.< "* ACTES LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FOMDÉE LE 9JUIL 1_ ET ISIS Et reconnue comrae établissement d'utilité publique par Ordonnance Royale du 45 juin 1828. Athénée Rue des Trois-Conils, 53. VOLUME LUI Sixième série : TOME III BORDEAUX J. DURAND, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNEENNE. Rue Condillac, 20 1898 ACTES LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX. ACTES LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE UE 9 JUILLET ISIS Et reconnue comme établissement d'utilité publique par Ordonnance Royale du is juin 182S. Athénée Rue des Trois-Conils, 53. VOLUME LUI Sixième série : TOME III BORDEAUX J. DURAND, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE. Rue Condillac, 20 1898 ^O^ zab PERSONNEL DE LA SOCIETE irO) Au 1er janvier 1898. Fondateur Directeur : J.-F. LATERRADE (mort le 31 octobre 1858), DIRECTEUR PENDANT QUARANTE ANS ET CINQ MOIS, MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TÊTP] DE LA LISTE DES MEMBRES, PAR DECISION DU 30 NOVEMBRE 1859. DES MOULINS (Charles) (mort le 24 décembre 1875), président pendant TRENTE ANS , MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TETE DE LA LISTE DES MEMBRES , PAR DÉCISION DU 6 FÉVRIER 1878. CONSEIL D'ADMINISTRATION pour Vannée 1898. MM. cle!N'atoias,CI A., Président. Durègne, CJf A., Vice-président. Dr Salbrazès, Secrétaire général. Eyquem, Trésorier. Breignet, Archiviste. Bardié, ^ A., Secrétaire-adjoint. MM. Brascassat. de Loynes, Q Motelay, ^.. Rodier, Q A. "V assillière, ^, COMMISSION DES PUBLICATIONS MM. Brascassat. De Loynes. COMMISSION DES FINANCES MM. Bardié. Bial de Bellerade. Blondei de Joigny. COMMISSION DES ARCHIVES MM. Gouin. Lamlbertie. Toulouse. (1) Fondée le 9 juillet 1818, la Société Linnéenne de Bordeaux a été reconnue comme établissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a été autorisée à modifier ses statuts, par décret du Président de la Répu- blique du 25 jan-.ier 1884. VI MEMBRES HDNORAIRES MM. Crosse, conchyliologiste, 25, rue Tronchet, à Paris. IDecrals (Albert) G. 0. ^j à Mérignac. Le Jolis (Dr), à Cherbourg. Xjinder, G. C. ij^, ^ A., inspecteur général des Mines, Président de la Commis- sion spéciale des cartes géologiques détaillées de la France et de l'Algérie, rue du Luxembourg, 38, à Paris. Milne-Edwards (Alphonse), ^ 0., membre de l'Institut, directeur du Muséum à Paris. Nylander (Dr), passage des Thermopyles, 61, à Paris. Ferez (Jean), !ftj, ^ A., 21^ rue Saubat, à Bordeaux. MEMBRES TITULAIRES MM. Amblard, (le Dr), 14 bis, rue Paulin, à Agen. Artigue (Félix), 172, rue Fondaudège. A-udetoert (Oct.), 35, rue d'Ornano. Bâillon (le D''), à Villandraut (Gironde). Bardlé (Armand), ^ A., 49, cours Tourny. Baronnet, 221, rue de Saint-Genès. Beille (le D''), 218, cours Gambetta (Talence). Benoist (Emile), 6, rue Pierre-Taillée, à Argenton-sur-Creuse (Indre). Bial de Bellerade, villa Esther, Monrepos (Cenon-La Bastide). Billiot, 4, rue Saint-Genès. Blondel de Joigny, 359, boulevard de (^audéran. Boreau-Lajanadie, ^, 30, cours du Pavé-des-Chartrons. Brascassat, 3, rue du Chalet, à Caudéran. Breignet (Frédéric), 33, cours Saint-Médard. Bro"Wn (Robert), 99, avenue de la République, à Caudéran. Ch.omîenne ^Léon), cours de l'Intendance, 47. Colombot, au Lycée de Brest (Finistère). Crozals (André), à Cette. Daurel (J.), :^:, 25, allées de Tourny. Daydie (Ch.), 120, rue David-Johnston. Begrange-Touzin (Armand), 31, boulevard Gambetta, à Cahors. Bupuy de la Grand'Rive (E.), 36, Grande-Rue, à Libourne. Burand-Begrange, Q A.., ^, 7, boulevard de la Gare, à Libourne. vu MM. Durand (Georges), 20, rue Condillac. Durègne, Q A., 34, cours de Tourny. Durieu de M^isonneuve (Elly), à Blanchardie, par Montagrier (Dordogne). Engerrand (Georges), 34, rue de Ségur. Eyquem, 54, rue Pomme-d'Or. Gérand, 25, allées de Tourny. Gineste, 82, cours Tourny. Gouin, 99, cours d'Alsace-Lorraine. Goujon (l'abbé), curé de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde). Grangeneuve (Maurice), 17, rue Vital-Garles. Granger (Albert), Q A., 14, rue de Galard, Guestier (Daniel), 33, pavé des Chartrons. Jarlan (E.), chemin Grand-Lebrun, Caudéran. Journu (Auguste), 55, cours de Tourny. Kunstler, i^ L, 49, rue Duranteau. Labrie (l'abbé), curé de Lugasson, par Rauzan. Xjalanne (Gaston), Castel-d'Andorte, Le Bouscat (Gironde). Lanxbertie (Maurice), 42, cours du Chapeau-Rouge. Lasserre (le D"' G.), 37, rue Bouflard. La^wton (Edouard), 94, quai des Chartrons. Le Belin de Dionne, G. i^, 41, cours du XXX-Juillet. Lespinasse (M™" V"), 25, rue de la Croix-Blanche. Leymon (E.-M.), rue de la Belotte, à Libourne. Llierminier. Ecole de médecine navale. Loynes (De), yi L, 6, rue Vital-Carles. XjUetkens (De), château Latour-Carnet, Saint-Laurent (Médoc) . Lustrac (De), 22, rue du Mirail. Maxwell, 37, rue Thiac. Ménard (l'abbé), à Saint-André-de-Cubzac. Millardet >ïf , Q T., s^, 31, rue Saubat. IVCotelay (Léonce), j^, 8, cours de Gourgue. Nabias (De), ^ A., 17, cours d'Aquitaine. Neyraut, 175, boulevard de Bègles. Faction (V.), 28, rue Teulère. Petit (Louis), 23, rueCaussan. Peytoureau, 28, cours du Chapeau-Rouge , Pitard, H, rue d'Albret, VIII MM. Freller (L.), 5, cours de Gourgue. Reyt (Pierre), à Bouliac, par La Bastide. liigaud., à La Brède (Gironde). Rittei* (Henri), allée de Boutant, 12. Rivière (Paul), 3, rue Jean-Burguet. Rodier, ^ A., 20, rue Matignon. Sabrazès, 134, cours Victor-Hugo. Sellier (Jean), 20 bis, rue Lafaurie-de-Monbadon. Toulouse (Adolphe), 31, rue Ferbos. Vassilière, ^, 4^, professeur départemental d'agriculture, 52, cours St-Médard. Viault, professeur à la Faculté de médecine, place d'Aquitaine. ■Winckler (Edmond), au Fleix (Dordogne). MBMBRES CORRESPONDANTS (Les Membres dont les noms sont marqués d'un astérisque sont cotisants et reçoivent les publications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. * A.rnaud, rue Froide, àAngoulème. Aymard (Auguste), y» L, président, directeur du Musée, au Puy. Baudon (D'), à Mouy-de-l'Oise (Oise). Bellangé (D"' Louis), à la Martinique. Bellardi, membre de l'Académie royale des sciences, à Turin. Berton, à Paris. * Blasius (W.), prof. Technische-Hochschule Gauss-Strasse, 17, à Brunswick- Boulenger, British-Museum, à Londres. Bouron, 24, rue Martrou, à Rochefort-sur-Mer. Boutillier (L.), à RoucheroUes, par Darnetal (Seine-Inférieure). Brunaud (Paul), 77, cours National, à Saintes. Bucaille (E.), 71, cours National, à Saintes. Capeyron (L.), à Port-Louis (Maurice). Cartoonnier, ^, Q A., à Paris. Cazalis (Frédéric), cité Industrielle, à Paris. Charbonneau, rue Mouneyra, 253, à Bordeaux. Clos (Dom.) ^, Q T., directeur du Jardin des plantes, allées des Zéphirs, 2, à Toulouse. IX MM Collin (Jonas), Rosendals Vej, 5, à Copenhague. Contejean (Charles), prof, de géologie à la Faculté des sciences de Poitiers.' * Crosnier (J.), rue d'IUier, à Orléans. * Da.lea.u (François), à Bourg-sur-Gironde . * Debeaux (Odon), >i^ 0., 28, rue Saint-Lazare, à Toulouse. Denis (Fernand), ingénieur civil, à Chauny (Aisne). Doiihet, à Saint-Emilion (Gironde). Drory, ingénieur à l'usine à gaz de Vienne (Autriche). * Dulbalen, directeur du Muséum, à Mont-de-Marsan (Landes). * Dubois, 39, rue de Saint-Pétersbourg, à Paris. Dupuy de la Grand'Rive, boulevard Arago, 10, à Paris * Ferton (Ch.), Capitaine d'artillerie, à Bonifacio (Corse), * Fischer (Henri), 9, rue Le Goflf, à Paris. Folin (Marquis de), >ii, à Biarritz. Foucaud, y^ A., au Jardin de la marine de Rochefort (Charente-Inférieure). Fromentel (D' de), à Gray (Haute-Saône). * Frossard (Emilien), chalet de l'Adour, à Bagnôres-de-Bigorre. * Gasilien (Frère), 27, rue Oudinot, à Paris. GrObert (D»- E.), à Mont-de-Marsan. G-OSSelet, "î^, IJf I , professeur à la Faculté des sciences, r. d'Antin, 18, à Lille. Hansen (Karl), 6, Svanholmsvej, à Copenhague. Hidalgo, Huertad, n" 7, dupl. 2° derecha, à Madrid. Jacquot, 0. «ï*, inspecteur général des mines, en retraite, directeur honoraire du service de la carte géologique détaillée de la France, rue de Monceau, 83, ' à Paris, Jardin (Edelestan), à Brest. Jouan, ^, capitaine de vaisseau, rue Bondor, 18, à Cherbourg. Xjalanne (l'abbé), à Saint-Savin (Gironde). Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, à Toulouse. Lange (Joh.), professeur de botanique à Copenhague, Lartet, ys L, professeur de géologie à la Faculté des Sciences, rue du Pont- Vourny, à Toulouse. * Lataste (Fernand), à Cadillac. Xj'Isle du Dreneuf (de), à Nantes. Lortet, ^, y* L, directeur du Muséum, â Lyon. Lyman (T.), Muséum of comparative Zoology, à Cambridge (E. U.), Marchand (D^) père, à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). X MM. * Martin, au Blanc (In(fre). Màyer-Eymar (Ch.), prof, de paléontologie, Gesner-Allée, 15, à Zurich (Suisse). * Mège (l'abbé), curé de Villeneuve, près Blaye. Mùller, à Copenhague. Nègre (Noël), 11, rue Maucoudinat, à Bordeaux. Nordlinger, professeur, à Stuttgard. * Oudri (Général) i^, à Durtol (Maine-et-Loire). * Oustalet, >ï*, Il I., 121, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris. * Paris (Le Général), ^ C, à La Haute Guais, par Dinard (Ille-et- Vilaine). * PécllOUtre, au lycée Buffon, à Paris. Périer (L.), d I, pharmacien, à Pauillac (Gironde). Preud'homme de Borre, conservateur du Musée royal, rue Dublin, 19, à Ixelles, près Bruxelles. * Ramond, assistant de géologie au Muséum, 25, rue Jacques-Dulud, Neuilly- sur-Seine, Paris. Regel ?perger (G.), 85, rue de la Boëtie, à Paris. Revel (l'abbé), à Rodez. Rocliebrune (de), O I, 55, rue Buffon, à Paris. San Luca (de), à Naples. Sauvé (Dr), à La Rochelle. Scliariî (Robert), Bœkeinheimer Anlage, 44, à Francfort -s/-Mein. Serres (Hector), ^, à Dax. * Surcouf (Jacques), Forêt-du-Ménil, par Flergue (Ille-et- Vilaine). * Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, à Paris. * Tarel (R.), château de la Beaume, près Bergerac. "Van Heurk, directeur du Jardin botanique, rue de la Santé, 8, à Anvers. * Vasseur, professeur à la Faculté des sciences, à Marseille. "Vendryès, chef de bureau au Ministère de l'Instr. publique, rue Madame, 44, à Paris. * "Westerlunde (D'), à Ronneby (Suède). LES LICHENS DES ILES AZORES PAR William NYLANDER D^ M. Les Lichens des Iles Azores sont peu connus. Les principales collections de ces îles, dont j'ai eu l'occasion d'examiner les échantillons, sont celles publiées par M. le professeur Henriques {Bolet, da Soc. Rrot. vol. XII, 1895) et par Trelease in Bot. Obser- vations on the Azores 1897^ p. 199-206. Il convient de rappeler ici que ce g-roupe ou archipel d'îles volcaniques est situé au milieu de l'Océan Atlantique à 700 milles du Portug-al (latitude 38). Les Lichens publiés par M. Henriques ont été récoltés par le docteur Carreiro et déterminés par moi ; ceux de M. Trelease^, récoltés par lui-même et déterminés d'une manière peu satisfai- sante par M. Williams de Washing-ton. Ce travail m'a été commu- niqué sans les échantillons de tous les numéros cités^ de sorte qu'il ne me sera pas possible d'en donner la liste complète, mais il est probable cependant que ce qui est supprimé n'aurait g"uère augmenté le nombre véritable des espèces, car les listes donnant des noms inexacts n'ont aucune valeur pour la science et de celle de M. Williams on ne doit retenir que ce qui a été contrôlé par moi (1). (1) M. Henriques rappelle que dans Seubert, Flora azorica 1844, sont énumérés 10 lichens et dans Drouet, Catalogue de la Flore des îles Açores 1866, 41 Lichens, dont plusieurs douteux. Inutile donc de les citer bien que M. Trelease les ait admis. La collection Drouet aurait sans doute offert quel- ques espèces à ajouter, surtout dans les Cladonies. Je regrette beaucoup de ne pas l'avoir vue. Voici ce que les deux, collections réunies m'ont offert. Ajoutons seulement que l'ensemble des Lichens azoriens se rapproche le plus de ceux des Canaries et du Portugal. Fam. COLLEMACEI Trib. LICHINEI. 1. Lichina py^insea Ach., Nyl. Syn. p. 91, t. II, f. 16. San Mig-uel. Saxicole (Trelease). 2. CoUema piclineuin Ach., Nyl. Japon, p. 15. Santa Maria (Trelease). Abelheira, saxicole (Carreiro). 3. Stephanophoron phyllocarpum (Pers.), Nyl. Husn. Antil. p. 4. var. isidiosum. Terceira, sur les branches de Eriobothrya abondant (Trelease). San Mig'uel. Fam. LIGHENACEI Trib. STEREOGAULEI 5. Stereocaulon splieerophoroides Tuck., Nyl. Syn. p. 234, t. VII, f. 9. Saxicole (Carreiro et Trelease). Corvo, Flores, etc. 6. Stereocaulon denudatum Flk., Nyl. Syn. p. 247, t. VII, fig-. 29. Saxicole (Carreiro). Trib. CLADONIEI. 7. Cladonia pyxidata * cliloroplisea Flk. , Nyl. Faris. p. 28. San Miguel. - 3 - 8. Cladonia pung^ens Ach.,Nyl. Paris, p. 31. — Thallus K 4-. Santa Maria (Trelease). 9. Cladina sylvatica Hffm. Les podéties K (Cad) -f- (1). San Mig-uel (Trelease). Trib. RAMALINEI. 10. Rainalina farinacea (L.) Nyl. Ram. p. 34. Rameaux de prunier (Carreiro). 11. Ramalina pollinaria Ach., Nyl. Ram. p. 52. Sur des rameaux d'orang-er (Carreiro). 12. Ramalina pusilla Le Prév., Nyl. Ram. p. 66. Sur des rameaux d'orang-er (Carreiro). 13. Ramalina euspidata Ach., Nyl. Ram. p. 60. Saxicole. Corvo, Graciosa (Trelease). 14. Ramalina subg^eniculata Nyl. Ram. p. 69. Corticole. San Mig-uel. Trib. ROCCELLEI. 15. Roccella fuciformis Ach. Saxicole (Carreiro). 15. Ruccella pliycopsis Ach. Thalle CaCl —, sorédies -{-. Saxicole. San Miguel, etc. 17. Roccella tinctoria Ach. Syn. p. 243 « in ins, Azoricis ». (1) Les Cladina sont souvent confondus. Indiquons ici les réactions des podé- ties qui distinguent les principales espèces. Dans le Cladina sylvatica HfFm. cette réaction est toujours K (CaCl) + d'un jaune bien marqué. Ainsi dans Coem. Cl. Belg. 153-159, 164, 167-172; dans Zw. L. 1037-1039. La var. ienuis Flk. dans Coem. 150-152. La même réaction K (CaCl) 4- aux podéties de Cl. sylva- tica var. axillaris Nyl., Lamy Catal. p. 22 {podetia ad axillos hiascentia). Il faut distinguer du Cl. sylvatica le Cladina alpestris (L.), dont les podéties ont la réaction K (CaCl) — et auquel appartient Coem. 148, 160-163 ; Zw. L 890, 891 (Zw. 645 contient les deux espèces Cl. sylvatica et Cl. alpestris). — Cl. polycarpia Flk. Comm. p. 168, Coem. 133, 168, 162 a aussi la réac- tion K (CaCl) — . Le Cl. rangiferina (L.), à réaction K -l-, n'est pas donné dans la collection Coemans. - 4 — Trib. USNEEI. 18. Usnea florida Ach., Nyl. in Cromb. Br. Lich. p. 291, figurée analyticse, Pico (Trelease). 19. tJsnea ceralina A.ch., Nyl. Paris, p. 33. Sar l'écorce du fig'uier (Carreiro). Corvo. Trib. PARMELIEI. 20. Parmelia caperata (L.) Ach., Nyl. Paris, p. 35. Corticole. Flores, San Mig-uel (Trelease). 21. Parmelia perlata Ach., Nyl. Pains, p. 35. Thalle K + jaune et médulle K -f- jaune. Corticole (Carreiro),— var. ciliata DC. Flores (Trelease). 22. Parmelia subcrinita Nyl. Japon, p. 26. « Thallus similis » Parmeliœ crinitse Ach., sed medulla K e flavo-ferrugineo- » sang-uinea. Marg-ines loborum ciliati (sicut in ciliata DC). » (1). Saxicole (Senhora da Roza). 23. Parmelia perforata Ach., Nyl. Syn. p. 377. Sur l'écorce des pommiers (Carreiro). Santa Maria (Trelease). 24. Parmelia revoluta Flk., Nyl. Syn. p. 385. Thalle à médulle CaCl erythrinique. Sur les troncs de Piniis pinaster (Carreiro). Trib. STIGTEI. 25. Stieta aurata (Sm.) Ach., Nyl. Syn. p. 361. Sur les écorces à'PJiyoèothrya, etc. (Carreiro, Trelease). (1) Le Parmelia crinita Ach. ressemble au ciliata DC, mais son thalle, qui n'est jamais sorédié, porte un isidium fréquent, c'est-à-dire de petites excrois- sances papilliformes simples ou rameuses, et les spermaties sont cylindriques, longues de U. 006-9. épaisses de 0,0008-0,0010 millira. Nyl. in Journ. de Bota- nique 1888, p. 33. La réaction du thalle et de la médulle est K -f- jaune, comme dans le P. perlata Ach. — 5 — 2k Sticta (lamsecornis Ach., Nyl. Syn. p. 356. Pico, San Miguel, Santa Maria (Trelease). 27. Lobarîa pulnionacea Ach., Nyl. Syn. p. 351, var. hypo- melaDel., Nyl. 1. c. p. 352. San Miguel, Santa Maria (Trelease). 28. Stictina fulig^înosa Dicks. (Ach.), Nyl. Syn. p. 347, Paris, p. 39. Saxicole (Abelheira). 29. Lobarina scrobiculata (Scop.), Nyl. in Flora 1877, p. 233. Flores (Trelease, n" 1516). 30. Bicasolia herbacea Huds., Nyl. Syn. p. 370, t. I, f. 6, t. VIII, p. 46. « In insulis Azoreis ». Trib. PELTIGEREI. 31. IVephromiuin laevig^atum Ach., Nyl. Syn. p. 320. Santa Maria (Trelease). 32. Peltig;era polydactyla (Neck.) Nyl. Syn. p. 32(3. Flores (Trelease). Trib. PHYSCIEI. 33. Physeia parietina (L.) DN., Nyl. Pa7is. p. 41. Sur les orangers, etc. (Carreiro, Trelease). 34. Physeia flavicans (Sw.)DC., Nyl. Syn. p. 406. Flores, Santa Maria (Trelease). 35. Physeia leueomela Mich., Nyl. Syn. p. 414. Saxicole (Senhora da Roza et Abelheira), Flores, Santa Maria (Trelease). Trib. PYXINEI. 36. Pyxioe sorediata (Ach. Syn. p. 54 sub. Lecidea). Thalle K + jaune, médulle — . Sur écorce de Pittosporum (Prio das Cannas). 37. Pyxine Meissiicrîna Nyl. Andam. ]). ^. « Sat similis Pyxinae Meissneri Tack., sed optime thallo K -f- flavo (medullsB reactione nulla) differens. Apotliecia omnino lecideina nec ssepius sublecanorina sicut in P. Meissiieri. » Sur écorce d'orang-er (Carreiro). 38. Pyxine azorea Nyl. apud Heur. Azor. p. 4. « Subsimilis » P. sorediatae, eadem reactione K flavescente (medullse nulla), » sed thallus isidiosus. Sterilis, saxicola » (Carreiro). Trib. PANNARINEI. 39. Coccocarpia molybdaea Pers., Nyl. Syn. II, p. 42. Saxicole (Abelheira). Corvo, Flores (Trelease). Trib. LEGANO-LEGIDEEI. 40. Leeanopa pyracea Ach., Nyl. Paris, p. 50. Sur l'écorce de Myrica (Carreiro). 41. Lecanora rugosa Pers., Nyl. Pœis, p. 56. Sur l'écorce de fig-uier, de Myrica (Carreiro). 42. L.eeaoopa caesio-rubella Ach. Syn. p. 167. Sur écorce de poirier (Abelheira) et ./l/ync<3! (Senhora da Roza). 43. Lecanopa parella Ach., Nyl. Paris, p. 67. « Thallus Ca » Cl — , epithecium K (CaCl) + erythrinose reag-ens ». Flores, Santa Maria (Trelease). 44. L,ecidea azorica Nyl. Subsimilis Lecideae meiosporae Nyl., thallo albo rimuloso K subâavescente, apotheciis albo- suffusis. Sporse long-it. 0,016, crassit. 0,007 millim. Sur les scories à San Mig-uel (Trelease). 45. Lecidea Parineliarum Smmrf. Abrothalluss ^Vel- witschîi Mont., Tul. Mem. Lich. p. 115. Parasite sur le Stictina fuliginosa (Dicks.). De la tribu des L.ecano«L sur scories de Flores, mais le fragment d'échantillon qu'il cite me paraît se rapporter à un Pyxine. — Je profite de cette occasion pour donner ici la défi- nition d'un Endocarpon nouveau : E. diluiius, affine E. miniato, pallidius, apotheciis supra pallescentibus, sporis minoribus (longit. 0,010-11, crassit. 0,005 millim.). Arando de Moncayo, province de Saragosse en Espagne (lUas Lâzaro é Ybiza) Tome LUI. 2 OBSERVATIONS SUR LES VARIATIONS SPECIFIQUES CONSÉCUTIVES A DES CHANGEMENTS DE MODE D'EXISTENCE Par J. KUNSTLER. L'origine des êtres a de tout temps occupé les philosophes et les naturalistes; elle a flonné lieu à deux courants dominants, l'un qui attribue h tous les organismes un point de départ mys- térieux sans rapport absolu et direct avec les forces naturelles, l'autre qui ne fait appel qu'à ces dernières pour expliqut;r l'existence du monde animé. Dans la première manière de voir un acte créateur est invoqué; dans la deuxième hypothèse les êtres les plus simples tireraient leur orig-ine de corps non vivants, grâce au concours des seules forces naturelles invo- quées, et, par une évolution progressive et ascendante, tous les autres en seraient dérivés. Ces deux théories reposent, chacune, sur des vues spécula- tives, et l'observation ne tient qu'une place relativement res- treinte dans leur genèse. Toutefois l'hypothèse de la descendance a en sa faveur certains faits indéniables qui ne laissent pas que de lui donner une force considérable. Eu effet, la théorie évolu- tioniste a pour base directement coustatable la variabilité des espèces et la genèse d'espèces nouvelles, d'où l'on a conclu à une descendance universelle. Mais les procédés précis par lesquels s'opère le phénomène ainsi invoqué ne sont pas encore établis avec une sécurité définitive. — 10 — Pour Darwin, les variations des êtres sont accidentelles et le moteur de la transformation spécifique se trouve dans la sélec- tion naturelle par la lutte pour l'existence (dispositions offen- sives et défensives, colorations sympathiques, mimétisme, etc.). Bien différente était la conception de son devancier Lamarck qui ne croyait g"uère qu'à l'influence du milieu comme point de départ des variations individuelles ; celles-ci étaient donc provo- quées (usage, non-usage, température, etc.). L'adaptation fonctionnelle ou l'évolution régressive fixée par l'hérédité progressive, conquiert encore tous les jours de nou- veaux partisans. Nâgeli ajoute aux processus précédents des variations, en quelque sorte, autonomes, dues à des forces internes, en vertu desquelles les organismes possèdent une tendance à se transfor- mer par une complication ascendante. Enfin les théories biomé- caniques modernes mettent enjeu les forces naturelles combinées en composés plus ou moins complexes qui dirigent l'évolution en agissant sur des corps à constitution atomique déterminée et à réactions correspondantes. Quelle que puisse être l'importance -j'elative de ces divers processus, il paraît démontré qu'il est des circonstances particu- lières qui ont pour effet direct d'accélérer la production des variations. La théorie des mig-rations est basée sur le fait que des milieux séparés les uns des autres par des barrières infranchissables présentent à l'observation des espèces différentes. Si ces milieux ont été originairement réunis entre eux, ces espèces sont plus ou moins voisines, mais, en général, d'autant plus dissemblables que la séparation remonte à une date plus lointaine. Donc, si le séjour des espèces dans leur milieu originel ne stimule que peu les variations, au contraire, la constitution d'espèces nouvelles est un résultat ordinaire de voyages ou de séparations acciden- telles de groupes d'individus. Sous l'influence de conditions de milieu nouvelles des modifications rapides interviennent qui altèrent les caractères spécifiques primitifs. Les faunes d'îles originairement rattachées aux continents voisins sont un excel- lent exemple de ces faits. Dans l'ensemble de ces phénomènes de migration, il est des particularités sur lesquelles l'attention des observateurs ne s'est - 11 — pas suffisamment fixée. Dans le cours de recherches poursuivies depuis de long"ues années sur les Protozoaires, il m'a été loisible de faire certaines remarques sur ce point. De mes observations, il résulte tout d'abord que des individus changés artificielle- ment et brusquement de milieu présentent, dans la règde, une réaction pathologique à laquelle le plus grand nombre ne résiste pas. Les changements de milieu d'un être adulte et adapté à ses conditions primitives d'existence exercent une influence néfaste sur l'organisme, et toute transplantation est une opération déli- cate. Ce phénomène, observé autre part, a été souvent qualifié à! acclimatation et considéré comme une simple accoutumance aux influences infectieuses ambiantes, alors que le phénomène est loin de paraître aussi unilatéral. L'invasion microbienne semble plutôt n'être qu'une action intercurrente et plus rapide dans un processus plus lent. Quoi qu'il en soit, rien n'est plus difficile que de transplanter avec succès une forme d'un milieu dans un autre. Avec une rigueur remarquable_, tous les milieux, suivant leur composition, leur origine^ leur genre de putréfaction, etc., présentent leurs espèces de Protozaires bien déterminées. Mieux encore, les individus d'une même espèce, trouvés dans des milieux un peu différents, présentent souvent des caractères suffisamment dis- tincts pour bien mettre en lumière l'action de leur habitat. On peut quelquefois, expérimentalement, arriver à changer plus ou moins lentement les conditions du milieu soumis à l'observation, à créer, en quelque sorte, des milieux nouveaux sans les rendre inhabitables par leurs hôtes ordinaires. Dans ces conditions, il est possible de démontrer que les variations signa- lées ci-dessus sont bien les effets directs de l'action du milieu_, et il devient possible d'en contrôler expérimentalement l'influence réelle sur les variations des êtres. Les bassins des jardins botaniques, creusés en terre et maçonnés, peuvent constituer un excellent champ d'expérimen- tation. En couvrant un bassin de ce genre, pendant toute la durée de l'année, été comme hiver, d'un vitrage qui a pour effet d'emmagasiner la chaleur solaire et de le mettre à l'abri des agents physiques, aussi bien que de toute variation de tempéra- ture brusque et considérable, la plus grande partie de la faune primitive ne tarde pas à dépérir dans ce milieu dont la tempéra- - 12 - ture moyenne est constamment bien plus élevée que dans les autres bassins. Il survient même souvent une certaine période plus ou moins putride. Mais bientôt un état d'équilibre s'établit, caractérisé par une faune pauvre et ne consistant guère qu'en des représentants des espèces banales. Par la suite, les faits deviennent tout autres, soit par le déve- loppement direct de certaines espèces, soit par une riche évolu- tion d'org-anismes dus à un ensemencement fait avec l'eau des bassins voisins. Les êtres vivants se développeront d'une manière bien particulière dans ce milieu si profondément modifié. Par exemple, VAzolla fiUiculoides, si commune dans le Sud-Ouest, où elle prend une extension telle qu'elle menace d'envahir .toutes les eaux de la région et d'en bannir les végétaux aquatiques autochtones, se présente généralement sous l'aspect d'assises plates d'un brun rougeâtre. Dans notre bassin, cette plante devient d'un vert vif et, au lieu de rester en couche plate, se dispose en une assise épaisse, à touffes saillantes. Mais ce sont les caractères que de longs laps de temps font acquérir aux Protozaires qui nous ont le plus préoccupé. Ces organismes se caractérisent bientôt par une structure d'une netteté incomparable. Plus grands qu'à l'air libre, leurs organes se différencient d'une façon bien plus nette que tout autre part. L'on peut observer là un remarquable épanouissement des caractères spécifiques, transformant des rudiments d'organes en parties d'un développement extraordinaire (1). L'influence du milieu, dans la formation de ces variétés qui diffèrent beaucoup des formes souches, autant par l'aspect que par la constitution, est évidente ; elle est d'autant plus remarquable, qu'elle ne porte pas seulement sur un développement du corps comparable à un engraissement, mais bien sur un perfectionnement organique, peut-être susceptible d'être rapproché de ce qui a pu se pro- duire au début de l'évolution, où les conditions ambiantes ont pu avoir pour action de maintenir certaines formes à leur état momentané, alors que d'autres, plus favorisées à ce point de vue, ont purpasser outre et devenir la souche de formes plus élevées. Ces faits de variations directement observables nous semblent (1) J'ai étudié autre part certains processus modificateurs au point de vue de leur action intime sur les éléments du corps. {Revue scientifique, 19 juin 1897). — 13 — avoir une certaine importance au point de vue de la descendance. En général, toute observation précise sur des variations spécifi- ques tire un g-rand intérêt de la constatation que cette théorie n'a d'autres bases positives que l'accumulation de matériaux de cet ordre. . L'intérêt de ces observations peut encore être augmenté par la remarque que d'énormes laps de temps ne sont pas toujours indispensables pour aboutir à des résultats d'une certaine importance. Ainsi il peut m'être permis de rappeler que, par exemple, l'influence du milieu a été, en quelque sorte, expéri- mentalement vérifiée, dans le groupe d'êtres les plus élevés en organisation, par l'abandon de Lapins dans l'île de Porto-Santo. Il y a à peine deux siècles, ces Rongeurs y furent importés : ils se sont transformés peu à peu en une race particulière petite, rousse, hargneuse, très vive et incapable de se croiser avec le Lapin ordinaire. En un mot, ils ont constitué très vite une espèce nouvelle. Ces faits, rapprochés des curieuses modifications auxquelles aboutissent les changements de milieu pour les Protozoaires, chez lesquels, ainsi que cela a été relaté plus haut, la méthode expérimentale est susceptible de fournir les plus importants résultats, constituent une base solide à la théorie évolutioniste. L'on admet que les variations spécifiques ont généralement nécessité des laps de temps tellement considérables, que pour en rendre compte, on a cru pouvoir les comparer, dans un autre ordre d'idées, aux mesures des immenses espaces interplané- taires dont l'astronomie nous fournit un exemple. Si cette comparaison peut être justifiée, dans l'immense majorité des cas, il n'en est pas moins vrai, d'un autre côté, que les périodes nécessaires aux transformations spécifiques semblent être très variables non seulement dans le même groupe, mais surtout dans des groupes différents. Chez les êtres élevés en organisation, les variations peuvent, sans doute, se produire avec les rapidités les plus diverses ; mais tout changement durable a pour caractéristique générale de se produire très lentement. Au contraire, dans les groupes infé- rieurs de l'échelle zoologique, quoique les mêmes différences relatives puissent exister, les changements intercurrents se produisent, en moyenne, avec une rapidité bien plus considé' - 14 - rable, assez vite pour que l'expérimentation puisse permettre de les provoquer sans dépasser, non seulement les limites de la vie humaine, mais encore sans exiger même des espaces de temps très prolongés. Les. exemples de variation spécifique sont, du reste, plus communs qu'on pourrait le croire de prime-abord. La rég-ion du Sud-Ouest fournit actuellement un exemple remarquable de l'action, somme toute, rapide des chang-ements de condition d'existence sur certains animaux. Le long- du littoral océanique, depuis la forêt du Flamand jusqu'au nord du bassin d'Arcachon, s'étend la série des dunes littorales séparées de l'intérieur du pays par d'immenses étang-s (Hourtin, Carcans, Lacanau) disposés en série linéaire et reliés les uns aux autres par leur déversoir. 11 existe ainsi une longue bande de terrain constituée par des dunes plantées de pins, à l'abri, par sa situation géographique même, des incursions faciles de l'homme, aussi bien qu'elle est isolée plus ou moins complètement des animaux qui habitent de l'autre côté de cette sorte de barrière. Dans cette vaste forêt, des vaches égarées se sont multipliées en toute liberté pendant de longues périodes de temps et ont peu à peu acquis des caractères nouveaux en rapport avec le milieu qu'elles habitent et qui_, d'animaux domestiques, en ont fait des êtres sauvages, d'une espèce plus ou moins nouvelle. Leur taille est excessivement réduite ; mais leur agilité est incomparable. Ces petits bovins fauves, à cornes écartées et très saillantes^ à tête relevée verticalement d'une façon absolument caractéristique, présentent un aspect tout particulier qui ne rappelle plus leurs paisibles ancêtres. Leur poil lustré, brillant, leurs allures d'une vivacité extrême justifierait peut-être une comparaison lointaine avec le Gnou. Loin de porter leur cou à peu près horizontal, sur le prolongement de l'arête dorsale comme leur souche domestique, il le relève plus ou moins verti- calement à la manière des êtres sauvages, dont les sens toujours en éveil interrogent sans cesse l'horizon. Leurs attitudes belli- queuses rendent leur chasse dangereuse ; car une fois blessés, ils chargent souvent leurs adversaires avec fureur. Le taureau présente une longue crinière lustrée et comme peignée avec le plus grand soin. La queue, ornée d'une forte — 15 — touffe de poils à son extrémité, est d'une mobilité considérable et bat les flancs avec une vivacité nerveuse. Nous nous sommes trouvé devant un de ces mâles qui avait perdu ses compagnes, et qui, posté au sommet d'une dune, les appelait d'une voix éclatante, la tête dressée et les naseaux au vent. En même temps, il g-rattait le sable de la dune avec ses pieds de devant avec une violence telle qu'il s'en couvrait le dos. Les braconniers du pays qui n'osent g-uère chasser ces êtres sauvag-es au fusil ont trouvé plus commode d'enclore certaines mares où ils viennent boire. Ceux-ci pénètrent ainsi dans l'enclos dont la porte se referme et ils deviennent, de cette manière, une proie facile. A différentes reprises, on a essayé de les domesti- quer, mais sans aucun succès. Une fois capturés, ils refusent de mang-er et l'on est forcé de les abattre. Cet exemple actuel de l'influence des mœurs et de l'habitat sur des êtres aussi élevés que les bovins dont il est question ici, présente certainement un intérêt sérieux, d'abord à cause de la facilité avec laquelle il permet d'observer et de vérifier la marche du phénomène, ensuite parce qu'il démontre que, dans certains cas tout au moins, les transformations spécifiques n'ont peut-être pas exig-é les périodes énormes qu'une g-énéralisation trop g-rande a cru devoir leur attribuer toujours. CONTRIBUTIONS A LA FLORE BRYOLOGIÛUE DE MADAGASCAR Par F. RENAULD. Par l'obligeant intermédiaire de M. Motelay^ j'ai reçu, en communication les Muscinées collectées en 1896 et 1897 par M. le commandant Dorr, de l'infanterie de marine^ dans le trajet de Majung-a à Tananarive. Bien que les espèces rapportées soient trop peu nombreuses pour donner une idée suffisante de la végé- tation de la région, elles offrent néanmoins un grand intérêt parce que ce versant malgache du Mozambique était resté jusqu'à ce jour inexploré au point de vue qui nous occupe. Pervillé seul paraît avoir collecté des Muscinées sur la côte occidentale de Madagascar, et il n'a visité que la partie voisine de Nossi-Bé qui est encore comprise dans la zone des forêts, tandis que les vraies savanes ne commencent que plus au sud, vers le 15^ degré. L'état de souffrance dans lequel se trouvaient la plupart des petites plantes récoltées par M. le commandant Dorr indique que la région doit être soumise à des périodes prolongées de séche- resse. L'ensemble des espèces forme un contraste très net avec la flore du versant est de Madagascar oi^i les types indo-javanais dominent, en dehors de l'élément endémique toujours fortement représenté. Jusqu'à présent, les relations entre Madagascar et le continent africain avaient été seulement constatées dans la flore des montagnes ; les découvertes du commandant Dorr tendent aussi à démontrer une certaine connexion entre la flore des savanes de ces deux domaines si différents par leur faune. Cette - 18 — connexion se manifeste et par la fréquence des mêmes genres et par quelques espèces affines appartenant aux g-enres Campylopus, Fissidens et Byophila. Quelques espèces de Nossi-Bé et de Mayotte, notamment le Leplohymenium Ferriezii Besch. parais- sent répandues dans la vallée de l'Ikopa, puis à mesure qu'on s'élève sur les rampes du plateau central, on voit apparaître peu à peu les espèces de l'Imerina. Le cachet d'endémisme de la flore de Madagascar est si accusé qu'il fallait s'attendre à rencontrer des espèces nouvelles dans les récoltes de M. le commandant Dorr provenant d'une vaste région complètement inconnue au point de vue bryologique. Nous signalons les suivantes reconnues jusqu'à présent dans ses envois. Sporleclera laxifolia Ren. et Gard. — Lnxe caespitosa. Caulis erectus, parce divisus 3-5 mill. longus. Folia remota erecto-patentia vel subpatentia, apice flexuosa, e basi paulo latiore sensim longe et anguste lanceolata, 1 3/4 mill. longa, superne remote denticulata. Costa debili basi 29 a lata, longe ante apicem dissoluta. Rete laxo hyalino, cellulis basilaribus hexagono-rectangulis, superioribus longioribus. Capsula brevis- sime pedicellata, minutissima (long, vix 1/2 mill.), subglobosa, apice obtuse apiculata. Membrana exothecii laxissime e cellulis extus valde rotundate prominentibus reticulata, matura faciliime disrumpens. Sporse numerosse, 23-29 '^ crassse, rotundatse vel ellipticse, obscure polygoiise, g'ranulosœ. Calyptra, ut videtur^ mitraeformis. Flores masculi haud reperti. Fructus, ob innova- tiones, pleurocarpici sese prsebent. Madagascar : Imerina, Tananarive, sur la terre dans les jardins de la résidence. Mars 1897. Le genre Sporledera n'était pas encore connu à Madagacar ni dans les îles austro-africaines de l'Océan indien. Les mousses Cleistocarpes n'étaient représentées dans ces îles que par le Pleuridium globiferum signalé à Maurice par Bridel et qui n'a pas été retrouvé depuis. Fissidens Hlotelayi Ren. et Gard. — Saturate viridis. Caulis subsi.nplex 3-4 mill. altus^ curvatus. Folia 15-20 juga, frondem angustam simulantia, sicca curvato-subsecunda haud crispula, ovato-oblonga, breviter acuminata (long. 0,6 mill.), intégra, - 19 — tantum ad basin laminae verae cellulis marg-inalibus acute pro- minulis subtiliter denticulâta. Lamina vera ad 3/4 folii producta, marg'inata, limbo pallido 13-15 [j^ lato bas! latiore et intramar- g-inali; lamina dorsalis iraraarg-inata supra basin costae nonnun- quam versus 1/3 folii long-itudinem ang-uste decurrens. Costa pallide flavida, flexuosa, 30 [x lata, cum apice finiente. Cellulis obscuris (diam. 3-4 [j.) dense et minutissime papillosis. Madagascai' : Sur le versant occidental à Mevatanana et à Andriba (1896-1897). Diffère du F. ferrugineus 0. Miill. de l'Imerina par le margo non ferrugineux beaucoup plus large, par les cellules marginales ne faisant de saillie aiguë qu'à la base de la lame vraie et par la lame dorsale naissant notablement au-dessus de la base de la nervure et même parfois vers le tiers inférieur de la feuille par une décurrence étroite. Ce dernier caractère le distingue aussi du F. nossianus Besch. de Nossi-Bé qui a en outre les cellules un peu plus petites (2 1/2-3 [j.). Fissidens ^randiretîs Ren. et Card. — Greg-arius, minu- tissimus, viridis. Caulis vix 1-2 mill. long-us. Folia 3-4 jug-a, complanata 3/4 mill. long-a, oblong-a, acuta, integ-errima, immar- g'inata, lamina vera ad médium producta, apice obtusa, lamina dorsalis costae basin versus enascens, oblique truncata, lamina apicalis acuminata ; costa pallida 17-18 [x lata, paulo sub apice finiente. Cellulis distinctissimis, mag-nis, subpellucidis (diam. 10 [x), g-ranulosis, vix papillosis. Caetera ig-nota. Madagascar : Sur le versant occidental du bombement central à Andriba (1897). Par la lame vraie obtusément acuminée et les cellules foliaires grandes relativement à la 1 aille de la plante, cette espèce se distingue facile- ment de ses congénères de la région. Hyophyla lanceolata Ren. et Card. — Greg-aria, obscure viridis, demum nig-ricans. Caulis perbrevis, 1-2 mill. altus. Polia madida erecto-patentia_, sicca incurvato-crispula, 2 1/2-3 mill. long-a, lanceolato subelliptica, basi paulo ang'ustata, superne attenuata, haud spathulata, subacuta, marginibus pianis, inter- dum undulatis, superne irreg-ulariter valde eroso-denticulatis : Costa rufa valida 0,047 mill. basi lata, cum apice finiente; cellulis basilaribus juxtacostalibus majoribus lutescenti-viridibus, gra- nulosis, marg-inalibus sensim minoribus quadratis vel hexag-onis, — 20 — obscuris, dense et minutissime papillosis. Perichaetialia cseterjs similia. Pedicellus tenuis. circa 12 mill. altus. Capsula ang-uste cylindrica, ssepe curvula, 2 mill. loug-a, g-ymnostoma, operculo conico brevi rostrato, e cellulis leviter obliquis reticulato. Annu- las obscurus. Madagascar : Mevatanana (1896), Se distingue de II. Potierii Besch. par ses feuilles plus longues, plus étroites, noircissant avec l'âge, lancéolées, atténuées à la base et plus rétrécies au sommet, un peu ondulées, non involutées. Paraît se rapprocher davantage de H. acutinscnla Rroth. de l'Afrique équato- riale- orientale, mais en diffère d'après la description de l'auteur par une taille plus courte, des feuilles atténuées à la base et nettement dentées au sommet. Hyopliila subplicata Ren. et Gard. — Luteo-viridis nigro varieg-ata, greg-arie caespitosa. Caulis perb revis. Folia sicca incurvata, e basi valde ang-ustata medio dilatata spathulata, apice, rotundata, interdum subemarg-inata, 2 mill. long-a, margi- nibus vix involutis, etiam apicem versus integerrimis; costa cum^ rarius sub apice finiente. Cellulis basilaribus hyalinis rec- tang'ularibus, interdum elong-ate subhexagonis, juxtacostalibus amplioribus, marg-inalibus angustioribus, cseteris minutis, qua- dratis vel rotundate hexag-onis, obscuris, secus marg-ines basin versus descendentibus; papillis minutissimis vix prominulis. Capsula in pedicello brevi, 6 mill. alto, cylindrica, sicca plica- tula. Peristomium distinctissimum quamvis setate ditfractum e dentibus linearibus remote et tenuiter articulatis, aurantiis, minutissime granulosis efformatum. Madagascar : Sur les pentes occidentales du plateau central à Andriba (1896). Paraît très voisin de H. pUcataWitt. de l'Usagara; cependant Mitten (Journ. Linn. soc, vol. XXII) décrit les dents peristomiales comme lisses et les figure (Tab. 15) élargies à la base, robustes et non trabéculées, tandis que, dans notre plante, ces dents sont linéaires, granuleuses et distinctement trabéculées, non élargies à la base. Leur structure concorde d'ailleurs avec celle que l'on remarque dans les Pottia. Hyophila Dorrii Ren. et Gard. — Laxe cœspitosa, csbs- pites rufescentes basi terra limoso-tophacea obruti. Caulis 10-15 mill. longus, rigidus, erectus apice clavatus. Folia rigida, — 21 — coriacea, incurvo-erecta vel appressa, immarg'inata, plicata 1 1/2 mill. long-a, e basi ovata vel oblong-a sat subito in laminam brevem lineali-lanceolatam obtusam vel proboscideam producta, ssepius apice emarginata cum apiculo perbrevi acuto e medio sinu nascente, costa valida 0,053 mill. lata, dorso superne papillis multifidis ornata, apice subito clavata propag-ulifera; marg-ini- bus plus minus arcte involutis, paulo incrassatis, integris; cellulis basilaribus lutescenti-hyalinis Isevibus, juxtacostalibus rectang-ulis, marg-inalibus minoribus quadratis, limbum haud efformantibus, suprabasalibus brevioribus, subquadratis, cseteris minutissimis, obscuris, densissime papillosis. Caetera desunt. Madagascar : Zone littorale à Mahajamba (1896). Singulière espèce dont la nervure dilatée-claviforme au sommet et pro- pagulifère rappelle celle de beaucoup de Syrrhopodon et de Calym- peres ; toutefois la forme des feuilles et la contexture du tissu foliaire sont bien celles des Hyopliila. Hyophila clavicostata Ren. et Gard. - Csespites laxi, sor- dide virides, inferne decolorati, parce radiculosi. Caulis 10-15 mill. long-us, curvatus, subsimplex. Folia inferiora remota patula, superiora densius conferta, sicca subspiraliter torta^ 1 1/2-1 3/4 mill. long-a, e basi oblong-a sensim aug-ustata, lanceo- lata, sublingulata obtusa, rarius brevissime apiculata, integ-er- rima, alis arcte involutis. Costa valida, basi 50 p. lata superne incrassata vel clavata sub apice finiente vel in mucronem brevis- simum excedente. Cellulis basilaribus usque médium versus vel fere hyalinis vel pallide luteo-viridibus, laevibus, chlorophyl- losis, juxtacostalibus rectang-ulis, marg-inalibus quadratis, mediis et superioribus minutissimis, obscuris, densissime papillosis. Caetera desunt. * Madagascar' : Ankaladine près Suberbieville (1897). Cette espèce est voisine de H. Dorrii, mais elle n'a pas son port raide, ce qui la distingue à première vue ; en outre les feuilles sont insensi- blement rétrécies, plus larges au sommet, contournées légèrement en spirale à l'otat sec ; la nervure simplement épaissie au sommet ne donne pas à la pointe l'aspect proboscidé. Barbula madag^assa Ren. et Card. - Greg-arie csespitosa. Caulis perbrevis, 1-2 mill. altus. Folia madida erecto-patentia, sicca laxe crispatula, 2 mill. long-a, e basi oblong-a sensim — 22 — ang'ustata, lanceolata, breviter et late acuminata, ssepius obtusa vel rotundata, summo apice irreg-ulariter dentata vel crenulata, raarg-inibus uno latere revolutis; costa crassa flexuosa sub apice evanida, dorso lœvi. Rete distincte, lutescente ; cellulis basilari- bus subhyalinis eloiig-ate rectang-ulis vel subhexag-onis, mediis et superioribus pallide lutescentibus, quadratis (diam. circa 6 \i), marginalibus haiid crenulatis^ sat tenuiter limitatis, vix papil- losis. Caetera desunt. Madagascar : Sur les pentes occidentales du plateau central à Andriba (1897). L'absence de fructifications nous empêche d'assigner une place certaine à cette plante qui, par la forme des feuilles ressemble un peu aux Hyophila. Elle ne peut d'ailleurs être confondue avec aucune autre espèce de la région. Fabronia Motelayi Ren. et Gard. — E minimis. Caespites depressi. Caulis repens, ramis siccltate incurvatis, subjulaceis, brevissimis l-I 1/2 mill. long-is. Folia sicca imbricata subcircu- laria vel late ovata apice obtusa vel rotundata, minutissima vix 1/3-1/4 mill. long-a, integerrima. Costa obsoleta tantum cellulis long-ioribus viridibus notata ad médium vel infra disso- luta. Rete hyalino perlaxo. Cellulis rhombeis, basilaribus qua- dratis, mediis juxtacostalibus long-ioribus, superioribus brevio- ribus, marg-inalibus, unica série, quadratis vel breviter rhombeis. Folia perichaetialia pauca, ovata brevi et late acuminata, enervia, laxe hyalino et tenuiter reticulata. Pedicellus 2 1/2 mill. altus, inferne crassiusculus, pallidus. Capsula ovato-oblong"a ore truncata. Membrana exothecii e cellulis irregularibus valde sinuoso-undulatis composita. Peristomii dentés siccltate reflexi, lati, apice irregulariter truncati (long-. 0,129 mill.) tenuiter et reraote trabeculati, linea média haud conspicua, tota fere long"i- tudine striolati, inferne punctulati. Sporse verruculosse, mag-nae (diam. 21-23 [x). Madagascar : Sur les troncs à Tananarive. Cette espèce, par ses feuilles suborbiculaires ou largement ovales, obtuses, entières ne peut être confondue avec aucune autre. L'exothe- cium est composé de cellules très irrégulièrement ondulées comme dans le Fahronia pusilla d'Europe. Les dents péristomiales sont très larges et les spores très grosses relativement à la taille minuscule de l'espèce. - 23 — Plagfiotlieciuin ausfrodenticulaluin Ren. et Gard. — P. denlicuhito B. E. europaeo proximo differt foliis valde asym- metricis, sublunatis, omnino ecostatis, apice, pro more, distinc- tius denticulatis. Madagascar : Pentes occidentales du plateau central à Andriba (1896). Dans les échantillons que nous avons reçus et qui sont stériles, nous n'avons trouvé que des fleurs mâles, ce qui fait soupçonner une inflorescence dioique. Par le port, cette plante ressemble aux petites formes à ramchsdv., poli/cephala Schser. - 53 — 82. CI. pleuruta Schser. Enum. p. 186 ; Cl. coraucopioldes var. pleurota Nyl. Prodr. p. 40. Çà et là avec le précédent, mais plus rare. Pierre-sur- Haute, Brag-eac. Groupe du Gladonia digitata. 83. Cl. digitata Hffm., Nyl. Lich. Par. p. 31. Espèce commune et abondante sur les souches des Sapins de la région montagneuse; Pierre-sur-Haute, chaîne des monts Dômes, forêt du Lioran, Saug"ues, etc. La potasse produit une belle réaction jaune sur le thalle et les podéties. — J'ai distingué les formes qui suivent : ■macrophylla Del., mo?istrosa Ach., cephalotes Ach. cerucha Ach., etc. 84. Cl. polydaetylaFlk., Nyl. Lich. Par. p. 32 ; Cl. macilenta var. polydaclyla Fr. Sur les vieilles souches des arbres; bois de Brag-eac, d'Ambert. Les échantillons d'Ambert appartiennent à la forme muUifida Del. herb. Mus. Paris, n. 300. — Réaction K + jaune. 85. Cl. macilenta Hffm., Nyl. Lich. Par. p. 31. Réaction jaune avec la potasse sur le thalle et les podé- ties. Assez commun ; montagnes d'Ambert, Saint-Flour, Lioran, Brageac, etc. 86. Cl. bacillari!« Nyl., Lamy M.-D. n. 90. Se distingue du précédent par l'absence de réaction K — . Rare. Brageac et Boulan près Mauriac. 87. Cl. Flœrkeana Fr., Nyl. Lich. Par. p. 32. Assez commun et toujours bien fructifié dans la chaîne des monts Dômes et du Forez, rare ailleurs. 88. CI., Brebissonii (Del. in Dub. p. 634, herb. n. 336) Nyl. Flora 1875, p. 447. Bois de Brageac, au pied d'un Chêne; hameau de Boulan près Mauriac, sur une vieille 'souche en face de l'abreuvoir. Par l'absence de réaction avec la potasse, par l'extrême exiguïté de la taille qui atteint un milli- mètre à peine, les exemplaires de ces localités se rap- portent bien à ceux de Delise. - 54 - 89. Cl. incrassata Flk. Comm. p. 21. Bois de Brag-eac dans le Cantal ; Sainte-Sig-olène dans la Haute-Loire (Frère Nurnérien). On pourrait citer pour cette espèce d'autres localités du Plateau central, mais les échantillons que je possède sont ou incomplets ou mal caractérisés. Groupe du Cladina rangiferina. 90. Cladina rang^iferina Nyl. Lich. Par. p. 32. Assez répandu. J'ai récolté les formes suivantes : î. gigantea Nyl.; major Flk., excelsa Malbr. herb. n. 110; Coem. Clad. Belg. n. 140 et 146. Podéties robustes, allong"ées, atteig-nant dans certains échantillons 15 centimètres de hauteur. — Saint- Flour, Brag-eac ; à la base des rochers granitiques, f. cymosa Ach., Coem. Clad. Belg. n. 144. Rameaux courts, assez robustes, terminés en cyme. Fertiles. — Durtol près Clermont. 91. Cl. syKatIca Nyl. Lich. Par. p. 32. Commun. Parmi les nombreuses formes que présente cette espèce on peut citer les suivantes : f. pumila Ach, ; tenais Flk. Podéties ordinairement grêles, petites, souvent entre- lacées, à extrémités d'une grande ténuité. Cette forme n'est pas rare, elle est aussi abondante que le type, f. rigidiuscula Coem. Clad. Belg. n. 169. Podéties assez robustes, rigides, courtes ; sommet sou- vent atrophié. Se rapproche beaucoup du morbida Del. — Saint-Flour, Pierre-sur-Haute. f. polycarpia Flk. ; Coem. Clad. Belg. n. 163 et 168. Apothécies nombreuses, très petites. Rochers herbeux ; Brageac. i. fuscescens¥\^. Comm. p. 165; Coem. Clad. Belg. n. 131, 134, 149. Podéties brunes, quelquefois même presque noires. Cette couleur se rencontre dans le Cl. sylvatica et dans le 67. rangiferina. — Brageac ; au pied des rochers grani- tiques. — Mêlées aux formes ci-dessas, j'ai aussi ren- — 55 - contré les formes suivantes : fissa Schser., sphagnoides Flk., laxiiiscula Del.^ virgata Coem., etc. var. portentosa Schser. Eiium. p. 103; Coem. Clad. Belg. n. ]65, Del. Iierb. n. 44; Malbr. n. 260. Brageac, sommet des Margerides. Fructifié. 92. Cl. alpestris (L.), Clad. rangiferina v. alpestris Nyl. Lapp. p. 111. Bois de Brag-eac, au pied des roches granitiques; Mont- Dore (Lamy). En comparant les échantillons de Bra- g-eac avec ceux de son herbier, M. le docteur Nylander en a rencontré un venant du Mont-Dore qui appartient au 67. alpestris. Groupe du Cladina wicialis. 93. Cl. unclalis Nyl. Lapp. Or. p. 111. Assez commun, surtout sur les montag-nes. Environs de Clermont, d'Ambert, de Saint-Flour ; Pierre-sur-Haute, Brag-eac, etc. f. turgesctns Del. Podéties grandes, épaisses, gonflées, rameuses, à aisselles lacérées, extrémités courtes, obtuses. — Puy-de-Dôme, Saint-Genès-Champanelle (Frère Adelminien). — J'ai trouvé aussi les formes suivantes qui sont sans grande importance: obtusa Ach., aduiica Ach., leprosa Del, minor Lamy. 94. *CI. destrictaNyl. Licli. Par. p. 32. Sommet de Pierre-sur-Haute ; Barandon près Mende. Trib. VIII. — CLADIEI. 95. Pycnothelia papillaria Duf., Nyl. fJcIi. Par. p. 32. Bord des sentiers, au pied des rochers dans les terrains sablonneux granitiques ou siliceux. Environs de Cler- mont, d'Ambert, de Mende, de Brageac, etc. var. molariformis Ach. ; stlpata Flk., Del. herb. n. 6 a. Podéties développées, plusieurs atteignent deux cen- timètres de longueur; rameaux courts fastigiés, T. LUI. 5 - 56 — couronnés par de petites apotliéciesag-g'lomérées {sym- phycarpea). — Brag-eac ; entre les rochers grani- tiques. Trib. IX. - BAMALINEI. 96. Itamalina fraxinea (L.) Ach., Nyl. Ramai, p. 36. Commun sur le tronc et les branches des arbres, princi- . paiement sur les Frênes. Fertile. var. calicariformis Nyl. Ram. p. 38; Gas. Lich. Auv. n. 20. Spores du type, c'est-à-dire courbées ; lobes du thalle allongés, étroits, comme dans lei?. caiicaris. — Ambert, Saug-ues, Brag-eac ; sur le tronc des arbres. 97. K. fastigiata (Pers.) Ach., Lamy M.D. n. 99. Puy-de-Dôme, Pierre-sur-Haute, etc. Commun et toujours bien fructifié. 98. R. caiicaris (Hfifm.) Nyl. Ramai, p. 33. Sur le tronc et les branches des arbres ; commun et bien fructifié surtout dans la région des montagmes. 99. R. subfariiiacea Nyl. in Crombie Br. liam. p. 5, Lich. Pyr. p. 26. Rochers découverts; sommet du pay de Dôme (Frère Adelminien). — Au contact de la potasse, la médulle et les sorédies jaunissent d'abord un peu puis passent promptement au roug'e ferrugineux. 100. R. farinacea (L.) Ach. Commun, mais presque toujours stérile ; en fructification aux environs de Sauges et de Brageac. 101. R. interiiiedia Delise, Nyl. Ramai, p. 68; Lamy M.-D. n. 101. Rochers découverts, pentes du puy de Dôme. — Sorédies rares, divisions du thalle ténues, filiformes. 102. R. polyiiîoppha Ach., Nyl. Lich. Par. p. 33. Royat, Salers ; sur les rochers. Stérile. 103. R. capitata (Ach.) Nyl. Flora 1880, p. 10. Saint-Flour, Saugues, montagnes du Forez; sur les rochers granitiques, découverts. Assez commun, mais le plus ordinairement stérile. Bien fructifié à l'Etang" près Clermont, sur un bloc de quartz. — 57 - var. emplecta Ach., Nyl. Rainai. ]). 51. Pentes du puy de Dôme ; sur domite. 104. II. pollinai'ia Ach., Nyl. Ramai, p. 52. Environs d'Ambert, de Clermont, de Mauriac, de Saint- Flour, de Saugnies, etc. Ordinairement sur les rochers, sur les pierres sèches des murs; rare sur le tronc des arbres. Fructifié. 105. R. pollinariella Nyl. Ramai, p. 67. Se disting-ue du précédent par les laciniures du thalle bien plus nombreuses et plus étroites. — Brajon et la Boulène près Mende, Brag-eac; sur les rochers g-raniti- ques un peu ombrag-és. Stérile. 106. R. thrausta (Ach.) Nyl. Syn. I, p. 296 ; Gas. Lich. Auv. . 21. Aux localités déjà signalées dans le Forez, on peut ajouter la forêt du Lioran dans le Cantal. Trib. X. — USNEEI. 107. Usnea florida (L.) Hffm. Bien fructifié et commun sur le tronc et les branches des arbres. 108. U. hirfa (L.)Hffm. ; Lamj Mont- Dore n. 105. Également commun sur le tronc et les branches des arbres surtout des Pins, mais presque toujours stérile. Je l'ai rencontré bien fructifié à Saint-Flour, sur des Pins. C'est la forme la plus constante, la plus facile à distinguer du g-roupe de VUsnea bar bâta Ach. qui comprend avec celle-ci U. florida, ceratina, dasypoga, plicata, etc. 109. U. cepatioa Ach. Sur le tronc des Sapins, bois d'Ambert et de la Chaise- Dieu. Bien fructifié dans la dernière localité. 110. r. dasypog^a (Ach.) Nyl. in Lamy M.-D. n. 107. Bois d'Ambert, sur les Sapins; Saugues, sur le tronc des Pins. — Thalle pendant, allongé, 20 à 25 centimètres de longueur; apothécies (pour les échantillons de Saugues qui seuls sont fructifies) ciliées, petites 2 à 4 millimètres . — 58 — 111. U. plicafa (L.) Hffm. Thalle ordinairement pendant, allongé comme dans le dasypoga, mais presque lisse ou ne portant que quel- ques aspérités peu saillantes. Commun et souvent fructifié en Auverg-ne; sur le tronc des Pins et des Sapins, rarement sur les rochers. J'ai récolté, sur des rochers ombrag-és à Saint-Flour et sur les branches du buisson noir dans le Causse de Mende, une forme plus petite, 5 à 10 centimètres, à thalle lisse, brillant et d'une couleur jaune blanchâtre. Trib. XI. — ALEGTORIEI. 112. Alectoria jubata (L.) Nyl. Syn. p. 280. Lamy Caiit. n. 98; /4. jubata v. prolixa Ach., Th. Fr. Scand. p. 24. Thalle pendant, allongé, 20 à 40 centimètres, brun ou noir-olive; rameaux filiformes enchevêtrés, portant presque toujours des sorédies. K— . Stérile. Sur le tronc et les branches des arbres, surtout des Sapins; abondant dans les forêts des montagnes. 113. A. chalybeiformis (L.) Ach., Nyl. FI. 1869, p. 444; Lamy Caut. n. 99; A. juhulata var. chalybeiformh Th. Fr. Scand. p. 25; Stizenb. AlecL p. 129. Thalle étalé sur le support, brun-foncé ou noir-olive, moins allongé que dans le jubuta ; rameaux princi- paux robustes, raides, comprimés aux aisselles, très enchevêtrés ; sorédies rares. Pas de réaction. Assez commun sur les rochers siliceux, rare sur les arbres. Pentes du puy de Dôme, Pierre-sur-Haute, Boulan près Mauriac, Saint-Flour, Saugues, Mende. 114. A. iniplexa (Hffm.) Nyl., Lamy Caut. n. 100; Stizenb. Alect. p. 130. Thalle pendant, allongé comme dans le jubata, d'un noir-olive très pâleou blanc-jaunâtre; rameaux filifor- mes, flasques, très enchevêtrés, dépourvus de soré- dies. Stérile. La potasse jaunit la couche corticale. Région montagneuse, sur le tronc des Sapins : Lioran, Pierre-sur-Haute, Chaise-Dieu, Saugues. On rencontre — 59 — tous les intermédiaires entre les Al. p?'olixa, chaly- beiformis, implexa, considérés par plusieurs auteurs comme variétés ou formes de VAl.jubata. 115. A. Fremontii Tuck., Nyl. Si/n. p. 280 ; Stizenb. Alect. p. 130. Forêt du Lioran, autour de la g"are; sur les troncs des Sapins. Les échantillons, nommés par le docteur Nylander, sont stériles ; mais ils portent des sorédies jaunâtres, c'est un des caractères qui distinguent cette espèce de VA . chalybeiformis. Nouveau pour la France. 116. A. bieolor (Ehrh.). Nyl. /Vof/r.p.291, Lamy M.-D.iiA2\; Gas. Lich. Auv. n. 23. Assez commun sur les rochers siliceux des montag-nes et des forêts élevées du Plateau central. Trib. XII. — GETRARIEI. 117. Cetraria islandiea (Linn.) Ach., Nyl. Sijn. p. 298. Endroits sablonneux, arides, base des rochers. Assez commun, mais stérile. 118. C. crispa Ach. Plomb du Cantal. M. Fuzet a trouvé dans la même loca- lité la forme subtubulosa Fr. 119. C. aculeata (Schreb.) Fr. Espèce très commune, mais rare en fructification. Je ne Tai récoltée qu'une seule fois ayant des apothécies, à Saint-Flour dans le Cantal, f. acanthe lia Ach. — Bord de l'étang" de Riol près Ambert, Saugues. f. edentida (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 34. — Durtol près Cler- mont, Saug-ues. var. niuricata (Ach.) Schœr. Eîium. p. 17. Pierre-sur-Haute, puy Chavaroche dans le Cantal; sur des rochers. 120. PSatysnia glaucuni(L.) Nyl. Prodr. p. 49. Très commun sur les rochers et le tronc des arbres. Fructifié à Pierre-sur-Haute. Les formes fallax Ach., coralloideum Wallr., fuscum Flot, sont aussi commu- nes, surtout dans la rég-ion montagneuse. — 60 — Trib. XIII. — PARMELIEI. 121. E%'eriiia furfuracea (L.) Mann., Nyl. Syti. p. 284. Sur le tronc et les branches des arbres, rarement sur les rochers. Très commun et très abondant. On le rencon- tre assez souvent fructifié sur les Sapins des rég-ions élevées : Lioran, Saint-Flour, Pierre-sur-Haute, etc. Si cette espèce n'est pas la plus polymorphe, c'est au moins celle dont l'étendue de variation présente entre les deux extrêmes la plus grande différence. Dans la forme scobicina, il n'est pas rare de trouver des thalles qui atteignent 10 à 15 centimètres de long avec des lobes de 8 à 12 millimètres, tandis que la forme cera- tea dépasse à peine un ddmi-centimètre de long avec des lobes de 1 millimètre de large. J'ai récolté les formes suivantes : f. platyphylla Rabenh., Lamy M.-D. n. 122. — Divisions thal- lines larges, arrondies, lisses. Bois d'Ambert. f. candidula Ach. Syn. p. 245. — Les échantillons nommés ainsi par le docteur Nylander se rapprochent beau- coup de la forme précédente, mais le dessous du thalle est presque tout entier d'un blanc pur. — Très abon- dant sur les Pins au bois du Calvaire près Saint-Flour. Stérile. f. ceratea Ach., Nyl. Scand. p. 73; Lamy M.-D. n. 122. — Divisions thallines très étroites, acuminées. — Bois des Pradeaux près Ambert, Lioran dans le Cantal. Fructifié. f. scobicina Ach., Nyl. Scand. p. 73; Lamy M.-D. n. 122. Thalle ordinairement très développé et couvert d'isi- dies fribrilleuses. Assez commun. Bois des Goules près Cierraont (Frère Adelminien), Saint-Flour, Ambert; Sainte-Sigolène (Frère Numérien) et Lar- deyrol (Frère Hubert) Haute-Loire. Bien fructifié aux Goules et à Saint-Flour. 122. E. prunastri (L.) Ach. Très commun, mais je ne l'ai toujours rencontré qu'à l'état stérile. — 61 — var. soredîifera Ach. Sorédies très abondantes, couvrant une bonne partie du thalle. Saint-Flour, sur les Pins. 123. E. divaricata (L.) Ach., Nyl. Syn. p. 285; Lamy M.-D. n. 124. Bois de Pins d'Aix-la-Fayette dans le Puy-de-Dôme (frère Hilduard) ; forêt du Lioran et de la Chaise-Dieu. Stérile. Réaction K (CaCl) + jaune. 124. Parmelia caperata (L.) Ach., Nyl. Lich. Par. p. 35. Sur les troncs d'arbres et les rochers; très commun. Bien fructifié aux environs de Clermont, de Mauriac, de Mende, de Saugues. Quelquefois cette espèce se présente avec un thalle chargée de sorédies, c'est la forme sorediosa Malbr. var. subg^lauca Nyl. Lich. Par. p. 35 ; P. subglauca Nyl. in Gas. Lich. Saint-Omer^ p. 3. Thalle ordinairement lisse, luisant, d'un vert glauque. On le rencontre assez souvent avec le type. 125. P. conspersa Ach. Aussi abondant et aussi commun que le précédent, mais presque toujours sur les rochers siliceux. Bien fructifié. La potasse donne à la médulle une couleur jaune qui passe promptement au rouge ferrugineux. f. isidiata Anzi Cat. p. 28. — Thalle muni surtout au centre de nombreuses isidies. Ambert^ Clermont, Saugues. var. stenopBiylla Ach. Meth. p. 206. Divisions du thalle linéaires, allongées. Cette variété est commune. 120. P. subconspersa Nyl. Lich. Pyr. n. p. 26. Pas de réaction ou ne donnant qu'une réaction pâle carnée; c'est le seul caractère qui le distingue du P. conspersa dont la médulle du thalle se colore en jaune au contact de la potasse. Brajon près Mende; sur des rochers granitiques. 127. P. perlata Ach., Nyl. Par. p. 35. Clermont, Saint-Flour, Brageac. Stérile, var. ciliata DC. — Bords des lobes ciliés. — Brageac, sur des rochers granitiques. — 62 - 1.28. P. tilîacea Ach., Nyl. Syn. p. 382. Assez comman sur le tronc des arbres, plus rare sur les rochers. Ambert, Cunlhat, Royat, Mauriac, etc. Bien fructifié. La médulle devient d'un beau roug-e ver- millon au contact du chlorure de chaux. 129. P. carporhizans Tayl., Nyl. Syn. p. 384; Lamy M.-D. n. 133. Diffère du /*. tiliacea Ach. par "les fibrilles noires qui g-arnissent le dessous des apothécies. Ally et Brag-eac dans le Cantal; sur des Frênes. 130. P. scortea Ach., Nyl. Lich. Par. p. 36. Se disting-ue du P. tiliacea par son thalle isidié. Sur les troncs d'arbres et les rochers; assez commun, mais rare en fructification. Bien fructifié à Royat, Ambert. 131. P. revoluta Flk., Nyl Lich. Par. p. 36, Lamy M.-D. n. 134. Thalle d'un blanc clair, moins développé que dans le P. tiliacea; lobes ascendants, plus découpés, moins larg-es. Même réaction que le g-roupe : médulle CaCl + vermillon. Stérile. Brag-eac, rochers granitiques. 132. P. Borreri Turn., Nyl. Lich. Par. p. 36. Saug-ues, sur une roche granitique. Stérile. Le chlorure de chaux colore en vermillon la médulle du thalle. 133. P. saxatilis (L.) Ach., Nyl. Lich. Par. p. 37. Sur les rochers et les arbres ; commun et souvent fruc- tifié, var. furfuracea Schser. Enum. p. 44 ; Lamy M.-D. n. 138. Isidies en forme de papilles, nombreuses, serrées, allon- gées. Beaumont, sommet du puy de Dôme. 134. P. sulcata Tayl., Nyl. Lich. Par. p. 37, Lamy M.-D. n. 139. Aussi commun que le précédent et croissant de même sur les rochers et les troncs d'arbres. Fructifié au Lioran et dans le bois d'Ambert. 135. P. oniphalodes (L.) Ach., Nyl. Pyr. or. n. p. 42. Sur des rochers g-ranitiques à Saugues (bien fructifié) ; Mende, Pierre-su r-Haute, etc. f. cœsio-priiinosa Nyl. in Lamy M.-D. n. 140. Royat (frère Adelminien), Roc-des-Ombres dans le Cantal. — 63 - var. panniformis Ach,, Nyl. S(/?i. p. 388. Saint-Flour, Ambert, Saug-ues ; sur les rochers. J'ai ren- contré une forme minuscule de cette variété, à thalle lisse, blanc grisâtre en dessus, noir foncé et brillant en dessous, un peu cilié; lobes nombreux imbriqués, très étroits ayant à peine un demi-millimètre de lar- g'eur. — Sur une roche granitique, bois de la Cheva- lère près Job (Puy-de-Dôme). 136. P. acetabulum Neck. Dub. Bot. II, p. 601. Espèce très commune et toujours bien fructifiée ; sur le tronc des arbres. Groupe du Parmelia olivacea. 137. P. exasperata (Ach.) Nyl. Lich. Par. Suppl. p. 3. Thalle brun foncé, très rug-ueux, couvert de nombreuses papilles saillantes, concolores qui envahissent aussi le rebord des apothécies. Médulle CaCl — . Commun et bien fructifié : Saint-Flour, Ambert, Saug-ues, etc. 138. P. subaurifera Nyl. in Flora 1873, p. 22, Lamy 6V«/^. n. 125. Thalle souvent jaunâtre, rarement olivâtre (f. albo-sore- diosa); médulle et sorédies jaunes, assez souvent déco ■ lorées, blanchâtres. Réaction méd. CaCl + rouge. Saint-Flour, Ambert, Clermont ; sur le tronc desarbres. Rare en fructification. Je ne l'ai rencontré fructifié qu'à la base du puy de Dôme, sur le tronc des Hêtres. 139. P. exasperatula Nyl. in Flora 1873, p. 299. Thalle mince à lobules finement découpés. Pas de réac- tion, CaCl =. Ambert, Pierre-sur-Haute, Saint-Flour, Saugues, etc. f. lœvigatula Nyl. — Thalle lisse, lobes petits, nombreux un peu imbriqués. Cette forme nouvelle est, par rapport au /-*. exasperalula, ce qu'est la variété pamiiformis par rapport au P. omphalodes. Bois du Forez et du Lioran j sur le tronc des Sapins. - 64 ~ 140. P. fuliginosa (Fr.) Nyl. in Flora 1873, p. 22; Lamy M.-D. n. 147. Thalle noirâtre, isidié en forme de papilles. Le chlorure de chaux colore en rouge la médulle du thalle. Ambert, Saint-Flour_, Saug-ues, Mauriac; sur les rochers et le tronc des arbres. Fructifie rarement; je ne l'ai rencontré fructifié qu'au pont de Garabit sur une roche graniti- que, et à Rouville près Ambert sur le tronc d'un Sapin, var, Iseitevirens Flot., Nyl. Pyr. or. p. 42, Cromb. Br. lich. p. 255. Diffère du type par son thalle d'une couleur plus claire, jaune verdâtre. — Brageac, sur le tronc des arbres. Stérile. 141* P. g^labralula Lamy Caut. n. 124. Semblable à la variété précédente, mais dépourvu d'isi- dies ou n'en portant que de rares. Même réaction : médulle CaCl + roug-e. Montagnes du Forez, sur les Sapins : Brageac, sur un Chêne. Stérile. 142. P. g^labra (Schser.) Nyl. Pyr. or. p. 18, en note. Thalle rugueux, brun olive, verdâtre à l'état frais; lobes ridés, larges, arrondis, crénelés. Mande, sur un Pom- mier. 143. P. isidiotyla Nyl. in Flora, 1875, p. 8; Harmand Cat. Lich. p. 203. Surface du thalle garnie en bonne partie d'isidies verru- ciformes, blanchâtres. Pas de réaction. Sommet des Côtes près Clermont (Frère Adelminien), Saint-Flour, Saugues ; sur les rochers. 144. P. verruculifcra Nyl. Flora 1878, p. 247; Lamy M.-D. n. 148. Se distingue du précédent par la réaction : médulle CaCl + rouge ; stérile. Beaumont près Clermont. 145. P. prolixa Ach. Clermont, Brageac, Monde, Saugues; sur les rochers siliceux. Assez commun et fertile. 146. P. perrug^ata Nyl. Pyr. or. n. p. 5. Thalle ridé, rugueux; spores 0,008-10 m. m. long., 0.005-6 m. m. épaiss. ; spermaties 0,005. K (CaCl) — . Saugues, sur une roche siliceuse. - 65 - 147. P. sorediata Nyl. Scandin. p. 102, Lamy M.-D. n. 145. Thalle petit, brillant, noir ou brun foncé ; lobes con- vexes, portant des sorédies blanches. Royat, Saug-ues ; rochers granitiques. Il faut, je l'avoue, toute la perspicacité, toute la longue expérience de M. le docteur Nylander pour pouvoir se reconnaître dans ce g-roupe du P. olivacea, si subdivisé et qui renferme tant d'espèces affines, différenciées entre elles par de simples nuances de coloration dans la médulle, par de légères découpures sur le bord des lobes, par le plus ou moins de rug-osité dans la surface du thalle. 148. P. stygia (L.) Ach. Sommet des Margerides, montagnes du Forez; rochers siliceux, découverts. Bien fructifié. 149. P. tristis (Web.) Nyl. Prodr. p. 58, Lamy M.-D. n. 151. Rochers siliceux, découverts de la région montag-neuse ; Pierre-sur-Haute, Lioran, Saugues, Margeride, Saint- Martin près Mende. Les échantillons recueillis à Saug-ues présentent une forme très remarquable : apothécies convexes, flexueuses au bord, brunes en dessus et bien plus pâles en dessous; thalle brun fauve. 150. P. lanata (L.) Nyl. Si/n. p. 398. Souvent en société avec le précédent et avec le P. stygia. Chaîne du Forez, de la Margeride, etc. 151. Hypogymnia physodes (Ach.) Nyl. Lich. ^«r. p. 39 ; Parmelia physodes Ach. Espèce bien commune sur le tronc et les branches des arbres, plus rare sur les rochers; presque toujours stérile. En belle fructification sur un Sapin à la Volpie près Ambert. var. labrosa Ach. — Laciniures des lobes redressées, forte- ment sorédiées. Sur le tronc des Sapins; bien fructifié à Saugues, Ambert, Saint-Flour, etc. — 66 - 152. H. vittata (A.ch.) ; Parmelia vittata Nyl. in F/or« 1875, p. 106. Thalle lisse, dépourvu de sorédies ; divisions linéaires, allong-ées, planes, bordées de noir^ fortement fixées au support. Tronc et branches des Sapins dans la région élevée des montag-nes : Lioran, Pierre-sur-Haute, Les Pradeaux. 153. Parmeliopsis aiubi^ua (Ach.) Nyl. Scand. p. 105. Sainte-Sig-olène, dans la Haute-Loire (Frère Numérien), Saug-ues, Brag-eac; sur le tronc des arbres. 154. P. aleurîtes (Ach.) Nyl. Flora 1869, p. 445 ; Gas. Lich. Aiw. n. 34. Sur les arbustes rabougris de la rég-ion élevée du Forez (1200-1600 mètres altitude). En société avec le précé- dent, mais plus rare. Trib. XIV. — STIGTEI. 