux autres sujets, les deux appendices de la première paire abdominale étaient bien encore modifiés dans le sens de l'appareil copulateur du mâle, mais sans cependant atteindre complètement la constitution de ce dernier. Chez l'un d'eux, l'appendice de droite mesu- rait quatre millimètres et celui de gauche cinq millimètres ; l'un et l'autre étaient fort grêles, presque filiformes. Au lieu d'être longitu- dinaux comme chez un mâle,' ils étaient très obliques, presque trans- versaux comme tous les autres appendices abdominaux, principalement celui de droite. L'un et l'autre étaient constitués par une seule pièce, ils s'inséraient donc directement sur le corps. Ils n'étaient pas rectilignes comme chez le mâle, mais dessinaient une courbe à concavité antérieure, la concavité de l'appendice gauche étant de beaucoup la plus marquée. Les deux appendices avaient une même forme: cylindriques à leur base, ils s'étalaient en lame sur le reste de leur étendue avec des bords assez épais ; la lame était plane ne s'enroulant pas comme dans la patte normale" du mâle; l'extrémité était échancrée, les deux bords formant chacun comme une petite corne; au fond de l'échancrure s'insérait un petit cil qui n'était autre chose que celui qui termine normalement la première paire abdominale de la femelle. A droite ce cil mesurait deux millimètres; à gauche il en avait trois. 104 PROCÉS-VERBAtrX Eafîn chez le quatrième sujet, les deux appendices mesuraient chacun un centimètre de longueur, ils se lirigeainnt obliquement en avant en se croisant su la ligne médiane. Ils rappelaient par leur forme ceux de Técrevisse précédente : cylindriques à leur base et lamellaires à bords épais à leur extrémité; mais ici les bords étaient si épais que la lame en était comme transfor née en gouttière, mais sans enroule- ment de l'appendice ; cependant à gauche il y avait un très léger commencement de torsion. L'extrémité était échancrée; dans l'échan- crure de gauche s'insérait un petit cil ; à droite le cil faisait défaut. Quant aux autres parties de l'appareil reproducteur, dans les quatre cas, elles étaient semblables à ce qu'elles sont ordinairement chez la femelle : forme des autres appendices abdominaux, situation des orifices reproducteurs, constitution de l'appareil lui-même. Dans les dispositions présentées par les appendices anormaux des deux dernières Écrevisses on trouve donc un mélange de caractères mâles et femelles : élargissement en lame, direction et présence du fouet. L'examen de ces appendices anormaux et leur comparaison aux autres formations anormales ici décrites et aux appendices ordinaires du mâle et de la femelle peuvent nous expliquer la genèse de ces malformations. La portion basilaire de l'appendice femelle seul s'est modifié en s'élargissant en lame; cette lame reste plane (les deux der- nières Écrevisses). Quant au cil ou fouet il ne subit lui-même aucune transformation, seulement il persiste ou disparaît ; il disparaît toujours lorsque la lame est enroulée. Note sur divers Coléoptères trouvés aux environs d'Arcachon par G. Tempère Par Maurice Lambertie. Au mois de janvier dernier, notre collègue G. Tempère, m'a remis une note détaillée des espèces de Coléoptères qu'il a récoltés à Arcachon et aux environs de cette ville pour un futur Catalogue des Coléoptères de la Gironde que je me propose de publier d'ici deux ou trois ans. Je vous énumère dans ce petit travail les espèces les plus intéres- santes et nouvelles pour le département : Cicindela Irisignata, Déj., var. submturalis, Som. Ile aux Oiseaux, plusieurs individus. PROCÈS-VERBAUX 105 Carubus catenulatus , Scop. 1 9 au Cap-Ferret, sous une planche en juin. 1 cf à La Teste sous un Ironc d'arbre à BraoneL et i 9 sous une pierre près de la jetée en juin et septembre. C. purpurascens, Fabr. i 9 dans les herbes près de la voie de chemin de fer au sortir d'Arcachon, en septembre." C. granulatus, L., à Lamothe, sous une pierre. Drypta dentata, Rossi, à Lamolhe, débris d'inondation. Oodes helopioides, Fabr., — — — Platynus assimilis, Payk., à Lamothe. Calathus cisieloides, Panz., partout dans les environs. Dytiscus circumflexus, F., Cap-Ferret (récolté par le D'" Hameau). Cercyon unipunctatum, L., Arcachon, Cap-Ferret. Elmis Maugei var. aenea, Millier, à Lamothe, dans la Leyre. Lîmnius tiiberculatus, Muller, à Lamothe, sous les pierres submergées. Ontholestes muninus, L., Gujan, Cazaux, sous les bouses. Creophilus maxillosus, L., La Teste, cadavre de chien. Slaphylinus olens, L., Arcachon. — ■ ophthalmicus, Scop. [cyaneus, Payk.), La Teste. — caesareus, L., Lamolhe, Facture. Melopsia clypealum, Muller, Arcachon, dunes vers Moulleau. Dermestes undulaius, Brahm,, à Arcachon, en nombre sous les cada- vres desséchés d'une grive et d'un lézard dans un endroit sablonneux, en mai; trouvé également à La Teste en mai el inin. Nouveau pour le département. Attagenus pellio, L., Arcachon, Megatoma undata, L., La Teste, sur tronc de chêne, trouvé par Laporte frères. Uleiota (Brontes) planatus, L., Facture, sous l'écorce de chênes abattus, près de la route ds Mios, en juillet et septembre. Trouvé par Laporte frères. Ditoma crenata, Hbst., à La Teste, Facture, écorces. Trouvé par Laporte frères. Pria dulcamarae , 111., La Teste, fauchant dans une haie où pousse Solarium dulcamarae, au Mourillat, en septembre; Arcachon sur la même plante. Allées des Arbousiers, en août. Nouveau pour le département. Heterostomus pulicarius, L. {gravidus, 111.), 1 exemplaire sur Linaria thymifolia, aux dunes du Pilât, en juillet ; 1 ex. sur Xwana sp. ? P.-V. 1920. 8 106 PROCÈS-VERBAUX à Lamothe, ea mai ; 2 ex. sur Linaria spartea à La Teste, chemin du Cap-Lande, en août. Nouveau pour le département. Omosita discoidea, Kabr., Arcachon, sous un oiseau mort, en mars ; à La Teste, sous un chien mort, bord de la route de Cazaux, en mai. Pris aussi par Laporte. Cateretes(Cercus, Latr.) pedicularius, L., La Teste, sur Spirœa ulmaina. Scydmaenus tarsatus, Môll., La Teste, sous des débris. Nouveau pour la Gironde. Ablattaria laevigata, F'abr., La Teste, sous des pierres. Phosphuga atrata, L., Arcachon, La Teste, Lamothe. Nouveau pour la Gironde. Silpha obscura, L., La Teste. — granulata, Oliv.. Gujan. Blitophaga undata, Mûll. {reticulata^ Fab.), La Teste, courant à terre, au Mourillat, dans un champ, en mai; Le Teich, à terre, derrière la gare, en mars ; La Teste, Brémontier, dans un champ, en juin. Thanatophilus rugosa, L., Arcachon, sous un cadavre de chat desséché, près la voie ferrée, en juin, et à La Teste sous un chien mort, en mai. Pris aussi par Laporte. Thanatophilus sinuata, Fabr., Arcachon, La Teste, sous des petits cadavres. Scaphidiam 4-maculatum, Oliv., i ex. à Lamothe, dans les débris rejetés par la Leyre et sous un tronc d'arbre couché à terre dans les prés de la rive gauche, en juillet. Pris aussi par Laporte. Hister cadaverinus, Hofîm., Arcachon, La Teste, sous des cadavres. Saprinus semipunc talus, Fab., Arcachon, MouUeau, sous des cadavres. — aeneus, Fabr. — — — — c/mî'c?«afM5,lllig., Arcachon, MouUeau, sous des seiches mortes. Copris lunaris, L., La Teste, Cap-Ferret. Oniticellus fulvus, Gœze {flavipes, Fabr.), dans les bouses de vache, partout, mai-juillet. Trouvé par Laporte. Onthophagus ovatus, L., Cap-Ferret, dans les bouses. " — furcatus, Fabr., Cazaux, dans les bouses. Aphodius subterraneus, L., La Teste, dans les bouses. — haemorrhoidalis , L., La Teste, Cazaux, Cap-Ferret, dans les bouses de vache, mai-juin. A/) /locJms rw^pe.?, L., Cazaux, Cap-Ferret. — contaminatus, Hbst., bouses dans les prés, commun en automne. PROCÈS-VERBAUX 107 Aphodius scybalarius, 111., La Teste, Arcachon, bouses de vache dans les endroits sablonnpux, en mai ; Cazaux, excrénfients au bord du lac en juin. Pris aussi par Laporte. Aphodius 4-guttatus, Hbst., La Teste, Cazaux, bouses, en avril-mai. Pris par Laporte. Heptnulacus testudinarius , Fabr., Arca-'hon, plage de Moalleau, volant au soleil, en janvier; La Te te, La Hume. Cazaux, bouses de vaches, en février-mars. Pris aussi par Laporte. Aegialia arenaria, Fabr., Arcachon, pied des plantes dans les dunes. Psammobius porcicollis, III., Arcachon, pied des plantes. Pris aussi par Souverbie. Geotrupes mutator, Marsh., commun partout. Pris aussi par Laporte. — niger, Marsh, {hypocrita, III.), Cap-Ferrét. Pris aussi par Souverbie. Ceratophysus typhaeus, L., Cazaux. Callicnemis Latreillei, Lap., M. Lieuhart en a pris un (^ vivant le 17 juillet 1915 sur la plage, en allant au Moulleau,. aux pieds des dunes. Notre coUègue G. Tempère en a trouvé deux pattes anté- > rieures en tamisant du sable à Moulleau. Cette espèce fut trouvée à Soulac par M. Giraud. H. Gouin (1), Arcachon (Vaulogé de Beaupré), Royan (H. Laborderie), Lebon (2) Pointe-de-Grave (H. Gouin) (coll. Augereau), Landes (Du verger). Melolontha hippocastani, Fab., Arcachon, abondant en avril. Cité aussi par Laporte. Triodonta aquila, Cast., Arcachon, commun, englué dans les pots à résine. Pris par Souverbie à La Teste. Amphimallus johticialis, L., Meyran, quelques exemplaires à terre. en juin ; La Teste, volant au crépuscule autour d'un Uerre. Serica brunnea, L., Arcachon, attirés aux lumières le soir ou volant au crépuscule et à La Teste secouant une haie à Brémontier en mai-juin. Cité par Laporte. Anisoplia philanthus, Fussl., La Teste, en juin. Trichius zonatus, Germ. var. gallicus, Heer., Lamothe, fleurs d'angé- liques et de ronces, en juillet. Nouvelle pour le département. Tropinota crinita, Charp., Arcachon, La Teste. Potosia cuprea var. floricola, Hbst.; Arcachon, Meyran. (1) P.-V. Société Linnéenne de Bordeaux : t. XLV, p. glxui ; t. XLVIII, p. xxix ; t. LUI, p. LXXIV. (2) Bull. Société Entomologique de France, 1918, p. 272. 108 PROCÈS-VERBAUX Potosia morio, Fabr., Assez commun un peu partout, Arcachon, La Teste, Cazaux, Lamothe, sur les fleurs de ronces, angéliques et fraisiers ou dans les troncs de chêne, mai-juillet. Cité par Laporte. Chrysobothris solieri, Scop., Arcachon, La Teste, Sanguinet. Anlhaxia nigritula, Ratzb. [praticola), Arcachon, du côté de Moulleau, sur les fleurs des composés (Hijpochxris), en mai-juin. Nouveau pour la Gironde. Corxbus fasciatus, Villers [hifasciatus , Fabr.), Arcachon, 1 seul exemplaire pris sur un store de sa villa, au soleil, en juillet. Nouveau pour la Gironde. Agrilus biguttatus, Fabr., La Teste, sur des chaînes de haies au bord du chemin du Cap-Lande, en juin-juillet. Nouveau pour le départe- ment. Aphanisticus emarginalus, Fabr., La Teste, Gujan. Trachys minuta. L., La Teste, Cazaux, battant les saules, en avril-mai. Cité par Laporte. Trachys pygmaea, Fabr., La Hume, sur Malva sylvestris. Cité par Laporte. Selatosomus seneus, L., La Teste, Lamothe. Adrastus limbatus, Fabr., La Teste. Synaptus filiformis, Germ., entre Lamothe et Facture, sud de la voie ferrée, en battant les aulnes, et à Lamothe, en battant les ormes, près du pont, en mai-juillet. Nouveau pour le département. Elater sanguineus, L., La Teste, Lamothe. Cité par Souverbie. Cardiophorus gramineus, Scop. [thoracicus P'.), Arcachon, La Teste. Trixagus {Throsius, Latr.) elatoides, Heer., La Teste, Gujan. Thanasimus formicarius, L., Arcachon, La Teste, sur les troncs de pin ou dans les mousses. Tillus uni fasciatus, Fahr., La Teste, un exemplaire en battant une haie, chemin du Cap-Lande, en juin. Opilus mollis, Latr., un exemplaire sorti d'un morceau vermoulu de branche de chêne venant de Gujan, en juin. Necrobia violacea, L., Arcachon, La Teste, sous des cadavres de chien, en mai. C'est l'espèce du genre la plus fréquente aux envi- rons. Cité par Laporte. Necrobia rufipes, de Geer., Arcachon, sous des cadavres. — ruficollis, Fabr., Arcachon, sous de vieux os au débotoir. Telephorus rusticus, Fall., Lamothe. Drilus flavescens, Fabr., Arcachon, au vol. PROCÈS-VERBAUX _ 109 Malachius marginellus, Fabr., Arcachon, Lamothe. Colotes maculatus, Lap. {trinotatus , Er.), La Teste, Lamothe, Facture, en fauchant dans les endroits herbeux, en juin-juillet. Nouveau pour la Gironde. Anthocomus fasciatus, L., Lamothe. Sphinginus lobatus, Oliv., Lamothe, fauchant une prairie, près de la route en battant un orme, entre La Hume et Meyran, en mai-juin. Cité par Laporte. Ebaeus rubripes, Perris., Arcachon, plage des Abatilles, pendant les heures chaudes, sous détritus desséchés ou sous un cadavre de chien, en juin-juillet. Cité par Laporte. Ebaeus thoracicus, Oliv., La Teste. Psilothryx nobilis, Kiesw., Arcachon, Cap-Ferret, sur les fleurs, en mai-juin. Nouveau pour le département. Xestobium rufo-villosum, Deg. {tesselatum, Fabr.), La Teste, sur un tronc de chêne. Cité par Laporte. Ochina plinoides, Marsh, {hederœ, Mtill.), La Teste, Lamothe, en battant un lierre, mai-juin. Deux 9 et un (5^ sortis en mai de bran- ches de lierre rapportées de Gujan. Nouveau pour la Gironde. Microcara testacea, L. {livida., Fabr.), La Teste. Scirtes hemisphc^ricus, L., La Teste, en battant les buissons au, bord de la craste, juillet. Cité par Laporte. Blaps mucronata, Latr., Arcachon, celliers, boulangeries, août. Cité par Laporte. Blaps gigas, L., Arcachon, dans les mêmes endroits. Phylan fOlocrates, M\i]s.) gibbus, P'abr., Arcachon, sur la plage. Trachyscelis aphodioides, Latr., Arcachon, sable des dunes du httoral. Cité par Souverbie et le D"" Gobert. Phtora crenata, L., La Teste, Lamothe, souches, bois vermoulu. Cité par Souverbie. Melasia {Uloma Lap.) culinaris, L., La Teste, Lamothe, dans les sou- ches Cité par Souverbie. Helops Isevioctosiriatus, Gœze (striatus, Geoff), partout. Hypophlœus linearis, Fabr., Arcachon dans les galeries de Formica bidens, sous l'écorce d'une branche morte de pin, avril. Biscarrosse (L. Dufour). H]ipophlœus pini Panz. {ferrugineus , Creutz). Arcachon avec Formica sp. (?) sous l'écorce d'un tronc de pin, en août. Cité, par Laporte. 110 PROCÈS- VERBAUX Prionychus (Eryx. Steph.) ater, F. La Teste, dans une souche de pin et de chêne, dans les pots à résine, août. Cité par Laporte. Gonodera (Cistela) ceramboides, L., La Teste, un exemplaire au cré- puscule, au Mourillat, en juin. Cité par Laporte. Gonodera {Isomira, Muls. ), La Teste, fleurs de sureau, au Mourillat, en juin. Nouveau pour le département. Hymenalia rufiyes, ¥., La Hume, en juillet, sur des chênes près du canal. Nouveau pour la Gironde. Mycethochares linearis, 111., La Teste, un exemplaire sous Fécorce d'un chêne, chemin du Cap-Lande, en mai. Nouveau pour la Gironde. Carida flexuosa, Payk., Arcachon, champignon ligneux du pin, en avril. Nouveau pour la Gironde. Anaspis ruficollis, Fabr., Arcachon, en battant les genêts, les pins et les cotoneaster en fleurs, en avril-mai. Cité par Laporte. Anaspis maculata, Fourcr., Arcachon, La Teste. Mecynotarsus serricornis, Pahz. (rhinocéros, Fabr.), La Teste, courant sur le sable d'un chemin du côté d'Arcachon, en mai. Nouveau pour la Gironde. Zonabris variabilis, Pall., très commun à La Teste, Gujan, etc. , sur des fleurs de composé, en juin-juillet, à Gujan. Beaucoup plus . répandu que le Zonabris i 2 punctatus, Oliv., qu'il n'a trouvé qu'en juillet à Gujan. Deux exemplaires à Gujan, route» de Sanguinet et plusieurs sujets au haut de la route de Cazaux. Xanthochroa carniolica, Gistl., Arcachon* Chrysanthia viridissima, L., Cap-Ferret. Œdemera caerulea, L., partout. — ^au^Joe5, Fabr., partout. — podagrariœ,h.,\jdi'ïesiQ. — {Œdemerina, Seidl.) lurida, Marsh., fleurs, en fauchant, en mai-juin, un peu partout. Stenosterna cœrulea, Petag. [rostrata, Fab.), Cap-Ferret, Océan. Cité par Souverbie). Mycterus curculionides, F., fleurs de ronce, principalement à La Teste, Cap-Ferret, juin, et fleurs de composées, à Gujan. Spermophagus sericeus, Geoff. (cardui, Boh.), deux formes : l'une petite, dans les fleurs du liseron en fauchant les prairies, en mai- août; la seconde de taille plus forte, dans les fleurs de convolvulus soldanella, à Moulleau, etc., dunes littorales, en juin-juillet. Tropideres undulatas.Vhwz., (jn]din. PROCÈS-VERBAUX 111 Rhynchites {Deporaus, Sam.) betulse, L., un seul exemplaire à La Teste (Brémontier) en battant les aulnes, mai. Rhinomacer attelabaides, F., Arcachon, sur les pins en fleur. Ramphus pulicarius; Hbst., La Teste, sur Salix caprea. Strophosomus (Neliocarus, Thoms.) faber, Hbst., La Teste, lieux arides. Strophosomus (Neliocarus laieralis, Payk) limbaius, F., La Teste, sur Erica scoparia, route de Cazaux, septembre. Cité par Laporte. Polydrosus sericeus, Sch., Lamothe, sur Alniis. Coniatus suavis var. chrysochlorus, Luc, sur les Tamarix à La Teste, en juin-juillet et à Arcachon. Lixus spartii, Oliv., Arcachon sur Sarotliamnus. Lixus algirus, L., La Teste, sur Malva sylvestris. Pissodes notatus, Fahr., partout. ■ Magdalis memnonia, Gyll., partout sur les pins. Magdalis ru/icornis, L. {pruni, L.), Arcachon sur les fleurs de coton- neaster,- en mai. Borijtomus longimanus, Forst. [vorax, F.), La Hume, écorce de peuplier. Anthonomus rubi, Hbst., La Teste, fleurs de ronce. — pedicu'arius, L., battant Taubépine, à Arcachon, La Teste, avril-mai. Balaninus viHosus, F., \rcachon, en battant des chênes au bord de la voie ferrée, en avril. Ba^anobius pyrrhoc'ras. Marsh., partout surîtes chênes. Pachytychius sparsutus, Oliv., La Hume, en battant VUlex europaea, en mai. Tychius venustus, F., Arcachon, La Teste, etc., sur les genêts en fleur, en avril-mai. Orchestes rufus, Schr., Lamothe, La Teste, en battant des ormes, en mai-juin. Orchestes erythropus, Germ., Arcachon, La Teste, en battant des chênes, avril-mai. Cité par Laporte, Mononychus punctum-album, Hbst. {pseudocori,F.). commun partout, en mai-juin, dans les fli^urs et les fruits de VIris pseudocori, La Teste, Gujan, Cazaux, Lamothe. Cité par Laporte. Gymnetrum tetrum, F., La Teste, plusieurs exemplaires sur scrofu- laria canina, en juillet et dune du Pilât sur Verbascum, en avril et par-ci par-là en fauchant. 112 PROCÈS-VERBAUX Mydophilus piniperda, L., Arcachon. Pityogenes bidentatus;Whsi. (bidens, F.), Arcachon, sur l'écorfee d'une branche morte de pin, en avril. Cité par Laporle. Pyrrhidium sanguineum, L., Arcachon, dans les maisons et surtout de bois de chêne de provenance inconnue. Cité par Laporte. Phymatodes testaceum, L., Arcachon, en juin. — — var. variabilis, L., Meyran, sur tronc de chêne, en juin. Cité par Laporte. Plagionotus arcuatus, L., La Teste, sur des troncs de chêne abattus, en juin. Cité par Laporte. Xylolrechus arvicola, Oliv., Lamothe, Arcachon. Gracilia 'pygmaea,Y., Lamothe, un exemplaire en fauchant dans un pré et à Cazaux dans un pot de résine, en juin. Cité par Laporte. Lamia textor, L., La Teste, Gujan. Acanthocinus œdelis, L., Arcachon. Acanthocinus griseus, F., Arcachon. Liopus nebulosus, L., La Teste, un exemplaire en battant une haie de chêne près du chemin du Cap-Lande, en mai. Cité par Laporte. Haplocnemia nebulosa, F., Arcachon, dans un jardin, à terre, en mai. Cité par Laporte. Pogonochœrus hispidus, L., un exemplaire à Arcachon sur une vitre, en mars, et trois sortis d'une tige de lierre rapportée de Gujan ; un exemplaire à Lamothe, sur un sureau, près de la route de Bor- deaux, en juillet. Cité par Laporte. Pogonochœrus ovatus, Gœze., La Teste, Meyran. Tetrops {Polyopsia, Muls.) praeusta. L.. Lamothe, en battant une aubépine, en mai. Saperda populnea, L., La Teste. Leptura [Strangalia, Serv.) nigra, L., Cazaux, sur une fleur et à La Teste en battant une haie, en mai-juin. Cité par Laporte. Leptura rhaculata, Poda., Lamothe. Donacia marginata, Hoppe. [limbata, Panz.), La Teste, Gujan, sur Iris, en mai. Donacia versicolorea, Brahm., Cazaux, en juillet, sur le Potamogeton natans. Cité par Laporte. Cryptocephalus tibialis, Bris., un échantillon en battant une aubépine, à Arcachon, en mai. Cité par Laporte. Cryptocephalus 4 punctatus, Oliv., La Teste, sur le chêne. — 5 punctatus, Harrer., quelques exemplaires sur la PROCES-VERBAUX 113 bruyère à balai, près de la route à Sanguine! et à Facture, en juillet. Cité par Laporte. Cryptocephalus pini, L., La Teste, en battant des pins, près de la route de Cazaux, en septembre. Cité par Laporte. Cryptocephalus bipunctntus var. lineola, F., La Teste, Arcachon, sur les Cistes. Cryptocephalus parvulus, MiïlL, La Teste, Lamothe, sur les aulnes et les saules, en juin-juillet. Cité par Laporte. Cryptocephalus ocellatus, Drap., Lamothe, sur les aulnes. Chrysomela hannoptera, L., Arcachon, sur l'orge, route du Moulleau, en juin ; La Teste, en nombre dans une prairie, au Pujeau, sous des bouses de vache desséchées, en juillet. Cité par Laporte. Chrysomela hyperici, Forst., Lamothe, sur millepertuis. — sanguinolent a, L., Lamothe, La Teste. — varians, Scholl., La Teste, fauchant au bord d'un fossé; Lamothe, dans des détritus déposés par la Leyre; Sanguinet, dans des débris rejetés par le lac. Cité par Laporte. Phyllodecta vulgatissima, L., La Teste, Lamothe, sur les saules, mai- juillet. Phyllodecta vitellinae, L. un exemplaire à Lamothe, en battant un saule, en juillet. Cité par Laporte. Prasocuris jjhellandrii, L., un exemplaire par hasard en péchant Ranunculus obloncus dans un craste près du chai Décauville, route de Sanguinet à La Hume, en février dernier. Nouveau pour le département. Prasocuris junci, Brahm., assez commun en fauchant au bord des fossés, La Teste, Meyran, mai. Cité par Laporte. Phaedon veronicœ, -Béd., commun sur les fleurs de cresson dans les fossés de La Teste, mai-juillet. Cité par Laporte. Gas trop hy sa viridula, de Geer., Ldi. Teste, en fauchant au bord d'un fossé, en août. Galerucella luteola, Mull., La Teste, Lamothe. Galerucella nymphœ, h., Cazaux, Facture, sur les feuilles de nénuphar.