155. Stictina fuli^inosa (Ach.) Nyl. S?/?i. p. 347. Ambert, Saug-ues, Brag-eac ; rochers moussus et couverts. Stérile. 156. St. sylvatica (L.) Nyl. Sy?i. p. 34S. Diffère du précédent par ses lobes moins larges, plus profondément divisés et par les sorédies moins nom- breuses, quelquefois même le thalle en est dépourvu. Environs de Olermont, d'Ambert, de Saint-Flour, etc.; sur les rochers et les arbres ombragés. Stérile. 157. Lobarina scrobiculata (Scop.) Nyl. in Flora 1877, p. 233. Forez, Lioran, Mauriac, Saugues; sur le tronc des arbres. Stérile. 158. Lobaria pulmonacea (Ach.) Nyl. in Flora 1877, p. 233. Assez commun et souvent en société avec le précédent; bien fructifié au Lioran et à Pierre-sur-Haute. 159. Ricosalia g^loinulifera DN.,Nyl. /'yr. or. n, p. 56. Bois de la Nugère dans la chaîne des monts Dômes; sur le tronc des arbres. M. Jordan de Puyfol a récolté ce lichen bien fructifié dans la forêt du Lioran. 160. R. herbacea DN., Nyl. Prodr. p. 54. Brag-eac ; sur des roches granitiques,, ombragées. - 6? - Trib. XV. - PELTIGEREI. 161. IVeplironiiuiu lœvi^atuin Ach. Thalle lisse sur les deux faces, brun châtain en dessus. Assez commun, mais rare en fructitication. Environs de Clermont: Royat, Beaumont; forêt du Lioran. Bien fructifié dans les bois de Pierre-sur-Haute. 162. I^. parile (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 40; Cromb. Brit. Lich. p. 284. Thalle noirâtre en dessous, présentant surtout aux bords des lobes d'assez nombreuses sorédies un peu bleuâ- tres. Aussi répandu que le type ; stérile. Environs de niermont, d'Ambert, de Mauriac. 163. 1\. tomentosum (D.C.) Nyl. Sijn.^. 319; Lamy M.-D. n. 167. Thalle velu, tomenteux en dessous. Bien fructifié et abondant dans les bois de Pierre-sur-Haute et dans la forêt du Lioran, 164. Pelti^era canîna (L.) Hifm. Thalle très développé, apothécies gTandes atteig-nant quelquefois 12 millimètres de long"; spores acicu- laires. Très commun, var. ulorrhiza Schser. Enum. p. 20. Nervures et rhizines brunes, quelquefois noires surtout vers le centre. Durtol près Clermont. var. membranacea Hffm. Thalle mince, lobes arrondis, larg-es; nervures et rhi- zines blanches. — Environs de Saint-Flour. 165. P. rufescens Hffm., Nyl. Lich. Par. p. 40. Royat, Brajon près Mende. Fructifié. 166. P. lualacea (Ach.) Fr., Nyl. Sijn. p. 323. Durtol près Clermont (Frère Adelminien) ; pont de Garabit dans le Cantal; stérile dans la dernière localité, fructifié dans la première. 167. P. spuria (Ach.) DC, Nyl. Syn. p. 325., Gas. IJcIl. Auv. n. 36. Durtol près Clermont (Frère Adelminien); environs d'Ambert : Volpie, Ariane. - 68 - 168. P. seutata (Dicks.) Kœrb., Nyl. Scand. p. 89; /"'. lim- bata Del. Sainte-Sig-olène dans la Haute-Loire (Frère Numérien). Job près Ambert. Dans la première localité, les échan- tillons portent quelques apothécies, dans la seconde^ ils sont stériles, var. propag^ulîfera Flot., Nyl. Scand. p. 90. Lobes du thalle sorédiés. — Brageac près Mauriac. 169. P. polydactyla Hffm. ; Nyl. Sijn. p. 326. Cette espèce est assez commune aux environs de Cler- mont, d'Ambert, de Mauriac, de Saug-ues. var. microcarpa Ach. Apothécies petites, thalle moins développé que dans le type. — Brag-eac. 170. P. horiKontalis Hffm.; Nyl. Si/7i. p. 327. Thalle grand, apothécies horizontales, plus larg-es que long"ues; spores fusiformes. Très commun. 171. Peltidea aphthosa Ach. Assez commun sur le Plateau central et presque tou- jours en fructification : Royat, Forez, Saint-Flour, Lioran^ Brageac, Saugues. 172. P. venosa Ach. Cette espèce, comme la précédente, croît dans la rég-ion montagneuse : Royat, puy de Côme, Saint-Flour, Salers. Fructifiée. 173. Solorina saccata Ach.; Hue Lich. Cant. n. 18; Gas. Lich. Auv. n. 37, Causse de Gratacap. montagnes de Salers, Mende, etc. 174. S. «roeea Ach.^ Lamy i¥.-Z). n. 178, Hue Lich. Cant. n. 81. Mont-Dore (Lamy) ; chaîne du Cantal oii on le rencontre assez facilement et en belle fructification. Trib. XVI. — PHYSGIEI. 175. Physcîa pariefina (L.) DN., Nyl. Scand. p. 107. Ce lichen est très commun ; on le rencontre partout. 176. Ph. BjeIinea(Ach.) Nyl. in Lamy M.-D.tï. 183. Clermont, Ambert, Saugues. Troncs d'arbres et rochers ; assez abondant et souvent fertile. — 69 — var. perfusa Nyl. in Lamy M.-D n. 183. Divisions thallines très petites et fortement serrées les unes contre les autres. — Saugues ; sur une muraille et sur un Pin. 177* Ph. ulophylla (Wallr). Nyl. Lich. Par. -p. 41; Lamy M.-D. n. 181. Pentes du puy de Dôme, roches de domite ; Saugues, mur du jardin des Frères. Stérile. 178** Ph. polycarpa (Ehrh.) Nyl. in Lamy M.-D., n. 182. Sur le tronc et les branches des arbres. Ambert, Job, Pierre-sur-Haute. 179. Ph. ciliaris (L.) DC, Nyl. S?/7i. p. 414. Très commun sur les arbres, plus rare sur les rochers, var. crinalis et solenaria Schser. Eniun. p. 10, Laciniures du thalle linéaires, très étroites, long-uement ciliées, le plus souvent glabres en dessus. Quand le thalle est noir, c'est la forme scopulorum Nyl. in Lamy M.-D. n. 184. Sur les rochers découverts: Pierre- sur-Haute, Roc-des-Ombres près Salers, Saint-Flour. var. a^ryopa Ach. L. U. p. 497. Laciniures courtes, élarg-ies, un peu dig-itées, à peine ciliées, Puy Long- près Clermont. var. actinota Ach. L.U. p. 497. Bords des apothécies garnis de longs cils souvent rameux. Boulan près Mauriac ; sur les arbres. 180. Ph. pulverulenta (Schreb.) Nyl. Lich. Par. p. 41. Commun et bien fructifié; sur le tronc des arbres. K=:. var. argyphœa Ach. L. U. p. 474. Apothécies et thalle couverts d'une pruine blanchâtre, Pierre-sur-Haute, Saugues ; sur le tronc des arbres, var. detersa Nyl. Syn. p. 420, Lamy M.-D. n. 186. Thalle pâle châtain, lobes élargis et sorédiés au bord. Sur les murs aux environs de Clermont. var. ang:ustata Ach, Thalle et apothécies dépourvu» de pruine ; lobes écartés, allongés, étroits, Ambert, sur le tronc des Hêtres, var, musci^ena Ach. Lobes petits, aplanis à la circonférence, relevés au centre; portant en dessous des rhizines noirâtres. ~ 70 — Saint-Flour^ Le Puy, Mende; sur des touffes de mousse. 181. Ph. venusta Ach., Nyl. Lich. Par. p. 41. Clermont, Saug-ues ; sur le tronc des Chênes. 182. Pli. pityrea (Ach.) Nyl. in Lamy M.-D. n. 187. Montjoli i3rès Clermont^ sur l'écorce des arbres (Frère Adelminien) ; Saint-Flour^ également sur les arbres ; Saug-ues, sur les vieux murs. Les échantillons de Montjoli sont fructifies. 183. Ph. aipolia (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 41. Commun et bien fructifié. Réaction K +. f. cercidia Ach. — Thalle g-ranuleux au centre, apothécies nombreuses et petites. Ambert, sur les Chênes, f. anthelina Ach. — Lobes petits, étroits, un peu écartés ; dessous du thalle portant de nombreuses fibrilles noires. La Forie près Ambert, sur le tronc des arbres. 184. Ph. stellaris (L.) Fr., Nyl. Syn. p. 424. Commun et toujours fructifié ; sur le tronc et les bran- ches des arbres. Réaction K ±. 185» Ph. tenella (Scop.) Duby Bot. p. 612, ; Nyl. Lich. Par. .42. Clermont, Ambert, Saugues; commun et fertile. 186** Ph. leptalea (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 42. Clermont, Ambert, Mende; assez commun et fructifié. 187. P. tribacia (Ach.) Lamy M.-D. n. 195; Nyl. in Flora 1881, . 537. Environs de Clermont : puy Chateix et Loradoux, sur les rochers (Frère Adelminien) ; Volpie près Ambert, sur le tronc des arbres. Stérile. Voici ce que le docteur Nylauder a eu la bonté de m'écrire au sujet de ce lichen : « Thalliis albido-glaii- cescens breviter laciniatus, laciniis imbricatis apice digitato-crenatis vel suberosis, orbicularis aiit subeffusus mediocris (K +) ; apothecia nigricantia mediocria mar- gine thallino subcrenulato vaillante subintegro ; sporse long. 0,015-20 m.m., crass. 0,008-11 m.m. A Ph. stellari differt thalli laciniis subsquamif ormibus apice crenato- incisis. EpithriUtts viilgo siibfcmnaceO'Siiffusiis. » — 71 - 188. Ph. interpallens Nyl. sp. nuv. M. le docteur Nylander nomme ainsi un Plu/scia cor- ticole récolté par le Frère Adelminien au Pont-Dore dans le Puy-de-Dôme. Thalle g-lauque-bleuâtre en dessus, noirâtre en dessous et jaunâtre à l'inté- rieur; lobes lisses, imbriqués, appliqués, sorédiés aux bords. Voisin du Ph. subdetersa. Réaction K±. Stérile. 189. Pli. caBsia (Htfm. ) Fr. ; Nyl. Lich. Par. p. 42. Sur les rochers, assez répandu et presque toujours fertile. Gerg-ovia, Saint-Flour, Saug'ues. 190. Ph. obscura (Ehrh.) Nyl. Lich Par. ^.^2. Commun et fertile, sur le tronc des arbres, var. virella f. aorediifera Nyl. in Norrlin, Flag-ey, Exs. Alg. n. 32. Bord des lobes soredié. Saug-ues, sur le tronc des Ormes. 191. Ph. uloUirix (Ach.) Nyl. Pyr. p. 33. Cils noirs et nombreux au-dessous des apothécies. Bra- g-eac près Mauriac ; sur les arbres. 192. Ph. lithotea (Ach.) Nyl. in Flora, 1877, p. 3.54. Environs de Saint-Flour: Le Saillant et Mons, sur des roches basaltiques; Saugues, sur du granité. Fertile. 193. Ph. adglutinata (Flk.) Nyl. Pyr. p. 34, Lamy M.-D. n.201. Lezoux, dans le Puy-de-Dôme ; sur un Frêne (f.Héribaud). Trib. XVII. - GYROPHOREI. 194. Umbilicaria pustulata Htfm. Nyl. Lich. Par. p. 43. Commun sur les rochers siliceux. Stérile. 195. Gyrophopa spodochroa Ach. Méth. p. 108. Sur les rochers siliceux; Valcivières près Ambert, Brajon près Mende. Stérile. var. cruiitulosa Ach., Nyl. Syn. Il, p. 11 ; Gas. Lich. Auv. n. 38. Pierre-sur-Haute, Beaureg'ard près Saugues; rochers granitiques découverts. T. LUI. 6 — 72 — 196. G. murina Ach., Nyl. Ucli. Par. p. 43. Thalle monophylle de médiocre grandeur (2 à 3 centi- mètres) d'un gris de souris en dessus; noirâtre et glabre en dessous; c'est le type. Stérile et rare. Envi- rons de Clermont : Durtol, l'Etang, var. papyrea Ach. Thalle ordinairement plus grand que dans le type (6 à 10 centimètres) ; grisâtre et granuleux en dessous. Ceyrat et Pontgibaud dans le Puy-de-Dôme, Brageac dans le Cantal. Stérile. 197. G. hirsuta Ach. Dessous du thalle cendré-brunâtre, couvert de rhizines concolores. Assez commun. Environs de Clermont, d'Ambert, de Mauriac, etc. Stérile. 198. G. cylindrica (L.) Ach. Rochers découverts et siliceux des montagnes : Puy-de- Dôme, Pierre-sur-Haute, puy Mary^ Mende. Commun et fertile, var. Delisei Desp., JNyl. Scand.^. 117, Lamy i/.-Z). n. 206. Dessous du thalle, garni de rhizines noires. Puy Mary dans la chaîne du Cantal, var. tornata Ach., Nyl. Scarid. p. 117; Lamy M.-D. n. 206. Lobes du thalle dressés, serrés, glabres. Sommet de Pierre-sur-Haute (1600 mètres d'altitude). 199. G. flocculosa (Hffm.)Kœrb., Lamy Caiit. p. 33. Rochers de la région montagneuse : Pierre-sur-Haute, Lioran, sommet de la Margeride. Stérile. 200. G, polyphylla (L.) Turn. Nyl. Lich Par. p. 43. Commun dans la région des montagnes : Puy-de-Dôme, Saint-Flour, puy Mary, Saugues, Mende, etc. Stérile, var. coinplicata Norrl. Lamy M.-D. n. 209. Sur du granité ; Védrines (Haute-Loire). 201. G. ^labra Ach., Nyl. Lich. Par. p. 43. Montaigut-le-Blanc dans le Puy-de-Dôme (Frère Adelmi- nien), Mende, Saugues, Saint-Flour, sur les rochers. Médulle K (CaCl) -f rouge. 202. G. subg^labra Nyl. Lich. Par. p. 135. Diffère du précédent par l'absence de réaction (Médulle K CaCl — ), et par le dessous du thalle qui est brun — 73 — pâle vers le centre. Stérile. Brajori près Mende, sur un rocher granitique. J'ai reçu, d'un de mes confrères de Quito, le G. poly- phylloides Nyl. in Flora 1869, p. 388. Thalle grisâtre et très rugueux en dessus, noir fulig-ineux et lisse en dessous; apothécies plissées; spores subg-lobuleuses. Pas de réaction En société avec Neuropogon meln.ran- tluis Nyl., sur les scories du volcan Pichincha (4000 mètres d'altitude) près Quito dans l'Amérique ^(Frère Jérémie). Trib. XVIII. — PANNARINEI. 203. Pannaria rubig^inosa (Thunb.) Del., Nyl. Lich. Par. p. 44. Sur les arbres ; Ally et Brag-eac dans le Cantal. Stérile. var. eonoplea (Ach.) Nyl. Syn. 11, p. 30. Surface du thalle, principalement au centre, envahie par des sorédies de nuance bleuâtre. Royat, sur des mousses (Frère Adelminien); Brag-eac^ sur des rochers. Stérile. 204. P. brunnea (Sw.) Mass., Nyl. Syn. Il, p. 31. Sur les mousses, la terre fraîche des bois dans la région montagneuse : Salers, Saint-Flour, Pierre-sur-Haute. Bien fructifié. 205. P. nebulosa (Hffm.) Nyl. Syn. II, p. 32. Sur la terre au bord des sentiers, Royat (Frère Adelmi- nien); environs de Saint-Flour, sur du basalte. Fruc- tifié, 206. Pannularia niicropliylla (Sw.) Nyl. in Stizenb. Lich. helv. p. 82. Royat, sur des pierres (Frère Adelminien) ; environs de Saint-Flour, sur du basalte. Fructifié. 207. P. nigra (Huds.) Nyl. Scand. p. 126. Puy-de-Dôme : Effiat, sur une racine de Noyer (Frère Adelminien); Royat, puy Crouël, sur des rochers. Mende dans la Lozère et le puy Mary dans le Cantal. Bien fructifié. - 74 - 208. P. muscoruin (Ach.) Nyl. in Stizenb Lich. helv. p. 83. Sur des mousses, Mont Cornillon près Job, dans le Puy-de-Dôme. 209. Coccooarpia pluiiibea (Lightf.) Nyl. Syn. Il, p. 42. Sur le tronc d'un alisier, sentier de Brag-eac au hameau de la Sudrie (Cantal). Bien fructifié. Cette espèce est nouvelle pour l'Auvergne. M. Lamotte l'a récoltée aussi aux environs d'Anduze dans le Gard. 210. Heppia lutosa (Ach. sub CoUpnuUa)l^y\. Syn. Il, p. 45; Collema lutosum. Ach. Syn. p. 309. Ce lichen, un des plus rares que l'on connaisse, n'a été trouvé, je crois, que dans deux localités : en Allemagne par Acharius et à Mende par Prost. «Sur la terre, à Mende » ajoute ce dernier auteur dans sa Liste des- Mousses, Hépatiques et Lichens observés dans le dépar- tement de la Lozère. C'est en effet à deux kilomètres environ de cette ville, route de Chabrit, au bord extérieur des fossés à g-auche que j'ai récolté cette plante en bel état de fruc- tification ; elle s'y trouve en abondance. 211. H. Guepinî Nyl. Lich. Pyr. p. 56, Lamy M.-D. n. 220. Environs de Clermont, sur des rochers basaltiques (Frère Adelminien). 212. H. ruininola Nyl. in Flora 1884, p. 388. Thalle grisâtre, squameux, non aréole; squanies bor- dées d'une furfurescence noire. Saugues, sur du basalte, Trib. XIX. ~ LECANO-LECIDEEI. 213. Placodiuiii fulgidum Nyl. Flora 1865, p. 122. Voisin du P. fulgens, mais il s'en distingue par la gran- deur des spores qui mesurent 0,016-20 m. m. de lon- gueur, 0,006-7 m. m. d'épaisseur. Sur les roches calcaires, Causse de Mende. 214. P callopismuin (Ach.) Mérat; Nyl. Lich. Par. p. 45. Environs de Clermont : Beaumont, puy Long, pont de Longue ; sur les roches calcaires et le mortier des vieux murs. - 75 - 215. P. synipageum (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 45. Puy Crouël et puy de la Poix aux environs de Clermont, sur des roches calcaires ; Saugues, sur les murs du jardin des Frères. 216. P. murorum (Hffm.) Mass. ; Nyl. Lich. Par. p. 45. Environs de Clermont: puy Crouël, Cournon ; sur le calcaire. 217. P. ele^ans DC. Nyl. Prodr. p. 74. Environs de Clermont, de Saint-Four^ de Saugues; bien plus répandu et plus abondant que le précédent. Fructifié. 218. P. tegulare (Ehrh.) Nyl. in Flora 1883, p. 106. Spores 0,009-10 m. m: de longueur^ 0,004-5 m. m. d'épaisseur. A.u puy Crouël près Clermont, sur des rochers calcaires; Saint-Flour, sur du ba.salte; Saint- Privat à Mende, rochers calcaires. 219. P. discernendum Nyl. in Flora 1886, p. 98. Spores 0,011 m. m. longueur; 0,004-5 m. m. épaisseur. Causse de Mende; sur du calcaire. 220. P. eirrochroum (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 46. Pente nord du plateau de Gergovia, sur des rochers basaltiques. 221. P. teicholytum Ach.; Nyl. Lich. Par. p. 47. Environs de Clermont, sur un mur (Frère Adelminien) ; rochers calcaires de Saint-Privat à Mende. Le frère Adelminien a trouvé à Saint-Saturnin dans le Puy-de-Dôme, sur des scories, un Placoclium stérile qu'il a nommé Lecanora granulosa Nyl. ; cet échan- tillon est identique au Placoclium aurantio -murorum Flagey Exa. Lich. Alg. n. 54. SQUAMARIA 222. L.eeanopa crai^sa (Huds.) DC, N}^. Syn. II, p. 58. Environs de Clermont: Gergovia, Romagnat; assez commun aussi aux environs de Mendé. Sur lés roches calcaires. Fertile, var. periculosa Schser. Enurn, p. 58; Lamy Vaut. n. 196. Thalle blanc, aréole. — Sur les rochers calcaires aux environs de Mende : Choisal, Flagy. — 76 — 223. I.. saxicola (Poil.) Nyl. Scandht. p. 133. Commun sur les roches siliceuses, f. Grarovaglii Kserb., Nyl. Lich. Delphinatus p. 397. — Sur des scories au puy Pariou dans la chaîne des monts Dômes. Fertile, f. subnivalis Nyl. — « Thalliis niveo-albicans, apothecia albido- palUda; sporœ long. 0,009-11, cross. 0,006-7 m. m. » Nylander. Cette forme nouvelle se rapproche de la variété versicolor Pers. — Cubisoles près Saugues, sur du basalte, f. squamea Nyl. — « ThaUiis squamis formatus adnatis plus minus confertis » Nylander. — Saugues, sur les vieux murs, var. albo-marginata Nyl., Lamy M.-D. n. 223. Lobes du thalle bordés de blanc. — Roc du Merle dans les monts du Cantal ; murs du jardin des Frères de Saugues. var. dîfTracta Ach., Lamy M.-D. n. 223. Thalle divisé en petites aréoles anguleuses bordées de noir. Sommet de la Margeride, Brajon près Mende ; sur les rochers. Fertile. 224. L. disperso-areolata Schser., Lamy Caul. n. 200: Squa- maria disperso-areolata Nyl. Syn. II, p. 63. Sur des scories, lac d'Aydat dans le Puy-de-Dôme (Frère Adelminien). 225. C. sulfurascens Nyl. Flora 1879, p. 202. Mende, sur des roches calcaires. Fertile. 226. V.. teichotea NyL Lich. Far. p. 54. Pont de la République à Mauriac, sur des roches humides de micaschiste. Fertile. 227. L. congrediens Nyl. Flora 1883, p. 100; Gas. Lich. Auv. n. 40. Puy Crouël et puy Long près Clermont ; Mons près Saint-Flour. Sur le thalle du Lecanora vitellina. C'est le Frère Adelminien qui a découvert le premier cette espèce en Auvergne. - 77 — 228. L. aurantiaca (Lightf.) Nyl. Scandin. p. 142. Mons près Saint-Flour, sur des roches calcaires ; Mende, Ambert, Clermont, sur le tronc des arbres. 229* L. erythrella Ach., Nyl. Lich. Par. p. 49. Puy Crouël près Clermont, sur de la wackite ; Brag-eac, sur du micaschiste. 230. L. irruttata var. calva (Dicks.) Nyl. Lich. Par. p. 51. Spores simples, 0,010-11 mill. long-., 0,006 mill. épaisseur. Environs de Clermont: Gerg-ovia, puy Long; Mende. Sur le calcaire. 231. L. citrina (Hffm.) Nyl. Licli. Par. p. 48. Environs de Clermont, d'Ambert, de Mauriac; sur les rochers calcaires et le mortier des murs. Saugues, sur les arbres. 232. L,. laciniosa (Duf.) Nyl. Lich. Par. p. 51. Environs d'Ambert, sur les Peupliers; Saugues, sur du granité. 233. 1.. phlo^ina (Ach.) Nyl. Scandin. p. 141, Hepp. Flecht. 394. Réaction : apothécies K +, thalle K— . Dallet près Cler- mont, sur des Peupliers. 234. L. cerina (Ehrh.) Ach. Espèce corticole, commune, var. cyanolepra Dub. Thalle bleuâtre. Cournou près Clermont, sur les Noyers, var. sfillicidiortiin E. Fries; Olivier Lich. Ouest, p. 229. Thalle mince, quelquefois nul ; apothécies pulvérulentes au bord. — Clermont, Saint-Flour; sur les mousses. 235. L. hseinatites Chaub. Royat, sur des Noyers ; Saint-Flour, sur des Peupliers. 236. L. vitelliiia (Ehrh. ) Ach. Clermont, Ambert, Pierre-sur-Haute. etc.. ; commun sur le tronc des arbres ; rare sur les murs. 237. L.. pyracea Ach., Nyl. Lich. Par. p. .50. Environs de Clermont, sur le calcaire ; Ambert, sur les arbres. 238* L. pyrithroma Ach.; Nyl. Lich. Par. p. 50. Sur des scories; jardins des Frères de Saugues (Haute- Loire). - 78 - 239. L. ferruffinea (Huds.) Nyl. Uch. Par. p. 48. Ecorce des arbres ; Pradeaux, Brageac^ Boulan, Royat. f. f'estiv a kch. — Thalle mince ou nul; apothécies petites, nombreuses, convexes, d'un beau rouge. Royat, Saint- Flour, Saug-ues; sur des rochers granitiques et basal- tiques 240. L,. caesio-rufa(Ach.)Nyl. in Lamy M.-D. s uppl.n. 233 dis. Basalte; Cubisolles près Saugues. 241. li. lamproclieîla DC. Rochers, Royat (Frère i\.delminien). 242. L.. sHbfusca Ach. Espèce très commune. 243* L.. campestris Schser. ; Nyl. fJch. Par. p. 57. Puy Chateix près Clermont, Saugues ; sur des roches siliceuses. 244 L. horiza Ach. ; L. Parisiensis Nyl. Licfi. Par. p. 56. Saint-Flour, sur des Marronniers ; Dallet près Clermont, sur les Peupliers. 245. L. rug^osa f. epimela Nyl. Thalle blanc, épais granuleux. Apothécies d'un brun pâle, souvent noires par suite d'un champignon qui envahit le disque et ronge les bords comme dans le L. suhfusca i. detrita ; spores 0,011-15 m. m. long., 0,007-9 m. m. épaisseur. La potasse jaunit le thalle. — Mende, sur un Frêne. 246. L. clilarona (Ach.) Nyl. Pyr. or. n. p. 44. Saugues, Saint-Flour; sur les Pins. 247. L. intuniescens Rebent. Écorce des Cerisiers, montagnes de Pierre-sur-Haute ; Sapins, Rouville près Ambert; Noyers, Brajon près Mende. 248. L. coilocarpa Ach. ; Lamy M.-D. n. 274. Saint-Flour, sur des Pins. 249. L. distans Ach.; Nyl. Lich. Par. p. .^8. Sur l'écorce lisse des Peupliers, bord de l'Allier à Dallet près Clermont. 250. L.. ang^ulosa Ach. Commun sur l'écorce des arbres; Saugues, Cler- mont, etc. - 79 - 251. JL. aIbena(Pers.) Ach. Écoree des arbres; Clermont, Saint-FloL7r, Ambert, Brageac. 252. t.. atrynea (Ach.) Nyl. fJch. Par. p. 60. Puy Crouël près Clerrtiont (Frère Adelminien), Durtol, Plomb du Cantal. 253. L.. inelacarpa Nyl. ; L. atrynea var. melacarpa Nyl. Lamy M.-D. n. 279. Thalle rug-ueux, apothéciês noires ; spores, 0,012-21 m. m. long... 0,008-13 épaisseur.— Environs de Saugues, sur des roches de quartz. 254. L. g^alactina Ach. Puy de la Poix près Clermont ; sur du bitume. 255. L>. openulata (Dicks.) Fîook. Mons près St-Flour, sur des roches de wackite. 256. L,. dispersa (Pers.) Nyl. Scaiidin. p. 162. Clermont, sur du calcaire ; jardin des Frères de Saugues, sur du granité. 257. L. g^Iaucoma Ach. Clermont, Saint-Flour, Brageac ; sur les rochers. Com- mun. 258. L,. subcarnea Ach , Nyl. Lich. Par. p. 59. Commun aux environs de Saint-Flour, §ur le schiste siliceux: Mende, etc. 259. 1.. polytropa (Ehrh./ Schser. Enum. p. 81. Saint-Flour, Lioran ; sur des rochers. 260. L. subradiosa Nyl. in Flora 1872 p. 549 ; Lamy M.-D. n. 285. Environs de Saugues, sur du basalte. Stérile. 261. I.. rimosula Flagey Lich. Alg. p. 44, exs. n. 103. Roffiac près Saint-Flour, sur du trachyte. M. Flagey, en me déterminant ce lichen en 1889, m'écri- vait : « Vos échantillons ressemblent à s'y méprendre » à ma plante du col de Fdoulès en Kabylie. » 262. L.. sulphurea Ach. Assez commun : Clermont, Saint-Flour, Brageac, Mende; sur les rochers granitiques ou basaltiques. 263. L. piniperda Kœrb. Assez répandu auxenvirons de Saint-Flour; sur les Pins. - 80 — 214. I.. Ha^eni (Ach.) Nyl. in t^'lora 1872, p. 250. Environs de Clermont, de Saint-Flour ; sur l'écorce lisse des Peupliers. 2Ô5. L,. sareopîs (Walhenberg-) Ach. Sur une souche de Pin, Saug-ues. 266. L. einerea (L.) Nyl. Lich. Par.'^. 64. Commun aux environs de Saint-Flour, de Royat, de Sau- g'ues ; sur le g-ranit et le basalte. 267. L,. esesio-cînerea Njd. Lich. Par. p. 65. Sommet de la Margeride, sur du micaschiste ; Saint-Flour, sur du g-ranite. 268. L. mutabilis (Ach.) Nyl. Alg. p. 324; Flag. Lich. F. C. p. 296; Gas. Lich. Auv. n. 51. Spores incolores 0,034-50 long , 0,020-30 m. m. épaisseur. Beaumont près Clermont, sur un Cerisier; Mende, sur un Noyer. 269. L. eluta Nyl. ; L. ciEsio-cinerea var. eluta Nyl. in Lamy l/.-Z). n. 321. Thalle lisse, mince^ fendillé-aréolé, glaucescent ; spores 0,024-34 m. m. long-., 0,010-18 m.m. épaisseur ; sperma- ties 0,009-11 m.m. — Bord de l'Auze au-dessous de Brageac; sur les roches de micaschiste baig-nées par l'eau. 270. L,. lacustris (With.) Nyl. Scandi?i. p. 155. Spores, long. 0,021 m.m., épaiss. 0,007-8 ; les gonidies ont un diamètre de 0,007-10 m.m. Le thalle reste insen- sible à l'action de la potasse. — Micaschiste humide, pont du Moulin près Brageac. 271. L. ^ibbosa (Ach.) Nyl. Pyr. or. p. 54. Roches siliceuses; cette espèce n'est pas des plus abon- dantes, je l'ai récoltée à Mende, Saint-Flour, Saug-ues^ Royat. 272. L,. ealcarea f. contorta (Hffm). — Gergovia, sur le calcaire, f. cuncreta Schser. — Mende, sur le calcaire, f. Eloff'manni Nyl. — Gerg-ovia, sur du quartz résinite 273. L,. farinosa Nyl. Licli. Par. p. 66; L. ealcarea y. fari- nosa Ach. Gerg-ovia^ Mende, sur les roches calcaires. - 81 - 274. L, Noug^eotioides Nyl. Lich. Par. p. 52. Saint-Flour, Saug-ues ; abondant sur le basalte, rare sur le granité. 275. L.. oxytona Ach. Gravenoire près Clermont, sur des rochers siliceux ; Mende, sur du micaschiste. 276. L..eîrcinata Ach., Lamy >/.-/). n. 262, Hue IJch.Cant.^.l. Mons au sud-est de Saint-Flour, Saug-ues; sur du basalte. 277. L,. alphoplaca Ach. Saint-Flour, Gerg'ovia sur le basalte ; puy Crouël près Clermont, sur la wachite bitumineuse. 278. L,. vpntosa Ach. Rochers découverts des montagnes : Cantal, Forez, Mar- g-eride. 279. L.. lisematomiiia Ach. Saint-Flour, Brageac, puy Chavaroche, monts Dômes, Forez, etc. Assez répandu dans le Plateau central et toujours bien fructifié; le plus souvent sur les roches basaltiques, volcaniques, plus rare sur le granité. Les formes ochroleucum ^iporphyriimi Th. Fr. se trouvent çà et là avec le type. 280. L. atra Ach. Commun sur les rochers, moins abondant sur les écorces des arbres. Brageac, Ambert, Mende^ les Goules, sur les rochers ; Ambert, Saugues, sur les arbres, var. g^rumusa Ach. — Gergovia^ sur du calcaire, var. diseolor Duby. Variété remarquable par son thalle d'un beau blanc granuleux ; apothécies à bord irrégulier, flexueux. — Causse de Mende. 281. L. badia Ach., Nyl. Prodr. p. 91. Puy-de-Dôme, Pierre-sur-Haute, Gergovia, Saugues ; sur les rochers siliceux des montagnes. var. cîiierascens Nyl. Scandin. p. 170. Thalle pâle cendré, moins foncé que dans l'espèce. — Pierre-sur-Haute^ Védrines près Saugues. Les exem- plaires de cette dernière localité offrent le passage de la variété au type : le centre du thalle est brun foncé, tandis que le pourtour est pâle cendré. ~ 82 - 282. L. parella (L.) Ach. Commun sur les roches siliceuses : Ambert, Clermont, Saint-Flour, Saugues, Mende, etc. ; la forme corticole se rencontre aussi dans ces mêmes endroits, mais moins abondante. 283. L. upsaliensis Ach., L*amy M.-D. n. 312. Forêt du Lioran (Rupin), Mende (Lamotte). 284. L. tartarea (L). Ach. Rochers siliceux découverts du versant occidental du Forez : Pierre-sur-Haute, Volpie Valcivière. 285. L,. castanea (DO.) Nyl. Lich. Par. p. 66. Environs de Clermont : puy Crouël, puy Long-, puy de la Poix. Fertile. 286. r. fMseata (Scrad.) Nyl. Lich. Bar. p. 66. La Goulie, sur des scories; Gravenoire, sur du quartz; Clermont, sur le mortier des murs. Bien fructifié. • 287. L.. cervina Pers. Causse de Mende^ sur du calcaire. 288. L. smara^dula Nyl., Lamy M.-D. n. 330. Brajon près Mende, sur du schiste siliceux; puy Crouël (Frère Adelminien). 289. L,. adinissa Nyl. Pyr. or. n. p. 33. L'Etang- près Clermont, sur du granité. 290. L,. percaenoides Nyl. in Lamy Caut. n. 300. Pu}^ Crouël près Clermont; sur de la wackite. 291. L,. eoiifpagosa Ach., Nyl. Lich. Par. p. 53. Brageac, rochers siliceux de Saint-Til. 29â. L. eoaretata Ach. Brageac, Saugues; rochers siliceux, f. argillisecla Bnî., Nyl. Lich. Par. — Riol près Ambert, sur de la terre argileuse. 293* lu. ornata (Sommerf.) ; L. coarctata v. ornata Schser. Eimm. p. 77. Pentes du puy de Dôme, sur domite. 294** Li. an^elica Gas. ïhalle granuleux, mince, épars, d'un jaune verdâtre ; le chlorure de chaux succédant à la potasse lui commu- nique une couleur rouge. Apothécies petites, de 0,3 à 0,5 millimètres de diamètre, d'un rouge brun, ^ 83 - sans rebord thallin, souvent irrég'ulières et un peu relevées au bord ; spores ellipsoïdes de 0,020-23 m. m. long"., 0,011-14 m. m. épaisseur; paraphyses grêles. L'iode donne à la g-élatine hyméniale une couleur roug'eâtre { fulvo-rubescens) . — Ce lichen est nouveau et d'après M. le docteur Nylander présente des carac- tères assez considérables pour être placé au rang- de sous-espèce. — Rochers basaltiques, sur une butte entre Brag-eac et Ostenac vers 678 m. ait. (Cantal). 295. L. eyrtella Ach. ; Flag-. Lich. F. C\ p. 303; Lamy M.D. n. 399. Spores, au nombre de huit par thèque, biloculaires, droites; long-ueur 0,009-15, épaisseur 0,003 m, m. Sur des Peupliers au bord de l'Allier, Pont-du-Château près Clermont. 296. L.. diinera Nyl. Scandin. p. 149. Spores un peu courbées ; c'est le principal caractère qui le disting-ue du L. cyrlella. — Mons près Saint-Flour, sur l'écorce lisse des Peupliers. 297. L,. syring^ea Nyl. in Lamy M.-D. n. 303 : Hue Lich. Cant. p. 41. Spores allong-ées, un peu courbées, 3-septées, 0,012-16 m. m. long-., 0.004-6 m. m. épaiss. L'iode donne à, la gélatine hyméniale une coloration bleue. Royat, sur l'écorce lisse d'un frêne (Frère Adelminien) ; bords de l'Allier à Dallet près Clermont, sur les Peupliers. Environs de Mende (Prost) ; le docteur Nylander avait reçu cette espèce de Prost. mais elle ne figure pas dans le catalogue de ce dernier. 298. L. pruinosa (Sm.) Scandin. p. 176. Gergovia, sur du quartz résinite ; puy Long près Cler- mont, sur du calcaire; puy de Dôme, sur des roches de domite. 299. L. simplex (Dav.) Nyl. Lich. Par. p. 67. Environs de Clermont : Ceyrat, puy Chateix etc., sur des rochers (Frère Adelminien). - 84 - 300. Gyaleeta cupularis (Hdw.) Kœrb. Syn. p. 172; Gas. Lich. Auv. n. 56. Assez commun sur les roches calcaires, ombragées; environs de Clermont, Saint-Flour. 301. Lecidea lurida Ach. Puy Crouël près Clermont, Gerg-ovia, Saint-Privat près Mende ; rochers calcaires. 302. L,. rubiformis Whlnb., Hue Lich. Gant. p.W. Montagnes des environs de Salers ; sur le trachyte. 303. L.. testacea Ach. Spores 0,011-14 m. m. long, et 0,006 m. m. épaiss. Rochers calcaires de Saint-Privat près Mende. M. Prost l'indi- que pour le Causse de Mende. 304. L. atro-rufa Ach., Nyl. Scandin. p. 198; Lamy M.-D. n. 372. Plomb du Cantal, sommet de Pierre-sur-Haute ; sur la terre" de bruyère au bord des fossés. Fertile. 305. L. decipiens Ach., Nyl. Lich. Par. p. 77. Rives du Celé à Saint-Constant dans le Cantal (Abbé Fuzet). 306. L. lucida Ach., Nyl. Lich. Par. p. 77. Environs de Mende, de Saugues, deBrageac; roches siliceuses. Fertile. 307. L. decolorans (Hffm.) Flk. ; Gas. Lich. Auv. n. 58. Pentes du puy-de Dôme, Pierre-sur-Haute, sommet de la Margeride, Saugues. Rarement fructifié. 308* L. hilaris Nyl. Forêt du Lioran; troncs pourris des Sapins. Fertile. 309. L. \¥allrothii Flk., Lamy M.-D. n 367. Assez commun dans la chaîne des monts Dômes. 310. L. flexuosa (Fr.) Nyl. Lich. Par. p. 78. Spores 0,009-11 m, m. long, et 0,0045-55 m. m. épaisseur. Bois de Brageac ; souches pourries. 311. L«. vernalis Ach. Montagnes du Forez, sur les mousses. 312. L,. prœrosella Nyll. sp. nov. Thalle lépreux, mince, jaune verdâtre; apothécies petites, subglobuleuses, sans marge, d'un rose pâle à — 85 - l'extérieur et liyalines à l'intérieur; spores ovales ellipsoïdes, incolores, ordinairement simples, rare- ment à une cloison, mesurant 0,011-17-20 m. m. de long-ueur et 0,0035-45 millimètres d'épaisseur. Réac- tion : paraphyses I + roug-e jaunâtre ; I périthécium + bleu foncé; thalle K - , CaCl — . Bois de Brageac dans le Cantal ; sur le tronc des arbres. 313. L. globulosa Flk., Lamy M.-D. n. 393. Saug-ues, sur une souche de Frêne. 314. L,. prasiniza Nyl. in Flora 1881, p. 7; Gas. St. Om.n. 93. Spores simples, rarement uni-septées, long-. 0^011-14 m. m., épaiss. 0,004-5 m. m. L'iode donne à la gélatine hymé- niale une couleur bleue qui passe ensuite au rouge, Brageac, sur une vieille souche. 315. L. praeviridans Nyl. Lich. Par. suppl. p. 5. Thallus viridis tennis, conferte minute grannlosiis (K — et CaCl— ) ; apothecia fusca convexula conferta {latit. 3 millim.) intns incoloria; sporœ oblojiguœ simpliccs {sat sœpe indistincte \-septatse) long. 0,010-11, c;'«56'. 0,0025-35 millim., epithecium sordidescens (K subvio- lascenti-dissolatnin), 1 thecx obscure fulvescentes. Spe- cies elcrjantula et stirpe Lecideœ globulosœ. Gonidia diam. 0,007-8 millim. Spermogonia emittunt globulos albos spermatiornm hœc long. 0,003 millim., Nyl. Bois entre Saugues et Rognac, sur le tronc des Pins. Ainsi que j'ai eu occasion de le dire, c'est au Frère Novatien qu'on doit la découverte de cette espèce nouvelle et des autres indiquées pour les environs de Saugues. 316. L. micrococca Koerb., Hue Add. p. 151. Route de Brageac à Chaussenac; sur le tronc des Chênes. 317. L. calcivora (Ehrh.)Nyl. Lich. Par. p. 78. Spores ellipsoïdes, simples, long. 0^014-15 m. m., épaiss. 0,007-8 m. m. — Causse de Mende, sur le calcaire. 318. L. sang^uineo-atra (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 79. Spores simples, oblongues, long. 0,010-14 m. m., épaiss. 0,006 m. m — Servilanges près Saugues; sur les mousses et le tronc des Hêtres. - 86 - 319. L. fuli^inca Ach., Lamy M.-D. n. 371. Spores 0,012-16 m. m. long-, et 0,006-9 m. m. épaiss. Brag-eac, Saug-ues ; sur la terre dans les endroits un peu humides. 320. L.. ulig^inosa Ach. Montag-nes de Salers, du Forez; au bord des tourbières dans les endroits desséchés. 321. L.. syiiiBiiietiza Nyl. in Flo7m 1873, p 293. Environs de Clermont (Frère Adelminien). 322. L. sabuletoi-um Flk. Assez commun aux environs de Clermont. 323. L. milliaria Fr. Clermont, sur le mortier des vieux murs. 324. L<. melsena Nyl. Scandin. p. 205. Lioran^ sur les souches de Pins. 325. L. luteola (Schrad.) Ach. Assez commun sur les écorces des arbres : Clermont, Ambert, Saint-Flour, etc. 326. L. chlorotica (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 84. Spores aciculaires, long-. 0^055^ épaiss. 0,001 m. m. Royat, sur le tronc des Saules (Frère Adelminien). 327. L.. încompta Borr. Gerg-ovia, sur des Peupliers. 328. L. rosella Schser., Nyl. Prodr. p. 208. Rare, chaîne des monts Dômes. 329. L.. vesieularîs (Hffm.) Ach. . Coteaux calcaires aux environs de Clermont ; Saint- Flour, sur le basalte et la wackite ; Mende, calcaire jurassique. 330. L.. eaesio-candida Nyl. Prodr. p. 366. Balsièg'es près Mende, sur le calcaire. 331. L.. subtabacina Nyl. Lich. Par. p. 87. Spores fusiformes, 1-septées, long*. 0,016-25, épaiss. 0,0035-45 m. m. — Causse de Mende, rochers calcaires. 332. L,. niaininillaris (Gouan.) Dut". Environs de Clermont, sur le calcaire et le mortier des murs. 333. L. cinereo-vîrens Schser., Hue Lich. Cant. p. 13. Coteaux calcaires des environs de Clermont : puy Crouël, puy Long", etc. - 87 — 334. L. eandida Ach. Andelat près Saint-Flour, sur le basalte. 335. L,. aroniatica (Sm.) Ach., Nyl. Lich. Par. p. 87. Spores oblong-ues, 3-septées, long-. 0,016-21 m. m., épaiss. 0,007 m. m. — Environs de Mande. 316. L.. squalida Ach. Montag-nes du Forez: Pierre-sur-Haute_, Job; sur la terre au bord des tourbières. 337. L. paraseina Ach. Espèce commune, sur le tronc des arbres. 338* L. flavens Nyl. Lich. Par. p. 89. Causse de Mende. sur l'écorce des Pins. 339** L. elieochroma Ach. Commun, troncs et branches des arbres. 340. L. euphorea Flk., Nyl. Lich. Par. p. 89. Saint-Flour, Saug-ues ; sur les arbres. 341. L. latypiza Nyl. Lich. Par. p. 90. Brageac, Saint-Flour, Saug-ues ; sur les rochers. 342. L. scabra Tayl., Lamy M.-D. n. 424. Brajon près Mende; rochers de micaschiste. 343. L. vitellinaria Nyl. Lamy M.D. n. 432. Puy Crouël près Clermont ; sur le thalle du Lecanora vitellina (Frère Adelminien). 344. L. viridans Flot., Lamy M.-D. n. 423. Fontanat près Clermont, sur des pierres. 345. L.. eoteroleuea Ach. Spores simples, incolores, longueur 0,016-18 m. m., épaisseur 0,008-9 m. m, ; paraphyses lâches. Environs de Clermont, de Saug-ues. 346. L.. contigrua Fr. Spores simples, incolores, un peu ovales, long-ues de de 0,018-20 et larges de 0,009-11 m. m. Mende, Brageac. 347. L. g^oniophila Flk. Environs de Clermont : Durtol, Royat ; roches siliceuses. 348. L, platycarpa Ach., Nyl. Lich. Par. p. 91. Spores simples, incolores ellipsoïdes, longues de 0,018-21, épaisses de 0,009-10 m. m. Saugues, Mende, Clermont ; sur les rochers. T. LUI. 7 — 88 — 349. ■>.. meiospora Nyl. Lich. Par. suppl. p. 7. Servilang-e près Saugues ; roches granitiques. 350. L. crustulataNyl., Lamy M.D. n. 447. Terre argileuse; Ambert. 3)1. L. albo-cœrulescens Ach. Sur une roche de micaschiste, au pont de la République près Mauriac (Cantal). 352. L.. lithophila Ach. Sommet de Pierre-sur-Haute, sur du granité ; pentes du puy de Dôme, sur domite. 353. L.. eonfluens Fr., Lamy M.-D. n. 451. Spores simples, ellipsoïdes, petites, 0,011 long., 0,009 épais. L'iode teint la gélatine hyméniale en bleu violet, puis en rouge vineux. Rochers siliceux^ puy Violent dans le Cantal. 354. L,. (Icelinans var. subterluens Nyl. Flora 1878, p. 243. Montagnes du Forez, sur les rochers granitiques. Rare. 355. L<. declmascens Nyl., Lamy M.-D. n. 452. Spores 0,012 de long et 0,006 m. m. d'épaisseur. L'iode teint en bleu intense la gélatine hyméniale. Védrines près Saugues, sur des roches siliceuses, f. nchrorneliza Nyl. in Flora 1878, p. 243 ; Gas. Lich. Auv, n. ()5. — Le thalle présente une teinte ferrugineuse assez vive. Sommet de la Margeride, sur des roches gra- nitiques un peu humides. 356. t. tessellata Flk., Nyl. Pyr. or. n. p. 47. Spores, 0,009-11 long., 0,005-6 m. m. épaiss. MéduUe I +. Védrines près Saugues ; sur du granité. 357. L,. polycarpa Flk., Lamy M.D. n. 453. Environs de Saugues ; rochers siliceux, découverts. 358. L.. plana Lahm. Environs de Clermont, de Saugues. Rochers siliceux. 359. L.Xumosa(Hffm.). Assez commun; Clermont, Brageac, Saugues. 360. L. grisella Flk., Nyl. Lich. Par. p. 92. Commun. Clermont, Saint-Flour, Saugues. 361. I.. Brunneri Schser., Lamy M.-D. n. 464. Pierre-sur-Haute, pente du puy de Dôme; sur les rochers. - 89 - 362. L. tenebrosa Flot., Nyl. IJch. Par. p. 93, Lamy M.-D. n. 479. Spores ellipsoïdes, simples, long-. 0_,0]1-14 m. m., épaiss. 0,006-7 m. m. Védrines près Saug'ues, sur du g-ranite. 363. L. rivulosa Ach., Lamy M.-D. n. 476; GdiB. Lùh. Auv. n.70. Mont-Dore (Lamy) ; environs de Saint-Flour, sur des rochers. 364. L. mollis Whlnb. Environs de Saint-Flour, sur des roches siliceuses. 365. L,. j^rossa Pers., Nyl. Lie h. Par. p. 94. Spores ellipsoïdes, 1-septées, long-. 0,024-30 m. m., épaiss. 0,012-14 m m. L'iode teint la gélatine hyméniale en bleu, puis en roug-e vineux. Bois de Brag-eac, sur le tronc des arbres. 366. L. Stenhamiiiari Fr. Nyl. Lich. Par. p. 95. Environs de Saint-Flour, de Saug-ues; rochers ombragés Stérile. 367. L. alboalra (Hflfm.) Nyl. Lich. Par. p. 97. Lamy M.-D. n. 503. Spores brunes, 3-septées, long-. 0,014-24 m. m , épaiss. 0,005-8 m. m. Clermont, Saug-ues; sur les roches et les arbres. 368. L.. disciformis Fr. Espèce commune, sur le tronc et les branches des arbres. 369. L. ininutula Nyl. in Lamy M.-D. n. 498. Gerg-ovia: sur des roches basaltiques (Frère Adelminien). 370. L. myriocarpa DC, Nyl. Lich. Par. p. 100. Environs de Clermont, de Saugues ; sur les arbres. 371. L. petrsea Flot. Gerg-ovia ; sur du quartz résinite (Frère Adelminien). 372. L. (listineta Nyl. Lich. Par. p. 102. La Goulie près Clermont ; roches volcaniques, 373. L. greniinata Flot., Nyl. Proclr. p. 129; Lamy M.-D. n. 485. Spores, 2 par thèque, murales et ellipsoïdes, souvent brunes, long-. 0,045-50 m m., épaiss. 0,020-25 m. m. — 90 — Ceyrat près Clermont, Pierre-sur-Haute; sur les roches siliceuses. 374. L.. ufiibilicata Ram., Lamy M.-D. n. 495. Spores, 0,023-24 m. m. de long-. 0,014 m. m. d'épaisseur. Causse de Mende; rochers calcaires. 375. L,. atro-albicans Nyl. in Flora 1875, p. 363. Spores, 0,028-29 de long-., 0,009-11 m, m. d'épaisseur. Saug-ues; sur du g-ranite. 37G. L. colludens Nyl. in Flora 1870, p. 38; Lamy M.-D. n.489. Saug-ues ; sur des roches siliceuses. 377. L. lavata Ach. Assez commun sur les rochers siliceux; Ambert, Saint-Flour, Saugues. 378. L,. premnea Ach., Lamy M.-D. n. 517, Hue Lich. Cant. p. 15. Montmurat, dans le Cantal (Abbé Fuzet); Aixe, dans la Haute-Vienne (Lamy). 379* JL. deininuens Nyl. ; L. premnea f. derninaens Nyl. in Flora 1867, p. 373. Spores 3-septées, long-ueur 0,016-22 m. m., épaisseur 0,0035-45 m. m. — Côte de Brageac, sur du g-neiss. 380. L. nei^iecta Nyl., Lamy M.-D. n. 386. Saug'ues, Brageac; sur les rochers et les mousses. Stérile. 381. L.. geog^raphica (L.jSchser. Enmn. p. 105. Commun dans le Plateau central; sur les roches sili- ceuses. var. cyanodes Nyl. Cette variété nouvelle se distingue par le thalle entière- ment bleuâtre et très mince, par les apothécies petites, anguleuses, planes, assez souvent confluentes, moins élevées que les aréoles. L'iode colore en bleu la médulle. Rives de la Seug-e près de Saug-ues ; sur du quartz. 382. L. alpicola Nyl., Lamy M.-D. n. 524. Sommet de Pierre-sur-Haute ; sur les rochers siliceux, découverts. 383. L. viridi-atra Flk., Nyl. Lich. Par. p. 102. Forêt du Lioran, la Volpie près Ambert; rochers siliceux. - 91 — 384. L,. scabrosa Ach., Lamy .1/.-D. n. 527. Randanne dans le Puy-de-Dôme (Frère Adelminien). Trib. XX. — PERTUSARIEI. 3S5. Pertusaria inuUipiincta (Turn.) Nyl. Lich. Par. p. 69; Lamy M.-D. n. 337. La potasse et le chlorure de chaux ne produisent aucune réaction sur le thalle de cette espèce qui est très commune, mais qu'on n'a pas encore trouvé fructifiée dans le Plateau central. Ces thalles stériles sont nommés P. scutellata par M. l'abbé Hue Lich. Canisy p. 41 ; M. l'abbé Olivier, dans ses récents Lichens de l'Ouest p. 325, les place dans le /'. corn- inunis var. discoidea DC. 386. P. slobulifera (Turn.) Nyl. Lich. Par. p. 70; Lamy M.-l). n. 338, Hue Lich. Cant. p. 46. Thalle insensible à l'action des réactifs et couvert de larges verrues sorédiées, blanches. Commun, mais stérile. — Saint-Flour, Ambert, Mont-Dore (Lamy), Saint-Constans (Abbé Fuzet). Sur le tronc des arbres, sur les touffes de mousse. 387 P. aniara (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 70; Lamy M.-D. n. 339, Hue Lich. Cant. p. 46. Le thalle a une saveur amère, et les sorédies deviennent violettes par le chlorure de chaux succédant à la potasse. Commun, mais stérile. 388. P. leucosora Nyl. in Flora 1877, p. 223; Lamy M -D. n. 341, Hue Lich. tant. p. 10 et 46. La potasse colore en jaune la médulle et les sorédies. Espèce saxicole, rare ; Royat, Gerg'ovia; Saint-Junien dans la Haute-Vienne (Lamy); La Roquevieille et le Pic d'Orcet dans le Cantal (Abbé Fuzet). 389* P. digrediens Nyl. subsp. nov. Cette nouvelle sous-espèce ne se distingue du P. leuco- sora Nyl. que par la différence de réaction. Dans l'espèce précédente, le chlorure de chaux et l'iode sont sans action, la potasse seule réagit sur la médulle ; — 92 — tandis que dans le P. digrediens Nyl. les trois réactifs colorent le thalle: K + jaune; K (CaCl) + érythri- nique ; I^I violet. — Védrines près Saug-ues; sur des rochers granitiques. 390. P. dealbata Nyl. Scandin. p. 180; Lamy M -D. n. 342, Hue Uch. Cimt. p. 47. Saugues, Brageac; rochers siliceux. Leînhac dans le Can- tal (Abbé Fiizet); Mont-Dore et Haute-Vienne (Lamy). 391* P. corallina Th. Fr., Nyl. Lich. Par. siippL p. 18; Lamy M.-D. n. 343, Hue Lich. Ca?it. p. 47. Mêma réaction que le type, c'est-à-dire que le thalle devient jaune par la potasse et la médulle bleuit légè- ment par l'iode. Sur les rochers découverts, siliceux des montagfnes : Mont-Dore, puy de Dôme, Pierre-sur- Haute, Margeride, etc. 392. P. Westrîogii Nyl. Pyr. or. n. p. 9, pr. p. Thalle à papilles isidioïdes concolores, courtes subfjlobu- leiises ; la potasse colore le thalle en jaune, puis en roug-e ferrugineux. Mons près Saint-Flour ; sur de la wackite. D'après M. le docteur Nylander, le Pertusaria Wes- tringii on hidium Westringii Ach. renfermerait deux formes^ celle à papilles courtes peu apparentes, et une autre à papilles allongées qu'il nomme P. subcorallina. 393* P. subcorallina Nyl. subsp. n. Papilles du thalle nombreuses, allongées., subcylindri- gues, quelquefois rameuses; même réaction que le type. Stérile. — Villeret près Saugues, Barandon près Mende ; sur des roches granitiques. 394. P. coinmunis DC, Nyl. Lich. Par. p. 71; Lamy M.-D. n. 334, Hue fJch. Cant. p. 45. La potasse colore en jaune la médulle de cette espèce, qui est commune et assez souvent fructitiée dans le Plateau central. La forme saxicole y est aussi abondante et en belle fructification. 395. P. areolata Nyl. in Flora 1881, p. 456. La potasse jaunit le cortex et la médulle du thalle. — Brajon près Mende, sur des roches de micaschiste. Stérile. Nouveau pour le Plateau central, — 93 — 396. P. coccodes (Ach.) Nyl. Scnndin. p. 178; Lamy M.-D. n. 335, Hue Lich. Gant. p. 46. Dans la Haute-Vienne, sur le tronc des Hêtres et des Châtaig-niers (Lamy); Saint-Constans dans le Cantal, sur les Chênes (Abbé Fuzet). 397. P. vêla ta Nyl. Scandm. p. 179, Le chlorure de chaux produit sur le thalle une réaction érythrinique. — Brajon près Mende, sur l'écorce des arbres. Stérile. Espèce nouvelle pour le Plateau central. 398. P. lactea (Pers ) Nyl. in Flora 1881, p. 539; Lamy M.-D. n. 340, Hue Lich. tant. p. 40. Le thalle devient roug-e au contact du chlorure de chaux. Assez commun — Royat, Saint-Flour, Aurillac, Mont-Dore, Saug-ues. .399. P. pustulata (Ach.) Nyl. Lich. Par. p. 72; Lamy ^V.-Z). n. 336, Hue Lich. Cant. p. 10 et 46. Réaction : thalle K (CaCI) + orang-e. Cette espèce est assez commune et bien fructifiée sur le tronc des arbres, surtout du Hêtre. — Monts Dômes, environs de Saint-Flour, d'Aurillac, de Brag-eac. Rare dans la Haute-Vienne (Lamy). 400. P. melaleuca Duby Bot. GalL II, p. 637 ; Nyl. Lich. Par. p. 72, Hue Licli. Cant. p. 10 et 46. Même réaction que le précédent dont il n'est peut-être qu'une variété. Brag-eac, sur le tronc des Hêtres et des Peupliers ; envi- rons d'Aurillac, sur les Hêtres (Abbé Fuzet). Fertile. 401. P. leioplaca (Ach.) Schser. Enum. p. 230 ; Nyl. Lich. Par. p. 72, Lamy M.-/), n. 348. Le thalle est insensible aux réactifs. Commun et bien fructifié aux environs de Mauriac, sur le tronc des Hêtres; Servilanges près Saug-ues, sur les Sapins; Mont-Dore (Lamy). J'ai rencontré dans le bois de Buzenval près Paris, sur le tronc des Châtaig-niers, un Pertusaria nouveau voi- sin du P. leioplaca, mais qui s'en disting-ue par des thèques ordinairement à trois spores et par la réaction jaune que produit la potasse sur le cortex et la médulle du thalle. M. Nylander nomme cette espèce P. trifera {Lich. Par. siippl. p. 9). - 94 .- 402. P. ^Wulfeiiii (DC.) Nyl. Lich. Par. p. 73: Larny M.-D. n. 345, Hue Lich. Ccmt. p. 47. Le chlorure de chaux succédant à la potasse donne au thalle une couleur jaune d'or. — Brageac, sur le tronc des Châtaigniers; Saint-Antoine, sur les Hêtres (Abbé P'uzet); assez commun dans la Haute-Vienne (Lamy). Fructifié, var. rupicola Nyl., Lamy M.-D. n. 34-5, Hue Lich. Cant. p. 47. Brag-eac, bien fructifié; Montmurat et Aurillac (Abbé Fuzet); rare dans la Haute-Vienne (Lamy). Roches siliceuses ou basaltiques. 403* P. lutescens Lamy M.-D. n. 346, Nyl. Lich. Par. p. 73; Gas. Lich. Aiiv. n. 55. Même réaction que le précédent. Assez commun, mais toujours stérile. — Environs de Clermont, de Saint-Flour, de Mauriac. 404** P. sopediana Nyl. subsp. nov. Thalle sorédié, jaune verdâtre, un peu rugueux aréole; sorédies nombreuses d'un jaune blanchâtre, bien plus pâles que le thalle. Le chlorure de chaux succédant à la potasse donne au thalle et aux sorédies une colo- ration jaune d'or comme dans le P. Wulfenii DC. Stérile. — Brageac dans le Cantal, sur des rochers de micaschiste ; Cubisoles près Saugues dans la Haute- Loire, sur du granité. 405. P. flavicans Lamy M.-D. n . 347. M. Lamy dit que ce lichen appartient aux localités mon- tagneuses de la Haute-Vienne oii il couvre parfois d'énormes blocs de granité. 406. P. inquînata Th. Fries; Lamy M.-D. n. 349; Hue L/cA. Cant. p. 10 et 47, Pertiis. Flore fr. p. 20. Rochers trachytiques, au-dessus de la Grande-Cascade du Mont-Dore (Lamy) ; Laroquevieille et sommet du Plomb du Cantal (Abbé Fuzet) ; assez rare dans la Haute-Vienne. Ce genre comprend 22 espèces ou sous-espèces pour le Plateau central et 32 pour la France entière ; les dix qui ne sont pas encore signalées pour le Plateau cen- tral sont : P. exciudens Nyl., melanQchlora Nyl., ■^ 95 — concreta NyL, monocjona NyL, monogoniza Nyl., spilomantha NyL, coronata NyL, glomerata NyL, Igevigata NyL, tri fer a NyL Trib. XXI. — THELOTREMEI 407. Phlyctis agelaea Wallr. Royat, sur le tronc des Chênes (Frère Adelminien). 408. Upceolaria actinostoiua Pers., NyL L?cA. Par. p. 74. Puy Crouël près Clermont ; rochers calcaires. Fertile. 409. Urc. scruposa Ach. Espèce commune et bien fructifiée. f. hryophila Ach. - Assez commun : environs de Clermont, de Saint-Flour, de Mende ; sur les Mousses, f. flavicaiu Nyl. — Diffère du type par la couleur jaune du thalle. — Massalesse près Saint-Flour. 410. Ur«. gypsacea Ach. Saint-Flour et Saugues, sur des rochers ; Royat, sur un Châtaig-nier. 41 1* Upc. bryopliiloides NyL Lich. Par. siippl. p. 18. Brag-eac^ sur des Mousses. 412. Ure. interpediens Nyl. in Flora 1880, p. 11. Brageac, sur des roches siliceuses. 413. Ure. ocellata 1)C. Assez commun et en belle fructification aux environs de Mende ; sur les roches calcaires. Dans son catalogue, Prost l'indique pour cette localité. 414. Thelotreina lepadinum Ach., Lamy M.-D. n. 3 >2, Gas. Lich. Aiiv. n. 54. Chaîne du Forez ; fructifié mais rare. Sur le tronc des Sapins. Trib. XXII. — GRAPHIDEI. 415. Opeg^rapha notha Ach. Brageac, sur les Chênes; Cubelles près Saugues, sur les Hêtres. 416. Op. pulicaris (Hffm.) Nyl. Uch. Pyr. p. 73, 77. Sur le tronc des arbres surtout des Chênes. Commun. - 96 - 417. Op. diaphora (A.ch.) Nyl. Lkh. Par. p. 105. lussl commun que le précédent et dans les mêmes sta- tions. 418. Op. zonata Kœrb. Saint-Constans dans le Cantal, sur du scliiste(A.bbéFuzet). 419. Op. atra Pers. Commun sur le tronc des arbres. 420. Op. litliyr^a Âch. ; Gas. I.ich. Auv. n. 74; Lamy M.D. n. 547. Spores fusiformes, 5-septées, 0,018-27 m. m long"., 0,003 épaiss. ; paraphyses 0,006-7 m. m. — Royat, Ostenac près Brageac dans le Cantal. Sur des rochers. 421. Op. lithyr§;odes Nyl. in h'iora 1875, p. 106 ; Hue Lich. Cant. p. 15. Spores fusiformes 0,021-23 m.. n. long"., 0,004 m. m. épaiss., paraphyses courbes 0,016 m. m. — Brag-eac, rochers. 422. Op. herpetica Ach. Sur le tronc des arbres; assez commun. — Mauriac, Saug"ues, Royat, etc. 423 Op. fag^inea Pers. Saint-Constans dans le Cantal, sur le tronc des Hêtres (Abbé Fuzet). 424. Op. viil^ata Ach. ; Lamy M.-D. n. 348. Assez commun dans la Haute Vienne (Lamy); rare aux environs de Clermont (Frère Adelminien). 425. Graphis scripta Ach. Bien commun, mais très variable, var. pulverulenta Pers., Nyl. Lich. Par. p. 114. Ambert, Saint-Flour; sur le tronc des arbres. 426. Gr. serpentina Ach.: Gfr. scripta var serpe)itina^y\. Scandin. p. 252. Bois de Brag-eac, Saug-ues ; sur le tronc des Chênes. 427. Gr. inusta Ach. Bois de Brag-eac, sur les écorces des arbres. 428. Gr. ele^ans Ach. Saint-Constans dans le Cantal ; sur le Houx (Abbé Fuzet). 429. Xylog;raplia parallela Fr., Lamy M.-D. n. 534. Environs de Brag-eac, sur des racines d'arbre ; Mont-Dore (Lamy). - 97 - 430. X. lïexellaNyl. nrodr. p. 148; Lamyi^/.-D. n. 535. Environs de Clermont (Frère Adelminien) ; Mont-Dore et Haute-Vienne (Lamy). 431. Ag^yrium rufuin Fr. ; Lamy M.-D. n. 536. Ambert ; assez commun dans la Haute-Vienne, rare au Mont-Dore. 432. Platygrapha periclea Nyl. Lamy Sl.-D. n. 554, Hue Lich. Cant. p. 16. Rare au Mont-Dore (Lamy); Saint Constans dans le Cantal (Abbé Fuzet). 433. Artlionîa astroidea Ach. Commun sur le tronc des arbres - Clermont, Saugfues, Brageac, etc. 434. A. ciiinabarina Wallr. Brageac, sur le tronc des arbres. 435 A, galactitesDnf., Nyl. Uch. Par. p. 113. Veyre près Clermont, sur des Peupliers (F. Adelminien). 436. A. punctiformis Ach. Les Côtes près Clermont, sur les Noyers (F. Adelminien). 437. A. dispersa Nyl. Scaiidin. p. 261, Gas. Uch. Auv. n. 76. Assez rare; environs de Saint-Flour^ sur du Buis. 438. A. lobata Flk., Nyl. Lich. Par. p. 110. Bois de Brag-eac; sur des rochers siliceux, ombragés. Trib. XXIII. - PYRENOGARPEI 439. IVorinandina pulohella Borr., Nyl. Lich. Par. p. 115, Lamy M.-D. n. 569. M. Lamy indique ce lichen pour la Haute-Vienne ; je crois l'avoir aussi rencontré dans le bois de Brag-eac, sur le thalle d'une Peltig-ère, mais les échantillons ont disparu. 440. Endocarpon miniatum Ach. Royat, Saint-Flou r, sur du basalte, var. eomplicatum (Ach.) Schaer. Enum. p. 232. Puy Croiiël près Clermont, Mons près Saint-Flour, Pas de Rolant et Vic-sur-Cère dans le Cantal. Rochers basaltiques ou calcaires. — 98 — 441 E. flnviatile DC. Ambert, Pierre-sur-Haute, Saug-ues; sur les rochers g-ra- nitiques humides. 442. E. hepaficum Ach. Pay Crouël près Clermont, Salnt-Flour ; sur des rochers calcaires ou basaltiques. 443. E. rufesoens Ach. Roc du Merle dans le massif du Cantal, puy Crouël près Clermont ; sur les rochers. 444. E. pallidum Ach., Nyl. Licli. Par. p. 116. ' Environs de Saint-Flour: Mons, Le Saillant. Sur des roches basaltiques. 445. \>rrucapia uiubrîna Pers , Lamy M.-D. n. 578, Hue Lie h. Cant. p. 16. Vic-sur-Cère (Abbé Fuzet); rare dans la Haute-Vienne (Lamy). ' 446. V. glaucina Ach.; Nyl. IJch.Par.'-^. 118, Gas. Lich. Anv. n.78. Environs de Clermont, de Saint-Flour ; sur le calcaire ou le basalte. Assez rare. 447. "V. nig^reseens Pers., Lamy M.D. n. 580, Hue IJch. Cant. p. 16. Fig-eac, Causse de Gratacap dans le Cantal (Abbé Fuzetj; assez commun dans la Haute-Vienne (Lamy); Royat, sur les rochers. 44S. \. viridula Ach., Nyl. Lich. Par. p. 118. Spores 0,016-23 m. m. de long-, 0,010-11 m. m. d'épaisseur. Saugues; sur des tuiles. 449. V. macrostoma Duf., Nyl. Lich. Par. p. 118, Lamy M.-f). n. 584. Environs de Saint-Flour, sur le mortier des murs. 450. V. g-ebennica Nyl. sp. nov. Thalle grisâtre, peu épais, aréole, finement fendillé ; apothécies ordinairement seules sur chaque aréole, proéminentes avec un pyrénium entier, noir; spores simples, 0,010-11 m. m. de long- et 0,007 m. m. d'épais- seur. L'iode reïid la gélatine hyméniale d'un roug"e vineux. — Causse de Mende; rochers calcaires. - 99 ~ 451. V. polysfica Borr. Gerg"Ovia ; sur le calcaire. 452. V. aethiobola Whlnb., Lamy M.D. n. 586, Gas. Lich. Auv. n. 80. Assez rare aux environs de Saint-Flour, commun dans la Haute-Vienne. 453. \. acrotella Ach. Royat, sur les rochers (Frère Adelminien). 454. V. liiiiitaia Krmplh., Lamy Caiit. n. 485. Garenne de Montmurat dans le Cantal (Abbé Fuzet). 455. \! . rupestris Schrad. Saint-Santin dans le Cantal (Abbé Fuzet). 456. \. purpurascens Hffm. Nyl. Pyrenoc. p. 31. Causse de Gratacap dans le Cantal, sur du calcaire < (Abbé Fuzet). 457. V. hydrela Ach. Assez rare dans la Haute-Vienne (Lamy); je ne l'ai pas rencontré en Auvergne. 458. V. calsidea DC. FI. fr. IL p. 317. Garenne de Montmurat dans le Cantal, sur du calcaire (Abbé Fuzet). 459. "V. muralis Ach. Environs de Clermont, sur le calcaire. 460. \. submuralis Nyl. in Flora 1875, p. 14. Spores 0,022-24 m. m. de long- et 0,010-11 m. m. d'épais- seur ; pyrénium entier, noir. — Sur du calcaire à Saint-Santin dans le Cantal (Abbé Fuzet). 461. V. intégra Nyl. Pyrenoc. p. 31. Brag'eac, sur du schiste. 462. Y. mortarii Arn., Lamy M.-D. n. 597. Environs de Clermont, sur le mortier des vieux murs. 463. V. epigfSBa Ach., Laniy M.D. n. 598, Gas. Licli. Auv. n. 81. Rare aux environs de Saint-Flour, et dans la Haute- Vienne. 464. \. infesTPella Nyl. Lich. Par. -p. 121. Spores 0,020-23 m.m. de long- et 0,011-12 m. m. d'épais- seur. — Causse de Mende, sur le calcaire. — 100 — 465. V, g^emmata Ach. Sur le tronc des arbres à Vollore-Ville (Frère Adel- minien). 466. V. biformis Borr. Montjoli près Clermon't, sur l'écorce des arbres. 467. V. nidiilans Stenh., Lamy Caut. n. 502. Spores 0,020-36 de long- et 0,012-14 m. m. d'épaisseur. Causse de Mende, calcaire. 468. V. clilorotica Ach. Gerg-ovia, sur du calcaire. 469* V. earpinea Ach., Lamy M.-D. n. 603. Bois de la Roche dans le Puy-de-Dôme (Frère Adelmi- nien). 470. V. fallax Nyl. Lich. Par. p. 125. Dallet près Clermont, sur des Peupliers au bord de l'Allier. 471. V. micula Flot., Nyl. Pijrenoc. p. 60. Spores brunes, 1-septées, 0,016 m. m. de long- et 0,008m. m. d'épaisseur. — Bois de Brag-eac, sur les arbres. 472. V. epiderinis Ach. Environs d'Ambert. 473. V. oxyspora Nyl. Lich. Par. p. 127. Clermont. Mauriac^ sur les arbres. 474. V. nitida Schrad. Bois de Brag-eac, sur les écorces des arbres. 475. V. g:lal>rata Ach. Nyl, Pyrenoc. p. 47. Spores 0,015-18 m. m. de long- et 0,008-9m.m. d'épaisseur. — Bois de Brag-eac, sur les écorces lisses des arbres. 476. "V. arvernica Nyl. Lich. Auv. n. 82. Paton près Ambert, sur le tronc des Hêtres. C'est la seule localité où j'ai rencontré cette espèce rare. 477. V. calearea Nyl. Environs de Clermont, assez rare. 478. V. plumbea DC, Hue Lich, Cant. p. 16. Causse de Gratacap (Abbé Fuzet). 479. V. mauroides Schœr., Lamy M.-D. n. 590. Rare au Mont-Dore et dans la Haute- Vienne (Lamy) ; Pierre-sur-Haute. - 101 - Trib. XXIV. - PERIDIEI 480. Ulyeoporuin marmoratum (Schl.) Nyl. Lich. Fy7\ n, p. 23. Gerg-ovia, sur du calcaire (Frère Âdelminien). 481. M. ptelaeodes (Ach.) Nyl. Lich. Pyr. ?z. p. 90. Environs de Clermont. 482. Endococeus erraticiis (Mass.) Nyl. Lich. Par. p. 128. Environs de Clermont (Frère Adelminien) ; assez com- mun au Mont-Dore et dans la Haute-Vienne. 483. End. ^emmifer Nyl Causse de Mende, calcaire. 484. End. maerosporus Nyl. Assez commun, sur le thalle du LecAclea geoqraphica. 485. End. tripliractus Nyl. Lamy M D. n. 627. Environs d'Ambert, parasite sur le thalle du Lecidea (lira. 486. Leproloma lanuginosuni Nyl. Lich. Par. p. 103; Amphiloma lannginosum Nyl., Lamy M.-D. n. 221. Rochers ombragés, bois de Brag-eac. 487. Lepraria iolithus (L.). Saug-ues, sur les Frênes. 488. Eep. latebraruin Ach. Brag-eac, Saug-ues; sur des mousses. 489. Lep. farinosa (Hffm.) Ach. Environs de Clermont (Frère Adelminien). 490. Lep. riibensHffm., Nyl. Lich. Par. p. 104. Saug-ues, sur des Peupliers. 491. L.ep. aurea(L)Ach. Environs de Saint-Flour. rochers. 492. Lep. ehlorinaAch., Nyl. Lich. Par. p. 103. Environs de Clermont, rochers (Frère Adelminien). Au commencement de l'impression de ce Catalogue, je n'avais pas encore rencontré deux CU/.do?iies, nouvelles pour le Plateau central, qui mentent d'être signalées : Cladonia crispata var. traeliyna Nyl. Flora 1857, p. 540 ; 67. crispata var. cetra- - 102 - rtaeformis (Del.) Wain. Mori. Clad. I, p. 392. Saint-Genès- Champanelle et Mont-Cormillon près Job (Puy-de-Dôme). — Cl. pyenotheliza N}'!. Flora 1875, p. 441 ; 67. fimbriata var. pycnotheliza {^y\.) Wain. Mon. Clad. Il, p. 330; Harm. Lich. Lorr. p. 148. Bois de Brag-eac (Cantal). Je remets à plus tard l'indication d'un assez g-rand nombre d'espèces et de variétés de ladonies fort intéressantes pour la flore française ; car outre mes récoltes, j'ai reçu de nombreux et mag-nifiques échantillons de la part de trois ou quatre de mes confrères ainsi que des MM. Viaud Grand-Marais,. F. Camus. Picquénard. OBSERVATIONS SUR LE CIDARIS PSE-DDOPISTILLUM. Cou. Par M. H. ARNAUD, MEMBRE CORRESPONDANT Le Cidaris pseudopistilhim, Cott. n'a long-temps été connu que par ses radioles très fidèlement décrits et figurés dans la Paléontologie française, page 299, pi. 1073, fig-. 1 à 12. Un heureux hasard m'ayant fait trouver, dans le Dordonien inférieur de Meschers (Charente-Inférieure), un fragment de test avec radiole adhérent, les caractères principaux de la coquille ont pu être connus ; mon excellent et regretté ami Cotteau en a publié la figure et la description dans les EcJmiides du Sud-Ouest de la France 1883, pages 12 et 13^ pi. 11^ fig. 11, 13. Toutefois l'état incomplet de l'échantillon faisait regretter de laisser dans l'ombre certains détails utiles à connaître ; depuis la publication de Cotteau, j'ai pu recueillir un certain nombre de coquilles complètes (à l'exception de l'Apex) et j'ai pensé qu'il ne serait pas sans utilité de chercher à compléter la description qui en avait été donnée. Pour faciliter l'étude de l'espèce, il m'a semblé que le moyen le plus avantageux consistait non à ren- voyer au texte originaire que souvent le lecteur n'a pas sous les yeux^ mais de reproduire ce texte en y intercalant, en caractères différents, les rectifications ou les compléments mis à jour par les découvertes qui l'ont suivi ; c'est ce rapprochement que j'ai tenté de faire : j'ai placé entre guillemets les parties que j'estime devoir disparaître de la description. T. LUI. 8 - 104 - Espèce de taille « assez » forte^ circulaire, renflée ; face infé- rieure plane ; péristome à fleur de test, moins ouvert que le péri- procte; zones porifères étroitts, faiblement déprimées^ ^rè^ yoei< flexuenses, légèrement ondulées au-dessus de lUmibitus, formées de pores arrondis, rapprochés, séparés par un petit renflement granuliforme, unis par un lég-er sillon, les internes et les externes sensiblement égaux, disposés obliquement dans chaque paire ; aires ambulacraires « flexueuses » presque droites sauf vers le so?nmet de l'aire, sans dépression de la suture médiane, gar- nies de deux rangées principales de granules ronds, serrés, homogènes au bord des zones porifères et de six autres rangées intermédiaires plus petites, moins régulières; cette disposition reproduit exactement celle que M. Gtauthier a mise en lumière chez C. Serrata (Note sur quelques Echinides de l'Yonne, pages 5 à 8, 1891) ; c'est-à-dire qu'en regard de chaque granule externe occupant toute la hauteur de la plaque primaire existent deux lignes horizontales de granules plus petits, légèrement dépri- més et comme écrasés, dont l'ensemble ne dépasse pas la hauteur du tubercule externe, en rangées horizontales de deux à trois de chaque côté de la suture médiane, le troisième étant quelque- fois réduit à un seul granule sans correspondant de l'autre côté de la suture ; cette dispositio7i est clairement indiquée à la figure 13, planche U f/ei' Echinides du Sud-Ouest. Zones interporifères affleurant au bord du cercle de la coquille. Aires interambulacraires pourvues de deux rangées de tuber- cules bien développés, à base lisse, surmontés d'un mamelon assez gros, perforé, entouré d'un scrobicule large et profond, fortement elliptique de la base à l'ambitus, chez les grands indi- vidus ; sept tubercules correspondent à une hauteur de 47 millimè- tres pour l'inlerambulacre; quelquefois un tubercule atrophié au sommet. Granules scrobiculaires mamelonnés, espacés, distincts des autres, séparant seuls ordinairement deux scrobicules contigus en succession verticale, sauf à la partie supérieure de l'aire où s'intercale une petize zone granulée. Plarjues interambulacraires plus larges que hautes : 16 à ^'d paires de pores correspondent à une plaque interambulacraire majeure : le plus grand exemplaire de ma collection à scrobicules elliptiques n'en porte que 17. Zone miliaire ordinairement très étendue, un peu déprimée au — 105 — milieu quelquefois exœptionnellpment resserrée et donnant par là une première impression erroiiée de l'espèce; un exemplaire de ma collection de 41 millimètres de diamètre ne laisse entre la base lisse de deux tubercules horizontalement successifs qu'un espace de 3 millimètres comprenant les granules mamelonnés des deux cercles scrobiculaires ; sutures bien marquées quoique peu profon- des ; couverte de granules fins, sevrés, homog-ènes, disposés en séries horizontales délicates, rég-ulières, séparées par de petits sillons plus ou moins espacés ; un rang simple de g-ranules de même nature se montre sur la bande étroite qui occupe le bord des aires interambulacraires. Radioles : Paléontologie française, p. 299, pi. 1073, fig-. 1-12. Radiole g-rêle, cylindrique, plus ou moins* allong-é^ g'arni d'épines très fortes acérées, inégales, souvent comprimées, dis- posées en séries long-itudinales plus ou moins régulières : au sommet du radiole, ces épines sont remplacées par des côtes saillantes qui s'étalent en forme de corolle : tantôt le centre de la corolle est lisse et tantôt il présente un bouton proéminent. Le plus souvent les épines sont réparties sur toute là surface de la tig-e; quelquefois cependant elles ne se montrent que sur une des faces du radiole ; le côté opposé est alors couvert de rugosi- tés granulées et inégales, rangées ordinairement en séries linéaires. Collerette assez longue, finement striée; bouton déve- loppé yocr/ore, anneau saillant ; facette articulaire non crénelée. Je crois utile de faire suivre cette description des mesures de quatre exemplaires de taille échelonnée, dont trois proviennent du Dordonien inférieur et un du Campanien supérieur : — 106 — CIDARIS PSEUDOPISTILLUM, Cott. Coquille : diamètre — hauteur — rapport Péristome : diamètre Rapport au diamètre de la coquille Périprocte : diamètre Rapport au diamètre de la coquille Ambulacre : longueur Rapport au diamètre de la coquille Nombre de paires de pores Rapport à la longueur de l'ambulacre. . Nombre de paires de pores par plaque ambulacraire majeure Largeur de la zone interporifère Largeur de l'ambulacre à l'ambitus Largeur de l'interambulacre . . Rapport Nombre de tubercules interambula- craires principaux Diamètre des scrobicules : horizontal . . — vertical Plaques interambulacraires : hauteur . — — largeur... Zone miliaire interambulacr. : largeur. a 45 26 0,577 14 0,311 20 0,444 41 0,911 86 0,476 21 3 5 24 0,208 6 6 6 12 12 6 a 40 24 0,600 15 0,370 19 0,475 38 0,950 78 0,488 18 2 3,5 23 0,152 6 7 7 9 13 6 O? 35 24 0,600 13 0,371 15 0,428 33 0,942 80 0,412 19 2 4 22 0,181 6 6 6 8,5 11 5 21 12 0,571 8,5 0,404 10 0,476 17 0,809 46 0,369 18 1,25 2 11 0,181 4 4 3,5 5,5 5,5 1 - 107 - Le plus grand exemplaire analysé n'a que 45 millimètres de diamètre ; je possède un frag-ment dont la mesure à l'ambitus donne, par le calcul, pour la coquille entière, un diamètre de 54 millimètres. Cotteau fait suivre sa description des observations suivantes : « Cette espèce offre au premier aspect la physionomie du » C. Perlata ; elle nous a paru cependant s'en disting'uer d'une » manière positive par ses aires ambulacraires plus flexueuses et V g-arnies de g-ranules beaucoup moins homog-ènes, par sestuber- » cules interambulacraires plus développés et entourés de g-ra- » nules plus apparents, par sa zone railiaire couverte de g-ranules » séparés par des sillons plus irrég-uliers. » Cotteau n'a pas recherché d'autres formes de comparaison et l'on voit qu'il a été surtout frappé par la remarquable larg-eur de la zone miliaire dans l'une et l'autre des espèces comparées ; les détails indiqués comme éléments de distinction reposent sur des nuances variables, insuffisantes pour justifier la séparation ; c'est ailleurs qu'il faut en rechercher l'application. Bien plus caractéristique est la distribution des g-ranules ambulacraires ; chez C. pseudopistillum, en reg-ard des g-ranules externes au bord des zones porifères et occupant toute la hauteur de la plaque primaire, se déroulent deux rang-ées de g-ranules secondaires au nombre de deux ou trois horizontalement, mais toujours de deux seulement en hauteur; chez C. perlata au contraire [Pal. fr., pi. 1064, fig-. 5) la zone interporifère est occu- pée horizontalement par une rang-ée simple de g-ros g-ranules sensiblement ég-aux, à l'ang-le interne desquels s'intercale seulement une verrue microscopique. L'individu figuré aux Ecliinides de F Yonne, pi. 78, fig. 6, montre un g-ranule prin- cipal externe mamelonné occupant toute la hauteur de la plaque, mais suivi d'un seul g-ranule moyen qu'entoure une couronne de verrues minuscules; la différence de cette disposition semble indiquer que l'on a affaire à deux espèces distinctes. C'est surtout à C. serrata qu'il convient de comparer l'espèce qui nous occupe: dans son étude sur quelques échinides de TYonne, M. Gauthier a insisté sur la g-ranulation particulière des ambulacres de cette espèce ; or il se trouve que cette g-ranulation est identique à celle de C. pseudopistillum ; toutefois on constate chez C. serrata la forme ovale des granules ambulacraires exter- — 108 — nés ; le développement plus accentué de la région granulée qui sépare dans le sens vertical deux tubercules interambula- craires successifs, l'extension plus grande en hauteur des plaques interambulacraires, etc. La distinction nécessaire des deux espèces ressort d'ailleurs sans contestation possible de l'étude de leurs radioles, l'un et l'autre aujourd'hui parfaitement connus. C. serrata n'est pas d'ailleurs la seule espèce qui partage avec C. pseudopislillum la distribution granulaire qui nous occupe; dans ses études sur les échinides réguliers de l'Allemagne du Nord^ M. le professeur Schliiter a fait connaître divers types chez lesquels elle se retrouve et qu'il conviendrait peut-être d'y réunir dans un même groupe; réunion d'autant plus indiquée que ces formes paraissent occuper le même horizon géologique que C. pseudopislillum. (\ Herthœ, Schl., page 153, pi. XVI, fig. 1-4, du Sénonien supé- rieur procède du raênne système ambulacraire : au bord de la zone porifère, un tubercule fort, mamelonné, occupant toute la hauteur de la plaque et en regard deux rangs horizontaux de verrues plus réduites au nombre de trois par chaque ligne hori- zontale : chez l'un comme chez l'autre, la suture médiane de l'ambulacre est à fleur de test ; mais chez C. herthœ les zones porifères sont plus déprimées, les pores inégaux ; les tubercules interambulacraires partout enveloppés d'une zone granulée en dehors du cercle scrobiculaire ; le nombre des tubercules interambulacraires en colonne paraît relativement moins élevé; d'après la figure, les plaques interambulacraires seraient aussi larges que hautes. 6^. Darupensis , Schl. présente à l'ambulacre la même distribu- tion de granules, mais diffère de C. pseudopistillum comme de C. Herthœ par la dépression de la suture médiane de l'ambulacre. Il diffère en outre de C. pseudopistillum par sa forme pentago- nale dont les angles correspondent à la suture des interambu- lacres ; par le nombre relativement faible des tubercules interambulacraires scrobiculés (trois pour un exemplaire de 35 mill. de diamètre) ; par le plus grand développement de la région granulée séparant deux tubercules successifs en ligne verticale^ enfin par ses radioles polygonaux, carénés et gra- nulés. - 109 — Une disposition voisine caractérise l'ambulacre de C. Hano- verana, Schl. ; cette espèce se distingue de pseudopistillum par Texig-uïté relative de ses scrobicules, par la hauteur de ses plaques interambulacraires, plus élevées que larges ; par la plus grande extension en hauteur sur chaque plaque de la partie granulée séparant les tubercules. Le niveau de cette espèce attribué au Cénomanien doit, d'après M. Schliiter, n'être accepté qu'avec réserves. Gisement : La station principale de C. pseudopistillum est le Dordonien inférieur oii je l'ai recueilli, dans la Charente-Infé- rieure, la Charente et la Dordogne, sur certains points les radioles abondent ; le test est beaucoup plus rare et il est diffi- cile de le trouver entier ; je l'ai rencontré en outre dans le Campanien supérieur; au-dessous je ne connais que des radioles; le niveau le plus bas est le coniacien inférieur de Gourd-de- l'Arche (Dordogne). L'exemplaire figuré sous le n° 10, pi. 1073 de la Paléontologie française, provient de cette localité. Localités : Royan, Meschers, Talraont (Charente-Inférieure), Aubeterre, Courgeac (Charente), Neuvic (Dordogne). etc BRISSOPNEUSTES ATURINSIS Par M. H. ARNAUD, MEMBRE CORRESPONDANT J'ai trouvé, il y a quelques années, dans le Gariiranien inférieur de Rivière (Landes), un échinide irrég-ulier, d'assez grande taille, bien conservé dans sa forme générale, mais à test encroûté et ne permettant pas de se rendre un compte direct et exact de la disposition des ambulacres et de l'existence de fascioles. Avec cet échinide, j'avais recueilli deux fragments écrasés, dont le test, en partie nettoyé par les agents atmosphériques, montrait les traces d'un fasciole péripétale et des ambulacres en partie dégag-és : ces deux débris me parurent pouvoir se rap- porter au même type que le précédent et je les classai avec lui comme Isopneiistes Ghulrei, Sennes. La découverte d'un exemplaire du premier type, dont le test dégagé permet de bien saisir les caractères génériques, m'a déterminé k reprendre et à approfondir l'examen de cette forme et m'a amené à un classement différent de celui qui m'avait primitivement paru s'imposer. En effet, si la forme générale rappelle celle des Isopneustes et spécialement celle de J. Gincb^ei, si la coquille étudiée ne porte comme eux que trois pores génitaux, la parfaite conservation d'un fasciole sous-anal et l'absence de fasciole latéral ou péri- pétale ne permettent pas de Ty associer : tous les caractères de la coquille en entraînent l'attribution au genre Brissop?ieiistes, Oott. {Ech. noiiv. ou peu connus, 1886, p. 73, pi. IX, fig. 9-12), genre recueilli pour la première fois dans le Garumnien de Callosa (Espagne) et constaté récemment au même niveau par M. Schliiter dans le crétacé supérieur de la Baltique {uber einige Exocyclishc Echùi. de?' Baltischen Kreide, 1897). — 112 - Abordons la description de l'échinide de Rivière : • Coquille d'assez g^rande taille (0™045) de long-ueur, allong-ée, arrondie, dilat-ée en avant, resserrée, légèrement carénée et ver- ticalement tronquée en arrière ; à peu près plane en dessous, portant à la face postérieure deux tubérosités à la base de la partie tronquée. Sommet ambulacraire excentrique en avant; point culminant de la face supérieure excentrique en arrière. Sillon antérieur bien marqué, échancrant nettement le bord antérieur et prolongé jusqu'au péristome. Aire ambulacraire impaire droite, formée de pores simples dis- posés par paires continues, logées dans une fossette, séparées par une petite verrue : chaque paire de pores s'écarte davantage de la précédente à mesure qu'elle s'éloigne de l'apex. Aires arabulàcraires paires pétaloïdes, peu profondément excavées, courtes, flexueuses, non fermées k leur extrémité ; on voit après la fin de l'ambulacre pair deux ou trois paires de pores détachées de l'ensemble assez éloignées et qui en jalonnent la direction. Zones porifères composées de pores petits conjugués par un sillon, ronds, transversalement distribués ; chaque paire est séparée de la suivante, par une crête granulée ; zone interpori- fère plus étroite que chaque paire de pores ; les dimensions des pores varient suivant qu'ils dépendent de la branche antérieure ou de la branche postérieure de chaque zone ou bien encore de l'ambulacre antérieur ou de l'ambulacre postérieur, et entraînent par suite un défaut de proportion entre les zones porifères des ambulacres pairs. Zone interporifère finement granulée. Tubercules petits, très serrés, couvrant toute la surface de la coquille, plus gros à la face inférieure. Péristome petit, transversalement elliptique, labié, très excen- trique en avant , situé au fond d'une dépression ; lèvres bordées ; la lèvre plastrale saillante, la lèvre antérieure dans le plan de la face inférieure. Périprocte arrondi situé près du sommet de la face postérieure. Apex petit, à trois pores génitaux, le madré- poride en étant dépourvu ; au début de l'ambulacre impair et quelquefois au madréporide, on voit accidentellement l'amorce d'une cavité simulant un pore supplémentaire : la même parti- - 113 — cularité a été sig-nalée par M. Schltiter chez quelques individus du même genre de Suède. Fasciole subanal très marqué en anneau ovale. Pas de trace de fasciole péripétal ou latéral. Les caractères qui précèdent reproduisent presque identique- ment ceux que Cotteau a attribués au genre Brissopneustes (Ech. 710UV. ou peu cormus, Supra) et au type du genre B. Vila- novœ ; ils concordent avec la description par M. Schliiter de deux espèces de la Baltique: 5. danicus et B. sueckus. La différence saillante qui ne permet pas de confondre le type landais avec ceux de Callosa et de la Baltique réside, indépendamment de sa grande taille, dans la profondeur du sillon antérieur, l'échan- crure du pourtour, le prolongement du sillon creusé jusqu'au péristome ; ce sont des caractères exceptionnels suffisants pour justifier la création d'une nouvelle espèce à laquelle je donne à raison de son origine le nom de Brissopneustes ature?is?s, Arn. Cette forme, essentiellement garumnienne,a été recueillie à la base de Tétage, à Rivière et Angoumé, et au sommet avec Operculina Heberti, au sud de Dax. Il peut être intéressant de comparer les mesures de l'espèce décrite avec celles des Isopneustes données par M. Sennes à la suite de la description des quatre espèces qu'il a créées. Elles sont données par le tableau ci-joint : BRISSOPNEUSTES, Cott. Longueur de la coquille Largeur Rapport , . Point de plus grande largeur (1) Rappori à la longueur Hauteur Rapport à la longueur Point de plus grande hauteur ( 1 ) . . . . . . . Rapport à la longueur Distance de l'Apex au bord antérieur. . . Rapport à la longueur Ambulacres pairs antérieurs : Nombre des paires de pores Ambulacres postérieurs : Nombre des paires de pores Péristome : Distance du bord antérieur. . Rapport à la longueur 45 40 0,888 18 0,400 28 0,622 27 0,600 22 0,488 17 15 39 38 37 36 34 34 0,923 0,894 0,918 15 12 12 0,384 0,315 0,324 25 25 25 0,641 0,657 0,675 25 20 24 0,641 0,526 0,648 19 13 0,486 0,342 » 34 30 0,882 . 12 0,352 24 0,705 20 0,588 15 0,441 15 15 14 23 19 0,826 8 0,347 15 0,651 17 0,739 12 0,521 12 12 » 11 » 10 7 4 » 0,270 0,205 0,173 20 17 0,850 14 0,700 (1) A partir du bord antérieur sans tenir compte de l'échancrure : toutes mesures prises en millimètres. ISOPNEUSTES, Seimes. CS9 o 27 26 25 20 0,925 0,769 18 15 0,666 0,576 /. Grindrei. iSeunes. 39 36 35 34 30 27 28 27 0,769 0,750 0,800 0,794 26 24 26 23 0,666 0,666 0,742 0,676 /. aturicus, S. 38 » 36 32 33 32 0,888 0,868 0,888 /. interger^ S. 26 24 25 33 31 37 27 28 30 0,818 0,903 0,810 20 16 21 0,722 0,631 0,694 0,606 0,516 0,567 /. Munieri^ S. 30 32 36 26 27 30 0,866 0,843 8,833 16 17 19 0,533 0,531 0,527 BRISSOPNEUSTES, Cott. Longueur de la coquille Largeur Rapport , Point de plus grande largeur (1) Rapport à la longueur Hauteur Rapport à la longueur Point de plus grande hauteur (1) Rap])ort à la longueur Distance de l'Apex au bord antérieur. . Rapi)ort h la longueur Ambulacres pairs antérieurs : Nombre des paires de pores Ambulacres postérieurs : Nombre des paires de pores Péristomc : Distance du bord antérieur. 1 Rapport ;\ la longueur .... Br issopnt 45 39 40 36 0,888 0,923 18 15 0,400 0,384 28 25 0,622 0,641 27 25 0,600 0,641 22 19 0,488 0,486 17 15 15 15 » » 38 37 34 23 34 34 30 19 0,894 0,918 0,882 . 0,826 12 12 12 8 0,315 0,324 0,352 0,347 25 25 24 15 0,657 0,675 0,705 0,651 20 24 20 17 0,526 0,648 0,588 0,739 13 » 15 12 0,342 » 0,441 0,521 14 » » 12 12 » ; 11 » 10 7 4 » 0,270 0,205 0,173 14 0,700 37 27 26 33 25 20 ),735 0,925 0,769 I 27,5 18 15 yi6 0,666 0,576 39 36 35 30 27 28 0,769 0,750 0,800 0,794 26 24 26 23 0,888 0,868 0,888 0,818 0,903 26 24 25 37 30 0,810 20 16 21 30 32 36 26 27 30 0,866 0,843 8,833 16 17 19 0,666 0,666 0,742 0,676 0,722 0,631 0,694 0,606 0,516 0,567 0,533 0,531 0,527 (>) A parti,- du bord antérieur sans tenir compte de Péchancrure : toutes mesures prises en miUin^ètres. — 116 - Il convient de compléter les résultats de ce tableau par quel- ques observations : 1° Je n'ai pu, malgTé des recherches attentives, trouver chez les Isopneustes de ma collection, la trace certaine du fasciole péripétale qui caractérise le g-enre; si Isopneustes Cfindrei pré- sente dans sa forme g-énérale des rapports de ressemblance très étroits avec Hrissopneustes, rapports qui peuvent en faciliter la confusion, il n'en est pas de même des trois autres espèces décrites par M. Seunes et chez lesquelles pas plus que chez /. G-indrei, je n'ai pu constater des restes certains de fasciole. 2° Je n'ai reconnu de traces de fasciole péripétale, que sur l'un des deux fragments dont j'ai parl^ au début de cette note ; c'est sa présence qui m'avait eng-ag-é à le rapporter, ainsi que l'individu encroûté de Brissopneustes que je possédais, à Is. Gmdrei ; or, un examen plus approfondi des deux fragments m'amène à conclure qu'ils n'appartiennent ni au g-enre Isop^ieiistes, ni au g-enre Brissopneustes. Voici du reste la description approximative, autant que le permet l'écrasement des coquilles et l'absence d'une partie du test : Long-ueur 35 à 40 millimètres. Larg-eur 33 — Hauteur. 22 — Face supérieure renflée ; face inférieure à peu près plane ; sillon extérieur échancrant le pourtour ; trois pores g-énitaux, le madréporide en étant dépourvu ; à l'origine de chaque ambulacre (impair et les deux pairs de droite seuls conservés) une dépres- sion simule l'amorce de trois autres pores ; le même fait a été constaté chez quelques exemplaires de Brissopneustes ; la diffé- rence essentielle avec les types connus réside dans la constitu- tion des ambulacres, Ambulacre impair droit, situé dans un sillon profond, portant des paires de pores très petits, ronds, séparés par une verrue, placés au bord externe de l'ambulacre, s'écartant graduellement les uns des autres et disparaissant à une faible distance de leur — 117 — orig-ine. Zone iiiterporifère larg-e, poudrée de petites verrues peu serrées, à peine visibles. Ambulacres pairs profondément creusés, lég-èrement arqués, montrant leur convexité à l'extérieur, nettement limités par le test verticalement relevé au bord de l'ambulacre, pourvus de pores ég"aux entre eux et dans chaque branche de l'ambulacre, très allongés, gulciformes séparés entre deux paires successives par une crête fine et lisse ; zone interporifère extrêmement étroite filiforme, atteignant en largeur à peine la moitié de la longueur transversale d'une paire de pores, en fait moins d'un demi-millimètre de largeur. Ambulacre antérieur long de dix millimètres divisé en deux séries successives : la plus rapprochée de l'apex sur trois milli- mètres et demi, dépourvue de pores, nue, h peine granulée ; la seconde, jusqu'à l'extrémité de l'ambulacre, portant les pores sulciformes et dans son ensemble une largeur de deux milli- mètres et demi. La partie porifère ne débute pas au même point dans chacune des deux branches de l'ambulacre : la zone posté- rieure débute la première sans avoir de correspondant dans la branche opposée aux trois premières paires de pores ; il en résulte que celle-ci n'a que dix paires de pores tandis que la branche postérieure en a treize. Ambulacre ouvert à l'extrémité ; pores à peine convergents ; pas traces de pores détachés en pro- longement de la direction des zones porifères après arrêt de la partie agglomérée. Ambulacre postérieur de même nature que l'antérieur, comme lui légèrement arqué extérieurement, portant à l'origine une partie nue et stérile sur 4 millimètres de longueur, suivie d'une série porifère de 4 millimètres avec huit paires de pores sulci- formes sur chaque branche. Surface de la coquille poudrée de petites verrues très fines, ne portant qu'au voisinage de l'échancrure antérieure et à la face inférieure trace de petits tubercules espacés. On reconnaît les traces d'un fasciole péripétal, d'un fasciole filiforme latéral et d'un fasciole sous-anal. Si l'on ne peut affirmer en présence d'un exemplaire unique que l'atrophie de l'ambulacre à son début, bien qu'elle se repro- duise sur chacun des deux ambulacres de droite seuls conservés, ne soit pas le résultat d'une monstruosité individuelle, la forme '- 118 — g-énérale de l'ambulacre, celle des pores sulciformes et leur disposition, celle des fascioles ne paraissent permettre de ratta- cher l'exemplaire à aucun type connu. Le nouveau genre pré- sente bien quelques rapports avec hopneustes tel que M. Sennes l'a limité et décrit ; mais le simple rapprochement des ambulacres fait ressortir leurs différences et empêche de les réunir. Dans hopneustes^ les ambulacres pairs sont creusés dans la plus grande partie de leur étendue, mais ils se relèvent à la fin et et leurs dernières paires sont au niveau de la surface du test. Dans Hemigymnia, ils restent creusés jusqu'aux dernières paires et ne se relèvent pas. Dans hopneustes, les ambulacres restent ouverts à leur extré- mité et sont prolongés par des paires de pores détachés qui en continuent la direction. Dans Hemigymnia, pas trace de pores au-delà du groupe cons- tituant l'ambulacre. Dans hopneustes, la forme générale de l'ambulacre est ovale allongée. Dans Hemigymnia, elle s'élargit jusqu'aux dernières paires, l'extrémité correspondant ainsi à la partie la plus large. Tandis que dans hopneustes, les ambulacres sont droits ou à peine infléchis, les ambulacres à.' Hemigymnia sont nettement arqués et montrent leur convexité à l'extérieur du côté opposé à Taxe médian de la coquille. Les pores eux-mêmes dJ hopneustes ne peuvent être assimilés à ceux à.' H emig ymnia beaucoup plus allongés ; Au surplus, l'existence d'un fasciole latéral n'est pas indiqué par M. Seunes au nombre des caractères &' hopneustes. Péristome et périprocte écrasés. Je propose pour cet échinide, le nom de Hemigymnia ; l'espèce pourra être désignée comme : Hemigymnia aturirM, Arn. 1898. . Station : Rivière^ Landes, Garumnien inférieur. EXPLICATION DE LA PLANCHE II 1. Cidaris pseiidopistilliim, Cotteau. Neuvic, Dordogne, Dordonien inférieur. 1^ face supérieure, \ 1'' face inférieure, grandeur naturelle. 1" profil, 1 1'^ partie de l'ambulacre, ) ^ ] grossies. 1'^' plaque interambulacraire, ) 2. Hemigymnia ato'zca, Arnaud. Rivière, Landes; Garumnien -inférieur. 2^^ face supérieure, grandeur naturelle. 2'' apex et ambulacre, grossis. 3. Erissopneustes aturensis, Arnaud. Rivière, Landes; Garumnien inférieur. 3^ face supérieure, ^ ' ) grandeur naturelle. 3" face iniérieure d'un autre exemplaire, 3d face postérieure d'un autre exemplaire, 3e apex grossi. Actes de la Société Lmnéenne deBordeaux. Tome LUI. PI IL 1 ^^T'f^ \*^ ..^~^c j# ■'..-îWSr- - ; I / '3. ■» » 3^ F. Gauthier. deL Imp. Lemercier, Paris vAiTiONS mmmi et iorphologioues DES AXES FLORAUX GROUPÉS EN OMBELLES Par M. PITARD. Parmi les divers types de polymorphisme que nous avons indiqués dans les axes floraux, l'un des plus intéressants est certainement celui que nous reniarquons dans les inflorescences en ombelles. Nous nous proposons, dans la présente Note, d'indiquer^ par quelques exemples, les variations morpholog-iques et anatomi- ques, auxquelles il peut donner lieu. Les résultats acquis découlent de l'étude d'environ 225 espèces, dont 135 Ombel- lifères. Les familles que nous avons principalement étudiées sont outre les Ombellifères, les Renonculacées, parmi les dialypétales; les Primulacées, Asclepiadées, Apocynées, Polémo- niacées, etc., parmi les gamopétales. Nous avons étudié compa- rativement, durant le stade fructifère, le pédicelle central de l'ombelle ou de l'ombellule centrale, dans le cas des Ombel- lifères, et le pédicelle externe de l'ombelle ou de l'ombellule excentrique. L Polymorphisme morplioloqique. — a Nous savons que les axes floraux subissent une évolution particulière d'après l'inten- sité de l'apport de l'eau et des matériaux de réserve, suivant aussi la vigueur de la plante et les conditions biologiques où elle est placée, les différents rayons des ombelles se dévelop- pent ou avortent ; le développement est centripète, l'avortement centrifuge, dans les cas défavorables. Le même fait se produit pour les rayons des ombellules qui avortent dans leur rég-ion centrale pendant l'évolution de la fleur et la maturation du diakène. Il y a déjà, par suite d'un polymorphisme évolutif d'une action très générale, dû à l'apport varié de l'eau, des Tome LUI. 9 — 120 — substances de réserve, et lié au point d'insertion des rameaux d'inflorescence sur l'axe végétatif, des variations quantitatives de lissiis développés, à un même stade, dans les ramifications diverses des inflorescences. [3 La longueur des pédicelles et des rayons primaires varie aussi dans le même sens. Nous voyons leur long-ueur diminuer de plus en plus dans le sens centripète ; quelques espèces offrent des fleurs sessiles au centre des ombellules, tandis qu'elles sont plus ou moins pédicellées à l'extérieur {OEnanthe, Tordyliiim, Physocaulis, Kiincbminnia, etc.). Souvent toutes les fleurs sont pédicellées, mais les pédicelles externes sont toujours plus grands, très exceptionnellement à peu près égaux {Buple- vrum fniticosum). Le rapport des longueurs peut être sujet à de, grandes variations; il varie en général dans le rapport de 1 à 8 (de 3 à 4 en moyenne). Y La forme des sections du pédicelle vertical de l'ombellule centrale est à peu près arrondie; par suite de l'avortement centrifuge un pédicelle floral voisin du centre, un peu latéral, présente un léger aplatissement dorsi-ventral, plus prononcé dans le premier fruit jeune, suivant le nombre des axes avortés et souvent plus considérable encore dans le premier pédicelle fructifère arrivé à maturité. Enfin le pédicelle fructifère de l'ombellule excentrique, dans la presque totalité des cas, est fortement aplati. Sur 104 espèces dont nous avons mesuré les diamètres transversaux et antéro-postérieur, nous avons trouvé que cet aplatissement était de 1/2 dans 6 cas, de 1/3 k 1/2 dans 42, de 1/5 à 1/9 dans 48 et de 1/8 à 1/30 dans 8 cas. Ces chiffres n'ont d'ailleurs rien d'absolu. IL — Polymorphisme anatomique. — Nous l'avons surtout étudié chez les Ombellifères. Des variations du contour extérieur des pédicelles dépendra une organisation particulière des différents tissus. Les pédicelles centraux jeunes de l'ombellule centrale présenteront généralement une symétrie axillaire plus ou moins nette. Cette symétrie sera souvent moins typique dans le premier pédicelle dont la fleur est épanouie, toujours un peu latéral par suite des avortements centrifuges ; elle sera encore plus troublée pour la même cause dans le premier pédicelle fructifère de larnême ombellule. Souvent, après le stade floral, — 121 — les pédicelles centraux ayant tous avorté, les pédicelles fructi- fères subsistant offrent tous une symétrie axillaire très troublée, plus ou moins bilatérale. Le même fait se constate, dans tous les cas, avec une intensité remarquable dans le pédicelie le plus excentrique de l'ombellnle latérale. Cette symétrie bilatérale nous est manifestée par la répartition de tous les tissus que nous allons brièvement indiquer : a. CoUeiichyme. — Le collenchyme, dont la distribution est nettement axillaire dans le pédicelie central de l'ombellule médiane, est réparti dans les deux ailes latérales du pédicelie excentrique. Il est alors représenté par 1 à 3 assises de cellules {Brignolia. pastinacœfoUa Bertol., Carimi incrassatiim Boiss., Smyrnumi perfollatum L., Malabaila Bacquetii Tausch., Cliœro- phijllum Villarsii Roch, Qsmorrliiza brevistylis DC, etc.) ou par deux forts faisceaux latéraux (C aucalis muricata Bï&ch., Orlaya grandi flor a Hoffm., Lophocarplms echbiopliorits Bert., etc.). Parfois, outre les deux faisceaux latéraux, existent deux fais- ceaux antéro-postérieurs {Caucalis daucoides L., Turgenia lati- folla Hoffm.). p Canaux sécréteurs et faisceaux fibro-vasculaires. — Dans une même espèce, nous assistons à l'avortement de plus en plus prononcé des faisceaux antéro-postérieurs et à l'accroissement correspondant des faisceaux latéraux, en étudiant des pédicelles de plus en plus excentriques. Il en est toujours de même des canaux sécréteurs. Leur structure n'est donc pas fixe, mais sujette à des variations dues à la disparition partielle ou totale des faisceaux suivant le diamètre indiqué. Le pédicelie excen- trique nous a présenté dans de nombreux cas la structure suivante : ^ / 8 antéro-postérieurs . Turgenia latifolia Hoft'm. 6 — Caucalis lejitopJiylla L., C. daucoides L., Durieua hispanica Roiss. et Reut., Margotia gummifera Coss. '^ 1 4 — Turgeniopsis fœniculacea Bo'iss.. Lecokia crer - tica DC, Plnjsocaulus nodosus Tausch., Tordylium syriacuni L. 3 — Ferula communis L., Bifora radians M. B. 2 — Caclirys alpina M.B., Praiigos ihapsoides DC, Sb \ Ferula lingitanah , Heraclemn platytœnium '^ > Bois., H. granatense Coss., H. sibiricum L. — 122 — 1 antéro-postérieur. . Œleoselinum moeoides Koch, Anthriscus ma- crocarpus Boiss. et Heldr., Ay'tedia squa- matah.^ Carum mauritanicum B. N., Smyr- nium olusatrum L., S. j3er/"oi!îa(Mni L., 5. rotundifolium Noill. — Condylocarpus Apulus Hoffm., Falcaria lati- folia Koch, Seseli coloratum Ehrh.. Fœni- culum dulce L., Peucedanum sativum L., ha \ Daucus gummifer Lam. CQ \ Y Qaine scléreiise. — La gaine fortement sclérifiée qui entoure la moelle et eng-lobe les faisceaux libéro-lig-neux est souvent plus ctéveloppée à l'une des faces du pédicelle. La bilatéralité de structure accentuée par la répartition inégale de cette zone se remarque surtout dans Ferulngo hnmilis Boiss. ^ Zozimia absin- thifolia DC, Caucalis grandi flora L., Scandix pecten veneris Coss., Krubera leptophylla Hoffm., etc. 8 Région médullaire. — Enfin la moelle arrondie dans les pédi- celles centraux est fortement étirée transversalement dans les pédicelles excentriques. Parfois cependant, par suite du déve- loppement exagéré des faisceaux latéraux et la résorption correspondante des faisceaux antéro-postérieurs, son diamètre antéro-postérieur devient égal ou supérieur au diamètre trans- versal. Outre les Ombellifères, les Renonculacées, Géraniacées, Primu- lacées, etc., nous offrent un pédicelle excentrique aplati transversalement; le péricycle limite un cylindre central dont le diamètre antéro-postérieur ne présente souvent que le tiers ou la moitié du diamètre transversal. Il entoure des faisceaux dont la répartition est plus ou moins symétrique par rapport \à un plan. Les Ericacées, Asclépiadées, Apocynées et Polémoniacées nous ont fourni des structures comparables; les pédicelles excen- triques sont toujours aplatis à des degrés divers, la région ligneuse est étirée transversalement et souvent inégalement développée. Du polymorphisme signalé nous concluons les faits suivants : 1° Le groupement des fleurs en ombelles favorise l'apparition des perturbations de la symétrie axiale des axes ainsi réunis. Ces anomalies ne sont pas spéciales à une famille ou à un genre, - 123 — mais se rencontrent avec une intensité variable dans tous les cas où les pédicelles sont réunis en inflorescence serrée orabelli- forme. 2° Chez les Ombellifères, par suite de la quantité considérable des axes floraux associés, nous constatons une transition souvent insensible, par l'intermédiaire d'axes où la structure axillaire est profondément troublée, entre la symétrie axiale de la tige représentée par le pédicelle central et celle des pédicelles excen- triques, aussi bilatérale que celle du pétiole. La symétrie axiale de la tige et bilatérale da pétiole sont deux architectures extrô mes ; entre les deux nous placerons la symétrie indécise d'un grand nombre d'axes floraux, parfois nettement axiale, plus rarement bilatérale. 3° D'après M. Ricôme « l'altération de la symétrie (ax'iale) « semble être en rapport avec la direction des rameaux dans » l'espace ». Cette interprétation exacte pour une espèce prise en elle-même, manque de généralité. Comme nous l'avons déjà indiqué (1), le pédicelle le plus externe de l'inflorescence tend à présenter, avec leur maximum d'intensité, ces phénomènes de dégénérescence de la symétrie axillaire ; mais nous avons déjà signalé des axes verticaux à structure bilatérale et bon nombre d'axes très infléchis nous montrent une symétrie axillaire. Enfin dans le cas des Ombellifères, nous avons noté la situation de tous les pédicelles étudiés et à un plagiotropisme égal ou supé- rieur à 90" : {Fenda coininiinis L., Ferulago dsparagifolia Boiss., Heracleiim granatense Coss., Imperal.oria Idspcmica Coss., Carum iiicrassatum Boiss.), ne correspond pas un^ structure plus bila- térale qu'à une inclinaison de 15° {Durieua Idspanica Boiss. et Reut.), 30° {Schlosseria helerophylla L.), 45° {Siler triholum Scop., t^eseU coloratum Ehrh., Smyrniwm oliisatriim L., Caucalis lepto- phylla L., C. daucoides L., Anthriscus macrocarpus Boiss. et Heldr.), etc. Il n'y aurait donc aucune proportionnalité entre le degré d'inflexion de l'axe et la structure bilatérale engendrée. Ce fait se remarque d'ailleurs dans toutes les familles à fleurs diversement groupées. Nous pensons que l'insertion variable des pédicelles floraux sur l'axe entraîne un apport inégal d'eau et de (1) Procès-verhaux de la Société des Sciences physiques el na(,ii7-elles de Pordeaux (6 janvier 1898). - 124 - matériaux de réserve déjà favorable à l'apparition du polymor- phisme morpholog-ique. Enfin la g-êne et les pressions dues à l'évolution des fleurs internes sur les pédicelles externes en voie de développement contribuent aussi à leur imprimer leur physio- nomie spéciale ; la situation seule de ces axes floraux dans l'espace étant impuissante à expliquer par elle-même leur apla- tissement transversal. 4° M. Ricôme constate que « ce n'est pas toujours la face » supérieure du rameau qui est tournée vers le haut, c'est » parfois la face latérale. (Certains rameaux de Sambucus.) » En réalité, ces phénomènes de torsion dont cet auteur men- tionne ici un exemple sont beaucoup plus fréquents qu'il ne paraît le penser. Nous en avons d'ailleurs disting'ué de trois natures spéciales : 1° Torsions latéro-aatérieures ou postérieures, bien nettes dans beaucoup de pédicelles fructifères à fruits lég-ers, chez les Ombellifères, Orobanchées, etc. 2° Torsions antéro postérieures, visibles dans un g-rand nombre d'axes floraux {Viola, Cyclamen, etc.) et d'axes fructifères (nombreux fruits lourds; Campanula, Reliaiithemiirn, etc.). 3° Torsions à la fois latérales et antéro-postérieures (Tropseo- lées, Mélianthées, nombreuses Cucurbitacées, etc.) 4° De toutes les recherches anatomiques, on doit tirer quelques conclusions taxinomiques, sans vouloir ici nous prononcer sur l'importance capitale que peut présenter le pédicelle fructifère au point de vue de la classification, nous devons cependant mentionner que, d'après nos observations, le polymorphisme de collatéralité qui entraîne des variations aussi considérables dans la répartition et la quantité des tissus n'altère pas la nature his- tolog'ique de leurs éléments. Une classification basée sur le pédicelle fructifère, établie sur cette dernière donnée, ne sera donc pas mise en défaut par ces variations de symétrie. Nous verrons plus tard qu'il n'en sera pas toujours de même si nous considérons le port de la plante ou son habitat particulier. DU TRIPLE POLYMORPHISME DES AXES FLORAUX Par M. PITARD. L'axe floral, dans ses ramifications souvent fort complexes, ne présente pas toujours une structure comparable dans toutes les régions examinées. L'étude d'un g'rand nombre d'inflorescences les plus diverses, nous autorise à penser que les axes floraux sont susceptibles d'offrir, suivant leur deg-ré de ramification, des variations très notables au point de vue de la complexité des tissus qu'ils renferment et de leur répartition spéciale. Nous pouvons nous rendre compte de ces variations de structure : l^En comparant les axes de deg-rés divers d'une même inflorescence : c'est un polymorphisme de succession que Trautwein (Ij, Nanke (2)^ Klein (3) et M. Ricôme (4) ont déjà sig"nalé dans un certain nombre de cas; 2° En comparant les divers axes d'un deg-ré correspondant insérés au même niveau sur la tig-e dans la même inflores- cence (ombelles) : c'est un polymorphisme de collatéralité que M. Ricôme a brièvement indiqué, dans les axes g-roupés en ombelle chez Heracleum sphondylium et mentionné chez Daucus carota ; . (1) Inaug. Dissert. Halle, 1885. (2) Vergl. anatom. Unters. liber den Bau voa fUliten-und vegetativen Axen- dikotyler Holzpflanzen, 1886. (3) Inaug. Dissert. 1886. (4) G. R., 13 décembre 1897. - 126 — 3° En comparant les axes de fleurs unisexuées et hermaphro- dites : c'est un polymorphisme de sexualité. Chaque type de polymorphisme que nous venons d'indiquer peut être examiné à un triple point de vue : morpholog-ique, anatomique et physiologique, durant les stades floraux ou fruc- tifères. L'étude morpholog-ique comprendra la topographie extérieure de l'entrc-nœud du deg-ré considéré (poils, stomates, longueur, diamètre, aplatissement des axes, etc.). L'examen anatomique nous révélera les dispositions spéciales des tissus les uns par rapport aux autres, et leur quantité relative. Enfin l'étude physiologique nous fera comprendre pour quelles raisons une fleur souvent fécondée ne fructifie pas, et nous expliquera dans bien des cas les avortements partiels des carpelles. Les quantités d'eau, de cendres, de matières ternaires ou albuminoïdes diverses varient d'un axe floral à l'autre dans des proportions considérables, surtout si nous comparons à ce point de vue le pédicelle supérieur et inférieur d'une grappe, cyme, etc., ou le pédicelle excentrique et central d'une ombelle^ ombellule ou d'une inflorescence ombelliforme. Pour faire l'étude du polymorphisme de succession, nous noterons avec soin les axes de degré croissant des ramifications. Une section transversale de la partie exactement médiane des entre-nœuds, nous renseignera sur les rapports numérique et topographique des éléments des différentes régions anatomiques. Durant le stade floral, nous n'assisterons pas seulement à une simplification centrifuge des divers tissus, comme Dennert (1) l'avait pensé : l'axe qui supporte la fleur, conserve en eflet le plus souvent une physionomie caractéristique. Pendant l'évolu- tion du fruit, nous remarquons toujours un renforcement centri- fuge de tous les tissus, mais le fruit, dans certains cas de maturation lente, d'hypertrophie des parenchymes des carpelles, influence la structure de son support immédiat et des axes plus ou moins éloignés. Cette action centripète accentue le polymor- phisme indiqué et si nous dessinons sur une feuille de carton bien homogène les sections d'axes de degrés divers d'une même inflorescence, au stade floral et fructifère, si nous découpons et (1) Botanische Hefte. Ile Heft. Marburg 1887, - 127 — pesons à part chaque tissu, nous constatons que leur rapport varie dans des proportions souvent considérables. Le polymorphisme de collatéralité que nous offrent les ombelles, nous montre, outre des variations quantitatives des tissus développés dans les axes centraux ou excentriques, un élément nouveau. Souvent l'ombelle est formée de fleurs forte- ment tassées, les pédicelles externes plus ou moins aplatis offrent alors une symétrie spéciale. Ce polymorphisme des ombelles se reliera facilement à celui des g-rappes, cymes, etc., c'est-à-dire au polymorphisme de succession par de nombreux types à grappes courtes ou à corymbes très compacts. Enfin le polymorphisme de sexualité nous est révélé par la simple inspection des axes floraux des plantes monoïques, dioïques et polygames, et le calcul de la superficie de chaque tissu, comme dans le cas des autres polymorphismes. On peut se rendre compte de la complexité de cette étude du polymorphisme des axes floraux, si l'on songe que souvent une même inflorescence (g-rappe d'ombelles, ombelles de cymes, etc.) devra être étudiée pendant les stades floraux et fructifères au triple point de vue signalé, de succession, de collatéralité et de sexualité de ses axes, et que cette étude serait forcément incom- plète si on néglig'eait d'indiquer les variations morphologiques, anatomiques ou physiologiques de chaque type de polymor- phisme. 1 SUR L'HISTOIRE DE BONIPACIO A L'ÉPOQUE NÉOLITHIQUE Par M. Ch. FERTON. L'emplacement sur lequel est actuellement bâtie la ville de Bonifacio, ainsi que les terrains environnants, ont été^ à l'époque néolithique, habités par une population relativement dense, qui a laissé dans toute la région des traces de son industrie. Les silex taillés de cette époque s'y trouvent disséminés à la surface des plateaux calcaires, plus rarement dans les vallées, où ils ont dû être recouverts par des alluvions récentes. Deux ateliers assez importants existaient, l'un dans la citadelle actuelle; attenante à la ville, l'autre sur le Campo romanello (1), plateau auquel vient se souder la presqu'île même de Bonifacio. D'autres ateliers de moindre importance occupaient les plateaux de l'Absinthe et d'Araguina et celui qui domine au nord la fontaine de Saint- Jean; enfin j'ai ramassé des silex taillés isolés en beaucoup d'endroits : sur les plateaux de Capello et de Cavallino, qui dominent du côté nord le port de Bonifacio, à Saint-Martin, Saint-Julien, Corcone, Santa-Manza, Licetto, sur les hauteurs qui bordent la vallée de Canalli et jusque prés de Canetto. Un sentier encaissé qui longe la falaise sur le Campo romanello, et dont les abords, du côté de l'escarpement au moins_, n'ont jamais été cultivés, me permet de constater que les silex sont sous une (1) Mon chef et ami, le commandanT; Gaziot, à qui j'avais remis le résultat de mes premières recherches, a déjà signalé cet atelier dans les deux mémoires suivants : Découvertes 'préhistoriques et archéologiques faites en Corse en 1897, Feuille des jeunes naturalistes, 1897 ; et Découvertes d'objets préhistoriques et protohistoriques faites dans l'île de Corse. Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, 1898. - 130 - couche d'humus de plus d'un décimètre d'épaisseur moyenne. Ceux que je trouve à la surface du plateau ont été ramenés au jour par la culture. Industrie. — M. G. de Mortillet, qui a examiné quelques silex taillés que -j'avais remis au commandant Caziot, lésa rapportés à l'âg-e robenhausien; les outils et les armes que j'ai pu trouver depuis sont en effet conformes à ceux que l'on connaît de cette époque sur le continent. Ces objets me rappelaient par leurs petites dimensions ceux qu'a sig-nalés M. H. Nicolas, dans le Gard près de Villeneuve-les-Avig-non. La pierre polie paraît n'avoir été que rarement employée ; de longues recherches ne m'ont donné qu'un silex en mauvais état de conservation, qui doit avoir été un morceau d'une hache polie comprenant une partie du tranchant. (1) Les pointes de flèche, retouchées avec soin des deux côtés, sont à pédoncule et à double barbelure, ne le cédant en rien à celles du continent pour le fini du travail; ce sont d'élég-ants objets tantôt recouverts d'une belle patine d'un blanc de porce- laine, tantôt taillés dans un silex d'un noir pur. Les couteaux, les g-rattoirs et les perçoirs sont de petite taille, leur longueur atteignant au plus 5 à 6 centimètres. Ces objets étant les seuls de cette époque qu'on ait jusqu'ici notés en Corse, j'ai fait dessiner ceux qui m'ont paru les plus intéressants ; on pourra vérifier que V Insulaire néolithique corse n'avait rien à envier au Continental pour l'habileté dans le travail;, on vérifiera surtout que des deux côtés l'industrie était identique. Plusieurs fois, dans les ateliers robenhausiens des environs de Châtellerault, j'avais constaté que l'outil, grattoir ou perçoir, présentait du côté où il avait été travaillé une surface plane, destinée à donner appui au pouce de la main. J'ai été étonné de retrouver cette précaution sur les mêmes outils à Bonifacio; le perçoir représenté figures 1 et 2 en donne un exemple. En outre, nous verrons tout à l'heure que, de même qu'en France, l'homme fabriquait une poterie grossière, et s'ornait de ceintures ou de colliers qu'il faisait avec dejs coquilles (l) Il m'a été remis, depuis la rédaction de ce mémoire, une jolie hache polie en diorite trouvée près du col de la Trinité, — 131 — marines. Une similitude aussi complète dans l'industrie, en un temps oii la marche du progrès était si lente, doit faire supposer une communauté d'origine. L'homme néolithique" de Bonifacio était un immig-ré, récemment venu de quelque rivag'e du conti- nent ; ce n'était pas un autochtone, produit de la transformation sur place d'une race plus ancienne. La matière employée pour la fabrication des armes ou des outils est presque toujours le silex; la pierre est de plusieurs qualités: l'une se recouvre souvent dans le sol calcaire d'une patine épaisse d'un blanc de porcelaine pur ; une autre, d'un beau noir, conserve sa teinte, ne perdant quelquefois que son aspect brillant; quelques échantillons de couleur blonde ne prennent pas de patine. Le silex provenait de la localité même, ainsi que le prouvent des éclats adhérents naturellement à du calcaire identique à celui de la molasse du pays (l). Bonifacio présentait, mieux que tout autre point de l'île, les avantag-es qu'e recherchait l'homme à l'âge de la pierre polie. Les coquillag-es abondaient dans son g-olfe, et surtout ce petit îlot calcaire, situé au milieu d'une vaste rég"ion g-ranitique, fournissait le silex, la matière préférée pour la fabrication des armes et des outils^ et qu'on ne pouvait retrouver ailleurs qu'à une distance de plusieurs jour- nées de marche (2). C'est vraisemblablement àla présence du silex dans son sol, que la région devait d'être une des plus populeuses, sinon la plus populeuse de la Corse, exportant peut-être dans les parties voisines de l'île les produits de son industrie. De nos jours, l'or et le fer ont remplacé le silex, et Bonifacio est déchue de son antique splendeur, mais elle a conquis un plus beau fleuron, c'est la ville de Corse où le travail est lé plus en honneur. Le silex était rare néanmoins, c'est ce qui amena l'homme à se servir de serpentine et de quartz. Deux percuteurs sont en serpentine, dont quelques galets sont disséminés çà et là dans les champs ou sur le rivage_, provenant des terrains g-ranitiques (1) Dans les mémoires cités, le commandant Caziot note, d'après des renseignements que je lui avais fournis, que les silex ont dû être importés, j'ai reconnu depuis que j'avais commis une erreur. (2) L'îlot de terram miocène de Bonifacio est le plus important de Corse, et il faut remonter jusqu'à Aleria pour retrouver le même terrain dans l'île. — 132 — qui apparaissent à 5 kilomètres de Bonifacio. Cette même ser- pentine a été employée à d'autres usag-es : un g-rattoir, une amorce g-rossière de pointe de flèche et quelques éclats portent des traces certaines de taille intentionnelle. Des lames de quartz, provenant du Campo roraanello et des environs de la fontaine Saint-Jean, ont été évidemment travail- lées, et de petits prismes de cette même matière^ doivent avoir été apportés de terrains granitiques distants de4 à 5 kilomètres, où ils sont communs. On verra plus loin qu'un de ces prismes a été extrait d'un abri sous roche, où il se trouvait avec les osse- ments d'un homme néolithique écrasé dans la chute de rochers, qui s'étaient détachés de la voûte. Je rapporte à la même époque des tessons de poterie g-rossière non vernissée et souvent mal cuite, mélangés à des restes de repas de coquillages dont il va être question. Amas de coquillages. — Sur les plateaux de la citadelle et du Campo romaneilo, oi.i étaient installés les deux principaux ateliers de la région, se trouvent de petits amas de coquil- lages (1), que je considère comme des restes de repas de l'homme néolithique. Ce sont des huîtres, des bélins ou bigorneaux {Trucliocochlea arliculata Lamk.), des arapèdes, des bucardes ou sourdons [Cardiwn edule), des clovisses et plus rarement des Ceritliium vulç/atum et des Murex tnmcuhis (2) ; tous ces mollus- ques sont encore estimés aujourd'hui comme nourriture. Le long de l'escarpement qui limite au sud le Campo romaneilo, et où le terrain paraît n'avoir jamais été cultivé, les coquilles sont recou- vertes d'une couche de terre végétale, dont l'épaisseur moyenne est d'une dizaine de centimètres; avec elles ou auprès d'elles, je trouve des tessons de poterie g-rossière et de nombreux silex taillés. Dans la batterie n^ 2 de la citadelle, un de ces monceaux, (1) Quelques-unes de ces coquilles éparses sur le plateau, où je les avais à tort considérées comme quaternaires, sont utilisées par VOsmin ferruginea Lep. qui y nidifie comme dans les Hélix. Oh. Ferton, Nouvelles observations sur Vinstinct des Hym. gastrilégides de France et de Corse. Actes de la Soc. linn. de Bordeaux, tome LU, 1897. (2) Le commandant Caziot a eu la complaisance de déterminer toutes les coquilles dont il est question Ici. . — 133 - composé principalement de big-orneaux, m'a donné de beaux outils (1). V Ces coquillages se retrouvent aujourd'hui dans le port de Bonifacio, et leurs proportions numériques ne paraissent pas avoir été modifiées. Les huîtres, qui dominent en nombre dans ces restes de repas, ^sont en effet communes dans le port, non seulement dans un parc où on les cultive, mais dans toute la partie est du g'olfe, à hauteur du Campo romanello, où les pêcheurs les recueillaient pour les vendre avant l'installation du parc aux huîtres. Les écailles d'huîtres abandonnées par l'homme sont précisément rares dans la citadelle, et forment sur le Campo romanello la plus grande partie des restes de repas ('2). A l'emplacement de la batterie n° 2 de la citadelle, on mau- gréait principalement des big-orneaux; ces mollusques sont encore communs aujourd'hui sur tout le contour du port, et aussi le long" de la falaise qui limite au sud le plateau de Boni- facio. L'homme faisait cas des arapèdes autant que de nos jours, on les trouve en assez grande quantité dans tous les dépôts de coquillag-es; actuellement elles sont encore nombreuses dans le port et le long- de la côte au sud de la ville. Les clovisses étaient rarement consommées, je n'en ai trouvé qu'un petit nombre, presque toutes à la batterie n" 2; elles sont rares aujourd'hui dans la baie de Bonifacio. La proportion des bucardes paraît seule avoir été modifiée ; moins communes que les arapèdes, elles existent néanmoins dans tous les amas de coquilles. Elles ne devaient donc pas être rares dans le port, où elles sont devenues maintenant assez difficiles à trouver. Le Cerithium vidgatum et le Murex tnnicidiis vivent encore aujourd'hui dans le g-olfe, mais n'y sont pas communs. Les moules si communes sur les côtes de Provence, sont pres- que introuvables à Bonifacio ; il en était de même à Tâg-e de la pierre polie, je n'en ai vu aucune coquille sur les plateaux. (1) Pendant l'impression de ce mémoire, des travaux de service du génie ont fait disparaître la partie la plus intéressante de ce gisement. (2) A noter également que la forme de l'huître n'a pas varié, forme un peu irrégulière, voisine de celle de l'huître dite portugaise. — 134 - Ainsi, sauf exception pour les Cardium edule, les coquilles marines qui habitaient le port de Bonifacio à l'âg-e robenhausien, leurs proportions numériques, les emplacements où on les recueillait étaient les mêmes que maintenant. C'est là une raison de croire que depuis cette époque le climat de la région et la configuration générale de ses côtes n'ont que peu varié, et nous verrons plus loin que d'autres considérations viennent confirmer cette hypothèse. La diminution du nombre des bucardes peut ne pas être la conséquence d'une modification importante du climat; l'espèce est commune dans certaines parties du g-olfe de Santa-Manza ; il y a quelques années on en faisait d'abondantes récoltes dans l'étang" de Balistra^ oii elle est maintenant rare. Les pêcheurs attribuent ce fait à la grande sécheresse des derniers étés, qui a fait tarir le petit ruisseau affluent de l'étang. Si cette explication est exacte, ce que je ne puis vérifier, elle donnerait le motif de la diminution des bucardes dans le port de Bonifacio; les eaux du ruisseau de la vallée de Saint-Julien étaient autrefois plus abondantes que de nos jours, dans la saison sèche, parce que les forêts en régularisaient le débit, et qu'elles n'étaient pas employées, comme elles le sont aujourd'hui, à l'arrosage des jardins de la vallée. Pendant la saison d'été, les cultivateurs n'en laissent plus parvenir à la mer qu'une petite proportion. Plusieurs de ces petits amas de coquilles, en majeure partie composés d'huîtres, se trouvent sur le Campo romanello à 300 mètres au-delà de l'extrémité actuelle du port, à hauteur de l'Arenaggio. Il est donc probable que la baie de Bonifacio s'étendait jusqu'à 300 mètres à l'est de sa limite actuelle, ce qui est conforme aux traditions existant dans le pays. La mer ne devait d'ailleurs pas remonter beaucoup au-delà de l'Arenaggio, en effet, dans la partie est du Campo romanello, il n'y a pas de dépôt de coquilles, bien que les silex taillés y soient encore nom- breux. Enfin j'ai recueilli -dans ces amas de coquillages un assez grand nombre de Columbella rustica, petite coquille marine commune encore aujourd'hui à Bonifacio, et qui était probablement récoltée dans un autre but que les précédentes. Presque toutes celles que j'ai ramassées présentent un trou percé en face de la bouche dans le dernier tour de spire ; un fil passé dans ce trou — 135 — devait les réunir en un collier ou une ceinture (1). Au milieu d'un g-roupe d'une quinzaine de ces objets, répandus sur un petit espace dans un dépôt de coquillages, se trouvait un outil de quartz (2), qui a pu être employé à pratiquer les trous. Sources. — Le terrain de la rég-ion de Bonifacio est formé par du calcaire de molasse burdig-alienne parcouru par de nom- breuses failles, aussi lessources y sont rares ; si on ajoute que pendant la saison d'été les pluies sont exceptionnelles, on comprendra que la proximité de l'eau douce ait eu pour l'homme néolithique une g-rande importance. Les emplacements d'ateliers sont en effet situés auprès de bonnes sources. L'atelier le plus important, celui du Campo romanello, était à une centaine de mètres de la fontaine de Long"one, qui jaillit au pied du plateau dans la vallée de Saint- Julien. Cette soui'ce, la seule importante dans les abords immédiats de Bonifacio, et donnant une eau saine, est encore assez abondante aujourd'hui pour alimenter toute la ville. La haute antiquité de la fontaine de Long'one peruiet de supposer que son régime est fermement établi, et laisse espérer que de longtemps les eaux ne se frayeront une voie différente de celle qu'elles ont suivie depuis tant de siècles. Cette constatation est importante pour Bonifacio, située comme je viens de le rappeler, dans un pays dont le sol calcaire est fissuré par de nombreuses cassures. L'atelier de la citadelle était au-dessus de la fontaine désignée aujourd'hui sous le nom de puits Saint-Barthélémy ; c'est une petite source d'eau douce, jaillissant dans une grotte au niveau de la mer, et qui, récoltant les eaux pluviales tombées sur la ville et une partie de la citadelle, devait être plus abondante avant la construction de Bonifacio. La grotte qui donne accès à la source Saint-Barthélémy, s'ouvre au pied de la falaise, qui limite au sud le plateau de la citadelle. Cette grotte doit son existence à une faille qui coupe la presqu'île dans la direction nord-sud, et de ce qu'elle existait et conduisait jusqu'à la fontaine aux temps robenhausiens, on peut induire que proba- (1) Une valve de Cardium edule, trouvée à la batterie n^ 2, doit avoir été percée dans le même but. (2) Il est représenté figure 15. T. Lin. 10 — 136 - blement la presqu'île avait au sud à peu près les limites que nous lui connaissons aujourd'hui. Ainsi, contrairement à la croyance assez répandue que la mer empiète rapidement sur le rocher de Bonifacio, et que la ville doit disparaître dans un avenir relati- vement prochain, le rivag-e était à peu près à l'âg'e de la pierre polie là 011 nous le voyons maintenant. A l'appui de cette conclusion, on peut encore citer que le calcaire dur du pays offre aux intempéries une long-ue résistance; des abris sous roche, qui ont été habités par l'homme néolithique, sont encore en bon état aujourd'hui. Des plateaux de l'Absinthe et d'Araguina on pouvait se procurer de l'eau soit à la fontaine de Long-one, qui n'en est distante que de 500 à 600 mètres, soit peut-être dans le vallon de Saint-Julien ou au débouché de la vallée que suit la route de Bastia, où maintenant se trouve une petite source qui fournit de l'eau pendant toute l'année. Enfin le petit atelier voisin de la fontaine Saint-Jean n'était éloigné que de 50 à 100 mètres d'une source abondante. Topographie de la région, antiquité du détroit de Bonifacio. — La présence d'ateliers de silex taillés dans le voisinage des sources de Longone, du puits Saint-Bartliélemy et de la fontaine Saint-Jean, peut nous fournir encore ce précieux renseignement, que probablement depuis l'âge robenhausien la topog-raphie générale de la région n'a que peu varié, et que le sol n'a pas subi de mouvement important. Comme l'a montré A. Péron, la source du puits Saint-Barthélémy doit son existence à la présence d'une faille, qui coupe dans toute sa larg-eur la presqu'île de Bonifacio. « Les assises de la falaise étant inclinées » vers Touest viennent successivement affleurer sur les plateaux » à l'est de la ville. Elles y recueillent les eaux pluviales... dont » une partie descend dans la presqu'île jusqu'à la faille Saint-Bar- » thélemy. » (1) La fontaine de Long-one a, au moins en partie (2), (1) Description du terrain tertiaire du sud de l'île de Corse, Assoc. franc, pour Vav. des se, Congrès de Nancy, 1886. (2) La fontaine de Longone pourrait aussi récolter une partie des eaux de la vallée de Saint-Julien, mais tel n'était pas le cas à l'époque néolithique, puisque la mer remontait dans la vallée au-delà de remplacement de cette source, qui jaillissait sur le rivage. - 137 — > une orig-ine semblable, elle est due ég'alement k l'inclinaison vers l'ouest des couches calcaires, et à une faille qu'on peut suivre dans toute la larg-eur du Campo romanello. L'existence de ces sources à l'époque néolithique montre donc que les failles et l'inclinaison des couches calcaires étaient alors ce qu'elles sont aujourd'hui, c'est-à-dire que probablement la région n'a pas subi depuis de mouvement important. Une conclusion intéressante en résulte, c'est que les bouches de Bonifacio devaient existera cette époque ; car l'effondrement d'un détroit de 15 kilomètres de larg'eur^ se produisant à une distance de 4 kilomètres du plateau calcaire de Bonifacio, en eut vraisemblablement modifié l'inclinaison des strates et le nombre de leurs cassures, et en eut par suite déplacé les sources. Cette hypothèse est confirmée par l'existence à l'époque néolithique de la g-rotte conduisant au puits Saint-Barthélémy, d'oi^i nous avons induit qu'au sud de la ville le rivage occupait à peu près rempla- cement où nous le voyons aujourd'hui. Ce dernier arg-ument acquiert de la valeur, si on considère que la falaise sud de la presqu'île de Bonifacio est parallèle à celle qui limite le détroit du cap Pertusato à la cala Fiumara, qu'elle n'en est distante que de trois kilomètres, et que le terrain des deux escarpements présente la même composition g-éolog-ique et stratigraphique. Ainsi les bouches de Bonifacio devaient exister à l'âg-e de la pierre polie. La présence dans les brèches de Cag-liari du Lagomys sardiis Cuv., voisin du L. corsicanus, a fait dire à M. Depéret (1) que les deux îles étaient réunies à l'époque pliocène. L'effondrement du détroit daterait donc des temps quaternaires. Il y a lieu de rappeler que Suess, dans son bel ouvrage la Face de la Te?Te, établit, d'après les travaux anté- rieurs que la Corse et la Sardaigne font partie « d'une terre frag- mentée à une époque très récente. » (2) Il est d'ailleurs probable que les bouches de Bonifacio n'avaient pas leur largeur actuelle. La fontaine de Cadilabra est située sur la côte nord du détroit, au-dessous du phare de Pertusato, elle jaillit sur le rivage même, presque dans la mer, au pied d'une falaise abrupte qui limite un plateau élevé d'une cinquantaine (1) Loco citato. (2) Traduction française, par E. de Margerie, page 446, — 138 — de mètres. Sur ce plateau les conditions d'habitat étaient à peu près les mêmes que sur le Campo romanello; or, malg-ré de longues recherches, je n'y ai trouvé ni silex taillé, ni amas de coquilles. La source de Cadilabra est après celle de Longone la plus belle de la rég-ion ; située près d'une petite crique_, dans un pays où les fontaines sont rares, elle n'eut pas manqué d'être remarquée par des mangeurs de coquillages. Elle n'était donc probablement pas à son emplacement actuel, mais plus au sud au milieu de terrains maintenant envahis par les eaux. Il faut ajouter qu'au sud-est de cette source et jusqu'aux îles Lavezzi la mer est peu profonde et parsemée d'écueils. Abri sous- roche habité par un homme néolithique. — Le terri'toire de Bonifacio est un plateau sensiblement horizontal de molasse burdigalienne, parcouru par de nombreuses failles, qui y découpent des vallées profondes à flancs abrupts. Les couches de calcaire qui constituent les escarpements sont de compositions diverses, variant du calcaire dur à des roches arg-ileuses ou arénacées et friables ; celles-ci se délitent au contact de l'air, et forment des abris protég-és par les couches supérieures plus résistantes. Ces abris, quelquefois assez vastes, ont été utilisés par l'homme néolithique, qui y trouvait protec- tion contre les intempéries, insouciant des blocs qui se déta- chaient parfois de la voûte. Un homme s'était ainsi installé, à l'âg-e de la pierre polie, dans un abri situé sur le vieux chemin de Sartène, à cent mètres environ de sa bifurcation avec la route nationale de Bastia. Son habitation était adossée à un escarpement tourné vers le nord, au fond d'une petite vallée; elle n'était qu'à 200 mètres du port de Bonifacio et à 5 à 600 mètres de la fontaine de Longone, dont il était probablement possible de se passer, le débouché de la vallée ayant aujourd'hui une petite source. Notre homme était bien protégé contre les vents, surtout contre ceux d'ouest qui sont dans le pays fréquents et violents. Au fond de l'abri, dans la partie la plus basse, était un foyer, où il taisait cuire un petit lièvre aujourd'hui disparu, le Lagomys corsicanus Cuv., des oiseaux et un ruminant de grande taille; à l'ouest le sol sablon- neux de l'abri se relevait progressivement jusqu'à la hauteur de 3 mètres, formant un talus abrité, où l'on devait être bien — 139 — couché. Là. à 3 ou 4 mètres du foyer, l'homme fut tué par un bloc détaché de la voûte, qui lui écrasa la partie supérieure du corps au-dessus du bassin. Puis du sable, entraîné du plateau supérieur par les eaux pluviales, acheva de le recouvrir, et encombra l'abri, formant un talus qui empiétait sur la vallée. De long-s siècles plus tard fut construit le vieux chemin de Bonifa- cio à Sartène, qui passait sous l'abri, et on venait à l'occasion se garantir de la pluie dans le repaire de l'homme néolithique; une dizaine de personnes, m'a-t-on dit, pouvaient y trouver place. Enfin en 1894, le maire deBonifacio, ig-norantl'accident qui avait, quelques milliers d'années plus tôt, 'coûté la vie à un de ses compatriotes, jug-ea dangereuse la voûte qui surplombait le chemin, et ordonna de la faire sauter à la mine. Le talus qui recouvrait le squelette fut en partie entamé, et sa paroi laissée presque verticale. De temps à autre des blocs de sable s'en détachaient, emportant des os ou les laissant à découvert. C'est dans ces conditions que le hasard m'amena à découvrir le gisement; un tibia et un péroné étaient en saillie de presque toute leur longueur à 3 ou 4 mètres au-dessus du chemin. Je recueillis ces ossements et les remis au commandant Caziot, qui, dans une/ouille sommaire, trouva au même endroit : un fémur, un calcanéum, une rotule et une phalange de gros orteil. Ce sont ces ossements qui, envoyés à M. le docteur Depéret, de Lyon, ont été décrits dans son Etude de quelques gisements nouveaux de vertébrés pleistocènes de Vile de Corse (Poche à Laqomys de la vieille route de Sartène) (1). En reprenant les fouilles avec mon camarade le docteur Caujole, je reconnus qu'une grande partie d'un squelette était là; les os long-s et ceux du bassin étaient restés dans leur ordre naturel, séparés par de petits intervalles. Les os des mains et des pieds avaient été au contraire dispersés soit par des animaux, soit par des éboulements ultérieurs. Nous avons extrait un fémur, le bassin complet^ les deux radius et les deux cubitus, quelques côtes entières, deux vertèbres, les clavi- (1) Annales de la Soc. linn. de Lyon, 1897. Oa voit qu'il ne s'agit pas ici du remplissage d'une poche, mais d'un éboulement. En outre un lapsus a échappé dans le croquis de M. Depéret ; le talus de molasse burdigalienne représenté en face de la poche n'existe pas, à sa place est un mur en pierres sèches, - 140 — cules et divers petits os. Au-delà du bassin et de l'avant-bras les os étaient brisés ou avaient disparu, les fragments qu'on a pu retrouver étaient sous de g-ros blocs de calcaire; il ne restait rien du crâne, qui n'a peut-être pas été écrasé, les deux clavicules étant presque entières (1). Le terrain ne présente aucune -trace de remaniement, il est constitué par du sable argileux roug-eâtre, provenant d'un petit plateau qui domine l'abri d'une dizaine de mètres. La teinte roug-eâtre du sable s'assombrit dans le voisinage des gros os. Une couche noirâtre, épaisse de deux centimètres, formait proba- blement le sol de l'abri; ce lit d'humus continu montre avec certitude que le terrain n'a pas été remanié. . Différents objets ou ossements trouvés avec le squelette per- mettent d'établir son antiquité : C'est d'abord un petit éclat de silex noir, rappelant ceux qu'on ramasse sur les plateaux voisins; puis des tessons de poterie grossière semblable à celle que je trouve sur le Campo romanello, au milieu des restes de repas de coquillages; Un prisme de quartz qui a pu servir de couteau ou de grattoir, ou pourrait être un nucleus J'ai déjà noté plus haut que j'avais recueilli s.ur le campo romanello de semblables objets, ainsi que des outils qui en avaient été détachés ; Enfin du bois carbonisé. Le gisement renfermait encore des os d'un capridé brisés, comme pour en extraire la moelle, et un autre calciné au feu, de nombreux os du Lago?nys corsicanus Cuv., d'autres d'oiseaux de la grosseur d'une caille et de celle d'un moineau, et une dent d'un mammifère qui m'est inconnu. M. le docteur Depéret (2) a reconnu dans les ossements qui lui ont été remis l'aigle pygargue {Aquila albicilla Temen), et un passereau de la taille du geai {Corvus glandariiis L.). Le foyer dont il a été parlé est noyé dans le sable au fond de l'abri, à 3 ou 4 mètres à l'est du squelette, du côté des pieds ; son aire est constituée par une couche d'une épaisseur de 7 à 8 centimètres de sabla argileux rendu compacte par la (1) Nous avons fait nous-mêmes les touilles, ce qui affirme l'authenticité du squelette. (2) Loço citato. - 14] — chaleur, le centre est composé de morceaux de bois carbonisé, au milieu desquels sont empâtés de nombreux ossements très fra- giles. C'est de là que j'ai extrait les fragments d'un crâne de Lagomys corsicaniis, qui faisaient partie des pièces envoyées à M. Depéret. Les ossements d'animaux empâtés dans les charbons du foyer, l'os calciné qui se trouvait avec le squelette et le foyer lui-même placé sous l'abri attestent que l'homme connaissait le feu, et faisait cuire la viande. A proximité de l'abri, j'ai retrouvé quelques éclats de silex noir sur le plateau de Capello, et nous avons vu qu'il existait des ateliers sur le Campo romanello, dans la citadelle et sur les plateaux voisins de l'Absinthe et d'Araguina. La poterie, l'éclat de silex et le prisme de quartz (1) déterminent donc l'âge du squelette extrait avec eux d'un terrain non remanié ; il date des temps néolithiques, il est contemporain des instruments de silex communs sur les plateaux voisins et des amas de coquilles, restes de repas abandonnés sur le Campo romanello et dans la citadelle. Dans sa remarquable étude précitée, M. le docteur Depéret, se basant sur la présence du Lagomys corsicanus, attribue au squelette en question une grande antiquité, et le fait remonter aux temps quaternaires. Cette conclusion ne me paraît pas exacte; l'industrie de l'homme, son squelette sont conformes à ceux des temps néolithiques en France, et fixent avec certitude la date du gisement. Antiquité de l'isolement du massif corso-sarde. — La présence à cette époque du Lagomys corsicanus, espèce proba- blement pliocène, fait supposer qu'à l'âge de la pierre polie la Corse était depuis longtemps séparée du continent européen. C'est grâce à son isolement dans une île que cette espèce aurait survécu. Le Cervus f«s/o^/ Depéret nous amènerait aux mêmes conclu- sions. Le docteur Depéret l'a reconnu avec doute parmi des (1) Ces objets sont au milieu des ossements ou sous les pierres, qui ont été cause de l'accident, ils n'ont donc pas été entraînés ultérieurement par les eaux s'éçoulant du plateau supérieur. - 142 — ossements que j'avais remis au commandant Caziot (1), et qui provenaient d'une poche dans la molasse miocène, située à 1500 mètres environ de Bonifacio, sur le chemin du g-olfe de Santa -Manza, Or, le remplissage de cette poche me paraît contem- porain de l'homme néolithique. Des recherches, qui n'ont pas porté sur plus de la moitié d'un mètre cube de terre, m'ont donné une douzaine de demi-mandibules de Lagomys corsicanus et d'autres ossements variés, qui sont probablement des restes de repas jetés ou entraînés par les eaux d'une petite plate-forme s'étendant à 5 ou 6. mètres au-dessus et à l'ouest du gisement. Sur cette plate-forme de quelques mètres carrés de surface vient déboucher un bel abri sous roche, dont les parois rongées attes- tent l'antiquité. Là le sol boisé est recouvert d'une couche d'humus, et les recherches exigeraient des fouilles qui me sont pour le moment impossibles^ mais à quelques pas de l'abri, dans le champ immédiatement au-dessous, j'ai trouvé un morceau d'une lame de silex noir à plusieurs faces évidemment taillée. L'abri et le gisement à Lagomys ne sont distants que d'une cinquantaine de mètres d'une source qui alimente le couvent et quelques jardins de la vallée de Saint-Julien, et un petit plateau, qui domine cette source au nord, m'a fourni quelques éclats de silex. Guidé par cette idée, j'ai examiné à cinquante pas de ce gisement, et le long du même chemin de Santa-Manza, un talus sablonneux au-dessous d'un rocher qui a autrefois formé un abri (2). J'ai trouvé dans ce talus des restes du Lagomys co7'sicanus et un éclat de silex. Le Cervus Cazioti, si la détermi- nation de M. Depéret était confirmée, aurait donc été probable- ment contemporain de l'homme néolithique, et ce fait militerait aussi en faveur de l'isolement ancien de l'île de Corse. L'île corso-sarde, qui d'après M. Depéret (3) se soudait au massif des Maures à l'époque pliocène, ne se serait plus rattachée au conti- nent après s'être séparée de la Provence. Ces vues sont confir- mées par l'étude de la faune de Tîle : Un observateur, non (1) Loco citalo ; on trouvera dans le mémoire de M. Depéret la liste de ces ossements. Il s'agit de la poche à ossements de la rouie de Porto-Vecchio, mais c'est par erreur que le gisement a été indiqué sur cette route, il est en réalité sur le chemin de Santa-Manza, en face du couvent de Saint-Julieti. (2) Cet abri a disparu lors de la construction du chemin de Santa-Manza. (3) Loco citalo. — 143 - prévenu, Shuttleworth, dans un mémoire sur les mollusques terrestres et d'eau douce de Corse (1), affirmait que par sa faune de mollusques, la Provence a plus d'affinités avec la Corse que n'en a l'Italie. Trois années d'observation des insectes hyménop- tères à Bonifacio m'ont amené à penser que cette région possède un certain nombre de types africains, et a au moins autant d'espèces communes avec la Provence qu'avec la Toscane. Climat de Bonifacio à l'époque néolithique. — Les restes organisés trouvés avec le squelette comprennent un assez grand nombre de Ci/clostoma elegans et 5 Hélix en bon état. Celles-ci consistent en 1 H. veriniculala^ 1 Byalinia tropidophora Mabille et 3 Hélix serpentina ; quelques coquilles incomplètes doivent erf outre être rapportées à cette dernière espèce. UHyalinia tropidophora, commune dans le gisement du chemin de Santa-Manza, est devenue rare à Bonifacio, mais les trois autres coquilles y existent encore dans les mêmes proportions qu'à l'âge de la pierre polie. La persistance en grand nombre de VH. serpentina est importante ; on ne la trouve aujourd'hui que dans des localités déterminées; à Bonifacio elle est surtout abondante sur les talus exposés au nord, .et elle est précisément commune sur le talus auquel est adossé l'abri où fut écrasé l'homme. Si on rapproche cette observation de celle notée plus haut, que les mollusques qui habitaient le port à l'époque néolithique s'y retrouvent encore seuls et dans les mêmes pro- portions, on peut conclure que le climat de la région n'était que peu différent de ce qu'il est actuellement. Bonifacio doit son climat si spécial au détroit qui la sépare de la Sardaigne, couloir dans lequel s'engouffrent les vents qui refroidissejit l'air^ et emportent les nuages en amenant la séche- resse. La constatation que nous avons faite, que le détroit devait exister à l'âge de la pierre polie, confirme la conclusion que le climat de Bonifacio était à cette époque peu différent de ce qu'il est de nos jours. La présence du Lagomys dans les gisements exploités paraît au premier abord s'opposer à cette hypothèse; en effet, ce genre n'est plus maintenant représenté que par des espèces qui habi- (1) Mittheilungen der Naturforschenden Gesellchaft in Bern, 1844. tent les contrées froides. Mais d'après M. Depéret (1) le L. corsi- canus est identique aux Lagomys qui étaient communs à l'époque pliocène dans les chaudes contrées du Roussillon. Caractères de la race néolithique corse. — La partie du squelette remise au docteur Depéret a déjà fait l'objet d'une étude sommaire du professeur Testut, rapportée ainsi dans le mémoire précité de M. Depéret : « Le fémur montre une ligne » âpre assez saillante, le tibia est -remarquablement /(/«^//c^ze- » miqiie ; le péroné est fortement cannelé en dedans, caractère » qui se retrouve habituellement dans les races à tibia platycné- » mique, telles que la race néolithique par exemple. Les autres » os n'offrent aucun caractère saillant. » La pénurie de renseig-nements et d'objets de compâl^aison m'a rendu difficile l'étude des ossements qui restaient à décrire. Le fémur droit a la lig-ne âpre épaisse, les condyles interne et externe sont à larg-e surface, l'échancrure intercondylienne pro- fonde, limitée par des arêtes assez vives. Les arêtes tranchantes du bord externe du cubitus et du bord interne du radius sont aig'uës, les faces voisines de cette arête sont dans le premier os plus creusées qu'elles ne le sont dans les pièces que j'ai pu me procurer pour la comparaison. L'extrémité inférieure du cubitus n'est pas incurvée, la cavité olécranienne de l'humérus n'est pas perforée. Le docteur Caujole me fait remarquer en outre, que dans le cubitus le point de jonction du corps de l'os et de son apophyse olécrane forme une dépression marquée à la face postérieure de l'os. Le bassin, qui détermine le sexe, peut être à peu près recons- titué par les deux os iliaques complets, et la partie supérieure du sacrum. La largeur maximum de ce bassin, prise en dehors des crêtes iliaques est de 26"™,7, et la plus grande longueur des ôs coxauxestde 21"™, 07. Le rapport de ces deux nombres 1_,267 est la proportion observée sur l'homme européen (2). La symphyse pubienne avait 42 millimètres de hauteur, l'arcade pubienne formait un angle d'environ 80 degrés d'ouverture, dont les côtés étaient presque rectilignes ; le trou sous-pubien, surtout celui (1) Loco citato. (2) Topinard. Éléments d'anthropologie générale, page 1(M9. Paris, 1885, - 145 — de l'os coxal g-auche, est triangulaire. A part cette dernière parti- cularité, qui caractérise la femme, on voit que le bassin est celui d'un homme, et de plus qu'il ne diffère pas du bassin de l'euro- péen actuel (1). J'ai déterminé la taille à l'aide du fémur droit, bien qu'il soit cassé au col, et que sa tête ait été perdue; je me suis servi d'un fémur de l'époque actuelle complet, ayant à peu près la même longueur, et provenant d'un homme, c'est-à-dire que le col s'y unissait au corps de l'os suivant un angle obtus. La longueur maximum trochantérienne 424,5 millimètres de l'os néolithique m'a donné par une proportion pour sa longueur maximum 438 millimètres, et pour la taille de l'individu 1™66 cent. (2). Le cubitus et le radius droits ont le premier 257 millimètres, le second 237 millimètres de longueur; le rapport de la longueur du radius à la taille, 0,143, est précisément celui trouvé par Topinard chez les européens (3). Notre homme avait eu, antérieurement à l'accident qui causa sa mort, une fracture des deux os de l'avant-bras gauche ; le cubitus avait été brisé un peu au-delà de son milieu vers son extrémité inférieure, et la fracture du radius s'était produite vers le tiers de sa longueur à partir de son extrémité supérieure. Le malade s'était rétabli, mais il en avait conservé l'avant-bras courbé, et il avait perdu la faculté de faire pivoter la main gau- che. Les deux cals étaient épais, et de la suture du radius une lame osseuse s'étendait jusqu'au cubitus. Chacun des deux os s'était raccourci de 17 millimètres. Il ressort donc des observations de M. Testut et des miennes que le seul squelette néolithique corse, jusqu'ici découvert, pré- (1) L'indice antéro-postérieur du détroit supérieur du bassia ne peut être que difficilement mesuré, parce que le bord intérieur de la facette articulaire du sacrum est ébréché au point où vient aboutir le diamètre sacro-pubien. J'obtiens les valeurs suivantes : Diamètre sacro-pubien, 161 millimètres ; Diamètre maximum du détroit supérieur, 127 millimètres, dont le rapport centésimal, 79,5, est très voisin de celui indiqué par Testut pour l'européen àans son Traité d'anatomie humaine. Les indices donnés par Testut sont : pour l'homme 80, pour la femme 79. (2) J'ai déterminé cette taille de ln>66 après comparaison de celles adoptées par Topinard et Hervé pour la race de la grotte des Baumes-Chaudes. (3) Loco citato. — 146 — serjte la plupart des caractères de la race néolithique de la France continentale, et qu'il diffère peu du squelette de l'euro- péen actuel. Rapports de la race néolithique avec la population actuelle. — Le docteur Jaubert, qui a étudié la race corse actuelle (1), conclut de ses mensurations à l'existence dans l'île de deux types de taille, qui correspondraient d'après lui à deux éléments ethniques différents, dont le méiang-e aurait produit la population qui occupe maintenant la Corse. Dans le centre de l'île dominerait l'élément le plus ancien, de taille plus élevée que l'autre, dont le corps est plus élancé et mieux pris, et oii on relève moins souvent une disproportion entre la longueur du buste et celle des membres inférieurs, disproportion qui a paru à l'auteur caractériser le type le plus récent. La race la plus ancienne aurait de nos jours pour taille moyenne 1™65, à l'âg-e de ving-t ans. L'homme néolithique de Bonifacio doit appartenir au type le plus ancien. Sa taille de 1™66, la proportion des os long-s connus, le fait qu'on n'a retrouvé jusqu'ici aucune trace de l'homme anté- rieure à celles qu'il a laissées, le g-rand nombre de silex taillés par lui répandus sur toute la rég'ion de Bonifacio. et qui indi- quent une population relativement dense, appuient cette hypo- thèse. La g-rande densité de la population néolithique à Bonifacio, qu'affirment déjà les nombreux restes de son industrie, serait encore prouvée par les découvertes qu'on a faites à plusieurs reprises de squelettes, probablement de la même époque, ense- velis da)js le sol d'abris sous roche. Il y a une cinquantaine d'années, pendant la construction de la route de Bastia, à moins de cent pas du gisement qui m'a fourni les ossen.ents étudiés, des ouvriers creusant sous un abri auraient exhumé deux sque- lettes. Vers la même époque, et encore dans les environs du premier gisement, à la suite d'un violent orage, les réparations au sentier qui mène à la Catena firent mettre à jour un squelette enfoui sous un abri sous roche. Tous ces ossements ont d'ailleurs été perdus. (1) Elude médicale et anthropologique sur la Corse. Bastia, 1896, - 147 - L'orig-ine du peuple corse remonte donc aux temps néolithi- ques, mais il est impossible pour le moment de dire d'où venaient les navigateurs qui les premiers ont abordé dans l'île. Résumé. — Les environs de Bonifacio ont été habités à l'époque néolithique par une population relativement dense, provenant d'immigrés qui avaient quitté le continent à la même époque, et avaient apporté l'industrie robenhausienne. Ils utili- saient la poterie, le silex, le quartz et la serpentine ; ils chas- saient le Lagomys, un capridé et des oiseaux, ils mangeaient la viande cuite et se nourrissaient également de coquillages marins; ils habitaient les abris sous roche. Ces hommes étaient d'assez grande taille; sauf pour le crâne resté inconnu, ils présentaient les caractères de la race néoli- thique de France, et différaient peu de l'européen actuel. Ils doi- vent avoir produit une grande partie de la population qui habite maintenant la Corse. A l'époque néolithique Tîle devait être depuis longtemps séparée du continent, le détroit de Bonifacio existait, et le climat et la topographie de la région de Bonifacio ne différaient que peu de ce qu'ils sont maintenant. Depuis ces temps reculés, la mer n'a que peu gagné sur le rocher qui porte la ville, et le golfe qui s'étendait jusqu'à Arenaggio, a reculé d'environ 300 mètres (1). (1) Pendant l'impression de ce mémoire de nouvelles carrières ont été ouvertes près de la falaise sur le Campo romanello ; les dépôts de coquillages néolithiques ont été attaqués et en partie jetés à la mer, il n'en restera bientôt plus que des coquilles éparses. EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE III Figures.. 