- Galerucella calmariensis, La Teste. Bissené, en fauchant au bord d'un fossé où abonde Lythrum salicariœ. Cité par Laporte. Lyperus circumfusus, Mann., partout sur Ulex europaeus. — niger, Gœze (rufipes, Gœze), La Teste, en battant les aulnes au Pont-de Sucre, en juin. Cité par Laporte. Monolepta erythrocephala, Oliv., Lamothe, 114 PROCÈS- VERBAUX Arrhenocœla lineata, Rossi, commun entre La Teste et Cazaux sur Erica scoparia, en septembre. Cité par Laporte. Haltica lythri, Aube., La Teste, sur Lylhrum salicarise. Aphthona cœrulen, Geofï. var. pseudacori, Marsh., partout sur l'Iris, en mai-juin. Cité par Laporte. Psylliodes marcida, 111., sur le Cakile maritima, au bord du bassin, en juin-octobre. Cité par Laporte. Cassida vittata, Vill., La Teste, plusieurs exemplaires snr Ahnplex sur les grandes digues des réservoirs, en août. Dapsa trimaculata, Motsch., La Teste, sous un tas d'herbes en décom- position dans un champ à la Lévule, en septembre. Je l'ai pris en nombre au Haillan, dans un fossé desséché sous des feuilles. Semiadalia i i-rwtata, Schn., pris à Arcachon, etc. Adonia variegata, Gœze {mutabilis Scriba), Arcachon. Mysia oblongoguttata, L., La Teste, Gujan. Micraspis 1 2-punctata, L., commun partout dans les herbes, mais surtout en extrême abondance sur la digue qui sépare à La Teste les réservoirs à poissons du bassin, en août. Cité par Laporte. Chilocoris bipustulatus ^ L., Arcachon, sur les fusains des jardins. — renipustulatus, Scriba., Arcachon. Subcoccinella (Lasia, Muls ), 24-punctata, L., {globosa, Schneid), dans les champs à La Teste. Cynegetis impunctnta, L., un exemplai'^e à La Teste sur les orties et un autre à Arcachon en fauchant près du cimetière, en mai. Cité par Laporte. Réunion du 6 octobre 1920 Présidence de M. Bardib, Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE Lettre de la Société Géologique de France demandant notre salle pour tenir les réunions de sa session extraordinaire. Lettre du Dentsches Entomologisches Muséum pour la reprise des relations scientifiques. PROCES-VERBAUX 115 Il est décidé d'attendre et de réserver la question. M. LE Président donne connaissance du dossier relatif à la demande de subvention adressée au Conseil général. Il remercie tous les Linnéens qui ont employé leurs relations personnelles à appuyer cette demande. Beaucoup de réponses de conseillers généraux sont arrivées et la subvention de 500 francs a été rétablie pour 1921. PERSONNEL M. J.-Ch. Essner, présenté par MM. Bardié et Malvesin, est élu membre titulaire. ADMINISTRATION Ainsi qu'il a été déjà dit, la subvention de 500 francs du Conseil général a été rétablie pour 1921. En outre une subvention de 500 francs a également été accordée par le Ministre de l'Instruction Publique pour la publication du travail de MM. Cossmann et Peyrot. D'autre part, la subvention municipale pour 1920 a été portée à 1.000 francs, soit 500 francs pour les publications et 500 francs pour les conférences et excursions publiques. M. LE Trésorier donne lecture des clauses du testament de M. Motelay prescrivant la visite annuelle de son iierbier par une commission dési- gnée par la Société. Une délégation se rendra auprès de l'Administration municipale pour en conférer avec l'Adjoint compétent. L'Assemblée entend la lecture du compte rendu par le Secrétaire général de notre Société, de la réunion d'ouverture de la session extraordinaire de la Société géologique de France, réunion qui s'est tenue dans notre local. Le compte rendu sera inséré dans nos procès-verbaux. DONS La Bibliothèque a reçu : De M.. Charroi, deux volumes d'Entomologie de H. Fabre ; De M. Rozier, un ouvrage sur les plantes exotiques publié à Venise en 1656 ; . De M. Lambertie, plusieurs fascicules d'Entomologie; De M. DoUfus, plusieurs fascicules de Géologie. 116 PROCÈS-VERBAUX M. LE Président remercie tous ces donateurs. M. l'Archiviste annonce que M. Rozier a fait don à la Société d'un téléphone branché sur son installation. Sur la proposition du Président, un vote de remerciements est adressé à notre généreux trésorier pour ce nouveau et magnifique don. M. Daydie, conservateur des collections, annonce qu'un nouveau don important a été fait à notre Musée par M. le D'" Lamarque. 11 s'agit d'une belle collection de Coléoptères que M. Braquehaye lui avait offerte il y a quelque temps. Grâce à ce nouvel apport, la collection Augereau sera complétée dans une large mesure. De son côté, M. le D"" Lalanne a offert de choisir dans sa superbe collection de coquilles les spécimens nécessaires pour compléter celle de la Linnéenne. M, le Président remercie M. Daydie et M. Lambertie, conservateur adjoint, du dévouement avec lequel ils travaillent aux collections de la Société. M. le Président propose d'organiser pour le mois prochain, une conférence par l'érainent préhistorien, M, E. Cartailhac, membre d'hon- neur de la Société. Cette proposition est acceptée avec enthousiasme. COMMUNICATIONS Il est déposé deux communications destinées aux Actes : l'une de M. Chaîne sur « L'Apophyse paramastoïde des vertébrés »; l'autre de M. Boutan sur « Les Moules perlières de Billiers ». M. Lambertie lit deux communications destinées aux Procès-Verbaux. » Note sur un cas Tératologique de Chrysomela Ban ksi » et « Note sur divers Coléoptères nouveaux pour la Gironde ». Il fait don pour le Musée d'un champignon amadouvier trouvé par M^ne Lambertie dans le Bois des Abatilles, près d'Arcachon. M. Bardié fait une intéressante communication sur le genre Cycla- men. Il rappelle comment on a constaté en Gironde la présence de Cyclamen neapolitanum Ten., adventif ou subspontané, espèce dont il a vu lui-même les fleurs vendues dans les rues de Naples. Il en présente quelques échantillons achetés chez une marchande fleuriste de notre ville et provenant du Médoc où la plante se répand de plus en plus. Il montre la différence de cette espèce avec les échantillons parfumés PROCÈS- VERBAUX 117 du Cyclamen europœum L. cueillis par lui récemment en Savoie, au cours du Congrès du Club Alpin. Par contre, la fleur aux dents élégantes et la feuille anguleuse de notre espèce girondine se rapproche de Cyclamen grœcum rapportée de Macédoine par notre collègue M. Bertrand-Pouey. M. Bardié présente également des rameaux de Dabœcia polfoUa Don. cueillis à Léognan par son frère M. J. Bardié, Cette station, que ce dernier a découverte il y a deux ans, loin de péricliter, est en fort bel état, et même la plante semble se propager. M. Bouchon présente Bidens Tripartitus L. v. jS major W. et Gr. cueilli par lui aux Allées de Boutant. La séance est levée à 7 heures. Remarque sur quelques Coléoptères nouveaux pour la Gironde Par Maurice Lambertie. Gyrinus elongatus Aub., Lamothe, dans iin grand trou d'eau dépen- dant de la Leyre, non loin en amont de la gare. Deux ou trois exem- plaires pris avec des natator et uninaior, tournant au pied d'un arbre du bord, en octobre. On le rencontre aussi dans l'Aude (Gavoy) ; Saône-et-Loire (Abbé Viturat) ; Bouches-du-Rhône (Caillot, Abeille-de-Perrin) ; Var (Jaubert, Caillol); Alpes-Maritimes (Saiate-Claire-Deville) ; Vaucluse(J.-H. Fabre, Dr Chobaut) ; Somme (Carpenlier, Michel Dubois) ; Maine-et-Loire (R. de la Perraudière) ; Hérault (Valéry Mayet) ; Sarthe (Monguillon) ; Calvados (Gadeau-de-Kerville); Manche (Fauvel, Dubourgais) ; Drôme (Ravoux) ; Isère (Falcoz) ; Ain (Guillebeau). Bidessus pumilus Aub., Cap-Ferret, mare à droite du tramway de l'Océan, tout près du débarcadère de Bélizaire, en août. Aude (Gavoy) ; Hérault (Valéry Mayet) ; Bouches-du-Rhône (Mayet, Chobaut, Puel) ; Var (Abeille-de-Perrin, Guédel) ; Alpes-Maritimes (A. Grouvelle); Vaucluse (Chobaut, Fagniez) ; Isère (Jacquet). Hydroporus i 2-pustulatus F., Facture, dans le canal parmi les pierres, sous le pont de la route de Mios, en juillet. Somme (Carpentier^ Michel Dubois); Seine-Inférieure (Fauvel, Mocquerys) ; Eure (Regimbart) ; Calvados (Dubourgais, Fauvel) -, Orne 1 18 PROCÈS-VERBAUX • (de Beaachêne); Oise ( Lacordaire) ; Seine-et-Marne (Fairmaire) ; Eiire- et Loire (Leièvre) ; Maine-et-Loire (Gallois); llle-et-Vilaine (Bleuse) ; Haute- Vienne ''Bleuse) ; Allier (Olivier) ; Dordogne (Lareynie) ; Lot-et- Garonne (Fairmaire) ; Gers (Clermont) ; Pyréaées-Orieniales (Mayet) ; Aude(Gavoy); Hérault (Mayet); Bouches-du-Rhône (Chobaut, Ancey) ; Var (Caillol, Mollandin-d.e-Boissy) ; Alpes-Maritimes (Caillol, Sainte- Claire-Deville) ; Vaucliise (Chobaut); Jsère (Falcoz); Saône-et-Loire (Viturat) ; Cole-d'Or (Picard ; Jura (Heer); Aube (Le Grand) ; Vosges Gaulle); Nord (Norquet) ; Loire-Inférieure (Péneau) ; Finistère (Hervé); Landes (Dufour). Hydroporus elegans Sturm., La Teste, fossé de Brémontier, sur une feuille de Potamogeton, en juin. Nord (coll. Auzat); Manche (Picard); Oise (coll. Auzat) ; Maine-et- Loire (de la Perraudière) ; Indre-et-Loire, Allier (Desbrochers-des- Loges) ; Puy-de-Dôme, Haute-Garonne (Marquet); Bouches-du-Rhône (Ph. Gouvelle); Vaucluse (Chobaut); Isère. (Guédel, Falcoz); Ain (Guil- lebeau); Saône-et-Loire (Viturat) ; Côte-d'Or (Regimbart); Yonne (Loiri- ferne et Poulain); Jura (Sainte-Claire-Deville) ; Aube (Le Grand); Meuse (Saubinet) ; Valais (Venetz; ; Finistère (Hervé) ; Marne (Lajoie) . Baliphus fluviatilis Aube, La Teste, parmi les algues dans un ruis- seau, février. Vosges (J. Bourgeois) ; bassin de la Seine (Bédel) ; Seine-Inférieure, Eure (Regimbart) ; Calvados (Fauvel) ; Manche (Picard); Maine-et- Loire (de Joannis); Allier (H. du Buysson) ; Lozère (Paparel) ; Gard (Mingaud) ; Vaucluse (Chobaut) ; Rhône (coll. Rey) ; Ain (GuiUebeau) ; Saône-et-Loire (Viturat) ; Yonne (Loriferme et Poulain) ; Ardennes (Gaulle) ; Nord (Norguet) ; Loire-Inférieure (Péneau). Haliphus guttatus Aube, Lamolhe, mares sur la rive gauche non loin en amont de la gare, en octobre. Landes (Duverger) ; Gers (coll. Auzat) ; Hautes-Pyrénées, Basses- Pyrénées (Fauvel) ; Aude(Gavoy); Hérault (Mayet); Bouches-du-Rhône (Abeille-de-Perrin) ; Var (MoUandin-de-Boissy) ; Alpes-Maritimes (Cail- lol) ; Vaucluse (Chobaut). Hister bimaculalus var. morio Schm., Cap-Ferret, dans une bouse de vache desséchée, sur la dune de TOcéan, en juillet. Hisler moerens Er., Cazaux-Lac, en avril, dans une bouse de vache tout près du rivage, à côté de la prise d'eau amenant les eaux à Arcachon. PROCÈS-VERBAUX 119 Toutes ces nouvelles espèces ont été prises par notre jeune collègue G. Tempère. Elles ont été déterminées pour les Dyticides par Michel Dubois et les Histérides par le D>" Auzat. Sur un cas tératologique de « Ghrysomela Banksi » F. (Goléoptère) Par Maurice Lambertie. Parmi les Chrysomélides recueillies par notre collè- gue G. Tempère, j'ai trouvé dans sa collecLion une Ghry- somela Banksi F. remar- quable par la structure de son corselet qui se diffé- rencie des autres exemplai- res par une échancrure en forme de V au milieu du corselet. La figure ci-jointe vous fera mieux voir la disposition de ce cas tératologique. Elle a été récoltée à La Teste, dans des herbes au bord d'un fossé, en mai. Compte rendu de la première Réunion de la Société Géologique de France à Bordeaux, le 23 août 1 920. Présidence de M. Dollfus, Vice-Président de la Société Géologique ds France. Le 23 août 1920, à huit heures, la Société Géologique de France était rassemblée dans le local de notre Société, sous la présidence de M. Dollfus, pour ouvrir la série de ses travaux dans notre région. 120 PROCÈS-VERBAUX Etaient présents : MM. Dollfas, •Comte 0, Gorman, Lecointre, Millon, Roman, Sayn, membres de la Société Géologique de France ; MM. Dutertre, Duvergier, Rozier, à la fois membres de la Société Géologique et de notre Société ; Enfin MM. Bardié, Baudrimont, Breignet, Llaguet, Tempère, mem- bres de la Société Linnéenne de Bordeaux. M. Bardié, président de la Société Linnéenne, ouvre la séance en souhaitant la bienvenue aux Géologues de Paris que nous sommes heureux de recevoir en notre région du Sud-Ouest. Il rappelle les travaux des premiers Géologues de notre Société et présente les excuses de MM. D3grange-Touzin, Daleau, etc. qui, absents, n'ont pu venir se joindre à leurs collègues de Paris. 11 lit ensuite une lettre du D"" Lalanne invitant la Société Géologique de France à venir visiter ses collections paléolithiques. Pour ne pas retarder les excursionnistes la lecture de la correspon- dance est remise à la séance du soir. M. DoLLFus, président de la Société Géologique de France remercie notre Président de son aimable accueil. 11 espère que cette excursion dans le Bordelais ne portera pas seulement ses fruits dans le seul domaine théorique mais aussi dans celui des réalisations pratiques. Il termine enfin en faisant des vœux pour la longue et féconde prospé- rité de la Société Linnéenne. Sur la demande de M. Dollfus on passe ensuite à Télection du Bureau de l'excursion qui est constitué comme suit : MM. Bardié et Degrange-Touzin, présidents d'honneur; Rozier, trésorier ; Dutertre, secrétaire. La séance est ensuite levée, les excursionniste, devant se rendre dans la matinée même à Cenon. PROCÈS-VERBAUX 121 Réunion extraordinaire de la Société Géologique de France à Bordeaux, le 23 août 1920 DISCOURS DE M. BARDIE Président de la Société Linnéenne Messieurs, Au nom de la Société Linnéenne de Bordeaux, je souhaite la bien- venue à nos confrères de la Société Géologique de France, réunis dans notre ville, pour visiter les richesses géologiques de notre sol girondin. Depuis quarante années, nos Compagnies échangent leurs Publications et les membres éminenls qui composent la Société Géologique de France ont toujours entretenu les relations les plus cordiales avec leurs confrères de Bordeaux. Je salue leur sympathique président, M. G. Dol- fus, membre d'honneur de notre Société. Les géologues de notre Société sont heureux, aujourd'hui, de vous guider à travers les'faluns du Bordelais si appréciés, des natura- listes. Ils regretteront que votre rapide passage ne leur permette de vous montrer qu'une partie de nos gisements fossilifères. Toutefois, si l'époque des vacances est favorable à vos excursions, elle prive certains de nos collègues, dont les noms vous sont connus par leurs recherches ou leurs travaux géologiques, de se trouver avec nous. Ils m'ont chargé d'excuser leur absence, justifiée par leur éloi- gnement, leurs affaires ou l'état de laur santé. Je nommerai MM. De- grange-Touzin, Peyrot, Neuville, Dubalen, l'Abbé Labrie, D"" Gaston Lalanne, François Daleau, Artigue, Emile Durègne. Fondée il y a bientôt un siècle, la Société Géologique de France a contribué pour une large part au développement de la science géolo- gique dans notre pays. Permettez-moi, Messieurs, de saluer la mémoire des hommes qui illustrèrent votre savante Compagnie. En même temps, je donnerai un souvenir ému à ceux qui furent leurs émules et ont laissé un nom vénéré dans les Annales séculaires de notre Société Linnéenne : MM. Charles Des Moulins, Grateloup, Tour- nouer, Fischer, Raulin, Benoist, Delforterie, Gassies, enfin Léon Vas- seur et Oscar Linder, disparus les derniers^ et qui furent aussi vos collègues. P.-V. 1920. 9 -122 PROCÈS-VERBAUX Les localités que vous allez parcourir ont été explorées par des géné- rations de géologues et leurs précieux fossiles ont enrichi les collections privées et les Muséums. Nos collègues, MM. Cossmann et Peyrot, dans la Conchologie néogé- ■nique de l'Aquitaine, travail en publication depuis plusieurs années, dans les Actes de la Société Linnéenne, ont reproduit un nombre consi- dérable des espèces que vous aurez l'occasion de rencontrer au cours de vos visites. Malgré les fouilles qui se sont succédées depuis tant d'années, dans ces endroits fortunés de la géologie fossilifère, nos faluns girondins sont loin d'être- épuisés. Je ne doute pas que, sous la condu.ite de MM. Rozier, Dutertre, Duvergier et Queyron, les organisateurs de vos excursions et de vos recherches, vous ne fassiez, à votre tour, d'abon- dantes récoltes et rapportiez des pièces rares, peut-être inédites, qui réjouiront votre cœur de naturaliste fervent. J'espère aussi. Messieurs, que vous conserverez de votre passage dans nos campagnes et de votre séjour dans notre ville, un agréable souvenir, qui viendra s'ajoutera la satisfaction que vous auront procuré vos observations géologiques. Reunion du 3 novembre 1920 Présidence de M. Bardié, Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le D'' Feytaud annonce la nomination de notre collègue M. Gruvel au grade d'officier de la Légion d'honneur. M. le Secrétaire général sera chargé de lui transmettre les félicitations de la Société. CORRESPOiNDANCE M. le Président communique une lettre de M. E. Cartailhac indiquant le titre de sa conférence : a Les Découvertes récentes dans nos Cavernes, L'instinct inspira l'Art des anciens Hommes ». PROCES- VERBAUX ADMINISTRATION 123 Sur la proposition du Conseil et en témoignage de reconnaissance pour tout le dévouement dont il a toujours fait preuve à l'égard de la Société, depuis bientôt cinquante ans, M. Degrange-Touzin est nommé, à l'unanimité, président honoraire de la Société. Après une suspension de séance, l'Assemblée procède à l'élection des membres du Conseil. Sont élus : MM. Bardié, D'"Baudrimont, Breignet,Cabantous, Chaîne, Daydie, Duvergier, D'' Feytaud, D'' Lamarque, D'' Llaguet, Malvesin- Fabre, Rozier. Puis a lieu l'élection des membres des différentes Commissions. Sont élus : Commission des Publications : MM . Malvesin-Fabre, Muratet, Rozier. Commission des Finances : MM. Daydie, Duvergier, Gouin. Commission des Archives : MM. Chaîne, Feytaud, Plomb. Commission des Excursions : Le Président, le Secrétaire Général, MM. Bardié, Bouchon, Daydie, Essner, Lacouture, Lambertie, Malve- sin-Fabre, Neyraut, Rozier. PERSONNEL Sur avis favorable du Conseil, est élu membre titulaire, M. Lunet de la Jonquière, s'occupant de Lépidoptères, présenté par MM. Labar- the-Pon et Malvesin-Fabre. COMMUNICATIONS M. Lambertie lit des « Remarques sur quelques Cécidies de la Gironde ». M. Daydie signale une Amaniia rubescens trouvée par lui près de Pessac et présentant 22 centimètres de haut, 13 centimètres de circon- férence à la base du pied et 19 à 20 centimètres de diamètre au cha- peau, ce qui constitue des dimensions remarquables pour cette espèce. M. Maxwell entretient la Société du projet du Syndicat d'initiative de créer à Bordeaux une des, chambres touristiques prévues par la loi de 1919 et, comme cet organisme s'occupera de tourisme scientihque, il espère pouvoir compter sur le concours de la Société Linnéenne. M. le Président remercie M, Maxwell et l'assure que la Société Linnéenne ne trompera pas l'attente du Syndicat d'initiative et qu'elle 124 • PROCÈS-VERBAUX sera heureuse de collaborer avec lui pour le bon renom de notre petite patrie. M. Plomb fait une communication c Sur quelques plantes nouvelles pour Arlac et sur les greffes paradoxales. » La dernière partie de sa communication rapprochée de certaines observations antérieures, celle de M. Eyquem notamment, fait naître une intéressante discussion sur le point de savoir si, dans les phéno- mènes de cette nature, il s'agit de greffe ou dé parasitisme. ,M. Malvesin-Fabre pcésente un individu très jeune de celle Amant ta phalloïdes Fries. qui a causé dans notre ville de récents empoisonne- ments. A cet âge, à demi-en veloppé dans sa volve, ce champignon offre un faciès spécial justifiant le nom vulgaire d'oronge ciguë verte sous lequel il est connu. Il présente également deux espèces comestibles : i° Coprinus coma^w^ FI. Dan., provenant d'un massif de gazon sur le boulevard-promenade d'Arcachon qui s'étend le long de la plage depuis la place Thiers jusqu'au Casino ; 2° Lepiota excoriata Sch. var. Gracilenta Kr.,' forme remarquable- ment petite rencontrée dans une prairie à Pessac. La séance est levée à sept heures. Remarques sur quelques Gécidies Par Maurice Lambertie. Trioxa alacris, Flor. (Hémiptère) pris sur le Laurus nobilis k Arcachon. Neuroterus lenticularis Oliv. (Héménoptère) sur Quercus à Arcachon. Cynips Panteli Kieff. var. fructuum Trotter. (Hyménoptère) sur Quercus, trouvé par notre collègue M. Duvergier dans sa propriété de Mérignac. Aphis evonymi Fabr. (Hémiptère) sur Eoonymus europaea à Arcachon. Thecodiplosis brachyntera Schwaegr. (Diptère) sur Pinus à Léognan. Cleonus sp..?(Coléoptère) sur Carduus à Fronsac. Contarinia medicaginis Kieff (Diptère) sur Vicia cracca à Fronsac. Psylla crataegi Schrank (Hémiptère) sur Crataegus oxyacanthœ à Fronsac. Perrisia cratœgi Winn. (Diptère) sur la même plante à Fronsac. PROCÈS-VERBAUX 125 Cynips tinctoria Oliv. var. nostra Stefani (Hyménoptère) sur Quercus à l'Alouette. Rhopalomyia tenaceticola Karsch (Diptère) sur Tanacetum vulgare L. offert par notre collègue Plomb. Eriophyes vilis Landois (Acarien) sur Cissus Wichtii Planch. au jardin botanique de la ville. Notes sur quelques Plantes nouvelles pour Arlac et sur Greffes paradoxales. Par J.-G. Plomb. Le botaniste trouvera à Arlac, en suivant le petit ruisseau parallèle au Peugne, la variation à fleurs bleues de Anémone Nemorosa. Au printemps dernier j'ai eu le plaisir d'en trouver une quinzaine de pieds environ. Laterrade signale la même variation comme très commune àLéognan. Aux abords de la nouvelle ligne du chemin de fer, on trouvera : Bartsia viscosa, Trifolium fragiferum, Chlora perfoliata (rare). Sur la ligne : Smyrnium Olusatrum, Gypsophylla vaccaria. Le site de Gentiana Pneumonanthe a été en partie détruit par la terre de la nouvelle ligne de chemin de fer. Il s'étend encore sur un espace de quatre à cinq mètres, où l'on rencontre çà et là quelques pieds isolés. Sur la ligne toute une flore nouvelle a vu le jour et j'estime qu'il serait utile d'herboriser cet endroit d'une façon très attentive, car on pourrait y trouver des espèces rares pour la région. Lorsque les mares sont à sec on y trouve : Veronica scutellata, Ranunculus flammula var. reptans. J'ai pensé qu'il était intéressant de signaler ces quelques plantes car rien de ce qui touche à Arlac ne doit nous laisser indifférent. i26 PROCÈS-VERBAUX Arlac ! le berceau de la Société Linnéenne, le petit coin le plus riche de la Gironde, je puis même affirmer de toute la France, est appelé à disparaître par le morcellement de la propriété. Des bandes joyeuses foulent aux pieds, tous les beaux dimanches, les sites de Pinguicula Lusitanica et de Drosera rotundifoUn. Une greffe naturelle de Salïx sur Alnus a été détruite par des inconscients. Un peu plus loin, on pourra voir Salix sur Uhnus. C'est ce que je me permets de dénommer « Greffes Paradoxales », sur lesquelles je vous entretiendrai plus tard à propos de la loi de mutation ou d'affolement des végétaux, formulée par Hugo de Vriès. Voici les grandes lignes de ce travail, interrompu par la guerre, et pour lequel quelques années d'expériences seront encore nécessaires: 1° Tératologie provoquée ou affolement. Son utilité incontestable au point de vue de la mutation et de l'amélioration des espèces, pour les végétaux herbacés. 