1 et 2. — Percoir en silex dans lequel on a ménagé l'emplacement du pouce (Campo romanello). — 3. — Grattoir en silex (Batterie n" 2 de la citadelle). — 4. — Grattoir en silex (Campo romanello). — 5. — Pointe de flèche en silex ; cet objet trouvé isolé sur le plateau de Capello pourrait ne pas être contemporain des ateliers voisins de Bonifacio. — 6. — Pointe de flèche en silex (Campo romanello). — 7. — Pointe de flèche en silex (Batterie n° 2 de la cita- delle). — 8 et 9. — Couteau en silex (Batterie no 2 de la citadelle). — 10 et 11. — Couteau en silex (Batterie n» 2 de la citadelle). — 12 et 13. — Perçoir en silex (Batterie n^ 2 de la citadelle). — 14. — Coquille de Columbella rustica trouée (Campo romanello). — 15. — Perçoir de quartz ayant probablement servi à trouer les Columbella rustica (Campo roma- nello). N. B, — Tous les objets sont représentés en grandeur naturelle. PL m. deBaviicl el Sportuno delùi} Lilh T. Chameau . Bordeaux . r Etude DES ALTÉRATIONS PRODDITES PAR LE PHYLLOXÉRA SUR LES RACINES DE LA VIGNE Par M. MILLARDET. ■£3f AVANT-PROPOS Le travail que je soumets ici au public viticole n'est pas entièrement original. La plupart des observations qui en consti- tuent le fond ont déjà été produites au jour dans ma Théorie nouvelle des altérations que le phi/lloxéra détermine sur les racines de la vigne européenne (1878), dans mon opuscule Pourridié et Phylloxéra (1882) et dans l'Histoire des principales variétés et espèces de vignes d'origine américaine {\^%^) . Il pourrait donc paraître superflu de revenir aujourd'hui sur une question qui est déjà en grande partie élucidée, si les textes que je viens de mentionner avaient été illustrés des figures nécessaires à leur intellig-ence. Mais cela n'a pas eu lieu. J'ai donc jugé utile de publier un travail d'ensemble sur ce sujet, qui fût accompagné des figures indispensables à sa clarté parfaite. Ces figures sont presque toutes inédites. J'aurais voulu représenter aussi les altérations pliylloxériques des espèces américaines et de leurs hybrides qui servent actuellement à la reconstitution des vignobles, mais une maladie survenue il y a cinq ans, qui me T. LIIL 11 - 152 - rend le dessin et l'usage du microcospe impossibles, m'-a). Dans les Riparia, Rupestris et Cinerea, le périderme secondaire se forme dans les racines de l'année et quelquefois même, à - 165 ~ moins de trente centimètres de leur extrémitt^, de rnanièie que les tubérosités sous-péridermiqucs peuvent souvent être exfo- liées peu de semaines après leur formation. J'ai dit ailleurs que cette particularité ne me semble pas de première importance pour la résistance, par cette raison que beaucoup d'J:Li>tivalis,. de Cordifolia et de Berlandieri. possèdent une très haute résis- tance, bien que le périderme secondaire s'y forme tardivement, à la troisième ou quatrième année, comme dans la vig-ne euro- péenne. Une autre raison c'est que certaines piqûres de l'insecte sont tellement irritantes qu'elles empêchent la formation du périderme secondaire au-dessous de la tubérosité. Chez les racines de la vig-ne européenne plus âg'ées que celles que nous avons considérées jusqu'ici, c'est-à-dire ayant plus de trois ou quatre ans, la surface extérieure de la racine est consti- tuée non par le périderme primaire, mais par le secondaire , le primaire ayant été exfolié. La piqûre du phylloxéra détermine ég-alement des tubérosités sur ces racines (pi. VIll, fig\ a-b-c), et lorsque la pourriture atteint ces tubérosités, il se forme égale- ment dans leur intérieur des plaques de défense. Il en est de même pour les tiges d'une grosseur notable(pl. Vllljfig-. rt! et (5»). Dans ces cas, les plaques de liège sont plus épaisses et plus complètes et arrêtent plus souvent la pourriture d'une façon définitive. On peut donc dire, en résumé^ que pour la vigne européenne les tubérosités les plus dangereuses sont celles qui se forment sous le périderme primaire, c'est à-dire sur les racines de un et deux ans, peut-être même de trois. Chez les vignes américaines i*ésistantes_, Biparia, Riipestris, Cordifolia, JEsiivalis, Cinerea, Bertandieri-, à l'état normal les tubérosités se forment p.resque exclusivement sur les racines n'ayant qu'une année d'âge, de telle sorte que celles qu'on peut rencontrer sur des racines de deux et trois ans semblent dater toujours de la première année. Je ferai remarquer pour la seconde fois que chez les espèces résistantes les tubérosités sont beau- coup moins saillantes que chez la vig-ne européenne. 11 est quelquefois possible de déterminer l'âge d'une tubé- rosité, car, en général, toutes choses égales d'ailleurs, les fais- ceaux ligneux, sur une coupe transversale, sont d'autant plus allongés dans le sens radial et altérés dans leur composition — 166 - histiolog'ique et d'autant moins lig-nifiés que la tubérosité s'est formée à une époque plus rapprochée du printemps. Ainsi la tubérosité composée fig-ure 20, planche Vil, a dû se former à la fin de l'été, le corps ligneux étant développé d'une manière égale sous la tubérosité et du côté opposé. La tubérosité 21 a commencé de se former plus tôt que la précédente, parce que les faisceaux ligneux sont plus développés radialement et moins lignifiés sous la tubérosité que du côté opposé. Enfin les tubé- rosités 22 [3 et y ont dû commencer à se former vers la fin de la première année ou dès le printemps de la seconde, car les alté- rations des faisceaux ligneux, sous la tubérosité, n'intéressent que le bois de seconde année. L'ensemble des faits dont il a été question un peu plus haut rend compte de la résistance relativement assez élevée des Jacqiiez, ihmnmgham, Herhemont. Ces cépages ont, il est vrai, des tubérosités presque aussi saillantes et nombreuses que celles de la vigne européenne^ mais les plaques de défense y sont plus nombreuses et solides que chez cette dernière, de sorte que la pourriture n'arrive que lentement au corps ligneux. La figure 20, de la planche VIII donne une idée de ce phénomène. EXPLICATION DES FIGURES PLANCHE IV Figure 1. — Fragment de racine phylloxérée de Malbec arrachée à la fin de juillet. Presque toutes les radicelles sont envahies par le phylloxéra et portent des nodosités. Diverses formes de ces dernières : nodosités simples (a) et com- . posées (&, c) ou plutôt compliquées de tubérosités. En général, les plus anciennes sont plus grosses et ont une couleur plus foncée que les jeunes, mais pas toujours. En eifet, leur taille ne dépend pas seulement de leur âge, mais de la grosseur de la radicelle qui leur a donné naissance et de la multi- plicité des piqûres de l'insecte. Quant à leur couleur, elle est en relation étroite avec leur état : les nodosités saines sont jaunes (jeunes) ou d'un brun très clair (âgées) ; lorsqu'elles pourrissent, elles deviennent presque noires, comme dans la fig. 2, a et b. On distingue quelques insectes fixés dans les enfoncements des nodosités les plus saines. Grandeur naturelle . Figure 2. — Fragment de racine phylloxérée de Clinton, à la fin de juillet. On voit des nodosités d'âge et de forme variés, et en c des tubérosités sous-épidermiques. Le phylloxéra est visible en maint endroit sauf sur les nodosités pourries (a, b) qu'il a désertées. — En d, quatre tubérosités très rapprochées à peine âgées de trois à quatre jou-rs. Celles de c sont plus anciennes. Grandeur naturelle, sauf pour l'insecte qui est légèrement grossi. Figure 3. — Une racine de Gaston-Bazille Laliman arrachée en septembre. Sur quelques radicelles se voient des nodosités très petites (a, b). Beaucoup de ces nodosités semblent ne jamais pourrir. Chez plusieurs l'accroissement en longueur, après s'être arrêté quelques jours, se rétablit au sommet de la nodosité qui s'allonge comme chez une radicelle normale. Figures 4. — Elles représentent le développement de deux nodosités de Malvoisie blanche depuis le 26 mai jusqu'au 15 juin. Les deux radicelles qui se sont transformées en nodosités étaient portées par une racine longue d'une vingtaine de centimètres et épaisse de quatre T. LUI. 12* - 168 - millimètres, qui se trouvait suspendue dans une éprouvette en verre, et plon- geait par son extrémité inférieure dans quelques centimètres d'eau. Un bouchon fermait l'ouverture de l'éprouvette, maintenait l'iiumidité dans celle-ci et fixait la racine dans une position invariable. Le 25 mai au soir, une galle Foliaire avait été introduite dans l'éprouvette et fixée au bouchon par une épingle. 11 sortit successivement de cette galle, pendant plusieurs jours, un certain nombre de jeunes phylloxéras dont quelques-uns se fixèrent sur les radicelles et y produisirent des nodosités. 4-a, 26 mai. — En vingt-quatre heures, un jeune phylloxéra s'est fixé sur chacune des radicelles. i-b, 28 mai. — Forme des deux radicelles après quarante-huit heures ; trois ou quatre autres jeunes insectes sont survenus qui se sont fixés à leui tour. A-c, 30 mai. — Deux des phylloxéras fixés en dernier lieu ont déterminé en deux jours un fort crochet à l'extrémité des deux racines. 4-d, 1'='^ juin. — L'état est presque stationnaire. 4-e, 3 juin. — L'accroissement a repris dans une des nodosités. Sur sa courbure est née une petite radicelle et son extrémité s'est allongée d'un centimètre. i-f, 9 juin. — Une nouvelle radicelle est sortie de la courbure de la même nodosité. L'extrémité allongée de la nodosité montre une coloration brunâtre qui est l'indice d'un commencement de pourriture. — Pendant ce temps, sur la courbure de l'autre nodosité est apparue une radicelle vigoureuse. A-g, 15 juin. ■ — La pourriture a détruit l'extrémité de la nodosité ; dos grou- pes de Miicor sont visibles sur ce point. — L'extrémité de l'autre nodosité s'est allongée à son tour. — Une jeune nodosité vient de se former à l'extré- mité d'une des nouvelles radicelles. Grandeur naturelle. Figures 5. — Elles représentent le développement d'une nodosité de Malvoisie blanche du 26 mai au 9 juin, dans les mêmes conditions d'expérimentation que pour les figures 4. Les deux figures accou- plées montrent la même nodosité sous ses deux faces successive- ment, c'est-à-dire sa face antérieure et sa face postérieure. 5 a-a\ 26 mai. — Deux jeunes phylloxéras se sont fixés l'un en avant, l'autre en arrière de la radicelle naissante, un peu au-dessous de son sommet. 5 b-b\ 28 mai. — La nodosité a déjà sa forme caractéristique. 5 c-c\ 30 mai. — La nodosité s'est accrue surtout en épaisseur. 5 d-d\ 1er juin. — L'accroissement en épaisseur de la nodosité a continué, mais son extrémité commence à s'allonger. 5 e-e\ 3 juin. — Cet allongement a continué. De plus deux petites radicelles soitent (le sa convexité. — 169 — 5 f-f\ 9 juin. — Deux taches de pourriture se manifestent dans le voisinage immédiat des points où les deux phylloxéras étaient fixés. Les deux phyl- loxéras, cause des deux courbures de la nodosité, qui avaient été visibles jusque-là, ont disparu dès que la pourriture a commencé. Grandeur naturelle. Figures 6. — Elles représentent la structure comparée de l'extrémité d'une radicelle saine et celle d'une jeune nodosité, sur une coupe longitudinale de Tune et de l'autre. 6-a. — Coupe longitudinale de l'extrémité d'une radicelle saine. A droite, en haut, deux poils radiculaires viennent d'apparaître. Les vaisseaux com- mencent à peine à se former. 6-&. — Une radicelle sur laquelle un jeune phylloxéra est fixé depuis six à huit jours, à la base de la coiffe. — Ici les vaisseaux sont développés jusque vers l'extrémité, où la moelle s'est élargie. Sous l'influence de la piqûre, une forte hypertrophie de l'écorce s'est déclarée du côté opposé à l'insecte, laquelle a courbé la racine du côté de ce dernier. Mais en même temps l'écorce s'est hypertrophiée autour du phylloxéra, de telle façon qu'il se trouve actuelle- ment au fond d'une cupule. Dans les points P et y, l'hypertrophie des tissus a fait éclater la base de la coiffe, de façon à livrer sans défense les cellules sous-jacentes aux germes de pourriture qui se trouvent dans le sol. Ces phé- nomènes d'éclatement de la coiffe et de l'épiderme continuent et s'accentuent encore à mesure que la nodosité grossit, de sorte qu'après deux ou trois semaines celle-ci a pris l'aspect de la figure 10, planche V. A noter encore les altérations survenues dans l'endoderme. Cette membrane (placée dans la figure au-dessous de la lettre a) constitue, tout autour du corps vasculaire, un manteau cylindrique, organe important de protection contre les organismes parasitaires qui auraient réussi à pénétrer dans l'écorce. Les cellules de cette membrane sont à parois serrées, solides, subérifiées, de manière à former un obstacle presque infranchissable aux parasites. Or, il est facile de constater que cet endoderme, qui est développé normalement au-dessus de la nodosité n'existe plus dans l'intérieur de celle-ci, au moins dans le cas présent. C'est pour cette raison que les nodosités pourrissent si rapidement, en général, dans toute leur épaisseur, dès qu'un agent de décom- position a pénétré dans leur intérieur par les fissures de l'épiderme. Grossissement de 40 diamètres environ pour ces deux figures 6-a et 6-6. — ■ Dans la figure t-b le point végétatif est un peu schéniatisé. 6-c. — Cette figure représente à un plus fort grossissement un fragment d'endoderme vu par sa face externe. Les membianes des cellules qui le consti- tuent sont intimement soudées sans laisser d'intervalles entre elles. Elles sont aussi ondulées dans le sens latéral. L'endoderme se reconnaît du premier coup à cette particularité. Pour la continuation de l'étude des nodosités voir encore les figures 8 à 10 de la planche suivante. T. LUI. l'2** - 170 — Figure 7. — Cette figure, qui a trait à l'étude des tubérosités sous- épidermiques, aurait dû être placée dans la planche suivante ; mais cela n'a pas été possible. Elle représente une racine phylloxcrée de Solonis arrachée le 15 octobre. Presque toutes les radicelles présentent des nodosités à des degrés variables de conservation. La racine elle-même se montre couverte sur plusieurs points de tubérosités sous-épidermiques qui commencent seulement à s'exfolier avec l'écorce primaire. Dans les points où les tubérosités manquaient, l'exfoliation de l'écorce est déjà terminée et le périderme primaire est à nu. Des coupes transversales ont été faites en a, b, c, d, e, f, g, afin de savoir si dans ces points la pourriture qui a détruit les tubérosités s'était étendue au corps vasculaire lui-même. 11 s'est trouvé que le corps vasculaire était parfaitement sain sauf dans le point e où il était légèrement pourri. Or, on constate au point e une légère courbure q-ui prouve qu'on a affaire à une nodosité plutôt qu'à une tubérosité. — Les tubérosités sous-épidermiqnes semblent donc être peu dangereuses pour les jeunes racines qui les supportent. Grandeur naturelle. PLANCHE V Figures 8. — Racine de Clinton croissant dans une éprouvette saturée d'humidité. 8-a. — Dix traits distants de l millimètre viennent d'être tracés sur la racine, à l'encre de chine 8'b. — La même racine après douze heures, — L'écartement des lignes montre que l'accroissement en longueur a porté surtout sur l'avant-dernier millimètre ; il a été beaucoup plus faible sur le précédent et presque autant sur le dernier; nul sur les autres divisions. C'est dans les trois derniers millimètres de la racine que le phylloxéra détermine les nodosités; partout ailleurs il produit des tubérosités. C'est quand la piqûre a eu lieu dans l'avant- dernier millimètre que la courbure de la nodosité est la plus forte. Grossissement de 3 diamètres. Figures 9. — Développement d'une nodosité sur une racine de Clinton croissant dans une éprouvette saturée d'humidité. 9-a, 21 mai. — L'insecte vient de se fixer. 9-6, 22 mai. — Pas de changement notable. 9-c, 25 mai. — La courbure et le renflement commencent. Deux autres insectes sont venus se fixer. 9-d, 28 mai. — L'accroissement en longueur est presque suspendu ; l'accrois- sement en épaisseur augmente. Un des insectes a disparu. Celui qui est le plus élevé produira une tubérosité sous-épidermique. - 171 — 9-e, 30 mai. — Continuation de l'arrêt de l'allongement et augmentation de l'épaississement. Dans ces deux dernières figures, la coiife s'est exfoliée en partie, à deux reprises différentes. Elle le fait une troisième fois dans la figure suivante. Ces fragments de coiffe, brunis, sont représentés par ces petits corps coniques qui se voient à la surface de la racine dans les figures 9'd à 9-A. Je les ai figurés parce qu'ils aident à suivre la marche de l'accroissement. 9-f, 1er juin. — Le grossissement de la nodosité est presque terminé. Mais comme la piqûre de l'insecte n'a pas désorganisé son point végétatif, l'accrois- sement en longueur reprend immédiatement au-dessous du sommet de la nodosité. 9-g, 2 juin. — L'allongement est rapide. 9-h, 3 juin. — Même remarque. Grossissement de 3 diamètres. Figure 10. — Nodosité de vigne européenne âgée de plusieurs semaines, d'après M. Cornu. On voit à sa surface de petites écailles brunâtres formées par des lambeaux de l'épiderme et de la coiffe qui ont éclaté sous l'effort des tissus hypertrophiés sous-jacents. C'est par les fissures de l'épiderme que les germes de pourriture s'introduisent dans les nodosités. Grossissement de 8 diamètres. Figure 11. — Petites racines de l'année de Folle-blanche phylloxérées, arrachées à la fin de novembre. Les radicelles sont complètement pourries ainsi que les nodosités qu'elles portaient. Il ne reste plus de traces de ces dernières. Sur les racines de un millimètre de diamètre et au-dessus, nombreuses tubérosités sous-péridermi- ques. Celles-ci sont simples (par exemple en haut de la figure), ou composées. Celles qui commencent à pourrir sont de couleur foncée. On voit souvent à leur surface, lorsqu'elles sont dans ce dernier état, des ulcérations plus ou moins profondes; tandis que les tubérosités saines ont la surface à peu près lisse. Grandeur naturelle. Figure 12. - • Grosse racine de l'année de Folle-Blanche arrachée à la fin de novembre. Tubérosités sous-péridermiques presque toutes composées, généralement disposées en séries longitudinales. Un tiers environ est déjà en proie à la pourriture. Ce dernier état se traduit par leur coloration foncée et leur ulcéra- tion. En a, b, c les tubérosités ont été détachées à l'aide d'un rasoir. Les taches brunes que l'on distingue dans l'écorce correspondent à des tubérosités pourries. Grandeur naturellç. — 172 - Figures 13. — Racine phylloxérée de Malbec, âgée de deux ans. 13-a. — Surface extérieure. 13-&. — Coupe longitudinale de la même. Cette racine est couverte de tubérosités considérables toutes atteintes par la pourriture. Plusieurs de ces tubérosités présentent des enfoncements analo- gues à de petits cratères qui occupent les points le plus anciennement et le plus profondement ulcérés. On voit q'ue l'exfoliation de l'écorce se fait d'une manière irrégulière. La coupe longitudinale montre jusqu'à quelle profondeur s'étend la pourri- ture. Les lignes que l'on entrevoit dans l'écorce représentent les lames de liège de défense qui primitivement ont leur point de départ dans les tubéro- sités, mais qui, avec le temps, s'étendent un peu plus loin. Dans plusieurs points, l'écorce est pourrie sur presque toute son épaisseur. En deux endroits, la pourriture a été arrêtée par une lame de liège (13-&, en haut et en bas de la figure, du côté gauche). Sur deux autres points (par exemple en a), la pourri- ture a franchi récemment ces lames de défense et envahi le corps ligneux. Grandeur naturelle. Figures 14. — Racine phylloxérée de Malbec arrachée au commence- ment de mai avec trois ou quatre groupes de tubérosités sous-péri- dermiques datant de l'été précédent. 14-a. — La racine revêtue de son écorce et de ses tubérosités en voie de pourriture. 14-&. — L'écorce a été enlevée. On voit qu'aux points a et jî la pourriture de l'écorce a envahi le corps vasculaire. Grandeur naturelle. Figure 15. — Exemple de déformation moniliforme chez une racine de l'année. {Mérille). Grossissement de un demi-diamètre. Figure 16. — Racine et radicelles de Gros-Guillaume, arrachées en novembre. Les nodosités, pourries, sont restées dans le sol. Les radicelles sont pour- ries aux extrémités. Sur la racine, plusieurs tubérosités sous-péridermiques géminées, dont le développement initial m'est inconnu. Grandeur naturelle. Figures 17. — Une des tubérosités de la figure précédente. 17-a. — La tubérosité est vue de côté. Une petite radicelle émerge de sa région supérieure. Grossissement de 5 diamètres. — 173 — ll-b. — Coupe longitudinale de la même. Sur les parties hypertrophiées, le périderme s'est fendillé et détaché. Par ses fissures, la pourriture s'est intro- duite dans l'écorce et même sur un point a pénétré dans le corps vasculaire. Grossissement de 15 diamètres. Figures 18. — Une autre tubérosité géminée de la figure 16. 18-a. — Vue de face. l8-b. — En coupe longitudinale. Mêmes remarques que pour les figures 17, sauf qu'ici on ne voit pas de radicelle émerger de la tubérosité. Mêmes grossissements que pour les figures 17. PLANCHE VI Figures 19. — Fragment de racine phylloxérée d'un an, arrachée en mars, et tubérosités sous-péridermiques {Gros-Guillaume) 19-a. — Plusieurs tubérosités paraissent être encore saines. La plus grosse, t, présente, sur deux côtés, une ligne noire signe de pourriture commençante. Grandeur naturelle. 19-&. — Coupe transversale faite au milieu de la tubérosité t, perpendi- culairement aux deux- lignes noires dont il vient d'être question. Le pourtour de la racine est occupé par une tubérosité principale, cette tubérosité i, deux autres V et i" qui paraissent plus petites que t parce que la coupe passe près de leur bord au lieu de passer par leur centre. En p^p', p" points pourris qui correspondent aux deux petites lignes noires de la tubérosité L fig. 19-a. — A part ces trois points jr, p', j?'', les tubérosités et la racine sont presque complètement saines. Grossissement de 8 diamètres. 19-c. — Portion inférieure de la même coupe. — En t centre de la tubé- rosité. Point où l'insecte était fixé dans le fond de la concavité légère. Le périderme est encore adhérent et presque intact dans ce point, tandis que laté- ralement, en p' p'" il a éclaté sous la pression des tissus plus fortement hypertrophiés et a disparu. Par ces fissures, les divers agents de décomposi- tion ont envahi les tissus et déterminé leur pourriture. C'est ainsi que se sont formées les coches p, p' p" dont presque toutes les cellules colorées en brun se trouvent dans un état de décompositi()n plus ou moins avancée. Mais à peine les agents de pourriture avaient pénétré dans les tissus que, par suite de l'irritation produite par leur présence, il se formait, autour de ces noyaux de pourriture, une couche plus ou moins épaisse de liège, qui empê- chait la décomposition de pénétrer plus profondément. — 174 — Pendant que le pourtom- de la tubérosité, là où le périderme avait éclaté, commençait à pourrir, le centre, malgré la présence et le suçoir de l'insecte, protégé par son périderme, restait parfaitement sain. — Il est remarquable que dans le centre de la tubérosité, malgré l'hypertrophie et la prolifération des cellules, il ne s'est pas formé de plaque de liège. Il est de règle, en effet, que ces plaques adventices de liège n'apparaissent jamais qu'au dessous des points où la pourriture a pénétré. Elles constituent des défenses naturelles que l'organisme oppose à l'action des agents de décomposition. Cette figure montre ia structure caractéristique des tubérosités. On voit que ces amas pathologiques de tissus sont produits par le cloisonnement des cellules des parties moyenne et interne de l'écorce. C'est ce cloisonnement qui détermine la disposition des cellules en files radiales, incolores ou non, suivant la nature de leur contenu. Grossissement de 44 diamètres. PLANCHE VII Figures 20. — Fragment d'une racine de Gros-Guillaume, âgée d'un an et arrachée en mars. Elle porte une tubérosité sous-péridermique composée. — Coupes transversales de cette tubérosité. . 20-a. '— La tubérosité est vue de profil. Grandeur naturelle. - 20-6. — • La même tubérosité vue de face avec l'indication des points (a, [3, y) ou des coupes transversales ont été faites. Grossissement de 3 diamètres. 20-a, p, y. — Coupes transversales de la tubérosité aux niveaux sus-indiqués. On voit que le périderme a disparu de la surface de la tubéiosité, sauf de sa partie centrale. La pourriture occupe la moitié centrale de la tubérosité. Au-dessous de la région pourrie s'est formée une lame adventice de liège irrégulière et incomplète. Grossissement de 15 diamètres. Figures 21. Gros-Guillaume. Fragment de racine âgée d'un an, arrachée en mars, avec une tubérosité composée. 21-a. — La tubérosité de grandeur naturelle. 2\-b. — La même tubérosité vue de face, avec l'indication des points (a,jî,y) où ont été faites les coupes. Grossissement de 3 diamètres. 21 -a. — Le périderme manque à la surface de la tubérosité. Il s'est formé au-dessous de la région pourrie une plaque de défense malheureusement incomplète qui n'a pas empêché la pourriture de pénétrer dans le cylindre vasculaire. - 175 ~ 21-^. — Sur ce point la pourriture commence à peine du côté gauche. Du côté droit elle a été arrêtée par une forte plaque de défense. 21 -y. - C'est dans cette région centrale de la tubérosité que la pourriture a pénétré le plus profondément. Il y a même des pertes de substance. — A remarquer aussi que du côté de la tubérosité les faisceaux vasculaires sont plus développés que du côté opposé et que leurs éléments sont moins diffé- renciés et à membranes plus minces. Les trois dernières figures au grossissement de 15 diamètres . Figures 22. — Gros-Guillaume, racine de deux ans, arrachée en octobre. Elle est couverte de tubérosités sous-péridermiques profondément altérées. En a, P, y, les points où des coupes ont été faites. Grandeur naturelle. 22-a. — La tubérosité est complètement pourrie avec pertes de substance çà et là. Dans la fissure de gauche se voit un phylloxéra fixé pour l'hivernage. Une couche circulaire de liège a empêché la pourriture d'atteindre le corps vasculaire. 22-^. — Dans cette tubérosité la pourriture a pénétré presque jusqu'au centre de la racine. Au centre de la tubérosité se trouve une énorme excava- tion. La forme présumée de la tubérosité se trouve indiquée par une demi- teinte. On voit des restes de plaques de défense qui n'ont pas réussi à arrêter la pourriture. 22-y. — État analogue. Le développement normal de la couche ligneuse de la première année et le développement excessif de celle de la seconde année, du côté de la tubérosité, montrent que c'est à la fin de la première année ou au commencement de la seconde que remonte cette tubérosité. Les trois dernières figures à un grossissement de 8 diamètres. Figures 23. — Racine de Gros-Guillaume de deux ans, couverte de tubérosités sous-péridermiques, arrachée en mars. a, ^. — Points où ont été faites les deux coupes que représentent les deux figures suivantes. Grandeur naturelle. 23-a. — Coupe passant par le centre de la tubérosité a. — Malgré une petite plaque de défense, la tubérosité a pourri dans toute son épaisseur. Mais heureusement une seconde plaque de liège, de forme circulaire, a arrêté complètement, sur ce point, la marche de la pourriture. Grossissement de 9 diamètres. — 176 - PLANCHE VIII 23-P. — Coupe passant par le centre de latubéroslté p. — Plusieurs plaques de défense se sont formées successivement, mais non partout où elles seraient nécessaires. Aussi, l'invasion, parla pourriture, du cylindre vasculaire est-elle imminente sur plusieurs points. Grossissement de 9 diamètres. Figure 24. — Racine de Solonis âgée de trois ans, arrachée en octobre. Elle montre une douzaine de petites tubérosités sous-péridermiques de un à deux millimètres de long sur six à huit dixièmes de millimètres de hauteur. Ces tubérosités sont toutes pourries ; mais chez toutes, la pourriture ayant été arrêtée par une plaque de défense, le cylindre central de la racine se trouve partout complètement sain. Il faut ajouter qu'il existe encore dans ces racines un autre rempart contre la pourriture. C'est le périderme secondaire qui chez les Riparia, Rupestris ei Cinerea se forme spontanément la première année d'âge de la racine et assez près de son sommet ; tandis que chez les Vinifera, jEstivalis, Cordifolia, Berlandieri il ne se forme qu'à partir de la troisième année. Grandeur naturelle. Figure 25. — Coupe d'une racine de Cabernet, âgée de deux ans. Elle montre une petite tubérosité sous-péridermique en voie d'exfoliation comme les tubérosités du Solonis de la figure précédente. Une solide plaque de défense remplace le lambeau de périderme exfolié avec la tubérosité. Grossissement de 12 diamètres. Figure 26. — Coupe à travers une racine âgée de trois ans, apparte- nant à une plante américaine que je suppose être un hybride A'Mstivalis et Coriacea. Ses racines sont couvertes de tubérosités encore plus grosses que celles du Jacquez. Malgré cela, elle résiste depuis un demi-siècle, dans la palus de Bordeaux, là où de nombreuses vignes européennes et plusieurs américaines ont succombé au phylloxéra. Toute la partie extérieure des tubérosités a été emportée par la pourriture. Il ne reste de celles-ci que la partie interne sillonnée de plaques de défense épaisses et membreuses. C'est à cette particularité qu'il faut attribuer la conservation du corps ligneux de la racine. Dans aucune vigne je n'ai vu ces plaques de dépense aussi nombreuses et développées. Les cépages qui se rapprochent le plus, sous ce rapport, de la plante dont il est ici question, sont le Blue-Favourite et le Jacquez ; apvès viennent le Cunningham ei V Herbe^ mont. Dessin de M. le docteur L. Petit. Grossissement de 16 diamètres. — 177 — Figures 27. — Malbec. Racines de six à sept ans d'âge, arrachées au printemps. Elles présentent de nombreuses tnbérosités nées pour la plupart au-dessous du périderme primaire. 27-a. — Le périderme primaire est en voie d'exfoliation naturelle. Dans les interstices de ses lanières ou sous l'épaisseur de celles-ci, le phylloxéra s'est introduit et a criblé le périderme secondaire de ses piqûres. Des groupes de tubérosites en sont le résultat. 21-h. — Un fragment de racine de même âge dont le périderme primaire a été complètement enlevé. L'ensemble des tubérosites âgées vraisemblablement de moins d'un an ne montre que quelques points restreints de pourriture. Ces deux figures de grandeur naturelle. 27-c. — Coupe transversale faite dans un groupe de tubérosites, au point a de la figure précédente. Deux tubérosites ont été atteintes, à peu près dans leur milieu, par la coupe. On voit que ces tubérosites reposent sur un large épaississement de l'écorce qui est commun à tout le groupe de tubérosites. Sous cet épaississe- ment, très près du cambium, une plaque de défense qui va se raccorder au périderme extérieur est en voie de formation. Malgré son épaisseur, le péri- derme secondaire a éclaté au niveau des tubérosites, en oc notamment, ce qui a laissé la pourriture pénétrer dans leur intérieur. Une forte lame de défense s'est formée déjà sous chaque tubérosité, qui semble constituer une garantie efficace contre la pénétration de la pourriture plus avant dans la racine. Grossissement de 10 diamètres. Figure 28-a. — Un fragment de souche européenne de huit à dix ans d'âge, coupé au niveau du sol. Les lanières, en voie d'exfoliation, de l'écorce ont été arrachées. A la surface du périderme le plus récent, de nombreuses tubérosites groupées en traînées allongées d'ans le sens des fissures de l'écorce (a, a ,a). — En ^ deux de ces traînées ont été entaillées avec le scalpel, et on peut voir au noircissement des tissus que les tubtrosités ont commencé à pourrir. — En y, se trouve un petit broussin au-dessus duquel la base d'une pousse grêle. Grandeur naturelle. 28-&. — Coupe transversale d'une de ces traînées de tubérosites. Comme en 27-c, malgré son épaisseur, le périderme extérieur a éclaté au niveau des tubérosites et la pourriture est entrée dans ces dernières. IVIais elle semble devoir y rester confinée grâce à l'épaisseur et à la largeur des plaques de défense qui se sont formées au-dessous. Grossissement de 10 diamètres. * Actes de LwSociéié Lianèenne deBordecLucc Tome LUI PL LV Himdj se Actes de Lx Sociéfé Linnéenne de Bordeaua> Ihme^ LUI PL y Actes d& la SociétéLirhnéena& de^BordeijAMry Tome^ LUI PL. VI Himely ^c-Msj- cu^ UL- oociec& j.inne&tine d& nordeanj:- Tome LUI PL. VII. Himely se, Acles de l^y Société-' Linnee/i/u^ de B o rdea.cuy Ta me LUI FL.VII]. Himely se. Les Dreisseiisidae fossiles DU SUD-OUEST DE LA FRANCE Par M. A. D EGR ANGE-TO UZIN. M. Nie. A.ndrusov, autrefois attaché au cabinet géolog-ique de l'Université de Saint-Pétersbourg", aujourd'hui professeur de g-éolog'ie à Yourieff (Livlande-Russie), vient de publier une g^rande monographie des Dreissensidne vivants et fossiles de l'Europe et de l' Asie-Mineure (Fossile mul lebende Dreissensidae eurasiens). Cette monographie, accompagnée d'un atlas de 20 planches in-4° en phototypie, a paru avec un texte russe et un texte allemand dans les Mémoires de la Société des Naturalistes de Sai7it-Pétersbourg, vol. XIV, avec laquelle notre Société échange ses publications. A.U moment oii il préparait cette étude, M. Andrusov, sur une indication qui lui avait été donnée par M. le professeur S. Brusina, directeur du Musée géolog-ique d'Agram (Croatie), m'écrivit pour me prier de lui procurer quelques exemplaires de Congeria sub- Basteroti Tourn., espèce française qu'il supposait exister dans mes collections. Je ne la possédais pas, mais je crus être utile à M, Andrusov, en lui envoyant une série des diverses formes de Dreissensia que j'avais trouvées dans le Sud-Ouest de la France et plus particulièrement dans les faluns de la Gironde. Je choisis donc quelques individus recueillis dans. chacune des diverses couches de nos faluns, depuis l'Aquitanien inférieur jusques au Burdigalien supérieur; et j'y ajoutai divers exem- plaires trouvés dans les Landes et dans la partie du département du Lot-et-Garonne qui est voisine des Landes. M. Andrusov a examiné ces matériaux qui ont apporté une contribution utile à sa monographie, puisqu'ils lui ont permis de reconnaître dans le Sud-Ouest deux espèces nouvelles qu'il a T. LUI 13 - 180 - décrites et fig-arées. C'est le résultat de son étude, en ce qui concerne notre région, que cette note a pour but de faire connaître. Mais, avant d'indiquer les espèces fossiles citées dans la Monographie de M. Andrusov, comme existant dans notre bassin, il convient de faire un retour vers le passé et de recher- cher quelles sont celles que les auteurs y avaient antérieurement reconnues. Basterot {Mémoire géologique sur les environs de Bor- deaux, 1825) à qui revient l'honneur d'avoir publié le premier une étude paléontolog-ique sur les richesses fossiles de notre région, cite Mytilus Brardii Alex. Brongn., à Dax et à Mérignac. Toutefois cet auteur n'est pas absolument sûr de l'identité des formes par lui rencontrées dans les environs de Bordeaux, avec l'espèce décrite par Brongniart ^Mémoire sur les tei^aiiis de sédiment supérieurs calcaréo-trnppécns du Vicentin, pi. VI, fig. XIV, 1823). Mytilus Brardii Brongn. provient des couches à Corbicules des environs de Mayence. Basterot constate que la forme de l'espèce du Bordelais s'éloigne quelquefois de celle de l'espèce de Mayence : « Quelquefois cependant, ajoute-t-il, elle » lui ressemble parfaitement et j'ai cru qu'on ne devait pas la » regarder comme une espèce distincte. » Néanmoins il ne la classe sous ce vocable que comme variété ^ carinata. Cette espèce est la seule qui soit citée par Basterot. Plus tard, d'Orbigny, dans son Prodrome de Paléo?itofogie, I8b0, indique à Bordeaux Mytilus Basteroti Desh. ; mais il s'agit de l'espèce déjà citée par Basterot, car il donne Mytilus Brardii Bast. comme synonyme de Mytilus Basteroti Desh. C'est avec raison, croyons-nous, que d'Orbigny adopte cette dénomination, car, ainsi que nous le verrons plus loin, M. Basteroti Desh. est extrê- mement répandu dans le Sud-Ouest où M. Brardii Alex. Brongn. n'existe pas. _ Après d'Orbigny, Hôrnes {Die fossilen MoUusken des tertiaer beckens von Wien, 1850), cite Congeria Basteroti Desh. de Saint-Paul-lès-Dax, Sos (?), Mandillot près Dax, Saucats et Lariey, Saint- Avit près Mont-de-Marsan. Sandberger, dans son grand ouvrage sur les coquilles fossiles terrestres et d'eau douce du monde {Land und susswasser conchy- lien der Vorwelt, 1870-75), cite Dreissena Basteroti Desh. de Saint- — 181 — Avit, Lariey, Saucats, Cestas, Saint-Paul de Dax; et cela, d'après les collections de C. Mayer, conservées au Polytechnicum de Zurich. Enfin, notre collèg-ue et ami Benoist, dans son Catalogue synonymique et raisonné des testacés fossiles recueillis dans les faluns miocènes des communes de La Brède et de Saucats, publié en 1873 dans les Actes de notre Société, mémoire qui a été et est encore le vade mecum indispensable des paléontologistes bordelais, cite trois espèces de Dreissena dans le vallon de Saucats : 1° Dreissena Brardii Faujas (non Bast. nec Duj.), espèce carac- téristique de la couche à Cerithiiim et à Cyrena n» 4 de la route du Son, et de la marne blanche fluvio-marine n° 5 de la tranchée de cette même route, à Saucats. 2° Dreissena Basteroti d'Orb. (= Mytilus Basteroti Desh. et M. Brardii BsiSt.), espèce qui ne se rencontrerait, et rarement, qu'à Poutpourquey (Saucats). 3° Dreissena sp. nov., espèce très rare à La Sime, dans la marne à Cardita Jouanneti. En somme, jusqu'à la monographie de M. Andrusov, les espèces de Dreisseiisidae signalées dans les formations de notre région, sont au nombre de trois, celles qui sont énumérées dans le Catalogue de M. Benoist. L'une d'elles est une forme nouvelle, non décrite, rencontrée dans l'Helvétien par l'auteur du Cata- logue ; l'autre^ D. Basteroti Desh. se trouverait à la partie supé- rieure du Biirdigalien, d'après le même auteur; et la troisième, D. Brardii F -àujas, serait confinée dans l'Aquitanien, étage dans lequel cependant Hôrnes avait déjà cité, dans le vallon de Saucats, la présence de D. Basteroti Desh. Si nous acceptons comme définitives, en ce qui concerne notre région, les conclusions auxquelles a été conduit M. Andrusov par l'étude minutieuse qu'il a faite de la famille dont nous nous occupons, il faut faire à peu près table rase des appréciations antérieures et reconnaître que Congeria Basteroti Desh. est l'espèce la plus répandue du Sud-Ouest; que son aire de disper- sion est très grande, comme on le verra ; et qu'on la rencontre déjà dans l'Aquitanien, puis dans le Burdigalien et enfin dans l'Helvétie:!. Son extension verticale serait donc aussi considé- rable que son extension horizontale. A cette espèce seraient — 182 - associées seulement deux autres espèces, non encore reconnues avant M. A.ndrusov, et qu'il a décrites sous les noms de Congeria T'oiizùii et C. Aquitanica. Mais ces formes nouvelles sont rares et représentées seulement par un petit nombre d'individus dans chaque g-isement, tandis que C. Basteroti se trouve parfois en très nombreux exemplaires dans certaines couches. Cela dit, nous arrivons à l'analyse de la portion de l'ouvrag-e de l'auteur russe qui nous intéresse plus particulièrement, parce qu'elle a trait aux espèces de notre contrée. D'après M. Andrusov, la famille des Dreissensidae comprend trois g-enres : Congeria Partsch, Dreissensiomya Fuchs, Dreis- se?isia Van Beneden. Dans le Manuel de conchyliologie de notre regretté collèg"ue, Paul Fischer, le genre Congeria est considéré comme un sous- genre du genre Dreissensia ; mais cela importe peu. M. Andrusov divise le genre (Jongeria en six g-roupes : Mytili- formes, M odioli formes,, Triangu.lares,Suhglobosae, Rhomboïdeae, Eocaenae. Les trois espèces de nos terrains : Congeria Basteroti, C. Aquitanica, C. Touzini se rangent toutes dans le groupe des Mytiliformes dont C. Basteroti est le tpye. Congeria Brardii Al. Brongn. que M. Andrusov signale encore dans notre département, mais sur la foi d'un autre auteur et sans avoir vu les exemplaires ainsi dénommés de cette espèce, appartient au groupe des Modiolif ormes. Dans le Sud-Ouest, nous n'avons, d'après l'auteur de la mono- graphie, ni le genre Dreissensia ni le genre Dreissensiomya, du moins, il ne les a pas rencontrés dans les formes que j'ai soumises à son examen, puisqu'il ne les cite pas. Il est infini- ment présumable, d'ailleurs, qu'ils ne s'y trouvent pas repré- sentés, étant donnée l'importance des matériaux que nous avons communiqués à M. Andrusov. Personne au surplus n'y a signalé ces genres tels que les comprend cet auteur. Nous allons maintenant donner textuellement la traduction du texte allemand qui concerne nos espèces, traduction que nous devons à l'extrême obligeance de notre collègue de la Société géologique de France, M. Cossmann. Cette traduction facilitera à ceux qui ne connaissent ni la langue russe ni la langue allemande, l'examen et la reconnaissance des espèces nouvelles décrites par M. Andrusov : — 183 — CONGERIA BASTEROTI Deshayes. {M t/tiliis Brardii YSiY. Bast. — Mf./tilus Basteroti Desh.). Localités : Oligocène et Miocène inférieur du sud de la France, de la Suisse, de la Bavière et du bassin du Main. Mytilus plebeius Dub. n'est pas identique avec Congeria Basteroti, comme le croient MM. Bornes et de Stéfani, mais c'est un vrai Mytilide. En ce qui concerne M. acutirostris Goldf. qui figure aussi parmi les synonymes, on ignore en réalité laquelle des trois espèces difTérentes, qui sont apparemment réunies toutes sous ce nom (se trouve près de Vienne, Dax et à la mer d'Aral) est reproduite sur la figure 11 dans Goldf. {Pelrefacta Germaniae). (1) PI. I. Fig. 1 à 4. — Mandillot, collection du Cabinet géologique de Saint- Pétersbourg. Exempl. de 0,030 mill. Gros. 3/2. — Fig. 26. — Jeune valve gauche ? Mandillot. Exempl. de 0.0165 mill. Gros. 2/1. — Fig. 27. — Jeune valve droite, Malidillot. Exempl. de 0,020 mill. Gros. 2/1. CONGERIA TOUZINI Andrusov, nov. sp. Coquille petite, mipxe, de forme ovoïde, allongée. Bord supérieur court, droit, passant insensiblement au bord postérieur oblique et courbé,' ce dernier n'est pas parallèle au bord inférieur. Bord inférieur faiblem,ent incurvé. Crochet arrondi. Ni la valve droite ni la valve gauche n'ont de fossette ; champ ventral assez abrupt, mais non vertical. Sur le champ dorsal court un sillon tout-à-fait analogue à celui de Gong. Basteroti. Sur quel- ques exemplaires, vers l'extérieur, à partir de ce sillon, se trouvent des traces de coloration sous la forme de petites bandes rougeâtres qui courent paral- lèlement au bord supérieur. Long. 13 mill., largeur 6 mill. Localités. — Langhien : Cestas, Escalans. — Aquitanien : Balizac (?) Mérignac (1) Pour ces indications de planches et de figures, il faut, bien entendu, se reporter à l'Allas in-4 de 20 planches qui accompagne la Monographie de M. Andrusov, — 184 — Je connais cette espèce, grâce à l'amabilité de M. Degrange-Touzin, de Bordeaux. Elle est la plus voisine de Cong. Basteroti, mais se distingue par l'absence d'une fossette ainsi que par le caractère du bord postérieur qui, dans Cong. Basteroti court au début parallèlement au bord inférieur. PI. I, fig. 28. — Exempl. de Cestas, de 0,013 mill. Gros. 2/1. CONGERIA AQUITANICA Andrusov, nov. sp. Coquille petite, faiblement bombée, mince. Bord supérieur faiblement bo7nbé, passe insensiblement dans le bord postérieur, qui court d'abord parallèlement au bord inférieur, mais se courbe rapidement vers l'arrière. Bord inférieur sous le crochet un peu convexe, puis courbé vers l'intérieur. Crochet pointu, dos obtus, sans fossette. L'impression court près du bord inférieur. Champ dorsal assez plat ; sous un certain éclairage, apparaît sur lui, un peu plus près du bqrd supérieur, un sillon faible et, vers l'avant, un faible pli. Champ ventral abrupt; un sillon qui court vers l'arrière à partir des crochets, sépare une partie antérieure un peu bombée, de la partie ventrale restante. Septum petit, étroit. Apophyse fortem.ent recourbée vers Vintérieur, formée en pointe. Long. 0,012 mill. ; larg. 0,0065 ; haut. 0.002 mill. Localité. — Aquitanien : Balizac (Degrange-Touzin). Cette forme rappelle par son habitus certaines formes du groupe Modioli- formes (par exemple : Congeria Giltneri), mais les contours, la position de l'impression et la constitution du champ dorsal indiquent une parenté géné- rique avec Cong, Touzini. PI. I, fig. 29. — Balizac, exempl. de 0,0125. Gros. 2/1. CONGERIA BRARDII Alex. Brongniart. {Mytilus Brardii Alex. Brongn.). Localités : Couches à Corbicula au-dessus des couches à feuilles et du calcaire à Hydrobia dans le bassin de Mayence. Est aussi indiqué par Fallot dans l'Aquitanien de la vallée du Guamort (Gironde); par Revkôrtkelges dans l'Oligocène moyen, en Transylvanie. Des formes analogues sont également indic^uées par Koch à Pomar, dans les montagnes de Pilet, dans les couches — 185 - à Cyrena semistriata et par Forgaskut dans les couches aquitaniennes. Dreissena Brardii Eichw. du calcaire des steppes de Russie, est une espèce particulière (Dreissena simplex), ainsi que Dreissensia Brardii Griram. de la mer Caspienne (Dreissensia Griuimi Andriis.). La forme que Eichwald a indi- quée sous le même nom et provenant de l'Ustjurt, est une Modiola, ainsi que je m'en suis assuré personnellement. Comme nous le disions plus haut, M. Andrusov signale cette dernière espèce comme existant dans les environs de Bordeaux, mais sans avoir eu sous les yeux la forme ainsi dénommée. C'est sur la foi d'une citation émanée de M. Fallot, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux. En effet, dans une Note sur l'Aquitanien de la vallée du Qua-Mort aux environs de Saint-Morillon et de Cabajiac, Gironde (Soc. lin. Bord. Extr. des Pr. verb , séance du 4 décembre 1889), M. Fallot sig-nale la pré- sence de Dreissena Brardii Al Brong-n. en deux points : à Chiret (Saint-Morillon) et au Pouquet (Cabanac). Nous ne pensons pas que cette détermination doive être main- tenue ; car, à l'époque où M. Fallot a écrit la note en question, son attention ne s'est peut-être pas portée d'une façon parti- culière sur la détermination de la forme en présence de laquelle il se trouvait. On suivait alors les indications du Catalogue de notre collègue Benoist que j'ai cité plus haut, et on donnait communément le nom de Dreissena Brardii d'Orb., à tous les Dreissensia que l'on rencontrait non seulement dans la couche à Cerithiam et à Cyrena n" 4 de la route du Son, et dans la marne fluvio-marine n° 5 de la tranchée de la route du Son, mais aussi aux formes que l'on trouvait dans les couches inférieures de l'Aquitanien. Nous supposons que M. Fallot a dû suivre les errements de tous les auteurs qui l'avaient précédé et qu'il a été ainsi entraîné vers l'adoption d'un vocable erronné. Nous croyons donc qu'il faut rayer absolument Dr. Brardii d'Orb,, espèce qui paraît particulière au bassin de Mayence, de la liste des espèces du Sud-Ouest, lesquelles se trouvent ainsi réduites à trois. Telles sont les indications qu'il nous a paru utile d'extraire de la Monographie de M. Andrusov et de mettre en lumière. Elles sont de nature à servir de guide aux paléontologistes qui s'occu- pent de notre région ; elles leur faciliteront la reconnaissance — 186 — des diverses espèces de Dreissensidae qu'ils pourront rencoatrer dans leurs recherches. Nous y ajouterons toutefois quelques renseignements person- nels, en faisant observer cependant qu'il ne faudra leur attribuer qu'une valeur relative pour les raisons que nous allons exposer. Nous aurions voulu compléter cette petite étude, en donnant la détermination absolument exacte de tous les Dreisse?isidae que nous avons recueillis dans les formations du Sud-Ouest de la France. Mais nous devons avouer qu'il nous a été presque impos- sible d'arriver dans l'examen de nos exemplaires, j'entends de ceux qui n'ont pas été communiqués à M. Andrusov, à une certi- tude suffisamment précise, pour que nous puissions en présen- ter le résultat comme l'expression de l'exacte vérité. D'une part, en effet, il faut reconnaître, ainsi que l'auteur en convient lui-même dans une lettre qu'il nous écrivait le 29 avril (11 mai) 1898, que les fig-ures des formes nouvelles décrites par lui (ceci s'applique à Cong. Aquitanica et C Touzinî) ne sont pas bien réussies. L'épreuve phototypique manque en effet absolu- ment de netteté, elle n'a pas la précision ni les contours exacts du dessin au crayon ou à la plume. Puis, les exemplaires décrits ne sont représentés que d'une manière insuffisante, sous un seul aspect, qui ne donne qu'une idée gfénérale de la forme et n'apprend rien sur l'intérieur ni sur la charnière de la coquille. De sorte qu'il nous a été assez difficile, malgré la description minutieuse qui accompagne les figures, d'identifier nos exem- plaires avec les formes nouvellement dénommées et figurées. D'un autre côté, nous avions envoyé à M. Andrusov des formes recueillies dans un nombre de localités assez considérable et dans des couches appartenant à des horizons différents. Or, nous ne voyons citées dans les descriptions qu'on a lues ci-dessus que quelques-unes de ces localités, de telle sorte que nous avons dû nous demander et essayer de rechercher quel vocable on doit légitimement appliquer aux exemplaires recueillis dans les localités que l'auteur passe sous silence. Telles sont notamment les formes recueillies à Baudignan, à Saint-Morillon (le Planta), à Noaillan (calcaire blanc de l'Agenais), à Saucats (route du Son) dans la couche n° 4 bis de Tournouër. La forme de ce dernier gisement est celle que jusqu'ici tous les auteurs classaient sous le num de Dreissena Brardiid.' Ovh. M. Andrusov a eu des exem- — 187 - plaires de cette forme, il les a étudiés et n'y a pas reconnu D. Brardii d'Orb., ainsi que nous l'avons déjà dit^ puisqu'il ne cite cette espèce dans le Sud-Ouest de la France, que sur la foi d'un autre auteur. Devons- nous en conclure que toutes ces formes doivent rentrer dans l'une des trois espèces qui appar- tiennent lég"itimement au Sud-Ouest : C. Basteroti, C. Aquita- nica, C. Touzini ? Cela paraît probable, bien que ce ne soit pas absolument certain. Nous avons étudié avec soin tous nos exemplaires, nous les avons examinés avec les descriptions de M. Andrusov, nous les avons rapprochés des fig-ures données par l'auteur et nous avons essayé de nous former une opinion aussi rationnelle que pos- sible. C'est le résultat de notre travail personnel que nous allons donner maintenant, en faisant connaître tous les gisements de chacune de nos espèces et en indiquant son deg-ré d'abondance dans le gisement et l'horizon géologique auquel il appartient. Mais, nous le répétons, nous ne donnons ces résultats qu'à titre provisoire, espérant que, dans un temps rapproché, l'auteur si compétent de la Monographie voudra bien, comme il semble en avoir l'intention, réparer par un Supplément qu'il prépare les imperfections de son œuvre première, inhérentes à toute œuvre humaine. Il ne faudra donc accorder une valeur absolue qu'aux indications puisées dans la Monographie de M. Andrusov, ci-dessus reproduites ; et il sera prudent de ne consulter qu'à titre de renseignements, peut-être sujets à rectifications, du moins en ce qui concerne la détermination des espèces, celles que nous allons donner : NOMS DES ESPECES. — LOCALITES. — ETAGES. CONGERIA BASTEROTI Deshayes. Saucats : Le Son, C. ; route du Son, couche n" 4 bis, C.C. ; route du Son, marne n^ 5, C.C. ; Lariey, R. — - {Aquitanien inférieur.) — Peloua, R. ; Moulin de l'église, R. ; Pontpour- quey, R. — (Burdigalien inférieur et supérieur). Mérignac : Pré Baour, dans les couches n'^^ 4 et 6, R.R. — {Aquilanien supérieur et Burdigalien inférieur.) - 188 — Saint-Morillon : Le Planta, C.C. ; Chiret^R. — {Aquitanien infé- rieur et moyen). Léog"nan : Le Thil, R.R. — {Aquitanien supérieur.) La Brède : Moras, couche n» 4, R, — {Aquitanien supérieur). Cabanac : Pouquet, couche n» 4, C. — {Aquitanien supérieur.) Saint-Selve : Raton-Durand^ R.R. — {Aquitanien moyen.) Saint-Médard-en-Jalles : Couche n» 6, R.R. — {Burdigal. infér.). Sainte-Croix-du-Mont : C.C. — {Aquitanien). Bazas : Côte Saint-Vivien, C.C. — {Aquitanien moyen.) La Saubotte : R. — {Aquitanien moyen). Saint-Côme : Couche n° 1, R. — {Aquitanien inférieur.) Villandraut: Gamachot, dans la couche fluvio-marine infé- rieure à la roche n°2, C. — {Aquitanien inférieur.) Noaillan : Dans une couche à Potamides subordonnée au calcaire blanc de l'Ag-enais, C. — {Aquitanien inférieur.) Balizac : Dans le calcaire blanc de l'Ag-enais, C. — {Aquitanien inférieur.) Cestas : Le Bourg-, R. — [Burdigalien supérieur.) Salles : Larg'ileyre, R.R. — {Helvétien.) Saint-Avit : Le Basta, R.R. — {Aquitanien ynoyen.) Lucbardez : Cantine de Barg-ues, R. R. — {Aquitanien moyen.) Saint-Paul-lès-Dax : Moulin de Cabanes, R. — {Burdigalien inférieur.) — Mandiliot, C.C. — {Burdigalien supérieur .) Baudig-nan : R. — {Helvétien.) Parleboscq : La Guirande, R. - {Helvétie?i.) Orthez : Le Paren, R.R. — {fielvétien.) Sallespisse : R.R. ; Carrey, R. — {Helvétien.) Saubrig-ues: R.R, — {Tortonien.) CONGERIA TOUZINI Andrusov. Mérignac : Dans la marne lacustre n^ 6, R.R. — {Aquitanien supérieur). Cestas : R. — {Burdigalien supérieur.) Escalans : C. — {Helvétien.) CONGERIA AQUITANIGA Andrusov. Saucats : Bernachon, dans le calcaire blanc de l'Ag-enais, R. — {Aquitanien inférieur.) — Lariey, R.R. — {Aquitanien supérieur.) — 189 — — Route du Son, couche n° 4 bis, R. — {Aqtdtanien supérieur.) Canéjan : Dans la couche n° 4 ô?5, R.R. — {Aqidtanien snpé- rieur.) Mérig-nac : Vallée du Peug-ue, à Lorient R.R. — {Burdiqalien inférieur.) Balizac : Dans le calcaire blanc de l'Ag'enais, C. — {^Aquitanien inférieur.) On a pu remarquer, d'après ce qu'on vient de lire, que Congé- ria Aquitanica et C. Touzini sont rares dans notre rég-ion, tandis que C. Basteroti est très abondant. C'est un résultat qui surprend au premier abord, que la diffusion considérable de cette dernière espèce qu'on avait cru jusqu'ici confinée dans un périmètre plus étroit. On s'accordait à dire qu'on la rencontrait quelquefois à Pontpourquey et à Cestas, où elle est rare, et surtout à Mandillot où elle est si abondante qu'il est facile d'en recueillir des centaines d'exemplaires. Mais on ne l'avait pas signalée dans l'Aquitanien ni dans le Burdigalien inférieur. Là, on se croyait en présence d'une espèce différente, Congeria Brardii d'Orb. Il faut reconnaître d'ailleurs qu'il paraissait exister "de bonnes raisons pour en jug-er ainsi. En effet, C. Basteroti, que M. Andru- sov considère comme l'espèce commune du Sud-Ouest, présente des différences assez sensibles avec les formes de cette espèce recueillies dans l'Aquitanien. Les exemplaires types de l'espèce, fig-urés dans la Monographie, viennent de Mandillot, et ils atteignent une taille bien supérieure, du double environ, à celle des individus recueillis daas l'Aquitanien. D'un autre côté, la forme type provenant' du Burdig-alien supérieur, il paraissait anormal en quelque sorte de la retrouver jusque dans l'Aquita- nien inférieur. Mais ce sont là des considérations de peu d'importance en réalité. Ne voit-on pas souvent, en effet, une même espèce per- sister, dans les temps géolog'iques, pendant une durée assez longue, pour traverser successivement plusieurs étag-es ? Et enfin n'est-il pas possible que les formes aquitaniennes de C. Basteroti ne représentent que les premiers individus de cette espèce dont la forme type ne devait acquérir tout son développe- ment que dans l'étage suivant ? SUR DIVERS AFFLEUREMENTS DE FILUNS SITUES DANS L4 VALLKE DU PEUGUE ET AUX EYQUEMS Par M. A DEGRANGE-TOUZIN. Il y a une quinzaine d'années, en suivant la route qui conduit de Pessac auxEyquems, je remarquai dans les fossés qui longent cette route, à une très petite distance du ruisseau le Peugue, la présence de quelques coquilles fossiles. J'y recueillis notamment plusieurs espèces de Potamides et un exemplaire de Rostellaria dentata Grat. Ces fossiles se trouvaient dans une marne jaunâtre, un peu argileuse. Je n'eus pas, à ce moment, l'idée de faire des recherches dans les environs pour savoir si la couche fossilifère que j'avais rencontrée affleurait en d'autres points. Dans une autre circonstance, en suivant la même voie, je remarquai dans un pré, k quelques mètres de la route et aux abords du quartier des Eyquems (commune de Mérignac), an trou assez profond qui avait été creusé récemment. Dans les déblais, je recueillis un nombre assez considérable de fossiles ; j'y revins un autre jour et je ramassai encore quelques espèces. Je n'avais jamais eu, jusqu'à ces derniers temps, la pensée de faire part à la Société de ma double découverte. Des circons- tances récentes m'en ont inspiré le désir. En effet, dans une Notice relative à une carte géologique des environs de Bordeaux, publiée en 1895, M. Fallot, professeur de géologie à la Faculté des Sciences, écrivait les lignes suivantes, page 28 : « On peut voir encore l'Aquitanien dans la vallée du » Peugue où M. de Sacy a recueilli dernièrement, en amont de - 191 - » la ferme école (commune de Pessac), le long du ruisseau, dans » un falun grisâtre... etc. » Suit une énumération de 36 espèces recueillies dans ce falun. M. de Sacy avait en effet donné connaissance à M. Fallot de ce gisement situé dans le voisinage immédiat des affleurements que j'avais rencontrés, il y a quinze ans, dans les fossés qui bordent la route. Mais il lui avait été, paraît-il, signalé par M. M. Neu- ville. Toujours est-il que ces messieurs y avaient pratiqué plusieurs fouilles, malgré les entraves qu'ils avaient rencontrées de la part du propriétaire du sol, et ils y avaient recueilli de nombreuses coquilles. La plupart de ces fossiles ont passé entre nos mains, MM, de Sacy et Neuville m'ayant prié de leur en donner la détermination, ce que j'ai fait bien volontiers. De mon côté, j'ai opéré plusieurs fouilles dans le gisement. Le nombre des espèces que j'ai recueillies étant considérable et le caractère de la faune étant assez intéressant, je crois devoir donner aujourd'hui la liste de toutes les espèces qui sont en ma possession. Je laisse à d'autres le soin de la compléter, s'ils ont eu la chance de mettre la main sur des formes que je n'ai pas rencontrées. Je dois ajouter que notre collègue, M. Georges Engerrand, a bien voulu me communiquer la liste des espèces de sa collection provenant de ce gisement. Dans l'énumération qu'on lira ci-des- sous, un signe particulier indiquera celles qu'il a trouvées. Sans parler des traces d'affleurements qu'on remarque dans les fossés longeant la route, il existe, à ma connaissance, deux points particulièrement fossilifères. Ils sont situés dans les berges du ruisseau le Peugue, l'un en aval de la route, l'autre en amont. En chacun de ces points, les affleurements peuvent être suivis sur les deux berges du ruisseau pendant une certaine distance. Le gisement situé en aval est à deux ou trois cents mètres de la route, en un point qui est une dépendance du lieu appelé Noès, sur la carte du département. L'autre affleurement, celui d'amont, est à environ cent mètres de la route. C'est le plus riche en espèces. Le lieu où. il se trouve S3 nomme Lorient. Comme les faunes de ces deux gisements présentent des différences sensi- bles, je n'ai pas cru devoir les confondre et je ferai connaître séparément les espèces rencontrées dans l'un et dans l'autre. — 192 - Le g-isement de Noès est constitué par une couche de sable très calcaire, dans laquelle on peut recueillir un certain nombre d'espèces, mais pas beaucoup. Elles sont assez uniformément répandues dans l'assise qui les contient, mais ne présentent pas, à proprement parler, le caractère d'un falun. Il en est autrement du g-isement supérieur. Là, les fossiles se touchent tous et sont en amas considérables, comme dans les faluns les plus riches de Léog-nan et de Saucats. Ils sont dans un sable grisâtre légèrement argileux. Voici la liste des espèces que M. Engerrand et moi avons recueillies dans ces deux g-isements (1). GISEMENT DE NOÈS * Ringicula sp. ? C. ** Scaphander Grateloupi Michtt. R- Mslongena Lainei Bast. R. * Nassa tessellata Bon. R. * Cerithium calculosum Bast. C.C. * — pseudo-obeliscum Grat, R.R. ** Bittium spina Partsch. C.C. ** Polamides plicatus Brug. C.C. — papaveraceus Bast. R. * * Turritclla Desmarestina Bast. C. * Gapulus aquensis Grat. R. * Scalaria sp. indét. R.R. ** Pyraniidella Grateloupi à'' Orh. C. ** Turhonilla sp. indét. R.R. * * Neritina Ferussaci Recluz. ** Phasianella aquensis d'Orb. R.R. — spirata Grat. C.C. ** Turbo sp. indét. C.C. * Trochus sp. indét. R. * — Buchlandi Bast. C. * * Clanculus Araonis Bast. C. Monodonta angulata Eichw. R. * * Fissurella clypeata Grat. C. * Dentalium Lamarchi Mayer, C. ** Ostrea producta Raul. et Delb. R. * Chlamys substriata d'Orb. R. * — sp. indét. * Arca{s,.g.Barbatia)barbatahm.K. * — Noae Lin. R. — clathrata Desh. R. * Cardita elongata Bronn, R. * — sp. indét. R. ** Erycina sp. indét. R. * * Lepton sp. indét. R. * Cardium Benoisti Cossra. R. * — sp. indét. R. * * Chama Brocchi Desh. C. Meretrix undata Bast. C. ** Circe Banoni Tourn. R.R. ** Gratsloupia difficilis Bast. C. * Yenus aglaurae Brongn. R.R. (1) Quand le nom du fossile est précédé de ce signe *, cela veut dire que M. Engerrand seul l'a trouvé. Quand il est précédé du double signe **, c'est que M. Engerrand et moi l'avons rencontré. Quand aucun signe ne précède le nom du fossile, c'est que l'auteur de cette note Ta seul recueilli. 193 - * Donax transversa Desh. 0. * Mactra Basteroli Mayer, C. ** Eastonia rnitis Mayer, R. Corbula carinata Duj. R. ** — Toiirnoueri M.a.yev, C * Lucina ornata Agas. C. ** — columbelia Lamk. C. ** — incrassata Dub. de M. C. * — dentata Bast. C. Lucina sp. indét. R.R. (grande et belle espèce, nouvelle sans doute). Tellina aquitanica Mayer, C. — sp. indét. Balanus sp. indét. Tinoporus letiticularis Ficht. C. Poccillopora raristella d'Orb. C. Baguettes d'oursins. GISEMENT DE LORIENT ** Alexia glandina Boettger, R. ** Proplecotrema marginalis Tourn. R. R. Melampus pilula Tourn. R. * Leuconia subbiplicala d'Orb. R.R. * — sp. indét. R. ** Blauneria (s. g. Slolidonià) Gues- tieri Degr. Touz. R.R. Actaeon burdig alen sis à'' Ovh. R.R. — laevigalus Grat. R. — parvulus Benoist. R.R. — Paulerifiis Benoist. R.R. — sp. indét. R.R. — (s. g. Solidula) striaiellus Grat. R. ** Tornatina Lajonkaireana Bast.C. Volvulella Bruguierei Benoist, R.R. Bullinella subangistoma d'Orb. C. — laevis Grat. R.R. — ■»asa^ews/5 Benoist R.R. ** Ringicida Tournoueri Morlet. * Terebra plicaria Bast. R. — subcinerea d'Orb. C. — sp. indét. R. R. Conus aquitanicus Mayer, R.R. — granuliferus Grat. R. — sp. indét. R.R. ** Genotia (s. g. Oligotoma) Baste- roti Desm. C.C. ** Clavatula Defrancei Bell. R. R. — semimarginata Lamk. (juv.) R.R. — carinifera Grat. R.U. Surcula intermedia Bronn. R. ** Drillia granaria Duj. R.R. — fallax Grat. C. — Dufouri Desm, G. — ■ distinguenda Bell R.R. — sp. indét. Clatliurella 2 sp. indét. — ■ clathralaeformis Degr. Touz. R.R. * Mangilia sp. indét. R. ** Raphitoma, espèce du groupe de R. subulata Grar.R. — 3 autres sp. indét. * OUvancillaria Baslerolina Defr. R.R. ** Olivella subclavula d'Orb. R. Marginella miliacea, Desh. C. Mitra Burguetiana Grat. R. ** Turricula crebricosta'l Defr. R R. — sp. indét. R.R. Cylindromita sp. ? aff. M. obso- leta Brocchi, R.R. Fusus burdig al ensis Bast. R. Melongena Lainei Bast. R.R. * Cyllene Desnoyersi Tourn. R. ** Pollia Meneghini Bell. R.R. 194 Jania crassicosta Benoist, R. ** Nassa tessellata Bon. C. ** Dorsanum' flexuasuml Brocchi, R. ** — Deshayesi Mayer, R. * — subpolitum d'Orb. R. ** Columbella girondica Ben. in Coll. C. — corrugata Brocchi, C. — Linderi Tourn. R.R. * Murex decussatus Grat. R. * Ocinebra caelata Grat. R. — Basteroti Benoist, R. Cypraea pyrum Brocchi, R. ** Erato MaugeriaeGva,y\n'Wood,'R. — laevis Don. R. Roslellaria denlata Grat. R.R. ** Triforis perversa Lin. R. — papaveraceaBeno'ïst,R.K. — bilineata Benoist, R.R. * * Cerithimn galliculum Mayer, R. — gallicum Mayer, C. — rubiginosum'EÀch^ . R.R. * * — trilineatum Philippi, R. — bilineatum Hornes, R. R. — sp. indét R. Bittiuni spina Fartsch, C. ** Potamides pupaefornie Bast. R. — girondicus Mayer, C.G. — corrugatus Bast. C. — bidentatus Grat. G. — plicatus Brug. C.C. — lignitarwn Eichw. — papaveraceus Bast. C. * — siibclavatîilatus à'' Ovh. K. ** Brachytrema fallax Grat. C. Yermetus (s. g. Serpulorbis) are- narius Lin. R. ** Turritella Desmares tina Bast. R.R ** — terebralis Lamk. (var. elongata), C. — turris Bast. R. — - Sandbergeri Mayer, R. * * * * Pseudomelania perpusilla Grat. R. Melanopsis aquensis Grat. R.R. Litiorina Prevostina ? Bast. R.R. Fossariis sp. indét. Solariuyn Grateloupi d'Orb. R.R. ** Rissoïa scalaris Dub. C. ** — clotho Hornes, C.C, ** — curta Duj. C.C. — Moulinsii à' Ovh. C.C Scaliola Degrangei de Boury Mss. R.R. ** Slossichiaplanaxoides Besm. R.R. Rissoïna nerina d'Orb. R.R * * — subpusilla ? d'Orb. C. ** — burdigalensif d'Orb. C. — Grateloupi Bast. R.R. Hydrobia aturensis Noulet, R. ** — ve«) La tribu des Gaudichaudiées seule n'a pas été étudiée. — La situation des axes étudiés dans les inflorescences ne nous est pas connue. — 333 — l'épiderme, formé de grands éléments, recouvre un parenchyme cortical de cinq à six assises d'épaisseur. L'endoderme contient de l'amidon, mais n'offre pas de trace de subérification. Le péricycle^ en face des rég-ions fasciculaires, comprend une ou deux assises d'éléments minces et polygonaux. Les faisceaux sont séparés: ils contiennent une petite région libérienne peu développée et quelques files de deux à trois vaisseaux très étroits, réunis par du parenchyme cellulosique, présentant vers leur marge externe quelques assises de cambiforme. La zone périraéduUaire et la moelle, assez réduites, sont cellulosiques. Au stade fructifère la cuticule ne s'est pas modifiée ; l'écorce " peu augmentée, est restée cellulosique. L'endoderme ne s'est pas caractérisé davantag-e. Le péricycle est hétérogène : il comprend des fibres épaissies et sclérifiées, disposées par petites bandes tang-entielles en face des faisceaux, alternant avec des éléments parenchymateux. Le cambiforme a donné quelques rares fibres lig-neuses ; le liber et le bois sont restés stationnaires dans leur développement. La zone périmédullaire, en face des trachéides initiales, est devenue cellulosique ; la moelle se sclérose de bonne heure. Les régions parenchymateuses offrent quelques mâcles. Parmi les autres g-enres étudiés {Bi/rsonimn iiicida, B. rugosa, Malpighiapunicifolia, M.spicata, Beteropterys purpurea, H. citri- foU.a,H .macrostnchi/a, Acridocarpus neo-caledonica, Bracliypterus borealis,Stigmaphyllon ciliatum,S. puherum, S . fulgens, Ryssop- terys, coledonica, Banisteria diversifolia, B. ferruginosa, B. spleiidens, Hipinge malablata^ Aspidopterys sp., Teiraptei^ys, acutifolia, T. calophylla, Hirœa ovalifoUa, H. albicans, Masca- gnia bracteosa), quelques-uns nous offrent un péri derme sous épidermique dont la rég-ion subéreuse comprend une à deux assises de liège mince, et le phélloderme est réduit à une assise {Heteropterys macrostachya, Banisteria ferruginosa, Tetrapterys calophylla). L'écorce se sclérifie rarement et ne présente que chez Byrsonima rugosa des sclérites isolées. L'endoderme ne se subérifie pas ; le parenchyme cortical et médullaire offre des mâcles d'oxalate de chaux, parfois associées à des cristaux prismatiques {Byrsonima lucida). Le péricycle est toujours hété- rog-ène comme chez Gralpliimia elegans ; des faisceaux fibreux, sclérifiés souvent assez tard, alternent avec des îlots d'éléments - 334 — parenchymateux non sclérosés. Le cylindre central offre dans quelques cas un anneau continu {Malpighia punicifoUa, Heterop- terys citrifolia, H. macrostrachya, Banisteria ferruginosa, Tetrap- terys calophylla, Hirœa ovalifolia) : par suite de l'importance du développement du fruit, les faisceaux qui sont normalement isolés pendant sa maturité confluent tardivement. Toutes les autres Malpig-hiacées se rattachent au type décrit, qui présente au stade fructifère des faisceaux bien distincts. Les faisceaux isolés sont répartis souvent sur deux cercles; lorsqu'ils confluent, la limite externe de l'anneau lig-neux est toujours sinueuse. Nous ne rencontrons pas de structure anormale dans le pédicelle comme dans la tig-e de nombreux types de cette famille. La zone périméduUaire externe reste cellulosique au contact des fais- ceaux ligneux ; sa rég"ion interne se sclérifie ainsi que le paren- chyme médullaire. La symétrie est souvent axile, parfois déformée par la réparti- tion inég-ale de l'écorce ou le développement irrég'ulier uni- latéral du bois. L'appareil de soutien du fruit est formé par la sclérose du péricycle ; quelquefois il e.^t dû au développement assez impor- tant du bois secondaire {Heteropterys macrostacliya^ Banhteria ferruginosa^ Tetrapterys cnlophylln). La sclérose médullaire, qui se produit de bonne heure dans tous les types, peut aussi y contribuer avec efficacité. Les modifications qui s'effectuent pendant la maturation du fruit sont g-énéralement de peu d'intensité : sclérose péricy- clique. périméduUaire interne et médullaire, développement lég-er de l'écorce, assez rare et peu intense du périderme, aug-mentation notable dans quelques cas du bois secondaire et surtout de sa rég-ion fibreuse. Caractères généraux. Les Malpig-hiacées^ qui forment une famille si homogène au point de vue morphologique, ne présen- tent pas la même unité dans la constitution du pédicelle fructi- fère. L'écorce est toujours mâclifère, l'endoderme dépourvu de plissements, et le péricycle hétérogène. Les faisceaux, séparés dans le plus grand nombre des cas, lors de la maturité du fruit, peuvent parfois confluer assez tard, le cambium restant toujours très sinueux. Les Malpighiacées semblent plus voisines des Erythroxylées — 335 — que des Sapindacées et des Méliacées ; mais, d'après la structure de leur pédicelle fructifère, ce serait des Zyg-ophyllées qu'elles paraîtraient surtout se rapprocher. Zygophyllées. L'épiderme du pédicelle floral de Tribuhis terrestris, formé de petits éléments, est recouvert d'une cuticule mince; les poils épidermiques sont unicellulaires, L'écorce comprend quatre assises amylifères et chlorophylliennes, l'endoderme n'est pas subérifié. Le péricycle forme en face du faisceau primaire des faisceaux collenchymateux ; entre les rég-ions fasciculaires il présente deux ou trois assises de parenchyme. Les faisceaux sont dissociés, au nombre d'une dizaine : le liber est peu développé, séparé du bois, composé de trois ou quatre vaisseaux étroits par faisceau, entourés de parenchyme lig-neux, par un cambium dont le cloisonnement commence. Les rayons médullaires, la zone périmédullaire et la moelle sont cellulosiques et amylifères. Pendant la fructification, les cellules épidermiques ont épaissi leurs cloisons radiales et se sont étirées dans le sens tangentiel, de même que le parenchyme cortical, qui s'est accru radialement par suite de l'ag-randissement de ses éléments primordiaux. L'en- doderme reste dépourvu de plissements; le péricycle épaissit les parois de ses cellules et se sclérifie en face des faisceaux primai- res. Le cambium a formé un anneau ligneux continu, ne donnant généralement pas de liber entre les vaisseaux primaires, mais en face du liber primaire il fournit une grande quantité d'éléments libériens. Le bois s'est beaucoup accru, et surtout sa région fibreuse, durant l'évolution du cambium. La zone périmédul- laire devient coUenchymateuse, le moelle ne se sclérifie pas et tend à se résorber dans sa partie centrale. On remarque dans l'axe fructifère de Nitraria tridenlata un anneau complet libéro-ligneux et un péricycle plus sclérifie que chez Tribuhis terrestris. Chez Zygophyllum fabago, Z. album, Fagonia sinaica. F. gliUinosa et F. cretica, nous retrouvons la même structure que chez le type décrit. La symétrie axiale persiste dans les axes étudiés, rarement troublée par un étirement du cylindre central {Tribulus). " 336 - Le système mécanique du pédicelle fructifère est dû au déve- loppement du bois {Tribulus lerrestris, Zygophyllum album, Z. fab(igo), ou du bois et du péricycle {Fagonia). Les variations de structure durant l'évolution du pédicelle sont peu notables dans tous les types étudiés par suite du petit volume du fruit. Signalons cependant un accroissement de toutes les rég-ions, g-énéralement faible, assez considérable chez Tribulus terrestris. Tribulus terrestris. Fleur. Fruit. Écorce 30 40 Péricycle, liber 25 47 Bois 4 28 Moelle 33 50 92 165 Caractères généraux. — Tls sont surtout négatifs : pas de cristaux, pas de subérification endodermique, ni d'appareils sécréteurs. Le péricycle est hétérogène, l'anneau ligneux continu dans tous les types étudiés. Cependant il est probable que chez des espèces très herbacées la dissociation fasciculaire du pédi- celle floral persiste dans l'axe fructifère, car chez Tribulus terrestris il ne se produit pas d'anneau continu libérien, et chez Tribulus mollucanus le cylindre ligneux est. par endroits, entre les faisceaux primaires, à peine développé. Les Zygophyllées semblent présenter avec les Géraniacées, d'après la structure de leurs pédicelles fructifères, quelques affi- nités par le genre Tribulus; mais elles sont surtout voisines des Rutacées. Il sera toujours facile de les distinguer de ces dernières par l'absence des poches sécrétrices, Géraniacées. lo G-ér aillée s. Nous prendrons comme type Erodium cicutarium. Un épidémie pourvu de poils simples, unicellulaires, à cuticule épaissie et verruqueuse, recouvre environ trois assises de paren- chyme cortical à éléments arrondis, pouvus de chlorophylle et — 337 - cellulosiques. I/endoderme, peu distinct de l'écorce, renferme de l'amidon. Le péricycle est formé d'une couche continue de une à trois cellules d'épaisseur, à membranes minces et cellulosiques. 11 entoure cinq faisceaux libéro-ligmeux comprenant quatre ou cinq vaisseaux spirales et annelés, séparés par quelques assises de cambiforme mince, d'un liber peu développé. Entre les fais- ceaux, se remarquent cinq larg-es rayons médullaires; la zone périmédullaire, la moelle et les rayons sont cellulosiques. A maturité du fruit, le plancher de l'épideruie devient très collenchymateux, ainsi que la première assise corticale. Le péri- cycle se sclérifie : il forme un anneau continu sclérifié, fibreux dans les parties contig'uës aux faisceaux, parenchymateux dans les rég'ions interfasciculaires. Les faisceaux ne se sont pas sensi- blement accrus, la zone périmédullaire offre des parois un peu épaissies. La moelle s'est très développée; elle est restée vivante et cellulosique. Même structure chez G-eranium molle, dont nous fig-urons, (planche I), le stade floral (fig. 5) et le stade fruc- tifère (fig- 6). Géranium molle. Gei^anium dissectum. Fleur. Fruit. Fleur. Fruit. Écoi'ce 20 22 23 30 Péricycle, liber, cambiforme. .. . 10 10 15 22 Bois 8 10 9 10 Moelle 16 25 20 30 54 67 87 92 Erodium grumum. Fleur. Fruit. Écorce 31 31 Péricycle, liber, cambiforme. 35 40 Bois 20 23 Moelle 43 52 129 146 Dans la plupart des autres espèces de cette famille, l'écorce est plus développée et peut atteindre cinq ou six assises d'épais- seur. G-eraniurn palustre, Gr. modestum, G. phœinn, Erodium petrœum, E. cedrorum, E. crispum). Le péricycle peut présenter une épaisseur inégale, plus considérable en face des faisceaux — 338 — {Erodinm ciconhim^ Géranium mncrorhizum), où il comprend de trois à six cellules d'épaisseur {Erodium asplenloides), ou un moins grand nombre (Q-eranimn Robertianum, Gf. modestum, G. carolinianum). Les pédicelles oifrent dans quelques cas un cambiforme assez épais {Géranium tortiiosum, Gt. macrorhi- zum). Durant le stade fructifère, les variations dues à la sclérification plus ou moins avancée et à l'épaisseur du péricycle sont seules importantes à noter : tantôt il présente une faible épaisseur {Géranium palustre^ G. phœum, G. modestum, G. atrosangui- neum, Erodium crispuni, E. Neilrcichii, E. cedrotmm). Tantôt elle devient trois ou quatre fois plus considérable {Erodium hirtwn, E. asplenioides), et la sclérose peut envahir exception- nellement les cellules de la zone la plus interne de l'écorce. Le cambiforme, assez abondant de quelques espèces, peut donner quelques vaisseaux pendant la maturation du fruit {Géranium, atrosanguineuïn). Pendant la fructification nous assistons ainsi à la collenchy- matisation de l'assise sous-épidermique ; le péricycle se sclérifie, la moelle s'accroît, les faisceaux, toujours au nombre de cinq, se développent peu et restent isolés par les cinq larges rayons médullaires primaires. La section du pédicelle est toujours circulaire ; les phénomènes de dissymétrie sont peu apparents et se bornent dans quelques cas à un écartement inégal des faisceaux, qui présentent alors un développement irrégulier. L'appareil de soutien est dû à la sclérification du péricycle. Nous mentionnerons k part le genre Pelargonium dont les variations de structure dues à la maturation du fruit sont ana- logues à celles des Géranium et des Erodium. Mais la soudure de l'éperon du sépale postérieur sur le pédicelle floral entraîne une disposition spéciale des faisceaux : trois faisceaux innervent le sépale, le cylindre central du pédicelle étiré transversalement comprend environ dix faisceaux de taille inégale {Pelargonium zonale, P. tricuspidatum, P. terebinthinacurn). Par suite de cette soudure du sépale sur le pédicelle, sa symé- trie est très troublée, elle devient bilatérale. Le pédicelle avant de se souder à cette pièce florale présente déjà un étirement transversal léger du cylindre central. — 339 - 2» Oxalidées. Durant la floraison, le pédicelle d'Oxalis stricta offre une cuti- cule mince, trois assises de grandes cellules corticales arrondies, riches en amidon et en chlorophylle, et un endoderme à élé- ments plus petits dépourvu de plissements. Le péricycle com- prend deux ou trois couches de petits éléments à parois minces et rigides. Les faisceaux sont séparés et peu nombreux : le liber forme de petits massifs arrondis, séparés du bois, composé de files de deux à trois vaisseaux étroits, par quelques assises de cambiforme. La zone périmédullaire et la moelle sont cellulo- siques, cette dernière est remplie d'amidon. Durant la maturation du fruit, l'écorce s'est peu accrue; le péricycle a sclérifié fortement ses éléments et forme un anneau fibreux continu. Le cylindre central s'est peu modifié : il n'y a pas eu création d'éléments libériens, quelques vaisseaux étroits se sont individualisés tardivement aux dépens du cambiforme. La région externe des rayons médullaires est sclérifiée, leur région interne ainsi que la moelle et la zone périmédullaire reste cellulosique. Oxalis stricta. Fleur. Frmt. Écorce 26 30 Péricycle, liber, cambiforme. 15 lô Bois , , 5 8 Moelle... 18 23 64 77 Même structure chez Oxalis valdiviana, O. Navierri, 0, comi- culata, O. floribimda et O. lasiantha. Hypseocharis pimpinelli- folia et Aveirhoa bilimbi nous ont offert un péricycle hétérogène, sclérifié seulement dans les régions adossées aux faisceaux pri- maires. Biophylum dormiens et Connaropsis monophylla ont des fleurs sessiles. Les variations sont peu importantes étant donné le peu de volume des fruits de cette série. Peu de variations quantitatives sont à signaler pendant l'évolution du fruit dans les tissus des Tome Lin. 23 - 340 - pédicelles; les chang-ements qualitatifs sont dus à la sclérifi- cation partielle ou totale du péricycle. La symétrie axillaire est sauveg^ardée ; quelquefois cependant les faisceaux tendent à se rassembler d'un même côté et les rayons médullaires deviennent très inég-aux. L'appareil de soutien est dû à la sclérose du péricycle. 30 Tropœolées. Pendant la floraison, le pédicelle de Tropœolum majiis offre une mince cuticule; l'épiderme recouvre cinq assises de paren- chyme cortical, chlorophyllien et amylifère. L'endoderme, aussi rempli d'amidon, n'offre pas les plissements caractéristiques. Le péricycle comprend environ deux assises de cellules à parois minces et à contours anguleux. Le cylindre central est très déve- loppé puisqu'il comprend les trois quarts des rayons du pédi- celle ; il renferme six faisceaux séparés par de larg-es rayons médullaires. Chaque rég-ion fasciculaire présente à sa périphérie une bande aplatie tangentiellement de tissu libérien et vers l'intérieur quelques vaisseaux au nombre de huit à dix, dissé- minés au milieu d'un abondant parenchyme ligneux à larges mailles. La zone périméduUaire et la moelle, qui est très déve^ loppée, sont amylifères et cellulosiques. Lors de la maturité du fruit, la cuticule ne s'est pas renforcée, L'écorce offre à peu près les mêmes dimensions : sa première assise devient collenchymateuse. L'endoderme n'a pas subi d'imprégnation de subérine. Le péricycle a épaissi ses parois et forme un anneau continu sclérifié. Le Cylindre central ne s'est pas modifié. Les transformations occasionnées par la fructification de l'ovaire sont donc peu sensibles, presque nulles au point de vue quantitatif, limitées au point de vue qualitatif à la seule sclérose des éléments péricycliques. L'appareil suspenseur du fruit est constitué par la région péri- cyclique. La symétrie axiale est altérée par l'aplatissement que présente le pédicelle, dont la structure paraît bilatérale par suite de la répartition et du développement relatif des six faisceaux. On remarque la même disposition des tissus et des transfor- mations histologiques analog-ues chez Tropœolum peregrinum. ~ 341 - 4° Limnanthées. Le pédicelle floral de Limnanthes Douglasii présente un épi- derme à éléments très allongés dans le sens radial, recouverts par un mince cuticule. L'écorce renferme environ huit assises de parenchyme amylifère et chlorophyllien; l'endoderme n'offre pas de plissements. Le péricycle est composé d'une ou deux assises d'éléments polygonaux. Le cylindre central comprend deux masses fasciculaires : le liber est peu développé et représenté par un petit nombre d'îlots criblés accolés au péricycle. Entre le bois et le liber se trouvent quelques cellules de cambiforme. Le bois est représenté par quelques files radiales de deux à trois vais- seaux, disséminés au milieu d'éléments parenchymateux. La zone périméduUaire et la moelle sont cellulosiques. Lors de la fructification, le pédicelle offre une augmentation sensible de la région corticale, par suite de l'accroissement propre des cellules, qui prennent entre elles de larges méats. L'endoderme ne se subérifie pas; le péricycle devient collenchy- mateux. Le cylindre central ne subit aucune variation quantita- tive ou qualitative, Limnanthes Douglasii. Écorce Péricycle, liber. Bois. . , Moelle. ... Les variations de structure occasionnées par la maturité du fruit sont donc peu intenses, étant donnés le volume et le poids très faibles du fruit, à part l'accroissement de la région corticale et la collenchymatisation du péricycle. 5° Balsaminées. Durant l'épanouissement de la fleur, chez Impatiens capensis, l'épiderme, protégé par une mince cuticule, recouvre six ou sept assises de parenchyme cortical, chlorophyllien et amylifère, dont Fleur. Fruit. 85 105 15 15 9 10 15 15 124 145 — 342 — quelques cellules sécrètent de l'oxalate de chaux en milieu muci- lagineux, créant des raphides. L'endoderme, amylifère, n'offre pas de plissements. Le péricycle est représenté par une seule assise d'éléments polyg-onaux de taille très différente. Le cylindre central est étiré transversalement A la face dorsale du pédicelle il présente un contour convexe, rectilig-ne dans sa partie ventrale Les faisceaux tendent beaucoup à se rapprocher, bien qu'ils demeurent séparés; le bois comprend quelques vaisseaux entourés de parenchyme cellulosique; la moelle et la zone périmédullaire sont aussi cellulosiques. Durant le stade fructifère, le pédicelle présente une rég-ion corticale sous-épidermique collenchymateiise; la région interne de l'écorce offre des éléments bien plus g-rands que dans le stade précédent, et cause l'accroissement de l'écorce en diamètre. L'endoderme et le péricycle demeurent sans se subérifier ou s'incruster de lig-nine. Le liber s'accroît peu, de même que le bois, et la configuration du cylindre central n'est pas chang-ée. La zone périmédullaire et la moelle restent cellulosiques, et leurs membranes demeurent minces. Impatiens capensis. Fleur. Fruit. Écorce 56 85 Péricycle, liber 13 16 Bois 6 9 Moelle 25-38 30-45 100-113 140-155 Les variations qualitatives et quantitatives sont ainsi peu marquées : nulles au point de vue qualitatif, faibles au point de vue quantitatif, comme nous le montrent les chiffres pré- cédents. Chez Impatiens pinnula, nous retrouvons la même structure. Chez Hydrocera tî^iflara, le cylindre central forme un anneau continu, dont Impatiens capensis n'indiquait que la tendance. La structure demeure bilatérale, et, par suite de l'habitat de cette plante, l'écorce est très lacuneuse. La symétrie de tous les axes étudiés est bilatérale, par suite de la configuration spéciale du cylindre central. L'appareil de soutien du fruit est dû à la paroi très sclérosée — 343 — et épaissie des vaisseaux, et au parenchyme collenchymateux sous-épidermique. La famille de Géraniacées comprend pour beaucoup d'auteurs, et en particulier pour Bentham et Hooker, les tribus des Géra- niées, Oxalidées,Tropœolées,Limnanthées et Balsaminées.L'ana- tomie du pédicelle fructifère nous montre que la série la plus voisine des Géraniées est celle des Oxalidées, dont l'organisation des axes floraux est souvent identique. Puis viennent les Tro- pœolées (1) dont la structure générale des pédoncules est encore presque semblable à celles des Géraniées. . Les Limnanthées s'en éloignent déjà, et d'après la topographie générale de leurs tissus, il nous est impossible cependant de les rapprocher, soit des Anacardiacées, comme Engler et Reiche l'on fait (2), soit des Coriacées, comme le pensait Chatin (3). Les Balsaminées s'écartent des Géraniacées plus encore que les Limnanthées par la structure de leur pédicelle fructifère. Elles semblent plutôt se rapprocher des Malpighiacées que des Trigo- niacées ou des Vochysiacées, comme Warburg et Reiche l'avaient indiqué (4). Enfin, la famille des Géraniacées, réduite aux Géraniées, Oxa- lidées et Tropœolées, offre une grande analogie par la structure du pédicelle avec les Caryophyllées et les Portulacées. Rutacées. Nous décrirons l'un des types de cette famille où les transfor- mations du pédicelle sont les plus importantes pendant la fructi- fication. Pendant le stade floral, le pédoncule de Citrus aurantium offre Vine cuticule épaisse et très cutinisée. L'épiderme est composé (1) Chatin {Mém. sur la famille des Tropœolées) les rattache aux Malpi- ghiacées; R. Brown (m. Lond. and Edimb. philos .magaz.) aux Limnanthées. L'organisation du pédicelle, comme nous l'avons vu, les rapproche au contraire des Géraniacées. (2) Die naturliclien Pflanzenfamilien. (3j Mémoire sur les Limnanthées et les Coriariées.(AM. Sc.Nat. Bot , 4e Si, t. VI, 1856.) (4) Balsaminaceœ. (Die naturl. Pflanzenfamilien, 1895.) Tome LUI. 23* - 344 — d'éléments étroits ; l'écorce, épaisse d'une quinzaine d'assises, offre un parenchyme chlorophyllien à l'extérieur, à petites mailles, peu méatifère, vers l'intérieur peu charg-é de pig-raent vert, surtout amylifère et creusé de méats nombreux. La zone externe de l'écorce comprend des g-landes sécrétices énormes où s'accumule l'essence sécrétée par les cellules parenchymateuses voisines ; il y a aussi des éléments renfermant de g-ros cristaux prismatiques à base oblique eng-aînés en totalité ou en partie dans une coque de cellulose. L'endoderme contient de l'amidon et n'est pas plissé. Le péricycle est épais, formé d'un nombre très variable d'assises d'éléments coUenchymateux. Les faisceaux sont dissociés. Entre le liber et le bois, commence à évoluer le cambium ; la région lig-neuse ne comprend dans chaque faisceau que quelques files de deux à cinq vaisseaux étroits. La zone péri- médullaire est cellulosique; la moelle coUenchymateuse, méati- fère, contient de l'amidon et des cristaux prismatiques. A maturité, l'écorce aug-mente de volume, épaissit ses parais devenues collenchymateuses;dansse&cellules se sont déposés des prismes très nombreux et très volumineux. L'endoderme ne s'est pas modifié ; le péricycle est hétérog-ène, alternativement fibreux et sclérifié, parenchymateux et cellulosique. Le liber et le bois forment un anneau continu d'un diamètre considérable; les éléments libériens sont mous ou sclérifiés. Le type que nous étudions renferme deux bandes prosenchymateuses et deux bandes de tissu criblé : la masse du bois est fibreuse. Le prosen- chyme a des parois très épaissies ; dans sa masse se remarquent un assez grand nombre de vaisseaux à section étroite. La zone périmédullaire et la moelle sont cellulosiques : cette dernière, se sclérifié tardivement par plages. Mêmes dispositions g"énérales dans - les axes fructifères de Momiiera trifoliata, Riita bracteosa, R. graveole7is,R. chalepensis, R. helerophylla, R. divaricata, Raplophyllum rosmarinifoliiim^ H. coronatwn, Dictamiis fraxinella^ Zieria Isevigata, Eriostemon novœ-caledoniœ, Cliohya ternata, Zanthoxyium fraxinewn^ Pilocarpiis lati.folms,Toddalia trifoliata, Vtelea trifoliata, Halfor- dia drupifera, Micromelum pubescens, Limonia trifoliata, Miir- raya exotica, Clialcas paniculata, Bergera Konigi^ Clausena levis, ,Paramig7iya n° 1418 (Indo-Chine) Atalantia stenocarpa, A. monophylla, Citrus macroptera. — 345 - Les- mâeles et les cristaux prismatiques sont abondants dans toute cette famille, les sclérites y sont rares : chez Ticorea pedi- cellata, la rég-ion interne de l'écorce subit une sclérose presque totale, chez Zieria Isevigata il y a production de sclérites médul- laires. Le liège existe rarement sur les axes fructifères de cette famille: nous ne pouvons le mentionner que chez Atalanlia monophylla où un périderme sous-épidermique donne quelques assises de suber et une à deux zones de phelloderme. L'écorce subit, chez de nombreux types, par suite des tiraillements tang-entiels dus au développement du cylindre central, des cloisonnements tardifs nombreux {Murrana exotica, Chalcas paniculata. Atalmilia monophylla^ etc.). Le péricycle peut être très fibreux {Filocarpus lalifolhis)> ou bien ne renfermer que quelques rares faisceaux de fibres, noyés dans un parenchyme mou (Ptelea t)ifoliata,d\veYS Ritta, Halfordia drapifera).LQ liber n'offre que rarement des bandes de fibres : tous les g-enres indiqués en sont dépourvus sauf Citrus macroptera. Les variations de structure du stade floral au stade fructifère sont très variables suivant l'intensité de l'accroissement de l'ovaire. Chez les Aurantiées en g-énéral ces variations sont énormes à cause du volume du fruit : Citrus auranlîumQVL est un exemple : Citrus aurantium. Fleur. Fruit. Écorce 80 100 Péricycle, liber 30 80 Bois 10 85 Moelle 70 80 190 345 Dans les autres tribus la valeur de ces variations est beaucoup moins considérable, il y a croissance faible de l'écorce, variable du bois; les mutations qualitatives sont dues à la sclérification des fibres péricycliques et h quelques scléroses des rég-ions paren- chymateuses. La symétrie est axile, parfois perturbée par suite de l'inégal accroissement du bois secondaire {Paramignya 7i° 1418, tiaplo- phyllum rosmarinifnlium^ Citrus macroptera, etc.), ou de l'allon- gement transversal du parenchyme mQÔLn\\di\v& {Eriostemon novœ-caledoniœ , Ruta heterophylla, Ruta bracteosa; etc.). ^ — 346 — L'appareil de soutien est dû presque toujours à là rég-ion ligTieuse du cylindre central, parfois aidé par les faisceaux fibreux du péricycle, ou très rarement par les scléroses médul- laires et corticales. L'axe fructifère de Monniera trifoliata (1) présente un système mécanique dû en presque totalité à la lig-ni. fication des zones internes et de l'écorce. Caraotères généraux. — L'écorce renferme des cristaux pris- matiques isolés ou màclés et des g-landes sécrétrices d'oléo-résine très caractéristiques. L'endoderme est sans plissements, le péricycle hétérog-ène, fibreux et parenchymateux, le cylindre central constitué par un anneau continu. D'après l'organisation de leur pédicelle, les Rutacées sont bien reconnaissables des autres familles voisines par leurs poches sécrétrices. Par ce caractère il sera possible de les différencier des Méliacées, Simaroubées et Anacardiacées_, dont elles sont rapprochées, ainsi que des Zyg'ophyllées. Simaroubées. Pendant la floraison, les pédicelles de (Jjieorum tricoccum, présentent un épiderme couvert d'une cuticule moyennement épaissie, dont quelques cellules s'évag'inent en poils courts. L'écorce comprend environ dix assises dont les plus externes sont chlorophylliennes et formées de petits éléments, les plus internes à mailles plus larg-es moins charg-ées de pigment vert, à membranes plus épaisses. L'endoderme amylifère n'offre pas de plissements. Le péricycle comprend deux à trois assises d'élé- ments collenchymateux, sans méats. Le liber et le bois forment un anneau complet; entre eux existe déjà le cambium en voie de cloisonnement. Le bois renferme des files de trois à cinq petits vaisseaux reliés par du parenchyme ligneux mince. La zone périmédullaire et la moelle sont amylifères et cellulo- siques. A maturité du fruits la cellule épidermique a fortement épaissi son dôme externe, l'écorce s'est peu accrue dans le sens radial, mais elle a été tiraillée tangentiellement par le développement (1) Les faisceaux sont dissociés chez cette espèce, peut-être parce que la maturité du fruit n'était pas encore atteinte. — 347 — considérable de la région ligneuse, et ses éléments se sont aplatis sous l'effort de cette traction. L'endoderme n'est pas subérifié. Le péricycle est presque homogène : il présente cepen- dant de loin en loin quelques fibres peu sclérosées. Le carabium a donné une grande quantité de bois et peu de liber. Le tissu libérien s'est aplati contre le bois par suite de son développement exagéré, de sorte que son diamètre est moins considérable dans le pédicelle fructifère que dans le pédoncule floral. Le bois est composé de fibres à parois très épaissies et de quelques rares vaisseaux à section étroite. La zone périméduUaire demeure sans se sclérifier. Gneorum tn'coccum. Ailanthus glandulosa. Fleur Fruit. Fleur. Fruit. Écorce . 45 50 27 30 Péricycle, liber 18 16 12 15 Bois 8 .^0 10 25 Moelle 8 13 15 17 79 129 64 87 Nous retrouvons une structure analogue dans les autres genres que nous avons étudiés dans cette série : Quassia amara, Simaroiiba offichialis, Ailanthus glandulosa^ A. hiimi.lis, Brucea sitmatrana, Siiriana maritima, Soulamea cardioptera, S. Pan- chei'i, S. tomentosa. Ajoutons cependant que le péricycle devient très fibreux chez Ailanthus humilis et Suriana maritima, et que, chez Simarotiba officinalis, le liber secondaire comprend quel- ques fibres isolées. Chez Soulamea cardioptera et ^S". Pancheri, le parenchyme médullaire contient des canaux sécréteurs qui nous ont paru manquer dans tous les autres genres. Toutes les espèces que nous venons de mentionner renferment des cristaux mâclés d'oxalate de chaux, quelquefois associés à des formes prisma- tiques simples (1). Les variations de stucture des pédicelles, pendant la fructi- fication, sont peu intenses dans les types à petits fruits secs. Elles prennent une plus grande importance dans les fruits plus volumineux, et sont remarquables par le développement variable (1) M. Van Tieghem mentionne dans le pédicelle floral de Simaba trichi- lioides des faisceaux concentriques médullaires, (2,^ Mémoire sur les canaux sécréteurs des plantes.) - 348 - de tous les tissus, la sclérification du péricycle et la sclérose tardive du parenchyme médullaire La région lig-neuse, à peu près seule, continue à soutenir le fruit pendant son évolution. La symétrie est axillaire, parfois troublée pour les motifs exposés déjà bien souvent : développement unilatéral de l'écorce {Soulamea cardioptera), étirement du cylindre central {Soulamea Pancheri, Simarouba offîcmalis)^ et inégal développement de l'anneau ligneux {Bnicea sumatratia). Caractères généraux. — L'écorce est mâclifère, l'endoderme sans plissements, le péricycle hétérogène. L'anneau libéro- ligneux est continu. Rarement le pédicelle renferme des canaux sécréteurs. La famille des Simaroubées, voisine des Rutacées, sera toujours facile à différencier de celle-ci par l'absence des poches sécré- trices d'oléo-résine. Ochnacées. Lors de la floraison, le pédicelle de Gomphin nitida nous pré- sente une cuticule épaisse. L'écorce comprend six à sept assises parenchymateuses amylifères, riches en cristaux mâclés d'oxalate de chaux. L'endoderme n'est pas subérifié; le péricycle est collen- chymateux, assez épais, et formé d'éléments irréguliers. Les faisceaux sont séparés et délimitent une moelle de dimensions irrégulières; le liber est peu développé et le bois est réduit à quelques vaisseaux étroits, entourés de parenchyme ligneux cellulosique. La zone périmédullaire et la moelle, très mâclifères, ont des parois minces. Durant le stade fructifère, la cuticule s'épaissit fortement, l'écorce s'accroît sans modifier ses parois, l'endoderme reste cellu- losique. Le péricycle est devenu hétérogène. Sa partie externe, en face des faisceaux, est fibreuse et sclérifiée. Les faisceaux demeurent séparés : un cambium interfasciculaire a donné des éléments secondaires et surtout des fibres ligneuses. La zone périmédullaire et la moelle ne sont pas imprégnées de lignine. 349 — Gomphia nitida. Ochna ma\ uritanic Fleur. Fruit. Fleur. Fruit. Ecorce 60 70 35 50 Péricycle, liber, cambium. 15 20 15 24 Bois 9 35 20 40 10 23 25 Moelle 40 119 150 83 139 Une organisation analogue se remarque chez Ouratea Can- dollei^ Luxemhurgia oclmidra, L. speciosa et L. polyandra. Dans le genre Ochna (0. maiiritmiica, O. squarrosû),.\\ j a tendance à la formation d'un anneau libéro-ligneux contenu par suite de la réduction des rayons médullaires primaires sclérifiés de bonne heure. L'appareil de soutien est dû au développement du bois secon- daire et aux fibres du péricycle. (Voir la suite Tome LIV.) BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE OUVRAGES REÇUS PAR LA SOCIÉTÉ de janvier à décembre 1898. Prière de signaler à M. rArchiviste-Bibliothécaire les ouvrages qui auraient été expédiés à la Société et ne seraient pas inscrits dans ce Bulletin. § I. — Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Ministère de l'Instruction publique : Revue des travaux scientifiques, 1897, t. XVII, n°* 10 k 12; 1898, t. XVIII, n^^ 1 à 7. Journal des savants, 1897, novembre et décembre; 1898, janvier à octobre. Bibliothèque des hautes études. Annuaire des bibliothèques et des archives, 1898, treizième année. * Bibliographie des travaux historiques et archéologiques des Sociétés savantes de France: Carte géologique de Lesparre. Comité des travaux historiques et scientifiques, 1897; Liste des Membres pour 1898; Congrès des Société'^ savantes de Paris et des Départements tenu à la S or bonne en 1898. Ministère de la marine : Pêches maritimes, 1897, t. V, novembre et décembre; 1898, t. VI, janvier à octobre. Tome LUI. 24 - 352 - I 2. — Publications des Sociétés françaises correspondantes (1). France et Algérie. Amiens. Société Unnéenne du nord de la France. — Mémoires, t. IX, 1892-98. Angers. Société académique de Maine-et-Loire. — Mémoires. Angoulême. Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du département de la Charente, 1898. N'^^ de janvier à septembre. Arcaghon. Société scientifique. — Bulletin de la station zoolo- g-ique. Année 1896-97. AuTUN. Société d histoire naturelle. — 1897, 10e Bulletin. AuxERRE. Société des sciences historiques et naturelles du dépar- tement de l'Yonne. — Bulletin, 1897, t. LI, pr semestre. Bagnères-de-Bigorre. Société Ramond. — Bulletin, 2e série, 1897, 32e année, t. II; 1898, 33e année, l^r, 2^ et 3^ trimestres. Bar-le-Duc. Société des lettres, sciences et arts. — Mémoires, 3e série, 1897, t. VI. Beauvais. Bulletin de la Société d'horticulture, de botanique et d'apiculture. — 1898, février, mars, juin, juillet, août, novembre. Besançon Société d'émulation du département du Doubs. — Mémoires, 7« série, 1896, t. I. BÉziERS. Bulletin de la Société d'études des scieiices naturelles. — 1896, t. XIX. BoNE. Académie dBippone. — Comptes rendus des séances, années 1897, n^^ 1 à 4; 1898, n^^ 1 et 2. Bordeaux. Académie des sciences^ belles-lettres et arts. — Actes, 3e série, 1893, 55« année; 1894, 56e année. Bordeaux. Société des sciences physiques et naturelles. — Mémoires, 5e série, 1898, t. III, 1er cahier; jggg^ t. IV.- Observations pluviométriques, par M. Rayet. — Procès-verbaux des séances. Bordeaux. Catalogue du Musée botanique de Bordeaux. Bordeaux. Annales de la Société d' agriculture de la Gironde, 1897, 52e année, n°» 12 et 12 bis; 1898, 53e année, n°s 1 à 9. (1) Lorsque le nom de la publication est rappelé sans autre indication, c'est que la Société correspondante n'a rien envoyé dans la période du Bulletin. — 353 ~ Bordeaux. Société d'horticulture de la Qironde. — Nouvelles annales, 1897, t. XX, n°^ 80; 1898, t. XXI, n°^ 8) à 83. Bordeaux. Société de géographie commerciale. - Bulletin , 20e année, 1897, n°^ 14 à 24; 21e année, 1898, n"« 1 à 5, 8, 9. Bordeaux. Annuaire de t Association des Etudiants. Bordeaux. Revue philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest, l'-e année, 1898, n^ 4 Bordeaux. Annuaire 'de l'Université de Bordeaux, 1897-98. Brest. Société académique. — Bulletin, 1896-97, t. 22. Caen. Société linnéenne de Normandie. — Bulletin, 1897, 5^ série, fascicules 2 à 4. - Mémoires in-4^, 1897-98, t. XIX, fascicules 1 et 2. Caroassonne. Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude, 1898, t. IX. Chalons SUR -Marne. Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne. — Mémoires, années 1893 et 1897. Charleville. Bulletin de la Société d'histoire naturelle des Ar demies, 1897, t. IV. Cherbourg. Société des sciences naturelles. — Bulletin. Dax. Société de Borda. — Bulletin, 1897, 22® année, 4^ trimestre; 1898, 23e année, 1er, 2e et 3e trimestres. Dijon. Acadétnie des sciences, belles-lettres et arts. — Mémoires. La Rochelle. Académie. Section, des sciences naturelles. Le Havre. Bulletin de la Société géologique de Normandie. Le Mans. Société d' agriculture , sciences et arts de la Sarthe. — Bulletin, 3e série; 1897-98, t. XXXVl, 2e et 3^ fascicules. Le Puy. Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce. Lille. Mémoires de la Société des sciences, de f agriculture et des arts, 5e série, 1895, fascicules 1 à 4; 1896, fascicules 5 et 6. Lille. Société géologique du nord de la France. — Annales, 1897, t. XXVI. — Mémoires. Limoges. Revue scientifique du Limousin, 1897, 5^ année, n'^® 53 à 60; 1898, 6e année, n°» 61 à 72. Lyon. Société linnéenne. — Annales, nouvelle série, t. XLIV. Lyon. Société botanique. — Annales, 1897, t. XXII, lei-, 2^, 3e et 4e trimestres. Maçon. Bulletin de la Société cr histoire naturelle, 1893; 1895, n°2; 1898, n^^ 8 à 12. - 354 - Mantes. Bulletin mensuel de la Société agricole et horticole de (arrondissement de Mantes, 1898, t. XX, n° 219. Marseille. Annales du musée d'histoire naturelle, 2^ série, 1898 1. 1, fascicule le^ Marseille. Annales de V Institut colonial, 1895, t. II; 1896, t. III; 1897, t. IV. Marseille. 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Bulletin de la Société d' horticulture pratique, fleuriste et maraîchère du G-ard, l'e année, 1898, n° 1. Nîmes. Société d'étude des sciences naturelles. — Bulletin, 1897, 25e année, n'^ 4; 1898, 26e année, n°^ 1 et 2. Niort. Bulletin de la Société botanique des Deux-Sèvres. — Bulletin, 1897, n° 9. — Flore du Haut-Poitou, livraisons 4 et 5. Nogent-sur-Si ine. Bulletin de la Société d'apiculture de l'Aube, 1898, 35e année, n^^ 160 à 164. Orléans. Société d' agriculture , sciences, belles-lettres et arts, 1897, t. XXXVI, 1er et 2e trimestres. Paris. Académie des sciences. Institut de France. Paris. Société botanique de France. ~ Bulletin, 1897, t. XLIV, n°' 7 à 9; session extraordinaire à Barcelonnette, août 1897 (Ire partie); 1898, t. XLV, n°« 1 à 5. — 355 - Paris. Journal de la Société nationale cV horticulture de France, 3e série, 1897, t. XIX, n°'= Il et 12; 1898, t. XX, n-^^ 1 à 11. — Congrès, Mémoire préliminaire et Procès-verbal du Congrès de 1898. Paris. Société zoologique de France. —Bulletin, 1897, t. XXII, n°« 1 à 9. — Mémoires, 1897, t. X, n"^ 1 à 4. Paris. — Nouvelles archives du Muséum, 3« série, 1897, t. IX, 2'-' fascicule; 1898, t. X, V'' fascicule. Paris. Revue des sciences naturelles de l'Ouest, 1896, t. VI, n° 5; 1897, t. VU, no2. Paris. Société géologique de France, 1897, 3'^' série, t. XXV, n°^ 7 à 9. - Comptes rendus, 1897; 1898, t. XXVI, n°^ 1 à 4. Paris. Association française pour l'avancement des sciences, 1897, 2fie session (l''« et 2* parties). Saint-Ètienne. Paris. U Intermédiaire de l'Afas, 1898. t. III, n°« 21 à 30. Paris. Société de secours des amis des sciences. — Compte rendu du 38*= exercice, avril 1898. Paris. Feuille des jeunes naturalistes, 1897-98, 28^ année, n°^ 328 k 336; 1898-99. 29e année, n°« 337 et 338. — Catalog-ue de la bibliothèque, 1897-98, fascicule 23; 1898, fascicules 24, 25 et Catalog'ue spécial n° I. Paris. Société ph.ilomathique. — Bulletin, 8^ série, 1896-97, t. IX. Paris. 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LUI, n^ 212; 1898, t. LIV, n°« 213 à 216. Geolog-ical littérature, 1897, n^ 4. Londres. Hookers icônes plantarum, 4® série, 1898, t. VI, part. 3. Londres. Associatio7i géologique. — Proceedings of the Geolo- gist's association, 1897-98, t. XV, part. 5 à 10. Inde. Calcutta, Comité géologique de Vlnde. Memoirs of the geolo- gical Survey of India, in-8'\ 1895, t. XXV; 1S96, t. XXVI, 18P7, t. XXVII, part. 2; 1898, t. XXVIIl part. 2. Records, 1897, t. XXX, part. 4 Memoirs. — Palseontologica Indica, in-4°, série 15^, t I, part. 4; t. II, part. 1 ; série 16e, t. I, part. I à 3. Calcutta. General report on the Work Carried on by the geolo- gicai Survey of India for the period from ist Jannary, 1897, to the ist april 1898. Calcutta. Société asiatique du Bengale. ~~ Journal of the asiatic Society of Bengale, 1892, t. LXI, part. 2, no2; 1896, t. LXV, part. 2, Titre et Index; 1897, t. LXVI, part. 2, n'^« 2 à 4; 1898, t. LXVII, part. 2, n°^ 1 et 2; part. 3, n° 1. ~ 364 - Proceeding-s, 1891, n^ 1; 1892, n°M à 7; 1893, n^* 1 à 10 1897, n°« 5à 11; 1898, n»» 1 à 8. Annual adress. Italie. AciREALE. Actes et comptes rendus de rAcadémie des sciences. Bologne. Académie des sciences de V Institut. — Memorie délia R. Academia délie scienze dell' Instituto di Bolog-na, 5e série, 1895-96, t. V, fascicules 1 à 4; 1896-97, t. IV, fascicules 1 à 4. Rendiconto, nouvelle série, 1896-97, t. I, fascicules 1 à 4. Milan. Société cryptogamiqne italienne. — Atti délia Societa crittog-amologica italiana. Palerme. Bulletin del R. orto botanico di Palermo. PisE. Société des sciences naturelles de Toscane. — Atti délia Societa Toscana di scienze naturali : Mémoires, 1897, t. XV; Processi-verbali, 1898, t. XII, mars, mai et juin, Rome. Comité royal géologique de l'Italie. — Bolletino del Real Comitato g-eolog-ico d'italia, 1897, t. XXVIII, n^M à 4 ; 1898, t. XXIX, n°« 1 et 2. Rome. Académie royale des « Lincei ». — Atti délie reale Acade- mia dei Lincei : Rendiconti, in-4°, 5e série, 1897, t. VI, 1er semestre, n°» 1 à 12; 1897, ;t. VI, 2e semestre, n°^ 11 et 12 ; 1898, t. VII, le^ semestre, n°^ 1 à 12; 2e semestre, n°s 1 à 10. Rome. Société géologique italienne. — Bolletino délia Societa g-eolog-ica italiana, 1896, t. XV, n^s 4 et 5; 1897, t. XVI, n° 2. Rome. Institut botanique. — Annuario del Instituto botanico di Roma. Japon. Tokyo. — Impérial university of Japan Annotationes zoologicse japonenses, 1897, t. I, part. 4; 1898, t. II, part. 1 à 3. The Impérial university calendar, 1896-97. Luxembourg (Grand Duché de) Luxembourg. Recueil des mémoires et des travaux de la Société de botanique de Luxembourg , n*^ 13, 1890-96. - 365 — Mexique. Mexico. Anales del Museo nacional. Mexico. Ministère de nntérieur. Mexico. «Société Antonio Alzate». — Memorias y Revista de la Sociedad cientifica «Antonio Alzate », 1895-96, t. IX, n°s ] et 12 ; 1896-97. t. X, no« 5 à 12; 1897-98, t. XI, n»^ 1 à 8. Mexico. Boletin del Instituto g-eologico de Mexico, 1898, n° 10. Pays-Bas. Nijmegen. Société botanique des Pays-Bas. — Nederlandsch botanische vereenig-ing-, 1898, t. I, no 3. Nijmegen. Prodromus florse Batavse, 1898, t. Il, part. 2. Portugal. LiSBOA. Direcçao dos trabalhos geolog-icos de Portug-al. - - Faana ■ Silurica de Portugal. Novas observacoes acerca de lichas (uralichas). Ribeiroi por J. F. N. Delg-ado, 1897. Porto. Annaes de sciencias naturaes, 1897, 4e année, n*'4; 1898, 5e année, n'^^ 1 à 3. République Argentine. BuENOS-AiRES. Anales del Museo nacional, 1896, t. V. — Commu- nicaciones, 1898, t. I, n" 1. BuENOs-AiRES. Académie nationale des sciences. — Boletin de la Academia nacional de ciencias en Cordeba, 1897, t. XV, n° 4. Russie. Helsingfors. Meddelanden af Societas pro Fauna et Flora fen- nica, 1891, t. XXIII. Actas Societatis pro Fauna et Flora feunica, 1897-98, t. XIV. KiEw. Mémoires de la Société des naturalistes, 1898, t. XV, n^ 2. Moscou. Société impériale des naturalistes. —Nouveaux mémoires. Bulletin, 1896, n° 4; 1897, n°« 1 à 4. Odessa. Société d'histoire naturelle. — 366 - Saint-Pétersbourg. Académie impériale des sciences.— Mémoires, 8e série, 1897, t. V, n°« 3, 4, 8, 9, 10; 1898, t. VI, n» 2. Bulletiti, 5e série, 1897, t, VII, no« 1 k 5; 1898, t. VIII, n°« 1 à 5; t. IX, n° 1. Saint-Pétersbourg. Jardin impérial de botanique. — Acta horti Petrop'olitani, 1898, t. XIV, fascicule 2. Saint-Pétersbourg. Comité géologique. — Mémoires, 1896 t. XIV, 11° 5; 1896, t. XV, n° 4. Bulletin, 1896, t. XV, n^^ 6 à 9 et supplément; 1897, t. XVI, nO" 1 et 9 ; 1898, t. XVII, n^^ I à 3. Catalog-ue de la bibliothèque g-éolog-ique de Russie, 1896, supplément au t. XVI. Saint-Pétersbourg. Société entomologique de Russie. — Horse Societatis entomolog-icse Rossicse, 1861, fascicule 1; 1863, fascicule 2; 1896-97, XXXI, n^M à 4; 1898, t. XXXII, 1 et 2. Suède et Norwège. Christiania. Société de Christiania. Gothembourg. Société royale des sciences et lettres de Grottem- bourg. — Gôtteborg-s Kung"l. Vetenskaps-och Vitterhets- samhâlles, Handling-ar, 1898, 4" série, vol. 1. LuND. Université. — Actauniversitatis Lundensis, 1897, t. XXXIII. Stockholm. Académie royale des scie?ices. — Kong-lig-a-Swenska Velenskaps-Akademien Fôrhandling-ar, 1896-97, t. XXIX; 1897-98, t. XXX. Ofversingt af Kong-l. Vesteuskaps-akademien Fôrhandling'arj 1897, t. LIV. Bihang-, 1898, t. XXIII, n^^ 1 à 4. Stockholm. Eiitomologist lidskrift, 1897, t. XVIII, fascicules I à 4. Stockholm. Bureau géologique de Suède. — Sveriges g"eolog"iska undersôkning-. Série C, n^^ 161, 163 à Î71, 173 à 175. Stockholm. Société géologique. — Geologiska Fôrening-ens Fôrhandling-ar, 1897, t. XIX, n° 182; 1898, t. XX, n^^ 183 à 188. îJpsALA. Bulletin the- geolog-ical institutes, 1897, t, III, part. 2, n» 6. Zoolog-iska studier festkrift. Bidrag- till en Lefnadsteckning" ofver cari von Linné. Upsala. Universitat arstkrift. 367 Suisse. Genève, hislitut national Genevois. — Mémoires. Bulletin. Genève. Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques de Genève, 1797, Ire année. Genève. Société botanique de Qenève. — Bulletin. Genève. Société de physique et d'histoire naturelle. — Archives. Mémoires. Fribourg. Société d'histoire naturelle. — Berichte der Naturfors- chenden der Gesellschaft. Lausanne. Société vaudoise des scie?ices naturelles. — Bulletin, 4« série, 1897, t. XXXIII, n» 126; 1898, t. XXXIV, n«« 127 à 129. Zurich. Société des sciences naturelles. — Vierteljahrschrift der Naturforschenden Gesellschaft in Zurich, 1897, 42e année, fascicules 3 et 4; 1898, 43" année, fascicules 1 à 3. Uruguay. Montevideo. Anales del museo nacional, 1898, t. II, fascicule 8; t. III, fascicule 9. MoNTEVJDEO. Anuario hidrografico del Rio de La Plata para el ano 1891. Venezuela. Caracas. La Industria ag-ricola, 1898, no« 1 à 3. C ARACAS. Une empresa util para los agricultores y criadores. I 4. — Ouvrages divers. Bernou (J.j. — Les petits grands hommes de l'Agenais (Agen, 1897). Bernou (J.). — Souvenir des Pyrénées (Agen, 1895). Bernou (J.). — La chasse aux socières dans le Labourd, 1609 (Agen, 1897). Dagrant (G. -P.). — Rapport au Comité consultatif des Beaux- Arts sur les industries d'art, de M. Marins Vachon. Daleau (François). — Les gravures sur rocher dans la caverne de Pair non-Pair. - 368 — Fabre (L.-A.)- — Le plateau de Lannemezan et les inondations sous-pyrénéennes, 1898. (Extrait du Bulletin de la Société Ramond, année 1898.) Fabre (L.-A.). — Les landes de Lannemezan, leur orig-ine, leur évolution, leur avenir. 1898. Fabre (L.-A..). — Sur le déplacement, vers l'est, des cours d'eau qui rayonnent du plateau de Lannemezan. Gasilien (Frère). — Lichens rares ou nouveaux de la Flore d'Auverg"ne. Gasilien (Frère). — Lichens des environs de Saint-Ômer. JouAN (Henri). — Les Lég-endes polynésiennes et l'histoire naturelle. (Extrait du Bulletin de la Société linnéenne de Normandie, du 1er vol., 2^ fascicule.) Jullien-Crosnier (AL). — Supplément au catalogue des plantes vasculaires du département du Loiret. Le Jolis (Aug*.). — Protestation contre le Revisio generum plan- tarum III ". Docteur L'Herminier (Fernand). — Études pléthysmog-raphiques en psycho-physiolog-ie. Pérez (J.). — Espèces nouvelles de Mellifères de Barbarie (Diagnoses préliminaires), 1895. Vallot (M. J.). — Sur les plis parallèles qui forment le massif du Mont-Blanc. TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS LE LIIP VOLUME Gh.iFERTON. ANTHROPOLOGIE Sur l'histoire de Bonifaçio à l'époque néo- lithique 129-150 BIOLOGIE Sabbazès et Brengues, Trichophytie profonde de la barbe (étude historique, clinique et anatomo-patho- logique) 211-220 BOTANIQUE William Nylander D^-M. Les Lichens des îles Azores 1-9 F. Renaud Contributions à la Flore Bryologique de Madagascar 17-24 Frère Gasilien. . . Contribution à la Flore des Lichens du plateau central 35-102 J. PiTARD Variations anatomiques des axes floraux groupés en ombelles , 119-124- — Du triple polymorphisme des axes floraux 125-128 — De l'évolution des parenchymes corticaux pri- maires et des péricycles hétéromères 221-228 — Recherches sur l'anatomie comparée des pédi- celles floraux et fructifères 229-349' GÉOLOGIE J. T. BiLLiOT Coupes géologiques du Sud-Ouest 25-34 Arnaud Observations sur le Cidaris pseudopistillum Cott. 103-1 10 — Brissopneustes aturensis 111-118 Degrange-Touzin. Les Dreisse7isidas fossiles du Sud-Ouest de la France 179-189 — Sur divers affleurements de faluns situés dans la vallée du Peugne et aux Eyquems 190-200 Marcel Neuville. Contribution à l'étude géologique des communes de Mério-nac et de Pessac 201-210 ZOOLOGIE Pages J. KuNSTLER Observations sur les Variations spécifiques consécutives à des changements de mode d'existence 10-16 ADMINISTRATION Liste des Membres de la Société i à xii Bulletin bibliographique des ouvrages reçusdul*'"janv. au 31 déc. 1898 351-868 EXTRAITS COMPTES RENDUS Séances de la Société Linnéenne de Bordeaux Séance du 5 janvier 1898. Présidence de M. df. Nabias , Président. ADMINISTRATION En prenantpossession du fauteuil delaprésidence,M. de Nabias remercie ses collèg'ues de l'honneur qu'ils lui ont fait en l'appe- lant à la présidence de la Société linnéenne. Il rend horamag-e à ses prédécesseurs immédiats, de Loynes, Rodier, Motelay, et rappelle parmi ceux qui ne sont plus, les noms des anciens présidents dont la Société Linnéenne s'honore ajuste titre: Dçsmoulins, Balg-uerie, Brochon... etc. Il ne peut être que fier d'hériter d'une telle succession. S'inspi- rant de l'exemple qui lui a été donné, il respectera fidèlement les traditions qui existent dans la Société comme dans une véri- table famille et il fera tous ses efforts pour accroître, si c'est possible, le beau renom que la Société linnéenne a acquis après 79 ans d'existence. - - Il sig-nale la formation récente d'un groupe de biologistes qui apportent à la Société des travaux intéressants sur la bactério- logie et la physiologie. M. de Nabias assure ses coUèg'ues de son entier dévouement. Procès- Verbaux 1898. — T LUI. 1 MOUVEMENT DU PERSONNEL Après avis favorable du Conseil sont admis comme membres titulaires de la Société : M. G. Lasserre, chef des travaux d'histoire naturelle à la Faculté de médecine, présenté par MM. de Nabias et Sabrazès ; M. L. Beille, professeur agrégé d'histoire naturelle à la Faculté de médecine, présenté par MM. Motelay et de Nabias. COMMUNICATIONS M. Brascassat donne lecture du compte rendu général de l'excursion faite le 25 juillet 1897 à La Trave et Villandraut, dans lequel sont compris le compte rendu botanique fait par M. Bardié et le compte rendu entomolog-ique fait par M. Brown. Compte rendu général Par Marcel Brascassat. Notre Société a fait sa quatrième excursion de l'année à La Trave (commune d'Uzeste) et à Villandraut, le 25 juillet 1897. Sont présents au départ : MM. A. Durègne, commissaire de l'excursion; R. Brown, L. Petit, A. Bardié, M. Brascassat. Partis de Bordeaux par l'express de 8 heures du matin, nous arrivons à Langon pour reprendre le train se dirigeant sur le Nizan. Le temps est couvert, les nuages s'amoncellent et rien ne fait prévoir une belle journée; en effet, à notre arrivée au Nizan, nous sommes assaillis par une averse qui nous fait concevoir des craintes sérieuses. Mais en débarquant à Uzeste, le ciel semble vouloir nous être propice, car les nuages se dissipent. Il est 9 heures 30, nous prenons la diligence de Préchac qui doit nous conduire à La Trave, point initial de notre excursion. Nous y arrivons peu de temps après, et l'orage s'étant dissipé, le soleil veut, lui aussi, être de la partie. Du pont de La Trave, aux hautes piles métalliques, nous jouissons alors d'un coup d'oeil superbe : à gauche le moulin de La Trave et la cataracte de poteaux de mines qui se précipite à plus de 10 mètres dans le ravin, à droite les belles ruines du m château de La Trave. Après les avoir observées, nous rentrons pour nous dirig-er vers les ruines du château de la Fue que nous visitons avec beaucoup d'intérêt. Ces dernières plus importantes que celles de La Trave sonr, ég-alement situées sur le bord du Ciron et en amont de La Travette. Elles prouvent que cette petite rivière était, pendant la guerre de Cent Ans, une importante frontière politique. Dès lors, nous commençons à nous apercevoir que cette excursion sera une excursion de touriste et d'archéologue en même temps qu'une excursion d'histoire naturelle. Après avoir admiré cette partie du Ciron qui est encombrée d'arbres tombés, déroches éboulées, et après avoir longé la crête de l'escarpement pour apercevoir le cours des eaux bouillonnant sous la verdure, nous revenons à La Trave par le même chemin, nous y déjeunons de fort bon appétit, assis sur le g'azon, au bord de notre belle rivière, non loin d'une source. Il est 1 heure et M. Durègne ayant tout prévu, voit arriver le bateau qu'il a affrété pour notre voyage à Villandraut. Suivant l'habitude du pays, on fait en g-énéral la descente des rapides en radeau, nous avons préféré recourir à un bateau qui offre de plus g-randes commodités. Nous embarquons, le bateau se laisse g^lisser au fil d'un courant impétueux. Nous admirons tour à tour ces belles g'orges du Ciron que l'on nous a tant vantées. Quelqu'un a dit : « Ce qu'on ig-nore le plus, » c'est le plus souvent ce qu'il est le plus facile de connaître. » Cela est vrai ; nos belles Pyrénées n'offrent pas des sites si pitto- resques, si rêvés. Que de sinueux contours tapissés de verdure, que de rochers g-ig-antesques minés par cette petite rivière qui joue un rôle si modeste dans la carte de France. Car le Ciron est arrivé au cours des siècles à accomplir une œuvre colossale : il a creusé dans la roche une étroite et profonde entaille de plus de 15 kilomètres, d'autant plus extraordinaire que rien ne l'annonce au touriste qui s'en approche. Il y a plus d'une heure que nous naviguons en contemplant toutes ces merveilles de la nature et nous n'avons pas oublié que notre collègue, M. le docteur Ballion, de Villandraut, nous attend pour nous offrir l'hospitalité en son château d'IUon. Nous ne tardons pas à apercevoir sur la rive nord, dans les ti arbres, à une grande hauteur, les murs du château qui nous apparaissent comme les prolongements des rochers tapisst'^s de mousses, de fougères et de plantes gracieuses qui limitent le lit du Ciron. Le batelier fait escale, et deux domestiques envoyés par M. Ballion, qui nous attend au sommet de la côte, viennent prendre nos bagages pour nous conduire au château. La réception est des plus cordiales. Deux camarades de classe, MM. Ballion et Brown, qui n'ont pas eu le plaisir de se voir depuis longtemps, échangent leurs compliments et se rappellent des souvenirs d'enfance. M. Brown nous présente à M. Ballion. Notre hôte est désolé que^ nous ne puissions accepter le déjeûner qu'il a préparé à notre intention. Nous visitons le château dont nous donnons un historique succinct que notre collègue a eu l'amabilité de nous envoyer par correspondance : « En 1769, et le 21 septembre, Jean-Baptiste de Lalanne, président à mortier honoraire du Parlement de Bordeaux, vendit la terre d'IUon à messire Antoine de Groc, écuyerdu roi et garde des sceaux de la chancellerie près la Cour des Aides de Guienne. » Antoine de Groc laissa pour héritière sa fille unique Retti de Groc, qui épousa Auguste de Groc son cousin germain. .)) De ce mariage naquirent deux enfants : Jean-Pierre-Edouard de Groc et Catherine-Laure de Groc, épouse Cousicot. Cette der- nière vendit Illon à F. Marsan, propriétaire à Savignac, le 10 février 1853. » Dix ans après, en 1863, Jean Dupuy, conseiller général de la Gironde, grand'père paternel de M. Etienne Dupuy, gendre de M. le docteur Ballion, acheta la propriété d'illon, dont il avait acquis antérieurement 23 hectares ce qui porte à 179 hectares la contenance actuelle de ce domaine. » J'ai voulu compléter ces renseignements en m'adressant à mon ami et camarade de classe l'abbé Brun, curé d'Uzeste, membre de la Société archéologique de la Gironde. Ce dernier est l'auteur d'une brochure intitulée : Uzesie et Clément V, qu'il a bien voulu m'oifrir et où j'ai pu puiser les renseignements suivants : « Là famille de La Lanne habitait le château d'illon, bâti très probablement au XVle siècle par Sarrau de Lalanne^ à l'époque V où celui-ci acquit la seig-neurie d'Uzeste et Villandraut. Thomns de Montferrand était en effet seigneur d'Uzeste, Landiras, Portets et Arbanats, le 28 avril 1518. » A l'extinction des de Lalanne, le château d'Illon et la sei- gneurie d'Uzeste furent acquis par les de Groc dont l'un Antoine de Groc fut g-arde des sceaux près la Cour des Aides de Guienne. Il se qualifiait de chevalier, seigneur haut justicier du marqui- sat d'Uzeste. Les descendants de cette noble famille habitent encore Uzeste et la région bazadaise. » Vers le milieu de ce siècle, Ulon après avoir appartenu quelque temps aux Marsans, passa aux Dupuy, de Préchac. » On peut donc conclure que l'orig-ine de ce château date du commencement du XVP siècle. Ensuite, nous visitons ses vastes dépendances, et après avoir fait une promenade en bateau sur la rivière, nous regagnons le château où des rafraîchissements sont offerts. M. Baliion tient à nous faire déguster les excellents vins blancs de sa propriété d'Illats_, ainsi que le cidre mousseux d'Uzeste fait au château d'Illon. Nous buvons ensemble à la prospérité de la Société linnéenne, puis nous reprenons le chemin du Ciron. Avant de nous séparer, M. Durègne fait une photographie instantanée du groupe excursionniste auquel s'est joint M. Baliion, et après avoir vivement remercié notre hôte de sa charmante réception, nous remontons en bateau. Jusqu'à Villandraut, le paysage est merveilleux. Il faut dire qu'entre Illon et Villandraut le Ciron est moins encaissé, le courant devient moins impétueux, mais partout un spectacle charmant où la nature a réuni tout ce que l'œil de l'homme peut trouver d'admirable. Il est 6 heures, nous abordons au port de Villandraut et comme il nous reste encore une demi-heure à employer, nous allons visiter les inn portantes ruines du château, où, du haut de ses tours, nous contemplons le panorama superbe de cette belle contrée. Enfin un dîner confortable, préparé sur les ordres de l'infati- gable M. Durègne, auquel nous devons nos plus sincères remer- ciements, a clôturé cette journée d'excursion qui pourra être classée^ comme une des plus belles, dans les annales de la Société linnéenne. VI Compte rendu botanique Par M. A. Bardié. Helianthemum vulgare Gsertn,, var. heterophyllum (Rouy et Foucaud) à La Trave, commune d'Uzeste. Pimpinella magna L, La Trave. Stachys recta L, La Trave. Origanum vulgare L, La Trave. Betonica officinalis L, La Trave. Nepeta cataria L, aux bords du Ciron. Calamintha officinalis Jordan, aux bords du Ciron. Salix cinerea L, aux bords du Ciron. Salix purpurea L, aux bords du Ciron. Brachypodium sylvoticum ^= triticum gracile DC, aux bords du Ciron. Eupatorium cannabinum L, aux bords du Ciron. Valeriana officinalis L (en fruits), aux bords du Ciron. Catnpanula glomerata L, aux bords du Ciron. Campanida trachelium L, aux bords du Ciron. Stachys alpina L, château d'Illon à Uzeste. Ajuga chamsepytis Schn., champs du château d'Illon. Lychnis diurna Sibth., château d'Illon. Coniuin maciilatum h, bois du château d'Illon. Adiantnm capillus veneris L, murs du château d'Illon. Lobaria pulmonaria DC, sur un chêne du château d'Illon. Scirpus lacustris L, lac du château d'Illon. Sparganiwn neglectmn Beeby, lac du château d'Illon. Nymphœa alba L, lac du château d'Illon. Scutellaria galericulata L, bords du lac du château d'Illon. OEnotliera biennis L, gare du Nizan. Compte rendu entomologique Note de M. R. Brown. En outre des vulg-arités citées plus loin, M. Brown a pris : Ebulea crocealis, chenille trouvée sur un Inula indéterminé, domaine d'Illon. Le papillon est né le 6 août. VII Acrobasis porphyreUa, ane chenille encore bien petite recueil- lie sur Erica scoparin, aux environs de La Trave. Donnera pro- bablement son papillon en mai ou juin prochain. Plus quelques chenilles encore bien petites recueillies sur le chêne à La Trave et pour lesquelles il fera, s'il y a lieu, une communication ultérieurement. Note de M. Brascassat. LÉPIDOPTÈRES Papilio Podalirius, domaine d'Illon. Pieris rapae^ domaine d'Illon. P. Dablidiec, domaine d'Illon. Leucophasia sinapis, domaine d'Illon. Collas Edusa, domaine d'Illon. Rhodocera Rhnmni, La Trave. Thecla ilicis, La Trave. Folyommatus Dorilis, domaine d'Illon. LyccBiia Alexis, domaine d'Illon. L. Tiresias, domaine d'Illon. Limenitis Camilla, La Trave. Vanessa C. album, domaine d'Illon. Vanessa atalanta, domaine d'Illon. Vanessa Cardid, domaine d'Illon. Ai'gynnis Paphia, domaine d'Illon. Arge Galathea, domaine d'Illon. Fararga Megœra, domaine d'Illon. P. var. Meone, domaine d'Illon. Epinephele Tithonus, La Trave. Cœnonympha arcanius, domaine d'Illon. 6'. /'«myo/«//î<5, domaine d'Illon. Hesperia Silvanus, domaine d'Illon. Macroglossa Stellatarum, domaine d'Illon. bio globularise, domaine d'Illon. IJparis dispar, La Trave. Carpocapsa pomonella, domaine d'Illon. Pampelia Semirubella var. Sanguinella, domaine d'Illon. VII I NÉVROPTÈRRR Aiiax formostis, domaine d'Illon et bords du Ciron. (Jo.lopierix virgo, domaine d'Illon et bords du Ciron. Platycnemis peiinipes^ domaine d'Illon et bords du Ciron. Séance du 19 janvier 1898. Présidence de M. de Nabias, président. M. DuRÈGNE, vice-président, félicite, au nom de la Société linnéenne, M. de Nabias de sa nomination de doyen de la Faculté de médecine. M. DE Nabias remercie la Société. MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur avis favorable du Conseil, sont admis en qualité de membres titulaires : M. Pitard, chef des travaux de botanique à la Faculté des sciences, présenté par MM. Kunstler et Motelay; M. Georges Engerrand, paléontologiste, présenté par MM. Pérez, Motelay et Breignet. Est élu membre correspondant : M. Dubalen, directeur du Muséum de Mont-de-Marsan. La démission de M. Bouron est acceptée. ADMINISTRATION Sur la proposition de M. de Loynes appuyée par MM. Bardié et DuRÈGNE, la Société décide qu'elle fera sa première excursion le dimanche 6 février, à La Teste. Sur le rapport de M. Paohon et après discussion, la Société décide l'impression dans les Actes d'un travail de M. Rivière sur les Variations électriques et travail mécanique du muscle , mais réserve la question des planches. (V. t. LU.) COMMUNICATIONS M. Pérez craint d'avoir été mal compris au sujet des remarques qu'il a faites, dans une séance précédente, sur le IX Catalog-ue de MM. Bial de Bellerade, Blondel de Joig-ny et Coutures. En émettant des doutes sur l'authenticité de la capture de certaines espèces pyrénéennes ou autres dans la rég-ion, il n'avait nullement en vue la simple considération d'un habitat plus ou moins lointain déjà connu de ces espèces, mais surtout les conditions particulières de cet habitat. M. Pérez a lui-même sig-nalé, dans son Catalogue des Mellifères du Sud- Ouest, plusieurs espèces habitant la Sicile, l'Espagne, l'Alg-érie. Il aurait pu ajouter que nombre dlnsectes de divers ordres, connus comme habitant le Turkestan, se retrouvent dans le Sud-Alg'érien. Beaucoup de Mellifères, fort répandus dans nos contrées, se rencontrent jusqu'en Chine. L'éloig-nement d'un habitat connu d'une espèce ne pourrait donc autorisera infirmer, a priori, que cette espèce ne put exister dans nos environs, et ce n''est pas ce que M. Pérez a voulu dire. Mais il répug-ne à croire, sans preuves indiscutables, qu'un Carabe alpin, vivant blotti sous les débris schisteux du Pic du Midi^ des bords du lac Bleu, du plateau d'Anouillas, puisse être un habitant des plaines girondines; qu'un hôte des plages méditerranéennes, s'accommode aussi du terrain limoneux des allées de Boutant. Si tant d'espèces turcomanessont en même temps sahariennes, c'est que tous les habitats où on les a signalées présentent des conditions biologiques semblables, conséquences du climat désertique. De l'Europe occidentale à la Chine, la même latitude peut réaliser les mêmes conditions de climat, et c'est pour cela que des contrées si distantes nourrissent un certain nombre d'espèces communes. M. Brasoassat partage l'opinion de M. Pérez et estime que les échantillons des espèces nouvelles ou même nouvelles pour la région devraient, dans la mesure du possible, être communiqués en séance générale. M. DE LoYNES tient à constater que les botanistes et les lépi- doptéristes se sont toujours imposé cette règle. M. PÉREZ annonce qu'il prépare un travail sur le Mélanisme chez les lépidoptères. Il fait appel à ses collègues et les prie de lui communiquer les renseignements qu'ils posséderaient sur ce sujet en lui indiqua'nt les lieux oii les insectes ont été capturés. X Il cite plusieurs cas dans lesquels il a constaté que les couleurs des papillons avaient noirci. Il a remarqué que ce phénomène devait être généralement attribué à l'existence de ces papillons dans des lieux humides. Séance du 2 février 1898. Présidence de M. dk Nabias, président. MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur rapport de M. Motel.