2" Greffes paradoxales ou greffes de végétaux appartenant à des familles différentes. 3° Travaux incompris du célèbre horticulteur américain Burbank. 4° Amélioration des végétaux par la greffe, considérée au quadruple point de vue de la mutation, de l'acclimatation, de la longévité et de l'accroissement rapide. Réunion du l'^' Décembre 1920 Présidence de M. Bardié, Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE 1" Lettre de notre collègue M. Degrange-Touzin, remerciant de sa nomination au titre de Président d'honneur de notre Société. 2° Lettre de M. Gruvel remerciant la Société des félicitations qu'elle lui a adressées à l'occasion de sa nomination au grade d'officier de la Légion d'honneur. 3° Lettre de la Mairie remerciant la Société des insectes qu'elle a PROCÈS-VERBAUX 127 envoyés au Muséum et autorisant le Conservateur du Muséum à nous donner en échange des oiseaux. 4° Lettre de M. Sauvageau accompagnée d'une lettre du Prince Roland Bonaparte annonçant Tenvoi de ses ouvrages et travaux qu'il est heureux d'offrir à la bibliothèque de notre Société. 5° Lettre de M. Longin Naros à M, Baiidrimont dans laquelle notre collègue de Saragosse demande qu'on lui envoie des fourmis-lions de notre région et s'offre très aimablement à faire la détermination des Névroptères qu'on voudra bien lui adresser. DONS A LA BIBLIOTHÈQUE l0;M. le docteur Lamarque offre à la Société un exemplaire de la belle Flore de Coste, laquelle manquait encore à notre bibhothèque. M. Bardié demande à ce sujet que les Flores ne soient pas des livres de prêt et que l'on ne puisse les emporter de la bibhothèque. M. Breignet vient renforcer l'idée mise par le Président et demande même qu'il soit absolument interdit à l'Archiviste de les laisser sortir, ' ce qui est immédiatement ratifié par le vote de l'Assemblée. - 2" Nombreux ouvrages et travaux du PrinceRoland Banapartedonton trouvera la liste dans le Bulletin bibliographique. En plus des remercie- ments qu'il va adresser lui-même au Prince, le Président estime que l'on pourrait le nommer Membre d'honneur de notre Société et se propose de soumettre la question à la prochaine réunion du Conseil. PERSONNEL i° Le PRÉsmENT félicite, au nom de la Société, M. le professeur Bou- tan de sa' nomination dans l'ordre de la Légion d honneur, nomination qu'il doit à ses remarquables travaux et inventions qui ont rendu de si précieux services au cours de la guerre et ont ainsi contribué à nous donner la victoire. Il félicite de même MM. Castex et Paul Arné, promus aussi cheva- liers delà Légion d'honneur pour services exceptionnels rendus pendant la guerre. Il est heureux d'être, en celte occasion, le porte parole de tous les Linnéens qui ont applaudi chaleureusement à ces distinctions si justement méritées. 2° Vote sur les candidatures, comme membres titulaires de MM. : Marly Pierre, s'occupant d'apiculture, présenté par MM. Bardié et Malvesin; 128 ' PROCÈS-VERBAUX Pionneau Paul, s'occupant d'entomologie, présenté par MM. Daydie et Lambertie ; Brion Jean, s'occupant d'histoire naturelle, présenté par MM. Mal- vesin et Bertrand. MM. Marly Pierre, Pionneau Paul et Brion Jean sont élus membres titulaires de notre Société. Vote sur les candidatures, comme membres auditeurs, de MM. : Brion Charles, s'occupant d'entomologie, présenté par MM. Malvesin et Bertrand ; Magimel Louis, licencié ès-sciences, s'occupant de Biologie, présenté par MM. Chaîne et Baudrimont. MM. Brion Charles et Magimel Louis sont élus membres auditeurs de notre Société. 3'^ Le PRÉsmENT donne la liste du Bureau pour l'année 1921 élu à la réunion du Comité du 10 novembre dernier : MM. Degrange-Touzin . . .■ Président honoraire D'" Lamarque Président D'" Baudrimont Vice-Président Malvesin-Fâbre . , . . Secrétaire général Duvergier Secrétaire adjoint Rozier Trésorier Breignet Archiviste Cabantous Archiviste adjoint Bardié, Chaîne, Daydie, D^" Feytaud, D'' Llaguet. ADMINISTRATION Le Président fait part de l'intention du Comité de reprendre la deuxième séance du mois lorsque le besoin s'en fera sentir. Cette proposition est acceptée et la prochaine réunion est fixée pour le 15 décembre prochain, COMMUNICATIONS 1° Communication de M. Boutan : « Sur les Moules perlières de Billiers. » 2° Communication de M. Boutan « Sur Yves Delage et son œuvre. » 3° Communication de M. Feytaud : « La reproduction chez le Termite lucifuge. y> PROCES-VERBAUX 129 4° M. Lamarque présente un champignon qu'il a récolté le jour même à Bordeaux dans son jardin le Tricholoma pessundatum. 5° Communication de M. Plomb sur la coservalion des champignons. M. Plomb présente ensuite le Polyporus Pruni. Les communications de MM. Boutan, Feytaud et Plomb seront insérées dans les Procès- Verbaux. Vu rheure avancée, la note de M. Tempère, sur quelques plantes intéressantes du bassin d'Arcachon est renvoyée à la prochaine séance. La séance est levée à dix-neuf heures. Yves Delage et son œuvre Par Louis Boutan Le grand naturaliste Yves Delage est mort, le 7 ^octobre dernier, à l'âge de 66 ans. Ses travaux ont fait faire des progrès importants à la Zoologie pure et à cette branche plus neuve qu'on appelle la Biologie. Sa disparition représente une perte irréparable pour la science française. Au cours de cet article, j'étudierai Yves Delage et son œuvre à différents points de vue : Après avoir essayé de dégager la physionomie générale du savant et de l'homme privé, j'envisagerai séparément le zoologiste, le biologiste et l'éducateur, réservant pour le dernier chapitre l'étude de ses pro- ductions littéraires. Dans l'histoire de la zoologie française, Yves Delage doit prendre place à côté de Lamarck, de Cuvier et d'Etienne Geoffroy-Saint- Hilaire. On peut hardiment le mettre en parallèle avec chacun de ces grands naturalistes : Avec Lamarck, par la profondeur de son esprit philosophique et l'étendue de ses connaissances, no7i seulement en histoire naturelle, mais en physique el en mathématique. Avec Cuvier, par sa précision et sa ténacité dans la recherche des faits qui l'ont conduit à la découverte de cycles insoupçonnés dans le règne animal. Enfin, avec Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire, par la fertilité de son 130 PROCÉS-VERBÀUX imagination, la souplesse de sa pensée et la hardiesse de ses hypothèses qu'il n'acceptait, cependant, que pour les soumettre au contrôle de l'expérience. Quand on fait la revue de ses travaux, il semble, qu'ils dépassent l'étendue d'une vie humaine et qu'un seul homme n'a pu, à lui seul, mener à bien tant de recherches et tant de publications. C'est que, pou?' bien comprendre son œuvre et son labeur acharné, il faut connaître rhomme, à côté du savant. Yves Delage était le stoïcien, dur pour lui-même et sensible pour les autres. Sa volonté ne comptait pas avec l'elTort. 11 était secondé, dans l'effort intellectuel par une force matérielle peu commune et par une robuste santé, qu'il a traitée en esclave. Je l'ai connu vers J878, alors qu'il était étudiant en médecine et préparateur de Henri de Lacaze-Duthiers, qui eut une grande influence sur ses premières recherches et sut comprendre sa haute valeur scien- tifique. Il avait eu des commencements difficiles et plus tard, devenu profes- seur à la SoRBONNE, il aimait à rappeler les quelques mois de sa vie, où il avait été maître d'études dans un lycée de province au milieu des Landes, à Mont-de-Marsan. (( J'étais, disait-il en souriant, un mauvais maître répétiteur. Très timide, je me' sentais plein d'angoisse lorsque le proviseur me faisait mander dans son cabinet et me lavait la tête, en me reprochant sans aménité, de travailler pendant l'étude du soir, au lieu de tenir en main mes. élèves. » Heureusement, cette épreuve fut de courte durée. Il put poursuivre ses études à Paris et travailler dans les laboratoires de laSoRBONNE. Ce qui m'avait le plus frappé, chez lui, à cette époque lointaine, c'était son mépris du gain, son dédain de l'argent, même de l'argent nécessaire pour subvenir à une foule de besoins qui nous paraissent indispensables. Un jour que je témoignais quelque étonnement à ce sujet, il me répondit sur un ton plaisant à peu près en ces termes : (( Je ne crois pas, plus que vous, que l'argent soit une force négli- geable, mais quand on ne veut pas s'appliquer à en gagner et que l'on veut au contraire se consacrer à des recherches plus intéressantes, il faut apprendre à réduire le besoin d'argent au minimurii... c'est une affaire d'habitude. » PROCES-VERBAUX 131 Yves DELAGÊ 1854-1920 132 PROCÈS-VERBAUX Il appliquait cette règle à la lettre. Il ne connaissait pas « l'argent de poche » et, à cette époque de la vie, il marchait souvent à pied, au lieu de prendre l'omnibus. c( Economie sordide, tendance à l'avarice? » serait-on tenté de dire. Yves Delage était la générosité même et je n'aurais que l'embarras du choix pour citer nombre de traits d'altruisme, où il exposa sans compter ses maigres ressources, pour venir en' aide à un ancien maître ou pour soutenir des entreprises qu'il estimait justes et profitables pour la science. Je me contenterai de rappeler ce fait, qui date du temps oij il avait l'âge d'un jeune étudiant, qui prouve jusqu'où il poussait le désinté- ressement : Pendant son séjour à Paris, il économisait sur la maigre pension que lui envoyait sa famille peu fortunée, pour, aux vacances, rapporter à sa mère une fraction importante de la somme et lui en faire la Surprise. Il se maria très jeune et cette stricte économie lui permit, dans la période difficile, où il était simple préparateur avec le traitement de 1500 à 1800 francs, que donnait alors généreusement l'Université, de subvenir, sans recourir à de basses besognes et en continuant ses recherches, aux besoins de sa chère compagne et de ses deux enfants. Yves Delage zoologiste. J'en ai dit assez pour faire connaître au lecteur, l'homme privé, étudions maintenant Yves Delage comme zoologiste. Il mena de front sa thèse de Doctorat en médecine (il tenait à être docteur en médecine, nous expliquerons tout à l'heure pourquoi) et celle de Docteur es science. Ce dernier travail fit sensation et lui valut à l'Académie des sciences, le grand prix des sciences physiques et naturelles (1882). Ce mémoire portait sur l'appareil circulatoire des Edriophthalmes. Comme l'a noté M"^ Goldsmith (1) dans la notice qu'elle lui a consacré : « Ce travail fit connaître, grâce à une technique nouvelle imaginée par Vauteur, la circulation de ces animaux trop petits pour être injectés par les procédés en usage. » (1) Yves Delage, par M"» Goldsmilh, Revue générale des sciences, 30 nov. 1920. PROCÈS-VERBAUX 133 Ce mot de" technique nouvelle pourrait se répéter pour chacun des travaux d'Yves Delage. Il commençait, dès ce premier mémoire à se révéler comme uq habile opérateur, mais il donna défiaitivement sa mesure dans le travail qui suivit, oij il avait à résoudre un problême bien autrement difficile. Ici quelques mots d'explications sont nécessaires pour les lecteurs qui ne sont pas des naturalistes professionnels. Tous ceux qui ont séjourné au bord de la mer ont aperçu des Crabes fuyant devant eux sur le rivage. Ces Crabes portent, souvent, entre le céphalothorax et l'abdomen, un sac jaunâtre, violet ou rougeâtre, ordi- nairement, de la grosseur d'une noisette. Les naturalistes l'ont désigné sous le nom peu compromettant de Sacculine et l'ont rangé, pendant longtemps, sous la rubrique de Rhi- zocéphale, à cause des ramifications que l'on voit sortir du sac pour pénétrer dans les téguments du Crabe. Constatant qu'à certaines époques, ce sac émet à l'extérieur des Nauplius et des Cypris, larves caractéristiques des Crustacés inférieurs, on avait fait un nouveau progrès en le considérant conime un Crustacé profondément déformé par le parasitisme. Le savant biologiste Ciard, se basant sur une hypothèse assez vrai- semblable, avait conclu que la fixation de ce parasite, que l'on s'accor- dait à regarder comme un parasite externe, devait s'effectuer au moment de l'accouplement des Crabes, seul instant où l'abdomen normalement rabattu, sur la face ventrale du corps, s'en sépare. On ne soupçonnait pas alors, que certaines formes de Crustacés peu- vent se transformer en parasites internes dans d'autres Crustacés. Pendant trois années consécutives, Delage étudie à Roscoff la Sacculine. Il poursuit minutieusement l'étude anatomique et histologique du sac; puis, des soi-disantes racines et il arrive, progressivement, à se convaincre que le sac externe n'est qu'une partie du parasite. Le corps de l'animal proprement dit, consiste dans les racines bien plus déve- loppées qu'on ne l'avait cru et le sac externe représente essentiellement les organes génitaux. Peu à peu, il s'éloigne de l'idée que la Sacculine est un parasite externe et arrive à cette conclusion : La Sacculine est un Crustacé endoparasite à larves libres. 134 PROCÈS-VERBAUX Comment ces larves, qui s'échappent du sac à l'état de Nauplius et de Cypris, peuvent-elles infester le Crabe? 11 multiplie les expériences et les observations, mettant Nauplius et Cypris en présence des Crabes, dans les conditions les plus variées. La fixation ne se produisait toujours pas et Yves Delage en était à la fin de sa troisième campagne de Roscoff, Malgré ses efforts, le pro- blème restait sans solution définitive. Je travaillais moi-même, à ce moment, dans le laboratoire avec plu- sieurs autres naturalistes, dont J.-J. Lâffuie, le regretté professeur de la Faculté des sciences de Caen. J'avais projeté, avec ce dernier, de faire une excursion à Morgat pour recueillir le fameux Balanoglosse, dont on signalait un gisement important sur cette plage. Nous' avions décidé Delage à nous accompagner, mais le jour du départ, il nous dit : « ...Non, décidément je n'irai pas avec vous, je reste à Roscoff, jusqu'à ce que j'aie vu mes larves se fixer sur le Crabe ! » Huit jours après, nous. rentrions de ce petit voyage et le premier mot que me dit Yves Delage à qui j'avais été serrer la main : ck J'ai bien fait de ne pas vous accompagner. Enfin! J'ai obtenu le résultat que je cherchais ! » Après notre départ, il av^ait mis dans un même récipient deux tout petits Crabes, avec un lot de Cypris de Sacculine. 11 avait passé la journée à les étudier au microscope; puis, lassé, il avait abandonné les larves à leur sort. Le lendemain, reprenant machinalement l'obser- vation commencée la veille, il avait constaté que, pendant l'obscurité de la nuit, chaque Cypris s'était, fixée par son antenne, aux poils des deux petits Crabes. Il fallait l'obscurité pour provoquer la fixation ! A partir de ce jour, il n'eut plus aucune peine à provoquer le même phénomène, en quelque sorte à volonté. Il établit alors que la Cypris, ainsi fixée sur son poil dans le voisinage d'une partie molle de la cara- pace, subit plusieurs mues successives, qui la transforment en un sac muni d'un stylet en forme de seringue de Pravaz. Les parois du sac se contractent, par suite, d'un phénomène encore inexpliqué et injecten-t à travers la paroi leur contenu protoplasmique, qui, une fois entré dans l'intérieur de la carapace, devient un parasite interne au milieu du tissu conjonctif, se développe rapidement et étend ses ramifications entre tous les organes du Crabe. PROCÈS-VERBAUX 135 Par cette persistance et cette persévérance dans la poursuite de son travail, Yves Delage avait donné, non seulement un exemple que peuvent méditer utilement les jeunes travailleurs, mais il avait, du même coup, éclairé un chapitre; tout à fait inconnu et même insoupçonné de l'histoire des Crustacés endoparasites. J'ai insisté à dessein sur ce travail parce qu'il me'paraît, à lui seul, caractériser la valeur d'Yves Delage comme zoologiste. Après la Sacculine, il étudia le système nerveux de Convulata schulzii, petite planaire acœle qu'on trouve en abondance sur certaines plages sableuses. C'est un minuscule animal qui colore en vert le sable à marée basse et suit rhytmiquement le mouvement de la marée. On ne connaissait à peu près rien de son organisation. Yves Delage improvise pour son étude une nouvelle technique, et grâce à l'acide picroosmique et à la méthode des coupes, il met en évi- dence le système nerveux, dont on n'avait pu déceler jusque-là la présence. Il s'attelle ensuite à des recherches toutes différentes sur les fonc- tions des canaux semi-circulaires, sur les otocystes des Invertébrés et «ur les mouvements de l'œil des Vertébrés. J'ai eu la bonne fortune d'assister à l'élaboration de ces derniers travaux et je vois encore, appendu dans l'aquarium de Roscoff, l'énorme boîte qu'il avait fait construire pour ses essais. Cette boîte était suspendue à une poutre par une grosse corde et on pouvait facilement lui imprimer un rapide mouvement de rotation sur , elle-même. Curieuse boîte à supplice ! Lorsqu'on montait dans son intérieur et qu'on abaissait ou qu'on élevait rhytmiquement la tête, sous l'influence de la rotation et des mouvements saccadés que l'on réalisait ainsi, l'on éprouvait la sensation d'être projeté dans l'espace dans les directions les plus variées. Sensa- tion inoubliable, qu'il faut avoir éprouvée pour tenter de l'analyser. Le laboratoire de Roscoff, n'en était alors qu'à ses débuts et avait pour unique mécanicien, un brave serrurier breton qui exécutait les travaux qu'on lui demandait avec beaucoup de complaisance! On lui propose un jour de monter dans la fameuse boîte. Il y consent avec bonne humeur et docilement exécute les mouvements prescrits. Le résultat ne se fait pas attendre : surpris par l'affolante sensation, le brave homme s'élance hors de la boîte et se sauve du laboratoire en criant « Qu'il ne voulait plus travailler chez le diable ! » 136 PROCÈS-VERBAUX Je laisse de côté, pour le moment, ces travaux de Delage, qui se rapportent plus à la physiologie qu'à la zoologie, je ne fais que citer un grand mémoire fait en collaboration avec Henri de Lacaze-Duthiers, sur les Cynthiadés des côtes de P'rance et je passe, sans insister, sur la monographie du Balenoptera musculus (travail effectué au laboratoire de Luc-sur-Mer) pour arriver au mémoire sur les Spongilles d'eau douce qui eut un légitime retentissement et qui contribua à placer Yves Delage à la tête des zoologistes français. Là encore quelques explications préliminaires sont nécessaires pour faire comprendre l'importance du sujet : La grande différence entre les Protozoaires et les Métazoaires ne consiste pas tant, dans la pluri-cellularité des Métazoaires, que dans l'arrangement même des éléments cellulaires, qui délimitent les organes au lieu de les contenir, comme chez les Protozoaires. En considérant les choses d'une manière générale et en ne tenant compte seulement que des faits les plus saillants, l'on peut dire : Chez les Métazoaires les éléments cellulaires, pendant les divisions de l'œuf, donnent naissance au moins à deux feuillets tout à fait caracté- ristiques : VEctoderme, qui revêt l'extérieur et V Etidoderme, qai tapisse le futur tube digestif. La spécificité de ces deux feuillets était considérée comme un dogme à l'époque ou Delage fit son travail sur les Eponges et il aurait paru tout à fait absurde de supposer que VEctoderme pouvait, dans certains cas, jouer le rôle deVEndoderme et vice versa. .Yves Delage put, cependant, établir que dans les Eponges le dogme se trouvait en échec et il a justement caractérisé ces animaux sous le terme d'Enantozo aires (inverse). L'exemple des Spongilles (1), montre nettement que ce n'est pas une simple apparence, une sorte de déguisement des feuillets. (L'Endo- derme prenant l'aspect d'un Ectoderme ou inversement) mais un phéno- mène réel. Les deux feuillets se trouvent réellement inversés si l'on considère, tour à tour, les larves et les adultes. On comprend que cette démonstration nécessitait non seulement, une grande hardiesse dans l'hypothèse, mais aussi, une habileté technique tout à fait hors de pair. Tels sont les principaux travaux de Yves Delage comme zoologiste. (1) On the position of sponges in the animal Kingdom. Congrès de Cambridge, 1898. PROCÉS-VERBi^UX 137 Le lecteur a été certainement frappé, non seulement de leur impor- tance, mais aussi de leur variété. Cette variété est précisément l'une des caractéristiques de ses méthodes de travail. Elle étonnerait au premier abord, chez un naturaliste aussi persé- vérant, si elle n'était pas voulue et en quelque sorte systématique. Ainsi que l'a fait très justement remarquer M"" Goldsmith (1) : « Contrairement à ce qui arrive à la plupart des savants, le fait d'avoir travaillé sur un groupe animal n'incita pas Delage à continuer dans la même voie. Au contraire, aussitôt une question élucidée, il avait hâte d'en chercher une autre, quelquefois tout à fait différente. » Il en donne lui-même la raison dans un fragment de sa notice scien- tifique : « La spécialisation est admirahie, écrit-il, car elle permet d'aller plus profondément mais à condition qu'elle soit tardive et ne vienne qu'après des travaux variés qui ont étendu les connaissances et élargi l'esprit. » Quel exemple à méditer à noire époque de spécialisation à outrance! Yves Delage biologiste. A l'âge de trente- Jeux ans, "Delage est professeur à la Sorbonne. Ses travaux sur la Sacculine et les Eponges l'ont classé parmi les premiers zoologistes français. Il semble qu'il va poursuivre ses recherches, sinon sur les mêmes sujets, au moins dans la voie ouverte devant lui. Il n'en est rieii. Déjà dans ses travaux, sur les fonctions labyrinthiques de l'homme et otocysli.