\y, est élu membre correspondant de la Société : Le Frère Gasilien, s'occupant de lichénographie. ADMINISTRATION Sur rapport fait par M. de Loynes, au nom de la Commission des publications et après discussion, la question de la publication des planches qui accompagnent le travail de M. Rivière est renvoyée à une prochaine séance. Sur rapport fait par M. de Loynes, au nom de la Commission des publications, la Société décide que le tome LI sera porté à 27 feuilles pour achever l'impression de Vltidex fn^iologicus de M. le général Paris. Séance du 16 février 1898, Présidence de M. de Nabias, président. ADMINISTRATION Au nom de la Commission des archives, M. Gouin donne lec- ture du rapport suivant : Votre Commission des archives s'est réunie le mercredi 12 jan- vier à l'effet de procéder à Texamen annuel de la bibliothèque et des archives de la Société. XI Une fois de plus elle a constaté avec plaisir l'ordre parfait qui règne dans les rayons de la bibliothèque, et le nouvel arrang-e- ment méthodique et alphabétique employé par l'archiviste. Mais en parcourant le cahier des sorties, elle a constaté avec peine que, malgré les demandes réitérées de l'archiviste, très peu d'ouvrages ont été remis en temps voulu. A ce sujet, elle croit devoir rappeler l'article 9 du règlement administratif ainsi conçu : « Tous les ouvrages prêtés devront être rétablis à la première » demande de l'archiviste ; ils devront tous être rentrés au » 15 décembre de chaque année et aucun livre ne pourra plus » sortir jusqu'après le rapport de la commission des archives. » En conséquence, il prie MM. les membres de la Société qui sont encore en possession de quelques ouvrages, de les faire parvenir sans retard pour la régularité des écritures. Lesdits ouvrages pourront être repris par eux en temps voulu. La Commission a ensuite examiné plusieurs demandes d'échan- ges. 1° Les Annales du Musée national de Buenos-Ayres. — Cette publication paraît empreinte d'un caractère vraiment scienti- fique ; elle contient de nombreux travaux surtout en géologie, en botanique et eu entomologie. La Commission vous propose l'échange de cette publication avec nos Actes. 2° Le Journal trimestriel de Zoologie, Botanique, etc., de Buda-Pesth. — Pour ce journal, Messieurs, dont les planches sont magnifiques, la Commission est hésitante, car l'échange avec nos Actes pourrait seul compenser la valeur du volume. Le texte du fascicule que la Commission a eu sous les yeux est écrit en langue hongroise; il est donc bien difficile pour elle de se rendre compte des travaux qu'il renferme, et il serait prudent d'attendre l'envoi de plusieurs autres bulletins pour se prononcer. D'un autre côté n'est-il pas superflu de mettre en rayon des ouvrages que personne ne consultera ? La Commission, quoique étant peu favorable à l'échange^ laisse le soin à l'assemblée d'apprécier si elle doit ou non l'accepter avec nos Actes. 3° Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Mâcon. — Ce bulletin paraît assez intéressant, mais peu important. La Com- mission est d'avis d'en voter l'échange avec nos Procès-ver- baux. XII 4" Revue italienne de paUontolorjie publiée à Bolog"ne. — Notre bibliothèque, Messieurs, est très pauvre en ouvrag-es depaléoii- tolog-ie et cette revue paraît contenir des travaux sérieux. La Commission serait d'avis de demander, quelques années précé- dentes afin de pouvoir jug-er si elle doit vous proposer l'échang-e avec nos Actes ou avec nos Procès-verbaux. ''- 5° Pour le Bulletin du Jardin botanique de Païenne, la Commis- sion estime qu'il n'y a aucune utilité à ce que la Société reçoive ce bulletin. C'est une simple nomenclature des plantes cultivées au jardin botanique de Palerme, accompagnée de quelques descriptions. La Commission vous propose de rejeter cette demande. Enfin, Messieurs, notre archiviste a reçu le 25 septembre der- nier, de la direction du Conservatoire et du Jardin botanique de Genève, une lettre lui annonçant la création d'un organe officiel qui, sous le titre d'annuaire, réunira les travaux des deux Sociétés. D'après la table des matières du l*"" fascicule, cette publication paraît devoir être dans l'avenir très intéressante pour MM. les botanistes, et la Commission vous propose de voter réchange avec nos Procès-verbaux. Messieurs, je terminerai ce rapport en me faisant l'interprète, non seulement de la Commission des archives, mais aussi celui des entomologistes de la Société. Notre bibliothèque, très riche en volumes de toutes sortes sur la botanique, l'horticulture, la géologie, la zoologie, etc., ne possède que peu, ou pour mieux dire ne possède qu'un seul ouvrage écrit en français, s'occupant exclusivement d'entomologie. Il a pour titre : Annales de la Société entomologique de Belgique. La Société entomologique de France, comme sa sœur de Belgique, ne s'occupe elle aussi que d'entomologie. Plusieurs démarches ont été tentées auprès d'elle, notamment par notre archiviste actuel, pour qu'elle accepte l'échange avec nos Actes. Ces démarches ont été inutiles et n'ont abouti à aucun résultat, la Société entomologique ayant pour principe absolu de n'échanger ses Annales qu'avec des Sociétés similaires. Nous exprimons donc le désir^ désir bien légitime, que la Société linnéenne se fasse recevoir membre de la Société entomo- logique de France, et nous ne doutons pas, Messieurs, ~que vous ne votiez à l'unanimité cette proposition qui, tout en donnant xm pleine satisfaction anx entomoloo-istes de la Société, enrichira la bibliothèque d'un ouvrag-e d'une hnute valeur scientifique. Je dois ajouter, Messieurs, que la Société linnéenne ne sera pas la seule, car déjà la Société entomolog-iqi^e possède dans son sein plusieurs Sociétés savantes de province, et un g-rand nombre de bibliothèques d'établissements scientifiques. En terminant ce rapport, qui vous démontre, Messieurs, les progrès croissants de notre bibliothèque, la Commission vous propose de voter les remerciements les plus chaleureux à notre archiviste, M. Breig-net, pour le zèle et le dévouement sans bornes avec lesquels il s'occupe de la tâche vraiment absorbante dont il a bien voulu se charg-er. Conformément aux conclusions de la Commission, la Société vote l'échang'e de ses Actes avec P Les Annales du Musée 7iationai de Buenos- Ayres; 2" les Annales de zoologie, de bota- nique et de géologie de Buda-Vesth. Elle vote l'échang-e avec ses Procès- verbaux du Journal de la Société d'Histoire naturelle de Mâcon. Elle vote enfin un abonnement au Bulletin de la Société ento- mologique de France. A l'unanimité, elle vote des remerciements à M. Breig-net, archiviste, pour le zèle qu'il a déployé dans l'accomplissement de ses fonctions. Au nom de la Commission des finances, M. Bardié présente le rapport suivant : Messieurs, Nous venons, au nom de votre Commission des finances, vous présenter le compte rendu financier de l'exercice 1897. Le 31 décembre 1896, nous avions en caisse, tant entre les mains de notre Trésorier que comme solde de notre compte cou- rant à la Société Bordelaise, une somme totale de F. 2.016 19 Pans le courant de l'année nous avons encaissé... . 3.824 68 Nos recettes totales se sont donc élevées à 5.840 87 Nos dépenses soldées ont atteint le chiffre de 2.908 25 11 reste donc en caisse une somme de 2.9.32 62 représentée par 2.579 fr. 97 entre les mains de notre Trésorier et XIV 352 fr. 65 formant le solde de notre compte courant à la Société Bordelaise. D'après les prévisions du budget de 1897 les recettes devaient s'élever à la sommQ de 3 . 829 72 elles ont atteint le chiffre de 3.824 68 Soit une différence insig-nifiante de. F. 5 04 Nous aurions donc tout lieu de nous féliciter de cette concor- dance de nos prévisions avec la réalité, si les recettes s'appli- quaient exactement aux divers chapitres de notre budg-et. Malheureusement il n'en a pas été ainsi. Les cotisations (ch. 1) que nous avions fait figurer au budget pour 1.842 francs ne nous ont donné que 1 650 francs, soit une différence en moins de 192 francs. Les réceptions (ch. 2), qui y figuraient également pour 100 francs n'ont produit que 55francSj soit une différence en moins de 45 francs. Les cotisations à recouvrer (ch. 3), sur lesquelles nous espérions recevoir 387 francs, ne nous ont donné que 135 francs, soit 252 francs en moins, chiffre qui va être natu- rellement grossi de l'arriéré de 1897. Les rentes et coupons auxquels on avait cru devoir ajouter le solde du compte cou- rant à la Société Bordelaise au 31 décembre 1896 (232 fr. 82) y figuraient pour 350 fr. 72 ; ils n'ont produit et ne pouvaient produire que 119 fr. 83. Par contre, la vente des publications qui n'avait été inscrite en prévision que pour 150 francs a fourni une somme de 564 fr. 85, soit un excédent de 414 fr. 85 et les subven- tions qui avaient été inscrites au projet de budget pour 1.000 fr. ont donné 1.300 francs parce qu'aux subventions du Conseil général de la Gironde (500 francs) et de la ville de Bordeaux (500 francs) est venue s'ajouter une allocation de 300 francs donnée par l'Association française pour l'avancement des sciences dans le but d'aider à la publication de V Index Bryologicus du général Paris. Les dépenses prévues au projet de budget pour une somme de 5.613 fr 09, y compris un fonds de réserve de 800 francs qui figure seulement sur le papier et n'a jamais été réellement cons- titué, ont atteint la somme totale de 2.908 fr. 25. Les chapitres 1 et 2 qui comprennent des dépenses difficiles à distinguer figuraient au budget pour frais généraux 250 francs, frais de bureau et bibliothèque 370 francs, au total 520 francs, se sont élevées à frais généraux 325 fr. 70, frais de bureau et biblio- XV thèque 251 fr. 52. au total 577 fr. 25. soit un excédent sensible de 57 fr. 25. Les souscriptions et fêtes ont atteint la somme prévue de 100 francs. Enfin les publications pour lesquelles vous aviez ouvert un crédit de 4.000 francs n'ont donné lieu qu'à un paie- ment de 2.231 francs^ soit en moins 1.769 francs. En résumé, si nous ajoutons aux recettes de 1897 le solde en caisse au 31 décembre 1896 et si nous faisons la comparaison des dépenses soldées, la situation se résume par le tableau que nous vous avons présenté au début de ce rapport et par un solde actif de 2.932 fr. 62. Cette somme, vous le savez, est loin d'être disponible ; car au 31 décembre 1897, il était dû une somme assez élevée à notre imprimeur et nous n'avions pas encore soldé les prix de certai- nes planches accompagnant un travail imprimé dans le tome LI de nos Actes. Nous vous rappellerons enfin que la Société Bordelaise a reçu en dépôt 6 oblig-ations de la Compag-nie d'Orléans d'une valeur actuelle de 2.900 francs, 28 fr. de rente 3 0/0 et 21 francs de rente 3 1/2 0/0 qui appartiennent à notre Société. Nous vous proposons d'adopter le projet de budg-et suivant pour l'année 1898 : Budget de 1898 '5. ce RECETTES ta -s DÉPENSES 1 2 3 '4 5 6 Cotisations F. 1.820 » Réceptions 100 » 1 2 3 4 4 bis 4 ter 5 6 Frais généraux. .F. 250 » Bureau, bibliothèque 350 » Souscriptions, fêtes. 130 » Publications 2.200 » Planches 1.000 » Comptes dus à Durand. 2.100 50 Fonds de réserve . . 103 » Imprévu 139 12 Cotisations àrecouvr. 100 » Vente de publications .... 200 » Rentes et coupons . . 120 » Subventions 1 .000 » Solde Bordelaise.... 352 65 Solde en caisse au 31 décembre 1898. 2.579 97 Total 6.272 62 Total 6.272 62 Nous avons 63 membres cotisants à 24 francs, cinq à 12 francs et 19 k 15 francs ce qui nous donne 1820 francs. Nous mettons XVI les réceptions à 100 francs, somme presque déjà couverte par les admissions du commencement de l'année. Nous comptons sur une vente de volumes de 200 francs et sur I.OOO francs de sub- ventions, somme qui nous est g-énéralement accordée, tous les ans, par le Conseil général et le Conseil municipal de la ville de Bordeaux, et enfin nous aurons 120 francs du produit de nos rentes et coupons. Nous vous proposons comme frais g-énéraux 250 francs et vous prions de voter 350 francs pour la bibliothèque; nous vous pro- posons de porter le crédit pour les souscriptions et les fêtes^ de manière à acquitter l'abonnement au Bulletin de la Société ento- molog-ique de France. Nous mettons 2.200 francs^ dépense probable de vos publica- tions, nous ajoutons 1.000 francs pour les planches. Il nous reste devoir à M. Durand une somme de 2.100 francs dont les comptes ne nous ont pas été encore remis sur les travaux de 1897, enfin nous vous proposons une somme de 103 francs pour fonds de réserve qui devra servir à acheter un titre de 3 fr. de rente. Nous terminons notre rapport en vous disant que nous avons reconnus exacts les comptes présentés par notre Trésorier et vous prions. Messieurs, de vouloir bien lui en donner décharg-e et de lui voter des félicitations pour la bonne tenue de sa comptabilité. Ces conclusions sont adoptées et le projet de budg-et voté conformément aux propositions de la commission des finances. COMMUNICATIONS M. Brown adresse la note suivante relative à une g-éomètre nouvelle pour la rég-ion : Je viens sig-naler une Géomètre qui n'a pas encore été indiquée à ma connaissance, de nos environs, k savoir : Emmelesia affinitata Stephens, dont j'ai trouvé, il y a quelques années déjà (fin mai 1877) un échantillon mort et desséché, dans une toile d''araig'née^ dans un bois de chênes, à Pessac. Ce sujet que je n'ai pu retirer, non sans peine, qu'en deux morceaux, des fils giuants qui l'enveloppaient, est cependant parfaitement recon- naissable^ assez frais même; mais ce n'est que tout récemment XVII que j'ai pn arriver h le déterminer avec certitude, par suite de l'extrême ressemblance de cette espèce avec deux autres espèces du même g-enre, ressemblance qui lui a valu, sans aucun doute, son nom spécifique L'abdomen ayant été éparg-né par l'araigniée qui n'a dévoré que la partie antérieure de l'insecte, je puis définir le sexe du sujet qui est une femelle et, de plus, par sa taille rela- tivement g-rande, le ton clair de ses ailes et les autres caractères qu'indique Guenée (Fhaiénf/es, vol. II, p. 290), il appartient à la variété turbaria Stephens que ni Guenée ni Staudinger n'indi- quent de France. La chenille qui, suivant Lyonnet, vit renfermée dans l'intérieur des capsules de certaines Silénées, devra, d'après les indications du Catalog-ue de Maurice Sand, être recherchée, en août, dans les cap- sules de Silène nulans ;je souhaite bonnechance âmes collègues. Quant à la «jolie petite Géomètre » que j'ai sig-nalée dans le compte rendu de la fête linnéenne de 18(S7, à Créon, ce n'est nullement, comme je le supposais alors, avec les plus g-randes réserves du reste, Emmelesia blandicUa S. et D., mais bien l'une des deux espèces voisines dJ affinitata dont j'ai parlé plus haut, soit alchemillata L. (— rivulata S. et D.), soit hydrata Treits, peut-être bien la seconde ? Trimoulet (pag-e 66) a dûment catalogué ces deux dernières espèces ; mais il a nég-ligé de dire qu'elles sont rares, ainsi que toutes celles du g-enre et s'est trompé g-rossièrement en faisant vivre les chenilles « selon les auteurs », dit-il, sur le chêne et l'aulne; Guenée nous apprend^, en effet {loc. cit. p. 289), que tou- tes les chenilles connues du g-enre Emmelesia vivent renfermées dans les capsules séminales de diverses Silénées. dont elles ferment l'ouverture avec un opercule de soie. Séance du 2 mars 1898. Présidence de M. de Nabias, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. le général Paris qui remercie la Société de la rapidité et de l'exactitude avec lesquelles a été imprimé son Index bryologicus et lui demande de vouloir bien insérer dans ses Actes un Supplément à cet ouvrag'e. Procès- Verbaux d898.— T. LUI. 2 XVIII Après avoir constaté que la Société a rempli tous ses eng-ag-e- ments envers M, le g-énéral Paris et rendu liommag^e à la valeur du travail et au mérite de l'auteur, M. de Loynes fait observer que le supplément est accompag-né de tableaux et d'une carte et que son impression entraînera des frais considérables que l'état des finances de la Société ne lui permet pas de supporter. Il propose d'entamer à ce sujet des négociations avec M. le g-énéral Paris. Sur la proposition de M. le Président, MM. Motelay et de Loynes sont désignés pour négocier cette affaire. Lettre de la Société nationale d'horticulture demandant à la Société d'envoyer des délégués au Congrès qui se réunira à Paris dans la deuxième quinzaine de mai et qui coïncidera avec l'Exposition d'horticulture. ADMINISTRATION Sur la proposition de M. le Président, la Société fixe à la somme de 153 fr. 50 sa part contributoire aux planches qui accom- pagnent le travail de M. Rivière, publié dans les Actes. Sur la proposition de M. le Président, la Société décide de mettre la composition du travail de M. Rivière à la disposition de la « Société scientifique d'Arcachon »; mais il est expressément convenu que le tirage à part portera, conformément au règle- ment, la mention : « Extrait des Actes de ta Société linnéenne de Bordeaux ». COMMUNICATION M. Engerrand fait la communication suivante : Note sur un exemplaire de « Gualteria orbignyi » trouvé à Blaye, dans les carrières du haut de la ville. Gualteria orbignyi est un échinide de la famille des Spatan- gidae qui est connu depuis longtemps, et dont la description a été donnée par Cotteau. Ce fossile est intéressant, parce qu'il est une des vingt et une espèces d'oursins qui constituent la faune du calcaire marin de Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Inférieure), et aussi parce qu'il était considéré comme spécial à ce gisement XIX par Gotteau. On sait que, lorsque d'Orbigny avait découvert ce calcaire, il pensait qu'il était bien distinct du calcaire de Blaye et il l'avait assimilé aux couches du phare de Biarritz. En 1846, d'Archiac, s'appuyant sur la découverte de Spatcmgus ornatus, de Scutella et de Cassididus faite par Des Moulins dans le calcaire de Blaye, en avait conclu que le calcaire de Saint-Palais, où se retrouvent ces fossiles, était du même âg-e que ce dernier. Plus tard, Delbos reprit l'opinion de d'Orbigny sous prétexte que cer- tains échinides de Biarritz se retrouvent dans le calcaire de Saint- Palais; mais d'Archiac put démontrer que ces échinides consti- tuaient des variétés très distinctes dans ces deux localités. Enfin, M. Linder^, en 1873, et M. Vasseur, en 1881, sont arrivés après des études détaillées, à cette conclusion que le calcaire de Saint- Palais est un équivalent de la partie la plus inférieure du calcaire de Blaye. La découverte d'un échantillon, légèrement roulé, de Giial- teria orbignyi dans les carrières du haut de la ville de Blaye, c'est-à-dire dans les couches à Echiiicmthus Des Moulinsi Desor. et Echinolampas Blaviensis Cott. qui font le passag-e entre les couches à Echinolampas steUiferus Des Moulins, de la citadelle et le calcaire grossier supérieur à Echinolampas Similis Ag. et Laganum marginale Ag., est donc une preuve de plus à l'appui de la théorie émise par d'Archiac et reprise par M. Vasseur, en 1881. Séance du 16 mars 1898. Présidence de M. L. Motelay, membre le plus aucien. MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur un avis favorable du Conseil, sont élus membres titu- laires : M. le docteur de Baatz, préparateur à la Faculté de médecine, s'occupant de sciences naturelles ; M. Brengues, élève de l'École de santé navale, s'occupant de biologie. Présentés par MM. de Nabias et Sabrazès. XX rfur rapport de M. Motela.y, est élu membre correspondant : Le E. P. Vicente Martinez, à Séville. COMMUNICATION M. MoTELAY fait la communication suivante: Le Journal officiel, du 8 mars 1898, analyse un travail de M. le docteur Paul Marchai, sur la dissociation de l'œuf en un grand nombre d'individus distincts et sur le cycle évolutif chez les Eucyrtus fuscicollis (Hyménoptère). Ce travail, présenté par M. de Lacaze-Duthiers, me paraît trop important pour ne pas fig-urer dans les procès-verbaux de la Société linnéenne. c< Des observations de l'auteur, il résulte la découverte d'un mode de reproduction qui est entièrement nouveau chez les arti- culés et dont on ne peut g-uère trouver d'équivalent chez les autres animaux. VEucyi^tus fuscicollis est un insecte minuscule appartenant au groupe des hyménoptères chalcidiens et vivant en parasite à l'intérieur de certaines espèces de chenilles (che- nilles d'hyponomentes). Il pond ses œufs à l'intérieur même des œufs de papillon et, la ponte de ce dernier étant composée d'en- viron une soixantaine d'œufs juxtaposés, il introduit un œuf unique dans chacun de ceux-ci en le lardant avec sa tarière. L'œuf du papillon, bien que piqué et parasité, continue néan- moins à se développer, et il en sort une chenille qui, tout en portant en elle le g-erme du parasite, continue ë se nourrir et à prendre de l'accroissement; c'est alors que ce g-erme, au lieu de se développer en un individu unique, comme cela a lieu chez tous les animaux, se dissocie en une série deg-ermes secondaires dont le nombre peut dépasser cent et qui se disposent en une long-ue chaîne flexueuse flottant dans le sang- de la chenille. » Chacun de ces embryons évolue en une larve et toutes les larves ainsi formées se transforment en Eucyrtus, après avoir dévoré tous les org-anes internes de la chenille. Ainsi donc, aux dépens d'un œuf unique se constitue toute une lég-ion d'hymé- noptères, et nous assistons ainsi à la dissociation du corps se produisant dans l'œ.uf au début de l'autog-énèse. Il y a là un mode de reproduction tout spécial qui peut être considéré comme le premier deg-ré de la série des phénomènes si remarquables qui XXI caractérisent la reproduction asexuée chez les insectes et dont la multiplication de certaines larves par bourgeonnement interne et la parthénogenèse des pucerons nous fournissent des exem- ples bien connus. » M. KuNSTLER dit qu'il y a d'autres cas de reproductions de ce genre et il en cite quelques exemples. M. KuNSTLER donne ensuite communication d'un travail ayant pour titre : Observations sur les variations spécifiques cotisécAttives à des changements de mode d'existence. La Société vote l'impression de ce travail dans les Actes. (V. t. LUI.) Séance du 6 avril 1898. Présidence de M. Durègne, vice-président. CORRESPONDANCE Lettre de M. le Ministre de l'Instruction publique annonçant qu'il a alloué à la Société linnéenne une subvention de 600 francs à titre d'encouragement pour ses travaux. Lettre de l'Association française pour l'avancement des sciences, accordant à la Société linnéenne une somme de 200 francs pour contribuer à Timpression des sept dernières feuilles de Y Index bryoloqicus. Lettre de M. Alfred Balasse, demandant à la Société linnéenne de prendre part à l'exposition de Rochefort-sur-Mer. ADMINISTRATION MM. Paghon et Pitard sont désignés pour représenter la Société linnéenne au Congrès de la Société nationale d'horticul- ture. M. Pachon est chargé de faire un rapport sur la proposition adressée par la direction de l'Intermédiaire des biologistes qui demande à entrer en relation avec la Société. La Société décide qu'elle fera le dimanche P"" mai une excur- sion à Coutras et à Saint-Médard de Guizières. XXII Sur la proposition de M. Daleau, elle décide qu'elle fera le dimanche 15 mai une excursion à Marcamps et Bourg. M. MoTELAY rend compte de la visite qu'il a faite récemment à M. Milne Edwards, membre honoraire de la Société et direc- teur du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Il se félicite du bienveillant intérêt avec lequel ce savant éminent suit les tra- vaux de notre Société. M. Motelay rend ég-alement compte de l'entrevue qu'il a eue avec M. Klincksieck au sujet de Xlndex hryologicus de M. le général Paris. M. le Président remercie M. Motelay de ces diverses démar- ches qui sont un nouveau témoig-nage de son dévouement à la Société linnéenne, et qui n'ont certainement pas été étrangères à la subvention obtenue de M. le Ministre de l'Instruction publique. MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur le rapport de M. Motelay, est élu membre correspondant : M. Renauld, s'occupant de bryologie. COMMUNICATIONS La Société vote l'impression, dans ses Actes, d'un travail de M. Renauld, sur les Muscinèes de Madagascar. (V. t. LUI.) M. Bardié donne lecture du compte rendu suivant de l'excur- sion faite par la Société, à La Teste-de-Buch, le 6 février dernier : Excursion de la Société linnéenne à La Teste-de-Buch, le 6 février 1898. La Société linnéenne ayant décidé de faire une première excursion le 6 février, deux localités nous offraient chacune la ressource d'une plante remarquable que l'on y trouverait à ce moment en parfait état de floraison : VErica mcditerranea L, que l'on rencontre en abondance aux environs de Pauillac et de Saint-Laurent et VErica lusitanica, Rudolp., qui croît dans les marais de La Teste. C'est pour ce dernier endroit que se fixa le choix de la Société, car à la récolte de la jolie bruyère blanche, toute particulière xxiir aux environs de La Teste, venait s'ajouter l'attrait d'une petite excursion dans les dunes, que nous proposait notre vice-prési- dent, M. Durèg-ne. Au départ du train de 10 heures se trouvaient réunis : MM. Motelay, de Loynes, Durèg-ne, Pachon, Eyquem, Lambertie et votre rapporteur. A la sortie de la g-are de La Teste, nous apercevons tout d'abord les deux constructions à toitures plates qui servaient autrefois de gare à l'ancien chemin de fer de Bordeaux à La Teste, inauguré en 1841 et le troisième construit en France. Quelques allées d'ormes, des murs rasés à fleur du sol en rappel- lent aussi le souvenir. Nous traversons le b'ourg- de La Teste dont les maisons sont basses pour la plupart et construites en briques, fragments de roches et galets. Ce curieux assemblage de matériaux de toutes provenances et d'espèces les plus diverses est dû à ce que ces maisons sont bâties avec les pierres qui ont autrefois servi de lest aux navires, car le port de La Teste, de tout temps fré- quenté par les mariniers et les pêcheurs^ servait de débouché au commerce de la région du bassin d'Arcachon. « La Teste, dit » Baurein, faisait un espèce de petit commerce de mer; il en part » des barques chargées de résine qui rapportent des grains de » Bretagne et autres approvisionnements qui servent non seule- » ment pour les gens de la Teste, mais encore pour la contrée de » Buch. » (1). Certains auteurs croient que La Teste a remplacé la cité des Boïens, peuplade vaillante et industrieuse, qui faisait un grand commerce de résine et dont il est quelquefois parlé par les an- ciens historiens (2). Toutefois si l'on a la certitude que ce peuple habitait la région qui forme le pays de Buch, il n'a jamais été possible de retrouver les traces de sa ville principale Boïos, que l'on suppose avoir depuis longtemps disparu dans l'envahisse- ment des dunes qui, encore à la fin du siècle dernier, menaçaient le bourg moderne d'une destruction certaine (3). (1) Baurein. Variétés Bordelaises. Nouvelle édition, tome III, page 344. (2) Thore. Promenades sur le golfe de Gascogne, page 13. (3) Thore. Promenades sur le golfe de Gascogne, page IS.BAUREiisr. yarie- tés Bordelaises, page 309. XXIV Dans les prairies et les champs cultivés que nous traversons, nous remarquons quelques plantes vulgaires qui commencent à fleurir : Cardamine hirsuta L., Taraxacum dens Iconi L., Bellis perennis L., Capsella hursa paslorh Mœnch, Mihora verna P. B., Spergula arvensis L.. Erodium cicutarium L'Her., Lamium amplexicaiile L., Vei'07îica hederefolia L., Montia fontana'L. Var. minor; dans les haies des chemins, Ruscus aculeatus L., en fruits. Sur les bords d'un petit ruisseau affluent du Braouet, nous ne tardons pas à apercevoir la plante qui fait le principal objet de l'ex- cursion, V Erica lusitanica de Rudolphi, et que Salisbury appelle polytiichifolia, c'est-à-dire à feuilles de polytric. Elle a long- temps été confondue avec V Erica arborea de Linné qui abonde en Provence, dans le Languedoc et dans toute la région méditerra- néenne et avec laquelle elle a beaucoup de ressemblance. Thore, Bergeret, Lamarck et de Candolle ont partagé cette erreur. Later- rade l'avait aussi qualifiée arborea dans les premières éditions de sa flore. Ce n'est que plus tard qu'il accepta la nouvelle déno- mination (1). Cette jolie bruyère est abondante sur les bords des ruis- seaux de la Teste jusqu'à l'étang de Cazaux. C'est sa principale et pour ainsi dire son unique station en France, bien que Lespi- nasse l'ait indiquée dans une petite lande près de Saint-Jean-de- Luz et qu'elle se soit, paraît-il, localisée en Bretagne, le long du chemin de fer de Brest à Quimper, où elle avait été d'ailleurs implantée, il y a un certain nombre d'années. \J Erica lusitanica atteint de 1 mètre à 2™50 de hauteur, elle est très rameuse et ses sommités fleuries et étalées produisent un effet délicieux. Parfois elle se nuance d'une teinte rosée, fort agréable à l'œil mais qui ne tarde pas à s'atténuer considérable- ment lorsque les corolles ont atteint jeur complet épanouis- sement. Cette bruyère présente tous les caractères de celle du Por- tugal, ce qui du reste l'a fait appeler lusitanica par Rudolphi ; est-elle indigène dans notre région ? Plusieurs botanistes l'ont considérée comme telle. Toutefois elle n'a guère été signalée chez (1) Actes de la Société linnéenne, volume X. Synopsis du supplément à la Flore Bordelaise et de la Grironde, XXV nous que depuis un siècle. Y était-elle auparavant? Cela paraît vraisemblable et il n'y pas de raison pour supposer le contraire et partager l'opinion de certains qui croient que la graine a été apportée avec les nouveaux semis de pins et que de proche en proche elle s'est répandue sur notre littoral du sud-ouest. Déjà à cette époque, VErica liisitanica couvrait les vastes étendues oi^i nous la rencontrons aujourd'hui et si elle n'a pas été sig-nalée plus tôt, c'est probablement parce que cette région où les moyens de communications faisaient généralement défaut, était peu connue des botanistes. Bien que Bory de Saint-Vincent et Thore (1), qui avaient parcouru ce pays, aient déjà mentionné cette bruyère sous le nom d'Erica ardorea, elle était ignorée de Saint-Amans qui ne l'a pas citée dans la liste des plantes de La Teste publiée quinze années plus tard (2). Quoiqu'il en soit, la constatation de son indigénat chez nous, paraît être une question difficile à élucider et VErica liisitanica n'en reste pas moins une plante ravissante, bien appréciée des fleuristes qui l'apportent en quantité sur le marché de Bordeaux 011 elle est recherchée pour l'ornementation des appartements. Protégée par le marais d'un abord difficile, par les inextricables réseaux de ronces qui poussent à ses côtés, sa récolte devient quelquefois ardue ; mais cela ne peut cependant nous décou- rager et nous ne quittons les bords du ruisseau, que lorsque chacun de nous en a formé un gros bouquet qui vient contri- buer au pittoresque de notre petite troupe. La flore des environs de La Teste a vivement intéressé certains botanistes éminents. Bory de Saint-Vincent est l'un des premiers qui s'en soit occupé. Thore, dans sa Chloris des l^andes, en I8('3, et dans sa Promenade sur les cales de Gascogne, en 1810, com- plète les observations de Bory de Saint-Vincent et publie une longue liste des plantes qu'il a particulièrement remarquées. Après lui, St-Amans, dans son voyage dans une partie des Landes en 1818, s'en occupe à son tour. Enfin Cliantelat, membre correspondant de la Société linnéenne, a donné dans le tome XIII de nos Actes et sous la date du 26 décembre 1843, un catalogue des plantes de cette région qu'il habitait depuis dix- (1) Chloris des Landes, éditée en 1803. (2) Saint-Amans. Voyage dans les Landes, en 1818. XXVI sept années. Ceux qui voudront connaître les richesses de la flore maritime de notre littoral ne manqueront pas de consulter ces intéressants ouvrag-es. Poursuivant notre course à travers le marais, nous trouvons le lUi/rica gale 1,., commun dans toutes les lèdes, et après avoir tra- versé un petit bois de pins, faisant partie de la forêt usag-ère de La Teste, nous arrivons à la fontaine miraculeuse de Saint-Jean. Cette source, qui n'est qu'une maig-re infiltration de l'eau de la dune, se trouve au pied d'un gros chêne, plusieurs fois sécu- laire ou plutôt de deux chênes qui, en poussant côte à côte, se sont soudés à leur base. Il existe de loin en loin, et comme perdus dans l'immensité des pignadas, quelques vieux chênes, contemporains de celui de Bronque-Coiiraou, qui servent d'abris aux cabanes des résiniers. Baurein parle fréquemment des chênes du pays de Buch et du parti que savaient en tirer les habitants de La Teste (1). Thore dit que l'on voyait de ces arbres, d'une g"rosseur peu commune, sur le littoral jusqu'à Mimizan (2). L'eau de la source de Saint-Jean est captée dans une citerne rectangulaire dont les parois sont entourées de planches. Deux bancs de pierre qui se sont effondrés ont été disposés de chaque côté. Dans le fond, et adossé à une g-rossière maçonnerie qui suit l'inclinaison du terrain, s'élève un piédestal orné de mou- lures et surmonté d'une croix de fer. Dans ce petit édicule^ l'on a creusé une niche où sont placées quelques vulgaires statuettes en plâtre qui, sans doute, représentent le saint protecteur de la fontaine. Des linges souillés, qui paraissent avoir servi au pan- sement de plaies, sont étalés sur le mur. M. Durègne nous apprend qu'il existe une légende attribuant à. l'eau de cette source la guérison de tous ceux qui, affligés de plaies, viennent les laver le jour de la fête de la Sàint-Jean et y déposent ces témoignages de leur foi. Comment cette lég-ende s'est-elle formée et depuis quand existe-t-elle ? Il serait intéressant de le savoir, mais les Archives de La Teste ne renferment, paraît-il, aucun document sur ce sujet. Comme toutes les légendes de nos campagnes, celle-ci doit, sans (1) Baurein. Yariélés bordelaises, pages 345 et 352 de la nouv. édition. (2) Thore. Promenades sur le golfe de Gascogne, page 31 . XXVII doute, tirer son origine du besoin d'idéal et de merveilleux propre à l'humanité, et le lieu semble bien choisi pour cela : le chêne séculaire auprès duquel l'ancienne dune semble s'être arrêtée, la source bienfaisante qui vient se perdre dans le Braouet ; en face la lande dénudée et le marécage de Branque- Couraou qui couvrent d'immenses espaces incultes, et à quelques pas, cette montagne^ qui avance toujours, dit Thore,' « et tend à envahir tout le terrain qui est au-devant d'elle et à engloutir le petit moulin du Braouet^ qui est si peu distant de la dune » (1). Tout cela n'était-il pas fait pour parler à l'imagination des anciens résiniers? Nous nous arrêtons un moment pour mettre dans nos cartables, les plantes que nous venons de recueillir et certains d'entre nous, auxquels l'heure avancée du départ n'a pas permis de déjeuner, en profitent pour faire une légère collation. En attendant, nous ramassons à nos pieds, dans une petite mare formée par un filet d'eau qui s'échappe du sable, le Ramincuhis Lenormandi Schultz, qui commence à fleurir. Il nous reste à accomplir la deuxième partie de notre course, la visite aux dunes. Nous ne pouvions avoir un guide pins expé- rimenté que M. Durègne qui a déjà publié de très intéressantes études sur les dunes de notre littoral, dans les Procès-verbaux de la Société linnéenne (2), ainsi que dans le Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux (3) et dont les travaux scientifiques sont des plus appréciés. Pas le moindre sentier ne lui est inconnu, et grâce à lui, nous avons pu joindre à l'étude de la flore de la dune, le plaisir de l'agréable excur- sion dont nous garderons longtemps le souvenir. La première dune dont nous faisons l'ascension dépend d'un petit massif distinct appelé la Montagnette; elle est située au sud-ouest de La Teste et fait partie du groupe de formation pri- (1) Thore. Promenades sur le golfe de Gascogne, page 18. (2) Procès-verbaux de la Société linnéenne, 4 décembre 1895, 17 juin 1896, 17 décembre 1896 et 27 janvier 1897. (3) Les dunes primitives et les forêts antiques de la côte de Gascogne et des anciennes forêts du littoral (Journal d'Histoire naturelle de Bordeaux et du ^ud-Ouest). xxvm mitive. A quelques kilomètres au sud commence la Mo7itagne de La Teste, à laquelle fait suite à son tour la Montagne de Biscarosse ; son altitude moyenne est de quarante mètres environ. C'est un curieux spectacle que celui qu'offrent ces dunes, et il présente bien plus d'intérêt que l'on ne le supposerait. Tout d'abord, nous avons à nos pieds un vallon profond de trente mètres, puis nous arrivons sur la crête d'une dune qui s'étend en lig-ne droite de l'est à l'ouest comme une sorte de rempart et dont les pentes sont escarpées de chaque côté, alors qu'en g-énéral les dunes offrent des talus aux pentes très inégales. Sur cette crête, nous suivons un sentier, placé là comme un chemin de ronde, et nous jouissons d'un magnifique coup d'œil sur la vallée qui s'étend devant nous. Cette immense plaine de verdure glauque, formée par les pins maritimes, fait partie des semis entrepris autrefois par Brémontier et qui ont enlevé à ce désert de sable sa couleur éblouissante et sa néfaste mobilité. Nous apercevons à l'horizon du midi le Triic de la Tonique, la plus haute des dunes de cette région et dans le Sud-Ouest, la dune des Plumions sur- montée par des arbres qui se découpent admirablement sur le ciel. Nous descendons ensuite dans une des petites vallées qui séparent la Montagnètte de la dune moderne, et nous nous trou- vons bientôt au fond d'une espèce de cuvette. Le spectacle est alors bien différent, et cette solitude nous inspire une profonde mélancolie. De tous côtés, nos regards sont arrêtés par les pen- tes boisées, aux fourrés inextricables; un long murmure s'élève au-dessus de nos têtes, semblable à celui des vagues de la mer, c'est le souffle du vent dans les pins. Il nous serait difficile de diriger nos pas à travers ce lieu sauvage, sans le secours de notre guide. Après les dunes primitives, c'est-à-dire celles fertilisées depuis un temps immémorial et oii les arbres de la forêt se sont, pour ainsi dire, renouvelés d'eux-mêmes, M. l)urègne nous fait visiter celles fixées depuis une centaine d'années à peine, et il nous montre en certains endroits leurs soudures avec les dunes an- ciennes. C'est par leur forme, leur orientation à angle droit des premières, la richesse d'humus et par la flore qui est plus abon- dante et variée, que l'on reconnaît les dunes primitives. Tandis que sur les modernes nous ne rencontrons guère que le Saro- thamnus scoparms Koch et VUlex enropasns L., qui y sont venus XXIX avec les semis de pins. Nous trouvons fréquemment sur les ancien- nes, Prwms spinosa L., Crataefjus oxyacantha L., Hex aquifo- liumh., Sambîicus nigraL., Lonicera periclymenmn h., Teucrium scorodonia L., Ruscus aculeaUis L. et Cistus salvifolius h. (1). Cependant nous remarquons parfois que cette dernière plante, qui avec le Pteris aqmlina L., caractérise surtout l'ancienne formation, commence à envahir la dune dont elle estproche (2). (1) IJArbictus Unedo L, et le Quercus Ilex L. sont communs dans la partie de la forêt, vers Arcachon. (2) Le 3 avril suivant, je suis revenu à La Teste, afin de revoir les endroits que nous avions parcourus le 6 février. J'ai eu la bonne fortune d'y rencontrer M. Durègne et de l'accompagner dans une des excursions qu'il fait habituel- lement à la forêt de la grande Mor%tagne de La Teste. En quittant le Courneau, station du chemin de fer de La Teste à Cazeaux, nous trouvons en abondance, dans toute la partie marécageuse au pied des dunes, VErica lusitanica, en épaisses touffes encore bien fleuries, malgré l'époque avancée de la saison. Nous gravissons ensuite la dune au-dessus du Courneau, d'où l'on a un point de vue magnifique. Puis, c'est la forêt antique qui s'étend jusqu'à Cazaux dont nous suivons les étroits sentiers à travers les fourrés. Cà et là apparaissent des pins énormes, l'un d'eux mesure jusqu'à 1 m. 80 de diamètre et donne encore de la résine. Parfois nous apercevons des pins n'ayant jamais été entaillés, ils atteignent des proportions gigantesques et servent de limites aux propriétés. Quelques-uns de ces arbres-bornes sont morts sur pied et lei:is branches sont tombées de vétusté ; il ne reste plus que le tronc dépouillé de son écorce auquel le temps a donné une couleur de muraille. Par intervalles, les Prunus spinosa forment, dans le sous bois, des massifs d'une éclatante blancheur, et plus encore que le 6 février, les Ulex européens sont entièrement couverts de fleurs qui ont le beau jaune citrin intense que Clavaud signale dans la floraison tardive. Un bruit de sonnailles nous annonce le voisinage d'un troupeau de vaches, et, tout à coup, nous le voyons apparaître au milieu du sentier, nous barrant le passage. Les paisibles animaux nous regardent d'un air inquiet et les jeunes veaux, qu'effraie notre présence insolite, s'enfuient bientôt à notre approche. Quelquefois nous traversons des clairières verdoyantes où de vieux chênes, le plus souvent tortueux et rabougris, abritent des cabanes de résiniers. Certaines de ces pauvres habitations possèdent un petit jardinet et le poulailler est perché sur le faîte d'un arbre voisin. Mais toutes ces demeures sont closes, les résiniers sont allés à la ville fêter le repos du jour dominical. Continuant notre course à travers la forêt, nous arrivons à un groupe impor- tant de cabanes appelé le Grand Bougés et nous choisissons ce lieu pour la halte du déjeuner. A.ssis sur le sable au pied d'un chêne, nous jouissons de la vue d'un paysage dont le dessin et le coloris feraient les délices d'un peintre. XXX La forêt ne possède gruère dans ce moment comme plantes fleuries que V Ulex europseus, mais cette belle légumineuse suffit à elle seule à former une splendide décoration, et ses fleurs d'un beau jaune doré, se mélang-ent agréablement à la verdure sombre des pins. Quant au Pinus maritimus de Lamarck qui, en couvrant tout le littoral de l'Océan, en a constitué la principale richesse et a fait du sable de nos dunes son terrain de prédilection, l'on ne peut douter qu'il n'y soit indig-ène. Dans tous les cas, en admettant qu'il y ait été transporté, il serait absolument impossible d'en déterminer l'époque, et il faudrait la placer dans l'antiquité la plus reculée. Bien avant notre ère, il existait des forêts de pins dans toute la rég-ion aquitanienne et les Boïens étaient déjà renommés pour leur commerce de résine (1). Au surplus les dunes mouvantes recouvraient de vastes forêts que dans certains endroits les gran- des marées ont mises à jour. L'on ne saurait donc mettre en doute l'ancienneté du pin dans notre pays (2). Nous trouvons encore sur notre patsag-e VArabis thaliana L. en état minuscule, le Raniinculus bulbosus L. très abondant, les Erica tetralix L., cinerea L. et scoparia L., ce dernier presque fleuri, et pendant que notre collèg-ue, M. Lambertie, recueille des insectes dans l'écorce des bois morts, M. Motelay nous mon- tre sur le sable les traces du passage de loutres. Ces petits ani- maux carnassiers sont assez fréquents dans les environs de La En face de nous, la vaste clairière, au sable étincelant sous le soleil de midi, a pour clôture la ligne vert sombre des pins; quelques plaques blanches de buissons de Prunus sont éparses dans cette plaine, au milieu de laquelle on aperçoit un puits rustique et à côté un abreuvoir construit en planches. Bientôt un troupeau de vaches bigarrées arrive pour se désaltérer, mais les résiniers sont absents et l'abreuvoir est à sec. Les pauvres animaux s'accroupissent sur le sable, attendant vainement l'eau bienfaisante qui doit étancher leur soif. Le retour au Courneau nous offre d'autres sites où le pittoresque vient s'ajouter à l'imprévu, et ce voyage, dans cette forêt primitive, nous fait goûter des impressions que seules peuvent donner les belles choses de la nature, que la main de l'homme a encore respectées. (1) Epître de saint Paulin à Ausone. (2) M. K. Durègne a publié dans le Journal d'histoire naturelle de Bor- deaux et du Sud-Ouest, une intéressante notice sur les forêts du littoral et la spontanéité du pin maritime dans les dunes de Gascogne. XXXI Teste, où le voisinag-e des étang-s et des cours d'eau leur assure le poisson nécessaire à leur nourriture {!). Avant de quitter la forêt, nous faisons l'ascension de la dune de Branque-Coiiraou, dont la hauteur est de quarante-six mètres, et d'où l'on aperçoit, au nord, dans le lointain, le bassin d'Arca- chon et la pointe de l'Aiguillon, et plus près, au nord-est, le bourg" de La Teste, dont les maisons blanches aux toitures rouges sont parsemées dans la plaine. Au sud, la vue est bornée par les semis modernes et la forêt usag-ère de La Teste qui s'étend jusqu'à Cazaux. Il paraît étrange que cette forêt soit encore grevée des droits d'usag-e établis par une clause du Captai de Buch, en date de 1468 « qui octroya à tout habitant de son fief le droit de pouvoir » se faire délivrer g-ratuitement le bois vif à sa convenance, pour » ses besoins particuliers, qu'il s'ag-isse de maisons Ou de bâ- » teaux, pourvu qu'il n'en fut pas fait commerce et que la cons- » truction fut exécutée dans le Captalat (2). » Le bois mort appartient aussi aux usag-ers et cette coutume, à la suite du cyclone de l'année dernière qui brisa 40.000 pins dans les forêts de La Teste et de Cazaux, vient de donner lieu à un pro- cès entre propriétaires et usag-ers. 11 s'est terminé le 21 mars par la condamnation des usag-ers qui n'ont le droit de s'appro- prier les arbres abattus qu'autant qu'ils sont morts et secs sur pied (3). Nous revenons à la fontaine Saint-Jean, puis nous continuons à remonter le Braouet à travers le marais. De chaque côté, le ruisseau est obstrué par d'épais buissons où nous trouvons quel- ques pieds de Blechnum Spicant Roth. et où apparaissent fré- quemment VUlex eiii'opseus et VErica lusitanica. Plus loin, dans une petite prairie qui borde la route, nous (1) J'ai eu depuis l'occasion de voir chez un mégissier de Bordeaux, des peaux de loutres en préparation. Ces animaux provenaient du littoral girondin. La fourrure estimée n'est obtenue que par l'épilation du long poil, on ne con- serve que le plus court. (2) DuRÈGNE. Forêts antiques de la côte de Gascogne. (3) Thore, dans ses Promenades de Gascogne, pages 19 et 20, donne d'in- téressants détails sur les avantages octroyés aux habitants de La Teste par les Captaux de Buch. XXXII remarquons un Trîfolimn qui nous paraît être le ^iiffocatum déjà indiqué à La ïeste, mais que son état ne nous permet pas de déterminer avec certitude. Après avoir traversé le Braouet, sur un petit pont formé de brandies d'arbres, nous g-ag-nons la route de La Teste à Cazaux où nous trouvons à g-auche dans un fossé le Rannncnlus Le)ior?nandi Schnltz, en fleur et avec lui, le Ra?itm- ciilus lutarhis de Revel. M. de Loynes l'a trouvé autrefois à ce même endroit et il nous le sig"nale comme inexactement déter- miné dans la flore de Lloyd. Cette flore donne, en effet une clas- sification erronée de ce Ranuncidus dont elle fait une variété du R. Leiiormandi, tandis que d'après Clavaud, ces deux Ranuncu- lus ne sont eux-mêmes que des espèces du R. Cœnosus Guss. Clavaud (1 ) subdivise le R. lutarius en 7?. (ienuiiiiis et R. intcr- mediiis qui se disting"uent entr'eux par la division des lobes des feuilles, bien plus profonds dans le premier et se rapportant à la plante que nous avons recueillie. Notre intention en nous dirig-eant de ce côté était de retrouver, dans le fossé qui borde la lig'ne du chemin de fer de La Teste à Cazaux, Vlsoetes Hystrix Durieu, que M. de Loynes y avait vu assez abondant le 18 février 1883, alors que les fossés, récem- ment établis avec la voie ferrée, ne renfermaient pas encore la nouvelle vég-étation de graminées et de joncs qui s'y est fixée depuis. Mais soit que la saison n'ait pas encore permis le déve- loppement de cette plante, soit que la g-rande sécheresse de cer- taines années, étant donnés le peu de profondeur du fossé, et l'invasion des plantes voisines, l'aient complètement détruite, c'est en vain que nous cherchons cet Isoeles. Sur le remblai de la voie, nous trouvons Vlllecebrum verticilla- tmn L. et VUlex eiiropœus si commun, VUlex ?ianiis Smith, encore fleuri, bien que sa floraison habituelle se fasse de juillet à octobre; aussi Thore a-t-il désig"né les deux Ulcx de nos landes par les noms d'Ulex ve?maliset d'Ulex aiftum?ialis. Toutefois nous remarquons avec Clavaud (2) que VUlex europœus donne une flo- raison anticipée à la fin de l'été et parfois conserve ses fleurs pendant tout l'hiver. Ces ajoncs sont les dernières plantes qui attirent notre attention ; le temps s'est franchement mis à la (1) Flore de la Gironde, page 16. (2) Flore de la Gironde, page 219. xxxiii pluie et c'est rapidement que nous faisons, en suivant la ligne du chemin de fer, les quelques kilomètres qui nous séparent de la gare de la Teste. En résumé, cette première excursion de l'année, malgré la saison d'hiver, nous aura procuré de très intéressantes observa- tions. Il serait h désirer que la Société linnéenne rende ses excur- sions de plus en plus fréquentes. En outre des avantages qui résultent pour chacun de nous d'une course faite en commun, nous devons nous rappeler que c'est à une promenade faite par de fervents admirateurs de la nature, que la Société linnéenne doit son origine. C'est encore aux courses à travers champs qu'elle est redevable des plus belles journées qui ont marqué dans ses annales, et notre fête, instituée en commémoration de la fonda- tion de notre Société, nous en fournit une preuve chaque année. Si nous n'avons pas la prétention de rencontrer parmi nous des dévouements pareils à ceux de nos illustres prédécesseurs, les Laterrade, les Des Moulins, les Durieu de Maisonneuve, les Brochon, et bien d'autres dont les noms vivent dans nos mémoires, du moins, comme eux, nous pouvons avoir cette même passion, ce même culte pour l'étude des sciences naturelles. Si le public ne semble plus animé du zèle d'autrefois, alors que chaque herborisation devenait le prétexte d'une imposante mani- festation, pour les amis de la flore de nos campagnes, il appartient à la Société linnéenne de demeurer le sanctuaire immuable des vieilles traditions, et notre devoir à tous est de prêcher d'exemple. Les excursions nous en fournissent une occasion bien favorable, et l'on peut dire sans témérité que tant qu^elles seront suivies par des membres ardents et dévoués, l'avenir et la prospérité de notre Société linnéenne seront assurés. M. Engerrand fait la communication suivante : • Note sur deux nouveaux afileurements du calcaire grossier supérieur dans les environs de Blaye. Dans une récente excursion faite en compagnie de M. Marcel Neuville dans les environs de Blaye, nous avons en la bonne fortune de rencontrer deux nouveaux affleurements du calcaire grossier supérieur. . ' Procès-Verbaux 1898. — T. Lin. 3 XXXIV Le premier de ces g-isements se trouve entre Blaye et Plassac : c'est une carrière actuellement en exploitation et située au lieu dit Lacave. Nous avons pu y recueillir les espèces suivantes : Echinantlms Des MoiilmsiBesoY. Echinolampas Falloti Cott. — Blaviensis Cott. — Similis Ag". Laganinn marginale Ag". Eiispatagus Croizieri Cott. Prfscutella Calliaudi. Linthia Pomeli Cott. {Paléont. franc., pi. 68, fig-. 1, 2, 3). Linthia, sp. nov. — sp. nov. Scaphander, sp. Terebellwn convolulum Lmk. Cyprœa, sp. sp. F lis us, sp. Natica, sp. - sp. Cardium, sp. {aff. obliqimm). Cytherea, sp. Crassatella, sp. Lucina, sp. - sp. - sp. Tellina,^^^. L'ensemble de cette faune montre nettement que la couche qui affleure ici appartient au calcaire grossier supérieur. Le deuxième g-isement est celui de C/oUinette, il est situé à Blaye même, derrière la rue de l'Hôpital. C'est encore une car- rière, mais qui, actuellement, est abandonnée. Voici la faune que nous y avons recueillie : Linthia, nov. sp. Echinanthus Des Moulinsi Des. Echinolampas Ealioti Cott. Blaviensis Cott. — Similis Ag'.{Sivec trois variétés). Prescutella Calliaudi. Laganum marginale Cott, Euspatagus Croizieri Cott. Echinocyamus pyriformis Ag". Desbag-uettes et des frag"ments de Cidaris. Trois espèces d'oursins rég"u- liers que nous n'avons pu placer dans aucun des g"enres sig-nalés par Cotteau. Scaphander, sp. Terebellnm convolutum Lmk. Cassis, sp. Bostella?'ia, sp. Anomia girondica. Cardium, sp. Ce niveau appartient aussi au calcaire g"rossier supérieur. Nous attirons particulièrement l'attention sur la présence du genre Linthia dans les environs de Blaye; sur trois espèces qu'il XXXV nous semble présenter, il eu esl deux qui sont certainement nouvelles. Nous sig-nalons aussi des oursins rég^uliers dont les ofenres nous sont inconnus et qui sont admirablement conservés. Enfin, Euspatagus Croizieri et Echinolmnpas Ealloti, quoique^ déjà cités à Blaye, y sont rares. En résumé, le calcaire g-rossier supérieur dont on ne connais- sait que l'affleurement de la falaise de Plassac, se trouve actuel- lement représenté près de Blaye et dans cette ville même par les deux niveaux de Lacave et de Collinette. M. F. Daleau fait les communications suivantes : Je tiens à remercier de vive voix mes honorables coUèg'ues de la Société linnéenne qui, sur la proposition de notre ancien président, M. Motelay, ont bien voulu, dans la séance du 19 mai 1897, émettre un vœu en faveur de la conservation de la caverne de Pair-non-Pair et de ses gravures. Je suis heureux de vous apprendre que l'Association française pour l'avancement des sciences vient de m'allouer une subven- tion de mille francs pour m'aider à faire estamper et mouler les gravures et à continuer mes recherches anthropologiques; loin de désespérer, je continue mes démarches pour faire acheter par l'Etat, cette intéressante habitation de nos ancêtres des temps quaternaires. Je soumets à votre examen un os pénis d'ours, recueilli à Pair-non-Pair, échantillon de très grande taille, mesurant 234 millimètres, tandis que l'unique os pénial d'ours (de Russie) que possède le Muséum de Bordeaux, atteint seulement 148 millimètres, soit 86 millimètres de moins. J'ai l'honneur de vous présenter des mollusques microsco- piques, probablement de jeunes bivalves du genre Pisidium, laissés par les eaux de submersion, en très grand nombre, sur une superficie de six ou huit hectares, dans le vignoble du domaine de Barbe, commune de Bourg. Ces eaux, que l'on fit écouler dans la première quinzaine de mars 1898, provenaient de la Dordogne (1). Ces acéphales ont-ils été transportés par les (1) La submersion du vignoble dui'a quarante-cinq jours* XXXVl eaux de rivière, ou bien avaient-ils été déposés, à l'état d'œufs, par leurs mères, dans les fossés qui entourent ce domaine? Ces petits animaux étaient en si g-rande quantité que leur ^décomposition a déterminé une odeur fétide, et que nos viticul- teurs se sont crû en présence d'un nouvel ennemi de notre chère vigne. M. le Président remercie M. Daleau de ses intéressantes com- munications. Séance du 20 avril 1898. Présidence de M. Durègne, vice-président. CORRESPONDANCE Lettre de la Société nationale d'horticulture relative aux fêtes qu'elle org-anise à l'occasion de son Congrès. Lettre de la Société royale de botanique de Gand, demandant à la Société linnéenne de prendre part à la souscription qu'elle org-anise pour élever un monument à Linden. La Société reg-rette que l'état de ses finances ne lui permette pas de s'associer comme elle l'aurait désiré à l'hommage rendu à un savant botaniste et à un célèbre explorateur. Lettre de M. Rivière exprimant le regret d'être contraint par son départ pour Paris de donner sa démission de secrétaire g-énéral et de membre du Conseil. Renvoi au Conseil. COMMUNICATIONS M. RiTTER fait la communication suivante sur l'exploration de la g-rotte de Bétharram : Communication sur la Grotte de Betliarram. En sortant de la vallée d'Arg-elès, le g-ave de Pau fait, à Lourdes, un ang-le droit k l'ouest, pour prendre une direction vers la mer. Malg-ré son peu d'étendue, la rég-ion comprise dans XXXVII cet ang-le, offre cette particularité de présenter, entre les monta- gnes et la vallée du g-ave, une suite régulière de plusieurs formations g-éologiques qui s'y succèdent en bandes presque parallèles coupées transversalement par la vallée d'Asson. L'Ouzon, dont le cours orienté du sud au nord, forme le thalweg" de cette vallée, prend sa source au pied du massif de Gabizos, dans le Dévonien, traverse une première fois le Jurassique, puis l'infra-crétacé, retrouve le Jurassique et rejoint enfin le g-ave de Pau, près d'Asson, dans le crétacé supérieur. Le tout avec un parcours total qui n'a pas plus de vingt kilomètres. La g-rotte dite de Betharram est à l'est et en dehors de la vallée d'Asson proprement dite, dans un des petits massifs qui sépa- rent cette vallée de celle du g-ave à quatre kilomètres environ de la Chapelle. Du chemin qui y monte on peut voir h gauche les premières assises du crétacé supérieur, puis on trouve l'infra-crétacé repré- senté d'abord par des marnes fissiles bleuâtres et des grès fer- rugineux, paraissant appartenir à l'étage Aptien et, plus haut^ par des calcaires compacts, cristallins, de couleur foncée; c'est au sein de ces masses de calcaires que s'ouvre la grotte dans l'étag-e Urg-onien, le plus ancien du système crétacé des Pyré- nées, puisque le Néoconien proprement dit y fait défaut. A l'intérieur de la grotte, partout où la roche n'est point rnar- . quée par les incrustations calcaires, on la trouve formée d'une lumachelle pétrie de bivalves fossiles (Ostreas, Discerates, Requienias) et on peut la rapporter aux calcaires à Caprotines ou calcaires à Discerates de Dufrenoy. Sous le choc du marteau cette lumachelle rend une odeur fétide, due certainement aux produits de décomposition de la matière organique que contenaient les têts des fossiles. La dureté du calcaire encaissant ne permet pas de séparer même des fragments de ces fossiles; mais en certain point où l'action de Teau a été plus violente, les têts ayant mieux résisté que la roche aux frottements, forment sur les parois des saillies d'un gris plus foncé et dont il est possible de détacher des parcelles; leur état d'altération est évident, la texture est d'apparence fibreuse, la surface spongieuse et friable; traités par l'acide chlorhydrique, ils s'y dissolvent avec effervescence e,n laissant un résidu noirâtre, probablement de matière carburée. XXXVIII La partie supérieure de la grotte était seule connue avant 1886. lorsqu'avec quelques-uns de mes collèg-ues du Club Alpin Français et de la Société des Excursionnistes du Béarn, nous résolûmes de l'explorer complètement. Une description des mer- veilles de la grotte m'entraînerait trop loin. D'après l'avis de spéolog-ues distingués, c'est une des plus belles et des plus curieuses qui existent, les stalactites y sont innombrables et y affectent les plus monstrueuses formes. La grotte supérieure a six cents mètres environ de longueur. On y pénètre par un trou de renard orienté à l'est dans le flanc d'une petite montag-ne. Un étroit et tortueux couloir, un chaos d'énormes rochers tombés de la voûte lui font suite, et on débou- che dans une large et haute salle que des concrétions calcaires de grandes dimensions ont divisée en trois. Le chemin tantôt descend jusqu'au fond de la grotte, tantôt s'élève jusqu'à la voûte et contourne souvent en corniche k moitié hauteur les parois lambrissées de calcaires. Mais ce qui attira surtout mon attention et celle de mes collè- gues ce furent les nombreux puits qui s'ouvraient dans le sol de la grotte. Quelques-uns étaient peu profonds, simples poches d'argile; d'autres, au contraire, semblaient atteindre de grandes profondeurs. Bien que sans matériel spécial, n'ayant à notre dis- position que quelques mètres de cordes d'alpiniste, nous prîmes la résolution de les explorer immédiatement. Pendant deux ans, presque chaque dimanche, ce fut notre but d'excursion. Voici quels en furent les résultats. Au-dessous de l'étage supérieur de la grotte reliés par des puits verticaux de vingt à quarante mètres, se trouvent trois autres étages. Dans le dernier, sur un parcours de 1.600 mètres coule une rivière avec un, sourd murmure. Une étroite fenêtre à deux mètres au-dessus du niveau de l'eau nous permît d'y des- cendre après un trajet des plus pénibles où il fallut faire appel à toutes nos connaissances gymnastiques. Le cours de cette rivière est très varié; sa pente est douce et l'eau n'y roule point habituellement eu flots tumultueux. Sa température est de douze degrés. La galerie où elle coule présente à chaque pas des aspects dif- férents. Tantôt c'est un étroit et bas tunnel percé dans la roche vive, tantôt ce sont de hautes murailles dont l'œil perçoit à peine XXXIX la voûte formée d'éboulis. De loin en loin elle s'élarg-it et vers la fin de son cours, la rivière traverse deux admirables salles où les stalactites de toutes grosseurs ruissellent, en rang-s serrés, du plafond. Une des particularités de quelques-unes d'entr'elles est, qu'au lieu de se terminer en pointe, contrariées probable- ment par les eaux de la rivière, elles présentent à leur partie inférieure un vaste évasement. L'origine de cette rivière a été l'objet de nos recherches. Au sud de la grotte et au-dessus s'étend un grand plateau sur la surface duquel s'ouvrent de larges trous en partie bouchés et gazonnés et qui, dans le pays porte le nom de clottes. Ce sont, en petit, les avens des Cévennes. Les eaux provenant des pluies et de la fonte des neiges n'ont point sur ce plateau d'autre écoulement. Laclotte qui paraît être la principale origine de la rivière souterraine, figure sur la carte de l'état-major, au sud franc de Lestelle, à l'ouest d'une cabane nommée Extrem, dont la hauteur 480 mètres est la cote la plus rapprochée de cet endroit. Plusieurs petits cours d'eau y sont tracés se réunissant en un point central où ils disparaissent. Une perte, que subit au-dessus de la grotte un petit affluent du gave de Pau, le Brosson, dont le cours est voisin, semble égale- ment l'alimenter Au fond de la galerie inférieure, la rivière souterraine se perd dans un gouffre et pénètre dans un cinquième étage, à peu près inaccessible, situé à dix mètres en contre-bas et, à six cents mètres plus loin au nord, elle va former la source de Méiac, au niveau à peu près du gave de Pau. L'été dernier, M. Viré, attaché au Muséum de Paris, y a fait d'importantes découvertes. Il en a levé le plan et a constaté que les quatre premiers étnges sont à peu près exactement super- posés dans un même plan vertical, dans une même diaclase dont on retrouve les lèvres jointes au plafond et au plancher de cha- cun de ces étag-es. Le cinquième étage (le plus inférieur) est placé à angle droit des quatre premiers. De ces dispositions retrouvées dans la plupart des grottes pyrénéennes, M. Viré a tiré les conclusions suivantes : « 1° Les eaux souterraines des Pyrénées centrales se sont trouvées en présence d'une stratification très développée dans le sens horizontal, recoupées de petites diaclases verticales, ce qui XL a donné aux cavernes la forme de grandes galeries horizontales communiquant entre elles par de petits puits verticaux: » 2" Les diaclases qui ont donné aux cavernes leur direction sont toutes parallèles ou perpendiculaires à l'axe de la chaîne des Pyrénées et sont des cassures les unes cT affais!