|ues des Vertébrés dont nous avons parlé plus haut, par les expériences nombreuses, qu'il fait sur les Mollusques (Poulpes), sur les Crustacés (Mysis), puis sur lui-même, il accuse des tendances un peu spéciales et s'écarte de la zoologie pure pour se rapprocher de la physiologie. Ces tendances ne font que s'accentuer à mesure qu'il prépare son grand ouvrage sur la structure du protoplasma les théories de l'héré- dité et les grands problèmes de biologie générale (1895). Ces derniers lui semblent seuls intéressants et il le proclame avec sa franchise habituelle, à la grande indignation de Henri de Lacaze- DuTHiERS, devenu son collègue à la Sorbonne. (1) Yves Delage, loc. cit., p. 1. P.-V. 1920. 10 138 PROCÈS-VERBAUX Je me souviens, non sans en sourire, de l'élonnement de mon vieux maître : « Le croiriez-vous, me disait-il, voici Delage qui renie ses travaux de zoologie!... Il va, bientôt, prétendre que sa découverte de révolution de la Sacculine ne vaut rien et n'a aucune importance. -^ C'est incroyable ! . . . » Yves Delage n'allait pas, tout à fait, jusque-là; mais, comme tout précurseur, il sentait l'importance de la voie nouvelle où il s'engageait. Il entrevoyait des recherches fructueuses pour la science, mieux appro- priées que ceUes de la zoologie pure, à son esprit philosophique. Il en donna la preuve dès ses premières recherches sur la Mérogonie et, plus tard, sur la Parthénogenèse expérimentale. Avant d'indiquer en quoi ont consisté ces nouvelles études, je dois donner quelques indications générales sur le sujet. Quand Hermann Foll, vers 1875, constata pour la première fois, sous le microscope, la pénétration dans l'œuf de VAsterias glaciatis de la tête du spermatozoïde et décrivit son fameux quadrille des centres, on crut tenir définitivement la clef du phénomène de la fécondation et de la division de l'œuf. Le rôle prépondérant des noyaux, parut étabU définitivement et devint presque un dogme scientifique, sohdement établi par les obser- vations enthousiastes des chercheurs de cette époque. ' On savait, cependant, depuis longtemps que, dans certaines espèces, l'œuf vierge pouvait se développer sans l'intervention du spermatozoïde, par un phénomène connu sous le nom de Parthénogenèse naturelle. Des études répétées dans cette direction avaient, non seulement, permis de distinguer la Tychoparthénogé7ièse ou accidentelle de Yhomo- parthénogénèse ou de ïhétéroparlhénogétièse, mais aussi d'entrevoir la possibilité d'obtenir la parthénogenèse provoquée expérimentalement sur des espèces, qui naturellement, ne développent pas leurs œufs sans l'intervention du spermatozoïde. ' Yves Delage, guidé par ses recherches et ses méditations sur les lois de l'hérédité, met en doute ce rôle prépondérant des noyaux et se décide à étudier le phénomène de la fécondation, dans des conditions expérimentales précises. Je travaillais à cette époque au laboratoire de Roscoff et j'ai suivi, en quelque sorte, pas à pas, la première partie de ses recherches. Il avait choisi comme matériel les œufs d'Oursin, qu'il pouvait obtenir, en grande quantité, à l'abri de toute fécondation préalable. PROCÈS-VERBAUX 139 Il s'était installé dans un cabinet, qui se trouvait à l'extrémité de l'aquarium de Roscoff. Ce cabinet peu confortable au point de vue hygiénique, était très favorable aux recherches, par son bon éclairage et par ses grandes dimensions, qui permettaient d'emmagasiner une grande quantité de matériel. Delage y passait toutes ses journées, entouré des innombrables coupes de verre où il faisait ses élevages. Il s'était proposé tout d'abord de sectionner un nombre suffisant d'œufs vierges, pour pouvoir ensuite, féconder isolément les fragments et étudier leur développement. Pour arriver à des résultats précis, il travaillait sous le microscope, sur un seul œuf à la fois, à l'aide d'une aiguille tranchante comme un rasoir. A un fort" grossissement, il opérait le sectionnement de manière à diviser l'œuf en deux morceaux : l'un contenant le noyau tout entier et l'autre anucléé. Grâce à son habileté de main, il réussissait cette délicate opération au moins une fois sur deux et il isolait ensuite, sur une table différente, chacun dans sa cupule, d'un côté le segment nucléé, de l'autre le seg- ment anucléé, pour les soumettre aux opérations ultérieures. Il est plus facile de concevoir que d'exécuter une pareille besogne. A chaque instant, se présentaient des dificultés, qui semblaient parfois bien difficiles à résoudre et, je me souviens que l'une d'elle, l'avait arrêté un moment. Ces œufs invisibles à l'œil nu à cause de leur transparence, entassés dans le récipient en nombre considérable quand on les avait extrait de la glande génitale de l'Oursin, comment les porter rapidement et un à un sous le microscope? Comment les trier, sans les froisser? Il m'avait, un soir, parlé de cette difficulté et elle m'avait parue presque insoluble. Dès le lendemain, il l'avait résohie avec élégance et lorsque j'entrai dans son cabinet, il me fit voir une série de lamelles de verre, disposées en ordre pour l'opération et portant chacune une goutte d'eau de mer où un œuf et un œuf seul était isolé. Il jouit un moment de ma surprise et m'expliqua ensuite le tour de main extrêmement simple qu'il avait imaginé et qui l^ui permettait d'obtenir ce triage, en apparence si difficile. Avec une fine pipette qu'il plongeait au hasard dans l'eau contenant la ponte, il faisait sur chaque lame un semis de gouttelettes. La plupart de ces gouttes contenaient plusieurs œufs, mais de loin en loin, l'une d'elle n'en renfermait qu'un seul. Il effaçait toutes les autres gouttes avec un Unge fin et le résultat était obtenu. 140 PROCÈS-VERBAUX J'ai tenu à rapporter tout au long ce trait d'ingéniosité, parce qu'il me paraît préciser, par un exemple heureux, les méthodes de travail de ce grand savant. Des disciples bien intentionnés mais maladroits, ont parfois essayé de mettre en parallèle le biologiste français Alfred Giard, mort il y a déjà quelques années, avec Yves Delage. Les indications que je viens de donner caractérisent très nettement les différences qui existaient entre ces deux savants : Giard, esprit philosophique très averti e^t très clairvoyant, le cerveau enrichi par de nombreuses lectures qui en faisaient un vivant instru- ment de bibliographie, manquait. d'habileté manuelle et ne pouvait faire •utilement œuvre de ses dix doigts. Il raisonnait surtout sur les recherches des autres et il connaissait peu les longues heures passées devant la table du laboratoire. Chez Yves Delage, le naturaliste philosophe était, au contraire, doublé d'un technicien d'une habileté inouie. C'est ce qui explique, selon moi, l'état d'infériorité où s'est toujours trouvé Giard-, vis-à-vis de Delage. Quoi qu'on fasse, la zoologie et la biologie sont des sciences concrètes et, le contact intime avec la nature, l'étude approfondie des faits, leur contrôle exact, restent les conditions indispensables des grandes décou- vertes dans cette partie du domaine scientifique. Dans ce dernier travail, grâce aux soins dont il entourait ses expé- riences, Yves Delage avait pu établir, sans contesfations possibles, que les fragments nuclés ou anuclés d'œufs vierges d'Echinodermes, de Mollusques et de Ver?, entraient tous en développement après avoir été soumis à l'action des spermatozoïdes. Il avait ainsi réalisé une première analyse de l'acte complexe de la fécondation et montré, à l'aide de ce qu'il appela la Mérogonie^ que l'union des deux noyaux, mâle et femelle, n'est pas nécessaire au déve- loppement embryogénique. Comme il l'a écrit lui-même (1), « il y a heu de distinguer deux choses dans la fécondation, qui n'ont entre elles aucun rapport nécessaire. « 1° D'une part, permettre à .l'œuf mûr de former un être nouveau, c'est-à-dire de déterminer l'embryogenèse. (1) La parthénogenèse naturelle et expérimentale, p. 254. PROCÈS-VERBAUX i4i « 2° D'autre part, fournir à l'être deux parents, c'est-à-dire, introduire dans son évolution Vamphimixie ou la constitution de l'œuf fécondé à l'aide de deux plasma, l'un mâle et l'autre femelle. )) La Mérogonie lai avait fourni le moyen de séparer les deux phéno- mènes, mais déjà il entrevoyait la possibilité d'obtenir une embryo- genèse, sans amphimixie, dans des conditions plus parfaites. « En provoquant, dit-il, dans le même ouvrage (1), sans l'interven- tion du spermatozoïde, le développement d'un œuf qui, dans l'état naturel, exige la fécondation, on accomplit une partie du travail qui revient normalement à la fécondation. Ce moyen, offert par la Parthé- nogenèse expérimentale, est plus parfait que la Mérogonie. Ici, non seulement la fusion des noyaux mâles et femelles fait défaut, mais il n'y a pas même d'union de quelque partie que ce soit d'éléments sexuels de sexes différents. » i C'est après qu'il a formulé, en 1901, ces considérations générales, que Delage se consacre tout entier à ses recherches sur la Parthénogenèse expérimentale qui durent plus de dix ans et qui, à la suite d'une série d'études retentissantes, lui permettent de présenter au monde savant, des Oursins parthénogénitiques qu'il a élevés jusqu'à l'âge adulte. Nous ne pouvons le suivre, étapes par étapes, dans cette longue série de travaux. Nous devons nous contenter de rappeler, qu'après bien des essais-, démontrant dans des conditions très différentes, la possibilité de produire la Parthénogenèse expérimentale, il remarque que la tête du spermatozoïde agit comme la solution hypertonique et, en se gonflant, deshydrate l'œuf. Mais de nouvelles expériences lui montrent bientôt que cette inter- prétation ne peut pas être généralisée et que les différents sels et d'autres agents, sont également efficaces. Cela l'amène à penser que la Parthénogenèse expérimentale, qui peut se produire dans des conditions expérimentales si diverses, est le résultat d'une réaction générale de l'œuf qui, à des excitations variables répondrait invariablement par la seule réaction dont il est capable : en se segmentant ; comme un muscle répond à l'excitation, en se contrac- tant, ou une glande en sécrétant. « Cependant, comment se conditionne le phénomène? Qu'est-ce qui se (1) Loc. cit., p. 255. 142 PROCÈS-VERBAUX produit exactement dans l'œuf, au moment de la segmentation? » se demande Yves Delage, que ne satisfait pas une explication aussi géné- rale et par là même imprécise. Il arrive alors à cette hypothèse qui va ouvrir une voie nouvelle à ses investigations. Les phénomènes qui se passent dans l'œuf au moment du dévelop- pement peuvent se ramener presque tous à des coagulations et à des liquéfactions dans le milieu colloïdal qu'est le protoplasma. La disparition de la membrane nucléaire et des anastomoses dans le réseau nucléaire, la division des chromosomes, leur réduction à des grains; enfin, la disparition du fuseau et des aster sont des phénomènes de liquéfaction. L'apparition du centrosome, des aster, des fuseaux, la réunion des microsomes en chromosomes, la formation de la membrane vitelhne sont, au contraire, des phénomènes de coagulation. Or, qu'est-ce qui se passe, dit-il, dans la fécondation, après la péné- tration du spermatozoïde? Nous assistons à la formation de la membrane vitelhne (coagulation) et, ensuite, nous pouvons constater la disparition de la membrane nucléaire (liquéfaction). Que de savants se seraient contentés d'avoir formulé cette harmo- nieuse hypothèse, sans se croire obhgés de' la confirmer par les faits ; mais, lorsque j'ai comparé Yves Delage à Etienne Geoffroy-Saint- HiLAiRE, j'ai noté que s'il avait autant d'imagination que le fondateur de la tératologie, l'idée ne prenait, dans son esprit, une entière impor- tance que lorsqu'elle était confirmée, non par de simples rapprochements, mais par des faits précis. Nous en trouvons ici une confirmation éclatante : Après avoir imaginé cette hypothèse, qu'il définit plus tard sous le nom de Morphogenèse colloïdale, conformément à la conception qu'il vient de formuler, Yves Delage cherche le meiUeur moyen d'arriver à des expériences concluantes. Puisqu'il a envisagé dans son hypothèse l'idée que des facteurs externes qui produiraient des coagulations et des liquéfactions dans Vordre voulu, pourraient amener Vœuf vierge à se féconder et qu'il est, d'autre part, impossible d'effectuer exactement toutes ces interventions très déhcates et très précises, il décide d'essayer de déclancher seule- ment le mécanisme et de se borner à produire les premières coagu- PROCÉS-VERBAUX 143 lations et liquéfactions. Il espère qu'après avoir fait faire à la cellule les premiers pas, elle achèvera d' elle-même de parcourir le chemin. Pour réaliser son but, il se propose de faire agir, d'abord un coagu- lant, puis un liquéfiant. Il essaye successivement les acides et surtout les tanins connme liquéfiants et il a la satisfactioa de constater — après de nombreuses expériences — que ses vues théoriques, se trouvent d'accord avec les faits. Les larves obtenues par son procédé de choix sont en nombre si grand qu'on peut dire qu'il se développe autant d'œufs que dans la fécondation normale. Ce mode de développement, en quelque sorte imposé à l'œuf, amène des difîérences typiques même dans les premiers stades du dévelop- pement et, étant donné que la réduction chromatique n'est pas com- pensée comme dans le cas de Tamphimixie, on pouvait se demander, si les larves ainsi produites pourraient donner naissance à des adultes. Yves Delage tranche cette dernière question par l'élevage systéma- tique de ses œufs développés parthénogénétiquement, jusqu'à l'adulte. J'en ai dit assez pour faire comprendre la beauté des résultats obtenus par Yves Delage dans la voie audacieuse qu'il s'était tracé. Comme il a dit (1) lui-même : « La Parthénogenèse expérimentale n'a pas de rivale dans la biologie par la hardiesse presque invraisemblable de ses ambitions et par l'étran- geté stupéfiante de ses résultats. » Dans cet exposé rapide, je n'ai pu faire allusion aux travaux de Bataillon, de Loeb, de Lillie, d'Oscar Hertwig et de bien d'autres savants sur ce même champ de la Parthénogenèse expérimentale, je le regrette, car malgré les résultats fort importants obtenus par eux sur la question, l'œuvre de Delage n'aurait pu que gagner à une comparaison impartiale : Elle aurait conservé toute son originalité, toute son unité et toute sa grandeur. Influence d'Yves Delage sur l'enseignement. Nous allons maintenant étudier l'œuvre d'Yves Delage au point de vue de son inflaence sur l'enseignement des sciences naturelles. (1) La Parthénogenèse expérimentale, loc. cit., p. 5. 144 PROCES- VERBAUX 11 a joué, en effet, un rôle des plus importants dans Torientalion des jeunes naturalistes de son époque. 11 avait été nommé quelque temps après avoir passé sa thèse, en 1883, professeur à la Faculté des Sciences de Caen, qui possède le petit laboratoire maritime de Luc-sur-Mer. Il ne resta pas longtemps à Caen et nous le retrouvons à Paris, où comme l'a rappelé très justement M. Deslandres dans son discours à l'Académie : « Son maître Henri de Lacaze-Duthiers, frappé de ses qualités exceptionnelles, le rappelle comme maître de conférences, le présentant à tous comme son successeur. » Dans ce milieu vibrant de la Sorbonne, ses conférences eurent un tel succès, qu'un groupe de ses auditeurs et de ses élèves, résolut de faire autographier, au jour le jour, ses leçons. Yves Delage, qui n'aimait pas beaucoup les besognes bâclées hâtive- ment, y consentit cependant pour encourager de jeunes travailleurs. Sous l'active impulsion de François qui devait quelques années après ex- plorer la Nouvelle Calédonie et de Louis Joubin, devenu plus tard profes- seur au Muséum, l'ouvrage parut, tiré à un petit nombre d'exemplaires. Ces conférences sur les Vertébrés ont servi à plusieurs générations d'étudiants. Les aînés repassaient aux plus jeunes ces feuillets hâtive- ment lithographies et dont les pages devenaient, à la longue, à peu près illisibles. Quand, quelques années plus tard, Yves Delage devint professeur en titre de la chaire illustrée par Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire et par Henri de Lacaze-Duthiers, son, enseignement atteignit un grand éclat et, sans son autorisation cette fois, son cours sur les Mollusques fut cyniquement démarqué par un plagiaire. Quand il apprit cette mauvaise action, il refusa de porter plainte, refusa l'indemnité que lui offrait l'éditeur qui était venu s'excuser auprès de lui et se contenta de hausser les épaules. Il avait d'autres préoccupations en tête. . L'ouvrage classique, surtout utilisé en France à cette époque pour l'étude de la zoologie, était l'édition française de l'ouvrage allemand de Claus, habilement traduit et augmenté par le professeur Moquin- Tandon. Ce gros traité, imprégné de la lourdeur germanique était, en réalité, une anatomie comparée, coupée à chaque chapitre par une sèche et aride nomenclature zoologique. C'est un des ouvrages les plus indigestes que j'ai connu ! PROCÈS-VERBAUX 145 Les publications similaires françaises, consistaient en ouvrages de spécification, ou en livres offrant le même caractère malgré leurs titres. Traités hybrides d'analomie comparative, ou Tanatomie comparée et la zoologie, sont simplement fragmentées et juxtaposées. Or, tous ceux qui ont étudié la psychologie savent combien fâcheuse, étant donné l'infirmité de l'esprit humain, est la méthode d'enseigne- ment, qui consiste à comparer devant des élèves les objets, avant de les avoir étudiés séparément. Elle crée la confusion dans les esprits les mieux doués. Pénétré de cette idée, Yves Delage conçoit l'étude de la zoologie de toute autre façon. 11 élabore lentement, patiemment, son plan et, un beau jour, il l'expose dans une leçon mémorable et le résume ensuite dans la préface de son premier volume : Après avoir critiqué ces traités qui ne sont que « des chapitres d'anatomie comparée, emboîtés les uns dans les autres et dont le dernier de chaque groupe contient un chapitre de zoologie pure », il ajoute : « Ce n'est pas à dire que ces ouvrages ne puissent être fort bien faits. Il en est d'excellents dans leur genre. Mais nous affirmons que ce genre ne convient pas pour apprendre. Ce sont des livres que l'on peut lire avec intérêt, consulter avec fruit, mais où. l'on ne saurait apprendre, quand on ne sait pas déjà. » « Nous n'aiirions jamais pris la plume — ajoute-t-il avec modestie — si notre ambition eut pu être de faire mieux dans la même voie, car nous aurions pu ne pas réussir. Tandis qne nous sommes sûrs de rendre service en faisant aM^reme??i, en offrant à l'étudiant les connais- sances zoologiques sous la forme où il a besoin qu'elles soient. » Quel est donc cette nouvelle conception de l'étude de la zoologie? A quoi correspond cette épithète de zoologie concrète? DeLage l'explique magis- tralement, un peu plus loin, dans les termes que je puis résumer ainsi : Il est impossible de trouver dans chacune des grandes divisions du règne animal, classe, ordre et sous ordre, des types caractéristiques qu'on puisse décrire à fond, soit qu'il n'y ait pas une forme fonda- mentale dont les autres soient dérivées soit qu'il y en ait plusieurs qui mériteraient, à titre égal, d'être choisies. Aussi vaut-il mieux rejeter toute demie mesure et constituer de propos délibéré, un type tel qu'il se dessine dans Vcsprit de celui qui a la connaissance du groupe entier et qui résume en lui tout ce qui est commun à toutes les formes réelles de ce groupe ou qui se présente 146 PROCÈS- VERBAUX comme une forme initiale simple, dont les autres dériveraient par des complications progressives. Cet être qui, idéal ou réel, représente en tous cas la forme fonda- mentale à laquelle la forme se rattache, nous l'avons appelé, dit-il, le type morphologique. Cette œuvre gigantesque où, selon la définition même de Delage, il fallait commencer, pour la mener à bien, par connaître à fond chaque groupe, n'est pas restée à l'état de plan bien conçu, mais inexécuté. Yves Delage a publié successivement et annuellement, en collabo- ration avec le professeur Hérouard pour les figures : . A partir de 1896 : La Cellule et les Protozoaires 582 pages. Les Vermidiens (1897) 372 — Les Prochordés (1898) 370 — Les Mesozoaires et les Spongiaires (1899). . . 242 — Les Coelentérés (1901) 848 — Les Echinodermes (1903) 491 — Malheureusement, les forces humaines ont des hmites. Après le volume des Echinodermes, il dut renoncer à cette publication. « La révision de la table des Echinodermes, m'a-t-il dit douloureusement à plusieurs reprises, m'a coûté la vue. » C'est que, concuremment à ce travail déjà formidable, après avoir publié son volume sur l'hérédité, il s'était attelé à une besogne, non moins absorbante et dès 1897, il publiait le premier volume de Vannée biologique; pubhcation qu'il poursuivit jusqu'à cette année, avec la collaboration d'un comité de rédacteurs, mais en assumant les frais et la direction du périodique. « Dans cette pubUcation, a dit le président de l'Académie des Sciences, se trouve résumé dans un ordre logique tous les travaux relatifs à la biologie et elle contient, en outre, des articles originaux sur les sujets d'actualité. Cette pubhcation très utile peut être présentée comme un modèle aux autres sciences, d J'ajoute, qu'il sera de toute nécessité, de poursuivre cette pubhcation dans l'ordre et selon le plan établi par Yves Delage pour éviter de nous placer en état d'infériorité en face de l'étranger et en particulier de I'Allemagne qui voudrait bien voir disparaître ce modèle d'érudition et de clarté française. On devine, sans peine, la grande influence sur l'enseignement de PROCÈS-VERBAUX 147 telles publications. Il l'amplifia encore par la netteté des vues qu'il déve- loppait sans cesse dans de nouveaux ouvrages. M "le GoLDSMiTH par une citation empruntée au livre, sur V hérédité et les grands problèmes de Biologie générale^ montre très bien cette direction nouvelle qu'il essayait de donner à la science française. « Une nouvelle voie s'ouvre devant les savants, écrivait-il, assez de monographies et de descriptions de détail... Toute recherche, pour avoir un réel intérêt, doit aujourd'hui viser la solution d'une question théo- rique. Il ne faut pas se contenter de disséquer, couper, colorer ou dessiner. Il faut faire tout cela, non plus pour combler une minime lacune dans nos connaissances anatomiques ou histologiques, mais pour résoudre un problème biologique, si petit soit-il. » Ce programme, qu'il a suivi à la lettre pendant toute sa vie, n'est malheureusement pas à la portée de tous les naturaUstes. Cette préoccupation se retrouve même dans ses livres destinés au grand pubhc et, en particulier, dans les deux volumes qu'il publie avec la dévouée collaboration de M"® Marie Goldsmith (1909) : « Les théories de l'évolution, puis en 1913, La Parthénogenèse expérimentale où il se propose, dit-il, dans la préface (1) de montrer, d'un point de vue élevé, l'évolution graduelle des idées des biologistes dans la question de la Parthénogenèse expérimentale, les phases par lesquelles elle a passé, le terme atteint. » Il publie un grand nombre de notes où l'on retrouve la même idée directrice, parmi lesquelles je glane un peu au hasard : Hypothèse (2) sur la base physique de la force héréditaire; Idées (3) nouvelles sur la Pathénogénèse expérimentale et toute une longue série, sur la psycho- logie publiée dans les Annales de Psychologie et dans d'autres revues : Essai sur la théorie du rêve (4); Nature des images hypnagogiques (5) et rôle des lueurs entop tiques dans le rêve; Comment pensent les bêtes (6); Le raisonnement et V intuition dans Vappréeiation des pro- babilités (7); La loi d'alternance dans les jeux du hasard (8); Essai (1) Avant-propos, p. 5. La Parthénogenèse expérimentale. (2) Biologie, 15 juin 1913. (3) La revue des idées, 1908. (4) Revue scientifique, 1891. (5) Bulletin Institut psychologique, 1903. (6) Bulletin Institut psychologique , 1911. (7) Revue scientifique, 1911. (8) Revue scientifique, 1912. 