>ement (E. 0.). les autres de compression latérale (N. S.) ; » 30 Certaines vallées des Pyrénées ont été formées par l'action des eaux souterraines qui ont creusé des g-aleries dont les voûtes se sont peu à peu affaisées. » Le régime hydrologique est très variable : le niveau des eaux qui en temps normal esta cinquante centimètres monte, par les temps de pluie, à quatre-vingts centimètres en vingt-quatre heu- res, et des feuilles mortes prises entre les pointes des stalactites attestent que les eaux à certains moments atteignent 4 mètres. La faune semble en être riche et variée. Bien d'autres grottes existent dans les Pyrénées, beaucoup d'entre elles n'ont jamais été sérieusement examinées et étu- diées. Il semble qu'il y ait là pour l'activité de nos collègues un vaste champ de travail inexploré et fertile en richesses scientiti- ques et j'ai cru de mon devoir de le signaler à l'attention de la Société. M. Engerrand fait la communication suivante : Note sur un nouvel affleurement de falun situé dans la propriété de M. Figaneau, à Mérignae. Lors d'une promenade géologique faite à Mérignae, j'eus l'idée de rechercher si le falun n'affleurait pas dans la propriété de M. Piganeau. A cet effet, j'y pénétrai et après quelques diffi- cultés je réussis à trouver un certain nombre de fossiles qui démontrent l'existence d'une couche falunienue en cet endroit. A vrai dire, je n'ai pu rencontrer cette couche elle-même, qui se trouve masquée et recouverte par des formations récentes. Cependant, les coquilles nombreuses que l'on peut ramasser à la surface du sol, et la constitution pétrologique de ce dernier sont une preuve qu'elle existe à une certaine profondeur. En effet, cette terre de coulear jaune rougeâtre et légèrement argileuse, renferme une quantité considérable de fragments de Polypiers et XLI de coquilles TDrisées. D'ailleurs, en creusant un peu plus profon- dément, on constate l'abondance croissante de ces restes org-a- niques et l'allure de plus en plus falunienne de la terre sous- jacente. Malheureusement et comme c'était k prévoir, on ne m'a pas permis de faire des fouilles en règ-le qui eussent bouleversé les massifs et les plates-bandes. Voici la liste des espèces que j'ai pu ramasser : Conus, sp. Oliva Bastpj'otma, Def. Dorsonum Desliayesi, May Pollia, sp. Potamides plicatus, Brug-. Turritella terebralis, Lmk. elongata. Melaiiopsis aquensh Grat. Natica aqidtcmica Tourn. Neritina Ferus&aci, Recluz. Ostrea cyatlmla^ Lmk. Pectiinculus cor, Bast. Pectiinculus, sp. Cardita rusticana, Mayer. Meretrix Panlina, Mayer. Chama Brocchii, Desli. Venus islandicoides, Lmk. var. Do7iax transversa, Desh. Lncina ornata, k^. Liicina dentata, Bast. Dentalium llurdigalinum, Hlayer. Astrea elUsiana^ Defr. Une autre espèce de Polypier indéterminée. L'ensemble de cette faune montre nettement qu'elle n'appar- tient ni à l'Aquitanien supérieur ni au Burdig-alien inférieur, rig'oureusement parlant. Il y a des espèces caractéristiques de ces deux niveaux qui se trouvent mélang-ées en proportions à peu près ég"ales, de sorte qu'il est très difficile de déterminer exacte- ment son âge. Tout ce que l'on peut dire, c'est que cette couche est du groupe de celles qui affleurent dans la propriété de M. Baour et de toute une série d'autres affleurements découverts récemment et dont une étude détaillée est actuellement entre- prise. C'est ce que démontrent le mélange des espèces aquita- niennes et burdigaliennes et la présence d'espèces d'eau douce. Il y a une différence très nette entre la faune de cette couche, ou pour mieux dire, entre l'ensemble des faunes recueillies dans les communes de Pessac, Mérignac, Gajac et Saint-Médard-en Jalles et celles qui sont si bien développées à Lariey et dans la vallée du Guâ-Mort. Si l'on admet que ces dernières soient réellement d'âge aquitanien supérieur, il est impossible que les premières soient exactement de la même époque. Or, comme celles-ci ne sont pas non plus du Burdigalien inférieur lequel a une faune XLII bien différ^înte à Saucats, il faut admettre que les couches de Mérignac, Pessac, Gajac et Saint-Médard-en-Jalles sont des horizons de passag-e entre Tlquitanien et le Burdig-alien. Il semble qu'à Mérignac les dépôts se soient faits autrement qu'à Saucats, d'une manière continue et sans interruptions. Nous reviendrons d'ailleurs, en détail, sur cette intéressante question. Séance du 4 mai 1898. Présidence de M. df, Nabias , Président. ADMINISTRATION M. le Président annonce à la Société que le Conseil a élu M. le docteur Sabrrazès, membre du Conseil et secrétaire g-éné- rai. Il se félicite de l'heureux choix qui vient d'être fait. M. PÉREZ fait hommage à la Société d'une brochure intitulée : Espèces nouvelles de Mellifères de Barbarie. MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur avis favorable du Conseil est élu membre titulaire : M. Marcel Neuville s'occupant de paléontologie, présenté par MM. Eng-errand et Breignet. COMMUNICATIONS Sur rapport de M. de Loynks, la Société vote l'impression dans ses Actes : D'un travail de M. le docteur Nylander, membre honoraire : Sur les Lichens des lies Açores. (V. t. LUI.) D'un travail du Frère Gasilien, membre correspondant : Sur les Lichens du Plateau central. (V. t. LUI.) M. PÉREZ fait la communication suivante : Dans une communication faite à la Société Linnéenne, le 15 décembre dernier, et qui avait échappé à mon attention, xinr M. Kûnstler donne une citation de M. Biitschli, où je suis pris vivement à partie par ce savant, pour avoir énoncé une concep- tion autre que la sienne de la nature des Bactéries, et surtout pour avoir déclaré que ses expériences sur la mousse d'huile et de carbonate de soude ne peuvent nous fournir aucun rensei- gnement sur les phénomènes dont le protoplasme vivant est le sièg'e, et sont dénuées de toute portée biologique (l). M, Kiinstler qui, bien plus durement que moi, a essuyé jadis les aménités du naturaliste allemand [2), veut bien reconnaître que celui-ci a été trop loin à mon endroit. Je remercie très sincèrement M. Kûnstler de ce témoignage de sympathie. Mais grande a été ma surprise de me voir donner le titre de disciple de Biitschli. Je n'arrive point à comprendre d'où pourrait me venir cette qualité. Serait-ce parce que j'accepte avec empres- sement la preuve donnée par ce savant de la présence de noyaux dans les plasmodies ? Il y a longues années que la notion de protoplasme sans noyau est tenue par moi pour une erreur. A l'époque, hélas 1 trop lointaine, où j'écrivais ma thèse, en 186 '>, j'affirmais déjà, contrairement à l'opinion générale, la conviction que la cellule ovulaire ne perdait point complètement son noyau, la vésicule germinative, avant la segmentation (3). Personne n'en doute aujourd'hui. Depuis, je n'ai cessé de m'élever dans mon cours — mes élèves peuvent en témoigner — contre la notion de cytode ou cellule sans noyau, et d'affirmer ma conviction que des noyaux seraient infailliblement constatés tôt ou tard dans les monères de Hàckel, dans les plasmodies, dans les champi- gnonSj etc. C'est donc avec une vive satisfaction que je devais accueillir les preuves de l'exactitude de mes prévisions. On voudra bien m'accorder que je ne saurais être pour cela considéré comme le disciple de Bùtschli, pas plus que de Zopf, ou de tous les savants, en un mot, qui ont montré l'existence d'un noyau dans des êtres ou des cellules où va sa présence ait (1) J. Ferez. Protoplasme et noyau {Soc. des se. phys. et nat. de Bor- deaux, 18~4). (2) V. Archives de zoologie de Lacaze Duthiers, 2e série, t. I, 1883. (3) J'ai même, avec beaucoup d'autres naturalistes, suivi le sort de cette vésicule dans un cas particulier. V. J. Pérez : Sur les phénomènes qui précè- dent la segmentation chez l'tleVw aspersa {Journal de Vanat. et de la physiol- de Ch. Robin, t. XV, 1879). XLIV été niée, et apporté une démonstration que j'avais depuis longtemps prévue. M. le Président est heureux de rendre témoignage à M. Pérez et se félicite d'avoir entendu le résumé fidèle et substantiel des savantes leçons qu'il a suivies autrefois à la Faculté des sciences. M. Beille, qui a également suivi les cours de M. Pérez, s'associe aux paroles de M. le Président. M. PÉREZ dit ensuite qu'il a rencontré, le 10 avril, dans les fleurs de Lathrœa clandestijia, au bord du Rébédech, où cette plante abonde, quelques exemplaires du Liosoma pr/renœiim, déjà observé dans les mêmes conditions à Bègles, par notre collègue M. PJyquem. Ce curculionide était peu abondant. Par contre, deux staphylinides, VOmalium rivuhire, le Proleuius hrachyptenis, pullulaient dans ces fleurs ; il s'y trouvait aussi quelques individus de VEpurœa œstiva. — Enfln M. Pérez signale une omission au Catalogue des Coléoptères de la Gironde de M. Bial de Bellerade, celle d'un intéressant et rare carabique aveugle, VAnillus cœcus, trouvé, il y a une quarantaine d'années, aux environs de Bordeaux, par Ch. Lespès. (V. Faune des Coléoptères de France^ de Fair- maire et Laboulbène.) M, PiTARD fait une communication sur le Polymorphis^ne des inflorescences d'otnbellifèrQS dans lequel il traite : 1° Du triple polymorphisme des axes floraux; 2" Des variations anatomiques et morphologiques des axes floraux réunis en ombelles. M. le Président félicite M. Pitard de cet intéressant travail. M. Beille s'associe aux éloges de M. le Président et demande quelques explications sur les variations des pédicelles de l'ombelle, M. Pitard répond que ces variations sont dues souvent à la pression des pédicelles les uns sur les autres. La Société vote l'impression de ce travail dans ses actes. (V. t. LUI.) XLV M. le Président donne lecture d'une communication qui a été adressée par M. Brown et qui n'est parvenue à la Société que le lendemain de la dernière séance. Note au sujet de « Drepana curvatula » Bkh. Dans le compte rendu de la 78^ fête linnéenne, célébrée à Salles et Facture, le 28 juin 1896 (Vol. L, p. 81 des Procè.s- verbaux), j'ai sig-nalé, à tort, Drepana curvatula Bkh., comme m'étant éclos d'une chenille trouvée sur l'aulne, au cours de l'excursion. Un sujet authentique de curvatula, provenant de Lourdes^ que m'a, depuis, soumis M. Gouin, me permet de rec- tifier cette erreur. Mon échantillon ne se rapporte pas à cette espèce, mais bien à Drepana falcato.ria L, et je n'ai même jamais encore rencontré curvatula dans nos environs, ni ailleurs, bien que Rog'er l'indique comme « commun dans nos bois de chênes» et que Trimoulet, qui semble avoir confondu les deux espèces, le sig-nale, à -l'exclusion de falcataria qu'il omet, « des bois de chênes et des haies d'aulnes » de Pessac et de Mérig-nac. (1) Duponchel donne, comme nourriture à la chenille de falcataria « le bouleau, l'aulne, le tremble, le saule et le chêne » ; pour ma part, je n'ai encore rencontré cette chenille que sur l'aulne et le bouleau, et la chenille vivant sur ce dernier arbre, ainsi que le papillon qui en provient, diffèrent tellement de la chenille et du papillon de l'aulne que je m'étais cru, jusqu'ici, en présence des deux espèces susnommées. En effet, la chenille que l'on trouve sur l'aulne, parfaitement figurée par Wilson,est d'un beau vert avec la région dorsale rouge, et son papillon est d'un ton sensiblement plus foncé que sur la figure de Hûbner, pi. 11 (et non 2, comme l'a inscrit, à tort, Duponchel), fig. 44, avec les ailes inférieures de la même nuance que les supérieures, ou peu s'en faut; tandis que la chenille du bouleau a le dos brunâtre, marqué de taches jaunes arrondies et son papillon ressemble à celui figuré par (1) Depuis que ces lignes ont été écrites, j'ai retrouvé une note d'autrefois, que j'avais perdue de vue et dans laquelle je constate que j'ai vu, de mes yeux, dans la collection Trimoulet, Drepana falcataria étiqueté Curvatula, ce qui établit bien positivement la confusion dont je parle plus haut. XL VI Hûbner, c'est-à-dire qu'il est d'une nuance sensiblement plus claire, surtout aux ailes inférieures. Au reste, ci/rvati/la ne semble g-uère plus commun aux envi- rons de Paris que chez nous, car Duponcliel dit expressément ne l'y avoir trouvé qu'une seule fois, dans le bois de Verrières. L'avons-nous réellement ici ? je me prends à en douter et me permets d'en recommander la recherche à mes confrères en entomolog-ie I M. le Président donne lecture d'une communication de M. Billiot sur la coupe d'un puits artésien foré chez M. Frugès, quai Sainte-Croix à Bordeaux, et sur la présence du pétrole dans le Sud-Ouest de la France. La Société décide que ce travail sera inséré dans ses Actes. (V. t. LUI.) Séance du 18 mai 1898. Présidence de M. Motelay, membre le plus ancien. CORRESPONDANCE M. Ferton adresse un mémoire sur Bonifacio à l'époque néoli- thique. Renvoi à une commission spéciale dont M. Lalanne est nommé rapporteur. Lettre de la rédaction du Bulletin de la Presse demandant l'échang-e. Renvoi à une prochaine séance. ' COMMUNICATIONS M. DE LoYNES donne lecture d'un travail de M. Arnaud inti- tulé : Observations sur le Cidaris pseudopistillum, Cotteau. La Société en vote l'impression dans ses Actes. M. DE LoYNEs donne lecture du compte rendu botanique de l'excursion faite le ]«■■ mai dernier à Coutras : L'excursion que vous aviez fixée au P'' mai devait s'accomplir presque en totalité dms la commune de Coutras. Elle avait XLVII attiré un assez grand nombre de nos collèg-nes, parmi lesquels les entomolog-istes étaient en majorité. A. la g-are de La Bastide nous nous trouvions réunis au nombre de sept : MM. Bardié, Brascassat, Daydie, Eyquem, Gouin, Lambertie, de Loynes. Deux volontaires se joig-naient à notre troupe et M. Breignet devait se rendre à Coutras par un autre train pour prendre part à l'excursion entomologique. A l'arrivée à lag^are de Coutras, nous nous séparons, les ento- mologistes pour se diriger vers Abzac, dans le but d'explorer les prairies qui bordent l'Isle, les botanistes pour prendre la route de Saint-Antoine et se rendre à Saint-Médard-de-Guizières. M. Eyquem se joint aux entomologistes et nous rapportera une liste de plantes que je comprendrai dans le compte rendu bota- nique de l'excursion. Les résultats de notre exploration confirment absolument les constatations antérieures et nous n'avons à vous signaler aucune plante nouvelle. Ce n'est pas à dire pour cela que notre excur- sion n'ait pas été intéressante. Nous avons eu la satisfaction de récolter des espèce^ rares et de faire quelques observations curieuses. Les environs de Coutras ont été souvent explorés par nos devanciers, et le soin qu'ils ont apporté dans leurs recher- ches ne nous laisse plus que la possibilité de glaner; nous ne pouvons, après eux, vous apporter que quelques fruits bien rares et dont une minutieuse observation fait la seule valeur. A peine avons-nous quitté la g-aré et pris le chemin qui conduit au pont du chemin de fer, que nous observons dans les haies qui limitent la voie ferrée et sur le talus de la tranchée VAnthriscus Cerefolium Hoflfm. Cette plante, évidemment échappée des cultures, croî!; dans toutes les haies aux environs de Coutras. Sa diffusion et les circonstances qui l'accompag-nent nous porteraient à penser qu'elle tend à devenir subspontanée dans la région. Nous franchissons le chemin de fer et dans un champ inculte où nous faisons une longue station, nous récoltons la variété minor du Montia fontana L., déjà parvenue à son complet déve- loppement et à maturité, les Myosotis versicolor Pers. et hispida Schleht, le Lycopsis arvensis L., le Mibora minima xldans., passé depuis long-temps et dont il ne reste que des débris, le Centaurea cyanus L., le Fwnmria offidnalis L., le VerovJca arvensis L. Nous y observons un Riimex acetoselta L, dont le périanthe XLvin n'a pas subi complètement sa transformation caractéristique. Tandis que ses enveloppes extérieures présentent ou à peu près leur forme normale, les étamines et les pistils ont disparu et sont remplacés par une petite feuille lancéolée ou oblong-ue, extrêmement étroite, atteig-nant quelquefois un centimètre. La plante revêt ainsi un aspect des plus curieux. Nous rencontrons également dans le même champ le Coringiola telephiifolia Pourr., croissant avec le Corrigiola littoralis L., dont il est facile de le disting-uer par ses rameaux floraux absolument nus et dépourvus de feuilles, par ses feuilles caulinaires obovales ou oblong-ues et épaisses, ainsi que par la membrane blanche non argentée qui borde ses sépales. Observée d'abord d'une manière exclusive dans le Midi et principalement dans la rég-ion méditerranéenne, cette plante a été depuis un certain temps reconnue dans le.Sud-Ouest. Lloyd ne la sig-nalait pas dans la Charente-Inférieure, oii elle n'a été découverte que dans ces dernières années par notre collègue M. Foucaud. L'existence de ces deux formes avec des transitions plus ou moins caractérisées dans un même champ, nous porte à penser qu'il n'y a là qu'un seul stirpe linnéen représenté par deux formes. Dans la haie qui borde la route à g-auche, un Primus appelle notre attention par la coloration de son bois très foncée et par la vigueur de sa végétation. Ses feuilles obovales, oblongues, ses pédoncules souvent solitaires, quelquefois géminés et toujours g-labres, et ses jeunes rameaux pubescents nous porteraient à le ranger dans le P?nim(s friUicaiis Reich. Il semblerait dès lors se rattachera la série B siibimiflorœ de Clavaud {Actes de la Société linnéenne, t. XXXVIII, 1884, p. 602). Mais il nous est impossible de nous prononcer à cet ég"ard sans avoir vu ni les fleurs, ni les fruits mûrs. Car dans la diagnose qu'il donne de ses deux séries, Clavaud les distingue : 1° par les pédoncules qui sont chez les subuniflorae en partie géminés, le plus souvent solitaires, les uns et les autres absolument glabres, chez les subbiftorse la plupart géminés, souvent pubescents, rarement tout à fait glabres ; 2° par des caractères tirés des fruits et des fleurs, et que nous ne pou- vons pas vérifier actuellement. 11 observe aussi que les jeunes rameaux des subbiflorœ sont pubescents veloutés, ou pubescents, ou glabrescents, ou glabres. Enfin, les sabuniflorse sont des arbrisseaux épineux dans leur partie inférieure, généralement XLIX élevés et les subbiflo)'3e des arbustes ou arbres, peu ou point épineux. Si le Prwius que nous avons observé appartient, comme semblent porter à le croire les caractères sig-nalés, à l'une de ces séries, il pourrait bien se rattacher à la section des plantes dont les jeunes rameaux sont franchement pubescents. Clavaud n'avait pas alors trouvé de représentants de cette série. Il affir- mait qu'on en découvrirait certainement. Les constatations que nous vous apportons paraissent confirmer de la manière la plus absolue les prévisions de notre collèg-ue. C'est donc une étude à faire que nous vous proposons, non une affirmation que nous produisons devant vous. Poursuivant notre route, nous parvenons à Eyg-reteau et nous récoltons dans une pelouse rase le Trifolium mbterraneum L., dans les prairies le Saxifraga granulata L. si remarquable par son corymbe paniculé, par la grandeur et la blancheur de ses fleurs que notre collègue M. Eyquem rapportera également des prairies sablonneuses qui avoisinent Coupérie. Nous pouvons aussi récolter en parfait état (fleurs et fruits) et en magnifique^ échantillons le Lepidium Smilliii llooker, forme du L. hetero- phyllmn Bentham. Nous observons enfin VOrchis Mo?io L. pas- sant, par tous les degrés de coloration, du rouge vif au blanc à peine légèrement lavé de rose. Dans un terrain inculte et dans la partie d'une prairie qui avoisiue du plus près une carrière d'ocù l'on a extrait de la grave ou du sable^ nous pouvons récolter le Mœnchia erecta Rchb., cette forme du Cerastmm glaucum Gr. que nous possédons seule et que Clavaud signale sans indiquer aucune localité, le Sera- pias lingua L., VOphrys aranifera Sm., V Astrocarpus Cliisii Gay, Vlsoetes hystrix DR., le Ranunculus chxrophyllos L. en boutons, VOroôanche mi?îor Sutton, le C arpx p?-âSCOx J'àcq., YAlopecurus bulbosus L. et dans une petite mare le Cardamine parviflora\i.:^ le Ranunculus aquatilis Godron, submersus Clvd. et le Ranun- culus trichophyllus Chaix, Capillaceus Thuill. Nous ne tardons pas à quitter la route pour suivre le chemin qui conduit aux Grands Rois et nous diriger vers le village de Lamothe. Nous espérons trouver le Thalictrum aquilegifoliwn L. qui a été signalé dans cette localité par M. l'abbé Lussac. Mais l'heure s'avance; la nature réclame ses droits. Nous passons rapi- ProcÈs-Verbaux 1898. — T. LUI. 4 L dément; nous n'avons pas le loisir d'explorer ces localités et sur- tout les coteaux des bords de l'Isle, dont les pentes abruptes offriraient un vaste champ à nos recherches. Nous pressons le pas et nous arrivons enfin à Saint-Médard-de-Quizières, où nous pouvons déjeuner vers une heure de l'après-midi. Nous reprenons ensuite notre exploration. Dans un mur, nous récoltons VOxalis corniculata L., corniculata Jord. ; dans un ruisseau qui passe près de Saint-Médard-de-Guizières, nous observons Y Azolla fiUculoides Lam., dont la sphère de dispersion s'élargit chaque jour. Dans les prairies et les fossés qui les clô- turent, nous pouvons récolter VOrchis laxiftora Lamk., \e Ranun- culus acris L., ^o?•<»a?^^^s Jord., le Senecio aquaticKs'H.nds., le Nasturtium ampliibium R. Br. Nous recueillons ensuite le Carda- mine impatiens, L. et nous parvenons au bord de l'Isle que nous allons suivre jusqu'au Moulin de Lapouyade. Les prairies sablon- neuses, que nous traversons et qui sont desséchées par un soleil très ardent, ne nous offrent aucune plante qui mérite d'être signalée. Nous dirons seulement qu'elles sont constellées par les fleurs éclatantes du Saxifraga granulata L. Dans la rivière, nous remarquons le Ranunculus divaricatus Schranck, le Polygonum amphibiiim L. et le Ranunculus fluitans Lamk. avec des fleurs magnifiques. Enfin, nous sortons de cette prairie et dans un chemin envahi par un léger filet d'eau de deux ou trois centimètres de profon- deur, nous remarquons un Ranunculus fluitans h^mk. dont la tige assez allongée flotte au courant et porte de très belles fleurs. A côté, dans le sol pierreux et humide croît un Ranun- culus terrestre qui est manifestement le R. fluitans. C'est la pre- mière fois qu'il nous est ainsi donné de l'observer exondé. Clavaud^ qui signale cette variété sous le nom de tetrestris, dit que la tige est courte et dressée, que les lanières des feuilles sont courtes, épaisses, ordinairement plus ou moins dilatées au sommet. Les échantillons que nous avons observés répondent exactement à cette description. Ils n'étaient pas fleuris. Nous revenons à Saint-Médard-de-Guizières : nous y remar- quons en passant le Lepidium graminifolium L. et nous ne tardons pas à reprendre le train qui nous ramènera à Bor- deaux. Ll Liste des plantes récoltées par M. Eyquem dans l'excarsion faite sur la route d'Abzac : Fumaria officinatis L., champs cultivés. Lepidium draba DO., prairies. Lychnis flos-cuculi L., prairies. Sarothamnus scoparius Wim., haie. Cytisus laburniim L. (cultivé), g-are de Coutras. Vicia lutea L., prairies. Vicia sepium L., prairies. Lathyrus sphœiicus Retz, prairies. Bryonia dioica Jacq. (pied femelle), haie. Saxifraga granulata L., prairies. Galiiim cruciata L., haie. Senecio jacobea L., prairies. Myosotis pahistris With., prairies humides. Veronica ckamxdrys L., prairies ombragées. Ajugareptansh., prairies ombragées. Serapias lingua L., prairies ombragées. Orchis morio L., prairies ombragées. Orchis iistiilata L., prairies ombragées. Orchis laxiflora Lamk., prairies ombragées. Orchis latifolia L., prairies ombrag'ées. M. Breignet signale la présence à Bordeaux, sur des pieds de glycine de Kermès dont il montre de^ échantillons et qui appar- tiennent, d'après M. Dubois, à l'espèce Leucanium persicss Geoffroi. M. Lataste montre les mâles de Margarides mtium Giard, cochenille qui cause au Chili des dégâts très importants à la vigne. Il se réserve d'insister, dans une séance ultérieure sur la biologie de ce parasite. M. Lataste fait passer sous les yeux de ses collègues des vers luisants provenant de Cadillac. Il a remarqué la fréquence actuelle des espèces blanches, qui étaient autrefois, il y a une dizaine d'années, relativement plus rares que les espèces noires. M. Beille montre un champignon pesant 4 kil. 300 et ayant un diamètre de 50 centimètres. C'est un Lycoperdon giganteum trouvé à Talence sur des racines d'érable. LU M. DE LuETKENS présente des échantillons de Daphne Cneorum et déclare que cette espèce est très répandue dans les landes de Saint-Laurent. Séance du 2 juin 1898. Présidence de M. de Nabias, président. CORRESPONDANCE Lettre de la Société entomolog-ique de France annonçant à la Société linnéenne son admission au nombre de ses membres. Lettre de M. Carès annonçant qu'il cesse la publication de l'annuaire g-éologique et remerciant la Société de lui avoir fait rég-ulièrement le service de ses Actes. Circulaire invitant MM. les membres de la Société à participer au Cong-rès des pêches maritimes, d'ostréiculture, etc., qui aura lieu à Dieppe, du P"" au 5 septembre 1898, sous la présidence de M. E, Perrier. ADMINISTRATION Sur la proposition de M. Brascassat, il est décidé que la fête linnéenne sera célébrée le 26 juin à Saint-Médard-en-Jalles, localité facilement accessible et très favorable aux recherches entomologiques, botaniques et géologiques. COMMUNICATIONS M. Lalanne donne lecture du rapport suivant sur le travail de M. Ferton déposé à la précédente séance : J'ai été chargé de vous présenter un rapport sur un mémoire de notre collègue M. Ferton, ayant pour titre : Sur l'Histoire de Bonifacio à l'époque néolithique. M. Ferton a découvert, sur l'emplacement même où est bâtie la ville de Bonitacio, des silex portant des traces d'une taille inten- tionnelle et une grande quantité d'éclats qui témoignent que sur ces points furent établis de bonne heure d'impoitants ateliers. Rares ou inconnus dans les vallées, ces ateliers étaient nombreux à la surface des plateaux et les deux plus considérables se trou- LUI valent sur l'emplacement de la citadelle actuelle et au Campo romanello ; situations qui s'expliquent suffisamment par le voi- sinag-e d'un cours d'eau. Les outils et les armes qu'on a rencon- trés appartiennent à l'âg-e de la pierre polie, autrement dit à l'époque robenhausienne. Les vestig-es de l'industrie mise à jour consistent en un seul fragment de hache polie^ en pointes de flèches à pédoncule et h double barbelure, couteaux, g-rattoirs, perçoirs et frag-ments de poteries g-rossières. Tous ces objets sont mélangés à des amas de coquilles qui forment de véritables débris de cuisine composés principalement d'huîtres, de bucardes et de big'orneaux. Ce qui contribue à donner une valeur toute particulière au travail de M. Ferton, c'est que notre collèg-ue a eu la bonne fortune d'explorer un abri sous roche néolithique dans lequel on a trouvé le squelette d'un homme de l'époque et les ossements d'un petit lièvre aujourd'hui disparu, le Lagotnys corsicanus Cuv., qui remonterait à l'époque pliocène. Ce serait donc vers la fin de l'époque pliocène que la Corse se serait détachée du conti- nent, et c'est à la faveur de cet isolement que le Lagoimjs corsi- canus Cuv. s'y serait maintenu jusqu'à l'époque néolithique. Le travail de M. Ferton est très instructif, et il touche à quel- ques-uns des points les plus obscurs de l'histoire de la Corse sur laquelle il jette une certaine clarté. Les vestiges de l'industrie de ses anciens habitants dissimulés sous une couche de limon et contemporains d'une espèce animale disparue nous montrent que dans la Corse l'homme néolithique s'est installé dès la plus haute antiquité. Le travail de M. Ferton ouvre une voie nouvelle dans laquelle les chercheurs n'auront qu'à s'avancer pour arriver à des trou- vailles de plus en plus merveilleuses et la Société linnéenne doit remercier notre collèg-ue d'avoir songé à lui communiquer le fruit de découvertes qui font honneur à sa sagacité et qui ne sont certainement que le prélude de travaux plus considérables. Conformément aux conclusions de ce rapport, la Société vote l'impression, dans ses Actes, du travail de M. Ferton. M. Barbie présente des photog-raphies de la grotte de Pair- non-Pair commune de Marcamps, prises au cours de la dernière excursion de la Société. LIV M. Lambertie fait passer sous les yeux de ses GoUèg-ues des mouches qu'il a récoltées au cours de la même excursion et qui semblent se fixer plus particulièrement sur les vignes blanches. Séance du 15 juin 1898. Présidence de M. dk Nabias, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. le Président de la Société des sciences naturelles de l'Ouest, demandant à la Société de lui envoyer quelques volumes qui manquent à sa collection. Lettre de M. le Secrétaire général de l'Association française pour l'avancement des sciences accusant réception de quatre volumes de V Index bryologicus. ADMINISTRATION Au nom de la commission spéciale, MM. Brasoassat et Durand indiquent les conditions dans lesquelles sera organisée la fête linnéenne qui doit être célébrée à Saint-Médard-en-Jalles le 26 courant. COMMUNICATIONS M. DE LoYNES donne lecture d'un nouveau travail de M, Arnaud intitulé Brissopneustes atiirensis. La Société décide que ce travail, accompagné d'une planche, sera inséré dans les Actes. M. Brown a envoyé la note suivante : Je viens signaler, de nos environs presque immédiats, deux Géomètres intéressantes qui n'avaient^ jusqu'ici été rencontrées, dans notre département, qu'à de grandes distances : La première est Asthena anseraria H. S. dont j'ai pris un sujet unique, à Bijoux, commune de Birac, dans le Bazadais, le 3 juin 1883, dans une excursion trimestrielle de la Société, et dont il m'est éclos un papillon ?, le 18 mai de cette année, de Tune de deux chenilles trouvées, le 15 septembre 1897, à Lignan, sur le Sanguin {Cornus sanguinea). LV La deuxième est Synopsia sociaria Hûbn. qui n'était repré- sentée jusqu'ici dans notre département, à ma connaissance du moins, que par un échantillon unique et complètement défraîchi que j'avais pris, de raccroc, en août 1865, à Casseuil, dans Tinté- rieur d'une maison et dont deux ^ me sont éclos, le 30 mai écoulé et le 2 juin courant, de deux chenilles trouvées, ég'ale- ment à Lig-uan, mais le 25 avril dernier, l'une sur la ronce {Riibus sp ?), l'autre sur le prunellier {Prunus spinosa). M. MOTELA.Y a reçu des Pyrénées-Orientales des fossiles qu'il a envoyés à M. Degrang-e-Touzin, en le priant de les déterminer. Ce sont des polypiers du genre Cyclobitis. Ils proviennent d'un étage du terrain crétacé. M. PiTARD a trouvé ces mêmes fossiles dans le crétacé de la Charente. Séance du 6 juillet 1898. Présidence de M. Durègne^ vice-président CORRESPONDANCE Demande de souscription à un ouvrage sur r Electricité des animaux et des plantes, publié par un Comité de savants alle- mands sous la présidence de M. Hermann, Invitation de la Société française des^rosiéristes à son prochain Congrès. ADMINISTRATION M. Pachon est délégué pour représenter la Société au Congrès annuel de l'Association française pour l'avancement des sciences qui aura lieu à Nantes, dans le courant du mois d'août. La Société décide que sa prochaine excursion aura lieu à Cazaux le 17 courant. M. Breignet ayant entendu dans une précédente séance M. Lataste exprimer le reg'ret que la Société n'eut pas de micros- cope à sa disposition est heureux de pouvoir offrir celui qu'il possède. Au nom de la Société, M. le Président remercie M. Breignet de ce nouveau témoignage de son dévouement. LVl COMMUNICATIONS M. Beille présente un champig'non rencontré par M. Brunot, de Saint-Médard-en-Jalles sur des résidus de plantes macérées ayant servi à la préparation d'un vin tonique. Il s'agit d'une espèce appartenant au g-enre Schizophyllum. M. Beille fera des tentatives de culture. M. PiTARD présente un rapport sur l'exposition organisée par la Société nationale d'horticulture, à l'occasion du Congrès auquel M. Pitard avait été délégué pour représenter la Société linnéenne. Compte rendu de l'Exposition du Congrès d'horticulture de Paris. (Mai 1898.) Si j'ai accepté l'agréable mission de représenter, avec mon collègue M. Paclion, la Société linnéenne de Bordeaux à l'Expo- sition d'horticulture de Paris^ je dois vous rendre compte de mon mandat. Ce sera d'ailleurs pour moi une nouvelle occasion d'offrir à notre sympathique président M. de Nabias et h mes collègues, tous mes remerciements, et d'exprimer l'admiration que j'ai éprouvée en présence des merveilles de l'expositijn du mois de mai dernier. Sans doute je suis tout à fait inapte, au point de vue horticole, à apprécier à leur juste valeur les genres et variétés nouvelles qu'il m'était donné de contempler pour la première fois ; je vais donc vous retracer mon admiration, moins en horticulteur qu'en botaniste, heureux de rencontrer d'innombrables plantes rares, intéressantes au point de vue morphologique ou physiologique. Je laisse à d'autres, initiés aux mystères de l'horticulture, l'art de prédire la fortune qui attend chaque espèce nouvelle, ou de décréter le classicisme de son coloris. A l'angle des Tuileries, entre la place de la Concorde et la rue de Kivoli, parallèles à cette dernière, se dressent deux tentes spacieuses : l'une d'elles, la plus grande, donne asile aux plantes d'ornement diverses, aux- Orchidées, aux fleurs coupées, etc. Dans la plus petite sont réunies toutes les collections de rosiers. L'entrée principale donne à l'une des extrémités de la grande LVII salle et offre un splendide coup d'œil. A droite de grands Rhodo- dendrons couverts de fleurs : ce sont ceux de M. Mpser qui reçurent le grand prix d'honneur, A leur suite viennent des Azalés de toutes nuances, puis une collection de Cactées fleuries, de haute taille et d'une culture parfaite. A g-auche s'étagent les séries de plantes d'ornement : grands Palmiers, Cycadées rares ou de taille remarquable, Fougères arborescentes, Clématites de toutes couleurs, etc. Au milieu, dans les pelouses tracées à l'anglaise, des corbeilles de fleurs ; enfin au fond, une cascade artistique contre laquelle deux rampes conduisent à la partie supérieure de la salle, réservée en g-rande partie aux fleurs coupées. Parmi les massifs de fleurs de la grande salle, mentionnons surtout de splendides séries d'Orchidées, merveilleux Cypripe- dîum, Cattlei/a, Ondotoglossiim, Phalœnopsis, Phajus, Lœlia, etc., couverts d'innombrables grappes de fleurs, le plus souvent déli- cieusement odorantes. Sur quelques espèces, il était possible de contrôler à des moments divers de la journée, les variations bien connues de leur parfum : Lœlia anceps exhalait une vive odeur de tubéreuse le matin, de gardénia le soir; Hlialœnopsis Scliille- riana de muguet durant la matinée, de rose vers la fin de la journée. Mêmes remarques pour ceYtmns Fi/ u??i7îa et Vanda dont le parfum de violette ou de cuir froissé était très perceptible le matin et les mêmes fleurs dans la soirée exhalaient une violente odeur de narcisse ou d'iris. Dans toutes ces espèces, le parfum semble d'ailleurs devenir plus intense dans l'après-midi. A côté de ces diverses variétés, d'autres présentent une odeur plus fixe et imitent avec une grande perfection les parfums bien connus de rose (divers Odontoglossitm, TrichopHia), d'aubépine {Cattleya aurea, Odontoglossimi odoratum), de jasmin {Epidendrum fra- grans), de vanille {Vanda siiavis, divers Dendrobium et Phalœ- nopsis), etc. Enfin dans les endroits chauds, le parfum n'était plus le même que dans les endroits plus frais; il variait aussi d'une fleur fraîchement épanouie à une fleur déjà passée. Puisque nous parlons d'Orchidée, signalons surtout Zygopcta- lum Penenardi et Phajus Colsoni de M. Beraneck, Cattleya spe- ciosa nivea de M. Dazon-Villiers, Cattleya purpurata de M. Bien, les séries de MM. Joubert de l'Hyberdriè, Garden, Cappe, et les Cypripedium dB M. Magne. A côté des Orchidées, mentionnons LVIII Acalypha Sandei^i de M. Sander, Amaryllis Président Faure de M. Béraneck, aux long-ues fleurs roug-e brique rayées or, les séries de Caladium du Brésil de MM. Cayeux, Leclerc et Torcy Vannier dont les larges feuilles multicolores sont si diversement veinées et marbrées, la collection de Gloxinia de M. Vallerand, aux fleurs veloutées, rayées et tachetées de mille nuances, d'ailleurs fort admirées, ainsi que leurs variétés si nombreuses, de Tydœa, Nœgelia et Acliimenes. Notons aussi les séries de splendides plantes d'ornement de M. Chantrier avec de superbes échantillons de Nepenthes, Sarracenia^ Palmiers, Broméliacées rares, etc., les beaux exemplaires de Crotons de M. Cappe, de remarquables séries de Bégonia tuberculeux à corolles immenses variant du jaune brillant au roug-e le plus vif, les Canna de M. Dupanloup et un remarquable massif de Pelar- gonium zonale d'une culture irréprochable. Au fond de la salle s'élève un rocher rustique; sur ses pentes nous découvrons, avec plaisir, une splendide série de plantes alpines de MM. Vilmorin-Andrieux et Magne, Peu de plantes nous ont paru dans nos excursions plus agréables que les plantes des hautes altitudes; elles ont gardé, même sous le climat pari- sien, leur petite taille, le coloris accentué de leurs pétales et la suavité de leur parfum. Nous sommes seulement étonnés de surprendre à côté des fleurs épanouies en cette saison, des espèces que nous sommes habitués à ne récolter en pleine florai- son qu'au mois de juillet ou d'août à la même exposition et à la même altitude que les précédentes. Signalons surtout de nom- breux spécimens de Saxifrages et Crassulacées diverses, Myo- sotis, Trollius, Valeriana, Ramondia, Ajidrosace, etc. Au milieu de ces plantes alpines et pyrénéennes, nous remar- quons aussi quelques échantillons de la flore des hauts pâturages de Himalaya. En somme superbe série, qui faisait le plus grand honneur à M. Vilmorin-Andrieux; elle méritait d'être plus regardée, mais elle était si près des Orchidées. Contre la cascade, deux rampes nous conduisent à la partie supérieure de la salle. Près de celle de droite s'étage une superbe collection de Cactées et d'Epiphyllum; h gauche sont réunis les bouquets, gerbes et garnitures d'appartement. La partie supérieure de la grande salle renferme une masse de fleurs coupées et encore de nombreux échantillons de plantes LIX d'ornement. Parmi les fleurs coupées,, nous remarquons des Œil- lets monstrueux^ des variétés à fleurs énormes et à coloris très vif de Renoncules et d'Anémones, les séries nombreuses de Pensées à grandes macules de MM. Préaux et du Seuil;, sans compter de nombreux arbres verts, à feuilles non persistantes, Broméliacées, Aroïdées, etc. A côté de cette première tente s'élève une plus petite, parallèle à la première, consacrée à peu près exclusivement aux collec- tions de rosiers. A l'entrée on se sent pénétré d'une délicieuse odeur de rose, mais ni le parfum exquis, ni la beauté vraiment surprenante des nouvelles variétés n'attirent autant de visiteurs que l'odeur capiteuse ou la forme extravag-ante des Orchidées que nous venons de passer en revue dans la salle précédente. Malgré tout, un grand nombre d'admirateurs, sinon la foule compacte de la première tente s'extasie devant les splendides séries de MM. Lévêque et Rothberg. Signalons aussi la collection de rosiers grimpants de M. Boucher, les rosiers basse tige de M. Jujean, les roses thé de M. Niklaus, etc. Au milieu de la salle s'élève la superbe corbeille de plantes herbacées, annuelles, ou vivaces de M. Vilmorin-Andrieux ; notons aussi celle de M. Férard. Enfin nous ne pouvons passer sous silence la remarquable collection de Pivoines de Chine de M. Roux, qui tant par la vivacité de leur coloris que par la taille et le nombre extraordinaire de leurs pétales ont attiré Tattention de tous les visiteurs. ^ En somme, superbe exposition, d'un arrangement exquis, et d'une richesse incomparable en tous genres. Tous, horticulteurs, amateurs, artistes, botanistes, ont trouvé ample matière à une admiration sans réserve. Après s'être cru transportés pendant quelques instants, je ne sais dans quelles contrées privilégiées et avoir payé par de longues visites leur tribut d'admiration, tous aussi emportaient chaque soir avec des conceptions nou- velles pour leurs décorations, leurs tableaux ou leurs classifica- tions, la vision réconfortante et durable d'une flore délicieuse dont les marronniers déjà jaunis des boulevards, auraient pu être bien jaloux. M. Lambertie donne lecture du compte rendu entomologique de l'excursion faite le 4 mai dernier, à Bourg-sur-Gironde et à Marcamps. LX Résultats entomologiques de l'excursion de Bourg-sur- G-ironde et Marcamps du 4 mai 1898. Je viens, comme d'habitude, apporter mon faible appoint aux résultats de notre excursion du 4 mai à Bourg-sur-Gironde et Marcamps. M'étant trouvé seul entomolog-iste parmi les membres présents^ il en résulte que les insectes que je suis en mesure de sig-naler, et qui appartiennent aux ordres suivants : Coléoptères, Diptères, Hyménoptères, Hémiptères et Orthoptères, sont en bien petit nombre. J'en ai dressé la liste conformément à la classification et à la nomenclature adoptées par MM. le docteur L. van Heyden, E. Reitter et J. Weise pour les Coléoptères et pour les Hémip- tères d'après celui du docteur Pu ton. COLÉOPTÈRES Diaclirojyms germanus (L.). Barpahis caspius'-l Silplia laevigata (F.). Bister cadaverinus (Hffm.). Cetonia aurata (L.). — hirlella. Valgiis hetnipterus (L.). Telepliorus fiiscus (L.). Omophlus lepturoides (F.). Meloe pvoscarahseus (L.). OEdemera cœrulea (L.). OEdemera lurida (Marsh.). Phi/Uobius piri (L.). Cœliodes ruber (Marsh i. Baridhis viridisericea (Gaze). Rare, pris sur des crucifères. Baridius Icpidii (Germ.). Apion craccae (L.). — vernale (F.). — trifoUi (L.). Rhy?ic/t?.tesgenncmiCfis{}îeThst). Bruchns pisonim (L.). DIPTERES Bibio hortulamis (Meig-) (j^ i^ , pris sur le Vitis vinifera (L.) à fruits blancs. HYMENOPTERES Macrophya neglecta (KL). Halkhis vi'losiibjs (Kirb.). Chelastoma nigriconns (Nyl.). LXI HÉMIPTÈRES ISezara vmdula (L.)- Asiraca clavicornis (Fab.). Corizus crassicornh (L.). Triecphora mactata (Ger.). Cymus glandicolor (Hahn). Ptyelus spumarius (L.). Flociomenis fracticollis (&ù\ùl\). — — var. fascia- A?ithocoris sylvestrîs (L.). tus (F.). ORTHOPTÈRES Bacilhis Rossii (Fabr.). M. Neyraut présente des spécimens de Jiincus tenuis Willd. Cette espèce qui a été tout d'abord récoltée en Bretag-ne, a été depuis sig-nalëe des environs de Dax. M. Neyraut l'a découverte dans un fossé desséché pendant l'été près de la g-are de Oaudos (Gironde). , Séance du 4 août 1898. Présidence de M. Durègne, vice-président. MOUVEMENT DU PERSONNEL Après avis favorable du Conseil est admis comme membre titulaire : M. Peyrot, présenté par MM. Beille et Sellier. ADMINISTRATION M. RoDiER demande à la Société d'échanger les Comptes rendus des séances et les Actes contre les Archives de nnsïitut colonial dirig-ées par M. Hœckel. Renvoi à la commission des Archives. COMMUNICATIONS MM. Lambertik et Dubois font la communication suivante : Note sur « Macropsis scutellaris » (Fieber). Lans le Catalogue des Hémiptères de notre département, que nous venons de donner dernièrement, nous n'indiquons, n'ayant pas vu l'insecte, et par conséquent sur les appréciations de notre LXII regretté collègue, M. Noualhier, un Macropsis sp. nova, que ce dernier estimait être susceptible de constituer une forme spéci- fique nouvelle. Feu M. Noualhier, très scrupuleux au point de vue de la création d'espèces nouvelles, n'osa pas nommer la trouvaille qu'avait fait M. Brown à Bruges, en juillet, et il l'envoya à M. Then, à Graz, qui l'identifia sous son nom de scutellaiis. A la suite du décès de notre collègue, sa colleetion ayant été donnée au Muséum d'histoire naturelle de Paris, nous avons eu, grâce à l'obligeance de M. le professeur Bouvier et de M. Jenny Martin, l'occasion d'avoir sous les yeux l'insecte qui nous inté- resse. L'espèce n'est pas nouvelle : c'est bien, en efifet, Macropsis scutellaris (Fiéber), et le sujet pris par M. Brown se trouve être précisément la forme typique de Fieber^ comme elle correspond exactement aussi à la description dans l'ouvrage de Melichar: Cicadinen vo?i Miltel Ëuropa. Depuis^ notre collègue, M. Maurice Lambertie, a de nouveau capturé un nouvel individu de cette espèce à Citon-Cénac le 10 juillet 18Ô8. Elle semble donc assez répandue dans notre rég-ion. Des quatre espèces paléarctiques connues du g-enre, celle-ci est la plus méridionale (Espag-ne, Italie, Autriche, Grèce et France méridionale). Le genre Macropsis se trouve donc représenté chez nous par trois espèces : prasina, lanio et scidellaris ; la première espèce du genre, microphala, qui est septentrionale, n'ayant pas encore été capturée. M. Lambertie fait la communication suivante sur deux hémiptères nouveaux du département de la Gironde : Je viens sig-naler à la Société linnéenne deux Hémiptères nouveaux pour le département de la Gironde. Ils ont été revus par M. E- R. Dubois, membre correspondant à Paris, et M. Jenny Martin, préparateur au laboratoire entomolog"ique de Paris. Ce sont : Pœciloscytus unifasciatus (F.), pris à Camblanes le 2 juin 1898, en fauchant, sur des g-raminées. Lygus rudricatus (Fall), pris à Camblanes le 12 juin 1898, en fauchant dans une prairie humide. TAîlI M. Lambertie présente le compte rendu entomolog-ique de l'excursion faite aux environs de Saint-Médard-en-Jalles h l'occasion de la Fête linnéenne. Ce compte rendu sera imprimé à la suite du rapport du secré- taire général. M, RoDiER fait la communication suivante : !N'ote sur un exemplaire du « Centriscus scolopax » Linn. Le 29 juillet 1898^, un des bateaux à vapeur de la Compagnie Johnston d'Arçachon, a capturé au chalut ce curieux poisson. L'animal fut apporté à la station zooiogique par M. Lafite- Dupont, prosecteur à la Faculté de médecine ; malheureusement il était presque entièrement desséché. Nous pûmes néanmoins faire très facilement la détermination L'exemplaire fut ensuite mis dans l'alcool et déposé au Musée de la Station zooiogique. Le Centriscus scolopax appartient à la famille des Aulosto- midés et à la tribu des Acanthoptérygiens abdominaux. Son bec allongé lui a fait donner le nom de Bécasse de mer. A plusieurs reprises déjà, ce poisson a été capturé dans l'Océan au large de nos côtes d'après les rapports des pêcheurs du bassin. M. A. Lafont le mentionne dans sa Note pour servir à la Faune de la Gironde (1871) parmi les espèces prises rarement et acciden- tellement à l'Océan, mais il a soin de déclarer que pendant la période de cinq ans à laquelle se rapporte sa note, il n'a pas eu l'occasion de constater le fait de visu. Le docteur Emile Moreau, dans son Manuel d'ichthyologie fran- çaise (1892), donne à la Bécasse de mer pour habitat la Méditer- ranée où elle est assez rare; il ajoute : «Océan, excessivement » rare, Bayonne; accidentellement, côtes du Poitou». Cette indication se trouve précisée dans l'Histoire ?iatiirelle des Poissons de France du même auteur (t. III, p. 178), où il est dit qu'un de ces poissons a été péché en 1851 dans le Pertuis breton. La capture de l'exemplaire qui nous occupe a été faite par 80 brasses de profondeur en face du bassin d'Arçachon. Les vapeurs jettent rarement le chalut dans des profondeurs aussi grandes, ce qui explique peut-être en partie que la bécasse de mer n'ait pas été prise plus souvent jusqu'ici. LXIV J'ajouterai enfin que le Centrisais scolopax ne figurait pas dans les collections de la station zoolog'ique d'Arcachon. Telles sont les raisons qui m'ont eng-ag-é à signaler à la Société cette intéressante capture. La bécasse de mer a une forme très singulière; le corps est comprimé latéralement et, comme le dit le docteur E. Moreau, « la carène du ventre est presque tranchante en avant; entre les » nageoires ventrales et l'anale, il y a trois épines minces, » aiguës ». En outre, la deuxième nageoire dorsale présente une épine énorme (c'est la seconde), dont le bord postérieur est fortement dentelé. La tête est prolongée par un museau effilé ter- miné par une bouche très petite. La longueur totale de l'exem- plaire qui fait le sujet de cette note est de 0™12; or la distance de l'œil au bout du museau forme à elle seule le tiers de la longueur totale soit 0'"04. La taille de ce poisson atteint au plus 15 centimètres. J'ajouterai que la coloration du Centrisciis scolopax est d'un rose doré qui passe au rose argenté sur les côtés et le ventre. M. MoTELAY fait la communication suivante : Note sur un papillon que la vue et non l'odeur des fleurs attirait. Le 27 avril, en passant à l'extrémité de la rue Condillac au coin des allées de Tourny, j'aperçus un papillon diurne le Pieris Brassicae qui se débattait contre la vitre d'un marchand de fleurs. Il a essayé pendant près de 10 ou 15 minutes sur toutes les parties de la glace, allant du haut en bas et de droite à gauche, se frappant avec une certaine force, à chaque instant, contre cet obstacle invisible, qui l'empêchait d'atteindre des fleurs de toutes nuances qui étaient à l'intérieur du magasin. Il me semble que ce fait prouve que c'est la vue et non l'odorat qui attire les papillons, car à 2™50 ou 3 mètres au plus de cette glace, la porte du magasin était ouverte, et si l'odorat avait été pour quelque chose dans les efforts de cet insecte, au lieu de venir à la vitre qui ne devait laisser passer aucun parfum, il eût été directen:ent à la porte, par où ces abondantes effluves se répandaient, et de là il se serait rendu directement aux fleurs convoitées. LXV En admettant même que de loin il ait flairé ces parfums, il est bien certain qu'en venant contre la g-lace, il y a eu un moment où il n'a plus rien senti des odeurs qui l'avaient appelé. Du reste, après ces vains efforts, il a reg-agné la partie supé- rieure de la rue en passant devant la porte, g-rande ouverte; si l'odorat avait été pour quelque chose dans ses manœuvres, il eût gag-né, à ce moment, l'intérieur du magasin au lieu de dispa- raître au-dessus des toitures. Le chien de chasse que l'odorat seul guide, quand il a dépassé le gibier, s'arrête et revient en arrière pour reprendre la piste qu'il a perdue. Dans le cas du chien, l'œil n'est pour rien, mais l'odorat est tout Dans le cas du papillon qui fait l'objet de cette petite note, l'œil paraît être tout et le flair absolument rien. Or il ne faut pas comparer l'odeur que laisse une pièce de gibier, à tous les parfums que dégagent des masses importantes de fleurs, telles que : tubéreuses, hyacinthes, narcisses, résédas, gardénias, violettes, muguets, etc. M. Breignet pense que l'odorat joue le rôle le plus important. Il est des plantes très odorantes, comme certaines espèces d'Ai'iim, qui attirent les insectes de fort loin. Ces plantes sont littéralement couvertes de mouches et de coléoptères. La vue intervient à titre d'auxiliaire des sensations olfactives et ne joue qu'un rôle secondaire dans l'orientation vers les plantes. Séance du 19 octobre 1898. Présidence]^;^de M. Durègne, vice-président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Peyrot exprimant le désir de faire des échanges de Polypiers provenant de la Touraine avec ses collègues de la Société s'occupant de géologie. Une circulaire du Comité bordelais faisant appel aux expo- sants pour l'Exposition de 1900. Après un échange d'observa- tions la question de savoir si la Société linnéenne exposera la série de ses Actes est renvoyée à l'examen du Conseil. Procès-Verbaux 1898. — T.. LUI. 5 LXVI Le docteur Florentini Philipponi, de Montevideo, demande l'échange des Actes contre l'envoi de collections de mousses. M. l'Archiviste est charg-é de répondre que la Société ne peut pas entrer dans cette voie. Elle n'a jamais accepté de se charger de la conservation de collections de plantes. MOUVEMENT DU PERSONNEL Lettre annonçant à la Société la mort de M. Crosse, membre honoraire, s'occupant de conchyliologie. M. l'Archiviste est chargé d'écrire au nom de la Société. Conformément à sa demande, M. Bngerrand, nommé profes- seur à l'Institut de géographie de Bruxelles, et membre titulaire est inscrit comme membre correspondant. COMMUNICATIONS M. Beille présente le compte rendu botanique de l'excursion faite par la Société à Saint-Médard-en-Jalles le 26 juin dernier, à l'occasion de la Fête linnéenne. Ce compte rendu sera inséré à la suite du compte rendu général de la Fête linnéenne. M. Beille présente le compte ren,du suivant d'une excursion faite à La Teste et au lac de Cazaux : Compte rendu de l'excursion botanique du 19 juillet 1898 à La Teste et au lac de Cazaux. Le 19 juillet dernier, la section de botanique de la Société linnéenne, sous la direction de M. de Loynes, allait visiter La Teste et le lac de Cazaux. Partis de Bordeaux, à sept heures et demie du matin^ nous arrivons vers huit heures et demie à La Teste et le train de Cazaux ne partant qu'à neuf heures cinquante, nous profitons de ce temps pour aller jeter un coup d'œil sur la flore marine. Entre les pierres de la jetée du port, nous recueillons : Statiçe bçllidifolia Gouan. Sueda maritima Poix. Frankenia IcevisL. Atiiplex portulacoidesh. Salicornia herbacen L. Lepturus incarvatus Trin. Lxvn et sur un terrain vag-ue voisin de la garé où le Lepidium virgini' citm L. et VErigeron cauadeîisis L, se montrent extrêmement abondants, nous recueillons hiula co?it/za DC, Pliagnalon sordi- dum DC. Nous prenons le petit chemin de fer de Cazaux jusqu'à la sta- tion de Cazaux- Ville, nous proposant de g'ag-ner le point ter-- minus de la ligne Cazaux-Étang en passant par la g-rande dune et l'étang desséché, en cette saison, appelé Baren de Goulug-ne. Dans les environ» de la petite g-are de Cazaux- Ville nous récoltons : Wahlembergia hederacea Reich. Lotus hispidus Desf, Erica cinerea L. Malva rotiindifoUa L, — ciliaris L. Le chemin que nous suivons coupe un ruisseau presque à sec où nous récoltons encore dans les flaques d'eau : Utricularia vulgaris L. Potamogeton natans L. Scirpits ftidtans L. Hydrocharis morsus-ranœ L. sur les bords humides : Scutellaria mînor L. Scirpiis setaceus L. Alisma ranunculoides h. Dans les parties basses et humides dé la forêt de pin que nous traversons, la vég"étation est très belle. Nous notons : Ceïitunculus. mhiimiis L. Anagaltis tenella L. Rnca Letralix L. Radiola linioïdes Gmel. — lusitanica Rud. Myrica gale L. Lysimachia vulgaris L. Et quelques cryptogames vasculaires : Osmunda regalis L, en forts beaux exemplaires,, mais surtout des Pteris aquilina L^ de deux mètres de haut. Sur la grande dune que nous atteig-nons bientôt après et que nous devons g-ravir, nous voyons au milieu d'une touffe épaisse de Cratœgus oxiiucanlha L. des Vlex europœus Sm. dont le tronc droit et élancé avait quatre centimètres de diamètre et LXVIII qui atteignaient au moins cinq mètres de hauteur, nous cueillons dans leur voisinage : Andryala sinuata L. Prunus spinosa L. Jasione montana L. et en arrivant à la Baren de Goulugne absolument à sec : Ptychotis Thorei G.G. ^^^^'^ cinerea L. EÏodes palustris Spach. Rhynchospora fusca R. S. Drosera intermedia Hayne. Polystichum riielypteris Rotts. Carex hederi. Puis nous traversons des parties du bois très sablonneuses où la végétation est fort peu abondante et nous arrivons à Cazaux-Lac. Grâce à l'aimable dévouement de M. Durègne, il nous est possible d'avoir un bateau pour aller dans le voisinage des Cour- peyres où nous nous rendons immédiatement après déjeuner. A peine sortions-nous de Cazaux que nous voyons émerger sur les bords du lac, des tiges herbacées rougeàtres de Lobelia Dort- manna L, on ne peut plus fréquente sur cette immense nappe d'eau; avec elle, mais moins abondants sont les Scirpus flui- tans et lacustris et au milieu de ces plantes dressées surnagent les larges feuilles des Nymphxa alba L et Siiphar luteum Sm. Dans les eaux claires du lac, nous rencontrons des touffes de Myriopliyllum alternifloru?nJ}Q,. L. et de Chara fragi fera, et plus près des bords Juncus supiiius Mœnch. C'est à peu près à 1800 mètres de Cazaux-Gare (1), que M. de Loynes nous fait apercevoir les pieds d'Isoetes Boryana qui sont disséminés parmi les pieds de Juncus supiniis et qui sont fort difficiles à distinguer au premier abord. Bientôt cependant nos yeux s'habituent à cette distinction et nous allons recueillir une grande quantité de cette plante rare. Sur les bords fangeux du lac, nous récoltons Veronica scu- tellata L. et Lobelia urens L. Les deux espèces de Lobélies que nous rencontrons ne sont jamais broutées et il semble que les animaux redoutent leur goût acre. (1) Dans une deuxième excursion faite à Cazaux le 25 septembre 1898, j'ai rencontré, en suivant le bord sud du lac, VIsoetes Boryana à 250 mètres à peine de la gare en face du chalet appartenant à M. le docteur Lalesque. LXIX Mais l'heure était déjà très avancée et à notre g-rand regret nous étions obligés de reprendre le train qui devait nous conduire à Arcachon, puis à Bordeaux, on ne peut plus satisfaits de cette excellente journée. M. MoTELAY, au sujet du Lobelia Dortmanna, dont il vient d'être parlé et qui est une des plantes les plus intéressantes de la flore de Cazaux, présente les observations suivantes : J'ai le plaisir, Messieurs, de vous annoncer que le Lobelia Dorlmanna vient d'être trouvé pour la première fois au lac de Grandlieu (Loire-Inférieure). M. Gadeceau, botaniste disting-ué, qui a été chargé de colla- tionner et de faire imprimer après la mort de M. Lloyd, la dernière édition posthume de cet éminent professeur, est allé le 5 octobre 1898, faire une excursion au lac de Grandlieu. Les botanistes de la région ont fort souvent fait cette course sans apercevoir cette plante qui est cependant très abondante. En 1898, les eaux étant extrêmement basses, M. Gadeceau a pu s'avancer à pied beaucoup pins avant dans le lac que l'on ne pouvait le faire antérieurement, aussi son attention a-t-elle été attirée par un reflet bleuâtre qui dépassait le niveau des eaux. Lorsqu'il eut en main les premiers échantillons du Lobelia l)ortmamia, il ne pouvait croire qu'aucun botaniste ne l'eut récolté avant lui dans ce lac. Mais après des lecherches dans les importants herbiers de lu région et dans les publications de botanique de ces contrées, il dut reconnaître que personne ne possédait ou n'avait parlé de ce Lobelia. J'ai à sig-naler deux faits intéressants : la plante de Grandlieu se difl'érencie de la nôtre, par son extrême petite taille, elle ne dépasse, ou du moins les échantillons que je possède, ne dépas- sent pas quinze à dix-huit centimètres alors que celle de Cazaux atteint souvent un mètre et même plus. Ceci n'est d'ailleurs pas très important. Mais l'époque de floraison me paraît devoir surtout attirer l'attention; à Cazaux les fleurs commencent dans les premiers jours de juin et fin juillet la floraison est complètement terminée. A Grandlieti, les échantillons que je possède sont récoltés le 5 octobre et ne présentent que des fleurs commençant tout juste leur épanouissement. LXX Voici le relevé des localités qui se trouvent dans mon herbier et des dates respectives des récoltes : In Herb. L. Motelay. Gironde. — Cazaux : 22juin, SOjuin, P'' juillet ; fleurs et fruits. Gironde. — Lacanau : décembre 1858 ; rosettes radicales. Landes. — Soustons : 10 juillet 1863 ; fleurs et fruits. Landes. — Sang-uinet : 20 juillet ; fruits. Loire-Inférieure. — Grandlieu : octobre ; fleurs. Danemark. — Lac Lynyso ; fleurs. Norvège. — Eg-i3land : 24 juin ; fleurs. Basses-Pyrénées. — Sans localité ni date (récolté par Darracq). Belgique. — Genck, près Hassel : 16 juillet; fleurs. Belg-ique. — Asch : 16 juillet, fleurs. Belgique. — Kraempoel, près Gand : 29 août; fleurs et fruits. Suède. — Becksjon : 4 août ; fruits. Soustons et Cazaux sont toujours les points les plus méri- dionaux, la localité des Basses-Pyrénées n'étant pas certaine Il est probable qu'entre Grandlieu et la Belg-ique, il doit y avoir encore bien des endroits où doit se trouver notre plante. M. DuRÈGNE ajoute que cette plante se trouve également en Danemark dans le voisinage de la mer du Nord. M. Beille rappelle qu'elle a été signalée en 1894 dans la pro- vince de Tolède en Espagne. Il est probable. que cette plante a été importée de TAmérique du Nord. M. Marcel Neuville envoie un travail de paléontologie inti- tulé « Contribution à l'étude géologique des communes de Mérignac et de Pessac. » L'examen de ce travail est renvoyé à une commission spéciale chargée de présenter son rapport dans une prochaine séance. L.tki Séance du 2 novembre 1898. Présidence de M. de Loynes, le plus ancien membre présent. ADMINISTRATION L'ordre du jour appelle les élections du Conseil d'adminis- tration et des diverses commissions. M. RoDiER, à raison des conditions particulières dans lesquelles il se trouve et qui nécessitent son absence de Bordeaux, remercie ses collèg-ues de la confiance constante dont ils l'ont honoré et exprime le désir d'être remplacé dans le Conseil. Sont élus membres du Conseil pour 1899 : MM. Bardié, Beille, Brascassat, Breignet, Durègne, Gouin, DE Loynes, Motelay^ de Nabias, Sabrazès, Vassilière. Membres de la Commission des Finances : MM. Bardié, Daydte, de Lustrao. Membres de la Commission des Publications : MM. Beille, Brasoassat, de Loynes. Membres de la Commission des Archives: MM. Eyquém, Lalanne, Motel/ay. COMMUNICATIONS M. Lataste a adressé à M. le président la lettre suivante : « En vous adressant un tiré à part d'une note que j'ai publiée dans les Actes de la Société scientifique du Chili (t. VII, 1897, p. 77-86, pi. VII), sous le titre Éludes de Tératoiogie, j'ai l'hon- neur d'attirer votre attention sur le g-enre Pleuràdelphe que j'ai créé (p. 81) pour un monstre décrit dans le Précis de Tératologie de L. Guig-nard (p. 468, fîg-. 258 et 259), et à tort i-attaehé par cet auteur au g-enré Hétéradèlphe; ledit g-erire Pleuràdelphe. en effet, était mag-nifiquement représenté à la dernière foire de Bordeaux par le taureau monstrueux qu'on y exhibait vivant et que plusieurs de nos collègues y ont sans doute remarqué. LXXII » Permettez-moi de vous rappeler à ce propos que le g-enre Pleuî'tidelphe est à rapprocher du genre Pygomèle : tous deux, en effet, peuvent être conçus comme dérivant l'un et l'autre du genre lléadelphe, par l'inégalité du développement des diverses parties qui composent le monstre double; mais dans le genre Pleur adelphe, le processus de réduction atteint l'un des deux individus composants, tandis que, dans le genre Pygomèle, ce sont les moitiés internes de ces deux individus qui en sont affectées ». M. Beille dit que dans une excursion qu'il a faite à l'étang de Cazaux, au mois de septembre dernier, il a trouvé VIsoetes Boryana, près de la gare de Cazaux, en face le chalet de M. Lalesque, dans un endroit où on n'avait pas l'habitude de le trouver, M. Beille a retrouvé la même flore qu'au mois de juillet, à l'exception du Lobelia urens. Il attribue la disparition de cette plante à l'excessive sécheresse de cette année. M. DE LoYNES rappelle que M. Durieu avait découvert VIsoetes h Sanguinet ; plus tard, il fut récolté du côté de Maubruc. L'observation de M. Beille prouve que la plante se répand dans tout l'étang et se rapproche de la gare de Cazaux. M. de Loynes ajoute que parmi les Isoetes aquatiques, VIsoetes tenuissima Bor., qui depuis a été divisé en plusieurs espèces, croît quelquefois exondé sur les bords de l'étang, lorsqu'il a été péché et que les pluies de l'année n'ont pas été assez abondantes pour le remplir. Diverses observations sont échangées entre MM. Brasoassat, DE Loynes et Beille au sujet de V Opuntia viilgaris qui semble s'être naturalisé et localisé à Villagrains. M. Brasoassat annonce qu'il se propose dans une prochaine excursion d'explorer cette localité et de préciser l'extension que la plante y a prise. M. de Loynes rappelle qu'il y a aussi à Cabanac, dans la propriété de M. Labat, d'autres plantes intéressantes, spéciale- ment des formes curieuses à^ Bypericum linearifolium et hiimi- fusum sur lesquels M. Brochon a fait une communication développée. LXXIII Séance du 16 novembre 4 898. Présidence de M. Motei.ay, membre le plus ancien. ADMINISTRATION M. le Président communique à l'assemblée les résultats des élections faites par le Conseil. Ont été élus pour 1899 : Président, M. de Nabias. Vice-préddent, M. Durègne; Secrétaire général, M. Sabraziîs ; Archiviste, M. Breignet; Trésorier, M. Goum, Secrétaire du (Jonseil, M. Bardié. M. LE Président, au nom de la Société, félicite M. Pitard, récemment nommé chef des travaux de botanique à la Faculté des sciences. CORRESPONDANCE. Circulaire du Ministère du^j_,Commerce invitant la Société à prendre part à l'Exposition universelle de 1900 dans la section des « Insectes utiles et de leurs produits, des insectes nuisibles » et des vég-étaux parasitaires. » / La question est réservée et renvoyée à l'examen du Conseil. COMMUNICATIONS M. Brown envoie le compte rendu entomolog^ique de la dernière fête linnéenne. Ce compte rendu sera inséré à la suite du compte rendu général de la fête. La Société vote l'impression, dans ses Actes (voir t. LUI), de deux mémoires envoyés par M. Degrang-e-Touzin et ayant pour objet : 1° Les Dreissensidae fossiles dit Sud-Ouest de la Fra?ice. 2° Sur divers affleurements de f aluns situés datis la vallée du Peugiie et aux Ei/quems. LXXIV M. Eyquem sig"nale à la Société la capture faite le 15 août 1898 par M. Laborderie-Boulon, entomolog^iste, habitant Royan, du Collicnemis Latreillei, vivant dans les dunes entre Royan et Vallière. Il a récolté dans les mêmes parag-es une ving-taine de larves. Antérieurement l'insecte avait été trouvé, soit vivant soit mort à la Pointe-de-Grave et à Soulac, mais toujours en petit nombre. M. Breignet insiste sur l'inlportance de cette observation. La larve et l'insecte se rencontrent sur tout le littoral. M. de Joig-ny l'a rapporté de Saint-Nazaire. Mais M. Breig-net ne croit pas que jamais il ait été trouvé en si g-rand nombre. M. Bardié présente un champig-non récolté par M. Daleau, dans un chai, le 5 août. Ce champignon sera déterminé ultérieu- rement. Séance du 7 décembre 1898. Présidence de M. de Nabias, président. ADMINISTRATION Une circulaire de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts invite la Société à participer à l'Exposition uni- verselle de 1900. M. DE LoYNEs est d'avis que la Société prenne part à l'Exposi- tion avec les autres Sociétés savantes sous le couvert du Ministère de l'Instruction publique et après entente préalable avec M. le Recteur de l'Université. La question est renvoyée au Conseil. M. LE Président adresse, au nom de laSociété, à M. Vassilière, qui vient d'être frappé par un deuil cruel, l'expression des sentiments de condoléance et de cordiale sympathie de ses collègues. LXXV COMMUNICATIONS M. LE Secrétaire général donne lecture du compte rendu de la 80e jpête linnéenne. Compte rendu de la SÔ" Fête Linnéenne La Fête Linnéenne a eu lieu, cette année, à Saint-Médard-en- Jalles, le 26 juin. Un g-rand nombre de nos collèg-ues — parmi lesquels la botanique et l'entomologie comptaient des repré- sentants autorisés — s'y étaient donné rendez-vous. Leurs recherches ont été des plus fructueuses ainsi qu'en témoig-nent les comptes rendus officiels de l'excursion. Après, avoir fait ample moisson de plantes rares et capturé maints insectes intéressants., les membres de la Société ont pu admirer à loisir la curieuse collection de monnaies anciennes qui a été réunie par M. l'abbé Goujon, le disting-ué numismate de Saint-Médard. Puis notre vénéré président, M. de Nabias, déclare ouverte la séance solennelle de la Société et remercie en termes chaleureux M. Dou, directeur des poudres de l'Etat, M. le docteur Eyquem et M. Brunot, pharmacien, présents à la séance, qui ont bien voulu prêter aux excursionnistes leur concours dévoué. La séance s'est prolong-ée bien avant dans la nuit en un substantiel banquet, arrosé d'excellents vins, grâce à des g-énérosités anonymes — la Société possède, sans doute, parmi ses membres des propriétaires de crus estimés. Après quoi, un omnibus de famille nous ramenait à Bordeaux, étroitement g-roupés, réalisant comme un symbole de nos mutuels sentiments de solidarité. Compte rendu de l'herborisation; faite à Saint-Médard- en-Jalles le S6 juin 1898. Par M. Beille. Malgré "une pluie battante, les membres de la section bota- nique avaient tenu à se trouver au rendez-vous et dès sept heures et demie du matin, ils prenaient place avec MM. de Loynes et Motelay qui devaient diriger l'excursion et leurs collègues des LXXVI autres sections dans l'omnibus qui devait les transporter à Saint-Médard-en Jalles oii ils arrivaient à neuf heures et demie. La Société Linnéenne s'était réunie dix-huit ans plus tôt, le 27 juin 1880, dans cette localité oii elle avait invité alors à se joindre à elle MM. le docteur Eyquem et Brunot, pharmacien à Saint-Médard. Nous étions tous heureux de saluer encore à notre arrivée MM. Eyquem et Brunot, ce dernier seul put nous accompag"ner et quelques instants après suivant l'itinéraire fixé nous nous mettions en route pour g-agner Saint-Aubin, déjeuner dans ce villag-e et revenir dans la soirée à Saint-Médard par Germignan et le moulin du Thil. La matinée était pluvieuse, de fréquentes ondées nous forçaient parfois à chercher un abri momentané sous les chênes tauzins nombreux et parfois fort beaux dans cette région, mais à peine le soleil avait-il reparu que nous reprenions g-aiement notre route et nos recherches. Nos récoltes étaient du reste abondantes et variées ainsi que l'indiquent les listes suivantes. En sortant du bourg- de Saint-Médard, dans les vignes bordant la route nous cueillons successivement : Anthémis arvensis L. — mixta L. (Jalendula arvensis L. Chondrilla juncea L. et sur les bords de la route Hypochœris gkibra L. Crépis virens Wild. Filago germanica L. Centaure a nigra L. Galiiim verum L. Campanula rapiincuhis L. Papaver argemone L. Allium vineale L. Festuca dumetorum L. Bromiis maximus Desf. Campanula patula L. Veronica, officinalis L. Potentilla reptans L. Lotus corniculatus L. Corrigiola littoralis L. C kenopodium album L. A 800 mètres de Saint-Médard-en-Jalles, la route de Saint- Aubin est en partie bordée de bois de Quercus tozza DC. où nous récoltons : Lonicera xylosteum L. Erica cinerea L. Melampyrum, arvense L. Teucrium scorodonia L. Lathyrus pratensis L. Bypericum montanum L. — pulchrimi L. Asphodelus albus (en fruits). LXXVIl Sur les bords mêmes du chemin : Arnoseris pusilla Gœrtn. Tordylium maximum, L. Filago germanica L. Sedum reflexum L. Jasione montana L. Cistus ah/ssoides Lamk. Linaria striata D.C. Helianthemum guttatum Mill. Plantago carinata Sch. Tillasa muscosa L. Lathyrus nissolia L. Arenaria montana L. Ornithopus perpusillus L. Scleranthiis perennis L. — com^pressus L. Chenopodium rubrum, L. Trifolium arvense L. forme Arrhenatlierum elatius Gand. gracile Reich. Cî/?iosi(rus crislatiis L. Sanguisorba officinalis L. Junciis bufonius L. et avant d'arri-s^r à Saint-Aubin, à la Tuilerie, dans une haie où elle croît en abondance Rosa sempervirens. En attendant que les préparatifs du déjeuner soient terminés, nous jetons un coup d'oeil autour des habitations oii nous trou- vons en masse : Apium graveolens L. Anstolochia clematitîs L. et sur les murs de la vieille ég-lise oil toutes les anfractuosités sont couvertes à! Aspleniiim tridwmanes L. — riUa m,uraria L. — adiantum-nigriim L. Immédiatement après le déjeuner, i^ous nous remettons en route pour Germig-nan et le moulin du Thil ; en suivant le cours du ruisseau complètement à sec nous récoltons : ValerianeUa coronata D.C. Salvia verbenaca L. Lycopsis arveiisis L. Polycarpon tetraphyllum L. Stachys recta L. C orynephoriis canescens P. B. Et sous les beaux bois de chêne tauzin que nous rencontrons en entrant dans la commune de Germig-nan : Senecio sylvaticus L. Lycopus europœus L. Snlidago virga aurea L. Glechoma liederacea L. Valeriana officinalis L. Geum urbanum L. Verbascimi thapsus L. Rosa sepium Thuil. Scrophiilaria nodosa L. Dianthus armer ia L. LXXVllI Lychnis dioica [J L. Epipactis latifolia A,U. Fumaria Bastardi Bor. Asparagus officinalh L. Chelidonium majus^ L. Tamiis communis L. Brassica cheîranthus. Iris fœtidissima L. Thlaspi montaiium L. Carex arenaria L. Nous ajouterons aussi comme une des plus belles récoltes de la journée Anémone Bogenhardiana Reich. dont nous trouvons seulement trois exemplaires en fruit. Dans les mêmes bois et sur le bord des prairies, mais sur le territoire de la commune du Taillan : Brunella vulgaris Timb. Torilis anthriscus Gmel. Calamintha acinos Bentli. Dianthiis prolifer L. Ligustrum vulgare L. Fapaver diibiunïh. Ononis repens L. Mais la partie la plus intéressante de notre itinéraire restait à parcourir et c'est avec joie que nous recueillons sur l'affleure- ment calcaire du moulin du Thil un certain nombre d'espèces calcicoles et ubiquistes telles- que : Helicliri/sum stœchas DC. lielianthemum procumbens D. Ajuga chamœpytis Sm. Liniim tenuifolium L. Teucrium montanum L. Reseda luteola L. Hippocrepis comosa L. Arabis GrerardiBQS,&. Anthyllis vulneraria L. Thesiuni humifusum D. C. Euphorbia exigua L. Anacamptis pyramidalis Reich. et un bel exemplaire d^Amafiiia biilbosa Bull. Mais la soirée s'avance, il est temps de regfag-ner Saint-Médard et sur les côtés de la route nous récoltons encore : Armeria plantaginea Willd. Kœleria phleoïdes Pers. Thlaspi montanum L. ainsi qu'un exemplaire, malheureusement en morceaux, de Clathrus cancellatus L. En arrivant à Saint-Médard, M. Brunot nous montra un cham_ pig'non qui avait poussé spontanément sur des résidus de prépa- rations pharmaceutiques (quinquina, cacao, écorces d'orang-es) abandonnés dans un coin de sa cour. Sur cette masse à moitié desséchée, on voyait émerg-er les réceptacles fructifères d'un champignon qui se trouvait là pour ainsi dire en culture pure et que nousavons pu déterminer; c'était le Scliyzopli>/llum commune Fries. qui pousse dans la nature sur le bois mort. Cet habitat accidentel était assez curieux et nous devons remercier M. Brunot de nous avoir procuré le plaisir de le connaître. Notre herborisation était ainsi terminée et si nous n'avons pa,s récolté des plantes extrêmement rares, nous avons pu du moins cueillir V Anémone Bogenhardiana dont les stations girondines ne sont pas très fréquentes et surtout comparer, grâce à l'heu- reux choix de l'itinéraire proposé par MM. Motelay et deLoynes, la flore habituelle de nos terrains sablonneux et celle de nos terrains calcaires et juger par là l'influence que la nature du sol exerce sur la nature des espèces. Nous ne saurions également terminer ce compte rendu sans remercier notre excellent collègue M. Eyquem d'avoir bien voulu noter au fur et à mesure de leur récolte les plantes ren- contrées dans cette belle journée. Compte rendu entomologique de rexcursion de la Fête linnéenne faite le S6 juin 1898 à Saint-Médard-en-Jalles. Par M. Lambertie. HÉMIPTÈRES CwiM^ cr^^sicoruis (I^,), Lt/gus/ campesùis (F.). Stygnus sabulosus (SchilL). Liocoris tripustulata (Fab.). Tingis Py?i (Vaib.). Jssus coleoptratiis (Fab.). Calocoris Q-pimctatus (Fab.). Triecphora maciata (Ger.). — — var. piceiis Ptyelus spumariiis (L.). (Grill.). — Chenopodii Fall. — iwseomaculatus (àeG.). s. g. Eomodemus roseomactdatits. t NÉVROPTÈRES Sympetrum Foiiscolombii (de Selys). ORTHOPTÈRES Fonficida aurkularia (L.). LXXX COLEOPTERES Mel.olontha vidgatis (F.). Anomala aenea (Deg^eer). var. vitis (F.). Phyllopertha horticola (L.). Lacon muriims (L.). IJnrdiophorus ruftpes (Gseze). Melanotus niger (F.)