148 PROCÈS-VERBAUX sur la constitution des idées (1); Psychologie du rêveur (2); L'argument de continuité et les nouvelles méthodes en physio-psychologie (3), Constitution des idées et hase physiologique des processus psychi- ques (4); Portée philosophique et valeur morale du rêve (5); L'im- pression du déjà vu, le souvenir du rêve dans le rêve (6), etc. Son influence ne s'exerçait pas seulement sur les jeunes intelligences, mais aussi sur les maîtres de la science : « Je ne sais vraiment pas pourquoi, disait-il à sa chère compagne pendant les derniers jours de sa maladie, pourquoi quand je prends la parole dans une réunion ou dans un comité on fait silence et l'on m'écoute avec attention... je ne dis pourtant rien d'extraordinaire! » Sa grande autorité provenait de ce qu'il parlait sans parti pris, qu'on sentait qu'il avait réfléchi avant de parler, qu'il savait conduire une idée et que, par dessus tout, on avait la sensation qu'il la guidait avec une entière loyauté et une totale impartialité. J'en eus une nouvelle preuve pendant mon dernier séjour à Roscoff. Quelques mois avant sa mort, un de ses collaborateurs, se croyant lésé dans ses intérêts à propos d'une candidature éventuelle, au lieu de solliciter de lui une explication, qu'il n'aurait certes pas refusée même à un ennemi, écrivit une lettre ouverte, oij il mettait en cause sa bonne foi et parlait de manœuvres mesquines. Cette lettre offensante lui fit vraisemblablement de la peine. Il n'en témoigna rien cependant, et refusa d'y répondre. Comme je parlais un jour de cet incident avec lui et que je lui disais toute l'indignation que j'avais ressentie contre son auteur : « Dites lui, que quoique je n'éprouve plus pour lui le même sentiment d'amitié que j'avais autrefois, je soutiendrai et je défendrai ses litres scientifiques exactement comme s'il ne s'était rien passé entre nous... je vous auto- rise formellement à le lui répéter de ma part. » Je refusai de faire la commission, mais je trouve le trait trop carac- téristique pour ne pas noter cette dernière preuve de sereine impar- tialité. (1) Revue gêner, des sciences, 1913. (2) Bull. Insl. Psych., 1913. (3) Ann. Inst. Pasteur, 1916. (4) Revue philosophique, 1915. (5) Revue philosophique, 1916. (6) Bull. Inst. Psych., 1919. PROCÈS-VERBAUX 149 C'est à celte impartialité que Yves Delage a dû son autorité auprès de tous ceux qu'impressionnaient, déjà, la grandeur de ses travaux et la dienité de sa vie laborieuse. Yves Delage directeur du laboratoire de Roscoff. Comme directeur de la station de Ro^scoff, Yves Delage fut appelé aussi à jouer un rôle important dans le développement des recherches zoologiques et biologiques en France. C'est au laboratoire de Roscoff, fondé par Henri de Lacaze-Duthiers, qu'il avait fait ses premières recherches. C'est là qu'il les poursuivit toute sa vie. Henri de Lacaze-Duthiers avait travaillé plus de vingt ans à faire de Roscoff le premier laboratoire français. Delage continua dans la même voie et lorsqu'il recueillit sa succession et devint à son tour directeur, il donna une impulsion nouvelle à cet établissement scientifique. Pour accroître ses ressources, il le transforma en laboratoire interna- tional, où les gouvernements étrangers peuvent envoyer des travail- leurs dans des stalles bien outillées, pour l'entretien desquelles ils fournissent une subvention. 11 dut édifier de nouveaux bâtiments pour répondre à cette nouvelle destination et dépenser des sommes considérables. Il fut d'ailleurs largement aidé par de généreux donateurs qui se passionnèrent pour son œuvre et dont le nom est gravé à juste titre dans la salle principale de la station. M. Chalon, le savant botaniste belge, ne se borna pas à fournir une importante somme d'argent, il transforma le jardin par des plantations d'arbustes exotiques qui lui donnent une physionomie très intéressante. Abrités par les vieilles tourelles garnies d'un manteau de lierre et par les vitrages de l'aquarium tapissés de Biguognes et de Clématites, les bambous, les palmiers, les eucalyptus se sont développés avec une grande vigueur dans ce coin privilégié de la côte bretonne. Ils contribuent à donner à l'ensemble du laboratoire, formé en partie d'anciennes constructions en granit, un aspect artistique que son direc- teur a toujours tenu à lui conserver. Que de modifications et de remaniements a-t-il opéré, cependant, pour faciliter le travail ! La seule chose, peut-être, qu'il ait laissé sans chan- 150 PROCES-VERBAUX gements, c'est le logement exigu et sommairement meublé du directeur, qu'il a conservé, à peu près tel que l'avait installé Henri de Lacaze- DuTHiERs, le jugeant bien suffisant pour lui. Au moment où Yves D.elage est mort, après avoir agrandi l'Aqua- rium, construit de nouvelles cuves en ciment armé, installé et aménagé de nombreuses stalles pour les travailleurs, transformé et éclairé la salle de collection, enrichi la bibliothèque, créé des salles de chimie et de physiologie, il venait d'élaborer le plan d'un vaste bâtiment annexe, pour offrir, à peu de frais, le logement et la pension aux travailleurs qui fréquentaient de plus en plus nombreux le laboratoire. La réalisation de ce projet, dont l'exécution aurait beaucoup aidé les naturalistes qui ne trouvent plus que difficilement à se loger et à se nourrir, sur une plage de plus en plus fréquentée par les baigneurs, faisait l'objet de ses entretiens dans le mois qui a précédé sa mort et l'aidait à supporter la maladie qui allait l'emporter. Heureux d'oublier pour un instant la gravité de son mal, je l'entends encore, pendant la promenade du soir autour du port de Roscofp, exposer ses plans à mon savant collègue M. Sauvageau, peser et discuter nos suggestions et nos objections, cherchant sans parti pris les meilleurs moyens pour atteindre le but. Le laboratoire de Roscoff ! c'était là sa préoccupation de chaque jour et presque sa raison de vivre, car depuis 1903, Yves Delage sentait sa vue s'affaiblir et était menacé d'un décollement de la rétine. Peu à peu, le mal poursuivait inlassablement ses progrès, réduisant de plus en plus sa puissance visuelle, 11 semble que ce rhal, le plus cruel qui puisse atteindre un savant, va le terrasser et terminer sa carrière scientifique. 11 n'en est rien; s'il doit renoncer à continuer la publication de la zoologie concrète, si même plus tard, il doit se faire remplacer dans le cours professé à la Sorbonne, sa vigueur et son activité intellectuelle restent entières et, cet homme à demi-aveugle, pendant les dix-sept années qui lui restent à vivre, va continuer ses travaux et les adapter à ce nouvel état. « Dans ces dernières années, dit-il dans la préface d'un de ses ouvrages, ma vue ayant lentement déchné, jusqu'à se trouver très sévèrement compromise, j'ai dû me réfugier dans l'introspection pour fournir un aUment aux longues méditations qui, par nécessité, devenaient pour moi la forme dominante de l'activité cérébrale. » C'est alors qu'il se consacre tout entier au développement de son PROCÈS-VERBAUX 151 laboratoire de Roscoff, n'épargnant ni l'efTort moral ni l'effort phy- sique pour mener à bien cette tâche. Une fois par semaine^, été comme hiver, il fait le voyage aller et retour entre Paris et Roscoff et Roscoff et Paris pour assister aux séances de l'Académie des sciences, sans négliger les charges de sa direction. La fatigue ne comptait pas pour lui et il ne voulait pas se laisser amoindrir par son infirmité. Je crus, cependant, qu'il allait être terrassé par le destin contraire, lorsqu'il perdit son fils, Marcel Delage, au début de 1918. Le coup était d'autant plus cruel que cet ingénieur renommé, âgé déjà de quarante- deux ans, avait depuis sa prime enfance conservé avec son père, les mêmes rapports affectueux et intimes et était devenu son ami le plus cher. Encore une fois, il fut sauvé par le travail. Entouré d'affection- et de soins par sa chère compagne, soutenu par son admirable belle-fiUe qui lui servait de secrétaire, lorsque, ses autres secrétaires mercenaires ne pouvaient plus suffire à la besogne, il s'absorbait dans ses préoccu- pations scientifiques et oubliait ainsi les réalités journalières. Il eut d'ailleurs, pendant ces épreuves, la consolation de trouver plusieurs collaborateurs dévoués, parmi lesquels je dois citer Marie GoLDSMiTH qui publia avec lui plusieurs ouvrages et Frédéric Vlés qui l'aida vaillamment dans ses recherches d'Océanographie. Les études d'Océanographie étaient devenues, en effet, une de ses préoccupations. Il estimait qu'un laboratoire comme celui de Roscoff, devait rendre à cette science de précieux services. C'est ainsi qu'il établit les plans et fit construire une série d'appareils pour la mesure et la détermination des courants marins. L'étude de ces appareils, dont la mise au point exigeait des calculs mathémathiques très compliqués, lui était particuUèrement agréable ; elle correspondait très bien à la tournure de son esprit pour lequel les problèmes mathé- matiques représentaient un délassement véritable. L'une de ses der- nières créations mise à l'étude à Roscoff fut un dispositif ingénieux pour la pêche en profondeur, qu'avait construit sur ses indications, le ministère des inventions et dont il put vérifier le bon fonctionnement. A la séance de l'Académie qui suivit son décès, le secrétaire perpétuel donna le compte rendu d'une note « sur l'application du tube de Pitot à la détermination de la vitesse des navires et à V enregistrement des vitesses parcourues y). 152 PROCÈS-VERBAUX Celte note avait été dictée par Yves Delage quelques jours avant sa mort. On peut dire qu'Yves Delage a passé ses derniers jours à Roscoff, car il n'est rentré à Paris que poir y mourir. C'est dans ce cadre de Roscoff, que je retrouve le vivant souvenir de ce grand savant disparu : Le long du mur, en fer à cheval, du grand vivier qui "borde sur une de ses faces l'aquarium et le défend contre la mer; dans cet endroit abrité du vent et exposé au soleil, je revois Yves Delage, dans le dernier mois de sa vie, venant se reposer après son labeur du matin. C'est là que les savants du laboratoire lui demandaient des conseils et causaient avec lui de leurs recherches, que Frédéric Vlès l'entre- tenait de ses appareils d'Océanographie, que Hyacinthe, son fidèle patron, lui demandait ses instructions pour les sorties du Cachalot, le grand vapeur si soigneusement aménagé pour la pêche. C'est là, enfin, que moi-même, je venais parler avec lui de son grand ouvrage sur « le Rêve » et que je voyais avec chagrin, peu à peu, s'aggraver tous les symptômes du mal qui allait priver la science française de Tune de ses lumières. Le souvenir d'Yves Delage restera intimement lié à Roscoff. Il s'est identifié à ce beau laboratoire par l'effort persévérant de toute sa vie scientifique. Cependant, l'intérêt exclusif de son laboratoire ne lui fit jamais perdre de vue celui de la science. L'égoïsme n'était pas son fait et, quelque temps avant sa mort, il mit en jeu tout le poids de son influence pour obtenir une subvention de 20.000 francs destinée à un laboratoire de notre côte méditerranéenne, qu'il sauva ainsi de la ruine, grâce à cet effort désintéressé. Yves Delage littérateur. Le travail sur « le Rêve » dont je viens de parler; cet ouvrage de 700 pages qui a paru à peine deux mois avant sa mort, peut me servir de transition pour étudier Yves Delage, sous un dernier aspect, celui du littérateur. Dans ce hvre (1), je n'envisage pas la clarté d'exposition commune à tous ses mémoires et qui rappelle celle qu'on a tant admiré chez Pasteur. (1) Yves Delage. — Le Rêve, étude psychologique, philosophique et littéraire; Léon Homme, rue Corneille, Paris, 1920. PROCÈS-VERBAUX 153 Telle n'est pas ma pensée. Laissant de côté le point de vue scienti- fique, je veux parler, uniquement, de son style littéraire, de la beauté de ses images et de la finesse et de la profondeur de ses pensées. Une citation que j'emprunte à la préface de son livre sur « le Rêve » précisera cette différence un peu arbitraire que je veux faire entre le savant et le littérateur : « Et d'abord, dit-il, qu'est-ce que le rêve? Qu'est-ce que ce mode d'idéalisation si particulier^ si différent de tous les autres? « Nous venons de nous étendre entre nos draps et, la tête sous l'oreiller, nous nous endormons du sommeil du juste, avec la conscience tranquille d'un homme qui se sait incapable de la moindre incorrection. « Notre pensée semble s'endormir avec nous. Mais bientôt la voilà qui doucement s'éveille et, désertant notre couche, traverse la chambre sur la pointe du pied, tire les verrous de la porte, l'entr'ouvre sans la faire grincer et prenant la clef des champs, va courir la prétentaine... Et la voilà qui, revêtue de notre forme corporelle, s'en va, sans notre assen- timent, nous mêler aux aventures les plus grotesques ou les plus ridicules, nous faire jouer dans toutes sortes de scènes extravagantes, le rôle le plus fou el parfois le plus odieux, nous faire écouter et tenir les propos les plus incongrus et souvent prendre sur les personnes les plus respectables de l'autre sexe les privautés les plus impertinentes, pour ne pas dire plus. (( Mais, pendant toutes les aventures d'échappée d'une mascarade, cette pensée en rupture de bans ne cesse pas de nous surveiller du coin de l'œil; au moindre mouvement, elle accourt et, il ne lui arrive pas de se laisser prendre en flagrant délit. « Quand nous nous éveillons, elle a toujours repris sa place et c'est elle qui, ingénument, nous raconte ses débordements de la nuit. Le rouge de la honte monte à notre visage; mais^ dès que nous lui repro- chons sa conduite, elle se fait bien humble, nous explique qu'elle n-'est pas coupable, qu'elle a cédé à une force mystérieuse, à laquelle elle n'a eu aucun moyen de résister. Comme nous sentons que cela est vrai, nous pardonnons et eUe, malgré ses airs contrits, dès qu'arrive la nuit suivante, ne manque pas de recommencer. » Cette scène, où l'on voit la pensée s'extérioriser, n'est-elle pas un petit chef-d'œuvre littéraire, quoiqu'elle fasse encore partie d'un travail scientifique ? Bien plus typique, sans aucun doute, seraient des pas- sages empruntés aux œuvres purement httéraires d'Yves Delage. P.-V. 1920. 11 154 . PROCÈS-VERBAUX Malheureusement, il a publié ses plus importantes productions litté- raires sous un pseudonyme si voilé que je craindrais d'aller à rencontre de ses intentions en violant le secret qu'il n'avait confié qu'à ses amis les plus intimes. Cependant, sans trahir sa confiance, je puis donner un nouvel exemple des qualités de son style en reproduisant un passage de l'histoire naturelle du Doctus Bochensis, qu'il a publiée sous son nom. Dans ce volume paru pendant la guerre, sous le titre : Les Allemands et la Science, en collaboration avec nos maîtres les plus éminents, comme réponse à un manifeste des intellectuels allemands, l'article de Delage se distingue, entre tous, par son allure originale : Après avoir expliqué, comment la direction de l'année biologique, qui depuis vingt ans présente des comptes rendus sur tout ce qui paraît dans le domaine de la biologie animale et végétale, l'a particulièrement documenté sur son sujet, il ajoute : « Tout cela m'a obligé, depuis plus d'un quart de siècle à absorber une considérable dose quotidienne de littérature allemande. Etant donné le but de ces ouvrages, je devais après chaque lecture, me recueiUir pour écarter le fatras des inutiUtés, revivre la pensée de l'auteur, la faire momentanément mienne et l'éclairer d'une lumière plus française : En somme, Rompre l'os et sucer la moelle, comme disait le bon Rabelais. J'ai donc rompu un nombre considérable d'os boches, au figuré s'entend, et sucé quelque peu de moelle. « Les anatomistes divisent les os en longs, courts et plats. Les os germaniques sont longs, très longs; ils sont faits d'une substance épaisse et compacte qui leur donne une grande soUdité, mais leur canal médullaire est court et exigu, en sorte que la quantité de moelle est fort restreinte. Parfois savoureuse, cette moelle est le plus souvent maigre et peu nutritive; fréquemment il arrive que le canal médullaire renferme la moelle d'un os étranger (souvent français), découpée, pour masquer son origine, en morceaux cousus de fil blanc. c( Après avoir métaphoriquement caractérisé les œuvres, venons-en à leurs auteurs. Ceux-ci possèdent une particularité caractéristique. Ils ont deux yeux, comme tout être humain, mais Vun est extrêmement myope, l'autre exlraordinairement presbyte (je devrais dire hyper- métrope, c'est-à-dire ne fournissant d'images distinctes que par les au delà de l'infini; mais je prendrai la liberté d'employer le mot pres- byte dans son acception httéraire et métaphorique). Leur œil myope voit admirablement les détails d'une finesse extrême que souvent le PROCES-VERBAUX 155 microscope ne peut apercevoir; le presbyte voit jusqu'au delà des nuages les plus lointains des choses admirables que les plus puissants télescopes ne peuvent retrouver; mais pour tous les objets de grandeur moyenne, situés à des distances intermédiaires, leur vue est très défec- tueuse. Le savant ainsi armé en est réduit à appuyer ses grandioses échafaudages sur des observations minuscules, ce qui n'est pas sans danger. Aussi, les savants des pays latins, pourvus d'yeux ordinaires ne voyant ni si petit ni si loin, sont fort embarrassés pour critiquer leurs dires et, moitié par paresse, moitié par engouement pour les modes exotiques, acceptent sans contrôle ce qui leur est offert par leurs collè- gues d'OuTRE-Rum; et c'est là une chose vraiment fâcheuse. « Pour appuyer nos dires prenons trois exemples empruntés à des savants les plus célèbres : L'un dans le domaine de la zoologie, Hoeckel. « On doit distinguer chez Hoeckel les travaux de l'œil myope et ceux de l'œil presbyte. Parmi les premiers ceux relatifs aux Eponges et aux Radiolaires constituent deux ouvrages très volumineux qui ont une place d'honneur dans toutes les bibliothèques. Hoeckel a découvert, chez les êtres soumis à son examen, des structures admirables dont la beauté, la symétrie, la savante architecture mettent en lumière l'admi- rable fécondité de la nature et les planches oi^i il les a figurées comptent parmi celles qui excitent au plus haut point l'admiration des artistes. « Avec une souplesse et une fertilité d'esprit stupéfiantes, il a décrit des successions continues de formes reliées les unes aux autres par des connexions remarquablement symétriques et il a créé pour les désigner, une langue aussi exactement appropriée à son objet que l'est, au leur, celle des chimistes modernes. Des tableaux à double entrée offrent au lecteur émerveillé des lignes horizontales désignées chacunes par un radical, recoupées par des colonnes verticales ayant chacune pour titre une désinence heureusement choisie; en sorte que chaque case désigne un animal dont le nom se lit d'un simple coup d'œil, comme dans la table de Pythagore se Usent les produits des divers facteurs; et tous ces êtres ont leur description dans le texte et leur figure dans les planches. Le malheur est que les zoologistes à vue moyenne en sont encore à chercher dans la nature bon nombre des formes ainsi décrites et il en est de même pour maints détails de structure ou traits d'organisation. « A l'œil presbyte du génial savant nous devons ses transcendants travaux sur la phylogénie. Ici peu ou point de faits d'observation; l'œil 156 PROCÈS-VERBAUX myope n'a presque point collaboré à ces découvertes supra-nubéennes qui ont abouti à la création d'un arbre généalogique au port noble et majestueux, aux branches harmonieusement symétriques, dont les racines plongent dans le domaine mystérieux des protistes, tandis que les ramuscules terminaux figurent les formes actuellement vivantes du règae animal. De la Monère jusqu'à l'homme, pas un être dont on ne puisse suivre sur cet admirable tableau la généalogie complète jusqu'au tronc et aux racines à travers les rameaux et les branches. Il y a dans cette perfection même quelque chose de presque inquiétant, mais on se sent rassuré par l'étonnante documentation de l'auteur, qui en est arrivé à nous fournir une partie décimale dans l'expression numérique des rapports de durée entre les périodes géologiques successives. . . Une décimale ! Et nous, Latins à courte vue, qui craindrions de nous tromper du simple au double dans Vestimation de pareils 'phénomènes ! » Ce fragment, ainsi du reste que tout l'article montre avec quelle habileté httéraire, avec quelle mesure et quelle force Yves Delage savait manier l'ironie et en faire une arme cruelle pour nos ennemis. Qu'on ne s'y trompe pas, ce n'était pas l'effet du hasard ou d'un effort momentané. Mieux que tout autre, Delage connaissait la puissance de l'arme qu'il maniait avec tant de dextérité, parce qu'il en avait étudié les lois et dosé les éléments. Nous en avons la preuve dans un petit travail de fine psychologie (1) qu'il publia en 1919 : « Sur la nature du comique », où il prouve par une subtile analyse basée sur de nombreux exemples que, pour être comique, une chose doit réunir deux conditions essentielles : 1° Il doit exister entre l'effet produit et sa cause une désharmonie quantitative ou qualitative d'où résulte une impression de surprise, un effet d'imprévu ; 2° L'effet doit être désagréable pour la personne qui le subit. Ces deux conditions ne se trouvent-elles pas admirablement dosées, dans sa réponse aux savants allemands ! ' Je ne fournirais qu'une idée très incomplète, si je termînais ici cette étude sur le Uttérateur, je dois encore donner une idée du poète qu'était (1) Yves Delage. — Sur la nature du comique ; La revue du mois, août 1919, Félix Alcan, Paris. PROCÈS-VERBAUX 157 Yves Delage et je citerai deux extraits d'un petit livre qu'il a publié dans un but de bienfaisance, pour augmenter les ressources de la caisse des victimes de la mer de Roscoff (1). Dans ce fragment de la description de l'île d'OuESSANT, il me paraît égaler les plus grands poètes, tout en restant l'observateur clair et précis que ne peut griser la sonorité du verbe. Ouessant terre d'horreur, où les larmes des veuves Se mêlent aux embruns salés, Où les vents de la mer font pousser des croix neuves Sous un ciel triste, aux tons voilés, Ouessant, nous diras-tu quel constructeur de mondes, Quel monstrueux Titan, Portant des continents entre ses mains profondes, A laissé choir dans l'Océan, Poussière sans valeur, ces débris formidables, Écueils, rochers, îlots. Qui, se dressant au seuil des gouffres insondables, Arrêtent la fureur des flots ! Là, les flancs ruisselants des cavernes sonores, Où le ressac vient déferler, Recèlent des joyaux de faunes et de flores Où le peintre peut conte'mpler Des chaos de couleurs qu'ignore sa palette. Des formes à faire douter » Si l'on rêve et s'il est des mots pour le poète Qui les voudrait chanter. Sous les pieds, ce tapis d'écarlate et d'hermine. Tel un manteau royal, d'étoiles constellé, C'est le Botrylle ! Ici, cette amphore opaline, C'est la Cione, au corps de cristal niellé! Ces buissons embrasés, là-haut, sont les Gorgones, Brandons brûlants sous l'eau et de givre poudrés! Là, ces vivantes fleurs, ce sont des Anémones, Dont les pétales sont de longs bras éplorés, (1) Yves Delage. — Gloria Parvis, H. Cogit, Roscoff. 158 PROCÈS-VERBAUX Chargés de bracelets ! Ces vertes émeraudes, Ces rubis, ces émaux, sont les Corynactis : Les gemmes, au soleil, ont des couleurs moins chaudes, Moins rouge est le Corailët moins blancs sont les Lis! La Méduse, en dansant sa valse serpentine, Laisse voir ses dessous de dentelle irisés! Ces blocs de seins gonflés à la double tétine. Que tachent de carmin les mamelons rosés, C'est la Cynthie! Au fond, ce haut crâne bicorne. Ce fouillis de longs bras parsemés de suçoirs, Cette apparition de rêve, cet œil morne. Qui, demi-clos, lançant des feux rouges et noirs. Guette ce Crabe vert frissonnant d'épouvante, C'est le Poulpe, à la fois et splendide et hideux, Araignée embusquée en sa toile vivante, Rétiaire tapi sous son filet visqueux! Plus loin dans la même brochure, dans sa comparaison de l'homme et de la mer, il résume en décrivant Saïc, le naïf et robuste marin Breton, ce qui fut la règle et la beauté de sa propre vie. La tempête a cessé. Dans une. aube vermeille. Les flots, insoucieux Des pleurs que font couler leurs fureurs de la veille, Brillent sous un ciel radieux. Cet infime point noir, là-bas, sous la falaise, Sur ce fétu flottant. C'est Saïc qui s'en va. Colossale antithèse : Ce vermisseau sur ce géant ! La mer, vaste et profonde à donner le vertige Ignorant son immensité. Et l'atome sensible et pensant qui s'afflige De son infirmité! La mer, dont un rayon du clair soleil efface Les rides que les vents Creusent sur son front pur quand la tempête passe, La mer, jeune en dépit des ans. Et l'homme, dont le front, sous le poids des années, Penche toujours plus bas. Et dont les yeux ternis, aux paupières fanées, Se ferment au jour du trépas ! PROCÉS-VERBAUX 159 Eh bien ! l'homme, débile et pesant dans le monde Moins qu'un fétu dans l'air, En lui cache une chose aussi vaste et profonde, Aussi splendide que la mer. Ce quelque chose, si la plainte et la prière, ^'" Si les pleurs et les cris De ceux sur qui la vague a tendu son suaire Ne te l'ont point appris, Janlais, ô froide mer, tu ne sauras l'apprendre : C'est la douce pitié, C'est l'art de consoler les autres et de prendre De chaque peine la moitié. Majestueuse mer, insondable, éternelle, A ta froide splendeur L'homme peut opposer une splendeur plus belle : C'est la beauté qui vient du cœur ! L'homme qui avait de si belles pensées et qui les exprimait dans un langage si noble, ne les avait pas seulement dans le silence de son cabinet et dans la douce ivresse que donne la poésie. Ces pensées traduisaient sa vie de chaque jour. Ce n'étaient pas de vaines paroles. Elles commentaient ses actes quotidiens. Lui, le savant, absorbé dans son labeur formidable, trouvait cepen- dant le moyen de consacrer, chaque jour, quelques heures à soulager et à guérir les pauvres gens, sans autre espoir de récompense et de gain que l'approbation de sa haute conscience. Il avait tenu, je l'ai dit au commencement de cet article, à passer sa thèse de Doctorat en médecine et, toute sa vie, il suivit avec soin les progrès de la science médicale. Il avait son but : Son but était de se constituer une clientèle, une nombreuse clientèle ! Quoiqu'elle fut nombreuse, je crois qu'elle n'a suscité l'envie d'aucun de ses confrères. Que de fois, vers la fin de la journée, ais-je vu les abords de son cabinet encombrés par de pauvres pêcheurs qui venaient lui demander ses soins ! Que de fois, m'a-t-il proposé comme but de promenade, la visite à plusieurs kilomètres de Roscoff, de quelque infirme qui se mourait dans une de ces pauvres maisons de la campagne Bretonne ! 160 PROCÈS-VERBAUX Malgré la beaulé de son œuvre, la grandeur et l'étendue de ses travaux, je me demande, devant l'inanité de nos existences humaines, si le plus beau titre de gloire, de ce grand biologiste, membre de l'Aca- démie des Sciences de Paris, de Bruxelm^s, de Piîtrograd et de la Société royale de Londrks, ne consiste pas en ceci : 11 a été le médec n secret des pauvres gens. Les formes reproductrices du Termite lucifuge Par le D'" J. Feytaud. Chez les Termites en général, la fonction reproductrice revient normalement à un couple d'individus que nous appelons ro« et re/ne de la termitière. Ce sont deux insectes parfaits qui ont essaimé, puis perdu leurs ailes, dont ils ne portent plus que des moignons. A leur place, il existe parfois d'autres formes, que les auteurs ont dénommées complémentaires ou substitutives sans préciser suffisam- ment le sens de ces mots. Ce sont essentiellement des individus néoté- niques (1), c'est-à-dire des sortes de grosses larves ou nymphes et non des insectes parfaits. Les sexués royaux sont, pour chaque sexe, d'un type unique, tandis que les néoténiques sont polymorphes, leurs variétés correspondant à des stades larvaires plus ou moins avancés. Les premiers disséminent l'espèce en fondant des termitières nou- velles ; les seconds remplacent les premiers dans les termitières orphe- lines. Telle est la règle générale. Notre espèce indigène y fait-elle excep- tion ? La question des formes reproductrices du Termite lucifuge, Leuco- tcrmes ( ReticulUermes) Ihcifiigus Rossi, a donné lieu à des contro- verses. En 1853, BoFFiNET (2) indique la reine ou mère comme étant de teinte « presque blanche ou roux pâle », « sans corselet et sans ailes ». (1) Le lenne iiéoléiiu', cvùé par Cameuano (1885), s'applique à des individus qui remplissent les fondions sexuelles de l'adulte tout en ayant gardé l'apparence de larves. (2) BoFKiNiîT : Notice sur les Termites de la Oliarenle-lnférieure (Actes de la Sociélé LiïDiécunc de Uordeau.r, t. XIX, p. 145-157, 1853). PROCÈS-VERBAUX 161 En 1856, Lespès (1), refusant tout crédit à la description de Bofi Albert Baudrimont. Léon Dufour raconte qu'à la fin de mai 1853, au cours d'une excur- sion entomologique qu'il fit aux dunes de Biscarosse et d'Arcachon, en compagnie d'Aubé, Perris et Laboulbène, il eut beau soulever sur la plage, en face de Biscarosse, et les pierres et les débris abandonnés PROCÈS-VERBAUX 173 par la mer, il ne trouva rien sinon quelques rares individus de la Phaleria cadaverma et la Nehria arenaria. Il est vrai d'ajouter qu'il fut plus heureux deux jours plus tard, sur la plage d'Arcaclion, alors « ville en incubation », mais qui bientôt allait « détrôner La Testa Boiorum et appeler à elle tous les baigneurs de la Guienne » (1). Au bord de la mer, en effet, sur le sable humide des plages ou dans l'aridité brûlante des dunes, les insectes sont en général peu nombreux; ils n'en sont d'ailleurs que plus intéressants (2). La faune entomolo- gique des sables est cependant beaucoup moins pauvre qu'elle le paraît au premier abord. Le D'" Souverbie, dans son « Coup d'œil sur les Coléoptères des environs de La Teste » fait fort justement remarquer que la dune du Cap-Ferret, si dénudée qu'elle soit, a elle aussi ses hôtes spéciaux et que, si l'entomologiste n'en aperçoit qu'une faible partie, c'est qu'il y débarque le plus souvent vers le milieu de la journée, à un moment où le sable, surchauffé parles radiations solaires, a obligé le plus grand nombre à se cacher (3). Mais, à côté des espèces franchement littorales, spécialement adaptées à l'existence juxta-marine, en général peu nombi^euses, on peut, dans certaines conditions, en rencontrer d'autres venues des terres et des cultures voisines, et parfois en grande abondance. La chasse au bord de l'eau peut alors devenir très fructueuse et les flacons se remplir rapide- ment pour la plus grande joie de l'entomologiste. C'est ce qu'il m'a été donné de constater cette année, fin mai commencement juin, sur la plage de Mimizan, dans le déparlement des Landes. Le 23 mai dernier, vers la fin de l'après-midi qui avait été chaude et très ensoleillée, je me promenais sur la plage, en face de la coquette petite station landaise, encore vierge de baigneurs à cette époque peu avancée de l'année. La mer, presque haute, en avait pour une heure environ avant d'atteindre son plein. A peine arrivé sur le sable humide, mon attention fut bien vite attirée par le nombre vraiment extraordi- naire d'insectes, de coléoptères surtout et la plupart appartenant à la famille des Elatérides, qu'à chaque vague nouvelle le flot repoussait peu (1) Dr Léon DuFOUR : Excursion eoLomologique aux dunes de Biscarosse et d'Arcachon, avec indication de quelques manœuvres insecticeptologiques et réflexions Actes Soc. Lin. de Bordeaux, t. XIX, p. 283. (2) Henri Coupin : L'amateur de Coléoptères, Paris, Baillère, 1894. (3) D"" Souverbie : Coup d'œil sur les Coléoptères des environs de La Teste (Gironde) ou Guide du chasseur entomologiste dans celte contrée. Actes Soc. Lin. de Bordeaux, t. XX, p. 89. 174 PROCÈS-VERBAUX à peu devant lui. Je me mis aussitôt en devoir de garnir mes flacons, mais une deuxième surprise m'attendait. Je ne tardai pas, en effet, à être frappé par la quasi-uniformité de cette armée à six pattes consti- tuée presque en totalité par une seule espèce, le Prosternon tessellatum Lin. (1). Cette espèce prédominait à tel point que sur une assez grande étendue, un kilomètre environ que je parcourus dans les deux sens, je le trouvai formant comme une bordure presque ininterrompue à la limite sinueuse et capricieuse laissée par la dernière vague. En un point, sur une longueur de vingt centimètres, j'en comptai jusqu'à quatorze ; ailleurs, ils formaient de véritables petits tas, roulés et enche- vêtrés au milieu d'algues et de débris de toutes sortes ou recouverts d'écume. Je ne fis aucune numération, mais sur la note que je rédigeai rapidement au crayon sur la plage même, c'est par milliers que je les estimai. Tourmentés par le flot, soumis à une immersion forcée et prolongée, laissés puis repris, abandonnés à nouveau et de nouveau repris par la marée inexorable, ils sont comme étourdis et restent immobiles, pattes repliées, sur le ventre ou le dos, là où le flot les a jetés. Si, pour une raison quelconque, montée plus raide de la pente sableuse ou vague plus forte et les ayant poussés plus loin, ils peuvent rester un certain temps à sec, on les voit se remettre peu à peu en mouvement, mais toujours après uîi temps assez long, à moins toutefois que je n'inter- vienne moi-même par un massage savant de la face ventrale de l'abdomen. A ce manège, quelques-uns ont foijcément souffert et sont plus ou moins abîmés. D'ajitres ont péri. J'en récolte en peu de temps un grand nombre ; mais à rester ainsi accroupi on se fatigue vite, aussi je ne cherche nullement à tout ramasser et en laisse certainement beaucoup plus que je n'en prends. Je capture en même temps la Lacon murinus L. et quelques autres Elaterides appartenant au genre Elater. (six exemplaires en tout) ainsi que divers autres coléoptères, mais en fort petit nombre si l'on (i) Prosternon : sous-genre du G. Ludius (= Corymbites). « Pronotum large,, moins rétréci un avant (que dans le sous-genre Ca/os^ù\us) ; sutures prosternâtes doubles et larges ; angles postérieurs du pronotum courts, mais larges et carénés ; antennes non pectinées. Une seule espèce : P. tessellatum, Lin., 12 millim., d'un brun noirâtre couvert d'une pubescence d'un roux doré d'aspect soyeux qui foi'me des marbrures irrégulières. Antennes et cuisses brunâtres; tibias et tarses ferrugi- neux. » Coléoptères, par L. Fairmaire, édit. 1919 par L. H. Planet, p. 264. PROCÈS-VERBAUX 175 songe à rénorme proportion des Prosternon; aussi n'en ferai-je pas mention. Tous ces insectes ont été pris au bord même de l'eau, sur une bande de sable humide très étroite. Par contre, et l'opposition est frappante, sur la partie de la plage, bien plus large cependant, située au-dessus de la limite moyenne de la haute-mer, sur le sable sec par conséquent, je ne trouve plus rien on presque. Je ne parle pas, bien entendu, de la Nebria complanata Lin. (1) qui pullule sous les débris et épaves de toutes sortes. Le lendemain matin, 24 mai, je retourne sur la plage; la mer, encore haute, descend depuis peu; le temps est couvert. Il y a encore un grand nombre de P. tessellatum disséminés sur la faible largeur de sable humide abandonnée par la mer, quelques-uns, comme hier, à la limite même du flot. Il y en a moins cependant, ce qui n'est pas pour sur- prendre, car il est peut-être un peu tôt (je fais ces observations entre huit heures et onze heures par temps couvert) et les Elalérides, grands amis du soleil, ne sont probablement pas encore en mouvement. A la limite extrême de la haute mer, je trouve un certain nombre de ces insectes morts, bien moins que je ne l'aurais cru cependant, ce dont j'accuse les oiseaux, les puces de mer, les Nebria et autres nettoyeurs de la plage. J'en aperçois enfin quelques-uns se déplaçant lentement sur le sable sec, mais relativement très peu. L'après-midi, il fait soleil et très chaud. La marée est basse, mais la mer monte depuis une heure environ lorsque j'arrive sur la plage. Les Prosternon sont déjà fort nombreux. En certains points j'en avise cinq, six et même davantage, flottant à la surface du flot qui les emporte, lorsqu'il se retire pour revenir avec une nouvelle force à l'assaut de la grève. La plupart, cependant, restent sur le bord. Presque tous sont vivants, ce que je m'explique facilement, car il n'y a pas longtemps que la mer monte, et leur bain forcé, leur douche plutôt, n'a pas encore eu trop longue durée. Sur le sable humide, il y en a encore beaucoup, mais toujours moins qu'hier ; puis ils diminuent à mesure que l'on s'éloigne du bord et, sur le sable tout à fait sec,' il n'y en a presque plus. Parmi un petit nombre d'autres bestioles, je prends encore le Lacon murinus L. ainsi que quelques rares autres Elaterides appartenant au genre Elater (en tout sept exemplaires). (1) Synonymie : Nebria arenaria Fab. 176 PROCÈS-VERBAUX Des quelques notes qui précèdent, je pourrais d'ores et déjà tirer un certain nombre de déductions, car mon retour, hélas, est fixé au lende- main et il va me falloir quitter et la plage et le petit chalet abrité à la lisière des pins. Mais j'aurai probablement l'occasion de revenir sous peu et pourrai peut-être reprendre et vérifier mes observations. Donc, n'anticipons pas; attendons pour conclure. J'ai bien fait en ne me pressant point, car le 5 juin suivant je puis retourner à Mimizan. L'après-midi, je cours à la plage ; la mer, qui monte, est à la moitié de sa course. Le temps est splendide, mais le vent, qui vient du nord, est assez vif et il fait plutôt frais. A première vue, il y a bien moins de taupins qu'à mon dernier voyage ; ils s'échelonnent encore cependant le long de la bordure humide laissée parla dernière vagne, mais ils sont plus disséminés et, par endroits même, assez espacés, en certains points, on les trouve encore' par tas, agrippés aux brindilles d'algues roulées. Presque tous sont vivants, quelques cadavres sont la proie des puces de mer. Cette fois-ci, je procède avec ordre et restreins mes recherches à la hmite même du flot, en ne m'en éloignant certainement pas à plus de quarante centimètres de part et d'autre. Je chasse exactement une heure, puis, revenant sur mes pas, mesure la distance ainsi parcourue. Dans de telles conditions, sur un parcours de six cents pas, je capture 186 Prosternon tessellatuin L., 13 Lacon murinus L. et 4 autres Elaté- rides : 1 appartenant au genre Melanotus et 3 au genre Elater; sans compter un assez grand nombre d'autres Coléoptères, mais qui ne peut être comparé avec celui des Prosternon. On se rend bien compte cette fois de l'énorme prédominence de ce dernier, et je n'ai certainement pas tout pris. Le lendemain, je cherche à contrôler mes observations. Je n'aborde pas la plage à la même hauteur, mais prends plus au nord pour revenir sur Mimizan. Il est un peu plus tard qu'hier. La mer, presque au bout de sa course, sera tout à fait haute dans une heure. Le soleil est radieux et encore chaud, il ne fait plus de vent. Les Prosternon sont toujours en nombre imposant, à peu de chose près comme hier. Je les trouve tous sur une ligne presque idéale, à la limite que dessine la dentelle écumeuse des vagues. 11 y a pas mal de cadavres autour desquels s'agitent les Talitres. A partir de vingt-cinq centimètres au-dessus de la bordure humide et, plus haut, sur le sable sec, il n'y a plus rien. Je ne ramasse guère que des Taupins qui se répartissent ainsi : 153 Pros- ternon, 10 Lacon, 1 Melariotus, 1 Elater et à peine quelques autres PROCÈS-VERBAUX 177 insectes parmi lesquels plusieurs papillons morts, en assez piteux état. J'avais parcouru une distance d'environ un kilomètre lorsque, brus- quement et sans la moindre transition, je ne trouve plus rien, ni Taupins, ni insectes d'aucune sorte, ni même de Talitres tout à l'heure encore très abondants. D'abord surpris, j'en eus bien vite l'explication tracée sur le sable même par les pattes délicates d'une bande de pluviers à collier courant et picotant à quatre-vingt mètres plus loin et que tout à ma besogne je n'avais pas encore aperçus. Entomologistes experts, et pour le bon motif, ils n'avaient garde de s'éloigner de l'étroite bordure riche en bestioles de toute nature et, jusqu'aux cabines où je quittai la plage, je ne trouvai pour ainsi dire plus rien. Là se bornent mes observations et elles suffisent amplement pour faire ressortir l'extrême abondance du Prosternon tessellatum sur ce point de la côte landaise. Certes, le Prosternon n'est pas rare en France, ainsi d'ailleurs que dans toute l'Europe où il remonte jusqu'en Laponie (d) et, à priori, il est tout naturel de le voir abonder sur la bordure de cette immense forêt de pins qui suit le littoral, de Soulac à Bayonne ; je ne sache pas cependant qu'il y ait été remarqué en de telles proportions, par centaines, on pourrait même dire par milliers d'indi- vidus. Que l'on veuille bien considérer que le premier jour de mes recher- ches n'a certainement pas coïncidé avec leur apparition, que, de même, le dernier n'a pas marqué leur fin, qu'il s'est écoulé une période de quinze jours entre mes observations les plus extrêmes, que c'est en pareille quantité que la mer inexorable lésa certainement détruits chaque jour, qu'enfin mes recherches ont toutes porté sur le même espace relativement très restreint (un kilomètre et demi environ) et l'on se rendra bien compte de l'extraordinaire pullulation de cette espèce et de sa suprématie sur toutes les autres, qu'elles appartiennent ou non à la même famille. Sur 449 Elatérides capturés en quelques heures (en plusieurs fois, iL est vrai) j'ai compté 407 Prosternon, 29 Lacon, 11 Elater, 2 Menalotus, ce qui donne un pourcentage de : 90,60 °/o pour les Prosternon 6,45 °/o — Lacon (1) Henri du Buysson : Species des insectes qui habitent la France, la Belgique, etc. Coléoptères, t. V, Elatérides. 