- Limonhis pilosus (Leske). Corymbites latiis{¥.). Agriotes gallicus (Laed.). Axmotarsus pulicarius (F.). Mordella aculeata (L.)- Cteniopiis sulpliurens (L.)- A7ioncodes adiista (Panz.). OEdemeim liunda,^^ (Marsh.). Peritellus griseiis (01.). Brachyderes lusitaniens (F.). Larinus flavescens (Germ.). Cœliodes quercus (F.). — ruher (Marsh.). t'eut07'rhynchus campestris (Gyll.). Tychius tibialis (Bon). Cionus hortulaniis (Foucr.). sur Verbascum Thapsiis (L.). Apio?i urticae (Herbst.), sur l'ortie. — vernalis (F.) Attelabus curcidionides L. Mylabris bimaciilata (Oliv.). Scolytes intricatus (Ratzeb.). Leptura livida {^ .). Stenura melanura (L.). — bifasciata (Miill.). Slenopterus ru fus (L.). Spheghestes arietis (L.). Phytœcia virescens (F.). Cryptocephalus violaceus (Laich.). Janthinus (Germ.). — vittatus var. negli- gens (Weise). Malacosoma lusitanica (L.). Adalia bipunctata (L.). — pleur ostig ma (Marsh.). Notre collèg-ue, M. Blondel de Joig-ny, a capturé sur le Quercus, un coléoptère qu'il n'avait jamais pris dans la Gironde. C'est le Tillus unifasciatus F. Les diptères et les hyménoptèresfsont entre les mains de M. de Buisson, de Paris. Ne faisant pas ces sortes d'insectes, j'ai été oblig-é de les lui remettre. Aussitôt que j'en aurai reçu les noms, je les communiquerai à la Société linnéenne. Compte rendu^entomologique de l'excursion de la Fête linnéenne faite lé 36 juin 1898 à Saiint-Médard-en-Jalles. Par M. Brown. La journée s'annonçant comme pluvieuse, au point d'avoir effrayé plusieurs de nos collèg'ues, qui, de ce fait, n'ont pas pris part à l'excursion, j'avais^ encore une fois, hélas ! négligé de LXXXl me munir de mon filet, ce qui m'a mis dans l'impossibilité de capturer l'une des deux espèces les plus intéressantes aperçues dans le courant de la journée ; les quelques espèces que j'ai notées, à la course, sont : McAitaea Athalia. Plusieurs papillons, dans les bois. Lycaena Adojiis. Quelques papillons, surtout des mâles, au Thil. Syrichthus serratiilsR. Un papillon peu frais, aperçu, le matin, entre Saint-Médard et Saint-Aubin. Hcsperia liiiea. Quelques papillons dans la localité du Thil. Salynis Pampliilus. Quelques papillons dans la localité du Thil. Procris glohidariœ ? ou Stûiices ? Deux ou trois papillons. Zyfjsena Trifulii. Un papillon, au Thil. Hylophila prasinana. Une chenille trouvée sur le chêne. Liparis dispar. PJusieurs chenilles trouvées sur le chêne. Satuniia pavonia {rninor). Une chenille, encore petite, trouvée sur la bruyère. Calophasia lunula {linarise). Une chenille, dans le bois, sur une linaire. UucuUia lychnitidis. Une trentaine de chenilles sur un seul pied de Verbascum floccosum, qu'elles ont, par la suite, complè- tement dévoré. Ophiodes lunaris. Une chenille, encore petite, sur le chêne. Acidalia dimidiata. Un papillon, très frais, endormi sur une feuille. / Ephyra punctaria. Une chenille, sur le chêne. Eurymene dolabraria. Une chenille, encore petite, trouvée sur le chêne, mais qui, recueillie et élevée a donné son papillon le 28 juillet. Scoparia amhiqualis. Deux papillons observés contre le tronc d'un chêne. Crambiis chrysonuchellus. Un ou deux papillons. Salebria semirubella. Un papillon, ftrès frais. Acrobasis sp. ? Deux paquets de feuilles liées, recueillies au hasard sur un chêne, et qui n'ont rien donné. Teras logianum. Quelques feuilles de Viburmim lantana, au Thil, pliées, enroulées, mais toutes veuves de leurs habi- tants. Teras niveanwn. Un papillon, en battant le chêne. Procès-Verbaux 1898. — T. LUI. 6 lXxxii Pentilina lacunana. Un papillon parmi les herbes, les « plantes basses. » Scardia boleti. Une trentaine de papillons me sont éclos, entre le 16 juillet et le 3 août, de chenilles trouvées, le long* de la route de Saint-Aubin au Thil, dans un champig-non croissant contre le tronc coupé d'un pin, par notre collèg-ue M.de Joig-ny, et c'est, de fait, la prise la plus intéressante de la journée. Diurnea fagella. Une chenille, encore petite, observée sur le chêne, entre deux feuilles liées à plat. Fleurota Schtœgeriella. Un papillon observé, dans la localité du ïhil. Oxyptilus Uieracli'^. Un papillon observé, dans la lande, et se rapportant, peut-être, à cette espèce. Enfin, une jolie petite espèce, qui m'a paru être une Tortrix (de Linné) — une Qrapholitha sans doute — observée, dans le courant de l'après-midi, entre Saint-Aubin et le Thil, et que je n'ai pas réussi à capturer, bien que notre collèg'ue, M. Lambertie, m'ait obligeamment prêté son filet, dont, plus avisé que moi, il s'était prudemment muni. Mal satisfait de ce résultat et désireux de retrouver, si possible, la Tordeuse inconnue^ entrevue le 26, je suis retourné au Thil, trois jours après, le mercredi 29, muni de mon filet. Cette fois, j'ai pris, comme un vrai débutant, tout ce qui me partait, dont voici la liste : Pieris Rapœ. Quelques papillons de cette vulgarissime espèce ont été aperçus, mais pas un seul de ses congénères : Brassicœ, et Napi. Leiicophasia Sinapis. Un échantillon unique, probablement une 2 ? Collas Ëdusa. Quelques papillons, dont une ? . variété Hélice. Lycaena Alexis. J)Q\nim^\QS. — y4fl?o?2/5. Plusieurs individus, dont une $ variété 6>ronz/5. Arion. Une Chenille trouvée sous une pierre, qui s'est chrysalidée le 4 juillet et a donné son papillon, le 18 du même mois. Vanessa {Grapta) c-album. Un seul papillon, dans le bois. — {Pyrameis) Atalanta. Deux échantillons sur la route, en rentrant. LXXXIII Vanessa (Fyrarnels) Cardiii. La chenille abondante, sur tous les chardons, au Thil. Melitœa Didyma. Un papillon ?, observé, dans une prairie, entre la route du Taillan et les bois du Thil. — Àthalia. Quelques papillons dans le bois (déjà observé le 26). 4r^é'G«/«/e«.Quelquespai)illons dans le bois (déjà observé le26). Satyrus Janira. » » Satyrus Pamphihis. » » Hesperia linea. Plusieurs papillons des deux sexes, dans les clairières du bois, près du moulin du Thil. Macroglossa Steilalarum. Une chenille infiniment petite, mais déjà massacrée par un parasite de petite taille, parmi les fleurs d'un pied de Galium. Sesia corsica. Un échantillon aperçu dans l'herbe, mais non capturé. Zygxna Trifolii. Quelques papillons au Thil. — InUpendulse. Quelques papillons, dont une paire in copulâ, au Thil. Nenieophila russula. Un papillon c?. Psyché hirsutella. Trois fourreaux contre le tronc d'un chêne ; un seul était habité, mais n'a produit qu'un parasite. Fumea inlermediella. Quelques fourreaux contre les troncs d'arbres. Liparis dispar. DeAix chenilles, sous une pierre, au pied d'un chêne. Cucullia Lychnitidis. J'ai retrouvé et compté les chenilles sur le pied isolé de Verbascimi dont j'ai parlé plus haut et en ai observé, mais en bien moins grand nombre (six ou huit) sur d'autres pieds, à quelque distance de là. Erastria /"w^c^^/ft. Deux papillons, beaux et frais, contre des troncs d'arbres, dans le bois. Cabera pusaria. Un papillon dans les herbes du bois. Aplasta unonaria. Une ? défraîciiie, en rentrant le soir, à travers les prés. Minoa euphorbiata. Deux papillons, dont un volant en plein jour (à 2 h. 1/2 après-midi). C amptogramma bilineatum. Un seul papillon, parti d'effroi, dans le bois. LXXXlV Scoparia amôigtialis. Un papillon défraîchi (ceux observés le 26 paraissaient plus frais). Bot7/s cespitalis. Plusieurs papillons. — verbascalis. Un seul papillon. — ferrugalis. Plusieurs papillons. Nomophila nocVnella. Plusieurs papillons. Hydrocampa stagnata. Une $ parmi les herbes, dans le voisinage de la jalle. — nymphcTata. Une $ parmi les herbes, dans le voisi- nage de la jalle. Crmnhus pralellus. Deux papillons, un ^ frais et une $ passée. Salebria seminibella. Deux ou trois échantillons, très beaux. Pempelia subornatella. Un échantillon dans le voisina^^e d'une touffe de serpolet. Teras niveanum. Un papillon de la variété L'erusaimm Dup. (la seule que j'aie rencontrée dans nos environs). Tortrix heparana. Un papillon Ç contre un tronc d'arbre, dans le bois. — Loefflmgiana. Un papillon $ dans le bois, en battant les chênes. Penthina lacunana. Deux papilllons peu frais, dans les herbes du bois. Depressaria purpurea. Deux chenilles, trouvées, dans une clai- rière du bois, sur la carotte sauvag-e et dont l'une a donné son papillon le 27 juillet (l'autre ichneumonée). Mesophlebs silacellus. Un papillon Ç de la plus grande fraîcheur. Pleurûta Schlœgeriella. Plusieurs échantillons des deux sexes et en bon état. Lavcrna {Tebennu) miscella. Quelques mines, dont deux occupées, sur un brin (ï Belianthemiim vulgare. Deux papillons me sont éclos le 16 juillet. Tischeria complanella. Un papillon, pris de raccroc, dans le bois. Aciptilia baliodactyla. Un échantillon unique, dans les herbes, à rentrée du bois. Tout cela fait pas mal d'espèces, mais, en réalité, une demi- douzaine seulement, à savoir : Syrichthus serratulae^ Scardia boleti^ Soda corsica^ Mesophlebs silacellus, Laveriia miscella, Aciptilia baliodactyla, et peut-être Aplasta ono?iaria méritaient d'être signalées. LXXXV François Daleau fait la communication suivante La pêcb.e à la Crevette et les A-levins dans le département de la Qironde On pêche le Crang-on vulg-aire ou Crevette vulg-airement nom- mée Esquille ou Chevrette dans la région, durant trente ou qua- rante jours, pendant les mois d'août et de septembre. L'eng-in le plus employé à cet effet, par les pêcheurs, est appelé Aveneau ou Lavaneau^ filet à mailles serrées, fixé sur deux longues perches réunies d'un bout, ouvertes en y à l'autre extrémité, reposant sur une barre transversale placée à l'arrière d'une petite barque solidement ancrée, soit: filacUère, lanche ou ijole. Le filet maintenu sous l'eau k une petite profondeur fait face au courant qui entraîne les petits crustacés dans ses poches. Je cite pour mémoire les eng-ins employés sur le rivag-e, par les pêcheurs amateurs, tels que : balances, couls ou trioules^ avec lesquels ils prennent des crevettes sans détruire d'autres poissons. On pouvait voir en août et septembre dernier sur la Garonne, entre Lagrange etMontferrand, quinze ou vingt barques munies d'aveneaux, qui barraient une partie de la rivière. - Sur la Dordogne. devant Bourg, durant cette même période, on comptait seulement trois ou quatre barques I Je cite encore, pour mémoire, un grand nombre de bateaux munis aussi de ce filet destructeur qu'on aurait pu compter entre Pauillac et Langon, et entre Bourg et Libourne. Je reviens au filet dit aveneau ; celui-ci mis à l'eau, est levé trois ou quatre fois par vingt-quatre heures, un peu avant le change- ment de marée, de flot ou de jusant, pour permettre au bateau d'évoluer. Dès que le filet est levé^ le pêcheur en retire le contenu qu'il dépose dans des hanastres (grandes corbeilles) et procède alors à un premier triage. Les crevettes sont en très grand nombre, mais il y a aussi des débris de végétaux et une grande quantité d'alevins. Ces petits poissons, comprimés par le courant sur les mailles du filet, pendant plusieurs heures, sont morts. Le pêcheur s'empresse de les remettre à l'eau^ non pas LXXXVI avec l'espoir de les reprendre plus tard, mais pour les soustraire aux yeux du garde-pêche. Un pêcheur m'a dit avoir pris pendant plusieurs jours, plus de frayons (alevins) que de crevettes. Le premier triage produit, en moyenne, cinq ou six litres de fretin, par filet. (Un litre contient quatre cents petits poissons.) Les Esquilles ainsi triées sont livrées aux marchandes qui procèdent à un second triage plus sérieux d'où elles sortent encore un ou deux litres d'alevins. A l'aide des chiffres que je viens de vous indiquer, j'ai procédé au dénombrement des alevins détruits durant la saison dernière. Les trois pêcheurs installés devant Bourg ont capturé, au minimum 648 . 000 alevins. Quinze pêcheurs ancrés devant Montfer^ rand, en ont pris , 3 . 240 . 000 poissons. Total 3.888.000 Ces chiffres, certainement bien au-dessous de la vérité, sont malheureusement trop éloquents. Nos administrateurs ont créé des établissements de pisciculture pour repeupler nos rivières et nos fleuves, je crois qu'il serait utile, avant tout, d'empêcher la destruction des alevins qui viennent naturellement. Avec les alevins pris devant Bourg, dont il vient d'être parlé, se trouvaient quelques méduses de très petite taille, je vous les signale comme une rareté, car depuis plus de trente ans, c'est la seconde fois seulement que je constate la présence de ces animaux dans les eaux de la Dordogne — présence qui peut être attribuée, je crois, à la salure de l'eau de cette rivière, causée par Textrême sécheresse de l'été dernier. M. Daleau montre des vers parasites qui abandonnent l'orga- nisme des poissons dès que ceux-ci entrent en décomposition. M. DE Nabias dit qu'on a étudié les Nématodes des poissons du lac de Genève. M. Sabrazès observe que les poissons connus sur les marchés de Bordeaux sous le nom de merlus sont souvent envahis par de nombreux nématodes à déterminer. LXXXVII M. Beille a déterminé le charapigfnon présenté à la dernière séance par M. Bardié. C'est le Clavaria striata Person. M. Lambertie présente les comptes rendus suivants : Compte rendu entomologique de l'excursion de Centras le 1^' mai 1898. J'ai l'honneur de porter à la connaissance de la Société lin néenne la liste des Hémiptères, Névroptères et Coléoptères que j'ai recueillis au cours de cette excursion : HÉMIPTÈRES Centrocoris spiniger F., en battant, les arbres. Syromastes marginatus L.. en battant les buissons. Verlusia sulcicornis F., en fauchant dans une prairie. Pseudophlœus Fallenii Schill., en fauchant. Corizus crassicornis L., en fauchant. Peritrechus nubilis Fieb., en battant les arbres. • Monanthia Wolffii Fieb., sur les Chrysanthemum. Pygolampis bidentata Fourcr., en fauchant. Miris laevigatus L., en fauchant. Megaloceraea erratica L., en fauchant. Calocoris pilic&rnis Pz., en fauchant sur les crucifères. » sexpunctatus var. coccineus Duf. » >) » Nankineus Duf. Lygus pubalinus L., sur les saules. Camptobrochis lutescens Schill., en battant les chênes. Cixius pilosus 01., en battant les chênes. Acocephalus striatus, Fab., en fauchant. Deltocephalus striatus L., en fauchant. NÉVROPTÈRES • Panorpa communis L., sur une haie d'aubépines. Limnephilus flavicornis Fab., en fauchant dans une prairie. LXX XVIII COLEOPTERES Cicindela campestris L. Pogonus littoralis Duft. Blechrus maurus Sturm. Olibrus liquidus Er. » a f finis Sturm. Tropinota hirta Poda. Drasteriits bimaciilatus Rossi. Melanotus crassicornis Er. Corymbites latus F. Agriotes lineatiis L. Telephorus fuscus L, sur Pyrus Malus. Telephorus pulicarius, F. sur Pyrus Malus. Phyllobius Pyri L. Polydrosus planifrons Gyll. Strophosomus obesus Marsh. » faber Herbst. Sitones lineatus L. Hyper a Polygoni F. » trilineata Marsh. » nigrirostris L. Cyphocleonus trisulcatus Herbst. Lixus ferrugatus Oliv. Balaninus nucum L. Tychius striatulus Gyll. Gymnetron pascuorum Gyll. Cionus scrophulariae L., sur Scro- phularia aquatica. Orchestes quercus L., sur le chêne. » populi, F. Cidnorrhinus quadrimaculatus L. Ceuthorrhynchidius troglodytes F, Apion Fagi Kirby. » violaceum. Kirby. Spermophagus cardui Bohn. Pœcilium Alni L. Spheg estlies arietis L. Cryptocephalus sericeus L. Plagiodera armoraciae F. Suf. Graptodera oleracea L. , Hispa atra L. Cassida rubiginosa Mûll. » margaritacea Schull. Coccinella variabilis F. » 14^M5iMZa■ var. A bulilon Rossi, avec l'espèce. » (s. g. Corizus) capilatus F., en fauchant sur les ombellifères. » rufus Schill., en fauchant dans une prairie. Nysius Senecionis Schill., sur les fleurs d'anthémis. Ischnorhynchus (s. g. Kleidocerus) geminatus Fieb., en fauchant. Heterogaster Urticae Fab., sur l'ortie. Platyplax Salviae Schill., sur la Salvia pratensis. Peritrechus geniculatus Hah., en fauchant sur les herbes. Beosus luscus Fab., en fauchant. Scolopostethus af finis Schill., en fauchant. Notochilus contractus H. S., en fauchant. Monanthia Cordui L., sur les Cirsium. Nabis lativentris Bosh. [siibapterus Fieb.), sur l'ajonc. » férus L., en fauchant. » ericetorum Schtz., en fauchant. Triphleps nigra Wolff, sur les fleurs. Miris (s. g. Brachytropis) calcaratus Fall. , en fauchant. » (s. g. Miris) laevigatus L., en fauchant. Megaloceraea erratica L., en fauchant. Leptopterna dolabrata L., en fauchant. Lopus gothicits L., sur les chênes. Calocoris sexpunctatus Fab., en fauchant, avec les variétés suivantes : » » var. Nankineus Duf, » » » piceus Gyrill. » Chenovodii Fall., en fauchant. » (s. g. Homodemus) marginellus, Fab. en fauchant. Oncognathus hinotatus F., dans toutes les prairies. xc Lygus pratensis Fab., en fauchant. » ruhricatus Fal),, nouveau poui" la Gironde. » (s. g. Orthrops) Pastinacae Fall., sur les fleurs d'ombellifères. Pœciloscytus unifasciatus Fall., nouveau pour la Gironde. Liocoris tripustulalus Frab., sur VUrtica. Dicyphus pallidus H. S., nouveau pour la Gironde, Orthotylus nassatus F., sur Quercus. Plagiognathus arbustorum F., en fauchant dans une prairie humide. Cixius pilosus 01., sur les Quercus, » pinicola Fieb., sur les herbes sèches, » stygmaticus Ger., sur les herbes sèches, Oliarus quinquecostatus Duf., sur des chênes, Dictyophora Europaea L., sur des herbes sèches. Issus coleoptratus Fab,, sur les chênes. Hysteropterum grylloides Fab., sur des herbes sèches. Stenocranus longifrons Boh. Delphax striatella Fall, » sordidula Stah. Tettigometra virescens Pz. Triecphora (Cercopis) mactata Ger., sur des herbes sèches, Lepyronia coleoptrata L., sur des herbes sèches, Aphrophora Alni Fall., sur les saules. Ptyelus lineatus L.. en fauchant sur les lieux secs, » campestris Fall., en fauchant sur les lieux secs. » spumarius var. lateralis L., en fauchant sur les lieux secs, » » » fasciatus, F,, en fauchant sur les lieux secs. » >' » lineatus F., en fauchant sur les lieux secs. Idiocerus socialis Fieb,, nouveau pour la Gironde, sur les saules, Ag allia venosa Fall., en fauchant, Penthimia atra, en fauchant. Acocephalus striatus Fal., (^ $ , en fauchant. Thamnotettix sulphurellus Zett., nouveau pour la Gironde, en fauchant. Athysanus plebejus Zett., en fauchant. » sordidus Zett., nouveau pour la Gironde, en fauchant, » variegatus Kb,, dans les lieux humides. Deltocephahis ocellaris Fall., nouveau pour la Gironde, en fauchant. Typlilocyba Rosae L., sur les rosiers, Homotoma ficus L., sur les figuiers. XOI CITON-CÉNAG, 10 JUILLET 1898, Cymus glandicolor Han., en fauchant. Miridius quadrivirgatus Costa, en fauchant sur des graminées. Calocoris marginellus Fab., en fauchant dans les prairies. Megacœlum infusum H. S., sur les chênes. Oncognathus binotatus F., en fauchant dans les prairies. Capsiis Schach Fab., en fauchant dans les prairies. » laniarius L., sur VUrtica. Dicyphus errans WolfF, sur le lierre. Heterotoma merioptera Scop , sur Urticu. Cixius nervosus L., sur les Quercus. Hyalestes obsoletus Sign., sur les Quercus. Lepyronia coleoptrata L., sur les herbes sèches. Aphrophora Alni Fall., sur les aulnes. Ptyelus lineatus L., commun dans les prairies. Idiocerus scurra Germ., sur Equisetum palustre. Macropsis scutellaris F., sur Equisetum palustre. Tetligonia viridis L., commun sur Menlha. BOULIAG (les collines), 10 JUILLET 1898. Palomena prc.sina L., en battant les haies. Cyphostethus tristriatus F., sur les genévriers. Syromastes marginatus L., en battant les chênes. Coreus hirticornis F., en fauchant les herbe.s. Peritrechus nubilus Fall., en fauchant les herbes. Monanthia clumetorum H. S., en fauchant les herbes. Acetropis carincita H. S., en fauchant. Calocoris hipunclatus F., dans les prairies. Harpocera thoracica Fall., sur les genévriers. Notonecta glauca L, dans une citerne. Issus coleoptratus Fal., sur les chênes. Hyalestes obsoletus Sign., sur Quercus. Aphrophora Salicis de G., sur les saules. Ptyelus spumarius L., en fauchant. Bythoscopus Alni Schk., sur les Alnus. » rufuscukis Fieb, sur les Salix viminalis L. XCIl Jasstis atomarius Get., sur les chênes. Deltocephalus striatus L., en fauchant dans une prairie aride. AROAOHON, 21 AOUT 1898. Monalocoris filicis L., sur Pteria aquilina. Athysanus erythrostictus Leth, sur des chênes. BEAUTIRAN^ 7 AOUT 1898. Paloniena prasina L., en fauchant. Nysius Thymi Wolff, en favichant. Cymus claviculus Hahn, en fauchant dans une prairie. Plagiognathus viridulus Fall., en fauchant dans une prairie humide. Macroplax IJelferi Fieb., en fauchant dans une prairie. Athysanus variegatus Kb., en fauchant. CAUDÉRAN, 19 JUIN 1898. Gerris lacuslris L., dans une baille. Macropsis lanio L., sur les chênes. M. Lambertie communique la note suivante : Note sur huit espèces d'Hémiptères nouveaux de la G-ironde Je viens porter à la connaissance de la Société linnéenne la découverte que j'ai faite de huit espèces d'Hémiptères nouveaux pour la Gironde. Ce sont : Lygus rubricatus Fall., trouvé à Camblanes le 12 juin. Pœciloscytus unifasciatus F., trouvé à Camblanes le 12 juin. Dicyphus palliclus H. S., trouvé à Camblanes le 7 août. XCIII Macropsis scutellaris F., trouvé à Citon-Céiiac le 10 août. Idiocerus socialis Fieb., trouvé à Camblanes le 7 septembre. Thamnotettix sulphurellus Zett., trouvé à Camblanes le 7 août. Athysanus sordidus Zett., trouvé à (Camblanes le 25 septembre. Deltocephalus ocellaris Fall., trouvé à Bouliac le 16 octobre. J'ai pris des renseig-nements pour savoir si on les avait pris ailleurs, et on m'a répondu qu'ils sont cités dans les Catalogues de Reuter et d'Alkinson comme étant de la France centrale et d'Espagne, et d'après la collection Nouailher, on les trouve dans les Charentes, sauf Idiocerus socialis Fieb. Le docteur Piston a trouvé, dans les Vosges, le Lygus rubricatus Fall. et le Dicypivm pallidus H. S. et à Remiremont et à Gérardmer le Thamnotettix sulphurellus Zett. M. PiTARD communique les deux notes suivantes Sur quelques axes à structure polystélique. La structure ordinaire de la tige a été désignée en 1886 par MM. van Tieghein et Douliot, sous le nom de structure monos- télique, par opposition à une structure curieuse^ dite polysté- lique (1), que ces auteurs venaient d'étudier dans quelques Primulacées (2) et Haloragées (3). '^ Ils définissaient ainsi cette structure : « Les faisceaux peuvent être groupés en plusieurs cercles autour d'autant d'axes diversement disposés de manière à consti- tuer tout autant de cylindres centraux distincts^ ayant chacun sa moelle, ses rayons médullaires, son péricycle et son endo- derme, tous reliés et enveloppés par une écorce commune. » Ils mentionnent alors cette structure dans un assez grand nombre de Primula, d'Auricula et de Grunnera, montrant que les (1) Sur la Polystélie {An. se. Nat. Bot., t. III, 1886). (2) Structure de la tige des Primevères nouvelles du Yun-Nan {B. S. B. Fr.. t. XXXIII), et Groupement des Primevères d'après la structure de leur tige, {Id.). (3) Sur les tiges à plusieurs cylindres centraux {Id.). XOIV rég"ions ne sont pas constituées par des faisceaux fermés comme l'avaient prétendu Vaupell (1), Kamienski (2) et Reinke (3). En 1887, M. Dang-eard (4), reconnut dans ses études sur le g-enre Pingidcula qu'il présentait, lui aussi, des phénomènes analog-ues. A. ce moment, il eut avec M. Hovelacque une long-ue discussion pour déterminer la structure réelle des axes de cette plante. Nous voyons, d'après ce court exposé, que la structure polystét lique est peu commune. Nous en avons rencontré un bel exemple en étudiant les axes floraux A.' Àdansonia diqilata (Bombacée) et souvent nous remar- quons une tendance très nette à l'établissement de cette struc- ture chez Tovomita gvyanensis (Clusiacée), Agldia RoxburgJd^ Sivietenia Mahogoni fMeliacées). Dans ces espèces nous cons- tatons la formation d'un cercle de cylindres centraux entourés de leurs gaînes ordinaires; chez Adansonia digiiata l'arrang-e- ment des stèles est un peu plus compliqué. Dans cette espèce existe à la périphérie du pédicelle un pre- mier cercle de petites stèles, vers l'intérieur un deuxième cercle très développé enclavant chacune un g-ros pseudo-canal sécré- teur, puis au centre existe une stèle isolée analogue. Dans chaque cylindre central le péricycle présente la constitution g-énérale de celui des Malvacées : il est hétérogène, alternative- ment fibreux et sclérifié, parenchymateux et cellulosique. Le liber comprend des bandes de prosenchyme; le bois est très vasculaire. D'après les quelques exemples qui précèdent on doit en conclure qu'au même titre que la tige, mais toujours dans des cas fort rares, puisque ce fait ne se produit guère d'après nos recherches que dans quatre plantes sur plus de trois milliers étudiées, le pédicelle fructifère peut être le siège d'apparition de la structure polystélique. (1) Vaupell. Untersuchungen ûbar das peripherische Wachsthura der Gefâssbûndel der dicotyledonen Rhizome. (Leipsig, 1855). (2) Kamienski. Zur Vergleichende Anatomie der Primulacen. {Inaug. Diss., Strasbourg, 1875) et Vergl. Anat. der Primulaceen (Abhandl. der naturf. Gesellschaft zu Halle, 1878). (3) Reinke. — Untersuchungea uber die Morphologie der Végétations. Organe von Gunnei'a. (Morph. Abhand., Leipsig, 1873). (4) Dangeard et Bakbé. La Polystélie dans le genre Pingaicuh [B. S. B. Fr., t. IX, 1887) et Dangeard {Le Botaniste, xcv Sur un genre nouveau de Campanulacées à faisceaux supplémentaires inversés. Nous savons que quelques espèces du g^enre Campamda offrent des faisceaux médullaires isolés et opposés par leur partie ligneuse à l'anneau lig-neux normal. Cette structure a été décou- verte par Sanio (1) chez Campamda latifolia et 6". pyramidalis, alors que Hanstein (2), l'année précédente, avait méconnu les formations libériennes anormales de quelques types de cette famille. Petersen (3) reprit en 1882 cette étude qu'Hérail (4) pour- suivit un peu plus tard. Il décrivit les anomalies de structure des axes de Campamda pyramidalis, C. glomerata, C . trache- Ihim, C. latifolia et Phyteuma limonifolium. Cette organisation est devenue le type classique d'une structure axillaire anormale par la mention toute spéciale que M. van Tieghem lui consacre dans son Traité de Botanique. Nous avons été amené à étudier l'organisation des Campanu- lacées dans l'étude qus nous avons entreprise sur les axes floraux. Le genre Michauxia nous a offert dans l'une de ses espèces, Michauxia ca^npamdoides, une organisation anormale analogue. Sous l'anneau continu libéro-ligneux habituel, sè trouvent isolés, au milieu du conjonctif interne, un nombre assez considérable de petits faisceaux libéro-ligneux. Ils sont séparés des régions fasciculaires externes par trois ou quatre rangs de cellules, cellulosiques au contact des trachées initiales des fais- ceaux normaux, sclériâées au voisinage des faisceauxmédullaires. Ceux-ci nous ont présenté, comme dans le cas des Campanules précitées, un liber tourné vers le centre de la moalle, pourvu de laticifères abondants, une région ligneuse orientée vers l'exté- rieur de la coupe et représentée par quelques fibres à membrane ttès épaissie. (1) Bot. Zeit., 1865. (2) Die Michsaftigefasse in die verwandten Organe in die Rinde, 1864. (3) Ueber das auftreten bicollateraler Gefâssbundel (Engler's Jahi'esbe- richt, 1882). (4) Recherches sur l'Anatomie comparée de la tige des dicotylédones. {An. se. nat. 7e s. t. II, 1885). XCVI Nous n'avons pas trouvé de faisceaux anormaux dans Wichauxla Tchihatcheffi. L'interprétation de ces faisceaux supplémentaires des tig-es de Campanulacées, que nous ne rencontrons ainsi que dans trois g-enres, a été donnée en 1881 par Westermaier(l), Cetauteur avait remarqué que seules les grandes espèces, surtout très florifères, étaient susceptibles d'offrir des faisceaux supplémentaires à orientation inversée. Il estimait que le cercle externe de fais- ceaux était trop étroit pour livrer un rapide passag-e à d'abondan- tes substances migratrices lorsque l'espèce présentait une hauteur ultranormale ou une quantité considérable de fleurs. Toutes les espèces de Campanula vérifiaient cette hypothèse, toutes offraient, en effet, une taille relativement g-rande et un nombre de fleurs abondant. Il en est ausside même de Michauxia campanuloides. Mais Michauxia Tchihatcheffi, d'une taille aussi élevée que la précédente et beaucoup plus considérable qu'un grand nombre de Campanules à structure anormale, ne nous a pas présenté de faisceaux anormaux. L'explication de Westermaier qui paraissait si plausible, semble donc mise en défaut par notre observation : ni les fleurs abondantes et particulièrement larg-es et charnues de Michauxia Tschiatscheffi, ni la haute taille de cette espèce n'ont entraîné dans la structure de son axe l'apparition de faisceaux supplé- mentaires. Il faut donc conclure de notre observation que la création des faisceaux inversés observés chez quelques Campanulacées ne peut être justifiée, comme on le pensait généralement, ni par le port élevé, ni par le nombre exceptionnel des fleurs. (1) Beitrâge zu vergleichenden Anatomie der Pflanzen (Monastsber. KgL Akad. der Wiss. zu Berlin, 1881). XCVII Séance du 21 décembre 1898. Pi'ésidence de M. de Nabias, président. ADMINISTRATION M. Breignet donne lecture d'une notice sur la Société qu'il a faite en vue de l'Exposition de J900 et qui doit être adressée au Ministre de l'Instruction publique. M. LE Président remercie M. Breignet et propose que cette notice soit insérée dans les Procès verbaux. M. MOTELA.Y demande qu'il soit fait un tirag-e à part de 400 exemplaires pour être distribués aux nouveaux membres de la Société. Ces propositions sont adoptées. Notice Dès la fin du siècle dernier, les botanistes bordelais avaient coutume de célébrer chaque année la mémoire du g-rand Linné par une fête champêtre. Aussi dévoués h la science que désireux d'en propag-er les découvertes et d'en multiplier les adeptes, ils résolurent de créer une Société. C'est dans une de leurs excur- sions, dirig-ée à Arlac, le 15 juin 1818, par Darg-elas, alors direc- teur du Jardin des Plantes de la ville, et par J. F. Laterrade, auteur de la Flot-e bordelaise, parue en 1811, que fut fondée la Société Linnéenne d'Émulation de Bordeaux, qui prit d'abord, dans le projet de statuts préparés par quelques-uns des fonda- teurs, le nom de Société Phyto-Linnestienne d'Émulation Créée par l'initiative individuelle, la Société Linnéenne d'Ému- lation s'occupait, aux termes de son règ'lement, de tout ce qui était relatif à la botanique. Elle se composait de membres Procès-Verbaux 1898. — T. Lm, 7 XGVÎII honoraires, de membres titulaires, de membres auditeurs et de membres correspondants. Le nombre des membres titulaires était fixé à vingt-quatre, chiffre des classes du système de Linné. Elle publia d'abord ses travaux dans l'Ami des Champs (1823- 1832), en même temps qu'elle faisait paraître aussi, chaque année, un Annuaire ou Guide du Cultivateur et du Fleuriste (1821 à 1841), dans lequel on remarque d'excellents conseils donnés aux horticulteurs et aux agriculteurs. D'intéressants travaux de géologie furent, à diverses reprises, présentés à la Société, et, par une délibération du 5 août 1825, elle comprit la zoologie au nombre des sciences, objet de ses investigations et de ses recherches. Née à une époque où la philosophie, la littérature et l'histoire comptaient d'éminents représentants, où la science attirait des esprits d'élite, la Société Linnéenne rencontra partout de nom- breux et dévoués adhérents. Peu à peu, ceux-ci se groupèrent par région et cherchèrent à se rattacher à la Société mère, comme k l'arbre qui les avait produits. Et sa force d'expansion fut telle, que moins de deux ans après, la Société Linnéeane organisa de nombreuses sections dentelle fixa les conditions d'établissement et dont elle nomma les présidents. C'est ainsi que des sections de la Société Linnéenne d'Émulation furent successivement insti- tuées : en 1820, dans les Indes, à Paris, à Libourne et dans le département des Basses-Pyrénées; en 1821, dans la Guyane, à Eochefort et à Narbonne ; en 1822, à Montpellier, au Sénégal et- à la Martinique; enfin, plus tard, dans les Basses- Cévennes, dans la Montagne-Noire et dans le département de la Haute- Vienne. Le développement que prit le mouvement scientifique auquel la Société Linnéenne s'était associée dès l'origine et qu'elle avait puissamment contribué à développer, fit bientôt sentir la néces- sité de publier les travaux originaux qui lui étaient présentés par ses membres. Mais avant de fonder son Bulletin, elle jugea nécessaire de régulariser sa condition. Jusqu'alors elle avait vécu en dehors de la loi, sans avoir sollicité ni obtenu aucune autorisation. Il était temps de mettre un terme à une situation aussi anormale. En 1827, des démarches furent faites dans ce but et on présenta les statuts à l'approbation du Gouvernement. XCIX Mais l'existence des sections fut le motif d'une grave objection et, le 12 octobre 1827j M. de Villèle, président du Conseil des ministres, écrivait à ce sujet à M. le Préfet de la Gironde : « Monsieur le Préfet, comme il résulte que les travaux de cette » (yompag-nie (laSociété Linnéenne de Bordeaux ) ont uniquement » pour but l'intérêt des sciences naturelles, je ne vois pas d'in- » convénient à ce que la Société Linnéenne de Bordeaux reçoive' » maintenant l'autorisation légale qui lui avait manqué jusqu'ici, » mais à la condition que, conformément à ma lettre du 18 mai » dernier, elle supprimera les diverses sections, qu'elle avait » abusivement établies tant dans l'intérieur du Royaume qu'à » l'étranger, et que les membres de ces sections resteront indi- » viduellement dans la classe ordinaire des correspondants. « Lorsque la Société aura modifié ses statuts et la liste de ses » membres dans le sens de cette dernière disposition, vous vou- » drez bien m'en donner communication pour que je puisse alors » revêtir le tout de mon approbation définitive. » La Société dut se soumettre aux conditions qu'on lui imposait et modifia ses statuts par délibération en date du 18 octobre 1827. Elle prit alors définitivement le nom de « Société Linnéenne de Bordeaux », qu'elle a porté depuis cette époque et qu'elle porte encore aujourd'hui. L'autorisation qu'elle sollicitait lui fût accordée par une ordonnance royale du 18 juin 1828, qui approuva à la fois et son règlement fondamental et son règlement admi- nistratif et lui conféra le titre d'établissement d'utilité publique, ainsi que le constate un document publié par le Ministère de l'Instruction publique des Cultes et des Beaux-Arts. ((lomité des travaux historiques et des Sociétés savantes. —Liste des Sociétés savantes des départements correspondant avec le Ministère, page 56, 1877;. Aux termes de l'article premier de ce règlement fondamental, l'histoire naturelle et l'agriculture font l'objet des études et des recherches de la Société; aux termes de l'article 2, le nombre de ses membres titulaires reste toujours limité à vingt-quatre. C'est de cette époque que date la publication du Bulletin d'histoire naturelle de la Société Linnéenne de Bordeaux, où la géologie et la zoologie tinrent bientôt une place considérable. En 1830, ce Hulletin-^ni le. titre à' Actes sous lequel il a continué à paraître depuis. La collection de ces Actes, qui compte aujour- d'hui cinquante-trois volumes, renferme, outrelesprocès-verbaux des séances et une foule de communications intéressantes, noti- ces, monog-raphies, catalogues, descriptions, etc., de nombreux mémoires, souvent très étendus, sur toutes les branches de l'his- toire naturelle et particulièrement sur la flore, la faune et les terrains du Sud-Ouest de la France. Cette publication a de tout temps joui d'un crédit lég-itime dans le monde savant, et les échanges que la Société en a faits, dès l'origine, avec les recueils des plus célèbres Sociétés scien- tifiques de toutes les nations du monde, lui ont constitué une très précieuse bibliothèque de plus de 12.000 volumes, ouverte tous les jours à ses membres, ainsi qu'à ceux des différentes Facultés de l'Université de Bordeaux. En parcourant les dix premiers volumes de ce Bulletin, régu- lièrement publiés de 1828 à 1838, on constate que la Société Linnéenne de Bordeaux n'est restée étrangère à aucune des questions comprises dans son vaste programme. Elle provoque des études sur les riches faluns de la Gironde; elle fait des observations météorologiques; elle publie des travaux de zoolo- gie et d'entomologie; elle suit les essais sur des cépages nou- veaux de vigne expédiés par le ministère; elle s'associe avec empressement au mouvement qui tend à la création des chemins vicinaux, si nécessaires à l'agriculture et réglementés enfin par la loi du 21 mai 1836. Sur l'initiative qu'en avait prise la Société Linnéenne, M. le maire de Bordeaux instituait, dans cette ville, le 28 avril 1829, un marché aux fleurs. Cependant, le champ ouvert aux recherches et aux investiga- tions de la Société Linnéenne était trop vaste pour qu'elle pût continuer à le parcourir de la manière la plus profitable. Un progrès était nécessaire et il ne pouvait s'accomplir que par la division du travail. En 1835, elle concourait à la fondation du Comice agricole de l'arrondissement de Bordeaux, auquel devait succéder, en 1841, la Société d'Agriculture du département de la Gironde. C'est encore sous ses auspices que fut également instituée, en 1839, la Société d'Horticulture de la Gironde. La Société Lin- néenne put alors abandonner avec confiance l'étude des grandes CI questions d'agriculture et d'horticulture à ce=5 deux Sociétés nouvelles que plusieurs de ses membres avaient contribué à constituer. A partir de ce moment, la Société Linnéenne put limiter ses travaux aux études exclusivement scientifiques. Mais la fonda- tion des deux Sociétés d'Ag-riculture et d'Horticulture avait diminué le nombre de ses membres correspondants et auditeurs, et proportionnellement affecté les ressources dont elle disposait. La publication de son Bulletin ne tarda pas à s'en ressentir. Dix volumes avaient été rég-ulièrement publiés de 1828 à 1838. De 1839 à 1855 elle ne put imprimer que dix volumes; dix autres virent le jour de 1856 à 1875. Nous devons cependant constater que, par leur étendue, par Timportanoe des mémoires et des ren- seig-nements qu'ils renferraent_, ils prouvent les prog-rès considé- rables et continus réalisés par notre Société. Enfin, jusqu'en 1856, la Société Linnéenne de Bordeaux, a ouvert des concours sur les questions les plus importantes et distribuait, dans des séances publiques, des prix aux meilleurs mémoires. Il ne nous semble pas nécessaire de donner ici la nomenclature de ces concours et l'indication des sujets qui y- furent traités. Il nous suffira de dire que cette liste comprend les questions les. plus intéressantes d'histoire naturelle théorique et d'histoire naturelle appliquée : zoolog"ie, ornithologie, con- Chyliolog-ie, géologue, botanique, physiologie végétale, horti- culture, économie rurale, agriculture, viticulture, chimie agricole, etc., etc. A diverses reprises, les membres les plus actifs de la Société avaient formé le projet de rendre à l'impression de ses Actes la régulante qu'on y avait apporté de 1828 à 1838. Pour atteindre ce but, il était nécessaire d'accroître les ressources dont on disposait. La révision des statuts devenait une nécessité ; tentée d'abord dans la séance du 21 mars 1877 par une Assemblée géné- rale dont les délibérations furent approuvées par un arrêté de M. le Préfet de la Gironde du 20 mars 1878, elle fut définitive- ment réalisée dans la séance du 6 décembre 1882 et les nouveaux statuts furent approuvés par décret de M. le Président de la République en date du 25 janvier 1884. La Société, qui avait été en quelque sorte une société fermée, ouvrit alors ses rangs à tous les amis de l'histoire naturelle et décida, par l'article 7 de ses nouveaux statuts, que le nombre de ses membres serait illimité. on Grâce à cette utile réforme, le nombre des membres de la Société est aujourd'hui de : honoraires, sept; titulaires, quatre- vingts; correspondants, trente-huit. Ses ressources, proportionnellement aug-mentées, ont assuré la régularité de ses publications. Chaque année elle imprime un volume d'au moins ving-t-six feuilles, et qui renferme des travaux originaux sur les diverses branches de l'histoire naturelle. Ces travaux sont souvent accompagnés de planches, dont beaucoup coloriées ; leur utilité, nous pourrions dire leur nécessité, justifie amplement le prix que nous y attachons. C'est pourquoi la Société sait s'imposer les sacrifices pécuniaires indispensables pour leur donner la précision que réclament les études scien- tifiques. Indépendamment des réunions consacrées spécialement à la lecture des travaux de ses membres et à la discussion des ques- tions scientifiques à l'ordre du jour^ la Société se réunissait, dans les premiers temps, en séance solennelle, chaque année, le 4 novembre, en souvenir de Linné, né le 4 novembre 1707. En outre, elle célébrait, ég'alement chaque année, le jeudi après la Saint-Jean, la fête de Linné, à laquelle assistaient le plus grand nombre de ses membres. Cette coutume des bordelais, de se réunir ainsi et de faire, à l'occasion de la fête du grand naturaliste, une excursion dans un lieu déterminé autour de la ville de Bordeaux, était du reste fort ancienne. Elle remonte probablement k l'année 1780 et fut intro- duite deux années à peine après la mort du botaniste suédois. A l'origine, on avait choiai la date du 4 novembre ; mais la saison étant peu favorable aux excursions botaniques, sur la proposi- tion de Laterrade et de Dargelas, on décida que la fête des bota- nistes serait remise aux derniers jours du mois de juin, en sou- venir du botaniste Jean Beauhin. Cette fête avait pour but, ainsi qu'on le lit dans la bibliothèque physico économique (Paris, 1820), «d'entretenir cette douce union si nécessaire aux progrès réels de la science, et de répandre le goût d'une étude aussi agréable qu'utile. » La Société a conservé avec une inébranlable fidélité l'institution de cette fête annuelle; ce jour-là, elle se rend sur un point quelconque du département, choisi à l'avance comme se prêtant à des observations scientifiques variées. Elle publie chaque année le procès-verbal de ces excursions, qui s'élèvent cm maintenant à quatre-ving-ts. En outre, elle fait des excur- sions trimestrielles, d'un caractère moins général, mais qui ajoutent aussi à la connaissance très approfondie qu'elle a acquise du département de la Gironde, considéré au point de vue scientifique. Dans le but de travailler le plus énerg-iquement et le plus méthodiquement possible à l'avancement de l'histoire naturelle dans notre rég-ion, la Société a constitué dans son sein une com- mission dite « de la Carte g-éologique de la Gironde », une com- mission « de la Flore de la Gironde », et une commission « d'Entomolog-ie. » En 1882, elle obtenait par ses Actes, un diplôme d'honneur k l'exposition delaSociété Philomathique de Bordeaux. En 1889, ils lui ont valu une médaille d'argent à l'exposition universelle de Paris ; eten 1895, àla XIIP exposition Philomathique de Bordeaux, un diplôme d'honneur. Peu de Sociétés de province et même de Paris peuvent se réclamer d'un passé de labeur plus soutenu et plus fécond. Pour ne citer que quelques-uns des principaux collaborateurs de ses Actes, il sied de rappeler qu'on y trouve des travaux de Later- rade, Léon Dufour, Marcel de Serres, Gratdloup, Billaudel, des Moulins, Lespinasse, Durieu de Maisonneuve^ de Rochebrune, Jlaulin, Fischer, Gassies, Lesson, Souverbie, Linder, Audebaux, J^eymerie, Gosselet, ïournouer, Jacquot, Clavaud, Delfortrie, Arnaud, Cotteau, Pérez, Walman, Nylçinder, Brochon, Motelay, de Loynes, Brown, de Nabias, Lataste, Durègne, Daleau, Deg-range-Touzin, Fallot, Benoist, Foucaud, Simon, Millardet. Il nous reste à mentionner quelques-uns des travaux contenus dans les volumes 43 (1889) à 53 (1898). . BOTANIQUE P. Brunaud Miscellanées mycologiques. J. Foucaud Note sur une espèce nouvelle du genre Miiscari (M. Motelay i). Frère Gasilien Contribution à la flore des Lichens du plateau central. CIV G. Lalanne Recherches sur les caractères anatomiques des feuilles persistantes des Dicoty- lidones. MiLLARDET Etude des altérations produites par le phylloxéra sur les racines de la vigne, MoTELAY Isoëtes Brochoni, spec. nov. D^Nylander Les Lychens des îles Açores. Paris ... Index Bryologicus sive enumeratio miisco- riim huciisqiie cognitoriim adjunctis syno- nymia distributioneque geographica locii- pletissimis. Louis Petit Nouvelles recherches sur le pétiole des Phanérogames. F. Renauld Contribution à la flore bryologique dç Madagascar. ZOOLOGIE et ENTOMOLOGIE BiAL DE Bellerade. Blondel DE JoiGNY et J. CouTURES. Contribution à la faune des Coléoptères de la Gironde. Brown et Breignet. . . . . Contribution à la faune des Lépidoptères du Sud-Ouest de la France. Ferton Notes zoologiques pour servir à l'histoire de l'instinct des Porapilides. — Observations sur l'instinct des Hyménop- tères gastrilégides de France et de Corse, P. Fischer Nouvelle contribution à l'actinologie fran- çaise. Granger Nids et œufs des oiseaux de la région du Sud-Ouest. — Mollusques terrestres, des eaux douces et sauniâtres des départements apparte- nant à la région du Sud-Ouest. Kunstler Variations spécifiques consécutives à des changements de mode d'existence. De Lustrac Trypanosoma Balbianii, Certes. De Nabi AS Recherches histologiques et organologi- ques sur les centres nerveux des Gasté- ropodes. Pérez Catalogue des Mellifères du Sud-Ouest. — Sur la prétendue Parthénogenèse des Halictes. cv Peytoureau Remarques sur l'organisation, l'anatomie comparée et le développement des der- niers segments du corps des insectes Orthoptères. E Simon Aviculariides habitant l'Amérique du Nord. GEOLOGIE et PALEONTOLOGIE Arnaud Le chemin de fer d'Angoulême à Marmande — Sur quelques échinides à tubercules cré- nelés et imperforés du crétacé supérieur. — Observations sur les Salenia crétacées du Sud-Ouest. — Observations sur le Cidaris pseudopistillum — Brissopneustes aturensis. Benoist et BiLLioT Coupe géologique des terrains tertiaires sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne. BiLLiOT Coupes géologiques du Sud-Ouest. Degrange-Touzin Etude sur la faune terrestre, lacustre et ftuviatile de l'Oligocène supérieur et du Miocène dans le Sud-Ouest de la France et principalement dans la Gironde. Affi- nités de cette faune avec celle des dépôts du bassin de Mayence. — Etude préliminaire des coquilles fossiles des faluns des environs d'Orthez et de Salies-de-Béarn (Basses-Pyrénées). — ... Les Scalariidse fossiles des terrains ter- tiaires supérieurs du Sud-Ouest. — Les Dreissensidae fossiles du Sud-Ouest de la France. — Sur divers affleurements de faluns situés dans la vallée du Peugue et aux Eyquems. ANTHROPOLOGIE Ferton Sur l'histoire de Bonifacio à l'époque néolithique. CVl MINÉRALOGIE Charles Frossard Les Zéolitlies des Pyrénées, leurs gise- ments. PHYSIOLOGIE L'Herminier et Pachon. . Des Phénomènes vaso-moteurs périphéri- ques dans quelques cas déterminés d'ac- tivité cérébrale. P. Rivière Variations électriques du travail mécanique du muscle. M. MoTELAY annonce que M. le g-énéral Paris vient de recevoir, à titre d'encouragement, un prix de mille francs de l'Académie des sciences pour son Index hryologicus. MOUVEMENT DU PERSONNEL Sur sa demande, M. Petit, qui est fixé à Paris, est inscrit comme membre correspondant. COMMUNICATIONS M. Bordes, facteur à Aillas, annonce à la Société qu'au cours des travaux de creusement d'un puits dans cette commune, il a été trouvé des ossements d'un animal qu'il croit antédiluvien. La Société délègue MM. Durèg-ne et Lalanne auprès de M. Bordes. M. Lalanne présente le rapport suivant sur la Faune de France de M. Acloque. Rapport sur la « Faune de France » de M. Acloque Paris — J.-B. Baiilière et fils - 1899 S'adonner à l'étude systématique des Myriapodes, des Arachnides, des Crustacés, des Némathelminthes, des Vers, des Mollusques, des Polypes, des Spongiaires, des Protozoaires, nous GVII eut semblé, il y a quelques années, une entreprise téméraire, et nous étions remplis d'admiration pour ceux qui avaient le courage et la patience de fouiller dans les volumineuses mono- graphies pour arriver à la détermination d'une espèce. Aussi, la zoologie descriptive était-elle à la portée de quelques privilégiés, reléguée dans les laboratoires des facultés, et lorsqu'elle en franchissait le seuil, c'était pour inspirer du dégoût et pour faire traiter d'insensés ceux qui admiraient les instincts et les mœurs des Arachnides et qui prétendaient que certaines Annélides marines possédaient les plus chatoyantes couleurs. — Le botaniste, seul, emportait dans une poche l'histoire végétale de sa région, dichotomiquement classée, et par la belle saison, il revenait joyeux d'une excursion ayant ajouté à sa collection quelques spécimens soigneusement étiquetés. — Le zoologiste en était jaloux, mais aujourd'hui, les temps ont bien changé. Le zoologiste, muni d'une loupe et d'un volume de quelques centaines de pages peut arriver à connaître autant d'espèces animales que le botaniste connaît d'espèces de plantes. La Faune de France de M. Acloque, renfermant en quatre volumes la description des animaux qui vivent en France» permet d'arriver à la détermination rapide des espèces, grâce au système dichotomique et aux tableaux employés par l'auteur. Cet ouvrage mériterait d'être entre les mains, non seulement des naturalistes, mais aussi des instituteurs des campagnes, qui tout en ayant l'occasion de moraliser leurs élèves en leur faisant aimer la nature, leur enseigneraient à distinguer les animaux utiles des espèces nuisibles et contribueraient à accroître leur fortune et à leur procurer le bonheur. Toutefois, avant de terminer, je dois adresser un reproche à l'auteur, celui d'avoir complètement négligé l'embranchement des Protozoaires. — Beaucoup de naturalistes seraient peut-être amenés à l'étude des Tnfasoires, par exemple, s'ils avaient sous la mains un ouvrage commode. J'en pourrais dire autant pour les ordres des Foraminifères et des Radiolaires qui offriraient des recherches si attachantes et dont l'étude systématique est encore si négligée. En dehors de cela, l'ouvrage de M. Acloque est destiné à rendre d'immenses services, et s'il eut vu le jour quelques dix ans plus tôt, j'en eus certainement fait mon bréviaire. CVIII M. LA.LANNE présente le rapport suivant sur V Aide-Mémoire d'anthropologie et d'ethnographie de M. Girard. Rapport sur 1' « aide-mémoire d'Anthropologie & d'Etlmograplaie », par Heni'i Girard »»aris - J.-B. BailUère et Fils —1898 Lorsqu'on 1871 furent réunis pour la première fois en volumes les mémoires publiés parBroca et épars, ça et là, dans la littéra- ture anthropologique, le but que poursuivait l'éditeur était de parer aux inconvénients que présentait pour les personnes désireuses de s'initier à la science anthropolog-ique, le manque d'un manuel pratique et didactique. Aujourd'hui_, cette lacune est comblée, cette science a réalisé d'immenses prog'rès, et les ouvrag-es destinés à la faire connaître sont nombreux. Tous ont une certaine valeur scientifique, mais la plupart n'envisagent qu'une partie de l'anthropologie, sont des ouvrages de longue haleine, que les initiés seuls consultent avec fruit; enfin, ils sont généralement fort coûteux. Le Petit aide mémoire de M. Henri Girard fait partie d'un manuel d'Histoire naturelle complet en dix volumes, dont le but est de permettre aux candidats ayant à subir un examen, de revoir rapidement les matières sur lesquelles ils peuvent être interrogés. Les trois premiers volumes sont consacrés à la Zoologie, à l'Anatomie comparée et à l'Embryologie, les trois suivants à la Géologie, à la Paléontologie et à la Minéralogie. Les trois autres volumes sont consacrés à la Botanique. — Ayant quitté depuis longtemps les bancs de l'école, j'ignore si aujourd'hui l'Anthro- pologie fait l'objet d'un enseignement didactique. Dans l'affir- mative, je m'en réjouirais, car je ne connais pas de science plus attrayante et plus élevée, si on la comprend dans le sens de <^ V étude du groupe humain considéré dans son ensemble, dans ses détails et dans ses rapports avec le reste de la nature. » Laissant de côté les points de vue extrêmement variés sous lesquels la définition qui précède permet d'envisager une science, le petit manuel dont j'ai l'honneur de vous présenter l'analyse CIX se borne à étudier l'espèce humaine dans le passé et dans le présent, et par suite : 1° à l'étude des Races fossiles et préhisto- riques ; 2° à l'étude des races actuelles. On est surpris du g-rand nombre de faits contenus dans ce petit manuel, qui permet de s'initier en quelques heures à la science la plus vaste qui existe. Les âg-es de la pierre, du bronze et du fer, sont passés en revue et leurssubdivisions décrites avec leurs caractères les plus saisissants, de telle sorte qu'en quelques pages, on voit défiler sous ses yeux la long-ue histoire de l'humanité. Après un chapitre consacré aux caractères anato- miques de la race humaine, et contenant quelques données sur les mesures anthropométriques, données, je me hâte de le dire, un peu rudimentaires pour permettre de les utiliser dans une question aussi complexe, l'auteur étudie les races actuelles, décrit leurs caractères distinctifs en les rendant plus saillants par des dessins appropriés, signale leurs mœurs et leur distri- bution géographique^ en s'appuyant sur les travaux fonda- mentaux de MM. les professeurs de Quatrefages et Hamy, de MM. de Mortillet, Topinard, Verneau, etc. M. PiTARD donne lecture des deux notes suivantes : Influence de la sexualité sur la structure des axes floraux Nous avons déjà mentionné que la structure des axes floraux variait avec leur sexe. Nous avons cherché à connaître quelle était la nature de son influence et avons successivement examiné si la sexualité de la fleur faisait naître dans son support des variations dans la symétrie, la nature histologique ou la quan- tité des éléments des pédicelles mâles et femelles. L'examen d'une soixantaine d'espèces d'axes uniséxués nous a conduit à formuler les conclusions suivantes : Le polymorphisme des axes floraux, dû à leur sexualité, ne s'exprime pas dans les pédicelles de sexes différents par des variations dans la .symétrie de leurs éléments ou par la nature histologique variable de leurs tissus. Il se manifeste par des variations dans la quantité relative des tissus distribués dans les GX axes de sexualité différente. Les chiffres suivants nous fixeront dans quelques cas exactement leur valeur : Ricinus axe (^ communis axe $ Akkebia axe (^ quinata. axe $ Luffa acatangpula. axe (j* axe Ç Ecorce 55 14 80 35 20 12 27 15 55 28 70 Péricycle, liber.. 55 Bois 15 25 30 80 6 11 10 25 15 110 20 Moelle 175 109 225 + 116 49 77 + 28 208 320 + 112 Aucuba japonica. Cyclanthera pedata. ^^ ' 1^ ^>,^^ , -^ — ^^ I-- — ' axe (^ axe Ç axe (^ axe Ç Ecorce. . . 55 15 100 23 16 10 20 18 Péricycle, liber. Bois 10 10 4 5 Moelle . . • S 5 25 88 88 ■ 138 + 50 55 131 +76 Ces quelques exemples tendent à nous montrer que le pédicelle floral mâle présente, au point de vue quantitatif, une forte réduction de toutes ses rég-ions anatomiqaes. L'écorce et la moelle sont moins développées, le liber moins abondant, les vaisseaux moins nombreux et leur section plus étroite. Enfin, dans toutes les espèces présentant un liber périmédullaire, l'axe mâle en est moins bien doté que le pédoncule femelle. Ces observations sont d'ailleurs bien en rapport avec le rôle physiologique que ces rameaux devront remplir : l'axe mâle n'a qu'à fournir assez de substances plastiques pour permettre aux anthères d'arriver à maturité, puis son rôle prend fin. Au con- traire, l'axe femelle évoluera pendant un temps bien plus long- et devra présenter des voies assez larges pour permettre aux substances mig-ratrices de s'emmagasiner dans le fruit. Nous devons insister particulièrement sur ce fait que, dans chaque famille, le type de structure du pédicelle n'est pas modifié par ce polymorphisme dû à la sexualité. Les faisceaux, CXI selon la famille, seront dans tous les axes disjoints on réunis, quelle que soit la sexualité de la fleur; il en est de même pour la répartition de tous les tissus. Il sera donc facile, par la seule inspection d'une section médiane du pédicelle floral, de déterminer, dans une espèce monoïque, le sexe de la fleur, et dans une espèce dioïque, le sexe de l'individu. Influence de la situation du ranxeau fructifère sur son organisation. La situation dans l'espace des axes floraux est très variable suivant leur mode de g-roupement dans les inflorescences et, dans le cas d'axes isolés, suivant leur point d'insertion sur la tig-e. Malg-ré tout, ces situations diverses peuvent se ramener à deux principales : 1° L'axe floral est terminal ou latéral ; 2" L'axe floral est dressé ou penché. L — Comparons la structure, des pédicelles terminaux et latéraux. Dans tous les cas que nous avons examinés, l'appareil de soutien du pédicelle présente une tendance centrifug-e dans le cas où le fruit est axillaire, centripète dans le cas oii il est latéral. Nous indiquerons par quelques chiff'res la valeur du rayon des éléments mous, externes ou internes, séparés par l'appareil de soutien péricyclique ou ligneux. La valeur considé- rable des parenchymes internes et faible des parenchymes externes sera pour nous l'indice d'une tendance centrifuge du stéréome, et dans les cas contraires d'une tendance centripète. FRUITS AXILLAIRES. Eranlhts ciliata Anémone hortensis , Myo^urus minimus Meconopsis cauibrica. . . . CisLus ladaniferus Rhodotypus kerynoides. . . Parnassia palustris Michauxia campanuloides ^ginetia indica 20 FRUITS LATERAUX. PlREICBïiJES Thalictrum fœtidum 3 — 'pratense ..... 3 Cleniatis angustifolia. ... 6 Chelidoniuni majus 5 Helianthemum tuberaria. 10 Spircea filipendula 4 Drosera rotundifolia . ... 5 Phyteuma canescens . ... 5 Phelipsea coerulea, etc. . . 11 lenes. 3 4 8 5 6 2 5 8 12 CXII Nous pourrions multiplier ces exemples et citer des g-enres de toutes les familles qui nous démontreraient la tendance centri- fuge du système mécanique par SMite de l'axiliarité du fruit. La ramification, au contraire, atténue la tendance centrifug-e du cylindre central des fruits dressés et peut, dans certains cas, l'annuler complètement. II. — Par suite de sa situation dans l'espace, le système mécanique du pédicelle fructifère tend plus ou moins, dans chaque famille, à être périphérique si le fruit est dressé, central si le fruit est penché à maturité. Par ce fait, les dimensions correspondantes de la moelle et de l'écorce aug-mentent ou diminuent. Voici quelques exemples : FRUITS DRESSES. P4REJCHTMES • s ter in- DtS. teraes' Dry as oclopetala 8 20 Epilobium molle 5 6 Pétunia nyctaginiflora. . 15 20 Hyoscyamus niger 15 20 Lithospermum. arvense. . . 9 11 Dictamnus fraxinella. . . . 10 20 Geum rivale 10 13 Lychnis dioïca 12 15 Silène parnassifolia 5 20 Cistus ladaniferus 10 28 FRUITS PENCHES. , PiaBICBÏUES Ktir- in- nts. ternes. Prunus domestica 35 10 Fuchsia coccinea 10 6 Solanum melongena 100 50 Cyphomandra betacea. .. 20 9 Caccinia glauca 20 1 Ptelea trifoliata 8 3 Sorbus aucuparia 7 5 Malachium aquaticum. . , 9 H Spergularia maritima, . . 15 10 Fumana vulgaris, etc., . . 9 3 On conçoit fort bien que le fruit dressé ait besoin d'un appareil de suspension très périphérique et que cet appareil subira plus facilement des flexions de toutes sortes si le sclérenchyme existe à l'état de faisceaux isolés très voisins de l'épiderme. Or cette disposition et la précédente se remarquent dans beaucoup de fruits dressés (Renonculacées, Papavéracées, Berbéridées, Rosacées, Sarracéniées, Caryophyllées, Géraniacées, Saxifragées, etc./. En g-énéral, dans le cas des fruits secs ou peu développés, la moelle inutile se résorbe rapidement et nous trouvons à maturité une lacune médullaire plus ou mois vaste, qui est toujours l'indice d'un fruit dressé. Il y a, en effet, souvent tendance, dans les pédicelles orthotropes, k la destruction des tissus centraux. Au contraire, l'appareil de suspension le plus efficace pour un OXIII fruit penché sera un anneau sclérifié enclavant une moelle étroite (Prunées, Chrysobalanées, Solanées, etc.) ou un cylindre tota- lement sclérifié par suite de l'imprég-nation de lig-nine du parenchyme médullaire qui peut donner naissance à des sclérites (nombreux fruits lourds). Il y a souvent tendance, dans les fruits plag-iotropes pesants, au renforcement des tissus médul- laires, ('es évolutions si différentes du système mécanique des fruits dressés ou penchés, lourds ou légers, et ces destinées de la moelle (destruction ou sclérose) sont des plus curieuses. D'une manière générale, on peut conclure des données précédentes les faits suivants : 1° Si la fleur continue l'axe végétatif, on remarque une tendance centrifuge du stéréome; 2° Les ramifications plus ou moins nombreuses de l'axe végétatif donnent aux pédicelles qui les terminent un système mécanique plutôt centripète ; 3° A. la situation orthotrope du pédicelle tend aussi à corres- pondre un système de soutien centrifuge, à une situation plagiotrope un système centripète. Entre les deux positions extrêmes se rencontrent de nombreuses intermédiaires à tendances diversement accentuées ; 4" Une simple section du pédicelle fructifère nous renseignera souvent sur la situation qu'il offrait sur la plante : le fruit était dressé si son stéréome est très centrifuge avec une moelle détruite ou tendant à se résorber ; le fruit était pendant si le système mécanique est centripète et si la moelle manifeste un fort épaississement de ses cloisons très sclérosées. Sur le rapport de M. Durègne, la Société vote l'impression dans ses Actes du travail de M. M. Neuville intitulé : Contribution à l'étude géolofuique des communes de MétHgnac et de Pessac. (Voir t. LUI). Procès-Verbaux 1898. — T. LUI. TABLE DES MATIERES BOTANIQUE ex Pages Bardié Compte rendu botanique de l'excursion faite le 25 juillet 1897 à La Trave et Villandraut.. vi, [. — Compte rendu de l'excursion faite le 6 fé- vrier 1898 à La Teste-de-Buch xxu. — Présentation d'un champignon récolté dans un chai lxxiv. Beille Présentation d'un Lycoperdon giganteum. . . li. — Le Schizophyllum récolté à Saint-Médard- en-Jalles ui. — Compte rendu botanique de l'excursion du I9juillet 1898à LaTesteetaulacde Cazaux. i.xvi. — A. propos du Lobelia Dortmanna lxx. — A propos de VIsoetes BoryaMci Lxxii. — k ^vo\iO% àeV Opuntia vidgaris àt^.NxWa.graUns. lxxii. — Compte rendu de l'herborisation faite à Saint- Médard-en-.Jalles le 26 juin 1898 lxvi, lxxv. -^ Le Clavaria striata Lxxxvu. Brascassat Sur VOpimtia vulgaris lxxii. DuRÈGNE A propos du Lobelia Dortmanna lxx. Eyquem Liste des plantes recueillies dans l'excursion du 1er niai 1898 à Abzac li. Frère Gasilien. . . . Les Lichens du plateau central xlii. De Loynes Compte rendu botanique de l'excursion faite à Coutras le iRi' mai 1898 xlvi — A propos de VIsoetes Boryana et sur 1"/. te- nuissima Bor lxxii. — \ pvo^os de l'Opuntia vulgaris de ViUa.gva.'ms. Lxxn. — Plantes iatéi-essantes récoltées à Gabanac. . . lxxii* JJXVï De Luetkens Présentation de Daphne cneorum MoTELAY Le Lohelia Dortmanna auj lac de]GrancIlieu .. Neyraut he'Juncus tenuis à Caudos Nylander Sur les Lichens des îles Açores PiTARD Polymorphisme des inflorescences d'ombel- lifères — Compte rendu de l'Exposition du Congrès d'horticulture (mai LS98) ... — Sur quelques axes à structure polystélique. . . — Sur un genre nouveau de Campanulacées à faisceaux supplémentaires inversés — Influence de la sexualité sur la structure des axes floraux ' — Influence de la situation du rameau fructifère sur son organisation Renauld Muscinées de Madagascar LU. LXIV. LXI. XLII. LVI. xcni. cix. CXI. XXII, ENTOMOLOGIE FJrascassat Note sur l'excursion du 25 juillet 1897 à Vil- landraut, va. — ....... Observations sur le catalogue de MM. Bial de Bellerade, Blondel de Joigny et Coutures. ix. Brrignet Le Leucanium persicœ sur les glycines à Bordeaux Li, — ........ Note sur un papillon que la vue et non l'odeur des fleurs attirait ... lxv. — Sur l'abondance du Collicnemis Latreillei entre Royan et Valliére lxxiv. •Brown Note sur l'excursion faite le 25 juillet 1897 à La Trave et à Villandraut vi, — Une géomètre nouvelle pour la région , Emmelesia affinitata Stephens xvi. , — Note au sujet de Drepana curvatula xlv. — Sur deux géomètres intéressantes pour la région Liv. — Compte rendu entomologique de l'excursion du 26 juin 1898 à Saint-Médard-en-J ailes, lxxiii, lxxx. Eyquem Abondance du Collicnemis Latreillei entro " ; , Royan et Valliére Lxxiv. CXVII Pages LiAMBERTrE Compte rendu entomologique.de Texcursion faite le 4 mai à Bourg -sur -Gironde et Marcamps lix. — Sur deux, hémiptères nouveaux pour la Gironde LXii. — Compte rendu entomologique de l'excursion faitele26juin 1898àSt-Médard-en-Jalles. lxiii, lxxix. — Compte rendu entomologique de l'excursion faite à Goutras le [er mai 1898 lxxxvii- — Comptes rendus d'excursions faites en 1898 : à Camblanes . . lxxxix. à Citon-Cénac xci. à Bouliac (les Collines) xci. à Arcachon xcii. à Reautiran xcii. à Caudéran xcii. — Note sur huit espèces d'hémiptères nouveaux de la Gironde « xcii. Lambertie et Dubois. Note sur Macropsis scutellaris lxi. Lataste Présentation de mâles de Margarides vitium du Chili Li. — A propos de vers luisants observés à Cadillac. li. MoTELAY Note sur un papillon que la vue et non l'odeur des fleurs attirait LXiv. PÉREZ Observations sur le catalogue de MM. Bial de Bellerade, Blondel de Joigny et Coutures, viii. — A propos du Mélanisme chez les lépidoptères. ix. — Sur la nature des Bactéries xlh. — Insectes observés dans les fleurs de Lathrœa clandestina xliv. — , h'Anillus cœcus dans la Gironde XLiv. GÉOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE Arnaud Observations sur le Cidaris pseudopistillwn . — Brissopneustes aturensis BiLLioT Coupe d'un puits artésien foré à Bordeaux, quai Sainte-Croix, chez M. Frugès Degrange-Touzin. Les Dreissensidœ fossiles du Sud-Ouest — . Sur divers affleurements de fakms situés dans la vallée du Peugue et aux Eyquems XLVI. LIV, XLVI. LXXIII. CXVIII Pages Engerrand Note sur un exemplaire de Gualteria Orhignyi trouvé à Blaye dans les carrières du haut de la ville xviii. — Note sur deux nouveaux affleurements du calcaire grossier supérieur dans les environs de Blaye ._ xxxiii- — Note sur un nouvel affleurement de falun situé dans la propriété de M. Piganeau à Mérignac xl. MoTKLAY Présentation de polypiers provenant des Pyrénées- Orientales Lv. Neuville Contribution à l'étude géologique des com- munes de Mérignac et de Pessac ......... lxx, cxii. PiTARD Sur des polypiers trouvés dans la Charente. . lv. RiTTKR Communication sur la grotte de Bétharram. . . xxxvi. ZOOLOGIE LXXXV. LXXXVII. XXI. LXXL F. Daleau Présentation de mollusques microscopiques probablement de jeunes bivalves du genre Pisidium — La pèche à la crevette et les alevins dans le département de la Gironde. — Présentation de vers parasites des poissons . . KuNSTLER Observations sur les variations spécifiques consécutives à des changements du mode d'existence Lataste . Sur le genre Pleuradelphe MoTELAY A. propos du travail de M. le docteur Marchai sur la dissociation de l'œuf en un grand nombre d'individus distincts et sur le cycle évolutif chez les Eucyrtus fuscicoUis (Hyménoptères) De Nabias Sur la présentation de vers parasites des poissons RoDiER Note sur un exemplaire du Centriscus scolopax. SabrazÈs Sur la présentation de vers parasites des poissons . . LXXXVII. LXXXVII. Lxm. ANTHROPOLOGIE OXIX F. Daleau . A propos de la grotte de Pair-non-Pair ... — Présentation d'un os pénis d'ours recueilli à Pair-non-Pair Lalanne Rapport sur le travail de M. Ferton : Sur Vhis- toire de Bonifacio à l'époqiie néolithique. . . SUJETS DIVERS Brascassat Compte rendu général de l'excursion faite le 25 juillet 1897 à La Trave et Villandraut. . ii. Breignet Notice sur la Société linnéenne xcvn. Lalanne Rapportsur laFawwerfeFrancede M. Acloque cvi. — Rapport sur VAide mémoire d' Anthropologie et d'Ethnologie de M. Girard cviii, RiTTER Communication sur la grotte de Bétharram . . xxxvi. Installation du Bureau i. Correspondance xvii, xxi, xxxvi, xlvi, lu, liv, lv, lxv, lxxiii. Administration vin, x, xni, xvii, xviii, xxi, xm, lu, LV, LXI, LXXI. lxxiii, LXXIV, XCVII. Admissions.. ir, viii, x, xix, xx, xxii, XLII, LXI, LXVI, CV. Mouvement du personnel. i Démission. Décès Compte rendu de la 80e Fête linnéenne célébrée à Saint-Médard- en-J ailes, le 26 juin 1898, par M. Sabrazès Rapport de la Commission des .\rchives pour l'année 1897, par M. Gouin Rapport de la Commission des Finances sur l'exercice 1897, par M. Bardié VIII. LXVI. x. r POUR LA VENTE DES VOLUMES S'adresser : ATHÉIVÉ K Rue des Trois-Conils, 53. BORDEAUX f 1 i ,jh ' ' '^1'$' u¥^'!#« w^'4®l mmmmsmmm-m