178 PROCÈS-VERBAUX 2,44 o/o pour les Elater 0,44 o/o — Melanotus. et encore n'ai-je pas tout pris, laissant de côté les nombreux cadavres rejetés par la mer et plus ou moins abîmés. A en croire le D'" Gobert, le P. tessellatiim ne se serait pas toujours montré aussi prolifique dans les Landes. C'est ainsi que dans son Catalogue des Coléoptères (1), il indique le Corymbites tessellatus L. comme « peu commun. En fauchant sur les pins (Souverbie), aussi dans les lieux humides et les prairies » et le Corymbites holosericeus F. qui, on le sait, ne fait qu'un avec lui (2) comme « plus commun. En battant les arbres et en fauchant dans les prairies sur le genêt à balais». Souverbie l'avait mentionné, en effet, parmi les Coléoptères des envi- rons de La Teste, dans les bois de pins, en fauchant avec le filet sur les arbres les plus bas, mais sans rien dire de sa fréquence (3). En est-il de même tous les ans? Je ne saurais le dire, mais j'incUne à penser que cette année, avec son hiver particulièrement doux, a certainement favorisé le développement du P. tessellatwn ainsi d'ail- leurs que de bien d'autres insectes, les hannetons, par exemple, qui ont, paraît-il, pullulé en certains points. Il y a de plus, à Mimizan-Plage, dans la forêt, un facteur des plus importants : ce sont des coupes très étendues qui commencent à quel- ques centaines de mètres à peine de la plage et semblent s'étendre fort loin en longeant la côte au nord et au sud de la petite station balnéaire. Or, on sait que les larves du P. tessellatum, comme de beaucoup d'autres Elatérides, vivent dans les pins, principalement dans les vieilles souches et les troncs abattus. Aussi la faune entomologique est-elle bien plus développée que partout ailleurs dans ces immenses étendues presque constamment ensoleiUées, couvertes de souches et de débris de bois de toutes sortes et où abondent les plantes basses (jeunes pins, genêt, etc.) des plus favorables à la vie des insectes. Pour cette raison, il aurait été intéressant de rechercher si la grande abondance du P. tessellatum au bord de l'eau cessait en même temps que la (1) D' Emile Gobert : Catalogue raisonné des insectes Coléoptères des Landes. Bull, de la Soc. d'Hist. nat. de Toulouse, t. Vil. (2) Synonymie : Corymbites tesselatus, Corymbites holosericeus, Prosternon tessellatum. (3) Df Souverbie : Coup d'œil sur les Coléoptères des environs de La Teste, loc. cit. PROCÈS-VERBAUX 179 coupe. J'avoue n'avoir pas eu le courage de pousser mes observations jusque là, mais il est très probable que là où il n'y a pas de coupes à proximité de la mer, les insectes sont bien moins nombreux sur la plage. Il y aurait eu de même intérêt à explorer dans ce but d'autres points de la côte, Arcachon, le Cap-Ferret, Lacanau, Soulac, etc. Le grand développement du P. tessellatum à Mimizan est donc du, très probablement, à l'hiver exceptionnel de celle année, et surtout à l'exploitation récente découpes immenses, mais comment expliquer sa présence et en telle quantité sur la plage même, rien que sur le sable humide et jusque dans l'eau ? Les Elatérides sont tous végétariens à l'état parfait: la question de la recherche de leur nourriture ne peut donc se poser bien que, d'après l'observation de Rupertsberger, cette espèce pourrait avoir des appétits carnassiers (1). Il n'y a, me semble-t- il qu'une seule explication possible. Les Elatérides aiment la chaleur et volent surtout au soleil; lorsqu'ils sont en plein vol, ils aperçoivent de loin l'immense étendue de sable mouillé qui scintille à marée basse surtout et, attirés sans doute par cet éblouissement de lumière, vien- nent s'abattre sur la partie la pins étincelante, la plus humide par conséquent. La mér, en remontant, surprend les malheureuses bestioles qui, une fois trempées, ne peuvent reprendre facilement leur vol et les repousse ainsi peu à peu devant elle. C'est ce qui, lorsque la mer a achevé sa course, les fait paraître aussi nombreux, car il y a certaine- ment dans les Landes bien d'autres coupes que celle de Mimizan et il n'y a nulle raison de penser qu'ils y soient en moins grand nombre ; mais ici ces insectes, attirés par la luminosité trompeuse de la plage, comme d'un commun accord s'y donnent rendez-vous et la mer n'a plus ensuite qu'à donner son grand coup de balai. Ce rôle d'une sorte de phototaxie positive, et combien puissante, attirant les insectes vers la plage semble trouver sa confirmation dans ce fait que le 24 mai, dans la matinée, par temps couvert, les Proster- non étaient sensiblement moins nombreux que la veille dans l'après- midi qui avait été très ensoleillée. De plus, j'ai encore pris pareiUement sur le sable humide plusieurs autres espèces de Coléoptères, certains même dans l'eau, comme le Monohammus Gallo-provincialis 01. Dans de telles conditions, il semble que l'on peut se demander si un grand nombre d'insectes ne viennent pas tomber directement dans la mer et ne sont pas ainsi détruits en quantité chaque jour. (!)■ hi du BuYSSON, loc. cit. 180 PROCÈS-VERBAUX Nous n'avons fait jusqu'à présent que des hypothèses, mais qui sont très plausibles et même probables. De plus ces hypothèses ne portent que sur l'abondance même du Prosternon tessellatum sur la plage de Mimizan. Il est plus difficile de dire maintenant à quelles causes l'on peut rapporter cette prédominance vraiment extraordinaire de cette espèce sur les autres de la même famille. Cela tient évidemment à des conditions d'ordre biologique et demanderait de longues, minutieuses et, certainement aussi, difficiles recherches, aussi ne m'est-il pas permis de formuler la moindre hypothèse à ce sujet. Compte rendu de la Conférence faite le 18 novembre 1920 par M. Emile Cartailhac, membre d'honneur de la Société Linnéenne, correspondant de l'Institut. Par le D^' Albert Baudrimont Secrétaire Général. Depuis les conférences de M. le Professeur Gruvel en 1911 et de M. Emile Cartailhac en 1912, notre Société n'avait plus manifesté publiquement son activité scientifique autrement que par des excursions qui, de plus en plus suivies, attiraient chaque jour un pubhc plus nombreux. Surprise par la guerre au moment oia elle se préparait à fêter glorieu- sement son Centenaire, elle n'en continua pas moins inlassablement, mais dans un silence grave et recueilli, sa laborieuse tâche. Cinq longues années passèrent ainsi pendant lesquelles le canon seul se fit entendre. Puis, un jour, les cloches s'ébranlèrent à tout rompre, joyeuses et fières cette fois, le canon tonna encore, plus fort peut-être mais sans blesser personne : c'était la Victoire pour la France, l'espé- rance et la suprême joie pour tous ; pour notre Société, c'était la fin de son long silence. Aussi, cette année, notre président, M. Armand Bardié, qui fut notre président de guerre, si l'on peut donner ce titre à un homme aussi pacifique, ne voulut pas quitter son poste sans rendre sa voix à notre Compagnie, sans organiser comme aux beaux jours d'autrefois une grande conférence publique, rappelant à tous que la Société Linnéenne, plus vivante et plus vibrante que jamais, continuait dans le calme de la Paix ses bienfaisants travaux que les angoisses des années précédentes n'avaient pu lui faire abandonner. PROCÈS-VERBAUX 181 Organiser une conférence publique n'a jamais été chose aisée. Difficile avant la guerre, cela le devenait encore plus aujourd'hui ou tant de difficultés de toute nature et que l'on n'aurait pu soupçonner il y a deux ans à peine, s'amoncellent comme à plaisir à la moindre entreprise. Notre Président n'était pas homme à se laisser rebuter, il n'hésita pas à aller lui-même à Toulouse, demander à son ami M. Emile Cartai- Ihac, membre d'honneur de la Société, dont nous avons entendu plusieurs fois l'éloquente parole dans notre ville où il ne compte qu'amitié et admirative sympathie, de vouloir bien nous venir en aide. M. Bardié savait bien à quelle porte généreuse il allait ainsi frapper. M. Cartailhac, malgré son âge, malgré les fatigues du voyage et la saison mauvaise, n'hésita pas non plus, n'acceptant en véritable Linnéen que nous sommes fiers de compter parmi nous, que notre reconnaissance et notre admiration. Donc, le 18 novembre dernier, dès huit heures du soir, le grand amphithéâtre de l'Athénée municipal commençait à se remplir. Grâce aux soins de notre infatigable Président, des invitations avaient été lancées aux autorités bordelaises, aux membres de l'Université, aux diverses Sociétés savantes, plus particulièrement à la Société d'Archéo- logie qui compte des préhistoriens et dont plusieurs de ses membres sont en même temps Linnéens. Mais le public avait lu les affiches annonçant la conférence et, connaissant et aimant le conférencier qu'il n'avait pas entendu depuis huit années accourait lui aussi, emplissant les gradins jusqu'aux bancs les plus reculés. Inutile de dire que les Linnéens étaient nombreux et parmi eux les préhistoriens : MM. Daleau, l'Abbé Labrie, le Docteur Lalanne, etc. avaient tenu à venir faire fête à notre éminent et savant maître de Toulouse autour duquel sur l'estrade même, se tenait le Bureau de notre Société. Notre Président rappelle en quelques mots la genèse et l'histoire de la Société Linnéenne depuis sa fondation par Laterrade, dans la plaine d'Arlac, le 25 juin 1818. Etape par étape, il la suivit jusqu'à son cente- naire et à sa dernière fête commémorative, la 102'', qui eut lieu à Libourne, dans la belle salle de l'Hôtel de Ville. Il insista surtout sur son rôle de vulgarisatrice, ses publications qui depuis plus d'un siècle sillonnèrent les deux hémisphères, ses travaux, ses excursions si appréciées du public, ses expositions mycologiques dont l'intérêt pratique ne peut échapper à personne, sa bibliothèque qui s'accroît 182 PROCÈS-VERBAUX chaque jour, enfin son nouveau Musée de coUeclions d'étude, à peine commencé et pourtant déjà en pleine floraison. Puis il présenta M. Emile Cartailhac, l'éminent préhistorien de Toulouse, membre correspondant de l'Institut, membre d'honneur de notre Société que beaucoup connaissent déjà pour l'avoir applaudi à cette même place, que tous admirent pour ses remarquables travaux et publications sur l'anthropologie et la préhistoire. Nous n'insisterons pas plus longtemps sur le discours du Président qui figure plus loin tout au long dans nos Procès-Verbaux. M. Cartailhac prend ensuite la parole. Habile conférencier il a bien su choisir son titre : « Découvertes récentes dans nos Cavernes — ' L'ins- tinct inspira l'art des anciens hommes» et c'est dans l'ardent silence d'une curiosité éveillée au paroxysme que sa parole éloquente et rapide, d'une vivacité, d'un grand charme et surtout d'une verdeur et d'une clarté sans pareille, va captiver pendant une heure et demie un audi- toire déjà conquis d'avance. Après avoir évoqué rapidement les précurseurs, Aristote, puisBuflon, Linnée, Cuvier, Lamark, Darwin, il précisa que la préhistoire, l'anthro- pologie, la science des premiers âges sont conquêtes bien françaises et les noms de Lartet, de Gaudry, de Quatrefages, de Broca, de Nortillet sonnent comme des appels de clairon. Puis la lumière s'éteint et c'est dans l'obscurité maintenant, tandis que nous suivons sur l'écran magi- que les remarquables projections choisies parmi les meilleures de sa magnifique collection, que le conférencier va nous promener, émer- veillés, au milieu des découvertes les plus récentes de nos anciennes cavernes. Il ne s'agit pas dans cette causerie de l'homme primitif étudié par M. Harlé dans le Sud-Ouest, mais des très anciens hommes de l'époque moyenne de l'âge de la pierre, qui, chasseurs infatigables poursuivaient l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, l'ours, le lion, le renne et tant d'autres espèces pour toujours disparues. C'est par les dessins, les sculptures en rehef des cavernes qui furent les premières habitations, les os travaillés, les instruments, les armes, les débris de toutes sortes enfouis dans leur sol, que l'on peut se faire une idée des mœurs, des conditions d'existence, de la mentalité de ces anciens hommes et l'étude comparative des pleuplades sauvages, vivant actuellement dans l'Ancien et le Nouveau Monde contribue puissamment à nous faire comprendre, saisir et interpréter les dessins, signes et PROCÈS-VERBAUX 183 représentations inscrits par nos premiers ancêtres sur la pierre des cavernes. Ainsi l'ethnographie et la préhistoire sont sciences sœurs qui s'éclairent mutuellement et dont la marche parallèle permet de pénétrer chaque jour plus avant dans la vie des premiers occupaats de notre sol. A ces époques lointaines, la chasse est l'unique souci, souci constant dont dépend la vie même de la tribu. Aussi, dans les cavernes, à côté des ossements des victimes et des armes qui les ont abattues trouve-t-on gravée, sur les parois même, leur représentation avec un art et surtout une fidélité de forme et d'attitude qui montrent combien grand était le don d'observation de ces hommes encore si près de la nature. Comme les sauvages actuels, les premiers hommes avaient leurs amulettes, leurs fétiches, et de nombreuses projections nous montrent des animaux percés de flèches ou tombant dans des pièges ou encore entourés d'armes, sortes d'envoûtements destinés à rendre plus fruc- tueuse la chasse prochaine ou à faire culbuter plus facilement la proie dans des fosses construites à cet effet, fosses en tout semblables à celles que l'on retrouve encore de nos jours chez certaines peuplades de l'Australie, de l'Afrique du Sud et de l'Amérique du Nord. C'est donc bien l'instinct, celui de la chasse surtout qui inspira les premiers hommes dans leurs reproductions objectives et chez l'ancêtre comme chez le sauvage contemporain, l'instinct étant le même, ces manifestations artistiques sont forcément identiques. M. Cartailhac nous a encore montré la Vénus de Laussel découverte en 1912 par notre collègue M. le docteur G. Lalanne, les dessins des grottes des Eysies, à Fontdegaume et à Combarelles, dans la Dordogne ; de Brassempouy (Landes), de Niaux et de Marsoulas (Ariège), d'Alta- mira et de Cogul, en Espagne. It a établi la similitude des figurations de ces cavernes d'Europe avec les dessins relevés chez les Boschimans, peuplades actuelles du sud de l'Afrique. Au cours de sa belle conférence M. Cartailhac s'est plu à rendre hommage aux découvertes et travaux de notre collègue M. Daleau à Pair-non-Pair, près de Bourg-sur-Gironde, ainsi qu'aux travaux de Peyrony, Breuil, Begouen et tant d'autres grâce auxquels l'obscurité se fait de jour en jour moindre sur les époques les plus reculées de l'Histoire de l'Humanité. Enfin, M. Cartailhac montre combien il est regrettable que Bordeaux qui possède de tels savants, favorisé par sa position géographique exceptionnelle et son importance commerciale et industrielle sans cesse grandissante ne renferme pas encore un Musée d'Anthropologie et d'Ethnographie vraiment digne, de ce nom. Aussi, en terminant, fait-il 184 PROCÈS-VERBAUX des vœux pour que cette lacuae soit bientôt comblée et que les belles richesses scientifiques, qui pullulent dans notre région ou nous arrivent de toutes parts de nos colonies, trouvent dans la capitale du Sud-Ouest, pour le renom de la Cité et~ l'instruction de tous ceux qui désirent apprendre, la place qui lui est due au lieu de se perdre et de s'épar- piller aux quatre vents d'une lamentable indifférence. Le Président se levant à nouveau remercie chaleureusement au nom de notre Société, du public, de ses amis accourus pour l'entendre, l'éminent savant et l'aimable Linnéen de sa magnifique conférence et le public applaudit longuement l'incomparable conférencier dont le presti- gieux talent ne laissa pas tomber un seul instant l'attention de son auditoire enthousiasmé. Je m'excuse de ce compte rendu si terne, ne donnant que d'une façon si imparfaite l'idée de ce que fut cette inoubliable soirée. En consacrant, et avec quel succès, le retour de nos conférences inter- rompues depuis si longtemps, cette belle soirée marque une étape heureuse pour notre Société et ce m'est un agréable devoir d'en remer- cier notre Président dont cette glorification de notre Compagnie est l'œuvre toute entière. En cette circonstance comme en tant d'autres, il se dépensa sans compter, aussi nous a-t-il donné là un modèle et un exemple dont ceux qui auront à organiser des conférences par la suite ne pourront mieux faire que de s'inspirer et c'est en toute justice et bien sincèrement que tous ses collègues de la Société lui disent à lui aussi : merci. Discours prononcé à la Conférence publique de M. Emile Cartailhac, le 18 novembre 1920, dans le grand Amphi- théâtre de l'Athénée Par M. Armand Bardié Président de la Société Linnéenne. Messieurs, Permettez-moi, au début de cette séance, de vous rappeler ce qu'est la Société Linnéenne de Bordeaux. En organisant cette réuniou, elle continue sa tradition séculaire, en s'efforçant de répandre dans le public le goût des sciences naturelles. PROCES-VERBAUX 185 Notre Société fut fondée par J.-F. Laterrade, le 25 juin 1818. En 1828 elle fut reconnue d'utilité publique. Elle comptait alors quatorze sections répandues dans les deux hémisphères. Sur la demande du Gouvernement, elle dut modifier ses statuts et considérer désormais ses filiales, seulement comme Sociétés correspondantes. C'est grâce à l'initiative de la Société Linnéenne, que le Maire de Bor- deaux institua dans notre ville, le 28 avril 1829, un Marché aux Fleurs. En 1835, notre Société concourut à la fondation du Comice Agricole de l'arrondissement de Bordeaux, et, en 1841, à celle de la Société d'Agriculture. C'est également sous ses auspices que fut créée, en 1839, la Société d'Horticulture de la Gironde. La Société Linnéenne fut longtemps une sorte d'Académie fermée comprenant des membres titulaires, auditeurs et correspondants. Chaque année elle tenait, le 4 novembre, une séance publique, instituait des concours et distribuait des prix aux meilleurs mémoires. Mais, en 1882, notre Compagnie ouvrit ses rangs, non seulement aux savants et aux professeurs de nos Facultés, mais aussi à tous ceux qu'intéressait l'étude des sciences de la Nature, c'est-à-dire la biologie, la botanique, la zoologie, la géologie et la paléontologie. Le nombre de ses membres devint alors illimité. La fête commémoralioe en l'honneur de Linné et des savants natu- ralistes français, s'est annuellement renouvelée, sauf pendant les tristes années de guerre. En 1920, c'est à Libourne qu'elle a été célébrée. La réunion solennelle a eu lieu dans la grande salle de l'Hôtel de Ville. Notre Société a commémoré, avec le 102^ anniversaire de sa fondation, le centenaire de la Société Linnéenne de Libourne qui fut l'une de ses filiales. Le centenaire d'une Société marque pour elle une date mémorable ! aussi notre Compagnie avait-elle fait de beaux projets pour sa célébra- tion, en 1918. La guerre et l'absence de plus de quarante de nos collè- gues mobilisés aux armées, ont fait remettre à plus tard cette solennité. Cependant le 30 juin 1918 une réunion commémorative a été tenue à l'endroit même où fut fondée, il y a un siècle, la Société Linnéenne. Les publications de notre Société forment soixante et onze volumes d'Actes et de Procès- Verbaux ; elles sont échangées avec celles des Sociétés scientifiques du Monde entier, au nombre d'environ trois cents. Notre Association a pu ainsi former une bibliothèque de plus de vingt mille volumes, mise à la disposition de ses membres et ouverte aux professeurs et. aux étudiants. P.-V. 1920. 13 186 PROCÈS-VERBAUX La Société Linnéenne a pensé qu'elle devait faire aussi bénéficier le public bordelais de ses études de diffusion scientifique. Depuis une dizaine d'années, elle a repris, à FAthénée^ les grandes conférences dans le genre de celle d'aujourd'hui, ainsi que les causeries/ sur les questions intéressant particulièrement nos concitoyens. Elle a plusieurs fois fait précéder les causeries mycologiques, d'expositions de champi- gnons, permettant de discerner les diverses espèces. Afin de suppléer, dans la mesure du possible, au Cours Municipal -de botanique si malencontreusement supprimé il y a une vingtaine d'années, elle a organisé des excursions publiques oi^i les plus qualifiés de ses membres donnent des explications sur la botanique, la géologie et la zoologie. On connaît le succès qu'elles ont obtenu. Pour ne parler que des dernières, fexcursion mycologique du 24 octobre, avait réuni dans les bois de l'Alouette et de Canéjan, soixante participants. Quinze jours plus tard, le 7 novembre, cent cinquante personnes se pressaient à Gajac, pour apprendre les caractères distinctifs permettant de distin- guer les champignons comestibles des vénéneux. La MunicipaUté, nous ayant accordé une nouvelle salle à l'Athénée pour l'installation des importantes collections et des beaux meubles offerts par plusieurs de nos collègues à la Société, notre conservateur procède à leur classement et l'inauguration ne saurait tarder à avoir lieu. Il convient de remarquer que ces collections d'étude, ouvertes comme notre BibUothèque Test déjà, aux professeurs et aux étudiants, ne font pas double emploi avec les collections d'exposition du Muséum du Jardin Public. Comme vous le voyez. Messieurs, la Société Lin- néenne qui ouvre les rangs de ses membres auditeurs aux plus modestes amateurs des sciences naturelles, s'efforce d'être utile à nos conci- toyens et d'accomplir la mission que s'étaient assignée, il y a un siècle, nos vénérables fondateurs. Les sciences qui traitent des premiers âges de la Nature et de l'huma- nité passionnent aujourd'hui un grand nombre d'esprits, aussi la paléontologie et fanthropologie, comptent parmi nous de nombreux adeptes. Plusieurs membres de notre Société, M. Daleau, M. le docteur Lalanne, l'abbé Labrie, notamment sont des préhistoriens réputés par leurs travaux et les découvertes qu'ils ont faites dans notre région. Nul n'était mieux qualifié que M. Emile Cartailhac pour venir vous faire part de ses nombreuses recherches et des découvertes nouvelles faites dans nos cavernes et vous expliquer avec sa ferveur d'apôtre de PROCÈS-VERBAUX 187 la préhistoire, les premières tentatives artistiques des très anciens hommes. A l'appel de notre Société dont il est membre d'honneur, il s'est empressé de venir de Toulouse, cette. capitale^ cette ville d'art, du midi delà France. Ceux qui ont eu l'occasion d'entendre M. Cartailhac au milieu des riches collections dont il est le conservateur érudit, savent combien est précieux l'enseignement d'un tel maître ! Au. reste, M. Emile Cartailhac est bien connu de vous tous. Déjà plusieurs fois vous l'avez entendu, à celte même place, traiter de sujets analogues à ceux d'aujourd'hui, et vous avez assisté à ses leçons dans le grand amphithéâtre de notre Université. Ses travaux sont universellement réputés. L'on sait la constante collaboration qu'il a apportée^ depuis tant d'années, à toutes les plus importantes publi- cations sur l'anthropologie. Membre fondateur de l'Association française pour l'avancement des sciences en 1872, de la Société d'Anthropologie de Paris et du Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistorique, M. Emile Cartailhac pourra vous entretenir, comme il l'a déjà fait, des fouilles faites par de très noijibreux savants dans nos cavernes, et des obser- vations faites dans le vaste champ de la préhistoire. Je m'excuse d'avoir tant retardé le plaisir que vous aurez de l'entendre. Compte rendu de la Soirée offerte par la Société Linnéenne à M. Emile Cartailh'ac le 19 novembre 1920 Par le D^ Albert Baudrimont Secrétaire Général. Le 19 novembre dernier, à neuf heures du soir, notre Société se réunissait dans les salons de l'Hôtel de Bordeaux pour fêter et remer- cier le grand maître préhistorien, M. Emile Cartailhac, dont la belle conférence sur les plus récentes découvertes de nos Cavernes avait eu la veille un si retentissant succès. M. Edouard Harlé, le préhistorien bien connu, M. Maria, professeur à la Faculté des Sciences, avaient bien voulu nous faire l'honneur d'accepter notre invitation^et^de se joindre à nous. De même, plusieurs membres de la Société d'Archéologie, qui compte aussi de nombreux Linnéens, avaient répondu à notre appel et 188 PROCÈS-VERBAUX MM. Bastide, Boudin, Conilii, Charroi, Ferbos, Fargeaudoux, M^^^ yogé d'Avasse s'étaient empressés de venir saluer et entourer notre éminent collègue. . Mais, cette fête de la Préhistoire, glorifiée dans Tun de ses plus fervents apôtres, était en même temps fête linnéenne, aussi les linnéens, avides d'entendre à nouveau la parole prenante et si pleine de charme du Maître, qui n'avait pas oublié sa vielle Société de Bordeaux, étaient-ils accourus nombreux. C'étaient MM. Bardié, Baudrimont, Beille, Bouchon, Chaîne, Daydie, Dubreuil, Feytaud, Lacouture, Lacouture fils, Lamarque, Malvesin, Neuville, Neyraut, Sauvageau. Mais le soir, dans la nuit, les distances sont plus longues encore et combien regrettèrent leur éloignement ce soir là. Absents désolés : MM. Artigues, Baronnet, Boutan, Georges Bouchon, Breignet, Castex, Daleau, Degrange-Touzin, Devaux, l'Abbé Labrio, Lalanne, Llaguet, Muratet, Rozier avaient cependant tenu à faire savoir à l'émi- nent conférencier qu'ils étaient là aussi, par la pensée et par le cœur. Les présentations terminées, notre président, M. Armand Bardié, remercie tout d'abord M. Cartailhac d'avoir bien voulu, avec une telle et si généreuse spontanéité, accepter de faire cette magnifique confé- rence, dont l'éclat rejailli sur notre Compagnie qui peut se montrer fière. Certes, nous ne pouvions mieux faire pour marquer notre retour à la vie pubhque par la voie des conférences et des causeries que de nous adresser à notre savant collègue, déjà si connu et depuis si longtemps apprécié de tous dans cette ville, pourtant peu sensible aux émotions de la Science. C'est avec une ardeur toute Unnéenne qu'il a répondu à notre appel, qu'il en soit sincèrement et bien vivement remercié. Il rappelle ensuite son charmant accueil lorsqu'il alla à Toulouse lui demander son si précieux concours. Notre Président est linnéen convaincu, personne ne se permet d'en douter, mais le botaniste enthou- siaste se double chez lui d'un archéologue aussi passionné qu'érudit et voici Toulouse, la capitale du soleil, le refuge des artistes qui défile maintenant devant nous. Nous revoyons sa lumière, ses fleurs, ses parfums, sa poussière, ses pierres, ses briques un peu déteintes et aussi les petits caillons pointus qui à chaque pas vous arrêtent comme pour vous empêcher de partir. Voici Saint-Sernin autour de laquelle une foule bruyante et bariolée se presse les dimanches, l'éghse du Taur, si curieuse avec sa vieille légende, que sais-je encore. Ensuite viennent les Musées, le Musée Saint-Raymond où se trouve l'archéo- PROCÈS-VERBAUX 189 logie, le Musée d'Ethnographie et de Préhistoire attenant à la Faculté des Sciences et nous envions M. Bardié d'avoir vu toutes ces merveilles sous la conduite de leur savant conservateur, dont les fonctions, toutes faites de dévouement et d'amour de la science, sont purement honori- fiques. Puis, c'est l'Hôtel d'Assezat où se réunissent les six sociétés savantes de Toulouse, qui y ont chacune un local qui leur est propre avec bibliothèque, salle de lecture, salle de réunion, etc. Ce magnifique chef-d'œuvre de la Renaissance, de l'école de BacheHer, a été donné par un riche et bienfaisant Mécène pour abriter les sociétés savantes de la ville. Toulouse est bien réellement la ville des enthousiasmes, des amis de l'instruction, des arts, des sciences, de la pensée de tous les âges ! Pourrons-nous jamais en dire autant de Bordeaux ! Aussi, en quittant cette ville privilégiée entre toutes et surtout l'aimable collègue et ami qui l'y avait si gracieusement reçu, notre Président n'eut-il plus qu'un regret : n'être pas Toulousain. M, Bardié termine en remerciant M. Edouard Harlé de son bel ouvrage sur les Dunes de Gascogne qu'il a eu l'aimable pensée d'offrir à notre Société. M. Cartailhac remercie à son tour notre Société et tous les Bordelais de leur aimable et si cordial accueil, et c'est un plaisir toujours nouveau pour lui que de se retrouver parmi nous. 11 rappelle ses précédentes conférences à Bordeaux, ses études et ses excursions dans notre région en compagnie de MM. Daleau, l'Abbé Breuil, Peyrony, Lalanne et tant d'autres. Avec une belle verve et un entrain juvénile, il retrace les premières et passionnantes étapes de sa vocation de préhistorien, puis il arrive à son œuvre actuelle comme conservateur des Musées de Toulouse où, comme le disait si bien, tout à l'heure encore, notre Président, la cité se montre aussi soucieuse que fière de ses collections. C'est pour lui un douloureux étonnement de voir qu'à Bordeaux l'on semble tout à fait se désintéresser de cette question des Musées, si importante pourtant au double point de vue de la plus grande richesse de la ville et de l'instruction si nécessaire pour tous.. Comment se fait-il que notre Musée de préhistoire n'ait pas fait un seul pas depuis sa fondation, il y a plus de quarante ans déjà, par notre collègue Gassies. Il n'en est heureusement pas de même d'ailleurs' de tous nos Musées et il est heureux d'adresser ses félicitations à M. Chaîne, le nouveau directeur de notre Muséum où se trouvent des séries uniques qui peuvent nous être enviées par les autres Musées, celui de Toulouse notamment: 190 PROCÈS-VERBAUX Que ne ferait pas Toulouse si elle avait la chance d'avoir notre situa- tion géographique ! Nous nous -plaignons qu'à Bordeaux on ne s'inté- resse pas aux sciences, aux arts, à l'archéologie ; n'est-ce pas peut-être un peu de notre faute et faisons nous bien tout ce qu'il faudrait pour qu'il en fut autrement? 11 faut se faire connaître, s'agiter, remuant beaucoup pour obtenir un peu, et ne pas craindre de demander. A Toulouse, dès son retour, il se prépare à faire lui-même la tournée des Mécènes connus et inconnus et n'hésitera pas à frapper, et à coups redoublés s'il le faut, aux portes les plus riches. Il faut encore nous montrer et faire valoir nos richesses qui sont réelles et très grandes, qui pourraient être bien autrement importantes si, par ignorance, par insouciance tout au moins, des dons précieux qui nous étaient destinés n'avaient pas pris pour toujours une autre direction. Donc pas de découragement, mais de la volonté, du travail et surtout de la foi. Enfm, il n'a eu garde d'oublier les membres de la Société d'archéo- logie qui sont venus contribuer par leur présence au succès de notre réunion, aussi a-t-il apporté pour leur bibliothèque le magnifique volume sur la ville de Toulouse que le regretté M. de Lahondes avait dû laisser inachevé et qu'il vient de terminer. Notre collègue, M. Dubreuil, en même temps vice-président delà Société d'Archéologie, le remercie au nom de tous ses collègues présents et absents, de sa gracieuse et généreuse attention. Au sujet du vœu de M. Cartailhac de voir bientôt à Bordeaux un Musée de Préhistoire vraiment digne de ce nom, M. Charroi est heureux de nous apprendre que les belles collections de M. de Chas- taigner viennent d'être acquises, depuis quelques jours à peine, par la Ville. Combien de collections connaissons-nous, qui prendraient le même chemin, si elles étaient sûres de trouver leur place légitime dans un Musée constitué, au lieu d'aller moisir sans espoir de retour dans l'éternel et administratif provisoire de dépôts inconnus ! Puis, au miUeu des conversations de toutes natures qui gagnent de proche en proche les extrémités de la longue table, mais tout en gardant toujours pour centre notre éminent collègue qui répond avec une bonne grâce charmante et surtout une autorité, une vivacité d'élocution et une mémoire vraiment remarquables à toutes nos questions, le punch fut servi avec une profusion de gâteaux et de pâtisseries à ravir d'aise les plus difficiles et les plus affamés. Que reste-t-il à dire de cette inoubUable soirée, empreinte d'une si intime, on pourrait presque dire d'une si familiale cordialité, sinon PROCÈS-VERBAUX 191 qu'elle fut trop courte et lorsqu'il fallut, hélas ! nous séparer, M. Cartai- Ihac qui eut le mot de la fin nous répéta encore, avec toute sa joie, son grand désir de revenir bientôt parmi nous. Remerciements de M. A. Bardié à la lin de sa présidence Mes chers Collègues, Cette réunion marque le terme de mes fonctions de président. Après m'avoir fait l'honneur de me confier pendant cinq années la direction de notre Société, pour suppléer notre sympathique président, M. le docteur Llaguet mobilisé, vous avez voulu me maintenir, une année encore, jà cette place d'honneur et de confiance. Je vous en suis recon- naissant et j'en conserverai un profond souvenir. En quittant ce fauteuil, j'ai la joie de constater qu'une ère de pros- périté semble s'ouvrir pour notre chère Société. Malgré les prix exor- bitants des pubhcations, hors de proportion avec les ressources des Sociétés savantes, nous avons pu continuer à faire paraître nos Actes et nos Procès-Verbaux et retrouver quelques-unes des ressources qui nous faisaient défaut depuis longtemps. En effet, la subvention annuelle de la Ville a été rétablie comme autrefois, ainsi que celle concernant nos excursions et nos conférences publiques. Le Ministère nous a accordé une subvention qui nous a permis de continuer cette année encore, la publication de la Concho- logie Néogénique de l'Aquitaine. Enfin, après de pressantes démarches auprès de chaque membre du Conseil Général, cette Assemblée a décidé de rétabhr pour l'année 1921, la subvention qu'elle avait sup- primée depuis 1914. Dès que nous eûmes pris possession de notre Salle du Musée, de magnifiques collections et de beaux meubles pour les recevoir nous sont aussitôt arrivés ; plusieurs de nos collègues ont fiait preuve de la plus généreuse émulation. En moins d'une année, notre Musée a pu être constitué. Il ne reste plus qu'à compléter le classement des collections, travail auquels'emploient chaque jour, nos dévoués collègues M. Charles Daydie, conservateur, et Maurice Lambertie, conservateur adjoint. Mais il y avait encore à placer l'important herbier Godard offert, en 1913, par M. de Brou de Laurière, et aussi les divers herbiers nouvel- 192, PROCÈS- VERBAUX lement reçus. Ce n'était point chose facile. Grâce à la nouvelle libéralité de M. X. Rozier, cette installation est aujourd'hui assurée. Notre généreux collègue a fait fabriquer, tout exprès, les deux grandes bibliothèques avec corps de buffet placées de chaque côté de la cheminée et sur les rayons desquelles seront placés les paquets d'her- bier. Cet important don vient s'ajouter à ceux que notre collègue a déjà faits de la magnifique bibhothèque en chêne et de la grande vitrine déjà installées dans la salle. J'exprime de nouveau à M. Rozier toute la gratitude de notre Société. La Fête Linnéenne a été célébrée à Libourne avec un éclat inaccou- tumé et le souvenir de la séance, dans la grande salle de l'Hôtel de ViUe demeurera longtemps dans notre mémoire. Les excursions de la Société ont été fort attrayantes et celles où le public a été invité à prendre part ont eu un succès qui a dépassé toutes les prévisions. Au mois d'août dernier, nous avons reçu la Société Géologique de France dans la salle de notre Bibliothèque ; elle y a tenu ses réunions. Les géologues de notre Société, MM. Rozier, Dutertre, Duvergier, l'Abbé Labrie et Queyron, ont dignement représenté notre Compagnie. Ils ont dirigé les excursions vers les gisements fossihfères de nos faluns girondins que nos confrères ont été satisfaits d'étudier et on ils ont fait une abondante récolte de pièces rares. Enfin cette année a vu la réprise des grandes conférences publiques. Vous êtes encore sous le charme de la chaude et pénétrante parole de notre éminent membre d'honneur, M. Emile Cartailhac. Le savant préhistorien a exposé son interprétation nouvelle de certaines figures des cavernes. Les échos de cette belle conférence ont porté au loin le bon renom et si j'ose le dire la glorification de notre Société Linnéenne. A cette occasion, nous devons remercier la Presse bordelaise qui nous a donné le concours de sa pubhcité, et surtout notre ami M. Georges Bouchon, le pèrç de notre collègue, qui a fait, dans la Petite Gironde, un beau compte rendu de cette conférence faisant ressortir l'intérêt scientifique et l'importance des découvertes préhistoriques signalées et si bien démontrées par M. Emile Cartailhac, L'entrée dans nos rangs de nombreux et surtout de jeunes collègues est du meilleur augure pour l'avenir. Elle est de nature à rassurer ceux d'entre nous qui, arrivés au déclin de leur carrière, se sont parfois demandés comment ils seraient remplacés dans leur amour et leur dévouement pour notre Société Linnéenne. PROCÉS-YERBAUX 193 Cette année a été aussi marquée par des actes de grande générosité euvers noire Société et son Musée. Nous exprimerons de nouveau notre reconnaissance envers ces bienfaiteurs dont les noms seront vénérés par tous nos Linnéens. L'élan qu'ils ont donné ne s'arrêtera point et leur exemple, espérons-le, nous amènera encore de nombreux et importants dons. D'après cette revue sommaire nous pouvons conclure, sans exagé- ration, que l'année 1920 a été bonne pour la Société Linnéenne. Je vous remercie, Messieurs, de m'avoir rendu si faciles et si agréables mes fonctions de Président; au cours de ces dernières années marquées de tant d'événements divers. Vous me permettrez d'adresser des remerciements à ceux qui, dans ces temps difficiles, ont été mes fidèles collaborateurs. C'est grâce à leur dévouement que j'ai pu remplir la tâche que vous m'aviez confiée. J'ai nommé notre cher archiviste, M. Breignet, à qui nous gardons tous une dette de reconnaissance; M. X. Rozier toujours si généreux et dont le dévouement pour toutes nos œuvres est inlassable ; M. Georges Malvesin qui suppléa pendant deux années le secrétaire général et m'a apporté son précieux concours pour l'organisation des excursions et la rédaction des articles de publicité. Malgré les occupations si absorbantes de sa profession, M. le docteur Albert Baudrimont a tenu à remplir avec le plus grand zèle les délicates fonctions de secrétaire général. Je l'en remercie bien sincèrement. Enfin, Messieurs, je ne saurais oubUer le Unnéen que tous vous appréciez dans le docteur Llaguet. Malgré son éloignement de notre ville, il est resté de cœur avec nous, et souvent il fait, tout exprès, le voyage d'Arcachon pour venir assister à nos réunions. Grâce à son ardeur d'apôtre, il s'est formé autour de lui un groupe linnéen qui fait honneur à notre Société. M. le docteur Lamarque qui va me succédera déjà été votre prési- dent pendant deux années. Je vous ai dit tout le bien que je pensais de lui. On sait la part qu'il a prise dans la révision de nos statuts en 1909- 1910, et le renouveau de popularité qu'il a procuré à notre œuvre par l'inauguration des grandes excursions publiques. On peut dire de lui que le passé répond de l'avenir. Aussi, Messieurs, c'est avec confiance que je reprends ma place dans le rang. Je n'en conserverai pas moins pour notre chère Société l'amour et le dévouement dont j'ai puisé l'inspiration dans l'exemple de nos vieux linnéens. TABLE DES MATIÈRES (PROCÈS-VERBAUX 1920) (1) BOTANIQUE Pages Ballais Ophioglossum vulgalum L. et Saxifraga granulata L. près Bordeaux 49 — Un cas assez curieux observé chez Orchis morio. . 45, 54 — A ndrosœmum officinale à Floirac 49 — Floraison d'un camphrier au Bouscat 54 — Notes botaniques 99 Bardié (A.) Sur le genre Cyclamen 116 — Dabœcia polifolia Don. à Léognan 117 Bouchon Naturalisation de Tellima grandi'flora R. Br. et de Myriophyllum proserpinacoïdes Gill 66 — Bidens tripartitus aux allées de Boutaut 117 Claverie (A.) Isopyrum thalictroïdes et Listera ovata à Langoiran. . 51 Daydie (Gh.) Geaster hygromelricus à Pessac 30 — Amanita ruhescens géante de Pessac 123 DuBREuiLH Catananche cœrulea : . . 73 Lamarque (D"") Tricholoma pessundatum a. Bordeaux 129 Lataste (F.) Sur la maturation d'oranges à Cadillac 66 Llaguet (D"") Sur la formation des feuilles de Mimosa floribunda. . 167 Malvesin-Fabre g.). Compte rendu de l'excursion mycologique du 26 octo- bre 1919 à Léognan 28 — Ophrys litigiosa var. viridiflora à Langoiran 45 — Destruction de la station d'Epipactis latifolia à Gra- dignan 54 — Daphne cneorum à Pessac 66 — Carduncellus mitissimus D. C. à Fronsac 76 (1) La table des matières contenues dans les Actes se tiou've après ceux-ci. 196 PROCÈS-VERBAUX Malvesin-Fabre (G.). , Sur Amanita phalloïdes, Coprinus comatus et Lepiota excoriata var. Gracilenta 124 Mou REAU (Abbé) Un mouron bleu et Papa/JO' /iî/6ric?u?n près Bordeaux. 100 Plomb (J.-G,) Drosera rotundifolia à Arlac 100 — Notes sur quelques plantes nouvelles pour Arlac et sur Greffes paradoxales 125 — Note sur la conservation des champignons. 165 Tempère (G.) Notes sur quelques plantes nouvelles ou intéressantes de la région arcachonnaise 27 — Notes sur quelques plantes de la région du bassin d'Arcachon 168 ENTOMOLOGIE Baudrimont (Dr A.)... Sur la très grande abondance du Prosternon tessel- latum L. sur la plage de Mimizan 172 Lambertie (M.) Note sur divers Coléoptères trouvés aux environs d'Arcachon par G. Tempère • 104 — Remarque sur quelques Coléoptères nouveaux pour la Gironde 117 — Sur un cas tératologique de Chr^ysomela Banksi Fr. (Col.) 119 — Remarques sur quelques Cécidies 124 GÉOLOGIE DuTERTRE (A.-P.) Note sur Hélix Pisana MuUer 101 — Compte rendu de la première réunion de la Société Géologique de France à Bordeaux 119 ZOOLOGIE Bardié (A.) A propos d'un Glyciphage parasite de nos habitations. 54 Chaîne (J.) A propos d'un Glyciphage parasite de nos habitations. 65 — Hermaphrodisme externe chez l'écrevisse 102 Feytaud (D' J.) Sur un Glyciphage parasite de nos habitations 53 — ' Les invasions de Glyciphages à Bordeaux 60 — Les formes reproductrices du Termite lucifuge 160 Gendre (D'') Sur une espèce nouvelle d'Acuaria parasite de Ptilo- pachys fuscus Vieil! 35 — Un genre nouveau d'Acuariinœ., 40 Lamarque (D'' h.) A propos d'un Glyciphage parasite de nos habitations. 54 PROCÈS-VERBAUX 197 Pages SiGALAS (D'R.)... A propos (les Ténias des Rats transmissibles à l'homme. 42 — Sur un Paratyphique du Surmulot à Bordeaux 43 SUJETS DIVERS Ballais Compte rendu de l'Excursion du 11 avril 1920 à Lan- goiran 58 Bardi'é Discours prononcé le 7 janvier 1920 17, 21 — . - Discours prononcé à la 102« fête linnéenne à Libourne 76, 79 — La Société Linnéenne de Libourne. Centenaire de sa fondation 79 — Fêtes Linnéennes de la section de Libourne 82 — La 72*^ Fête Linnéenne célébrée à Libourne 86 — Visite de la ville de Libourne. L'Hôtel de "Ville. ... 88 — Le Musée de la Société 91 — Travaux, Excursions et Vœux de la Société 92 — Note nécrologique sur le général Oudri 94 — Discours prononcé à l'ouverture du Congrès Géolo-r gique à Bordeaux s 121 — Discours prononcé à la conférence de M. Gartailhac . 184 — Remerciements à la fin de sa présidence 191 Baudrimont (Dr A.). . . Compte rendu de la Conférence de M. Gartailhac. 122, 180 — . ... Compte rendu de la soiïée offerte à M. Gartailhac. . . 187 Bertrand Sur le déboisement 66 Bouchon Compte rendu de l'excursion du 21 mars 1920 à Lormont 55 Boutan (Louis) Sur l'utilité d'un Musée régional 18, 25 — Sur les tirages à part 32 — Un appareil pélagique de son invention 76 — Yves Delage et son œuvre 129 Chaîne (J.) A propos du Propithèque de Verreaux (La légende de Sifak) 49 Lataste (F.) Le fixation des talus par les plantes ' 66 Llaguet (Di) Allocution prononcée le 7 janvier 1920 16, 19 — Sur l'utilité d'un Musée régional 19 Maxwell - Projet de chambre touristique à Bordeaux 123 Plomb (J.-G.) Compte rendu de l'excursion du 16 mai 1920 à Lestonac . .' : 67 Membres du Conseil et des Commissions 3, 18, 99, 123 Personnel de la Société , 4 ■j Admissions.. 18, 30, 44, 51, 64, 75, 115, 123, 127, 167 Mouvement du personnel. < Démissions 18, 31 1 Décès ; 30 198 PROCÉS-VERBAUX Pages Bulletin bibliographique 7 Distinctions honorifiques 122, 127, 167 M. Degrange-Touzin nommé Président honoraire 123 Titre de " Bienfaiteur " donné à quelques membres 53 Dons divers 18, 32, 53, 115, 127 Dons faits au Musée de la Société 32, 44, 45, 51, 100, 116 Subventions 115 Rapport de la Commission des Archives 33 Compte rendu de la 102« fête linnéenne à Libourne, le 27 juin 1920 74 Prise de possession de la Salle des Collections 31 Conférence de M. Gruvel 166 Demande de réouverture du Muséum d'histoire naturelle 64 Sur la Fédération française des Sociétés des Sciences Naturelles 65 La Société Géologique de France à Bordeaux 75, 98, 114, 119 Sur la Restauration de la Bibliothèque de l'Université de Louvain 17, 51 Visite à M. le Maire 32 Bordeaux. -»- împ. A. Saugnag & E. Drouillard, place de la Victoire. 3. %t4^> 7 i^/^ty(C/i H^ ^* l'Ol'R I.A VENTE DES VOLUMES S'ac/re.'^ser : ATHÉaïÉE rue des Trois-Conils, 53 BORDEAUX